Pour notre premier numéro, "Notre futur a de l'avenir" pose ses caméras à Marseille, terre d'innovations, à la rencontre de Julie, Eric, Luc, Carole et Laure qui s'engagent à embellir et préserver le quotidien des Marseillais.
Julie sauve les fruits et légumes invendus et cabossés des agriculteurs, pour en faire des cosmétiques bio et gourmandes
Eric et Luc luttent contre le fléau des déchets qui s'accumulent, notamment sur le littoral marseillais
Laure est en train de recréer la filière perdue des amandiers provençaux, à l'origine des célèbres calissons d'Aix
Carole forme certains détenus de la prison des Baumettes au métier de la restauration, afin qu'ils réussissent leur réinsertion à leur sortie
Julie sauve les fruits et légumes invendus et cabossés des agriculteurs, pour en faire des cosmétiques bio et gourmandes
Eric et Luc luttent contre le fléau des déchets qui s'accumulent, notamment sur le littoral marseillais
Laure est en train de recréer la filière perdue des amandiers provençaux, à l'origine des célèbres calissons d'Aix
Carole forme certains détenus de la prison des Baumettes au métier de la restauration, afin qu'ils réussissent leur réinsertion à leur sortie
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00:00Notre futur rat de l'avenir vous est présenté par le groupe Caisse des dépôts, engagé au coeur des territoires pour accélérer la transformation écologique et contribuer à une vie meilleure pour toutes et tous.
00:15La Provence, c'est un art de vivre, une terre de caractère où les traditions se transmettent de génération en génération.
00:23Aujourd'hui, je vous emmène à Aix-en-Provence, dans une institution à la rencontre de la gardienne d'un savoir-faire unique, celui du calisson.
00:32Et bonjour et bienvenue Émilie. Merci de m'accueillir.
00:35Bienvenue à Aix-en-Provence et bienvenue dans les ateliers du roi René.
00:38Le temple du calisson, alors expliquez-nous ce que c'est que le calisson.
00:42Alors le calisson c'est cette confiserie, ce qui est vraiment emblématique du calisson c'est sa forme, la forme du losange et on dit aussi la forme du sourire de la reine.
00:52Alors pourquoi le sourire de la reine ?
00:54Et bien parce qu'en fait c'est le roi René, le bon roi René qui a créé cette douceur.
00:591454.
01:01Pour justement son mariage avec la jeune de Laval qui ne souriait jamais.
01:07Et bien ce petit câlin provençal lui a redonné le sourire.
01:11Alors moi je vais goûter un petit câlin provençal aussi pour avoir encore plus de sourire.
01:15De la cité phocéenne et ses calanques aux terres préservées du Luberon, nous allons découvrir une région qui se réinvente, s'engage et façonne un avenir plus durable.
01:26C'est tout un savoir-faire.
01:28On ne s'amende pas à calisson.
01:30Exactement.
01:31A la tête des calissons d'Aix, l'or se bat pour préserver un savoir ancestral et rapatrier en Provence la culture des amandes abandonnées depuis plus de 70 ans au profit de la Californie.
01:42Clairement c'est une fierté parce que c'est vraiment la Provence d'antan quelque part.
01:45Redonner de la valeur à ce que l'on jette, c'est aussi le pari de pulpe de vie.
01:50Le fruit qui a bossé n'a pas beaucoup de succès.
01:52Personne n'en veut de ces fruits.
01:53Personne n'en veut sauf nous.
01:55Qui transforme des fruits voués à la poubelle en cosmétiques naturels tout en soutenant les agriculteurs locaux.
02:01Principalement c'est les variétés de golden.
02:04A Marseille, le problème des déchets pourrait bientôt disparaître.
02:07On parcourt toute la plage ok ?
02:09Ok c'est bon bah on va monter à 10 m là.
02:12Eric et Patrick les traquent depuis le ciel.
02:16Grâce à l'intelligence artificielle, ils peuvent repérer des détritus de la taille d'un mégot de cigarette.
02:22Alors nous allons passer à un contrôle de sécurité.
02:25Enfin, nous plongerons nos caméras au coeur de la prison des Bomettes.
02:31Où un restaurant pas comme les autres offre aux détenus une seconde chance.
02:41On va baisser pour avoir plus de temps.
02:44On met le pochoir.
02:45Alors Laure, moi je me demandais quelle était la recette du calisson ?
02:48La recette c'est assez simple, c'est un tiers d'amande, un tiers de melon confit et un tiers de sucre en fait.
02:55Il y a la recette en partie tenue secrète.
02:58Il faut lui donner la forme et le faire de manière très précise pour que le calisson soit parfait.
03:04Et il y a les gestes perpétués de génération en génération.
03:09Bon, on va voir si tu arrives. Tu veux essayer ?
03:11Je vais essayer, je vais lancer le défi.
03:13Bon, je compte sur toi pour ne pas gâcher de calisson.
03:15Promis, promis.
03:17Allez, je balance.
03:18Tu en remets un peu plus.
03:19Oui, je n'en ai pas mis assez là.
03:21Il faut être généreux.
03:22C'est ça.
03:23Vas-y, hop.
03:25Et là, tu y vas avec...
03:26Ah oui, pardon, avec la raclette.
03:28Là, j'avoue que cette étape-là, on va réfléchir.
03:31C'est là où on voit que c'est tout un savoir-faire.
03:34Il faut une petite formation, une bonne formation quand même.
03:37On ne s'invente pas un calisson.
03:38Exactement.
03:39Voilà, donc ça, ce sont les calissons qui ont été façonnés par Émilie.
03:44Le résultat n'est pas si mal.
03:46L'entreprise s'est toujours battue pour sauvegarder son savoir-faire.
03:50Mais un détail déplait alors.
03:52L'origine de l'amande.
03:54Donc, l'amande est un ingrédient star, vraiment, pour le calisson.
03:59Jusqu'au début du XXe siècle, en fait, les amandes, elles étaient partout en Provence.
04:04Aix était même la capitale mondiale...
04:06La capitale mondiale de l'amande, c'est là où on discutait du cours mondial, on décidait le cours.
04:11Et peu à peu, cet amandier, il a disparu.
04:14Il y a eu les guerres, moins de main-d'oeuvre, etc.
04:17Et puis, il y a eu un coup fatal en 1956, un gel très important en Provence
04:23qui a décimé beaucoup d'oliviers et également les amandiers.
04:27Aujourd'hui, 80 % des amandes consommées à travers le monde sont importées de Californie.
04:33Mais dans son usine, l'or tente d'inverser la tendance.
04:38Donc, nous, on est sur un savoir-faire local, on est sur le calisson d'Aix.
04:42Et pour nous, c'était important que ce produit, en fait, il mette en valeur des amandes locales.
04:48Donc, ça a été un long effort, puisqu'il faut savoir qu'entre le moment où on plante un amandier
04:53et où on récolte une amande, il faut minimum 4 à 5 ans.
04:57Aujourd'hui, plusieurs agriculteurs de la région se sont engagés dans ce projet.
05:02Depuis 10 ans, des milliers d'amandiers sont plantés,
05:05notamment ici, à 35 km d'Aix-en-Provence.
05:11Là, on est à Cucuron, au pied du Luberon, une petite commune où j'ai planté mes amandiers.
05:16La parcelle fait à peu près 8,5 hectares et ces amandiers, ils ont entre 7 et 8 ans.
05:23Fabien, 34 ans, a relancé l'activité de son grand-père, victime du gel, il y a de nombreuses années.
05:29Clairement, c'est une fierté, parce que c'est vraiment la Provence d'antan, quelque part.
05:32Moi, mon grand-père, justement, il m'en a parlé des amandiers, du fait qu'il y ait des amandiers.
05:36Alors, ça a été un crève-cœur de les arracher, parce qu'il a eu des problèmes, justement, de climat,
05:42qui l'a poussé à les arracher.
05:44Aujourd'hui, c'est clairement une fierté de pouvoir réimplanter cette culture, son territoire et ses fruits de qualité.
05:49Le climat, les variétés et les avancées technologiques permettent aujourd'hui
05:54de reprendre en France la production d'amandes en limitant les risques.
05:58Au niveau du changement climatique, on a des variétés différentes.
06:02Donc, on va avoir des variétés plus tardives.
06:04A l'époque, il y a 50-60 ans, 70 ans, ils avaient des variétés beaucoup plus précoces.
06:08Donc, nous, déjà, on crée un peu moins le gel de printemps.
06:11Puis surtout, on s'est équipé.
06:12Donc, on a un réseau d'irrigation performant aujourd'hui qui nous permet de faire de la lutte anti-gel d'hiver,
06:16mais aussi d'irriguer l'été.
06:18Parce qu'il faut savoir qu'un amandier, sans irrigation, malheureusement, il ne va pas produire,
06:22ou très peu, des fruits de mauvaise qualité.
06:25Donc, tout ça fait qu'aujourd'hui, on arrive quand même à avoir une stabilité,
06:29une résilience face au changement climatique.
06:31Dans la région, Fabien et ses confrères produisent 2 000 tonnes d'amandes par an,
06:35très loin des 2 millions californiennes.
06:38Mais avec un coût de production presque doublé,
06:40l'amande provençale se distingue-t-elle vraiment de sa concurrente américaine ?
06:45Est-ce que le goût est différent quand l'amande vient de Provence ou quand l'amande vient des Etats-Unis ?
06:49Alors, il faut savoir qu'on a fait évoluer notre recette pour intégrer 50 % de l'amande de Provence.
06:54Et les clients, en fait, nous disent « mais qu'est-ce que vous avez changé ? ».
06:57Donc, c'est notable le fait de changer juste l'origine de l'amande et d'utiliser les amandes locales.
07:04Donc, c'est vraiment cette amande provençale qui est gorgée par le soleil
07:08et qui est sur notre terroir provençal.
07:10Elle a plus de goût, elle est moins aqueuse, elle est plus riche, encore gras.
07:15Pour, au final, plaire un maximum de clients et pas que des clients français, d'ailleurs, à l'étranger.
07:19Exactement, c'est une vraie fierté.
07:21Le savoir-faire provençal, aujourd'hui, il rayonne à travers la France et à travers le monde.
07:26Dans quels pays ?
07:27Les pays principaux, on va dire, c'est les pays Europe, Etats-Unis, Canada.
07:32Et là, tout récemment, on commence à exporter au Japon.
07:35Donc, on est plutôt fiers qu'ils apprécient nos calissons et que maintenant, ils les fassent venir à eux.
07:41Si les calissons DEX mettent à l'honneur les produits et les savoir-faire locaux pour conquérir l'international,
07:47une autre enseigne, tout aussi ancrée dans le terroir,
07:50revalorise des produits destinés à la poubelle pour créer des cosmétiques responsables.
07:56On a différentes gammes. On a des gammes pour le visage, on a des gammes pour le corps.
08:01Sur les soins visage, on va avoir des nettoyants hydratants.
08:05Lorsque certains tentent de réduire les déchets, d'autres les récupèrent pour les transformer en véritables alliés du quotidien.
08:11Qu'est-ce que ça veut dire des concombres sauvées ?
08:14Alors, on réutilise des fruits qui sont sauvés auprès des agriculteurs du sud de la France, des agriculteurs français.
08:21C'est simplement des fruits qui ne sont pas voués à aller dans le circuit alimentaire parce qu'ils sont hors gabarit ou piqués, etc.
08:28Et donc, nous, on les achète auprès des agriculteurs et on en extrait les actifs.
08:33Des crèmes à base de fruits initialement vouées à être jetées.
08:37Voilà la promesse de cette marque de cosmétiques.
08:40Concept marketing ou véritable engagement écologique ?
08:43Pour en savoir plus, je me suis rendue à 130 kilomètres de là, à Lardier et Valença, dans leur laboratoire.
08:56Julie est la fondatrice de la marque.
09:05C'est des pamplemousses qui nous viennent de Corse, puisque c'est la saison.
09:08C'est nos pamplemousses Corse, de notre producteur Corse, tout en bio.
09:11Mais regarde, tu vois, ils sont piqués, ils sont mouchetés, ils sont petits, mais ils sont très bons.
09:17Ils sont très bons, ils sont très bons pour le corps et très bons pour l'esprit.
09:21Ils sont victimes d'un délice à la gueule.
09:22Exactement.
09:23Le fruit cabossé n'a pas beaucoup de succès.
09:25Donc, personne n'en veut de ces fruits ?
09:26Personne n'en veut, sauf nous.
09:28Des fruits boudés par les consommateurs, mais tout aussi riches en vitamines, en antioxydants et en nutriments naturels, aux vertus prouvées pour la peau.
09:39Ça sent hyper bon.
09:40Ça sent l'agrume à plein nez.
09:42Voilà, merci beaucoup.
09:43Où est-ce que je le pose ?
09:44Là, à côté.
09:45Là, ici ? D'accord.
09:46Tous ces fruits qu'on voit cabossés, tu vois, on va les broyer.
09:51Ensuite, on va les monter à 100 degrés dans cette distillation.
09:57Je pense que c'est bien, là.
09:59Oui, ça va.
10:00Et ensuite, on va recondenser avec le froid et on va récupérer le substrat, la substance.
10:07Au bout de quelques heures, ce fameux substrat, issu des pamplemousses…
10:11Je lance ?
10:12Allons-y.
10:13… est récupéré sous forme d'eau distillée pour être ensuite mélangé à d'autres ingrédients naturels avant d'être intégré à une crème visage, dernière née du laboratoire.
10:23Oui, ça sent super bon.
10:24On a l'impression que c'est très fraise.
10:26On sent que c'est pour l'été, peut-être, un produit pour l'été.
10:28Tu travailles effectivement avec des produits de saison, on l'a vu.
10:31Quels sont les autres produits phares avec lesquels vous travaillez en fonction, évidemment, des saisons ?
10:35Ça nous fait une fortitude de fruits de la région.
10:37On a du kiwi, de la pêche ou, par exemple, juste à côté, de la pomme, qui est un des actifs fantastiques en termes de cosmétie.
10:45Des fruits issus des pommiers dans les champs à proximité et sur lesquels Clara, agricultrice, porte une attention toute particulière.
10:54Alors, où est-ce qu'on est, Clara ?
10:56Là, on se trouve dans notre vieux verger qu'on a repris en créant la ferme.
11:01Oui.
11:02On est au milieu de pommiers.
11:04Principalement, c'est des variétés de golden.
11:07Il y en a d'autres aussi.
11:09C'est des variétés anciennes, en fait.
11:11D'accord.
11:12La jeune agricultrice refuse d'utiliser des traitements chimiques sur ses fruits,
11:16les rendant plus vulnérables face aux insectes et souvent imparfaits.
11:21C'est des pommes, en fait, qui ne remplissent pas les critères esthétiques.
11:25Et pourtant, c'est un produit de qualité et bio, en plus.
11:29Et donc, grâce à Pulpe de Vie, ça nous permet de les réutiliser et de ne pas les gaspiller.
11:36Pour vous, en tant qu'agricultrice, c'est vrai que ça vous permet d'avoir des revenus supplémentaires ?
11:41Parce que la situation, on sait, n'est pas forcément facile.
11:43Ça nous rapporte à peu près 10 à 20 % de revenus complémentaires sur la ferme.
11:48Donc, c'est très intéressant pour nous.
11:50La démarche plaît.
11:512,7 millions d'euros de chiffre d'affaires, 2000 points de vente.
11:55Mais l'entreprise de Julie n'est pas rentable cette année.
11:58Pour le redevenir, elle compte s'ouvrir à une clientèle plus large.
12:02Et les objectifs, finalement, de Pulpe de Vie à terme ?
12:06Déjà, il faut qu'on lance l'export.
12:08On n'a pas du tout des mains à l'export.
12:10On est très concentré sur la France, mais on a un marché énorme qui s'ouvre.
12:13Paradoxalement, l'Asie est beaucoup plus sur le bio et naturel que nous.
12:17En ce moment, il y a un vrai recul en arrière, un peu dommageable d'ailleurs.
12:20Donc, on a un gros bastion sur l'Asie, le Internet.
12:24Et puis, on réfléchit à faire un gros plan de lancement pharmacie et magasins bio
12:28sur nos catégories soins visages.
12:30Toujours en restant très accessibles puisqu'on veut démocratiser la bio.
12:35Sortir de l'image un peu austère des cosmétiques bio avec des produits vitaminés et gourmands,
12:40le pari semble donc réussi pour Julie.
12:46Il est temps pour moi de me rendre dans la cité fosséenne
12:48pour découvrir d'autres initiatives, environnementales cette fois.
12:52Donc, ce qu'on va faire, c'est qu'on va faire un ramassage express.
12:54Là, c'est un petit ramassage en semaine, donc on est moins nombreux, moins nombreuses.
12:58Le gant obligatoire, après, on vous donne des sacs.
13:00On va essayer aujourd'hui d'aller à la chasse aux micro-déchets,
13:02même s'il y a quand même pas mal de gros déchets.
13:04Il y a des bouteilles en plastique, il y a des sacs.
13:06Mais ce qui est quand même triste, c'est qu'il y a des enfants en plein milieu de la plage.
13:09Donc, ça veut dire qu'on va essayer de leur rendre une plage propre.
13:13Chaque semaine, l'histoire se répète sur les plages de Marseille.
13:16Des habitants de tous âges, de tous horizons se rassemblent pour préserver leurs terres.
13:23Bonjour, Éric.
13:25Bonjour, Émilie.
13:26Alors, je viens moi aussi participer au ramassage.
13:28Ça va ?
13:29J'ai envie d'être utile, ça va ?
13:30Carrément, bien oui.
13:31Du coup, alors, est-ce que je mets des gants comme toi, c'est ça ?
13:33Oui.
13:34Les déchets, tu vas les voir briller.
13:35Parce qu'en fait, comme c'est souvent du plastique, ça va se refléter.
13:37Donc, ça va être encore plus simple pour les repérer.
13:39D'accord.
13:40Mais en vrai, tu vas voir, à peine tu débroussailles un endroit, il y a du plastique.
13:43Il faut les regarder un petit peu sous les algues, c'est ça ?
13:44Exactement.
13:45Il faut balayer les algues, en fait.
13:46Exactement.
13:47Il n'y a plus que la pollution visible.
13:48Oui, il y a tous les micro-plastiques, c'est ça ?
13:50Oui, il y a les micro-plastiques, même la pollution de l'eau.
13:53Enfin, les produits chimiques qui sont déversés dans l'eau.
13:55Ça, c'est la partie émergée de l'iceberg, on va dire.
13:57C'est ça.
13:58Regarde là, tu vois, tu as un petit truc.
13:59Ah oui, c'est ça.
14:00Et alors, vous, vous ramassez combien de déchets ?
14:01Alors, si vous devez faire un bilan de ce que vous ramassez...
14:04Par an, c'est 10 tonnes.
14:0510 tonnes.
14:06Mais 10 tonnes de plastique.
14:07Donc, en fait, 10 tonnes de ça, ça fait beaucoup.
14:09Donc, par an, c'est en tonnes qu'on ramasse.
14:11Donc, c'est quand même impressionnant.
14:13Si tu veux un chiffre, par jour en France, c'est 12 millions de mégots.
14:1712 millions.
14:1812 millions.
14:19C'est la folie.
14:20Et nous, même au maximum, on en ramasse 10 000, 15 000, tu vois.
14:23Donc, c'est vrai qu'il y a un côté peut-être un peu pas décourageant,
14:25mais bon, on se dit, mais voilà, c'est le mur en face de soi est immense.
14:28Voilà, il ne faut pas baisser les bras, quoi.
14:30Tu vois ça, un gosse, là, il tombe dessus, là.
14:32Ah oui.
14:33Eric a fondé Clean My Calanque il y a 4 ans, avec sa meilleure amie.
14:37Il y a tout ça.
14:38Ça, ça vient littéralement d'arriver avec l'eau, là.
14:41J'étais tout le temps dans les Calanques, comme tous les Marseillais.
14:43Et à un moment donné, j'étais encore plus souvent dans les Calanques
14:46parce que je m'entraînais, vu que je suis à l'armée,
14:48je m'entraînais tous mes footings dans les Calanques.
14:50Et à force d'aller dans les Calanques, même dans les endroits les plus reculés,
14:53je voyais des déchets partout.
14:55Partout, partout.
14:56Même les endroits très peu touristiques.
14:57Et c'est là que j'ai compris qu'en fait, ces déchets-là
14:59venaient aussi de la ville et qui étaient poussés par le vent.
15:01Et j'ai juste appelé mes collègues, à la base,
15:03et au début, c'était juste une rando entre potes.
15:05Et petit à petit, c'est devenu une assaut,
15:07et pas que de ramassage, du coup.
15:09Et c'est ça. Vous êtes devenus super incontournables, maintenant.
15:11Tout le monde vous connaît à Marseille, et même au-delà, en fait.
15:13C'est ça. Vous êtes devenus...
15:14Ben, tant mieux.
15:15Petit à petit, ça a grossi, ça a grossi.
15:16Et là, vous avez, je crois, des Youtubers qui vous ont rejoints.
15:19C'est ça, qui vous relaient sur les réseaux sociaux.
15:21Des Youtubers, des rappeurs, des célébrités, des humoristes, des acteurs.
15:25Faites du bruit pour Climacalangue, s'il vous plaît !
15:37Chaque année, l'association est rejointe par de nouveaux adhérents,
15:40dont Noémie, 23 ans.
15:44J'étais à la bibliothèque pour travailler mes cours,
15:46et du coup, quand j'ai vu la publication de Climacalangue,
15:48je me suis dit, ben, c'est pas grave,
15:50je finirai ce que j'ai à faire à un autre moment,
15:52et je vais venir aider à ramasser les déchets.
15:54Ceux qu'on ramasse, ils vont pas finir dans la mer,
15:56parce qu'après, ben, du coup, non seulement ça pollue la mer,
15:58mais en plus de ça, ben, les poissons finissent par les manger,
16:01et après, ben, au final, nous, on mange les poissons,
16:03donc au final, c'est un cercle vicieux.
16:04Et d'ailleurs, je crois qu'on mange l'équivalent du poids d'une carte bleue par mois.
16:08C'est pas le fait de ramasser quelques déchets sur la pêche qui va tout révolutionner,
16:12mais je pense que chacun, on peut mettre en place des actions quotidiennes
16:15qui vont avoir un petit impact à notre échelle, quoi.
16:18Malheureusement, impossible de repérer tous les déchets
16:21éparpillés sur les milliers de mètres carrés de plage.
16:26C'est vrai que, bon, là, voilà, on a l'impression d'avoir ramassé plein de déchets,
16:28mais je suis sûre qu'on est passé à côté de plein d'autres.
16:30Qu'est-ce qu'il pourrait y avoir comme outil, justement, qui pourrait vous aider,
16:32qui pourrait être encore plus performant ?
16:34Des détecteurs, il faudrait détecter les déchets.
16:36Effectivement, on peut aller plus vite en volant et en survolant les zones
16:40et en essayant de trouver, justement, des zones avec des déchets.
16:42Comme ça, nous, on pourra avoir accès aux infos encore plus rapidement.
16:46Et justement, une start-up marseillaise s'est penchée sérieusement sur le sujet.
16:55La mission, on est à dix mètres, là, et puis on parcourt toute la plage, OK ?
17:00OK, c'est bon, ben, on va monter à dix mètres, là. Allez.
17:04Aujourd'hui, Patrick, pilote de drone, et Eric, le fondateur de Littersnap,
17:08ont pour mission d'éradiquer les déchets de cette plage surnommée Epluchur Beach
17:13par les habitants en raison des saletés qui jonchent le sable.
17:19Bonjour Eric, bonjour Luc, ça va ?
17:20Bonjour, bonjour.
17:21Alors, il paraît que vous avez un outil redoutable pour lutter contre les déchets,
17:24pour les repérer, surtout.
17:25Exactement, oui, on a un outil redoutable.
17:28Ça commence par le drone, le drone qui va scanner la plage très rapidement.
17:32Une plage comme ça, on va pouvoir la scanner en cinq minutes.
17:35Et ça va nous permettre, sur une zone relativement grande,
17:38de repérer les déchets présents sur un espace tel qu'une plage.
17:42Finalement, les nouvelles technologies qui viennent un petit peu au secours,
17:45des bonnes âmes, des bonnes volontés, vous avez vraiment un rôle à jouer.
17:48Ça permet de rendre la méthode plus efficace.
17:51Par exemple, quand on fait un ramassage de déchets sur une plage,
17:54bien souvent, on ne sait pas où sont les déchets.
17:56Donc, on perd un temps fou à les chercher.
17:58Avec ma technologie, on va savoir où se trouvent les déchets
18:01et ça va être beaucoup plus efficace.
18:03Alors que si on y va de manière aléatoire,
18:05c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin,
18:07on va mettre une heure, deux heures.
18:09Une fois la plage photographiée sous tous les angles, depuis le ciel...
18:14Donne-moi la carte.
18:15Eric analyse minutieusement les images.
18:18C'est alors qu'intervient son outil infaillible.
18:21On a regardé ce qu'il y a là-dedans.
18:22Là, voilà, qu'est-ce que le drone nous dit ?
18:26Un logiciel ultra performant,
18:28dopé à l'intelligence artificielle qui indique, avec des carrés rouges,
18:32l'emplacement de chaque déchet.
18:34Donc là, vous voyez, on a un déchet.
18:36Un petit bout de plastique bleu, c'est ça ?
18:38Oui, c'est ultra précis.
18:40Et surtout, on est capable de détecter des petits objets.
18:43Oui, tout petit, oui.
18:44Là, vous voyez, il y a deux emballages en carton.
18:48En fonction des réglages,
18:49Eric peut même repérer des déchets de quelques centimètres sur la plage.
18:53Et ça, c'est un emballage alimentaire.
18:56Mais là aussi, où l'homme n'aurait pas forcément mis son nez.
19:01Ah oui, dans la bouche des gouttes, il y a une bouteille d'eau minérale.
19:03Ça, on ne l'aurait pas trouvé.
19:05Après analyse, le logiciel génère une cartographie précise des déchets.
19:09Il ne reste plus qu'à les collecter sur place,
19:11à condition que le mistral ne les disperse pas.
19:15Pour l'instant, Eric intervient principalement sur des festivals
19:18et des événements sportifs.
19:20Objectif des organisateurs,
19:22laisser les lieux aussi propres, voire plus, qu'avant leur passage.
19:35Je poursuis mon périple au cœur du 9e arrondissement de Marseille,
19:39où se dresse l'une des prisons les plus célèbres de France,
19:42les Baumettes.
19:44Aujourd'hui encore,
19:45elle abrite des hommes et des femmes,
19:47parfois issus du grand banditisme marseillais.
19:49Mais vous allez voir que derrière ces murs,
19:52se joue un défi social.
19:54Bienvenue, Mélie.
19:55Merci, Nathalie, de m'accueillir.
19:56Donc, nous allons nous rendre vers la porte d'entrée principale.
20:01Là, nous sommes dans la cour de l'Assas, en fait.
20:03C'est sa structure d'accompagnement vers la sortie.
20:06D'accord, donc c'est un coin à part des Baumettes.
20:08C'est une détention déportée.
20:10D'accord.
20:11Et des personnes qui vont bientôt sortir.
20:13Alors, ce sont des condamnés à deux ans maximum
20:17ou un reste de deux ans.
20:18D'accord, d'accord.
20:19Alors, nous allons passer à un contrôle de sécurité.
20:21Qu'il ne faut montrer pas de blanche.
20:23Pas de blanche, comme à l'aéroport.
20:25Comme à l'aéroport, d'accord.
20:34Pour éviter de viper.
20:35Merci.
20:39Nous avons obtenu l'autorisation exceptionnelle
20:42de pénétrer dans l'antre du centre pénitentiaire des Baumettes.
20:45Parmi les nombreux détenus, 80 sont réunis ici,
20:49dans cette section dédiée à la réinsertion.
20:53Il paraît qu'ici, il y a un endroit unique en France, hyper particulier,
20:57qui permet de donner une seconde chance aux détenus.
20:59Eh oui, nous avons un restaurant.
21:02Au sein de notre structure d'accompagnement vers la sortie.
21:05Et nous pouvons former et donner une chance à des détenus.
21:12Donc ces détenus sont au fourneau, dans le restaurant, au cœur des Baumettes.
21:16Avec une cuisine de qualité.
21:19Installé au cœur de la prison des Baumettes,
21:21l'établissement ouvert au public est bien plus qu'un simple lieu de restauration.
21:25C'est un véritable outil de formation pour les détenus.
21:29Frédéric, 43 ans, purge une peine de deux ans de prison.
21:32Il sortira dans un an et demi et a décidé de saisir sa chance.
21:37Bonjour Frédéric.
21:38Bonjour.
21:39Je vous présente Frédéric, qui est commis serveur au sein des Baumettes.
21:44Et qui a maintenant un très bon évent au niveau du service.
21:51Et qui va bientôt sortir et intégrer un beau restaurant.
21:59En tout cas, c'est ce qu'on lui souhaite.
22:04Ajouter une corde à son arc.
22:05Retrouver un rythme de vie.
22:07Se sentir utile et reconnu.
22:08Voici les enjeux des Baumettes.
22:13Ça fait deux mois et demi que je suis là.
22:17Oui, on travaille deux jours par semaine.
22:21Et une semaine sur deux, on fait trois jours.
22:23Ça nous fait passer le temps plus vite.
22:25Parce qu'on est quand même enfermés 22 heures sur 24.
22:30Un peu moins.
22:32La promenade dure une heure et quart le matin et une heure et quart l'après-midi.
22:35Donc ça nous fait sortir.
22:37Et là ça nous fait une bonne journée d'activité.
22:39Comme si on était au travail à l'extérieur.
22:42Ce midi, 30 clients sont attendus.
22:44Et 7 détenus assureront le service en salle et en cuisine.
22:48Comme Sam, 23 ans.
22:50Ce jeune homme s'est découvert une véritable passion pour la cuisine.
22:55Franchement, j'ai fait tous les postes.
22:57J'ai fait un mois et demi de dessert.
23:00Une fois que la chef a vu que j'ai un peu évolué, elle m'a autorisé à passer au plat chaud.
23:04Maintenant, ça fait deux mois et demi que je suis au plat chaud.
23:08Pour moi, j'ai une seconde chance.
23:11C'est d'avoir ce qu'on pourra faire dehors et continuer dans ce domaine-là.
23:15Donc dans le secteur de la restauration plutôt ?
23:17Oui, pourquoi pas. On va continuer dans ce domaine-là et vraiment avoir.
23:21Pour rejoindre la brigade, c'est au détenu de faire la démarche.
23:24De montrer sa motivation à Sandrine, la chef, et à son second, Valentin.
23:30Donc ils envoient un CV, c'est ça ?
23:32Un CV ou une lettre de motivation.
23:34Comme dans la vie finalement, comme dans n'importe quel boulot.
23:37Ensuite, après ça, nous on les reçoit en entretien.
23:40On juge si c'est un profil qu'on peut avoir sur le restaurant.
23:44D'accord, donc il faut avoir quand même des petites compétences ?
23:47Non, pas forcément, mais il faut avoir la motivation, c'est surtout la motivation.
23:52Donc c'est des novices en termes de découpe, en termes de termes culinaires,
23:58ou même avec le nom du matériel.
24:01Donc ils partent de zéro.
24:03Chef, une risotto.
24:06Est-ce que tu restes du beurre derrière ?
24:08Pas du tout.
24:10Ils apprennent vite, mais en général c'est…
24:13Oui, après on fait en sorte de les mettre dans le dur, dans le bain,
24:18qu'ils sachent que c'est pas la colo ici.
24:21Il y en a beaucoup qui n'ont jamais eu de contrat de leur vie.
24:24Donc rien que pour certains, le réveil le matin,
24:28quand les surveillants vont les chercher en cellule,
24:32il y en a qui sont toujours couchés.
24:34Il y en a, c'est compliqué.
24:36Et donc quand on arrive à 8 heures,
24:38il faut que ça soit prêt à midi et demi quand les clients arrivent,
24:41et qu'on puisse envoyer les plats, les entrées plat-dessert.
24:44Pour accéder au restaurant,
24:46les clients doivent s'inscrire au moins 4 jours à l'avance
24:48et montrer pas de blanche.
24:50Le temps pour le personnel pénitentiaire de vérifier les casiers judiciaires.
24:55Mesdames, bonjour.
24:57Comment vous êtes ? Bienvenue au Bombay.
25:00Seuls les uniformes des gardiens de prison
25:02trahissent la singularité du restaurant.
25:09Un grand vlac, c'est deux veloutés. On est d'accord ?
25:12Merci beaucoup, messieurs, dames.
25:25On se rend pas vraiment compte,
25:26sauf quand on passe au niveau du portique de sécurité,
25:29où, effectivement, ça ressemblerait à quelque chose de plus cadré
25:35qu'un simple restaurant.
25:37Mise à part ça, personnellement, je vois pas trop la différence.
25:41Oui, parce que venir ici, c'est original,
25:43à tous les sens du terme.
25:46Et puis, je trouve ça bien doux d'avoir un vapeur direct,
25:52parce que les jeunes et les moins jeunes
25:54veulent aussi sortir de leur position de détenu,
25:59offrir aussi une autre image d'eux-mêmes.
26:01C'est une rencontre aussi limitée.
26:05Et puis, je trouve que c'est important,
26:09c'est gratifiant aussi.
26:11Quand on se retrouve avec une vingtaine de couverts à gérer
26:14le stress et le flash-back de tout le monde,
26:16bien sûr qu'on s'en sort.
26:19Les gars, par contre, viens pour ramener les assiettes.
26:21Ramenez-les avec des cuillères.
26:23Et si vous en restez avec la poêle, n'oubliez pas de nous les ramener.
26:28Dans cette prison transformée en restaurant,
26:30Sam redécouvre une forme de liberté,
26:33celle de créer, d'offrir, de partager.
26:36Et à chaque fin de service, il prend le temps d'observer les clients.
26:39Peut-être le plus beau moment de sa journée.
26:42Je vois pratiquement plus rien dans les assiettes.
26:45Ça, c'est hyper satisfaisant.
26:47Je vois qu'ils sont dans un bon moment convivial.
26:49Ils parlent.
26:51Ils ont bien apprécié.
26:53Je vois des sourires juste en face pendant que je vous parle.
26:55J'ai très, très hâte d'y sortir.
26:57Et ce que je fais dedans, je vais pouvoir y retourner.
27:00On va voler un peu de nos propres ailes
27:02et on espère que tout va bien se passer, en tout cas.
27:0670% des stagiaires qui passent par les Beaumets
27:09réussissent le retour à la vie professionnelle en sortie de prison.
27:13Un succès aussi dû à un secteur en tension
27:16qui comptait 200 000 postes non pourvus en 2024.
27:19Le projet, ça serait quand même de se développer à d'autres prisons françaises.
27:24Après, c'est un projet qui est long.
27:27Toutes les prisons ne sont pas faites pareilles
27:29et ne sont pas toutes implantées dans la ville comme à Marseille.
27:33Reproduire une telle initiative pourrait, à long terme,
27:36avoir un impact sur la réinsertion des détenus à l'échelle nationale.
27:40Mais pour l'heure, elle ne touche qu'une infime fraction
27:43des 76 000 prisonniers en France.
27:47Des détenus à qui on offre une seconde chance.
27:50Des plages plus propres, grâce à l'intelligence artificielle.
27:53Des fruits dont personne ne veut, transformés en crème de soin.
27:57Des calissons 100% français qui font un pied de nez aux Etats-Unis.
28:01Valentin, Eric, Luc, Julie et Laure m'ont montré
28:05qu'une France meilleure, plus solidaire et généreuse était possible.
28:09Vous, je ne sais pas. Moi, ça m'a fait du bien.
28:16Sous-titrage Société Radio-Canada