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Transcription
00:00— Oui, bonjour Hervé Marseille. — Bonjour.
00:02— Alors le président de la République, Emmanuel Macron, l'a rappelé ce midi. La justice est indépendante et les magistrats doivent être protégés.
00:08Est-ce que dans les menaces, les pressions que subissent actuellement nos magistrats, eh bien le Rassemblement national a une part de responsabilité
00:14dans sa critique de la justice après la condamnation de Marine Le Pen ?
00:18— À l'évidence, la condamnation de Mme Le Pen a créé un climat particulier. Et il n'est pas normal. Il est même intolérable.
00:25Et le président a eu raison de le rappeler que dans un État de droit, on ne peut pas menacer les magistrats.
00:32La condamnation, elle est celle que les juges ont décidé de proférer. C'est la loi qui le prévoit. C'est-à-dire que c'est le législateur
00:44qui a voté ces textes. Alors peut-être que quand il a voté ces textes, il s'était pas aperçu que ça pouvait aller aussi loin.
00:50C'est toujours le cas des lois votées sous l'émotion. C'était le cas de Sapin II après l'affaire Cahuzac. Mais c'est le législateur
01:00qui a prévu ces textes. Alors peut-être qu'il faut réfléchir à d'autres textes. Mais en tous les cas, c'est pas l'heure.
01:06— On parlera d'une éventuelle modification de nos textes législatifs après cette affaire. Mais quand même, quand on voit que
01:11le principal parti d'opposition, le Rassemblement national, parle aujourd'hui de gouvernement des juges, de négation de la démocratie,
01:18c'est inquiétant pour l'avenir de la démocratie française ? — Je crois qu'on va éviter d'employer des grands mots.
01:25Il y a un État de droit. Il est malmené. Les juges font leur travail. On peut considérer qu'ils sont excessifs, qu'ils vont un peu loin.
01:33Mais il y a des voies d'appel. Tous les justiciables peuvent faire appel. Il y a des voies de droit. On peut faire une question
01:39préalable de constitutionnalité, une QPC devant le Conseil constitutionnel. Il y a d'autres possibilités de saisine.
01:46Et je crois que Mme Le Pen a toutes les possibilités de se faire entendre. — Et même du côté du Premier ministre François Bayrou,
01:51qui s'est dit – je cite – « troublé » par l'issue de ce procès. On a connu mieux en termes de défense de l'indépendance de la justice
01:58de la part d'un Premier ministre. — Oui, mais encore une fois, ce qui a pu interroger, c'est pas la condamnation.
02:07Les juges ont considéré que Mme Le Pen devait être sanctionnée pour ce qui a été fait. En revanche, c'est le caractère
02:17irréversible d'une peine en première instance. Est-ce qu'un tribunal peut en première instance prononcer une peine irréversible,
02:26c'est-à-dire l'exécution immédiate d'une sanction d'inégibilité ? C'est ça qui, finalement, est le plus problématique
02:35et qui interroge le plus dans la décision des tribunaux. — Est-ce que, selon vous, il faut supprimer cette application immédiate,
02:42cette exécution provisoire de la peine d'inéligibilité, comme le propose notamment Éric Ciotti ?
02:46— Alors c'est ça qui trouble, parce qu'effectivement, il y a eu d'autres exemples auparavant, à Montauban, Mme Barège,
02:52qui avait été condamnée. Elle a perdu ses mandats. Et en appel, elle a été blanchie. Et donc c'est vrai que ça peut troubler,
03:00comme dirait M. Bayrou, ou ça peut interroger. Mais ça, il appartiendra le moment venu, c'est-à-dire dans une période plus calme,
03:07sereinement, peut-être de revoir ses textes, parce que c'est vrai qu'en première instance, prononcer des peines qui soient irréversibles,
03:15ça peut interroger. — On a même entendu Laurent Wauquiez, chez LR, dire qu'un élu ne doit pas être empêché de se présenter à une élection.
03:23Est-ce qu'il faut aussi réfléchir à une réforme de la peine d'inéligibilité en elle-même ?
03:28— Écoutez, ça, on verra. C'est pas parce qu'il y a un problème aujourd'hui qu'il faut à chaud, comme le propose M. Ciotti, légiférer.
03:36C'est toujours très mauvais. Peut-être que le législateur n'a pas assez réfléchi. Il a été un peu léger. C'est comme ça. C'est la loi.
03:43Les juges l'ont appliquée. S'il faut changer la loi, il faut réfléchir, mais pas dans l'immédiat, pas à chaud, parce qu'on peut pas
03:50s'amuser maintenant à légiférer chaque fois qu'il y aura un problème particulier. — Alors parlons du calendrier judiciaire,
03:57puisque la cour d'appel de Paris a affirmé qu'il y aurait une décision dans le procès en appel à l'été 2026, donc permettant,
04:06en fonction de la peine en appel qu'aura Marine Le Pen, éventuellement de se présenter à l'élection présidentielle.
04:12Est-ce que c'est une bonne chose pour notre démocratie, cette accélération du calendrier ?
04:16— Je sais pas. Je laisse à la cour d'appel le soin de prononcer son propre calendrier. Bon, c'est peut-être une façon d'apaiser un peu les choses.
04:25Maintenant, encore une fois, tous les justiciables ont droit à un appel. Je pense qu'ils sont nombreux à se dire quand même
04:30qu'ils aimeraient bien avoir un calendrier aussi rapide. Donc je crois qu'il faut voir sereinement les choses.
04:36On ne peut pas appliquer la loi en fonction des personnes. Je veux dire Mme Le Pen, elle a le droit de se défendre.
04:41Elle a peut-être des raisons de se défendre. Mais en même temps, elle est justiciable, comme chacun et chacune d'entre nous.
04:48Donc je laisse la cour d'appel... — C'est une forme de traitement de faveur, cette accélération du calendrier ?
04:53— Après, si la cour d'appel donne un calendrier, eh bien soit il y a un calendrier. Il y a d'autres voies de recours.
04:57Je vous l'ai dit. Bon, je souhaite effectivement qu'elle puisse se défendre, comme chacun d'entre nous. On verra ça le moment venu.
05:03— Merci beaucoup, Hervé Marseille, pour vos réponses.

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