Quelles mesures de sécurité pour le meeting du Rassemblement national dimanche à Paris ? Regardez Grégory Joron, secrétaire général de Unité SGP police.
Regardez Les trois questions de RTL Petit Matin avec Olivier Boy du 04 avril 2025.
Regardez Les trois questions de RTL Petit Matin avec Olivier Boy du 04 avril 2025.
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00:00RTL, au cœur de l'actu.
00:04A deux jours de ce rassemblement, de ce meeting de soutien à Marine Le Pen,
00:08donc dimanche, Place Vauvois à Paris à 15h, est-ce qu'il y a des craintes de débordement ?
00:12Quel est le dispositif de sécurité qui est prévu ?
00:15On est avec Grégory Joron, bonjour.
00:17Bonjour.
00:18Vous êtes policier, secrétaire général du syndicat de police Unité.
00:21À ce stade, nous n'avons pas de craintes particulières,
00:23voilà ce qu'a dit hier soir Laurent Nunez, le préfet de police de Paris.
00:27D'abord, est-ce que vous savez, vous, combien de personnes sont attendues, anticipées à ce rassemblement ?
00:32Écoutez, l'estimation n'est pas encore tout à fait posée.
00:36On s'attend quand même à forcément un peu de monde.
00:38La météo va aussi être un facteur forcément important.
00:41On le sait, dans ce genre de mobilisation de rue,
00:43bon, vraisemblablement, il y aura plusieurs milliers de personnes.
00:47Et le dispositif est déjà, on le sait, conséquent,
00:50puisqu'on annonce une quinzaine de forces mobiles déjà engagées,
00:53en plus, évidemment, des effectifs parisiens.
00:56Ça fait combien de forces de l'ordre mobilisées sur le terrain, ça ?
00:59Ça va faire, je pense, de l'ordre de 3 000 à 4 000 policiers à minima.
01:03Donc, il y aura quand même beaucoup de monde.
01:04Est-ce que c'est plus que pour une manifestation classique ?
01:07Non, on est dans un modèle assez habituel.
01:09Aujourd'hui, de toute façon, les mobilisations parisiennes
01:11consomment de toute façon énormément de force,
01:14puisqu'il y a toujours un risque quand même assez prégnant
01:19d'éléments ultra qui viennent noyauter les manifestations.
01:22On est habitué aujourd'hui à avoir quand même des dispositifs assez dimensionnés.
01:27On le rappelle, les soutiens au Rassemblement national ne vont pas bouger.
01:30Ils vont rester sur cette place Vauban, au même endroit, derrière les Invalides.
01:34Est-ce que c'est plus facile ?
01:36Oui, c'est forcément plus facile qu'une manifestation avec une déambulation.
01:41Et évidemment, un parcours qu'il faut sécuriser avec du flanc-gardage,
01:46parce que ça peut arriver à peu près de tous les côtés.
01:48Mais ça veut dire que les gens vont être contrôlés pour rentrer sur le secteur ?
01:51Oui, j'imagine qu'il y aura un dispositif de cette nature-là.
01:54Forcément, comme on peut le voir des fois et comme ça a été fait souvent
01:58sur des manifestations contre la réforme des retraites par exemple,
02:02avec des dispos en amont qui préviennent justement des risques
02:07avec des contrôles de sacs pour éviter, vous le savez, les projectiles,
02:10les armes blanches, etc.
02:12On entend certains parler de risque d'un capitole à la française,
02:16référence au soutien à Trump qui avait attaqué le siège du Parlement à Washington.
02:20Avec, pour le coup, des violences très graves.
02:22Est-ce qu'il y a un scénario qui est redouté comme ça, qui est envisageable ?
02:26Envisageable, je pense qu'il faut envisager tous les scénarios.
02:30Maintenant, est-ce qu'il est plausible ?
02:31Je ne suis pas sûr qu'on en soit là en toute franchise.
02:33D'ailleurs, d'après ce que je comprends et ce que j'ai pu entendre,
02:38s'il est là, le Rassemblement national a peine à une manifestation pacifiste.
02:43Donc, je ne sais pas s'ils seront entendus, mais je ne pense pas qu'on en soit là.
02:48La réalité, c'est qu'on a un risque d'affrontement ultra-gauche, ultra-droite,
02:52parce que c'est souvent ce qui est recherché par l'une ou l'autre partie en général.
02:57Ce risque-là où on se parle, il est existant, mais pas prégnant.
03:03Les services de renseignement sont évidemment à l'affût,
03:06mais il y aura évidemment beaucoup de force de l'ordre sur place
03:09pour prévenir et réagir.
03:11L'intérêt de ce genre de dispositif, c'est la réactivité, la souplesse
03:16et le fait de pouvoir s'adapter à ce qui peut arriver.
03:22Des organisations de jeunesse appellent aussi à manifester dimanche contre l'extrême droite.
03:26La France insoumise appelle aussi à se rassembler.
03:29Place de la République à 13h.
03:30Est-ce qu'il y a un risque que des activistes cherchent à en découdre ?
03:35Ça va être le risque à prévenir.
03:37Ça va être tout l'enjeu de l'organisation des manifestations,
03:41de l'implantation des forces de l'ordre
03:44qui pour la plupart seront figées,
03:46mais il faudra en garder quand même en réserve projetable
03:50pour pouvoir, sur l'événement, se projeter le plus vite possible.
03:57On sait faire tout ça.
03:59Éviter la difficulté aujourd'hui, c'est l'évaluation du risque.
04:03Vous le savez, les messages récryptés,
04:05la capacité en très peu de temps de donner des points de rassemblement,
04:08tout ça complique deux choses.
04:10Forcément, l'anticipation
04:12et évidemment après la gestion terrain par la force des choses.
04:16Mais on a des forces de l'ordre vigilantes
04:18et un savoir-faire qu'on mettra en œuvre dimanche
04:21pour faire en sorte que ça se passe bien.
04:23On le reprécise, le RN appelle à une mobilisation pacifique.
04:26Mais est-ce que d'après les services de renseignement de la police,
04:29il y a au sein de l'extrême droite française encore aujourd'hui
04:31des courants violents, structurés,
04:33qui peuvent eux aussi vouloir faire dégénérer la mobilisation ?
04:37Oui, ça fait partie aussi du risque de l'ultra-droite.
04:40On parle d'ultra-droite et d'ultra-gauche pour le coup,
04:43qui sont l'émanation de l'extrême-droite et d'extrême-gauche
04:46au travers de groupes un peu plus constitués,
04:48avec des vilités de violence et d'affrontements.
04:52On le sait.
04:53Donc ils sont aussi évidemment, vous l'imaginez,
04:55surveillés depuis cet appel à manifestation
04:58et forcément suivis jusqu'aujourd'hui,
05:02en espérant que s'ils décident de se déployer,
05:05mes collègues de terrain auront le temps de les intercepter.
05:07Mais c'est évidemment un risque.
05:09Je crois que tous les scénarios sont sur la table de toute façon.
05:11Merci beaucoup, Grégory Joron, d'avoir été avec nous ce matin sur RTL.
05:15Je rappelle que vous êtes policier et secrétaire général du syndicat de police Unité.