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00:00Ce renouveau dans la relation franco-algérienne, avec ce dialogue entre les présidents Tebboune et Macron, tout de suite à l'Elysée.
00:06On va rejoindre Maxime Legay avec Jean-Laurent Constantini. Bonsoir à tous les deux.
00:09Il y a une réunion en ce moment même autour du président de la République avec certains ministres pour évoquer ce dossier algérien.
00:15Expliquez-nous, Maxime.
00:18Oui, bonsoir, Laurence. Effectivement, une réunion entre Emmanuel Macron, Gérald Darmanin, Bruno Rotailleau ou encore Jean-Noël Barraud,
00:25qui a débuté il y a près de 30 minutes ici à l'Elysée et qui fait évidemment suite à la relance des relations bilatérales
00:32qui a été actée hier par le président de la République et son homologue algérien.
00:36Alors du côté de l'Elysée, on nous fait savoir que cette réunion et cette réconciliation ont pour objectif de relancer la coopération sécuritaire et migratoire.
00:46Concrètement, reste à savoir ce que cela veut dire en termes de résultats chiffrés.
00:51La France a-t-elle obtenu davantage de laissés-passés consulaires de la part de Alger pour expulser les ressortissants algériens
00:58qui sont frappés d'une obligation de quitter le territoire français ?
01:01Pour l'instant, du côté de l'Elysée, on reste assez évasif sur le sujet.
01:05Et puis, autour de la table, dans les discussions, on est évidemment aussi en train de parler de Boilem Sansal,
01:11notre compatriote toujours détenu arbitrairement dans les geôles algériennes.
01:16Hier, Emmanuel Macron a demandé à son homologue algérien de faire preuve d'un geste de clémence et d'humanité.
01:22Comprenez, une libération anticipée afin d'apaiser les relations et surtout de préparer au mieux la visite officielle de Jean-Noël Barraud à Alger, prévue le 6 avril prochain.
01:33Merci beaucoup, Maxime Legay.
01:35Avec Jean-Laurent Constantini à l'Elysée, Pierre Wemren, vous êtes historien.
01:38Est-ce qu'on se leurre sur la relance de ce dialogue bilatéral avec l'Algérie ?
01:43D'abord, après six mois de silence, de coupure pratiquement totale, y compris pour le renseignement sécuritaire, c'est quand même quelque chose d'important.
01:52Deuxièmement, ça vient apparemment des Français, si vous voulez, cette demande.
01:58Ils ont toujours été demandeurs. Le président Macron, on sait quelle est sa politique depuis maintenant huit ans.
02:02Mais je crois que du côté algérien, l'impulsion est venue du côté algérien parce que c'est allé trop loin pour eux, si vous voulez.
02:09Ils ont créé cette crise avec la France pour une raison un peu douteuse, parce qu'ils connaissent la politique française vis-à-vis du Maroc depuis 1975,
02:18quand les avions français bombardaient les colonnes du Polisario à la fin des années 70, si vous voulez.
02:24La France n'était pas du côté de l'Algérie.
02:26Donc, ils se sont révoltés, ils ont coupé les relations avec la France, mais ça a entraîné un immense déballage.
02:33Alors, sans parler de l'affaire Sensal, dont ils pensaient peut-être qu'elle allait passer facilement et dont on parle tous les jours depuis cinq mois.
02:39Et donc, je pense que de l'intérieur de l'État algérien, le fait qu'on discute sur les plateaux français et dans les médias de toutes sortes des accords de 68,
02:48qui sont très importants pour Alger, finalement, les conséquences négatives pour eux ont été telles qu'il faut arrêter la machine.
02:55Et donc, ils ont ouvert la porte et les Français, évidemment, et notamment l'Élysée, sont très contents de cette séquence.
03:02Ça vient aussi, évidemment, après les pressions qui ont été faites par le ministère de l'Intérieur et le Premier ministre,
03:07qui avait parlé de cette riposte graduée et qui avait commencé à entraîner une gêne pour Alger, à savoir le contrôle des visas de service.
03:15Donc, l'un dans l'autre, tout le monde est très content de cette reprise de dialogue à la tête des États,
03:20mais il faut voir que la France est le seul demandeur.
03:23Elle est demandeuse pour SENSAL, elle est demandeuse pour les OQTF, elle est demandeuse pour la reprise de la coopération policière, judiciaire et sécuritaire,
03:32et on se demande en face ce qu'il y a, quelle est la contrepartie.
03:38Donc, finalement, je dirais, moi, que toutes ces affaires, elles ont été entraînées par la coupure et à l'initiative des Algériens.
03:45Une fois qu'on sera revenu à la normale, il faudra parler, non pas de ce qui est sérieux, parce que SENSAL et les OQTF, c'est très sérieux,
03:51mais en revanche, la coopération économique est au point mort.
03:54La France rate tous ses contrats et est mise quasiment en dehors du marché algérien, qui est quand même très important, au profit des Chinois et des Russes.
04:01Et donc, quand on en sera là, on verra s'il y a effectivement un rééquilibre.
04:04Un petit rééquilibre. Rapidement, Gauthier, avant la pause.
04:07Non, mais je pense que... Je ne partage pas totalement l'analyse de Pierre Vermeule.
04:10Je pense que ce que fait Emmanuel Macron, c'est qu'il veut sortir, coûte que coûte, Boilem-Sensal de sa jaule.
04:15Et que, donc, il est prêt à de nombreux compromis pour libérer Boilem-Sensal.
04:21C'est-à-dire qu'à mon avis, il y aura beaucoup plus de visas délivrés de la France vers l'Algérie que de laissés passer consulaires délivrés de l'Algérie vers la France.
04:28Communiqué commun, hier, entre les deux présidents, la France et l'Algérie relancent leur coopération migratoire.
04:35Il faut dire les choses. La ligne de Bruno Rotaillot est totalement désavouée.
04:38Le rapport de force n'aura jamais lieu. La riposte graduée est enterrée.
04:42Je vous rappelle qu'il y a un Premier ministre qui nous parlait, il y a quelques semaines, de dénonciation des accords de 68 avec le ministre de l'Intérieur.
04:48Cette ligne-là n'existe plus.
04:50M. Barraud va donc se rendre à Alger. On parle de la présence aussi de Gérald Darmanin.
04:55Évidemment, Bruno Rotaillot est personna non grata. Il est la cible du régime algérien et de la presse liée au pouvoir.
05:02Donc, il faut dire les choses. Il faut sortir Boilem-Sensal de sa jaule pour Emmanuel Macron.
05:05C'est évidemment une priorité. Mais Emmanuel Macron est prêt à payer très cher la libération de Boilem-Sensal.
05:10Pardonnez-moi, la riposte graduée, c'était pour arriver à ça, c'est-à-dire au retour de Sensal, qui n'est pas revenu, pour aboutir à la République gallope.
05:19Les influenceurs qui n'influencent plus, aujourd'hui, ils sont silencieux.
05:22Mais la riposte graduelle est à 1 % de ce qui était prévu.
05:26C'est un jeu, en réalité. C'est un théâtre dont chacun joue sa partition. Derrière, tout le monde connaît les enjeux.
05:33Enfin, pas nous, mais en tout cas, eux, ils les connaissent. Et donc, ça se met en place d'une manière théâtrale et diplomatique.
05:41Mais pour l'instant, encore une fois, la France est très demandeuse. Je ne dis pas le contraire.
05:45C'est la seule qui est demandeuse.
05:48J'espère qu'on va libérer Boilem-Sensal, vu ce qu'on va payer. Mais on peut parier ici.
05:53Il n'y a pas un influenceur qui va être renvoyé vers l'Algérie.
05:56Et ça m'étonnerait que les occupières augmentent drastiquement.

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