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A la sortie des questions d’actualité au gouvernement du Sénat, la présidente du groupe communiste, Cécile Cukierman a réagi à la condamnation à une peine d’inéligibilité avec application provisoire de Marine Le Pen.

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Transcription
00:00Est-ce que le fait que la favorite de l'élection présidentielle ne puisse pas se présenter à la prochaine élection en 2027
00:06à cause d'une procédure judiciaire en cours dans laquelle elle a fait appel, est-ce que ça ne pose pas un problème démocratique ?
00:11Non mais ce qui poserait un problème démocratique, c'est finalement de ne pas appliquer les décisions de justice.
00:16Il y a aujourd'hui une procédure qui a été instruite, il y a une décision de justice qui a été rendue et il y a le droit français
00:24qui permet une exécution provisoire, qui est une application immédiate d'une inéligibilité qui, effectivement, peut ensuite poser un problème politique.
00:35Mais il n'y a pas de problème démocratique à ce que les lois de la République française soient appliquées par la justice française.
00:41Pas de problème selon vous. Alors le calendrier judiciaire va être assez accéléré puisque la Cour d'appel de Paris prévoit une décision à l'été 2026.
00:49C'est une bonne chose, justement, pour la démocratie, c'est-à-dire une décision bien avant l'élection présidentielle.
00:54Non mais moi, je ne veux pas que l'on mette sur le même plan la question de l'efficacité judiciaire et de la campagne de Mme Le Pen.
01:02Je crois que ce sont deux choses totalement différentes. Et on en est comme tout un chacun, quand il y a des décisions de justice,
01:08elles ne tombent pas forcément au moment où on le souhaiterait dans sa vie. Elles ne tombent pas forcément comme l'on voudrait qu'elles soient.
01:14Et pour autant, pour tous les citoyens, quand il y a une décision de justice, elle s'applique. Et elle s'applique aussi pour Mme Le Pen.
01:20Donc il faudrait faire attention parce qu'il ne faudrait pas, au nom de certains intérêts, qu'il y ait finalement une décision d'appel qui soit faite à la va-vite,
01:29qui lui donne raison pour demain poser d'autres soucis. Donc je crois qu'il faut cesser ce mélange auquel nous assistons de la part de certains depuis lundi après-midi,
01:39qui est une forme d'amalgame entre des commentaires à non plus pouvoir, d'ailleurs, de décision de justice, qui n'est quand même pas la tradition,
01:47y compris politique française, et puis, oui, d'une échéance électorale et présidentielle. Mais écoutez, le problème, c'est que comme depuis quelque temps,
01:54tout le monde avait déjà décidé de qui serait au deuxième tour de l'élection présidentielle 2027, eh bien peut-être que tranquillement, sereinement,
02:02le temps de la campagne de l'élection présidentielle viendra et les Français décideront tranquillement et sereinement.
02:07— Malgré tout, est-ce qu'il faudrait quand même changer la loi, notamment sur l'exécution provisoire de ces peines d'inéligibilité ?
02:14— L'exécution provisoire sur la peine d'inéligibilité, elle n'est pas nouvelle. Et personne ne s'en est jamais tant ému que ceux-là, d'ailleurs.
02:21Et pourtant, il y a un certain nombre d'exemples, y compris d'élus locaux avec de fortes responsabilités qui, en sortant du tribunal, ont été démis
02:28des mandats qu'ils occupaient en ne pouvant faire appel. Donc là, ce n'est même pas qu'ils ne pouvaient pas se représenter.
02:34Ils ont été démis immédiatement de leurs mandats. Moi, je crois que sur ce sujet comme sur tous les autres, il ne faut pas juger en réponse à un fait d'actualité.
02:43Et il ne faut jamais légiférer en réponse à un fait d'actualité. Nous ne faisons pas de bonnes lois dans ce sens-là.
02:49Donc s'il y a des sujets à aborder, prenons le temps et voyons-les le temps venu. Mais ce qui est évident, c'est qu'aujourd'hui,
02:55je ne demande pas une loi pour abroger l'exécution provisoire pour sauver Marine Le Pen.
02:59— Dernière question. Quand Jean-Luc Mélenchon dit que seul le peuple devrait pouvoir destituer un élu, est-ce que vous êtes d'accord ?
03:05— Non, mais je l'ai déjà dit. Et les propos de Jean-Luc Mélenchon le regardent. Ce ne sont pas les miens. Je ne crois pas que c'est au peuple de faire justice.
03:13C'est à la justice, dans un État moderne, de pouvoir le faire. Et d'ailleurs, les exemples le montrent. On peut regarder aux États-Unis.
03:20Vous savez, l'élection des juges n'est pas forcément une garantie d'une justice plus respectueuse des principes démocratiques
03:28et en tout cas d'une société plus progressiste. — Merci beaucoup.

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