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Pascal Praud et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité dans #HDPros

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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin sur Europe 1 jusqu'à 9h30 pour l'heure des pros et sur CNews jusqu'à 10h30 pour l'heure des pros.
00:00:10Dans l'affaire Marine Le Pen, la justice a remis les comptes à zéro.
00:00:14Elle a considéré que trois juges ne pouvaient pas empêcher Mme Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 sans qu'il existe un recours à cette décision.
00:00:24Hier, Mme Le Pen était inéligible. Ce matin, de fait, pour une élection présidentielle en 2027, l'exécution provisoire tombe puisque le procès en 2026 rend caduque cette disposition.
00:00:38J'observe que la justice française prend à contre-pied quasiment tous les éditorialistes de la presse française qui se réjouissaient du jugement en première instance.
00:00:45« Dur à l'ex, c'est de l'ex », disait-il la bouche en cœur et le sourire aux lèvres, et qui feignait de ne pas voir le malaise que la favorite d'une élection soit écartée par seulement trois personnes.
00:00:58Malaise qu'ont exprimé François Bayrou et Gérald Darmanin hier à l'Assemblée nationale, malaise que la justice a dissipé hier avec cette annonce d'un nouveau procès.
00:01:08J'y vois aussi une façon d'enlever la pression sur ces juges de première instance, puisque leur jugement ne pèsera pas sur la campagne présidentielle de 2027.
00:01:18Oter la pression peut-être, mais aussi désavouer un tribunal qui n'a pas pris la mesure des conséquences dans la vie démocratique auprès des électeurs de Marine Le Pen comme auprès des autres.
00:01:32Ce n'est pas Marine Le Pen qui remporte une victoire hier avec l'audiencement rapide d'un deuxième procès.
00:01:39C'est la démocratie française. Au fond, la justice a dit ce que nous disions hier sur ce plateau.
00:01:46La justice joue dans cette affaire sa crédibilité. J'allais dire la justice joue sa peau.
00:01:52Il ne peut pas être dit en France qu'elle décide du sort d'une élection présidentielle.
00:01:57Le bon sens a prévalu. En 24 heures, tout a changé.
00:02:01En revanche, sur le fond, l'équation reste compliquée pour ne pas dire impossible pour Mme Le Pen.
00:02:08Comment échapper à un jugement qui la condamnerait et la mettrait hors course ?
00:02:12Comment contester une exécution provisoire en cas de nouvelle inéligibilité prononcée ?
00:02:18Voici deux questions pour les prochains mois posées à Mme Le Pen et à ses conseils.
00:02:24Il est 9h02. Chana Lusso.
00:02:31Bonjour Pascal, bonjour à tous. Marine Le Pen contre-attaque.
00:02:41Elle ne veut pas se laisser faire. Elle le dit dans Le Parisien ce matin.
00:02:44Suite à sa condamnation, elle va saisir le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l'homme.
00:02:50Son procès en appel aura lieu l'année prochaine.
00:02:52La Cour d'appel de Paris prévoit une décision à l'été 2026, soit quelques mois avant l'élection présidentielle.
00:03:00Ces meurtres abominables dans les Vosges.
00:03:02Deux personnes ont été tuées à coups de pierres parmi elles.
00:03:06Un prêtre à la retraite, âgé de 76 ans.
00:03:09Le procureur d'Epinal tiendra une conférence de presse aujourd'hui à 15h.
00:03:13Les corps ont été retrouvés dans une ruelle avec des pierres ensanglantées à proximité.
00:03:18Selon Vosges matin, un individu a été interpellé et placé dans un établissement psychiatrique.
00:03:23Cette information de la nuit, les députés ont adopté une proposition de loi qui intègre le non-consentement à la définition pénale du viol.
00:03:32Le texte précise que le consentement ne peut être déduit du seul silence ou absence de réaction de la victime.
00:03:39Un symbole fort après le procès des viols de Mazan.
00:03:42Le texte doit maintenant passer au Sénat.
00:03:44Voilà pour l'essentiel de l'information, c'est à vous Pascal.
00:03:46Merci Chana, ça c'est un sujet qui me passionne, qui nous passionne, le non-consentement.
00:03:52Il y a souvent des fractures générationnelles d'ailleurs sur ce sujet.
00:03:56Et vraiment si on peut en parler ce matin malgré l'actualité importante, je trouve que c'est un sujet qui mérite un débat.
00:04:04Sabrina Medjaber est avec nous.
00:04:06Merci à Caroline Parmentier, députée du Rassemblement National d'Etrela ce matin, du Pas-de-Calais.
00:04:11Thomas Bonnet, Olivier Delagarde et sa revue de presse.
00:04:14Vous avez froid Olivier ?
00:04:15Oui j'ai pris un peu froid.
00:04:17Non mais j'ai un bonnet dans ma voiture si vous...
00:04:21On n'a pas le droit...
00:04:23Mais vous avez tous les droits, vous avez tous les droits.
00:04:25On n'a pas le droit de prendre un pied là.
00:04:27Vous avez tous les droits.
00:04:28En avril...
00:04:29Ne te découvre pas d'un fil !
00:04:31On n'a pas un début d'engelure là aux mains là ?
00:04:33Éric... Non mais...
00:04:35Je ne voudrais pas que nos téléspectateurs croient que M.Nedjar fait des économies dans le studio et a décidé d'être à 10 ou 12 degrés.
00:04:43J'ai compris, tout à l'heure c'était la mascotte des tortionnaires.
00:04:46Donc allez-y, frappez au cœur.
00:04:48Bien évidemment.
00:04:49J'ai salué également Éric Nolot.
00:04:51Et je remercie tout le monde bien sûr d'être là.
00:04:54Et M.Hervouet qui pourra parler bien évidemment de ce qui s'est passé en Algérie.
00:04:59Moi j'attends le communiqué qui remercie l'Algérie.
00:05:02Vous savez le communiqué de l'Élysée.
00:05:03Merci beaucoup, vous avez été formidables messieurs d'Algérie.
00:05:06J'attends ça maintenant, ça va être la dernière étape je pense.
00:05:08Vous avez eu un communiqué du président de Louvain, la clairvoyante de Plantéboune.
00:05:13Voilem Sansalle est depuis 4 mois dans les jeux, la algérienne.
00:05:17Mais j'attends, merci mes amis algériens.
00:05:19Vous êtes formidables.
00:05:20Vous avez un peu de vaseline et du parfum.
00:05:22Arrête le coup mais...
00:05:24Bon.
00:05:25On parle évidemment de Mme Le Pen.
00:05:27Je trouve que tout a changé.
00:05:29Je ne sais pas si vous partagez cette lecture depuis que l'audiencement a été annoncé.
00:05:34Puisque par définition tout ce que nous disions hier est caduque.
00:05:38Puisque la voix de Mme Le Pen aujourd'hui est possible dans une campagne présidentielle
00:05:43alors qu'hier elle n'était pas possible.
00:05:44Je voudrais qu'on voit ce qu'elle a déclaré ce matin au Parisien avec Hélène Charpy.
00:05:47Et on en parle notamment avec Caroline Parmentier.
00:05:51Ne compte pas en rester là.
00:05:53Après sa condamnation, la chef de file des députés, Hérène,
00:05:56va interpeller le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l'homme.
00:06:01De son côté, la justice a annoncé qu'une décision en appel devrait être rendue à l'été 2026.
00:06:06Soit bien avant l'élection présidentielle.
00:06:09Marine Le Pen se dit d'ailleurs toujours candidate pour briguer le poste de présidente de la République.
00:06:14Un certain nombre de recours vont être envisagés.
00:06:16Il n'est pas question aujourd'hui d'envisager un plan B avant d'être allée au bout du plan A.
00:06:20Je suis candidate à la présidentielle.
00:06:22En attendant, la leader du RN n'exclut pas la censure du gouvernement.
00:06:27Notamment sur les sujets de la proportionnelle ou de l'immigration.
00:06:30Même si cela doit lui coûter sa candidature.
00:06:32Si je veux censurer parce que je pense que la censure est un acte de défense des Français, je le ferai.
00:06:37Si à la suite de cette censure il y a une dissolution, il y aura une dissolution.
00:06:41Et si je ne peux pas être candidate, je ne serai pas candidate.
00:06:44Un rassemblement organisé par le RN est prévu ce dimanche à Paris pour soutenir Marine Le Pen.
00:06:50Elle a d'ores et déjà précisé qu'elle y prendra la parole.
00:06:54Sur ce rassemblement, Xavier Bertrand qui dit des choses toujours très intelligentes,
00:06:58a dit « je ne veux pas d'un nouveau Capitole ».
00:07:02On a un niveau de politique, c'est intéressant.
00:07:04Vraiment, Xavier Bertrand, chaque fois qu'il parle, c'est pour dire quelque chose d'intelligent.
00:07:06Donc c'est formidable.
00:07:07Écoutons Monsieur Retailleau sur cette décision d'hier.
00:07:13Moi, ce que je souhaite, c'est qu'elle puisse être jugée en appel le plus vite possible.
00:07:17Je me suis réjoui d'ailleurs de voir ce communiqué qui est tombé il y a quelques heures,
00:07:21selon lequel elle pourrait avoir cette seconde instance.
00:07:25C'est une seconde chance pour elle, je crois, à l'été prochain, c'est-à-dire à l'été 2026.
00:07:32Voilà, ce qui fait que ça pourrait être purgé à ce moment-là.
00:07:37Et c'est fondamental pour moi.
00:07:39Et je vous propose, avant de vous donner la parole, d'écouter l'échange entre Monsieur Vallot et Monsieur Bayrou.
00:07:43Monsieur Bayrou qui exprimait son trouble hier pour décrypter cet audiencement
00:07:49qui arrive en moins de 24 heures, ce qui n'arrive jamais.
00:07:53Donc, qui a décidé ? Le pouvoir politique ? La magistrature ?
00:07:57Manifestement, les uns et les autres ont compris.
00:08:01Ce que n'avaient pas compris les éditorialistes de la presse parisienne,
00:08:04c'est qu'il se passait quand même quelque chose, qu'il fallait peut-être faire quelque chose.
00:08:07Vous avez vu l'expression de Marine Le Pen dans Le Parisien ?
00:08:09Elle dit que c'est sans doute provoqué par le trouble de la décision.
00:08:13Trouble, c'est un mot qui a été employé par un certain...
00:08:15Mais j'entends bien, je m'amuse hier à voir toutes les radios,
00:08:19qui trouvaient ça très très bien, ils trouvent que la justice n'est pas exactement...
00:08:23C'est toujours pareil, comme Marine Le Pen pour toute la presse française
00:08:27et la femme à abattre, pardonnez-moi de le dire comme ça,
00:08:30c'est pas défendre Marine Le Pen que de dire ça, je le dis tous les jours,
00:08:33c'est juste défendre la vie démocratique.
00:08:35Et il y a un petit texte que je voulais simplement vous dire.
00:08:37Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
00:08:41Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas juif.
00:08:44Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.
00:08:48Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.
00:08:52Et lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester.
00:08:56C'est ça que devraient lire les éditorialistes de la presse française.
00:09:00Mais je vous propose d'écouter cet échange entre M. Vallaud et M. Bayon.
00:09:09Depuis hier, des responsables politiques se succèdent pour commenter,
00:09:12voire pour condamner cette décision.
00:09:15Certaines autorités de l'Etat évoquent même un trouble.
00:09:19Mettre en cause une décision de justice, c'est manquer aux principes élémentaires de la séparation des pouvoirs et de l'Etat de droit.
00:09:27Mettre en cause individuellement des magistrats, c'est d'exercer sur eux une pression inacceptable qui appelle les condamnations les plus fermes.
00:09:38Non, ces femmes et ces hommes ne sont pas les agents d'un système, mais les juges impartiaux dont notre République a besoin.
00:09:45Le soutien que nous devons apporter aux magistrats dans l'exercice de leur fonction doit être un soutien en effet inconditionnel, non mesuré, puissant.
00:09:58Et il est très important que l'ensemble de la représentation nationale formule ce soutien.
00:10:07Il est vrai qu'il y a des interrogations, et j'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet qui me paraît devoir être dans cette affaire sous notre observation.
00:10:23En principe de droit, toute décision lourde et grave en matière pénale doit être susceptible d'appel.
00:10:34Toute décision est de recours. Il se trouve que le seul point de l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours.
00:10:49Je suis content qu'il existe encore des hommes d'Etat en France. Et ce que vient de dire M. Bayrou, c'est la parole d'un homme d'Etat, précisément.
00:10:56C'est aller au-delà de son camp pour dire qu'il y a des choses qui sont au-dessus de nous. Et ces choses au-dessus de nous, c'est la vie démocratique.
00:11:04Contrairement à ce que dit M. Vallaud, ce n'est pas remettre une décision de justice que nous évoquions hier. Ce n'était pas ça du tout.
00:11:11C'est simplement dire sur une décision aussi grave, ce que vient de dire très bien et beaucoup mieux que je ne pourrais le dire M. Bayrou, c'est-à-dire qu'il faut un recours sur une décision aussi importante.
00:11:20Et ce recours aura lieu en 2026. Et l'équation est toujours aussi compliquée pour Mme Le Pen.
00:11:28Vous avez raison de dire qu'on a reconnu dans ces circonstances ce qu'étaient des grands et ce qu'étaient des petits, autant parmi les hommes politiques que parmi les journalistes.
00:11:37On a reconnu ceux qui disaient « très bien pour Marine Le Pen, tant mieux ». Et ils auraient dit la même chose, je pense, si elle était passée sous un bus.
00:11:45C'était la même joie mauvaise, la même satisfaction mauvaise. Ils ne l'auraient pas dit comme ça.
00:11:50Au contraire, parce qu'ils sont tellement hypocrites qu'ils auraient regretté qu'elle soit passée sous un bus. Je les connais, vous savez.
00:11:55Ils auraient au contraire pleuré pour la première fois de leur vie, tout fin de pleurer.
00:12:00Des larmes de crocodile.
00:12:01Exactement. En disant « quel dommage, il eut fallu qu'elle aille devant les électeurs pour qu'elle soit battue ». Voilà ce qu'ils auraient dit. Je les connais bien, vous savez.
00:12:09Les masques sont tombés en l'occurrence. C'était assez frappant. Par contre, je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure.
00:12:14Marine Le Pen, malgré cette nouvelle en effet, est toujours sous le coup de l'exécution provisoire.
00:12:19C'est-à-dire qu'elle perd son mandat de conseiller départemental, à l'heure où je vous parle, sauf recours auprès du tribunal administratif ou du Conseil d'État.
00:12:27Ce qu'elle va faire, puisqu'elle va utiliser tous les recours d'eux-mêmes, l'exécution provisoire porte sur les peines financières exorbitantes,
00:12:35très lourdes, dont écope le Rassemblement national. 6 millions d'euros, exécution immédiate.
00:12:42Oui, mais ça, c'est le jugement du tribunal. Moi, je n'ai pas à le remettre en cause ou pas. Je peux trouver effectivement que ses assistants parlementaires,
00:12:47je le dis, ça ne me paraît pas une affaire d'État, pour tout vous dire. Ça l'est devenu. Bon, qu'un contrat ait pour le Parlement européen,
00:12:54qu'on travaille pour le parti quand on est assistant parlementaire, les frontières sont poreuses, évidemment. Mais bon, il n'empêche que c'est la justice qui a pris cette décision.
00:13:03Et qui avait pris la même décision pour M. Bayrou.
00:13:06Non, enfin, M. Bayrou n'a rien dit du tout.
00:13:09Il a été relaxé en première instance, et le parti a fait appel.
00:13:12Lui-même a été relaxé.
00:13:14François Bayrou. Certains ont été condamnés.
00:13:16Voilà, certains ont été condamnés. C'est-à-dire que là-dessus, tout le monde est logé à la même enseigne.
00:13:19Pas Bayrou par rapport à Marine. Marine a été condamnée.
00:13:22Mais pourquoi M. Bayrou n'a pas été condamnée ?
00:13:24La ligne de défense de François Bayrou était très différente de celle de Marine.
00:13:26Il ne connaissait pas. Il ne connaissait pas. Le système n'était pas au courant.
00:13:29Quand Marine Le Pen a assumé cette façon de procéder avec ses adhérents parlementaires, lui a dit qu'il n'était pas au courant.
00:13:34Je voudrais, s'il vous le permette, relire cet extrait du communiqué du syndicat de la Ministrature.
00:13:41Parce que j'ai beaucoup entendu sur les chaînes, récemment, surtout sur une chaîne concurrente,
00:13:45que finalement le syndicat de la Ministrature n'était pas particulièrement politisé.
00:13:48Et que depuis le mur des cons il y a 10 ans, il n'avait rien fait de mal.
00:13:53Le 9 juin dernier, c'est-à-dire juste après les élections européennes, juste après la dissolution et juste avant les législatives,
00:14:01voici ce qu'écrivait le syndicat de la Ministrature.
00:14:04Le syndicat de la Ministrature appelle l'ensemble des magistrats ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire
00:14:12à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite.
00:14:17Je laisse ceci à votre appréciation.
00:14:19Si ça, ce n'est pas de la politique, dans le cadre de l'activité judiciaire, on imagine un syndicat de police pour un syndicat de droite qui dirait la même chose.
00:14:27Je suis d'accord avec vous.
00:14:29J'ai le communiqué aujourd'hui du syndicat de la Ministrature, qui a été publié le 1er avril.
00:14:34J'ai cru que c'était un poisson d'avril, pour te le dire.
00:14:36Mais non, c'était bien le 1er avril.
00:14:38Le syndicat de la Ministrature, après ce que vous aviez lu, pourquoi pas, ils font ce qu'ils veulent.
00:14:44Mais en revanche, ce qu'ils disent là m'étonne.
00:14:46Ces offensives contre les magistrats, tout ça est écrit en écriture inclusive, bien évidemment.
00:14:51Ces offensives contre les magistrats et les tentatives de discrédit de l'institution judiciaire sous l'accusation de justice politisée sont intolérables dans un état de droit.
00:15:00Le 9 juin, le syndicat de la Ministrature explique qu'il faut tout faire pour faire barrage à Mme Le Pen.
00:15:08Et le 1er avril, on t'explique que l'accusation de justice politisée est intolérable.
00:15:14En revanche, dans ce jugement précis, je ne ferai pas ce procès-là, si j'ose dire.
00:15:24C'est-à-dire que Mme Depertuis n'est pas du syndicat de la magistrature.
00:15:28On n'en sait rien, 30% des magistrats y sont.
00:15:31Elle a quand même répété à plusieurs reprises que son modèle c'était Eva Jolie.
00:15:36En fait, il participe à la défiance qu'il y a contre l'institution judiciaire.
00:15:40Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est la porte-parole du gouvernement Sophie Primat hier soir qui l'a dit.
00:15:44Sophie Primat, à chaque fois qu'elle parle, elle dit, contrairement à Xavier Bertrand, des choses intelligentes.
00:15:52Elle a parlé de racisme anti-blanc l'autre jour, ce qui peut exister.
00:15:56Je ne dis pas que c'est systémique, mais ça peut exister, là encore.
00:16:00Elle dit des choses qui me paraissent intéressantes.
00:16:02Elle fait partie de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy.
00:16:04Elle a vu le mur des cons.
00:16:06Elle sait de quoi elle parle.
00:16:08On va voir ce qu'elle a dit précisément.
00:16:11Je vais vous montrer ce qu'elle a dit.
00:16:14Le syndicat de la magistrature sort de sa condition et crée la défiance.
00:16:19J'aimerais qu'ils soient plus neutres.
00:16:21C'est leur rôle. Ils doivent juger en droit et pas en intention.
00:16:24Elle dit des choses intelligentes, Mme Primat.
00:16:27Eric Nolot qui n'a pas pris la parole.
00:16:30C'est dommage cette histoire de bus.
00:16:32Ça partait bien le débat, malheureusement.
00:16:35Vous n'avez pas de plaisanterie là-dessus ?
00:16:37Non, justement.
00:16:39Marine le dit fréquemment.
00:16:41Elle dit que demain, elle peut passer sous un bus.
00:16:43Elle est tout à fait philosophe là-dessus.
00:16:45Que des gens se soient réjouis autant pour une condamnation qu'elles passent sous un bus,
00:16:49je trouve que c'est un argument qu'on devrait s'abstenir de présenter.
00:16:52Ils veulent qu'elle ne soit plus candidate.
00:16:54Des arguments sur la télévision, croyez-moi, il y en a eu d'autres.
00:16:57C'était assez choquant.
00:17:00Ensuite, Mme Primat.
00:17:02Ça m'amène à mon point.
00:17:04C'est que cette décision d'un appel dans des délais raisonnables
00:17:08me paraît une décision raisonnable.
00:17:10Pourquoi ? Parce qu'elle est à égale distance de deux discours excessifs.
00:17:14Le premier discours excessif, c'est de dire que la décision ne pose aucun problème
00:17:18du ralexe et de l'ex.
00:17:19Si, ça pose un problème démocratique.
00:17:21De l'autre côté, il y a des discours tout aussi excessifs.
00:17:25Des discours qui prétend qu'il n'y a pas d'affaires alors qu'il y a une fraude massive.
00:17:29Des discours qui font un parallèle avec ce qui s'est passé en Roumanie,
00:17:32ce qui n'a aucun rapport.
00:17:34Et je regrette, la charge contre les juges,
00:17:36elle peut être tout à fait pertinente de manière générale.
00:17:39Mais en l'occurrence, cette juge n'est pas membre du syndicat de la magistrature.
00:17:43Et rien dans son action, dans son parcours, ne laisse entrevoir un juge rouge.
00:17:48Vous parlez d'Admiration pour Eva Jolie.
00:17:51C'est un élément parmi beaucoup d'autres.
00:17:53Ce n'est pas quelqu'un qu'on peut soupçonner.
00:17:56En tout cas, les décisions qu'elle a rendues ne prêtent pas le flanc à des soupçons.
00:18:00Donc, je trouve que vous allez trop loin.
00:18:02Ça ne vous paraît pas curieux ?
00:18:03Non, excusez-moi, j'ai encore une phrase.
00:18:05Et je trouve que c'est très grave de mettre en cause à ce point-là un juge sur une absence d'éléments.
00:18:10On peut faire le procès de la justice en France.
00:18:13Mais dans ce cas particulier, je trouve que vous êtes sur un terrain très glissant et très dangereux.
00:18:17Croyez-moi, les Français s'y retrouveront.
00:18:21Nous enregistrons actuellement 150 adhésions toutes les 10 minutes.
00:18:2710 000 depuis lundi.
00:18:29300 000 signataires pour notre pétition.
00:18:32Les Français sentent l'injustice.
00:18:34La magistrate elle-même a expliqué que ce serait un trouble à l'ordre public
00:18:39si une candidate condamnée en première instance ne pouvait pas se présenter.
00:18:43C'est-à-dire que nous condamnons-la d'office sans possibilité d'appel.
00:18:50Et nous privons la moitié des Français de leur candidate à l'élection présidentielle.
00:18:54Les gens sont choqués.
00:18:56Nous ne l'avons pas voté cette loi.
00:18:58Éric Nolot, pardonnez-moi, ce que vous dites ce matin et vous l'auriez dit hier, je ne vous aurais rien dit.
00:19:07Mais vous êtes déjugé par l'audiencement rapide en 24 heures.
00:19:13C'est-à-dire que même la justice ne pense pas ce que vous pensez vous.
00:19:16Qu'est-ce que je pense ?
00:19:17Je dis que c'est une décision raisonnable parce qu'elle fait pièce.
00:19:20La justice a compris...
00:19:24La décision était excessive.
00:19:26C'est l'essentiel.
00:19:28C'est l'essentiel.
00:19:30Même la justice l'a compris.
00:19:32La justice a compris qu'il n'était pas possible de tenir en France avec une décision comme celle-là.
00:19:39Mais c'est l'essentiel. Le reste c'est rien.
00:19:42C'est moi qui décide quand je parle de ce qui est essentiel ou pas.
00:19:45Après vous pouvez avoir votre propre conception de ce qui est essentiel et secondaire.
00:19:48Je mets ça en perspective.
00:19:50Ce que j'entends depuis le début de cette émission est un peu problématique.
00:19:53Charger à ce point un juge, c'est un peu problématique.
00:19:55Mais pardonnez-moi, je n'ai jamais chargé un juge.
00:19:59Je parle, c'est à notre avis.
00:20:00Mais même Mme Parmentier ne charge pas un juge.
00:20:03On dit que c'est une décision qui n'avait pas de recours.
00:20:06C'est ce qu'a dit François Bayrou.
00:20:07Mais j'ai dit ça aussi.
00:20:08Point.
00:20:09Mais l'ORN n'a pas dit autre chose.
00:20:10Le syndicat de la magistrature, Eva Jolie, les juges...
00:20:13Monsieur Nolot, je vous rappelle qu'ayant fait appel, Marine Le Pen est présumée innocente.
00:20:19Rappelons-le.
00:20:21Moi je suis fasciné.
00:20:23Qu'est-ce qui va loin lorsque le 11 juin, le syndicat de la magistrature appelle l'ensemble des magistrats et magistrates,
00:20:32ce n'est pas moi qui l'écris, l'ensemble, pas simplement les syndiqués,
00:20:36à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite, sous-entendu Marine Le Pen.
00:20:40Qu'est-ce qui va loin de simplement souligner ça ?
00:20:42Ça, ça me choque.
00:20:43Eh bien pourquoi...
00:20:44Le syndicat de la magistrature me choque.
00:20:45Eh bien pourquoi vous dites que ça va loin de parler...
00:20:47D'étaler un rapport direct entre ce que dit le syndicat de la magistrature et la décision qui a été rendue, ça me paraît abusif.
00:20:52Monsieur Nolot, le fait de parler de fraude massif, c'est violer la présomption d'innocence de Marine Le Pen.
00:20:58Elle n'a pas tort.
00:21:00Présumée fraude massif.
00:21:01Non, elle n'a pas tort.
00:21:02Présumée fraude massif.
00:21:03Elle n'a pas tort.
00:21:04Je le dis.
00:21:05Elle n'a pas tort.
00:21:06Je le dis, je viens de rectifier.
00:21:07Oui, mais c'est très intéressant.
00:21:09Dans votre esprit, Marine Le Pen a fraudé.
00:21:11C'est fait.
00:21:12C'est votre inconscient qui parle.
00:21:14Mais bien sûr.
00:21:15Écoutez, moi...
00:21:16Mais je ne peux pas vous dire autre chose.
00:21:17Vous le dites.
00:21:18Votre inconscient parle.
00:21:19Pour vous, elle a fraudé.
00:21:20C'est ce que vous avez dit.
00:21:21Et après, effectivement...
00:21:22Vous avez dit que l'essentiel n'était pas là.
00:21:25Nous sommes d'accord.
00:21:26L'essentiel, c'est l'exécution provisoire.
00:21:27Mais je vous assure, vous êtes sur la ligne éditoriale de toute la presse française.
00:21:32Non, ce n'est pas vrai.
00:21:33Ce n'est pas vrai.
00:21:34Mais quand on donne des lances sur l'étape de la loi, on le respecte.
00:21:36Vincent Herbouet.
00:21:39Je vous assure.
00:21:40Mais ce n'est pas vrai.
00:21:41Je ne suis pas sur la ligne.
00:21:42Je commence par dénoncer la décision.
00:21:44Pardonnez-moi.
00:21:45Ce n'est pas la ligne éditoriale.
00:21:46Enfin, écoutez, je dis le contraire.
00:21:48Vincent Herbouet.
00:21:49Non, mais au Moyen-Âge, vous savez, les moines, pour se défendre contre le roi, disaient
00:21:56qu'il touche à la bure, touche à Dieu.
00:21:59Et donc, il ne fallait pas toucher, effectivement, au privilège du clergé.
00:22:03Eh bien, moi, j'ai l'impression, depuis hier, d'entendre le brame de tous les magistrats
00:22:07qui se victimisent, un espèce de tour de passe-passe incroyable.
00:22:11Moi, je ne suis pas particulièrement choqué par le détournement que l'on reproche au
00:22:15Front National.
00:22:16Désolé qu'un souverainiste puise dans les fonds européens pour défendre les intérêts
00:22:20nationaux.
00:22:21Il y a de quoi réjouir beaucoup de gens dans ce pays qui estiment que tous les moyens
00:22:26sont bons, même l'égo.
00:22:28Mais sur le fond, sur l'autobus dont vous parlez, vous avez une grosse erreur parce
00:22:33que l'attentat contre Marine Le Pen, à la Trump, vous savez, l'attentat qu'il a en
00:22:37Fradel, une sorte de martyr, il a déjà eu lieu.
00:22:40Elle avait 8 ans.
00:22:41Sa chambre d'enfants a été pulvérisée.
00:22:43Elle a déjà traversé ça.
00:22:44Donc, je veux dire, il y a quelque chose qui relève du courage politique, qui n'est
00:22:48pas simplement d'accepter d'être froissé, insulté, injurié.
00:22:52Il y a quelque chose du courage politique qu'il faut reconnaître à quelqu'un, dont
00:22:56je ne partage pas forcément les idées, mais qui est un peu franc, qui est dommageux.
00:23:01Je vous rappelle qu'on a dansé sur la tombe d'Agent Marine Le Pen.
00:23:04Je l'ai dénoncé, madame.
00:23:05Je l'ai dénoncé.
00:23:06Vous avez entendu le carillon.
00:23:07Je précise, parce que c'est toujours une position évidemment qui est un peu caricaturée.
00:23:11Si c'était arrivé à Jean-Luc Mélenchon, je dirais exactement la même chose.
00:23:15Bien sûr, c'est vrai.
00:23:16C'est un principe que nous défendons ici.
00:23:18Mais il a une forme de courage.
00:23:19Voilà, c'est un principe.
00:23:20Et nous, pareil.
00:23:21Ce n'est pas Marine Le Pen.
00:23:22Et nous, pareil.
00:23:23Et là où M.
00:23:24Bayrou a été formidable, c'est que devant une assemblée un peu hostile, ce qu'il a
00:23:29à mon sens, vraiment, c'est quelque chose qui restera dans sa carrière politique.
00:23:33Parce que c'est une…
00:23:34Ben oui, je suis désolé d'où le lire.
00:23:36Je suis désolé.
00:23:37Alors le carillon de voix.
00:23:38Je suis désolé.
00:23:39Parce que les principes…
00:23:40Le carillon, s'il vous…
00:23:43Olivier !
00:23:44Après le carillon !
00:23:46Vous êtes insupportables.
00:23:48Je vais vous renvoyer à la revue de presse.
00:23:51Comment ça va ?
00:23:53Ça va très bien, Pascal.
00:23:54Et vous ?
00:23:55Écoutez, ça va bien.
00:23:57Vous avez réussi à mettre un petit peu d'ordre dans la classe ?
00:24:02Dans la classe ou dans la classe ?
00:24:04Ah oui, j'ai un défaut de prononciation sur les clés.
00:24:07Mais non, mais ils sont insupportables.
00:24:10J'ai l'impression d'être maître d'école.
00:24:12Bon, qui est-ce que vous allez faire ce matin, cher Thomas Hill ?
00:24:15Est-ce que vous connaissez Paul Elkarrat, un grand champion…
00:24:17Ah ben, c'est un génie !
00:24:18Des jeux, voilà, qu'il a mis avec sa maman, un livre…
00:24:21C'est un génie !
00:24:22Il est là, Paul Elkarrat, déjà ?
00:24:23Il est là.
00:24:24Alors vous lui dites, par exemple, Louis XIII.
00:24:27Bonjour, Paul.
00:24:28Louis XIII, quel jour de naissance ?
00:24:30Mais il n'est pas rentré dans le studio.
00:24:32Il va rentrer dans le studio.
00:24:33Bon ben, il n'est pas là.
00:24:34Je vous demande s'il est là.
00:24:35On va aller le chercher, on va aller le chercher.
00:24:37Il est assez bluffant, parce que même sur n'importe quelle date, il est capable de vous le dire.
00:24:41Bien sûr, vous savez qui était le père de Louis XIII.
00:24:43Ah, Paul, asseyez-vous, il y a Pascal Praud qui essaie de vous parler.
00:24:46Non, mais vous lui demandez, il sait toutes les dates de décès, de mort…
00:24:50Mais bon, il est là, Paul, il vous entend.
00:24:52Louis XIII !
00:24:54Oui, naissance de Louis XIII.
00:24:561601, mais je ne suis pas là.
00:24:581643.
00:25:001601, 1643, exactement.
00:25:03On n'a pas besoin de vérifier, c'est bon.
00:25:06Exactement.
00:25:07Et effectivement, 1643, Louis XIV.
00:25:10C'est très pratique d'avoir Wikipédia avec toi.
00:25:12Bien sûr, bien sûr.
00:25:14Bon ben, écoutez, on va vous écouter.
00:25:16C'était un plaisir, Thomas Hill.
00:25:17Et nous, nous allons continuer.
00:25:20Voilà, d'avoir un peu d'autorité, ce qui ne m'est pas facile.
00:25:23A tout de suite.
00:25:27Il est 9h31, Sommeil à la Bidi est avec nous.
00:25:35Bonjour Pascal, bonjour à tous.
00:25:37A la une de l'actualité, réunion inédite entre les préfets et les consuls algériens
00:25:41autour de Bruno Rotaïo pour discuter des noms des ressortissants algériens
00:25:45que la France souhaite expulser.
00:25:47Une réunion actée par Emmanuel Macron et le président Tebboune ce lundi.
00:25:51Israël annonce l'extension de son offensive militaire à Gaza,
00:25:55objectif faire plier le Hamas, annonce le ministre de la Défense,
00:25:58qui ajoute également son intention de saisir, je cite,
00:26:01de larges zones du territoire gazaoui pour créer des zones de sécurité.
00:26:06Et puis, l'acteur américain Val Kilmer est mort d'une pneumonie à l'âge de 65 ans.
00:26:11Il avait notamment interprété le lieutenant Tom Kazansky,
00:26:14alias Iceman, aux côtés de Tom Cruise dans Top Gun en 86.
00:26:18Puis en 95, il était devenu Bruce Wayne dans Batman Forever.
00:26:24L'église française, je le répète, a bien compris le malaise qui pouvait exister,
00:26:27non pas parce qu'une décision contre Mme Le Pen n'avait été prise,
00:26:30mais parce qu'il n'y avait pas de recours possible de cette décision
00:26:33alors qu'elle est la favorite à l'élection présidentielle.
00:26:36Et c'est le principe qu'il faut défendre.
00:26:38Ce n'est pas Mme Le Pen qu'il faut précisément défendre.
00:26:44Je vous propose de voir cet échange qui en dit beaucoup sur l'espace médiatique,
00:26:49parce que la joie mauvaise de certains confrères hier,
00:26:52notamment sur France Inter, pour ne pas le citer,
00:26:56s'est retrouvé M. Chenu avec Mme De Villers.
00:26:59Écoutez cet échange qui en dit finalement beaucoup sur la société médiatique.
00:27:04Marine Le Pen n'est pas victime, elle est coupable.
00:27:07Madame, le problème, maintenant elle est aussi victime.
00:27:09Oui, mais là en l'occurrence elle est coupable.
00:27:11Elle a été reconnue coupable de détournement de fonds.
00:27:13Je vous rappelle qu'elle est présumée innocente au moment où nous nous parlons, madame.
00:27:16Oui, elle interjette appel.
00:27:17Mais elle a été reconnue coupable en première instance d'un détournement de fonds
00:27:21à hauteur de 4,5 millions d'euros pendant 12 ans.
00:27:25Il y a 24 personnes condamnées.
00:27:28Je sais que ce sera très difficile que vous puissiez dire sur votre antenne
00:27:31qu'elle est présumée innocente.
00:27:33Elle est totalement présumée innocente, elle interjette appel.
00:27:36Donc on remet les compteurs à zéro.
00:27:38Est-ce que vous êtes d'accord sur cette idée des compteurs à zéro, Thomas Bonnet ?
00:27:42Même si sur le fond, l'équation reste impossible pour Mme Le Pen.
00:27:46Je ne sais pas comment elle va pouvoir convaincre avec la même défense
00:27:50puisque visiblement elle nie l'effet et les mêmes causes produisent les mêmes effets.
00:27:54C'est évidemment un angle intéressant de savoir si la stratégie de défense va changer.
00:27:58Il y a quand même une décision qui peut un peu changer la donne d'ici l'été 2026.
00:28:02C'est la saisie du Conseil constitutionnel.
00:28:04Il va y avoir une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité
00:28:07qui va être déposée par Marine Le Pen pour demander au Conseil constitutionnel
00:28:10si l'inégibilité avec exécution provisoire est conforme
00:28:13et peut garantir la liberté de l'électeur.
00:28:15On rappelle qu'il y avait déjà eu une saisine d'un élu maorais la semaine dernière
00:28:18et le Conseil constitutionnel avait dit qu'il fallait garantir la liberté de l'électeur.
00:28:21C'est passé inaperçu et parmi toutes les condamnations,
00:28:24Louis Alliot n'a pas eu d'exécution provisoire sur sa peine.
00:28:27Louis Alliot qui est maire de Perpignan parce qu'il est élu local
00:28:30et donc ça faisait directement référence à la décision du Conseil constitutionnel.
00:28:34On pourrait avoir la même chose et donc que Marine Le Pen soit elle aussi concernée.
00:28:38Alors cette exécution provisoire précisément.
00:28:40Écoutez ce que disait Monsieur Retailleau hier soir.
00:28:45Lorsqu'on a un procès, il y a une reconnaissance de culpabilité
00:28:49mais l'exécution provisoire en réalité, elle va préempter sur la deuxième instance juridictionnelle.
00:28:57Donc je pense que ce que le Premier ministre a émis comme idée, je le rejoins
00:29:02et je pense que c'est plutôt une bonne idée, oui.
00:29:05Marion Maréchal également a pris la parole.
00:29:07Elle était ce matin avec Sonia Mabrouk.
00:29:09Je vous propose de l'écouter sur Europe 1 et sur ces news.
00:29:12L'espoir est plus grand aujourd'hui qu'il ne l'était hier
00:29:14puisque depuis nous avons donc la cour d'appel de Paris
00:29:17qui a annoncé qu'il y aurait un appel étudié avant l'été 2026.
00:29:22Et il y a une autre information qui est celle venue d'Éric Ciotti
00:29:26qui a annoncé déposer une proposition de loi qui sera étudiée fin juin à l'Assemblée nationale
00:29:31qui permettrait de revenir sur ce fameux sujet central
00:29:34qui est l'exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate de l'inéligibilité.
00:29:38Et si par chance à l'Assemblée nationale, une majorité était constituée autour de cette PPL,
00:29:46cela aboutirait à ce que Marine Le Pen puisse de nouveau se présenter en 2027.
00:29:52Caroline Parmentier, il y a un problème effectivement de défense.
00:29:55Madame Le Pen considère, et on peut être d'accord avec elle d'ailleurs,
00:29:59que les parlementaires qui ont travaillé avec le Parlement européen,
00:30:04les assistants parlementaires qui ont travaillé avec le Parlement européen,
00:30:08la frontière est poreuse avec le parti mais ils ont fait des allers-retours sans doute
00:30:12et ils ont travaillé pour les deux et tout ça est un peu compliqué.
00:30:15On peut imaginer au quotidien comment ça se passe.
00:30:17Bon, il n'empêche que cette défense n'est pas acceptable.
00:30:19Manifestement le tribunal dit on ne veut pas vous entendre là-dessus,
00:30:23même si le Rassemblement national ne le fait plus je crois depuis 2016,
00:30:28puisque c'était avant 2016, c'est un système qui avait été mis en place.
00:30:32J'imagine comment ça se passe, je répète les frontières sont poreuses
00:30:37mais cette défense-là, vous allez droit dans le mur.
00:30:40Oui mais nous nous défendons, alors on n'a pas le droit de se défendre.
00:30:44Mais si, mais si c'est la loi moi je ne suis pas...
00:30:47C'est le clé des coupables.
00:30:48Mais c'est pas ça, mais si c'est la loi.
00:30:50Oui mais voyez ce que ça a d'injuste, nous on nie le rôle de l'assistant parlementaire
00:30:56tel qu'il est défini par ce jugement.
00:30:58L'assistant parlementaire travaille aussi en politique.
00:31:02Désolée, quand on est l'assistant parlementaire de Marine Le Pen...
00:31:04Oui mais que dit le Parlement européen ?
00:31:06Non, le Parlement européen précisément, d'abord c'est très antérieur aux lois
00:31:11dont nous avons parlé, à la loi Sapin etc.
00:31:13Tout ça a été remis après sur le terrain pour nous porter préjudice finalement.
00:31:17Nous, nous continuerons de nous défendre avec cette loi-là.
00:31:20Oui mais vous allez, alors donc vous allez dans le mur, parce que là Mme Pertuis moi je lui...
00:31:23Non parce que ça...
00:31:24Sur ce sujet-là, elle ne fait qu'appliquer manifestement les textes et la loi.
00:31:28Elle n'est pas d'accord avec l'analyse de Mme Le Pen.
00:31:31Mais comment vous allez faire ?
00:31:33Tout ça va être étudié, nous allons faire appel à tous les recours possibles, tous.
00:31:38J'entends bien, mais sur le fond ?
00:31:40Sur le fond, ça sera le rôle des avocats de continuer à appeler, je leur fais entièrement confiance.
00:31:45Parce que là, c'est un dilemme en fait.
00:31:47Parce que c'est soit vous gardez la même ligne de défense au risque d'être condamné à nouveau en appel,
00:31:50soit parce qu'il faut augmenter vos chances, les chances de Marine Le Pen en l'occurrence,
00:31:54d'être candidate à l'élection présidentielle.
00:31:56Peut-être il faut modérer sa position.
00:31:58Oui mais sauf que Mme Le Pen ne peut pas dire j'étais pas au courant,
00:32:00parce qu'on lui dirait mais en première instance vous avez dit le contraire Mme.
00:32:03On ne se laissera pas faire sur nos défenses.
00:32:04Si vous voulez, moi sur le fond, je le répète, je trouve que c'est une affaire de corne-cul.
00:32:08Je trouve que ça ne vaut pas ça.
00:32:10Ça ne vaut pas ça.
00:32:12C'est-à-dire qu'on ne peut pas remettre une élection présidentielle pour ça.
00:32:14C'est mon avis, je ne sais pas si vous le pensez aussi.
00:32:16Quand j'entends le chiffre de 4 millions de détournements publics tels qu'il est mis en perspective,
00:32:21tout ça c'est de l'enfumage.
00:32:23Parce que c'est de l'enfumage.
00:32:25C'est 4 millions, ce n'est pas de l'argent que tu as détourné, que tu as mis dans ta poche.
00:32:29C'est des salaires que tu considères effectivement qui ont été payés par le Parlement européen
00:32:35et sans doute les assistants parlementaires ont travaillé aussi.
00:32:38Ça c'est un jugement impressionniste.
00:32:40La loi, au regard de la loi, c'est hors-jeu.
00:32:43Est-ce que vous trouvez, sérieusement, il y a beaucoup de problèmes dans le monde,
00:32:48il y a beaucoup de problèmes pour la France, des problèmes qui sont majeurs.
00:32:51Ça fait juste 3 jours qu'on est de savoir pour qui ont travaillé les assistants parlementaires.
00:32:56Est-ce que vous trouvez que c'est digne de notre grande démocratie ?
00:32:59Ce n'est pas ce que je trouve qui est important, c'est ce que la loi prouve.
00:33:03Quand la juge écrit « L'atteinte aux intérêts de l'Union européenne revêt une gravité particulière »
00:33:10dans la mesure où elle est portée, non sans un certain cynisme, mais avec détermination,
00:33:15par un parti politique qui revendique son opposition aux institutions européennes.
00:33:19Ce n'est pas un jugement politique, ça c'est un péché.
00:33:25Sur le fond, je n'ai évidemment rien à contester ou à interroger,
00:33:29mais il me semble que dans les délibérés, il y a deux aphorismes qui m'ont interrogé.
00:33:33Le premier, c'est l'enrichissement partisan.
00:33:35Je ne sais pas ce que c'est qu'un enrichissement partisan, personnellement.
00:33:38C'est l'enrichissement du parti.
00:33:40Oui, mais partisan au sens idéologique. Je crois que c'était surtout orienté…
00:33:44C'est une curieuse définition.
00:33:45Absolument. Et aussi le risque de trouble à l'ordre public en cas de récidive.
00:33:50Et là, je vais me permettre de faire un parallèle avec le syndicat de la magistrature
00:33:53qui, postérieurement aux jeunes de loisiveté qui ont causé 1,3 milliard de dégâts
00:33:58aux émeutes de juin 2023, le syndicat de la magistrature avait refusé à l'époque
00:34:02d'appliquer la circulaire d'Éric Dupond-Moretti.
00:34:05Donc, on voit bien, encore une fois ici, que le syndicat de la magistrature
00:34:08a des prises de positions politiques, qu'il y a certains magistrats
00:34:11qui sont évidemment politisés et qui, parallèlement à ce délibéré
00:34:16concernant le risque de récidive et de trouble à l'ordre public,
00:34:20je peux me permettre de m'interroger.
00:34:22Alors, monsieur Gentillet, ce matin, qui est avocat,
00:34:24je vous propose d'écouter ce qu'il disait précisément sur le trouble public.
00:34:27Il était Chromin Desarbres. Écoutons monsieur Gentillet.
00:34:31La longue décision hier soir, et je dois dire qu'effectivement,
00:34:35il faut vraiment bien que tout le monde ait en tête ce qui s'est passé.
00:34:38C'est-à-dire qu'un des enjeux, ce qui empêche mécaniquement Marine Le Pen
00:34:43de se présenter à l'élection présidentielle, c'est l'exécution provisoire
00:34:48qui, de fait, par sa durée, je l'ai dit tout à l'heure, devient une exécution définitive.
00:34:53Contrairement à ce qu'on a dit, et c'est ce que le tribunal a reconnu,
00:34:56il n'y a pas d'automaticité de la peine.
00:34:58La loi Saint-Pas-deux ne s'applique pas.
00:35:00Donc le juge a motivé sa décision obligatoirement.
00:35:02Et il l'a motivée, effectivement, ça a été dit ici,
00:35:05par ce motif, par une atteinte à l'ordre public démocratique.
00:35:10Vraiment, j'ai fait toute la recherche hier soir,
00:35:12et assez tardivement, je vous prie de le croire.
00:35:14Cette notion d'ordre public, je dis démocratique, n'existe pas.
00:35:21Elle n'a aucun fondement textuel, aucun antécédent jurisprudentiel.
00:35:25Le juge, invent critère à mon expression,
00:35:28attendez, c'est gravissime, qu'il ne définit même pas.
00:35:32Et qui est totalement subjective.
00:35:34On pourrait dire que l'atteinte à l'ordre public démocratique,
00:35:36c'est précisément d'empêcher une candidate,
00:35:39la principale candidate à l'élection présidentielle,
00:35:41de se présenter et de ce fait de priver les électeurs du choix démocratique.
00:35:45C'est intéressant ce que dit Pierre Gentillet.
00:35:46Olivier Delagarde.
00:35:47Non mais, ce qui s'est passé hier est très important,
00:35:51et même très grave pour la justice.
00:35:53Ce à quoi on a assisté, c'est quand même un Waterloo judiciaire.
00:35:55Parce que, cet audiencement qu'on nous annonce finalement express,
00:35:59puisque ce sera à l'été 2026, on nous avait dit,
00:36:02depuis hier on nous disait tout à l'heure.
00:36:04Ça ne pourra pas intervenir avant au moins deux ans.
00:36:07Finalement, on avance la date.
00:36:10C'est une justice d'exception, qu'on le veuille ou non.
00:36:14C'est-à-dire que finalement, la justice,
00:36:17après avoir dit du RADLEX, EDLEX, voilà c'est la justice,
00:36:20on n'y touche pas, se rend compte qu'il y a un vrai problème.
00:36:23Et c'est pour cette raison qu'on va précipiter la date de l'appel.
00:36:31Et ça change tout.
00:36:33Effectivement, ça change tout.
00:36:35Mais c'est quand même un Waterloo pour la justice.
00:36:38Pierre Gentillet.
00:36:39Ce qui est intéressant dans ce que disait Monsieur Gentillet,
00:36:41pour rebondir, c'est quand même que, je lis,
00:36:43l'ordre public démocratique, ça n'existe pas.
00:36:46Charline Vanhoenacker.
00:36:47Un concept totalement inventé.
00:36:48Donc, il y avait l'ordre public.
00:36:50C'est baroque de toute façon.
00:36:52Mais avec l'ordre public, parce que vous dites que ça n'a pas de rapport
00:36:55avec la Roumanie, l'ARCOM, etc.
00:36:57Mais sous l'ordre public.
00:36:58Je ne vais pas parler de l'ARCOM.
00:36:59Oui, mais on est dans un univers,
00:37:03où vous fermez une chaîne de télévision,
00:37:05où, que vous le vouliez ou non, il y a des passerelles
00:37:08entre le candidat roumain qui est empêché de se présenter.
00:37:12Franchement, non.
00:37:13C'est une affaire totalement différente, pardonnez-moi.
00:37:15Il suffit de s'y pencher trois minutes.
00:37:16Le résultat, elle-même, pour les Français.
00:37:18Le résultat, ce n'est pas ça qui compte.
00:37:20C'est la motivation.
00:37:21Marie n'est la seule candidate française à avoir été éliminée.
00:37:24Pardonnez-moi.
00:37:26Il y a un point commun, c'est la souveraineté du peuple.
00:37:29Excusez-moi, ce n'est pas rien.
00:37:31Dans les deux cas, vous avez deux candidats
00:37:34qui sont juste les premiers choisis par le peuple.
00:37:36Si vous ne voyez pas le rapport, pardonnez-moi Eric,
00:37:39mais vous me surprenez.
00:37:40Mais tout ça, au nom de la démocratie.
00:37:42Il y a un point commun, je vous dis.
00:37:46Il y a un point commun, je vous dis.
00:37:48C'est la souveraineté du peuple qui, dans les deux cas,
00:37:51est mise de côté.
00:37:52Ça dépend ce qu'on reproche au candidat.
00:37:54Dans le cas de Marine Le Pen, moi, j'ai commencé par là.
00:37:57Je trouve que les motivations de trouble à l'ordre public
00:37:59et de récidive me paraissent extrêmement problématiques.
00:38:02Donc, ça justifie, en effet, une nouvelle audience.
00:38:05Madame Le Noir.
00:38:06Ça n'empêche pas d'examiner dans une perspective plus large.
00:38:09Voilà ce que j'essaie de faire.
00:38:10Mais c'est très difficile ici.
00:38:11Être un homme nuancé, c'est très difficile.
00:38:13On se retrouve coincé entre le bus et Sonia De Vilaire.
00:38:16C'est très difficile.
00:38:17C'est très difficile.
00:38:18Mais je maintiens ce cap.
00:38:20Là, vous n'êtes pas sérieux.
00:38:21Vous n'allez pas prendre l'histoire du bus jusqu'à la fin de l'émission.
00:38:25C'est une phrase qui ne fait pas sens dans ce que nous avons dit depuis une heure.
00:38:31Je vous dis simplement et calmement qu'on peut reprocher des choses
00:38:34à Madame Le Pen sans avoir un désir de mort envers elle.
00:38:37C'est mon cas.
00:38:38Donc, ça m'a choqué.
00:38:39Ce n'est pas ce que j'ai dit.
00:38:40Je n'ai pas dit que vous souhaitiez sa mort.
00:38:42Je vous ai dit qu'il y avait ceux qui s'étaient comportés de manière noble dans cette affaire
00:38:46et ceux qui s'étaient comportés comme des minables,
00:38:48y compris dans tous les milieux politiques et journalistiques.
00:38:51Écoutons Madame Lenoir, qui est ancienne.
00:38:56C'est la première femme qui était membre du Conseil constitutionnel.
00:39:00Elle a été directrice de cabinet d'un ministre de la Justice de gauche, je vous le rappelle.
00:39:06Elle a été nommée par Jacques Chirac au Conseil constitutionnel
00:39:09avant d'avoir été secrétaire d'Etat aux affaires européennes.
00:39:13Sa parole nous intéresse.
00:39:15Elle a peut-être plus de poids que Sonia De Villers.
00:39:17Qui dit le contraire ?
00:39:19Il y a un sérieux problème du point de vue de ce que l'on appelle la non-rétroactivité de la loi pénale.
00:39:25C'est-à-dire que vous ne pouvez pas être condamné sur la base...
00:39:28Pour des faits commis antérieurement à l'application d'une loi.
00:39:31Elle applique une loi plus sévère tout en disant que cette loi ne s'applique pas.
00:39:35Je trouve que du point de vue des principes, si j'étais avocate dans cette affaire,
00:39:38je plaiderais la violation de la non-rétroactivité de la loi pénale.
00:39:41Caroline Parmentier, les scénarios politiques, cette fois, on va les évaluer.
00:39:46Vous ne m'avez pas beaucoup rassuré sur la défense que vous allez produire.
00:39:50Parce que si vous faites la même, effectivement, ça peut être très compliqué.
00:39:54Ce n'est pas partie des avocats de Marine Le Pen, c'est eux qui répondront à cette question.
00:39:57J'entends bien, mais il n'empêche que c'est un problème majeur.
00:40:00Pour le moment, il y a un chemin qui était très étroit hier et qui s'élargit un petit peu.
00:40:05Il y a également la proposition de loi Ciotti qui va avoir lieu en juin,
00:40:08comme l'a rappelé tout à l'heure Marion Maréchal.
00:40:10Cette proposition de loi est intéressante parce qu'elle propose dans la niche UDR
00:40:13de revenir sur la notion d'exécution provisoire pour l'inéligibilité.
00:40:19Si vous me permettez, je fais juste une parenthèse qui va m'amuser.
00:40:22Il y a beaucoup d'avocats qu'on a sur ce plateau et qui, off, sont venus vers nous
00:40:27et m'ont dit, mais vraiment, Mme Le Pen était mal défendue,
00:40:30ce n'est pas du tout ce qu'il fallait faire, etc.
00:40:33En fait, les avocats, c'est comme les coiffeurs.
00:40:35Quand vous allez chez un coiffeur, la première chose qu'il vous dit, c'est
00:40:37« Qu'est-ce qui vous a coiffé ? »
00:40:39Il se déteste entre eux.
00:40:41Non, je ne sais pas.
00:40:43Mais les avocats, la seule première chose qu'ils te disent, c'est « Non, il est très mal défendu. »
00:40:48Moi, je ne peux pas juger. Je pense que M. Bosselut est un bon avocat.
00:40:52Je n'en sais rien.
00:40:54Est-ce que vous connaissez des journalistes qui critiquent en permanence les journalistes ?
00:40:57Ce n'est pas la même chose.
00:40:59Je ne peux pas dire que je n'aurais pas écrit un papier de la même manière.
00:41:02Par définition, ils sont différents, les journalistes.
00:41:04Vous voyez, ce n'est pas du tout la même chose.
00:41:08L'histoire du coiffeur est juste.
00:41:10Première chose, « Qu'est-ce qui vous a coiffé ? »
00:41:12Moi, c'est le boucher qui m'a coiffé.
00:41:14C'est un coiffeur qui m'a coiffé.
00:41:16C'est idiot comme question.
00:41:18Il y a ça chez les avocats également.
00:41:20En plus, s'ils te le disent un peu hypocritement, ils disent
00:41:23« J'aime bien mon confrère, mais ce n'est pas du tout ça qu'il fallait faire. »
00:41:27Ils ont toujours la solution au miracle.
00:41:29Ils sortent de leur boîte.
00:41:31Rodolphe Bossluth, un excellent avocat.
00:41:33C'est pour ça que je vous dis ça.
00:41:35Vous, qu'est-ce que vous en pensez ?
00:41:37C'est un excellent avocat.
00:41:39Marine Le Pen a été avocate elle-même.
00:41:41Elle avait son mot à dire également.
00:41:43Un bon avocat, c'est un avocat qui gagne.
00:41:46C'est toujours pareil.
00:41:48Un bon présentateur de télévision, c'est un présentateur qui fait de l'audience.
00:41:54Et un bon joueur de football, c'est un joueur qui marque un bon buteur.
00:41:58Nous ne sommes qu'en première instance.
00:42:00C'est pour ça qu'il existe un appel.
00:42:02Parfois, on gagne en appel.
00:42:04Oui, mais je pense que là, je crains le pire quand même sur le fond.
00:42:08Écoutez, nous verrons.
00:42:10Je crains le pire sur le fond.
00:42:12Si vous le permettez, Pascal, rappelez que nous avons un meeting dimanche après-midi.
00:42:15Ah bah tiens, paraît-il qu'on va écouter le toujours très intelligent
00:42:18Xavier Bertrand qui a parlé de la prise du capital avec la place Vauban.
00:42:23Je crois qu'il n'a toujours pas supporté le fait de ne pas avoir été à Matignon à cause de Marine Le Pen.
00:42:27Je pense que ça lui est resté.
00:42:29Je vous assure.
00:42:31On nous demande parfois d'être sérieux, nous et Jean-Marie.
00:42:34Il faudrait bien que les politiques le soient un petit peu quand même.
00:42:37Lui, il est caricatural.
00:42:39La place du capital et la place Vauban.
00:42:41La place Vauban, c'est dans le 7e arrondissement.
00:42:43C'est derrière l'Assemblée nationale.
00:42:45En plus, ce n'est pas devant l'Assemblée nationale.
00:42:47Je ne vois pas ce qu'ils vont prendre.
00:42:49Il y a le trompeau des Invalides qui est en face.
00:42:51Écoutons Monsieur Bertrand.
00:42:55Le Rassemblement national a appelé à une manifestation.
00:42:58Mais c'est quoi l'étape d'après ?
00:43:00Il va falloir aller manifester.
00:43:02Ils vont appeler à manifester devant un tribunal.
00:43:04Ce n'est pas ce qui a été dit hier.
00:43:06Mais c'est quoi la dérive suivante ?
00:43:08Vous savez ce que ça me rappelle ?
00:43:10Je n'ai pas envie qu'on joue un mauvais remède du capital.
00:43:13Le support de Donald Trump qui avait envahi le capital après sa défaite.
00:43:16De s'en prendre aux magistrats.
00:43:18Vous vous rendez compte que la présidente du tribunal correctionnel
00:43:20est aujourd'hui sous protection.
00:43:22150 magistrats en France.
00:43:24J'ai entendu tout à l'heure sur votre antenne.
00:43:26Mais elle-même, pour cette décision qui a été prise,
00:43:29est sous protection.
00:43:31Et à cause de quoi ?
00:43:33De ce climat qui a été aujourd'hui instauré.
00:43:35Il est formidable.
00:43:37Je comprends qu'il ne gagne jamais quand il se présente quelque part
00:43:39sauf dans sa région manifestement.
00:43:42En disant des choses comme ça, je comprends que les gens décrochent.
00:43:44Je dénonce tous les excès, Pascal Praud.
00:43:46Y compris ceux de Xavier Bertrand.
00:43:48Qui là est dans un discours complètement...
00:43:50C'est délirant ce qu'il raconte.
00:43:52C'est intéressant ce qu'il dit.
00:43:54L'érosion permanente des libertés
00:43:56va jusqu'à interdire
00:43:58ou soupçonner
00:44:00de crimes possibles.
00:44:02Un simple appel à manifester d'un parti politique.
00:44:06C'est quand même formidable.
00:44:08C'est un regard connu par la Constitution.
00:44:11Ce matin, dans l'excellencee Atlantico,
00:44:13il citait Ronald Reagan qui disait
00:44:15qu'en Amérique, si le fascisme devait arriver un jour,
00:44:17ce serait par le progressisme.
00:44:19On a complètement oublié cette citation.
00:44:21Et c'est assez juste.
00:44:23Et là, vous avez quand même un homme politique
00:44:25qui est vraiment une sorte d'apparatchik permanent
00:44:27de la droite, du centre droit
00:44:29auquel on a prêté toutes sortes d'ambitions depuis très longtemps
00:44:31qui vous explique finalement calmement
00:44:33qu'un parti dont la présidente
00:44:35vient d'être invalidée pour la prochaine présidentielle
00:44:37elle s'en tirera peut-être, on verra
00:44:40n'a pas le droit d'appeler à manifester
00:44:42parce que c'est un acte de factieux.
00:44:46Et ça passe comme crème.
00:44:48C'est la mode de dire que Marine Le Pen va se trumpiser.
00:44:50Vous avez remarqué ?
00:44:52On en a beaucoup entendu ça.
00:44:54On ne peut pas plaider son innocence.
00:44:56On ne peut pas critiquer une décision de justice.
00:44:58On ne peut pas faire un meeting.
00:45:00On peut quoi ? Mettre une robe de bure
00:45:02et aller en pénitence ?
00:45:04Madame Parmentier, tout ça vous sert.
00:45:06Ecoutez, nous verrons.
00:45:09Oui, enfin c'est lourdement payé.
00:45:11C'est facile à dire.
00:45:13Tout ça vous sert parce que, voilà,
00:45:15ce que dit M. Nolot est juste
00:45:17et ce que dit Vincent également,
00:45:19c'est pas crédible.
00:45:21Et c'est assez grotesque.
00:45:23Il n'empêche que personne n'est traité comme ça.
00:45:25Le bol de crapaud que Marine avale au petit-déjeuner
00:45:27depuis sa naissance, personne n'a l'équivalent.
00:45:29Je suis d'accord avec vous, mais il y a peut-être aussi
00:45:31des raisons historiques
00:45:33et puis des raisons...
00:45:36Le Front National est né, on le sait,
00:45:38avec des dirigeants...
00:45:40Mais ça justifie d'aller boire du champagne
00:45:42sur la tombe de son père ?
00:45:44Ça ne justifie rien, ça explique.
00:45:46C'est-à-dire que le Front National a une histoire,
00:45:48Jean-Marie Le Pen a une histoire,
00:45:50que dans les années 80,
00:45:52il était le diable,
00:45:54que Mme Le Pen s'appelle Le Pen,
00:45:56que ce nom,
00:45:58elle ne peut pas, évidemment,
00:46:00en faire fi, donc forcément,
00:46:02ça explique...
00:46:05Même si aujourd'hui,
00:46:07le Rassemblement National n'est plus le Front National,
00:46:09il n'empêche que ça explique.
00:46:11Et puis, c'est toujours facile d'avoir un diable.
00:46:13C'est toujours une bonne chose d'avoir un diable.
00:46:18Ça existe toujours, c'est toujours très pratique.
00:46:20En tout cas, elle n'est jamais aussi performante
00:46:22que dans la plus grande adversité.
00:46:24Je ne suis pas tout à fait sûr de ce que vous dites d'ailleurs,
00:46:26parce que pendant les campagnes électorales,
00:46:28on pouvait lui reprocher précisément,
00:46:30notamment dans les débats
00:46:32avec le Président de la République,
00:46:34de ce jour-là,
00:46:40de ne pas avoir été à la hauteur,
00:46:42ce jour-là, de cette adversité-là.
00:46:44Et je pense surtout aux premiers débats
00:46:46plus qu'aux deuxièmes.
00:46:48Oui, vous avez raison là-dessus.
00:46:50Mais les Français, croyez-moi, le savent.
00:46:52Et se sentent solidaires avec elle,
00:46:54à Mayotte, dans le Patrialet,
00:46:56ils savent qu'elle souffre, et ils savent qu'elle...
00:46:58On réécoutera un deuxième son de Xavier Bertrand,
00:47:00je voulais vous remercier.
00:47:02C'est moi qui vous remercie vraiment.
00:47:04Ne me remerciez pas trop, parce que ça n'arrange pas mes affaires.
00:47:06Quand vous me remerciez...
00:47:08J'essaye de défendre des principes.
00:47:10J'en remercie Roselyne Bachelot, hier,
00:47:12qui m'a...
00:47:14Qu'est-ce qu'elle vous a dit, Roselyne ?
00:47:16À la lecture de ce communiqué,
00:47:18excusez-nous, imparable, du syndicat de l'administrature,
00:47:20elle me fait la bouche en coup de poule,
00:47:22en disant, écoutez, non, alors ça, ça ne justifie rien du tout.
00:47:24Je ne vois pas trop.
00:47:26Elle me fait marrer.
00:47:28Parce que je regardais cette émission aussi, je zappais,
00:47:30à raison de me dire qu'il ne faut pas
00:47:32que je critique trop mes confrères.
00:47:34Et au contraire, je trouve que c'est bien
00:47:36qu'ils fassent ce qu'ils font.
00:47:38Ça nous arrange.
00:47:40Je vous remercie, en tout cas.
00:47:42Je vous remercie grandement.
00:47:44Et M. Nolot, aujourd'hui, vous êtes...
00:47:46circonspect.
00:47:48Non, mais vous savez, moi, je me place
00:47:50sous l'égide de Nietzsche. Malheur à moi, je suis nuance.
00:47:52C'est un grand malheur
00:47:54dans cette émission d'être nuance.
00:47:56Vous êtes nuance quand ça vous arrange.
00:47:58Parce que sur les écrivains, vous êtes un peu moins nuance
00:48:00quand vous dites que certains sont nus.
00:48:02Ne mélangez pas tous les sujets.
00:48:04C'est mon chemin, ma voix, mon destin.
00:48:06Oui, ben non.
00:48:08Je vous lis parfois, il n'y a pas plus dur que vous,
00:48:10sur la littérature, de temps en temps,
00:48:12sur Sandrine Rousseau, vous n'êtes pas nuancé.
00:48:14Excusez-moi. Vous êtes comme tout le monde.
00:48:16C'est très difficile d'être nuancé
00:48:18sur Sandrine Rousseau. Extrêmement difficile.
00:48:20Maintenant, je peux essayer.
00:48:22Mais pas aujourd'hui.
00:48:24Ça me fait plaisir que vous soyez là.
00:48:26Oui, ça me fait plaisir d'être là. Même si c'est une souffrance.
00:48:28Même si nuance
00:48:30trime avec souffrance.
00:48:32C'est une souffrance ?
00:48:34Un peu. Exprimer une nuance ici est un peu une souffrance.
00:48:36Mais vous savez, vous connaissez ce dialogue
00:48:38merveilleux dans le dernier Métro.
00:48:40Tu es belle, Héléna, si belle que te regarder est une souffrance.
00:48:42Hier, vous me disiez que c'était une joie.
00:48:44C'est une joie et une souffrance.
00:48:46Hâte de voir ce passage sur les réseaux sociaux.
00:48:48Ça va faire jaser.
00:48:50Catherine Deneuve, Gérard Depardieu.
00:48:52Il avait mis également ce dialogue
00:48:54dans la sirène du Mississippi,
00:48:56entre Belmondo et Deneuve.
00:48:58Il considérait, Truffaut, que l'amour
00:49:00est joie et souffrance.
00:49:02À tout de suite.
00:49:06Une déroulette va être là et vous la connaissez
00:49:08puisqu'elle se bat pour qu'une loi oblige les conducteurs
00:49:10âgés à passer une visite médicale.
00:49:12Elle-même, évidemment, nous le savons,
00:49:14a été victime d'un conducteur âgé.
00:49:16Finalement, cette loi
00:49:18pourrait être votée.
00:49:20Une visite médicale au-delà d'un certain âge
00:49:22ou pour tout le monde, tous les 15 ans.
00:49:24Vous nous en parlerez tout à l'heure.
00:49:26Sommeil à la midi.
00:49:30On commence par ce drame
00:49:32dans les Vosges, deux personnes âgées,
00:49:34dont un prêtre tué à coups de pierre
00:49:36dans une ruelle à Xertini lundi.
00:49:38Le suspect a été arrêté et une enquête pour meurtre
00:49:40a été ouverte. Plus de détails
00:49:42à venir avec la conférence du procureur
00:49:44cet après-midi.
00:49:46Après sa condamnation à 5 ans d'inéligibilité,
00:49:48Marine Le Pen annonce saisir
00:49:50la Cour européenne des droits de l'homme
00:49:52et le Conseil constitutionnel.
00:49:54Par ailleurs, la chef de file du RN
00:49:56se réjouit de la date de l'accélération
00:49:58de son appel, appel fixé à l'été 2026.
00:50:00Et puis,
00:50:02c'est un véritable miraculeux.
00:50:04Un homme a été secouru vivant sous les décombres
00:50:06en Birmanie, 5 jours après le séisme
00:50:08qui a dévasté le pays.
00:50:10Le jeune homme, d'une vingtaine d'années,
00:50:12a été libéré par une équipe de secouristes
00:50:14birmans et turcs dans un hôtel en ruine
00:50:16de la capitale.
00:50:18On termine le chapitre Marine Le Pen
00:50:20avec Xavier Bertrand,
00:50:22l'inadmirable Xavier Bertrand
00:50:24qui a été ce matin
00:50:26chez nos amis d'RTL.
00:50:28Ils ont tort d'avoir peur du RN.
00:50:30Ils ont tort
00:50:32de placer le RN
00:50:34au coeur de notre vie politique.
00:50:36Et ils ont tort de tomber dans le piège
00:50:38tendu par Mme Le Pen et par le RN.
00:50:40Le piège, c'est celui
00:50:42de la victimisation.
00:50:44Mme Le Pen n'est pas une victime.
00:50:46Elle n'est pas victime d'une erreur judiciaire.
00:50:48Elle a été reconnue
00:50:50par le tribunal correctionnel
00:50:52coupable de faits
00:50:54extrêmement graves. Détournement
00:50:56de fonds publics. Et pas n'importe quoi,
00:50:58pas une petite somme, plus de 4 millions
00:51:00d'euros. Détournement
00:51:02d'argent public, ça veut dire que c'est
00:51:04notre argent, votre argent, celui des auditeurs
00:51:06qui a été détourné pour financer
00:51:08le train de vie du RN.
00:51:10Il a tout à fait le droit
00:51:12de penser que c'est très grave
00:51:14de détourner des fonds publics. Et d'ailleurs,
00:51:16la loi l'interdit, donc c'est tout à fait légitime.
00:51:18En revanche, il en fait effectivement une analyse
00:51:20politique derrière, parce qu'on connaît les antécédents
00:51:22et les... Voilà.
00:51:24C'est ce qu'il a eu avec Marine Le Pen par le RN.
00:51:26Bon, voilà ce qu'on pouvait dire
00:51:28sur ce sujet.
00:51:30Et la suite au prochain épisode.
00:51:32Vincent Herbouet, un mot sur l'Algérie. Je disais tout à l'heure
00:51:34avec un peu d'ironie
00:51:36que j'attends le communiqué
00:51:38de l'Elysée remerciant l'Algérie
00:51:40vraiment pour tout ce que le pays
00:51:42a fait pour la France depuis 3-4 mois.
00:51:44Je voudrais qu'on voit le sujet de Mathieu
00:51:46Devez et vous me
00:51:48donnez votre
00:51:50décryptage.
00:51:52Interrogé hier soir sur un possible
00:51:54réchauffement diplomatique entre la France
00:51:56et l'Algérie, le ministre de
00:51:58l'Intérieur Bruno Retailleau se montre optimiste.
00:52:00Pour la première fois,
00:52:02j'ai bon espoir.
00:52:04L'espoir que
00:52:06Boilem Sansal puisse
00:52:08revenir. Je ne sais pas
00:52:10à quelle échéance
00:52:12mais c'est vraiment un espoir.
00:52:14Et l'espoir surtout que
00:52:16l'accord qui nous lie nos deux pays,
00:52:18l'Algérie et la France, l'accord de 94,
00:52:20soit appliqué strictement.
00:52:22Cet accord stipule que l'Algérie
00:52:24doit accepter sur son sol les ressortissants
00:52:26algériens. Or l'admission des
00:52:28algériens en situation irrégulière est au
00:52:30coeur des tensions, notamment depuis
00:52:32l'attentat de Mulhouse du 22 février
00:52:34qui a fait un mort et a été
00:52:36commis par un ressortissant algérien que
00:52:38son pays avait refusé de reprendre.
00:52:40L'Algérie pourrait donc accepter
00:52:42sur son sol les 60 algériens que
00:52:44la France souhaite expulser.
00:52:46Très concrètement, que va-t-il advenir de ces 60
00:52:48ressortissants algériens, identifiés comme
00:52:50dangereux ? On sait qu'il y a aujourd'hui dans les centres
00:52:52de rétention administrative en France où l'on place
00:52:54les étrangers en situation irrégulière en attente
00:52:56d'éloignement, entre
00:52:5830 et 40 % d'Algériens,
00:53:00donc c'est de loin la première nationalité
00:53:02parmi les étrangers en situation irrégulière
00:53:04qu'on cherche à éloigner. Afin de régler
00:53:06ces questions de sécurité, Bruno
00:53:08Retailleau annonce avoir convoqué la semaine prochaine
00:53:10une réunion inédite entre
00:53:12les préfets et les consuls algériens.
00:53:14Sans l'errouer, c'est vrai que j'ironise
00:53:16mais en même temps je suis prêt à beaucoup de choses
00:53:18pour que M. Boisnet-Sensal sorte.
00:53:20Je suis prêt même à pardonner
00:53:22un silence du président Macron
00:53:24si ce silence était précisément
00:53:26pour que M. Sensal sorte.
00:53:28Oui mais il n'en est pas question pour l'instant.
00:53:30Il paraît qu'en sourdine effectivement
00:53:32on discute de cela mais on verra bien.
00:53:34Moi je remarque que la presse algérienne
00:53:36commence à l'évoquer
00:53:38mais qu'il y a des cercles
00:53:40au sein du pouvoir qui seraient totalement
00:53:42opposés à cette libération, ça veut dire
00:53:44qu'il y a un début de débat ou qu'en tout cas
00:53:46le président Tebboune va pouvoir manifester
00:53:48son autorité. Bref, on sent bien
00:53:50que les esprits sont préparés à ça.
00:53:52Tant mieux, tant mieux que ça arrive
00:53:54et que ça arrive enfin. Je ne sais pas
00:53:56combien il y a d'islamistes algériens
00:53:58dangereux dans les prisons françaises
00:54:00ou en liberté en France.
00:54:02Ce que je sais c'est que depuis le début de la crise
00:54:04il y a 50 au QTF
00:54:06qui ont été raccompagnés à Alger
00:54:08avec passeport.
00:54:10Des Algériens avec leur passeport algérien
00:54:12sur la nationalité desquels
00:54:14il n'y avait aucun doute et qui ont été refoulés.
00:54:16Ce que je vois c'est qu'il y a eu un dialogue
00:54:18à coup de fil entre le président Tebboune
00:54:20et le président Macron. On croyait que c'était l'Aïd.
00:54:22En fait c'était une sorte de pentecôte puisque
00:54:24le président Macron a salué
00:54:26la clairvoyance de son interlocuteur
00:54:28et s'est rendu à tous ses arguments.
00:54:30Et donc vous allez avoir une réunion
00:54:32entre les 17 ou 18 consuls d'Algérie
00:54:34en France et les préfets
00:54:36pour décider comme ça
00:54:38de la reconduite des au QTF à Alger.
00:54:40Et pour le reste
00:54:42eh bien pas question de remettre en cause
00:54:44les accords de 68, les passeports diplomatiques
00:54:46les accords sur la santé, etc.
00:54:48Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'on aura cédé ?
00:54:50Surtout oui.
00:54:52La rançon de
00:54:54Boalem Sansal, c'est que
00:54:56vraiment on se met à
00:54:58plat ventre. Il y a une petite
00:55:00il y a même un petit
00:55:02un léger recul du président
00:55:04sur le Sahara occidental
00:55:06un tout petit quand même esquissé
00:55:08et pour le reste, eh bien
00:55:10moi j'écoute Bruno Rotaïo et je vois qu'avec
00:55:12beaucoup de flègme
00:55:14il avale la potion.
00:55:16Ils vont libérer
00:55:18Boalem Sansal, ce que j'ai lu
00:55:20à l'occasion de la fête nationale algérienne
00:55:22au mois de juillet
00:55:24et là le président Tebboune va pouvoir
00:55:26montrer qu'il y a
00:55:28une grande mensuitude
00:55:30et qu'on accorde ça
00:55:32à la France mais qu'on n'aura jamais fait pression
00:55:34sur l'Algérie et ce que disait Vincent
00:55:36est tout à fait exact. Finalement
00:55:38malheureusement
00:55:40Bruno Rotaïo aura mangé son chapeau.
00:55:42On ne parle plus de la remise en cause des accords de 68
00:55:44on ne fait pas vraiment
00:55:46bouger les relations entre la France
00:55:48et l'Algérie.
00:55:50Un dernier mot Thomas.
00:55:52Est-ce qu'on peut imaginer pour revenir
00:55:54à l'affaire Marine Le Pen que c'est Gérald Darmanin
00:55:56qui a pris la décision d'audiencer en avance ?
00:55:58Il n'a plus le droit de dire ce qu'il pense
00:56:00mais il se trouve qu'on sait ce qu'il pense. Il l'a dit avant d'être nommé
00:56:02garde des eaux. Il veut battre Marine Le Pen dans les urnes
00:56:04pas au tribunal. Ça tombe bien, c'est précisément
00:56:06ce qui risque de se passer.
00:56:08On peut dire qu'il y a possiblement un lien.
00:56:10Je vous remercie beaucoup Thomas. La mort en face.
00:56:12On va recevoir le docteur Philippe
00:56:14Boxo. Il fait un
00:56:16malheur. Vous connaissez Philippe Boxo ?
00:56:18Il fait un malheur avec ses livres parce que c'est
00:56:20le médecin légiste qui fait parler
00:56:22les morts. Ce qui a motivé
00:56:24mon choix de la médecine légale
00:56:26le hasard, dit-il. Et il passe
00:56:28sa vie avec les morts. Donc
00:56:30monsieur Boxo, vous pouvez venir sur notre
00:56:32plateau bien évidemment
00:56:34parce que vous faites parler les
00:56:36cadavres. Vous vouliez devenir prêtre.
00:56:38Vous êtes devenu médecin légiste.
00:56:40Donc il y a un million
00:56:42d'exemplaires écoulés dans les livrairies
00:56:44en 2024. C'est sidérant.
00:56:46Alors que le livre qui a été écrit
00:56:48sur Crépeau, c'est 350 personnes
00:56:50qui l'ont lu aux éditions Grassey.
00:56:54Les 350 qui ont écrit
00:56:56le livre.
00:56:58Vous nous en parlerez tout à l'heure parce que
00:57:00on est avec Pauline Desroulettes que vous
00:57:02connaissez. Et Pauline,
00:57:04vous vous battez pour qu'une loi oblige les conducteurs âgés
00:57:06à passer une visite médicale.
00:57:08Tous les conducteurs ou uniquement les
00:57:10conducteurs âgés ? Tous les conducteurs
00:57:12Pascal. J'insiste bien sur
00:57:14ça. Effectivement, ça fait plusieurs
00:57:16mois que je suis chaque semaine à l'Assemblée
00:57:18nationale pour rencontrer les députés
00:57:20de tous les partis. Et on a réussi
00:57:22à réunir plus de 9 groupes politiques.
00:57:24J'aurais aimé que le Rassemblement national
00:57:26en fasse partie. Je n'ai pas eu l'occasion
00:57:28encore de les rencontrer parce que
00:57:30je pense que c'est un sujet qui nous concerne tous.
00:57:32Effectivement, ce qu'on a écrit dans
00:57:34cette proposition de loi, c'est une visite médicale
00:57:36obligatoire dès l'obtention du permis
00:57:38de conduire, tous les 15 ans. Et
00:57:40à partir de 70 ans, cette visite médicale
00:57:42se resserrait à tous les 5 ans.
00:57:44Parce qu'on peut avoir une inaptitude temporaire
00:57:46dans la vie, ne serait-ce que lorsqu'on prend un traitement,
00:57:48des médicaments, et une inaptitude permanente.
00:57:50On n'a pas de médecin en France.
00:57:52En fait, votre
00:57:54projet de loi, pardonnez-moi de le dire comme ça,
00:57:56mais pour tout le monde, c'est quasiment impossible.
00:57:58On a déjà du mal.
00:58:00Bien sûr, c'est une réalité, il y a des déserts médicaux.
00:58:02Voilà, il y a des déserts médicaux, donc faire passer
00:58:04une visite médicale. Il y a d'ailleurs une proposition de loi qui
00:58:06va être débattue sur les déserts médicaux
00:58:08prochainement à l'Assemblée. Au-delà de 70 ans,
00:58:10il y a beaucoup de gens qui nous écoutent qui ont peut-être au-delà
00:58:12de 70 ans. D'ailleurs, je lisais tout à l'heure
00:58:14un homme qui doit être concerné
00:58:16par ça, qui avec un peu d'ironie
00:58:18m'envoyait le texto suivant
00:58:20« Je suis également favorable à un contrôle du
00:58:22taux d'alcool et de stupéfiants dans le sang pour
00:58:24tous les conducteurs de moins de 35 ans chaque
00:58:26vendredi et chaque samedi. »
00:58:28Vous savez,
00:58:30moi, je n'aime pas rentrer dans cette
00:58:32confusion. Je pense qu'on oppose déjà
00:58:34les jeunes et les seniors, ce qui est totalement contre-productif.
00:58:36Et aussi, on mélange l'irresponsabilité
00:58:38de certains conducteurs et l'inaptitude.
00:58:40L'alcool, les stupéfiants sont déjà des
00:58:42infractions dans le code de la route et il faut
00:58:44continuer de punir fermement ceux qui ne
00:58:46respectent pas la loi. Ça, c'est une certitude.
00:58:48En revanche, on peut être responsable
00:58:50et totalement inapte. C'était le cas
00:58:52de mon conducteur, celui qui m'a fauché. J'ai eu un
00:58:54échange avec lui. C'était un conducteur totalement
00:58:56responsable, exemplaire, qui respectait le code
00:58:58de la route et ça, on ne le remet pas en question
00:59:00mais il était inapte à la conduite.
00:59:02Il a été victime de lui-même. Il faudra bien faire
00:59:04la différence entre les deux. Il est ainsi
00:59:06proposé de conditionner l'obtention du permis de conduire
00:59:08ainsi que son renouvellement, soit tous les 15 ans,
00:59:10une visite médicale. Mais alors,
00:59:12cette visite médicale, elle serait au minimum,
00:59:14elle serait pour les yeux, pour l'audition,
00:59:16ça ne serait pas
00:59:18une visite médicale très poussée.
00:59:20C'est vraiment le minimum, j'imagine.
00:59:22Le minimum, en 30 minutes. On a vu lors des médecins
00:59:24d'ailleurs, ça sera leur travail
00:59:26de travailler ce contenu, ce
00:59:28diagnostic à poser.
00:59:30Eux, ils sont pour, mais ils mettent des
00:59:32réserves, effectivement. Ils sont conscients
00:59:34qu'il manque de médecins, qu'il y a un agrément
00:59:36quand même à avoir pour avoir cette...
00:59:38J'imagine qu'avant une présidentielle,
00:59:40sachant que ce sont, entre guillemets, les vieux qui votent,
00:59:42je ne suis pas sûr
00:59:44qu'un candidat
00:59:46arrive sur ces sujets-là. Parce que
00:59:48il y a des gens qui veulent retirer leur voiture.
00:59:50À Paris, c'est différent.
00:59:52Il y a des transports en commun. Mais
00:59:54là où est Monsieur, par exemple à Guérande,
00:59:56votre premier voisin qui doit être dans votre
00:59:58propriété à 4 ou 5 kilomètres, tellement c'est
01:00:00grand, mais bon,
01:00:02c'est votre premier voisin qui a
01:00:04une voiture.
01:00:06À la campagne, on a deux voitures en général.
01:00:08C'est frappant, ça.
01:00:10On a besoin.
01:00:12C'est un déclassement.
01:00:14Après, si vous êtes aptes à conduire, vous continuez à conduire.
01:00:16Oui, mais aptes à conduire. Moi, je connais des pharmaciens
01:00:18qui disent, je leur donne des médicaments parfois à quelqu'un
01:00:20qui vient dans la pharmacie, je dois voir prendre sa voiture.
01:00:22C'est un danger public.
01:00:24C'est pour ça qu'on a prévu,
01:00:26dans cette loi, une plateforme qui recenserait
01:00:28l'ensemble des solutions alternatives aux mobilités.
01:00:30Parce qu'il y en existe. On ne les connait pas,
01:00:32elles sont méconnues, elles ne sont pas accessibles.
01:00:34Du transport à la demande, du transport adapté, du covoiturage,
01:00:36il y a plein de solutions.
01:00:38C'est d'ailleurs ce que font les autres pays.
01:00:40Oui, covoiturage, mais la difficulté,
01:00:42c'est qu'on n'a pas le droit de conduire en France
01:00:44avant 16 ou 17 ans, je crois. On pourrait imaginer
01:00:46passer un certain âge, alors là, je vais faire hurler des gens.
01:00:48Dans le grand âge, tu pourrais
01:00:50imaginer qu'au-delà de 90 ans, par exemple,
01:00:52tu ne conduis plus. Ce n'est pas raisonnable,
01:00:54comme on dit. Alors, on va me dire, oui,
01:00:56à quelqu'un qui est en pleine forme,
01:00:5812 ans, etc. Je pense que ce n'est pas raisonnable.
01:01:00Mais pas tous égaux.
01:01:02Pourquoi est-ce qu'on ne fait pas confiance aux gens ?
01:01:04C'est trop difficile.
01:01:06Olivier, arrêtez. Vous savez bien que c'est impossible.
01:01:08Mais non.
01:01:10Mais c'est difficile, vous savez, d'avoir ce type d'articule.
01:01:12Alors, pardon d'avoir cette opinion peut-être iconoclaste
01:01:14sur ce plateau, néanmoins,
01:01:16je ne crois pas que les personnes âgées
01:01:18aient plus d'accidents, et je sais qu'elles ont
01:01:20plutôt moins d'accidents que les autres.
01:01:22Moi, je suis quand même un petit peu agacé
01:01:24par cette inflation
01:01:26de lois, de règlements partout.
01:01:28Sur des routes, maintenant,
01:01:30aujourd'hui, vous avez certains départements,
01:01:32le département du Rhône, par exemple, pour vous rentrer dans le Rhône,
01:01:34vous avez un panneau qui vous indique que vous êtes obligés
01:01:36d'avoir des pneus neige du 10 octobre
01:01:38au 1er avril.
01:01:40Et les gens savent bien,
01:01:42quand il y a de la neige, on met des pneus neige.
01:01:44Il y en a toujours qui restent bloqués.
01:01:46Olivier, sauf que...
01:01:48C'est pour la sécurité de tout le monde.
01:01:50La ceinture de sécurité, ça a fait hurler
01:01:52tout le monde à l'époque.
01:01:54Moi, j'ai une mère âgée qui, un beau jour, m'a dit
01:01:56je ne conduis plus, je ne me sens plus.
01:01:58Mais Olivier,
01:02:00Pauline a eu un accident.
01:02:02Mais j'entends bien, et c'est très difficile
01:02:04de parler à des gens qui sont touchés
01:02:06dans leur chair.
01:02:08Ce conducteur
01:02:10de 92 ans,
01:02:12manifestement, il ne fallait pas
01:02:14lui faire confiance, pardonnez-moi de le dire comme ça.
01:02:16Il le savait, mais il repoussait parce que c'est dur
01:02:18d'avoir cette raison.
01:02:20A quel âge vous mettez la barbette ?
01:02:22A 80 ans ? A 75 ans ?
01:02:24A 90 ans ?
01:02:26A 80 ans, il y a des gens qui ne sont plus capables de conduire.
01:02:28Globalement,
01:02:30parce que vous êtes à grands traits,
01:02:32ce n'est pas la même chose 90 ans
01:02:34que 80 ans, je suis désolé de vous le dire.
01:02:36Vous le savez bien.
01:02:38Donc on a un âge limite
01:02:40au départ, et c'est pour ça qu'on considère
01:02:42qu'il y a un âge limite au départ.
01:02:44On n'aurait pas un âge limite à la fin.
01:02:46Désolé de vous le dire.
01:02:48Ce qui m'agace dans cette société, c'est qu'on est obligé de faire des lois
01:02:50tout le temps, et on ne fait jamais
01:02:52confiance aux citoyens.
01:02:54L'autre jour,
01:02:56c'était un enterrement,
01:02:58je le connais d'ailleurs, je vois quelqu'un arriver,
01:03:00il conduisait sa voiture, il avait 100 ans.
01:03:02Peut-être qu'il a toutes ses facultés,
01:03:04parce qu'on ne sait pas, on n'est pas médecin.
01:03:06Il conduisait bien, à 100 ans, il descend de sa voiture.
01:03:08Et alors,
01:03:10je me pense qu'un homme de 100 ans,
01:03:12ce n'est pas exactement sa place de conduire une automobile.
01:03:14Mais il y a une catégorie de personnes
01:03:16qui arrivent à se dire, j'arrête.
01:03:18Vous voudriez qu'il soit en cercueil ?
01:03:20Oh, arrêtez !
01:03:22Écoutez Charles Constigny,
01:03:24je voulais vous faire écouter ce qu'il a dit sur BFM,
01:03:26parce qu'il n'était pas content après vous.
01:03:28Que les vieux
01:03:30gardent leur permis
01:03:32jusqu'au bout.
01:03:34Moi, je suis contre
01:03:36l'isolement des vieux.
01:03:38Je suis contre l'épadisation des vieux.
01:03:40Je pense qu'il faut les laisser conduire.
01:03:42Même aveugle, je veux
01:03:44qu'ils conduisent.
01:03:46Qu'on laisse les vieux au volant
01:03:48de leurs deux chevaux,
01:03:50de leurs quatre ailes,
01:03:52à toute berzingue, sur les routes de campagne,
01:03:54comme la bonne sœur
01:03:56dans la grande vadrouille.
01:03:58Moi, je veux qu'on laisse
01:04:00vivre les vieux.
01:04:02On arrête de les tuer avant la mort.
01:04:04Mais toi, tu ne veux plus que les femmes conduisent.
01:04:06C'est ce que tu m'as dit tout à l'heure.
01:04:08Bon, c'est de la provoque.
01:04:10C'est de l'ironie, mais c'est choquant.
01:04:12Moi, ça ne me fait plus rire, même si j'ai vraiment
01:04:14de l'humour, parce qu'en fait, je ne lui souhaite
01:04:16jamais d'être responsable aux victimes d'un accident.
01:04:18Il y a énormément de victimes derrière ça, ne serait-ce que
01:04:20les victimes d'accidents de la route. On ne rigole pas avec ça.
01:04:22On ne rigole pas avec le fait
01:04:24de vie humaine. Et pour moi, c'est
01:04:26trop grave. Même aveugle,
01:04:28on conduit.
01:04:30En tout cas, on peut voir le documentaire Impossible
01:04:32à retrouver sur MyCanal. Et puis, vous savez la tendresse
01:04:34qu'on a pour vous, puisqu'on vous suit depuis
01:04:36de nombreuses années.
01:04:38Le calendrier, c'est quand ?
01:04:40Le calendrier, c'est que ça va être débattu, je l'espère,
01:04:42avant l'été, en tout cas, à l'Assemblée.
01:04:44Vous, vous avez de la chance, parce que
01:04:46les patients que vous voyez, ils ne bougent pas
01:04:48beaucoup, ils sont morts.
01:04:49Ça dépend. Je vois aussi des vivants, dans le cas des permis
01:04:51de conduire. Je suis aussi médecin
01:04:53expert judiciaire. En Belgique, quand
01:04:55une personne commet un accident de roulage,
01:04:57le procureur a la possibilité de le faire voir
01:04:59par un médecin expert judiciaire
01:05:01qui évalue son état de santé. Et donc,
01:05:03je vois régulièrement des personnes âgées.
01:05:05Je leur fais passer un test d'audition, un test
01:05:07de vue, etc. Et la plupart du temps,
01:05:09ils sont aptes.
01:05:12Bon, la mort en face.
01:05:14Philippe Boxeaux.
01:05:15C'est moi.
01:05:16Vous explorez des cas fascinants rencontrés
01:05:18par un médecin légiste, des récits détaillés.
01:05:20Vous décrivez des enquêtes
01:05:22où vous relevez des secrets cachés
01:05:24derrière des morts mystérieuses.
01:05:26Chaque chapitre, c'est
01:05:28des accidents de roulage, meurtres,
01:05:30suicides, des mystères insolubles.
01:05:32Par exemple, c'est un chien qui l'a
01:05:34transporté jusqu'ici, des empreintes de dents
01:05:36sont post-mortaines
01:05:38et sont trop prononcées pour être celles d'un
01:05:40chat. C'est encore un chien qui aura
01:05:42creusé la tombe. C'est déjà
01:05:44arrivé. Mais en général, on ne les retrouve pas si loin.
01:05:46Il n'y a que des anecdotes
01:05:48comme ça. C'est très étrange.
01:05:50C'est ma vie, ça. C'est ce que je vois.
01:05:52J'ai essayé de faire un livre qui raconte la vie
01:05:54d'un médecin légiste de tous les jours. Je n'ai pas appris les histoires
01:05:56les plus fantastiques.
01:05:58On a eu à Liège, qui est ma ville,
01:06:00on a eu deux attentats djihadistes,
01:06:02on a eu des immeubles qui sont effondrés, etc.
01:06:04C'est moi qui m'en suis occupé. Je n'ai pas voulu
01:06:06parler de ça. Ça, c'est trop tape à l'œil.
01:06:08Je voulais montrer ce qu'était la médecine légale de tous les jours
01:06:10pour que notre gouvernement comprenne,
01:06:12enfin, qu'on a besoin d'aide parce qu'on est
01:06:14en train de crever. On était 40
01:06:16médecins légistes en 2000. On n'est plus qu'une vingtaine
01:06:18de médecins légistes à l'heure actuelle.
01:06:20Et objectivement,
01:06:22l'État ne fonctionne plus bien.
01:06:24Et d'ailleurs, il a été appelé
01:06:26à rappeler
01:06:28à l'ordre par l'Europe, qui a
01:06:30fait remarquer que nos autopsies en Europe
01:06:32en moyenne 12% des morts de l'année,
01:06:34alors qu'en Belgique, en autopsie, 1 à
01:06:362% des morts de l'année. Ce qui fait
01:06:38qu'on passe à côté de 70
01:06:40à 80 meurtres par an.
01:06:42Ce qui me fait dire, quand je suis en France...
01:06:44Vous parlez de la France, là ? Je n'ai pas compris. Vous parlez de la France ou de la Belgique ?
01:06:46Non, c'est nous. C'est nous. La France,
01:06:48vous êtes à peu près à 12%. Vous êtes dans la moyenne.
01:06:50Nous, on est à 1, 2%.
01:06:52En Belgique ?
01:06:54Oui, en Belgique. Oui, oui.
01:06:56Je suis belge.
01:06:58Je dis régulièrement aux Français
01:07:00« Venez tuer en Belgique, les gars.
01:07:02Vous avez moins de chance d'être pris qu'en France. »
01:07:04C'est pour ça que je vous demandais
01:07:06cette précision. Mais un médecin légiste, par exemple,
01:07:08à priori, si on meurt d'une meurtre naturelle,
01:07:10on ne vient pas vous voir ?
01:07:12De toute façon, ils ne viennent pas me voir. On m'envoie les voir.
01:07:14C'est le procurateur.
01:07:18A priori, vous voyez
01:07:20que des gens...
01:07:22Arrêtez. Je savais que ça vous plairait.
01:07:24Ça se décompose très vite, un corps ?
01:07:26Non. À 20 degrés, il faut quand même
01:07:28attendre une bonne semaine, deux semaines,
01:07:30pour qu'il commence à être vraiment dégueulasse.
01:07:32On devient squelette en combien de temps ?
01:07:34Six mois. En six mois ?
01:07:36En Belgique. Dans le sud de la France,
01:07:38ça va beaucoup plus vite.
01:07:40Squelette ? Il ne reste plus rien.
01:07:42Je croyais que ça mettait des années.
01:07:44Non. Vous avez des insectes et boires
01:07:46de cadavres qui viennent manger,
01:07:48se reproduire, qui viennent consommer
01:07:50le cadavre, qui viennent l'utiliser.
01:07:52Donc si on ouvre une tombe six mois après...
01:07:54Là, parce qu'il fait plus froid.
01:07:56C'est la mise en bière, évidemment.
01:07:58On aime bien les bières en Belgique.
01:08:00Plus vous descendez, plus il fait chaud.
01:08:02Vous allez te sourire, en tout cas.
01:08:04C'est un métier, je ne savais pas que ça rendait aussi joyeux.
01:08:06La plupart d'entre nous,
01:08:08même les Français, sont des bons vivants.
01:08:10On s'amuse très bien.
01:08:12On ne se plaint pas. Jamais.
01:08:14On parle là. Je sais qu'il y a des gens
01:08:16qui sont en train de nous écouter.
01:08:18Ils ont tourné le poste. Parce que la mort,
01:08:20je suis frappé de ça. Il y a des gens qui aiment les cimetières.
01:08:22Il y a des gens qui aiment.
01:08:24Vous voyez ce que je veux dire ?
01:08:26Qui aiment ces sujets, parce que ça a des intérêts.
01:08:28Vous faites partie, Eric. Bien sûr.
01:08:30Je n'en suis pas étonné.
01:08:32Et puis, il y a des gens...
01:08:34Parlez de la mort. Arrête.
01:08:36Ils se mettent à tout toucher.
01:08:38C'est pour ça que quand on a sorti le premier bouquin,
01:08:40c'est le troisième,
01:08:42je ne m'attendais pas à un succès comme celui-là.
01:08:44C'était un peu pour voir ce que ça allait donner.
01:08:46On s'est rendu compte que ça intéressait
01:08:48vraiment beaucoup de monde,
01:08:50parce que là-dedans, on brise le tabou
01:08:52qui est justement celui de la mort.
01:08:54Je ne parle pas de la mort, je parle des morts.
01:08:56Ce n'est pas exactement la même chose.
01:08:58Et la mort, je ne la connais toujours pas.
01:09:00Et je ne donne aucune révélation sur la mort.
01:09:02Sinon, je n'ai jamais rencontré quelqu'un
01:09:04qui ressuscitait devant moi.
01:09:06Mais à part ça, on parle de mort,
01:09:08on parle de manière de mourir.
01:09:10Le médecin signe le certificat de décès
01:09:12et s'enquière de l'état de Jacqueline.
01:09:14Ça va, docteur ? Je n'ai pas passé 85 ans de ma vie
01:09:16sans savoir que la mort existe et que ce jour devait arriver.
01:09:18J'y étais préparé.
01:09:20Donc, c'est des anecdotes.
01:09:22En même temps, elle a tué son mari.
01:09:24Elle le tue parce qu'elle constate
01:09:26qu'il la trompe depuis à peu près 60 ans
01:09:28avec sa meilleure amie.
01:09:30Tout ça parce qu'elle a trouvé une boîte de photos
01:09:32dans lesquelles...
01:09:34Si toutes les femmes trompées tuaient leur mari...
01:09:36On serait beaucoup de morts.
01:09:38Ça prend une tournure intéressante, ce débat.
01:09:42Le boulevard des allongés,
01:09:44l'habitude des cimetières,
01:09:46la plupart du temps, les cimetières ne sont pas
01:09:48ces endroits sinistres tels qu'on aime se les représenter.
01:09:50Il n'est pas désagréable de s'y promener.
01:09:52C'est l'un des cimetières de ma vie.
01:09:54Je les ai tous fréquentés pour mon boulot.
01:09:56Je suis absolument d'accord avec vous.
01:09:58Je trouve que c'est formidable, les cimetières.
01:10:00Je me réjouis d'aller visiter le Père Lachaise.
01:10:02Vous n'avez jamais visité le Père Lachaise ?
01:10:04Je l'ai visité, mais tout seul.
01:10:06Et là, j'ai rencontré un monsieur qui s'appelle Thierry Leroy
01:10:08qui visiblement connaît bien le cimetière,
01:10:10qui a écrit un bouquin sur le cimetière.
01:10:12Je vais aller le visiter avec lui.
01:10:14C'est formidable.
01:10:16Pendant des années, j'emmenais mes enfants le week-end
01:10:18parce que je trouvais que c'était calme.
01:10:20Il y avait un homme qui était là tous les jours.
01:10:22Il est mort, le pauvre.
01:10:24Il faisait des poèmes, il rencontrait des gens.
01:10:26Il y a Jim Morrison,
01:10:28il y a Molière, on dit qu'il y a Molière là,
01:10:30mais à mon avis, ce n'est pas Molière.
01:10:32Il y a Edith Piaf au Père Lachaise.
01:10:34Le cimetière Montparnasse est très remarquable.
01:10:36Il y a Jacques Chirac là-bas ?
01:10:38Oui, il y a Jacques Chirac et Jean-Pierre Elkabache,
01:10:40notre ami Jean-Pierre qui est là-bas.
01:10:42Les cimetières, on trouve de tout.
01:10:44J'ai un chien qui a déterré des morceaux de cadavres
01:10:46qui étaient déposés là-bas par un hôpital.
01:10:48Tous les membres amputés étaient déposés dans une tombe.
01:10:50Un jour, il y a eu une grande pluie,
01:10:52la tombe a été un peu lessivée et un chien
01:10:54qui a pris un morceau est allé le manger sur une pelouse
01:10:56et on m'a appelé pour aller vérifier
01:10:58de ce dont il s'agissait.
01:11:00Vous avez dit une chose qui est vraiment très intéressante.
01:11:02Je ne m'attendais pas à ça.
01:11:04C'est vrai qu'on vous a demandé de venir parce que c'est phénoménal.
01:11:06Il y a un million.
01:11:08Vous connaissez bien l'édition.
01:11:10Exceptionnel.
01:11:12Qu'est-ce que vous disent quand vous allez dans un salon
01:11:14littéraire, les gens que vous rencontrez,
01:11:16qu'est-ce qui fait
01:11:18qu'ils ont envie de lire ce livre ?
01:11:20D'abord, je leur explique que ce n'est pas de la littérature.
01:11:22Je ne suis pas un littéraire.
01:11:24Je raconte les histoires exactement comme je les raconte
01:11:26par la voix. Je suis un raconteur.
01:11:28Je ne suis pas un écrivain.
01:11:30Ils m'expliquent, parce que c'est eux qui me le disent,
01:11:32que s'ils aiment mes histoires, c'est d'abord parce que
01:11:34le fond médico-légal est vrai.
01:11:36Autour, c'est un peu romancé.
01:11:38Le fond médico-légal est vrai, donc on est dans notre crime.
01:11:40C'est très à la mode aujourd'hui.
01:11:42Que le ton est assez amusant et enjoué.
01:11:44Parce que je ne trouve pas que ce soit
01:11:46particulièrement dramatique, la mort.
01:11:48Ce n'est pas dramatique pour celui qui meurt.
01:11:50C'est un peu pour ceux qui subsistent.
01:11:52S'ils ne font pas partie de ceux qui l'ont tué.
01:11:54Et puis, il y a le troisième volet qui est
01:11:56que ce sont des histoires courtes.
01:11:58Vous pouvez commencer le bouquin un jour, le déposer
01:12:00et le reprendre plus tard.
01:12:02Vous n'êtes pas obligé de le reprendre au début parce que vous ne vous souvenez plus de ce que vous avez lu.
01:12:04Tout ça fait que ça marche.
01:12:06Est-ce que la familiarité
01:12:08quotidienne avec la mort
01:12:10vous rapproche ou vous éloigne
01:12:12de votre dimension métaphysique ?
01:12:14Elle m'en a considérablement éloigné.
01:12:16Vous n'y songez pas ?
01:12:18Non.
01:12:20C'est uniquement l'aspect physique ?
01:12:22La mort, je la vois comme un interrupteur.
01:12:24Coupez l'interrupteur, il n'y a plus la vie, c'est la mort et il n'y a plus rien.
01:12:26Un peu de science éloigne de Dieu.
01:12:28Beaucoup en rapproche, disait Pasteur.
01:12:30Pourquoi vous avez choisi cette spécialité ?
01:12:32Vous n'aimez pas vos patients ?
01:12:34J'aime bien les gens.
01:12:36Je n'aime pas qu'ils se plaignent, mais j'aime bien les gens.
01:12:38Le problème de la médecine générale,
01:12:40c'était que je me sentais un peu inefficace.
01:12:42Quelqu'un qui a mal au dos,
01:12:44quelqu'un qui a mal à la tête,
01:12:46quelqu'un qui a quelques pathologies,
01:12:48vous n'arrivez pas à le soigner,
01:12:50à le guérir.
01:12:52Lui donner des soins, mais guérir, c'est difficile.
01:12:54Je vais revenir dans mon cabinet régulièrement,
01:12:56et ça m'ennuyait.
01:12:58Je me sentais vraiment inefficace.
01:13:00En même temps, la médecine égale,
01:13:02j'ai dû poser un choix,
01:13:04parce que l'un et l'autre prenaient beaucoup d'ampleur.
01:13:06J'ai choisi la médecine égale.
01:13:08Est-ce que vous, une fois que vous serez mort,
01:13:10vous souhaitez être brûlé ?
01:13:12Oui, oui.
01:13:14Si vous voulez, je vous montrerai des photos,
01:13:16je ne les ai pas là,
01:13:18des photos de cadavres acuputréfis.
01:13:20Vous allez comprendre pourquoi il est mieux d'être brûlé.
01:13:22Je ne me trouve pas beau, mais je n'ai pas envie d'être comme ça.
01:13:24Personne n'a envie d'être comme ça.
01:13:26Non, mais on peut l'éviter.
01:13:28Vous ne pouvez pas éviter de mourir,
01:13:30mais vous pouvez éviter de devenir en cet état.
01:13:32Vous vous adaptez.
01:13:34Oui.
01:13:36Les deux choses ont un rapport, comment dire,
01:13:38très intense à la vie.
01:13:40Ils prennent une forme de...
01:13:42presque de...
01:13:44Le mot plaisir, je ne l'emploierai pas,
01:13:46mais j'avais été frappé
01:13:48au moment
01:13:50du décès de mon père,
01:13:52je peux le dire.
01:13:54J'étais allé dans une maison,
01:13:56donc la maison funéraire,
01:13:58et j'avais parlé assez longuement
01:14:00avec cet homme qui était là
01:14:02depuis 15 ans.
01:14:04Mon père avait 85 ans, 87 ans,
01:14:06c'est des choses qui sont finalement
01:14:08dans l'ordre des choses.
01:14:10Mais dans la chambre à côté, il y avait un gosse de 15 ans.
01:14:12Et il y avait 200 personnes
01:14:14qui passaient, évidemment,
01:14:16les amis,
01:14:18effondrés, bien évidemment.
01:14:20Et lui-même, je lui disais, mais c'est votre quotidien.
01:14:22Et ça donnait
01:14:24une intensité à sa vie
01:14:26qui est très étrange,
01:14:28comme une forme de drogue,
01:14:30de sentir que tu fais un métier
01:14:32qui est très différent.
01:14:34Et il m'a dit, je pourrais pas faire autre chose.
01:14:36C'est étrange.
01:14:38C'est pas étrange, c'est normal.
01:14:40Quand vous êtes bien conscient que la mort existe,
01:14:42ici, dans l'existence, on n'en parle jamais,
01:14:44donc on a tendance à l'oublier, à la mettre très loin,
01:14:46en se disant, oui, ça arrivera, on le sait.
01:14:48Consciemment, on le sait.
01:14:50Ça arrivera, mais tard, le plus tard possible,
01:14:52et en bonne santé, c'est toujours ce que tout le monde dit.
01:14:54Mais là, moi, je sais qu'elle est là,
01:14:56et je sais qu'elle peut me terrasser demain,
01:14:58donc je profite de la vie aujourd'hui,
01:15:00et je sais que tout le monde dit ça,
01:15:02mais après, il y a des empéraments.
01:15:04J'ai l'impression, par exemple, que notre ami Eric,
01:15:06vous êtes sombre là-dessus.
01:15:08Je trouve que la finitude,
01:15:10oui, jette une ombre sur toute la vie.
01:15:12Je trouve que tout doit être mesuré.
01:15:14C'est une position très personnelle.
01:15:16Il y a des gens qui ne sont pas du tout sur cette position,
01:15:18mais je trouve que la finitude
01:15:20jette une ombre sur toute la vie.
01:15:22C'est quoi, jeter une ombre ?
01:15:24Vous ne pouvez pas profiter du moment présent ?
01:15:26Si, si, tout à fait, ça n'empêche pas.
01:15:28Vous aspirez à l'immortalité ?
01:15:30Non.
01:15:32Ce n'est pas aussi binaire que ça,
01:15:34mais je trouve qu'il y a une forme d'absurde
01:15:36que tout doit s'arrêter un jour.
01:15:38Ça rend les choses un petit peu...
01:15:40Parce que vous ne croyez pas en l'espérance.
01:15:42Je ne...
01:15:44Je suis indécis.
01:15:46Je pense que l'immortalité est impossible
01:15:48à concevoir pour un cerveau humain,
01:15:50donc voilà, ça m'arrête.
01:15:52Est-ce qu'il y a des choses, par exemple,
01:15:54qui vous ont troublé,
01:15:56vous avez vu une présence de vie,
01:15:58d'une certaine manière, sur un cadavre,
01:16:00quelque chose qui était encore
01:16:02de l'ordre de l'esprit
01:16:04au moment où une expérience de ce type...
01:16:06Eh bien, jamais.
01:16:08Mais je crois que je ne suis pas particulièrement
01:16:10perméable non plus à ce genre d'approche.
01:16:12Mais parmi les médecins légistes
01:16:14que je connais, à travers la France,
01:16:16la Belgique et d'autres pays,
01:16:18je n'en connais aucun qui ait eu une expérience comme celle-là.
01:16:20Bon, ça gagne bien sa vie, un légiste ?
01:16:22C'est mieux qu'un généraliste ?
01:16:24Comme professeur d'université, 5000-6000.
01:16:26Net.
01:16:28Mais c'est comme professeur d'université.
01:16:30Comme médecin légiste, ça gagne très très mal.
01:16:32Ah bon ?
01:16:34Ah oui, parce qu'il n'y a pas suffisamment de missions
01:16:36et on est payé à l'acte, c'est-à-dire à la mission.
01:16:38C'est-à-dire que la médecine égale
01:16:40est la seule spécialité en Belgique
01:16:42où l'on puisse avoir une deuxième spécialité
01:16:44en même temps, de façon à vivre.
01:16:46Donc vous êtes prof à l'université ?
01:16:48Je suis prof à l'université.
01:16:50Mais alors hier, par exemple, vous avez fait...
01:16:52Hier, mes assistants sont intervenus,
01:16:54oui, moi j'étais déjà en France,
01:16:56mais mes assistants sont intervenus.
01:16:58Et le dernier acte que vous avez fait
01:17:00de médecin légiste, c'était quoi ?
01:17:02C'était une autopsie il y a quelques jours.
01:17:04Et pourquoi ?
01:17:06Parce qu'on se posait la question de savoir
01:17:08de quoi la personne était morte et qu'on avait des soupçons,
01:17:10c'est une famille à problème,
01:17:12on avait des soupçons que le mari ait pu intervenir
01:17:14d'une manière ou d'une autre, il fallait fermer les portes.
01:17:16Et vous les avez fermées ?
01:17:18Oui.
01:17:20On n'avait pas des traces de coups à l'examen extérieur,
01:17:22puis on autopsie pour vérifier si à l'intérieur
01:17:24on est bien d'accord avec l'externe,
01:17:26et puis on s'interroge effectivement sur les poisons.
01:17:28Mais quand vous dites autopsie,
01:17:30qu'est-ce que vous regardez ?
01:17:32Absolument tout.
01:17:34Le corps est autopsié de la tête au pied,
01:17:36on sort tous les organes du corps, on les remet ensuite,
01:17:38on recoule le corps, on le rend,
01:17:40mais tout est absolument regardé.
01:17:42Et vous savez tout d'une vie à travers un corps ?
01:17:44Non.
01:17:46Vous savez si par exemple la personne était alcoolique ?
01:17:48Si la personne était stressée ?
01:17:50Si la personne avait une bonne alimentation ?
01:17:52Stresser ça se voit pas trop,
01:17:54la bonne alimentation on peut le déduire,
01:17:56et puis on fait des analyses sanguines,
01:17:58on va le voir.
01:18:00Analyses sanguines de quelqu'un qui est mort ?
01:18:02Oui.
01:18:04Ah si, il y en a toujours,
01:18:06le sang perdure longtemps,
01:18:08et puis même, vous avez le foie,
01:18:10vous avez d'autres organes,
01:18:12il y a moyen d'en trouver,
01:18:14et où il y a moyen surtout de faire de la toxicologie.
01:18:16Après la mort,
01:18:18tant qu'il persiste encore des segments de foie,
01:18:20des segments de reins, il y a moyen de faire une toxicologie
01:18:22qui soit efficace.
01:18:24C'est vrai qu'il y a les ongles qui continuent de pousser une fois qu'on est mort ?
01:18:26Oui, mais les cheveux aussi.
01:18:28Oui c'est tout à fait vrai.
01:18:30On dit que la mort est un processus,
01:18:32c'est pas un événement,
01:18:34ça veut dire qu'il y a des cellules du corps qui continuent à fonctionner,
01:18:36mais vous savez vos cheveux ils poussent d'un centimètre par mois,
01:18:38les cellules du crâne,
01:18:40celles qui donnent naissance aux cheveux,
01:18:42ne vont pas durer un mois,
01:18:44donc le cheveu va encore grandir,
01:18:46très peu, légèrement, et pas suffisamment
01:18:48pour qu'on puisse...
01:18:50Et qu'est-ce qui continue de vivre ?
01:18:52Beaucoup de cellules continuent à vivre,
01:18:54elles ne meurent pas toutes en même temps,
01:18:56et finalement toutes partent.
01:18:58Ah oui, c'est le principe.
01:19:00Le premier qui meurt, c'est le cerveau et le cœur.
01:19:02C'est de là, pour les réanimer c'est plus possible,
01:19:04mais vous avez encore des organes qui ont encore
01:19:06une certaine fonctionnalité,
01:19:08mais on ne les prélève plus.
01:19:10Si vous voulez faire un transfert d'organes,
01:19:12on le fait sur cœur battant,
01:19:14on ne le fait jamais sur un mort.
01:19:16C'est passionnant de vous écouter.
01:19:18Et vous avez vu, d'habitude,
01:19:20on passe son temps parfois
01:19:22à s'engueuler autour de la table.
01:19:24Ah oui, là tout le monde s'était.
01:19:26Là vous nous avez...
01:19:28C'est le grand sujet quand même, la mort.
01:19:30Mais vous, c'est oui.
01:19:32Mais elle était marrante votre phrase,
01:19:34c'est l'ombre,
01:19:36vous jettez une ombre,
01:19:38c'est-à-dire que si on ne pouvait pas,
01:19:40on sait qu'on va mourir,
01:19:42mais on peut vivre.
01:19:44Mais ça n'empêche pas de vivre cette idée.
01:19:46C'est l'ombre.
01:19:48On vit avec une ombre, on vit.
01:19:50Je trouve plaisir à des tas de choses dans la vie,
01:19:52mais je trouve que rien ne doivent demeurer,
01:19:54que la plupart d'entre nous
01:19:56ne seront même pas une note en bas de page
01:19:58dans le grand livre du monde, je trouve ça troublant.
01:20:00Alors là franchement, je trouve ça très bien.
01:20:02Alors vraiment, je trouve ça très bien
01:20:04de ne pas être rien du tout.
01:20:06Ceux qui disent, je vais vous laisser une trace,
01:20:08franchement je les fuis, vous n'imaginez pas.
01:20:10J'ai envie de les laisser.
01:20:12Sommeil à la midi.
01:20:38...
01:21:04...
01:21:06...
01:21:08...
01:21:10...
01:21:12...
01:21:14...
01:21:16...
01:21:18...
01:21:20...
01:21:22...
01:21:24...
01:21:26...
01:21:28...
01:21:30...
01:21:32...
01:21:34C'est encore autre chose. J'aimerais bien aller le voir parce que j'ai jamais introduit de demande mais j'aimerais bien faire un scan de certains seins dont on me dit qu'ils sont apotrécibles parce que je n'ai jamais vu ça.
01:21:43J'ai des momies, j'ai plein de... enfin j'ai connu des momies, j'ai connu plein de choses mais j'ai encore jamais vu cette apotrécibilité qui est, semble-t-il, un garant de sainteté.
01:21:51L'odeur de sainteté, c'est au moment de la mort, une odeur qui s'échappe du corps et qui, d'après les témoins, ressemblerait à une odeur de basilic et qui serait aussi un témoin du fait de la sainteté de celui qui vient de décéder.
01:22:02Il n'y a pas de répio qu'on a détéré il n'y a pas longtemps et qui semble en bon état mais j'aimerais bien aller voir.
01:22:08J'ai vu l'enfer de Jérôme Bosch parce qu'à la chute de Duvalier, les cimetières de Port-au-Prince ont été éventrées et tous les dignitaires de l'Ancien Régime ont été sortis de leurs cercueils.
01:22:20C'est une vision assez fascinante.
01:22:24La mort en face.
01:22:26Vraiment, docteur Philippe Boxot, médecin légiste qui fait parler les morts.
01:22:30C'est vraiment formidable, je ne peux pas vous dire autrement.
01:22:33Et c'est un immense succès sorti de là il y a quelques jours.
01:22:36Saluer nos amis belges qui nous écoutent.
01:22:38Ils ne vous manqueraient pas, ils vous écoutent.
01:22:40C'est ce qu'on me dit.
01:22:41Ils nous écoutent régulièrement.
01:22:42Mathieu Sibylle Prolat, surtout la télévision belge.
01:22:45On s'est fait des amis.
01:22:47On s'est fait des amis récemment.
01:22:49La télévision publique belge.
01:22:51On s'était fait des amis.
01:22:53Ah oui, là-bas, la liberté d'expression est cadenassée.
01:22:56Tu ne peux pas tout dire en Belgique, manifestement.
01:23:00Mathieu Sibylle Prolat était à la réalisation.
01:23:02Juliette était à la vision.
01:23:04Mathis était au son.
01:23:05Merci à Marine Lançon et à Noémie Hardy.
01:23:07Toutes ces émissions sont retrouvées sur cnews.fr.
01:23:09Je crois que Marine Lançon voulait me dire quelque chose.
01:23:11C'est l'anniversaire de Mathieu.
01:23:13Mathieu Sibylle Prolat qui est un réalisateur rémois.
01:23:17Il vient tous les matins de Reims en vélo.
01:23:21Il repart en train ou avec une ambulance.
01:23:26Mathieu Sibylle Prolat.
01:23:28On lui dit bonjour parce que c'est un plaisir d'être avec les équipes de CNews.
01:23:33Ça fait quelques années qu'il réalise cette émission.
01:23:37Bon anniversaire à lui.
01:23:39Merci Jean-Marc Morandini.
01:23:41Dans une seconde, à ce soir.