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Marine Le Pen est-elle la victime d'une justice politique ? Faut-il revoir la Loi Sapin 2 comme le suggère le Premier ministre François Bayrou ? Regardez l'interview de Xavier Bertrand, président LR de la région Hauts-de-France.
Regardez L'invité de RTL avec Thomas Sotto du 02 avril 2025.

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00:00Et tout de suite, l'invité de RTL Matin, Thomas vous recevez aujourd'hui, Xavier Bertrand, le président Les Républicains de la région Hauts-de-France.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Monsieur Bertrand. Bonjour.
00:13Un Premier ministre, François Bayrou, qui se dit troublé, qui confie que la France est le seul pays à permettre cela.
00:18Un garde des sourds, Gérald Darmanin, qui au moment des réquisitions, en novembre, il était député, avait jugé profondément choquant que la leader du RN soit empêchée de se présenter aux prochaines élections.
00:28Laurent Wauquiez, qui regrette une décision très lourde et trouve que les débats politiques doivent être tranchés dans les urnes.
00:33On a l'impression que c'est toute votre famille politique qui vole au secours de Marine Le Pen.
00:37Ils ont tort d'avoir peur du RN. Ils ont tort de placer le RN au cœur de notre vie politique.
00:45Et ils ont tort de tomber dans le piège tendu par Mme Le Pen et par le RN.
00:50Le piège ? Le piège, c'est celui de la victimisation.
00:53Mme Le Pen n'est pas une victime. Elle n'est pas victime d'une erreur judiciaire.
00:58Elle a été reconnue par le tribunal correctionnel coupable de faits extrêmement graves.
01:04Détournement de fonds publics. Et pas n'importe quoi, pas une petite somme, plus de 4 millions d'euros.
01:10Détournement d'argent public, ça veut dire que c'est notre argent, votre argent, celui des auditeurs, qui a été détourné pour financer le train de vie du RN.
01:19Et elle n'a pas été condamnée à une petite peine, elle a été condamnée à 4 ans de prison ferme.
01:25Elle fait appel, elle est à nouveau jusqu'à l'appel présumé innocente, mais elle a été reconnue coupable de faits extrêmement graves.
01:33Et ça, on est en train de l'oublier aujourd'hui.
01:36Donc il n'y a pas d'injustice ?
01:38La justice a parlé. La justice a parlé clairement.
01:42Et ça renvoie aussi aujourd'hui, pour quelqu'un qui veut être candidate à l'élection présidentielle, Madame Le Pen, ça renvoie normalement aux exigences qui sont celles d'un candidat, d'une candidate à l'élection présidentielle.
01:56La première exigence, c'est la probité, c'est l'honnêteté, c'est l'exemplarité.
02:01Les français veulent que leur classe politique, que les responsables politiques, que les candidats à l'élection présidentielle soient honnêtes.
02:08Première condition.
02:10Visiblement, on va attendre l'appel, le tribunal correctionnel montre que cette condition n'est pas remplie là, concernant.
02:17Deuxième condition.
02:18Quand vous voulez être candidat à l'élection présidentielle, vous devez respecter les institutions.
02:23Parce que ça veut dire que vous respecterez la démocratie.
02:26Et donc dans ces institutions, il y a la justice.
02:28La justice, contrairement à ce qu'ont dit les dirigeants du Rassemblement National hier, c'est pas l'ennemi de la démocratie, c'est l'un des piliers de la démocratie.
02:36Elle n'est pas la seule à s'émouvoir du rôle joué par la justice.
02:39Quand François Bayrou dit que la France...
02:41Ce que je dis vaut pour tout le monde, et pas seulement pour elle.
02:43Quand François Bayrou dit que la France est la seule à permettre cela, vous comprenez quoi ?
02:46Parce qu'en plus, il y a un peu une schizophrénie en ce moment.
02:49Il y a le Premier ministre, il dit je soutiens les juges sans aucune condition, sans état d'âme, machin.
02:54Et le citoyen se dit troublé.
02:56C'est la fonction du Premier ministre qui prime sur le reste.
02:59Donc il ne devrait pas dire qu'il est troublé ?
03:01Bien sûr, il ne devrait pas le dire.
03:03Maintenant, on va aller jusqu'au bout du raisonnement.
03:06Le Président de la République, c'est l'article 64 de la Constitution,
03:09est le garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire.
03:13Quel crédit accorder aujourd'hui à tous les dirigeants du Rassemblement National ?
03:19Et puis, on va aussi aller plus loin.
03:21C'est qu'en ce moment, quand il y a une crise comme celle-ci...
03:24On ne peut pas donner en droit à la présomption d'innocence...
03:25Je vous l'ai dit tout à l'heure.
03:27Mais en attendant, le jugement du tribunal correctionnel, il est clair.
03:33Mais ça n'empêche pas de se poser...
03:35Je veux juste aller jusqu'au bout de mon raisonnement.
03:38C'est que vous devez aujourd'hui garantir l'indépendance de la magistrature.
03:43Mais donc, vous ne pouvez pas avoir ces comportements
03:45qui renvoient au visage traditionnel de l'extrême droite.
03:49C'est-à-dire que regardez ce que vous avez eu.
03:51Vous avez eu les déclarations aussitôt de M. Bardella.
03:53La tyrannie des juges !
03:54Il parle de la France, quand même.
03:56La tyrannie des juges.
03:57La démocratie est en danger.
03:58Mme Le Pen, aux 20h le soir, qui renchérit.
04:01Le lendemain, lors d'une conférence de presse,
04:03elle pose des questions au gouvernement aujourd'hui.
04:05Est-ce qu'il y a aujourd'hui une république des juges ?
04:07Est-ce qu'il y a aujourd'hui des juges politisés
04:09qui, au lieu de rendre la justice, font de la politique ?
04:12Qui se servent de leur robe de magistrat pour faire de la politique ?
04:15On tombe aussi dans le piège, ici ?
04:16Non, je vous pose la question.
04:17Écoutez, moi je vous le dis très clairement.
04:18La justice, elle est indépendante et elle a appliqué la loi.
04:21Elle a appliqué clairement les lois qui ont été conçues et votées par les parlementaires.
04:26Voilà ce qu'ils font.
04:27Et vous avez la cour de cassation qui est là
04:30pour vérifier que les peines qui ont été appliquées,
04:32que les procédures ont bel et bien été respectées.
04:35Il y a des voix de recours dans notre pays.
04:37Laurent Wauquiez, François Bayrou, Gérald Darmanin
04:39sont tombés dans le piège de l'extrême droite, si je vous écoute bien.
04:41Mais moi je ne veux pas avoir peur du Rassemblement National.
04:43Je ne veux pas avoir peur de ces dirigeants.
04:45Et eux, évidemment, on voit bien que tout le monde tremble.
04:48Et je leur dis à tous ceux-là, arrêtez de trembler.
04:50Arrêtez de trembler, nous faisons face à une situation
04:52parmi les plus difficiles que connaît notre pays.
04:55Où on a besoin de responsables politiques qui soient avant tout des responsables.
04:58Qui soient forts, qui soient solides.
05:00Et surtout, qui ne sombrent pas dans le tourbillon médiatique et politique.
05:06Et qu'ils ouvrent les yeux.
05:08Tiens, regardez un peu.
05:10L'international de l'extrême droite qui a manifesté son soutien à Mme Le Pen.
05:14L'international de l'extrême droite.
05:16M. Salvini, M. Wilders aux Pays-Bas, M. Bolsonaro.
05:20Et puis aussi d'autres responsables.
05:22Vous avez M. Orban, vous avez M. Musk, M. Trump, M. Poutine.
05:26Ça renvoie à quoi ?
05:28Ce sont tous des responsables qui à un moment ou à un autre
05:30ont remis en cause des décisions de justice et les institutions judiciaires.
05:34Parce que vous savez, vous avez eu tout ça.
05:36Et puis vous regardez en plus ce qui va se passer ce week-end.
05:38Le Rassemblement National a appelé à une manifestation.
05:42Mais c'est quoi l'étape d'après ?
05:44Il va falloir aller manifester.
05:46Ils vont appeler à manifester devant un tribunal.
05:48Ce n'est pas ce qui a été dit hier.
05:50Mais c'est quoi la dérive suivante ?
05:52Vous savez ce que ça me rappelle ?
05:54C'est le mauvais remègue du Capitole.
05:56Parce qu'à force justement...
05:58M. J. De s'en prendre aux magistrats.
06:02Vous vous rendez compte que la Présidente du Tribunal Correctionnel
06:05elle est aujourd'hui sous protection.
06:07M. J. 150 magistrats en France, on en parlait.
06:09J.-L. M. J'ai entendu tout à l'heure sur votre antenne.
06:11Mais elle-même, pour cette décision qui a été prise,
06:14elle est sous protection. Et à cause de quoi ?
06:16De ce climat qui a été aujourd'hui instauré.
06:18M. J. Ce que je ne comprends toujours pas, c'est pourquoi F. Bayrou fait ça ?
06:20Il se contorsionne pour sauver son gouvernement ?
06:22On en est là aujourd'hui ?
06:24J.-L. M. Posez-lui la question, mais une chose est certaine.
06:26Ils n'ont rien à attendre, et ce n'est pas nouveau, du Rassemblement National.
06:29Mme Le Pen aujourd'hui, sa seule boussole,
06:31c'est son intérêt personnel.
06:33C'est sa survie politique.
06:35L'intérêt général des Français...
06:37M. J. Vous avez barré la route de Matignon, non ?
06:39Parce que c'est elle qui s'était opposée à l'époque.
06:41J.-L. M. Vous savez quoi ? M. J. Votre nomination.
06:43J.-L. M. Moi je l'ai affrontée dans les urnes et je l'ai battue.
06:45Et je préfère l'affronter dans les urnes.
06:48Alors à propos de justice, elle devrait donc être rejugée Marine Le Pen d'ici l'été 2026 ?
06:53On devrait avoir la décision...
06:54Parce qu'il montre bien qu'il n'y a pas de complot.
06:56C'est une très bonne nouvelle, dit-elle.
06:58La décision sera à nouveau rendue à l'été 26,
07:01ce qui montre bien que toutes celles et ceux qui avaient dit qu'il y avait un complot,
07:04il n'y a pas de complot.
07:06Parce que la justice en appelle...
07:08Eh bien ça va permettre, encore une fois,
07:10qu'elle puisse faire valoir ses droits,
07:12et que les voies de recours puissent être épuisées.
07:14Voilà, comme pour tout justiciable.
07:16Pourquoi il faut changer la loi ?
07:17Parce qu'Éric Ciotti va déposer une proposition de loi,
07:19l'ancien président de votre parti,
07:21pour mettre fin à l'exécution provisoire des peines d'inéligibilité.
07:25Est-ce que ça, il faut le faire ?
07:26François Bayrou, là encore, a ouvert la porte à ce changement.
07:29Voter la loi Ciotti-Le Pen ?
07:31Parce que c'est une loi Ciotti-Le Pen.
07:34C'est pour sauver Madame Le Pen.
07:36Et puis quoi encore ?
07:37Ça serait impensable.
07:39Parce que ça voudrait dire que l'Assemblée nationale
07:41remplace la Cour d'appel ?
07:43Que l'Assemblée nationale intervient avant la Cour d'appel ?
07:46Arrêtons cette confusion des genres.
07:48Moi, je veux remettre de l'ordre dans mon pays.
07:50Je veux de l'ordre dans mon pays.
07:52Et pour cela, il faut arrêter, justement,
07:54qu'on raconte tout et n'importe quoi,
07:56et que chacun fasse preuve de sang-froid,
07:59à un moment où le sang-froid est exigé par les Français.
08:01Vous savez, Thomas Soto,
08:03les Français, en ce moment, eux, sont déjà passés à autre chose.
08:05Deux tiers des Français disent
08:07que l'exécution provisoire, elle est justifiée
08:09parce qu'il y a eu détournement de fonds.
08:11Il y a aujourd'hui plus de la moitié des Français
08:13qui disent que de toute façon, il n'y a pas de déni de démocratie.
08:15C'est plus Mme Le Pen,
08:17disons, un candidat de rechange au Rassemblement national,
08:19ça sera M. Bardella.
08:21Donc, il n'y a pas de déni de démocratie.
08:23Il y a un déni de Mme Le Pen qui a menti,
08:25qui a menti à ses électeurs,
08:27en faisant croire qu'il y avait un complot.
08:29Toute cette affaire des assistants,
08:31elle a été révélée par Sophie Montel,
08:33une députée européenne du Rassemblement national,
08:35qui a été une lanceuse d'alerte et qui a tout raconté.
08:37Voilà la vérité.
08:39La vérité, c'est qu'encore une fois,
08:41elle n'est pas une victime.
08:43Et que l'autre vérité,
08:45c'est que je dis à tous les responsables politiques,
08:47votre boussole doit être l'intérêt général
08:49et votre boussole doit être
08:51la stabilité des institutions
08:53et donc le respect de la séparation.
08:55Sur le changement de la loi et de la règle du jeu,
08:57donc peut-être, sachant que puisque là,
08:59si cette proposition a été votée comme elle serait plus favorable
09:01au pénal, elle s'appliquerait.
09:03Ça veut dire que de fait, il n'y aurait plus d'inéligibilité
09:05et que même si elle était condamnée,
09:07vous pourriez se présenter à la présidentielle
09:09en 2027. Est-ce que vous n'avez pas peur ?
09:11C'est une loi pour contourner la justice.
09:13C'est bien ça que vous êtes en train de démontrer. Vous avez raison.
09:15C'est bel et bien une loi pour contourner la justice.
09:17Est-ce que vous ne redoutez pas, vous,
09:19qu'on vous mette tous dans le sac du tous pourris ?
09:21Parce que monsieur et madame tout le monde,
09:23quand ils sont jugés et que le jugement ne leur convient pas, on ne change pas les lois.
09:25Et je comprends tout à fait les Français.
09:27Les Français qui disent, mais alors,
09:29on a des urgences en matière de loi. Tenez, regardez.
09:31Il y a la loi sur les homicides routiers.
09:33Après le drame qu'a connu Yannick Alléno
09:35avec la disparition de son fils.
09:37A cette loi, elle l'attend toujours. Mais là, on va trouver le moyen
09:39de faire une loi d'exception pour madame Le Pen.
09:41Il y a la loi sur la justice des mineurs,
09:43ce qu'a proposé monsieur Attal, qui est passé au Sénat,
09:45qui doit revenir à l'Assemblée. Là, on ne trouve pas la place.
09:47Les lois notamment sur les peines planchers,
09:49c'est-à-dire pour permettre
09:51que nos policiers, que nos magistrats,
09:53que nos pompiers soient effectivement
09:55protégés. Là, on ne trouve pas la place
09:57et on trouverait la place pour une loi d'exception
09:59pour sauver madame Le Pen.
10:01Et puis quoi encore ? C'est tout simplement impensable.
10:03Et pendant qu'on parle de ça, on ne parle toujours pas
10:05du pouvoir d'achat,
10:07de la santé, de l'école, du logement,
10:09de la sécurité. C'est ça les priorités des Français.
10:11J'ai une dernière question. François Bayrou a été
10:13relaxé en première instance dans une affaire similaire
10:15avec des enjeux financiers beaucoup moins importants.
10:17Ça fait 14 mois qu'il attend d'être en appel.
10:19Est-il normal que Marine Le Pen
10:21soit rejugée en appel avant
10:23François Bayrou ? L'appel de Bayrou
10:25et de l'affaire du Modem n'est toujours pas audiencé.
10:27Poser la question à la cour d'appel,
10:29mais le fait que la cour d'appel ait décidé d'intervenir
10:31à l'été 26, montre clairement
10:33qu'il n'y a aucun complot
10:35contre Madame Le Pen qui est, je le rappelle,
10:37en rien une victime.
10:39Merci beaucoup Xavier Bertrand d'être venu ce matin sur RTL.

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