Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.
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00:00Bonsoir à tous. Dans quel pays empêche-t-on une candidate à l'élection présidentielle ?
00:05Candidate présentée comme favorite du scrutin, dans quel pays un juge, deux juges, trois juges décident-ils que ce candidat est empêché ?
00:13Neuf personnes avaient décidé l'interdiction de ces huit. Cette fois, trois juges ont stoppé Mme Le Pen.
00:19La démocratie en France, il est possible que nous ayons perdu le mode d'emploi.
00:23Et on va en parler ensemble ce soir avec Sabrina Medjeber, bonsoir, avec Gilles-William Golnadel, Geoffroy Lejeune, Olivier Dartigolle, Yoann Ouzahy et Gilles-William qui était absent la semaine dernière, vous étiez en Israël, je crois.
00:37Et merci d'être avec nous ce soir et on pourra évidemment parler de ce que vous avez vu et vécu là-bas.
00:43Marine Le Pen, vous le savez, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris ce lundi à quatre ans de prison, dont deux ans fermes, sous bracelet électronique.
00:50Je vous propose peut-être d'écouter tout de suite Célia Barraud qui était au tribunal.
00:54Il a fallu près de trois heures au tribunal pour rendre sa décision et expliquer ses motivations.
01:01Pour les magistrats, les investigations ont notamment montré qu'il n'y avait pas eu de mutualisation du travail des assistants,
01:08mais plutôt une mutualisation des enveloppes dédiées aux assistants et qu'il s'agissait bien de détournements pour alléger les charges du parti.
01:15L'absence d'enrichissement personnel a été reconnue, mais les magistrats ont pointé du doigt la mise en place d'un système qui a permis des salaires
01:23que le parti n'aurait pas pu prendre en charge et un confort de vie pour les dirigeants ainsi qu'un enrichissement du parti.
01:30Un système dont Marine Le Pen n'est pas l'initiatrice, mais dans lequel elle s'est inscrite pour la justice, je cite,
01:35avec autorité et détermination dans les pas de son père sur la peine complémentaire d'inéligibilité.
01:40Les magistrats ont déclaré que les infractions commises sont liées à l'exercice d'un mandat électif,
01:46ce qui constitue une atteinte aux règles du jeu démocratique, enfin pour l'exécution provisoire qui a été prononcée.
01:52Outre le risque de récidive, le tribunal évoque le risque de troubles majeurs à l'ordre public
01:57et qu'il faut veiller à ce que les personnes élues ne bénéficient pas d'un régime de faveur.
02:03Séisme, tsunami, j'ai entendu beaucoup de choses ces dernières heures.
02:07Je vous livre la lettre de Jordana Bardella au sympathisant du Rassemblement national.
02:11Cher sympathisant du Rassemblement national, écrit-il, je dois vous le dire la vérité.
02:15Nous sommes aujourd'hui sous le choc, sous le choc d'une décision brutale, injuste et antidémocratique.
02:22Plus loin, il écrit, comme beaucoup d'entre vous, nous avons une conviction.
02:25Une partie de la justice cherche à triompher là où nos adversaires ont échoué en interdisant à Marine Le Pen d'être candidate à l'élection présidentielle de 2027.
02:33Il tente d'empêcher par tous les moyens son accession à l'Elysée.
02:37Il tente d'empêcher une candidature soutenue par des millions de Français, largement en tête dans l'ensemble des sondages.
02:43Il prive des millions d'électeurs de leur choix et donc de leur liberté.
02:46La condamnation de Marine Le Pen à l'inéligibilité avec exécution provisoire sans possibilité de recours est un scandale.
02:53Comprenez bien le droit élémentaire de bénéficier de la présomption des non-sens et de faire appel,
02:57qui est le droit de tout justifiable en démocratie et déni à Madame Le Pen, parce qu'elle est Madame Le Pen.
03:04Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française qui est exécutée.
03:10J'appelle à une mobilisation populaire et pacifique.
03:12Nous serons partout sur le terrain au cours des prochaines semaines, etc.
03:17Ce qui est important d'abord de dire, et là, je m'adresse à Gilles-William Golnadel,
03:21c'est pas si fréquent qu'une décision n'ait absolument aucun recours.
03:25Et là, on est dans un cadre où cette décision exécutoire sur l'inéligibilité est sans recours.
03:35C'est pour ça que je suis accablé.
03:36Vous savez, je le confesse, je ne m'y attendais pas.
03:41J'ai beau vous raconter tout le temps qu'on n'est plus en sécurité juridique en France,
03:47que je ne suis moi-même pas tranquille en tant qu'avocat quand je m'adresse aux gens, aux juges, par rapport à il y a 30 ans,
03:54je ne savais pas qu'ils iraient aussi loin.
03:58Il faut comprendre que le principe qui a été violé en l'espèce,
04:03c'est le principe de double degré de juridiction.
04:07Tout le reste, c'est du bruit.
04:08De double degré de juridiction.
04:11Que quand vous allez devant un juge du tribunal,
04:17même si ça tourne mal, vous savez que vous aurez encore une chance devant la cour d'appel.
04:24Et là, cette chance, elle a été délibérément, délibérément violée.
04:30Alors même qu'on vous explique qu'il n'y avait pas, au niveau de la proportionnité des choses,
04:35il n'y avait pas, encore une fois, d'enrichissement personnel.
04:39Mais cette loi le permet, la loi le permet, manifestement.
04:41Bien sûr que la loi le permet.
04:44En ce qui me concerne, depuis que je fais ce métier,
04:50il ne m'a jamais arrivé à l'un de mes clients,
04:54et j'ai quelques fois défendu des gens qui n'étaient pas forcément ragoûtants,
04:59il n'est jamais arrivé à l'un de mes clients ce qui vient d'arriver.
05:04Et je peux vous le dire, pourquoi je suis très triste ce soir ?
05:07Je ne suis pas triste d'abord pour Marine Le Pen,
05:12je suis triste pour le peuple français.
05:15C'est le peuple français qui est victime de ce qui vient d'arriver ce soir.
05:20La capitale de la France aujourd'hui c'est Bucarest.
05:23La dernière fois qu'il est arrivé quelque chose de cette mauvaise farine,
05:28c'est il y a un mois, le candidat d'extrême droite,
05:33qui avait passé dès le premier tour,
05:36et qu'on a décidé, sur la base d'éventualité de problèmes d'Internet, d'éliminer.
05:43Et comme si ça ne suffisait pas, quand il a décidé de se représenter,
05:46on a décidé qu'il ne pouvait pas se présenter.
05:49Pardon de vous le dire, c'est à peu près de la même farine que ce qui vient d'arriver.
05:54J'essaye de me modérer, mais j'ai beaucoup de mal parce que je suis affligé
05:59en tant qu'avocat et en tant que français.
06:01En tout cas, il n'y a aucun recours possible.
06:05Madame Le Pen, en aucun cas, peut se présenter en 2027 à l'élection présidentielle.
06:11Il n'y a pas de cas.
06:12Si, il y a un cas, c'est si l'appel est très rapide.
06:16Mais ce n'est pas elle qui décide.
06:19L'appel peut avoir lieu entre maintenant...
06:20Et vous pensez qu'en appel, la sanction sera différente ?
06:23Je n'en sais rien.
06:24Mais disons qu'il faudrait que le parquet décide que l'appel sera très rapide.
06:27Ça, c'est lui qui va décider tout seul.
06:29Et puis, c'est comme l'Arkhom, où les juges de ce matin, ils ne rendent de compte à personne.
06:33Et il faudrait que l'appel ait lieu avant la présidentielle.
06:35C'est hautement effacé.
06:37C'est dans deux ans.
06:38Donc là, l'appel peut avoir lieu quand même avant deux ans.
06:41Henri Guaino parlait d'une grâce éventuellement au regard d'article 17 de la Constitution.
06:46C'est ce qu'il disait tout à l'heure chez Laurence.
06:48Oui, mais la grâce, c'est uniquement sur une condamnation définitive après cassation.
06:54Donc, il y a un calendrier qui joue contre Mme Le Pen dans ces cas-là.
06:58Et le parquet, il y a un deux poids de mesure terrible.
07:02J'ajoute ça, il y a deux poids de mesure invraisemblable en ce qui concerne le parquet.
07:06J'oublie sa virulence et à l'égard de Marine Le Pen et à l'égard de Nicolas Sarkozy et à l'égard de M. Fillon.
07:15Mais le parquet, il fait ce qu'il veut.
07:17Je peux vous dire qu'en ce qui concerne d'abord M. Mélenchon, son affaire de 2017, je ne la vois pas venir.
07:25Et je termine là-dessus.
07:27J'ai saisi le parquet depuis pratiquement deux ans maintenant.
07:32Des affaires de la France Insoumise sur les apologies du terrorisme et de complicité avec une organisation terroriste,
07:39je n'ai pas encore vu le quart de la moitié d'un début de procédure.
07:43Si ça, ce n'est pas deux poids, deux mesures, j'ai un problème de vocabulaire.
07:46Mme Le Pen a parlé il y a quelques secondes sur l'antenne de TF1.
07:50C'était une décision politique qui était en train d'être rendue, a-t-elle dit.
07:55Et je vais découvrir en même temps que vous, puisque Benjamin Nau me fait parvenir ce qu'elle dit.
08:02Alors il y a évidemment beaucoup de réactions, elles sont multiples aujourd'hui.
08:07C'est très difficile d'imaginer d'ailleurs les conséquences politiques qui ont à nous aider.
08:11Quelles sont les conséquences politiques ?
08:13Est-ce que les Français vont avoir le sentiment d'être victimes d'une injustice ?
08:19Et vont-ils pourquoi pas plébisciter Jordan Bardella ou une autre personne du Rassemblement national ?
08:24Ça, c'est une hypothèse une.
08:26Deuxième hypothèse, toute la présidentielle, toutes les cartes sont rebattues.
08:31Et M. Retailleau, M. Wauquiez, pourquoi pas, M. Darmanin, M. Philippe.
08:37En fait, tout le camp de droite a un espace plus important parce que mécaniquement,
08:43le score du... celui qui représentera le Rassemblement national sera plus bas,
08:48parce qu'elle avait créé un lien particulier avec les Français.
08:51On sait bien que la présidentielle, c'est le lien avec les Français.
08:55Personne ne peut répondre ce soir à ces hypothèses-là.
09:00Moi, je ne m'hasarderai pas, en tout cas.
09:01Non, on peut quand même dire que ça rebat toutes les cartes à droite, naturellement,
09:05qu'une grande partie des électeurs de Marine Le Pen sont orphelins.
09:08Une partie d'entre eux va voter, bien sûr, pour Jordan Bardella,
09:11en grande partie au premier tour, s'il est lui-même candidat.
09:14Mais une partie de ces électeurs sont orphelins, naturellement,
09:16et ils vont être « dragués » par les potentiels candidats à droite.
09:20On imagine bien que Bruno Retailleau, Édouard Philippe, etc.,
09:23tous ceux qui entendent représenter la droite à l'élection présidentielle,
09:26vont entendre s'adresser à ces électeurs-là.
09:28Donc, ça rebat véritablement les cartes pour ces électeurs qui,
09:32encore une fois, sont véritablement orphelins.
09:34Mais pour rebondir sur ce que disait Gilles William,
09:36on est dans une crise démocratique extrêmement profonde.
09:39Ça sera la troisième campagne présidentielle
09:42où les Français seront privés du débat auquel ils ont droit.
09:45En 2017, à cause d'une grande partie des médias,
09:48on n'a parlé que de l'affaire Fillon,
09:50on n'a pas eu de vraie campagne, de débat d'idées en 2017.
09:52En 2022, la campagne a été très rapidement éclipsée.
09:57Emmanuel Macron s'est déclaré un mois avant l'élection.
09:59Il a écrit un programme sur un coin de table.
10:01Il n'y a pas eu de débat non plus.
10:02Là, on se disait, enfin, en 2027, on va avoir un vrai, un long,
10:06un grand débat d'idées avec tous les candidats
10:08pour que les Français aient le choix.
10:09Et pour la troisième fois consécutive,
10:11on va être privés de ce choix-là.
10:13Alors, Mme Le Pen peut mener quand même la campagne de 2027.
10:18Elle peut la mener avec quelqu'un qu'elle aura adoubée.
10:22Elle peut même, pourquoi pas, si le candidat est élu,
10:25avoir un poste de responsabilité parce qu'elle n'est pas frappée.
10:30Elle n'est frappée que d'inéligibilité.
10:32Pensez à Matignon.
10:34En fait, j'imagine que ce sont des hypothèses qui pourront exister.
10:38Simplement, Olivier Dardigonne n'a pas pris la parole.
10:41Je sais que vous n'êtes pas un sympathisant du Rassemblement national.
10:44Et je voulais savoir ce que vous en pensez.
10:46J'ai prouvé une tristesse par rapport à notre vie démocratique.
10:48Parce qu'autant la peine d'inégibilité sur le détournement
10:53de fonds publics, il peut y avoir un débat, on l'a eu sur ce plateau,
10:58sur les assistants parlementaires, européens ou nationaux.
11:01On ne va pas le reprendre.
11:03Mais j'étais presque certain que l'exécution immédiate ne serait pas prononcée.
11:10Et en regardant de près, je vois que les juges disent qu'au nom de l'ordre public,
11:17ils ne permettent pas à Marine Le Pen d'être candidate,
11:21étant donné qu'elle est condamnée en première instance.
11:25Cette phrase-là nous fait basculer dans un régime dont je n'ai pas le mode d'emploi.
11:30Alors, je n'ai pas d'affinité idéologique, politique à Marine Le Pen.
11:35Pour autant, le fait qu'elle ne puisse pas concourir à cette élection,
11:39que ce soit le juge qui en décide, alors que je suis un passionné de vie politique
11:44et de débat, nous fait basculer dans quelque chose.
11:48Je n'arrive pas d'ailleurs à décrire trop dans quoi on va se battre.
11:50Ça s'appelle le pouvoir des juges et le pouvoir du camp du bien.
11:53C'est-à-dire que vous avez trois personnes...
11:54Donc, ce n'est pas une bonne journée.
11:55Vous avez trois personnes...
11:56Et je trouve qu'il y a d'ailleurs à gauche, certaines, pas tout le monde,
11:59mais des réactions où, non, non, tout le monde ne s'en félicite pas.
12:04Non, mais il y a quelque chose...
12:05Vous avez trois personnes en France qui ont décidé de l'élection présidentielle de 2027.
12:10Trois personnes.
12:11Et ça, c'est quand même effrayant.
12:12Alors, il y avait neuf personnes, je l'ai dit tout à l'heure,
12:15qui avaient décidé de la fermeture de l'ARCOB,
12:17mais vous avez trois personnes.
12:19Trois personnes.
12:20Trois juges.
12:21Oui, c'est vrai.
12:22Alors, évidemment, c'est leur interprétation.
12:24On peut parler pendant des heures du travail des assistants parlementaires,
12:29s'ils ont travaillé pour Bruxelles, s'ils ont travaillé pour le parti.
12:31C'est une affaire...
12:33J'ai souvent employé la même expression.
12:35De corne-cul.
12:36Oui.
12:37C'est une affaire de corne-cul.
12:38Là-dessus, je ne partage pas votre idée.
12:39Mais bon.
12:40Bon, enfin, on ne souhaite pas faire autre chose.
12:42Convenez qu'empêcher une élection présidentielle de celle qui était annoncée
12:47comme la future présidente de la République dans tous les sondages.
12:5037%.
12:51Et aussi bien sur le fond que sur la forme, sur le fond, je l'ai dit,
12:56cette affaire, je la trouve bien légère.
12:58Il n'y a pas d'enrichissement personnel.
13:00Mais il faut reconsidérer aussi, Pascal, ce qui s'est passé après l'affaire Carusac
13:02sur le plan législatif.
13:03Oui, oui.
13:04C'est-à-dire, ce qui s'est passé ces années-là.
13:06J'entends bien.
13:07Bon, alors, je voudrais qu'on écoute quand même deux, trois choses
13:09avant de donner la parole à Sabrina,
13:10parce qu'on n'a pas écouté Rodolphe Bosluc,
13:12qui est l'avocat de Marine Le Pen.
13:13Écoutons.
13:15Eh bien, d'abord, en indiquant que nous allons faire appel,
13:18ce qui est le premier point.
13:19Le deuxième point, c'est que je suis assez, je le dis lourdement
13:25et solennellement, assez consterné de voir que l'un des motifs
13:30qui permet, pour le tribunal, de retenir l'exécution provisoire
13:35est l'exercice par Mme Le Pen d'une défense.
13:40La présidente a indiqué que parce que Mme Le Pen,
13:43comme les autres prévenus, avait exercé les droits de la défense,
13:46comme par exemple demander une prescription,
13:49ce qui est quand même la base de n'importe quelle défense,
13:52de n'importe quel prévenu, eh bien, il y avait un risque
13:56de réitération ou de récidive.
13:58C'est totalement, absolument incroyable.
14:01Il y a une forme de criminalisation de la défense
14:04que je trouve, pour ma part, extrêmement scandaleuse.
14:09C'est incroyable.
14:10C'est incroyable.
14:11Mais c'est dans l'air de temps.
14:12Les motivations, moi je ne suis pas juriste, pardon William,
14:15mais les motivations pour justifier l'exécution provisoire,
14:18c'est premièrement le risque de récidive qui serait justifié
14:22par le fait qu'elle a nié les faits et que donc,
14:24elle pourrait recommencer.
14:25Et deuxièmement...
14:26Sa défense.
14:27Non mais vous vous rendez compte.
14:28Donc William disait tout à l'heure qu'on niait le droit à la défense.
14:30C'est quand même la justification d'un tribunal.
14:32Bien sûr.
14:33La deuxième chose, c'est le risque de trouble à l'ordre public
14:35si quelqu'un condamné en première instance se présentait,
14:37ça pourrait faire un émoi dans la population.
14:38Croyez-moi, les 37% de gens qui s'apprêtaient à voter pour elle,
14:40je pense que c'est un risque plus grave.
14:42Mais le premier argument, moi, ça me rappelle l'aveu.
14:46C'est-à-dire qu'il faut que tu plaides coupable
14:48pour que ta peine soit épargnée.
14:50Bien sûr.
14:51Et si tu as une défense personnelle,
14:52vous connaissez tous ce film de Pustagavras
14:54où les avocats viennent parler à celui qui va être jugé
14:58et lui disent ce qu'il doit dire pour faire plaisir au président
15:02qui évidemment s'en fiche quoi qu'il arrive
15:04parce qu'elle aurait changé sa défense,
15:06ça aurait été exactement la même chose.
15:08Donc là, t'as affaire effectivement.
15:10Moi, je partage votre inquiétude.
15:11Sabrina.
15:12Oui, simplement, j'ai été absolument sidérée toute la journée.
15:16Je suis restée devant la télévision
15:18complètement consternée par cette décision.
15:20Et à mon sens, il y a une violence protéiforme
15:23qui est d'une part la violence symbolique
15:25dont vous aviez parlé tout à l'heure.
15:26Elle est plébiscitée à 37%.
15:28Elle est portée au pinacle par tous les sondages
15:30comme étant la présidentiable.
15:32Il y a une violence politique du fait des arguments
15:35qu'a développé Geoffroy la considérant
15:37comme une réitérante ou comme une récidivante
15:39ou une menace à l'ordre public.
15:43Et on pourrait mettre ça en comparaison
15:45avec monsieur Elias Dimsalen qui appelle à l'intifada
15:47qui a pris cinq mois de sursis pour cela.
15:49Mais bon, ça c'est encore autre chose.
15:51Et surtout, surtout, une violence organique.
15:53C'est-à-dire de ce lien qu'elle entretient avec les Français
15:56et du sentiment, je pense, ce soir
15:58de déréliction du peuple attaché à Marine Le Pen,
16:02attaché au parti, attaché à la défense des idées du parti
16:05qui sont d'ailleurs un peu éparses dans d'autres partis
16:07c'est-à-dire les 3 I, islamisme, immigration et insécurité.
16:11Et je pense que ce soir, il y a à mon sens
16:14un sentiment presque d'assassinat légal du suffrage démocratique
16:18et c'est ça qui m'effraie.
16:20Vous savez, on a beaucoup moqué ces derniers temps
16:24Trump et Elon Musk qui d'ailleurs soutient Marine Le Pen.
16:29Mais je comprends ce qu'ils veulent dire avec l'état profond.
16:33Ce soir, je comprends bien ce que ça veut dire
16:37parce que j'ai écouté ce qu'on dit sur France Info
16:42ils sont tous tout à fait d'accord à ce qui vient d'arriver.
16:46Le monde, avec un zèle merveilleux intempestif
16:50a trouvé le moyen de demander à un professeur de droit
16:54la rêve venait d'intervenir, d'expliquer
16:57qu'il ne fallait surtout pas parler du gouvernement des juges.
17:01L'état profond, c'est des pétitions aujourd'hui
17:06il y a quelques jours dans le monde
17:08contre l'avocat de M. De... j'ai jamais vu ça de ma vie
17:11contre l'avocat de Depardieu.
17:13Il sera là demain matin avec nous.
17:15Non mais enfin, je veux dire, j'en ai vu des choses dans ma vie.
17:18J'ai vu Vergès menacer la France d'attentats
17:22si jamais on ne condamnait pas Abdallah.
17:24Je n'ai jamais vu, et je n'aurais pas aimé,
17:27de pétition dans la presse contre un avocat.
17:30Et on a enfin, et je termine, dans le paysage français actuel
17:34un parti antisémite qui a pignon sur rue
17:38et qui est, lui, nullement inquiété par la justice.
17:42Pardon de vous dire que ça fait un peu peur.
17:45Alors il y a des Français, des millions de Français
17:47qui sont indignés, mais indignés à un point inimaginable
17:50en voyant qu'en France, dans le pays des droits de l'homme
17:53des juges ont mis en place des pratiques
17:55que l'on croyait réservées au régime autoritaire.
17:58L'analyse que je fais depuis le Covid,
18:01c'est que le Covid a été un tournant.
18:04Et j'étais, d'une certaine manière, intuitivement, instinctivement,
18:08j'avais vu le danger de cela avec toutes les mesures liberticides
18:12qui étaient prises, etc.
18:14Et vous me souvenez...
18:15Et leur accès à l'immunité aussi.
18:17Et ce qui m'avait frappé, c'était le niveau de résilience des Français.
18:20Personne n'avait bougé.
18:22Et le camp du bien, là, la modeste analyse que je fais,
18:25c'est que maintenant ils ont compris et ils y vont tout droit.
18:28Donc le camp du bien est là.
18:30Le camp du bien sait que ça ne bougera pas.
18:32Parce que les gens ne vont pas descendre dans la rue.
18:35Ils ne vont pas descendre dans la rue.
18:37Ils ne vont pas descendre dans la rue, Géne William.
18:39Je pense que les gens ne vont pas descendre dans la rue.
18:42Vous avez 90% de l'espace médiatique qui va applaudir
18:46ou 95% de l'espace médiatique qui va applaudir.
18:48Ça ne gêne absolument personne.
18:51Il n'y a qu'une anthropologie qui descend dans la rue.
18:53Oui, oui, oui, c'est possible, c'est possible.
18:56Mais c'est là que je n'arrive pas...
18:59Sinon que les...
19:01Tu ne remplaces pas un candidat.
19:03C'est-à-dire que le lien qu'a créé Mme Le Pen avec les Français,
19:08on apprécie ou on n'apprécie pas, c'est un lien.
19:11C'est un lien.
19:12Ce lien-là, il est très fort.
19:14M. Bardella n'a pas le même lien.
19:17Il n'a pas la même expérience.
19:19Il a une jeunesse.
19:21Il est forcément plus...
19:23Comment dire ?
19:24Plus attaquable de ce point de vue-là.
19:26Il a moins d'expérience.
19:27Le lien n'est pas le même.
19:29C'est la première fois depuis 1981 qu'il n'y aurait pas eu un Le Pen
19:33à une élection présidentielle.
19:35Non, non, si, il y avait, je crois...
19:37Regardez.
19:38Non, c'est vrai.
19:39Depuis 1981, il y a toujours eu un Le Pen à l'élection présidentielle.
19:42Je croyais qu'il y avait une élection où il n'avait pas eu les signatures en 88.
19:47Je pensais qu'il n'était pas forcément...
19:49Marion Maréchal n'a pas dit son dernier mot.
19:55Marion Maréchal n'a pas non plus forcément le même lien.
19:59Mais c'est vrai que vous avez...
20:01Au-delà, honnêtement, de la succession de Marine Le Pen,
20:03je suis désolé, il y a un problème.
20:04Moi, je rejoins ce que disait Yohann tout à l'heure.
20:06J'ai l'impression qu'on est dans la deuxième étape après 2005.
20:09C'était il y a 20 ans.
20:10Il y a 20 ans, le peuple s'est fait voler son pouvoir par le politique.
20:15Qui ont décidé de ne pas appliquer le référendum.
20:18En effet, les effets du référendum sur la Constitution.
20:20Ça fait 20 ans qu'on traîne ça.
20:21Ça fait 20 ans, on en parle encore aujourd'hui.
20:23Parce qu'on sait que ça a été une blessure gravissime.
20:25Aujourd'hui, on est en 2025.
20:27Il y a quelques personnes qui décident de priver le politique de son pouvoir.
20:31Parce que dans un premier temps, on le pique au peuple français.
20:33Après, on le pique aux politiques.
20:34Et l'étape d'après...
20:36On a une télé.
20:37Il ne faut pas l'oublier.
20:38Il y a une télé, bien sûr.
20:39Quelques jours.
20:40Moi, je suis désolé.
20:41Là, maintenant, une fois qu'on est entré à fond dans ce que Zemmour a appelé,
20:43il y a 25 ans, le coup d'état des juges.
20:45Une fois qu'on est là-dedans,
20:46l'étape d'après, c'est le pouvoir d'un seul.
20:48En fait, on est en train d'arriver vers ça.
20:49Et moi, je suis d'accord avec vous, Pascal.
20:50Je suis très inquiet.
20:51Parce que quand on a dit aux gens de prendre des QR codes,
20:53de se faire vacciner,
20:54de se mettre debout, assis dans la pièce d'à côté,
20:57ils l'ont fait, en fait.
20:58Bien sûr.
20:59Je crois qu'on marque une pause, Benjamin Nau.
21:01Mais c'est très intéressant.
21:03Depuis le départ, je pense que le Covid,
21:06à tout niveau, a été un drame.
21:09Ce que nous avons fait à ce moment-là.
21:12Plan économique, plan pour les jeunes,
21:15Marie-Estelle Dupont.
21:17Mais on s'en rendait peut-être moins compte.
21:19Franchement, je ne fais pas un lien directement,
21:23bien sûr, entre ça.
21:25Mais c'est un état d'esprit qui a changé.
21:27C'est effectivement ce qui se passe à Bruxelles.
21:30Tu ne veux pas, comme vous l'avez dit,
21:34tu viens d'empêcher un candidat en Roumanie,
21:36tu en empêches un deuxième en France.
21:38C'est la réalité.
21:40Oui, ça se voit.
21:41La pause.
21:42Pardon, mais c'est un peu du gros roche-titane.
21:44Oui, mais je vous assure.
21:48Quand on n'est que cul, on finit par le comprendre.
21:51Voilà, je vous assure.
21:53Pardon ?
21:54En fait, ce qui m'étonnerait,
21:56c'est que M. Bardella sorte aussi haut dans les sondages
22:00que Marine Le Pen.
22:01Alors là, il y aura une réaction.
22:03Ça serait intéressant.
22:04Mais forcément, lui-même...
22:05C'est possible qu'il y ait une réaction
22:06et que les gens se disent, on va soutenir le RN.
22:09C'est possible.
22:10On ne peut pas mesurer aujourd'hui, mais vous avez raison.
22:12C'est possible qu'il y ait un effet immédiat, en tout cas.
22:14C'est probable.
22:15Je pense qu'il y aura un effet immédiat.
22:16Il y avait beaucoup d'adhésion aujourd'hui au RN.
22:18Bon, on marque une pause et nous revenons.
22:24Évidemment, ce soir, nous commentons la décision de Marine Le Pen
22:31qui a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris
22:33à 4 ans de prison, dont 2 ans fermes, je le rappelle,
22:36et une peine inégibilité de 5 ans avec exécution provisoire.
22:40Je voudrais qu'on écoute de nouveau Patrick Maisonneuve,
22:42qui est l'avocat du Parlement européen.
22:45Je crois que le tribunal a dit très clairement
22:48qu'il n'avait eu aucun doute sur l'organisation du système
22:52qui avait été mis en place,
22:54qui avait vocation à détourner les fonds du Parlement européen
22:58via le règlement des assistants parlementaires.
23:01Donc, il n'y a pas eu pour le tribunal, manifestement,
23:03une seule discussion, une seule hésitation
23:06en ce qui concerne la déclaration de culpabilité.
23:09Et à la place qui est la mienne, c'est ce que je venais chercher.
23:14Ils ont évalué à 4,4 millions d'euros
23:18le montant des sommes importantes,
23:20le montant des détournements qui ont été faits
23:23pendant toutes ces années.
23:25Et puis après, le tribunal en a tiré des conclusions
23:28sur le plan civil, bien sûr, en ce qui concerne
23:30le fait que le RN devra me rembourser
23:32l'ensemble de ces sommes,
23:34parce que c'est le RN qui en a été le bénéficiaire.
23:38Et le tribunal en a tiré aussi d'autres conclusions
23:41en ce qui concerne les peines,
23:43et notamment les peines complémentaires d'inégibilité.
23:46Ça, c'est la décision du tribunal,
23:48notamment avec la problématique de l'exécution provisoire.
23:52Il faut rappeler que cette affaire est sortie
23:55sous la mandature Tobira par le Parlement européen
24:00et qui était plutôt à gauche.
24:04A l'époque, c'était partie d'une formation de gauche.
24:08Oui, c'est vrai, c'est sorti opportunément à ce moment-là,
24:12donc ça fait plus de dix ans.
24:14Mais ce n'est pas la condamnation en tant que telle
24:17qui pose le problème, parce que tout le monde s'accorde
24:19à dire que les règles n'ont pas été respectées.
24:21Qu'il y ait une condamnation, c'est quelque chose de logique.
24:23Même au sein du RN, on reconnaît en off que oui,
24:27effectivement, la condamnation était attendue
24:29et quelque part, elle est logique.
24:30C'est vraiment l'exécution provisoire, le nœud du problème.
24:34La décision est politique.
24:36Pardonnez-moi, mais ce que vous dites est important
24:39parce qu'au procès, ce n'est pas du tout ce qui a plaidé
24:41le RN.
24:42Si vous dites qu'en off au RN, on ne dit pas la même chose
24:46que dans le procès...
24:47On reconnaît que les règles n'ont pas été respectées.
24:48Ils ont assumé cramement qu'un assistant au Parlement
24:50ne pouvait travailler pour le Parlement.
24:51Exactement, la défense n'était pas du tout celle-là.
24:53Ils n'auraient pas hurlé au scandale s'ils avaient été condamnés
24:55à rembourser.
24:56Écoutons Laurent Jacobelli, du RN, qui a pris la parole.
25:04C'est un jugement politique.
25:06Tout dans l'attendue qui a été énoncé le montre
25:09à travers Marine Le Pen.
25:10Ce sont des dizaines de millions de Français
25:12à qui on veut enlever leur voix.
25:13Clairement, nous avons bien compris que le système
25:19était dans des soubresauts qui voulaient l'empêcher
25:22qu'une candidate et les électeurs se rencontrent.
25:25Tout est dit.
25:26Par exemple, quand on parle de risque de récidive
25:28pour que la peine d'inéligibilité soit prononcée immédiatement,
25:32quelle récidive ?
25:33Marine Le Pen n'est plus députée européenne.
25:34Ça fait dix ans que le Parlement européen
25:36ne nous a rien reproché.
25:37À partir du moment où il nous a dit qu'il n'avait pas
25:39la même conséquence que nous, des collaborateurs parlementaires,
25:42on voit bien qu'il y a une volonté politique derrière
25:46et qu'on est bien au-delà du fait de dire la loi.
25:49Ce qui est intéressant, c'est que j'ai beaucoup de gens
25:51qui sont en train de m'écrire et qui regardent nos concurrents
25:54ou qui écoutent nos concurrents et qui ne sont quand même
25:57pas exactement sur la ligne que vous mettez,
26:03les arguments que vous pouvez opposer.
26:05Je veux bien tout ce qu'on veut, mais quand M. Jacobelli
26:10dit que c'est politique, vous avez le parquet.
26:13Je vais vous donner un exemple qui est incontestable.
26:16Le parquet n'est pas censé être politique.
26:19Il est le représentant de la société.
26:22Dans l'affaire du mur des cons, du syndicat de la magistrature,
26:26qui représente 25% des magistrats encartés,
26:31je représentais Mme Morano, M. De Villiers et M. Ménard.
26:39Bravo.
26:40Et à part ça, il y avait Sarkozy qui est au milieu du mur des cons.
26:43Le parquet, jusqu'au bout, a tenté de sauver
26:47le syndicat de la magistrature.
26:49Il a fallu que j'aille devant la cour de cassation
26:52pour obtenir la condamnation de la présidente.
26:55Si ça, ce n'est pas une volonté politique...
26:58Ce n'est pas ce que je vous disais.
27:00Ce que je vous disais, c'est l'espace médiatique,
27:02comment il réagit.
27:03Et là, c'est intéressant.
27:04L'espace médiatique, ça compte.
27:06C'est-à-dire que ce soir, il faut bien que vous compreniez
27:08que les philosophes, les intellectuels, les artistes,
27:12les journalistes, tous ces gens-là...
27:14Ils réagissent comme ils ont réagi pour l'affaire François Fillon.
27:16La présidentielle de 2017...
27:18Avec plus de joie mauvaise, peut-être encore, cette fois-ci.
27:22C'est l'espace médiatique avec tout ce qu'est l'élection présidentielle.
27:24Ils sont aveugles, en fait.
27:26Ils ne se rendent pas compte que c'est grave pour tout le monde,
27:27ce qui est en train de se passer.
27:28Je pense d'ailleurs que si c'était arrivé à Mélenchon,
27:30on serait en train de dire la même chose à propos de Mélenchon.
27:32Sincèrement.
27:33En tout cas, moi, c'est ce que je ferais.
27:34Parce que je serais choqué de la même manière,
27:35pour les mêmes raisons.
27:36Je trouverais ça choquant.
27:37Bien sûr.
27:38Et eux, ils ne voient que leur petit intérêt conjoncturel
27:41qu'on n'aura pas la méchante Marine Le Pen candidate
27:43et qu'elle ne sera pas présidente de la République.
27:44Ils sont soulagés.
27:45Ils ne se rendent pas compte, premièrement,
27:46des conséquences gravissimes, dans l'opinion,
27:48pour la confiance dans la démocratie.
27:50Et deuxièmement, sur le fait que ça peut concerner tout le monde,
27:52pour les mêmes raisons.
27:53Je ne suis pas d'accord.
27:54Pardon, c'est plus profond.
27:55C'est le cas de le dire dans le cadre de l'État profond.
27:57C'est parce qu'ils savent qu'ils sondent à la rue,
28:00non seulement sur le plan populaire,
28:02mais au niveau des idées,
28:04qu'ils se conduisent comme ça.
28:06Ils n'ont plus rien à perdre.
28:07Leur seul sens de pouvoir conserver
28:09le pouvoir culturel et le pouvoir politique,
28:12c'est d'être dans la démonstration
28:14de leur pouvoir et de leur intolérance.
28:16Réellement.
28:17C'est beaucoup plus profond.
28:18Philippe Ballard, que vous connaissez,
28:20qui est un ancien journaliste
28:22et qui est du Rassemblement National,
28:24a pris la parole.
28:25Écoutons-le.
28:26C'est la disparition de l'État de droit, ce soir.
28:29C'est un coup très sévère qui est porté à la démocratie.
28:31Là, manifestement, on n'a absolument pas tenu compte
28:34que Marine Le Pen, dans le sondage IFOP,
28:36du JDD de dimanche,
28:38pouvait réunir sur son nom entre 34% et 37%
28:42des voix des Français dès le premier tour.
28:45Il ne faut surtout plus que la France
28:46ne donne de leçons de démocratie au monde entier,
28:49parce que là, c'est absolument inaudible.
28:51Imaginez qu'en Hongrie, le principal opposant
28:53soit, pour des raisons fallacieuses,
28:56à nos yeux, empêché de se présenter.
28:58Alors là, ça irait.
28:59Mais là, on l'a, nous, en France.
29:01Les cartes sont rabattues,
29:03mais il y aura de toute façon,
29:04on ne va pas présager de la présidentielle,
29:06mais il y aura bien évidemment
29:07un représentant du RN.
29:09Encore une fois, rien ne peut arrêter un peuple
29:11qui veut retrouver sa liberté et sa souveraineté.
29:13Donc, il y a des instances,
29:15il y a des statuts dans le parti,
29:17mais nous, on s'arrête en ce 31 mars
29:20sur cette journée qui marque quand même
29:22un coup porté à la démocratie.
29:26C'est une exécution tout court pour Marine Le Pen,
29:30mais elle ne baissera pas les bras.
29:31Elle ne baissera jamais les bras.
29:34Une exécution politique,
29:35elle ne baissera pas les bras
29:36et on va continuer le combat
29:37à l'Assemblée nationale et dans nos territoires.
29:40Effectivement, le peuple est choqué.
29:43Il y a de la colère ?
29:44Ah oui, il y a de la colère.
29:45Donc, il ne faut qu'analyser
29:46parce que quand Jordan Bardella a dit
29:48manifestation pacifique,
29:49oui, on est pour l'état de droit.
29:51Nous, on le respecte.
29:52Visiblement, ce n'est pas le cas de tout le monde.
29:54Donc, une pétition,
29:55ça permet de s'exprimer démocratiquement,
29:57sans risque de dérapage dans la rue.
30:00Je pense que c'est la meilleure des choses.
30:01Et puis, il y a ces tractages
30:02et sans doute ces affichages
30:04qui seront faits ce week-end.
30:06La pétition, il y a eu un million de voix,
30:08je crois, pour C8 à peu près.
30:09Et les pétitions, on sait ce qu'il arrive des pétitions.
30:14C'est pour montrer un soutien
30:15d'une partie des Français,
30:16mais c'est uniquement symbolique.
30:18Ce qu'il faudra voir de près
30:19dans les prochains sondages,
30:20je suis certain que bien au-delà
30:22des électeurs ou des sympathisants du RN,
30:25il y a beaucoup de personnes
30:26qui se disent que ça ne va pas,
30:28que la prochaine élection présidentielle
30:30qu'on nous présentait
30:31comme le grand rendez-vous,
30:32la grande explication,
30:33alors qu'on en a été privé en 2022,
30:36que les choses ne vont pas se passer
30:38comme elles auraient dû se passer.
30:40Et je suis sûr que ça va irradier
30:41bien au-delà des rangs du RN.
30:43Si.
30:44Mais je ne parle pas des partis politiques.
30:48Je parle véritablement des citoyens.
30:51Il faut regarder la composition
30:53de nos institutions qui corsettent le pouvoir,
30:56c'est-à-dire le Conseil constitutionnel,
30:57le Conseil d'État.
30:59L'État profond.
31:01Là où vous avez raison,
31:03et on le souligne sans arrêt,
31:05c'est-à-dire que la gauche qui représente
31:07le PS, je crois, était à moins de 3%,
31:10le président du Conseil d'État,
31:13le président du Conseil constitutionnel,
31:15tous ces hommes-là sont au pouvoir.
31:19Le Conseil constitutionnel, pour le coup,
31:21avait plutôt ouvert la voie
31:23que l'exécution immédiate ne soit pas prononcée.
31:25Qui corsette l'opinion populaire
31:27et qui se permet également de cacher parfois
31:29des rapports comme M. Moscovici,
31:31préalablement à la loi sur l'immigration,
31:32en toute impunité.
31:33En revanche, vous ne pouvez pas faire l'économie
31:35d'une chose, parce que, bien sûr,
31:37on peut commenter la décision des juges.
31:42Mais il faut rappeler qu'au juge,
31:44on a donné le pouvoir
31:46par l'administratif,
31:48par la loi Sapin 2.
31:52Et on ne dira jamais assez
31:55combien l'élection de François Hollande en 2012
31:58est un drame absolu pour la France.
32:00Je ne peux pas vous dire autre chose.
32:02Et la non-réélection de Nicolas Sarkozy
32:04est un tournant pour la France en 2012.
32:06Parce qu'est arrivé Cahuzac,
32:09est arrivé cette loi Sapin,
32:11est arrivé cette couleur-là,
32:14j'ai envie de dire,
32:15et aujourd'hui, effectivement,
32:17on a donné la possibilité au juge
32:19d'avoir le pouvoir.
32:20Il l'a pris, le juge !
32:22Il l'a pris !
32:23Pardonnez-moi de le dire comme ça,
32:24parce que quand tu donnes le pouvoir à des juges,
32:26ben ils le prennent !
32:27À l'époque, parce qu'avec tous les partis politiques,
32:29vous voulez aller d'un sens à l'autre.
32:31Tout le monde réclamait plus de sévérité.
32:33Tout le monde réclamait plus de solidarité.
32:36Il y a une raison très simple à ça,
32:37c'est qu'en fait, les politiques ont compris,
32:38à mon avis, il y a une quinzaine d'années,
32:40qu'ils n'avaient plus, d'ailleurs ça coïncide
32:41avec peu après le référendum de 2005,
32:44qu'ils n'avaient plus le pouvoir,
32:45plus la capacité de changer les choses,
32:46plus la capacité de changer la vie,
32:48et qu'ils n'avaient plus que ça à offrir,
32:49c'est-à-dire leur dépouille.
32:50Je suis transparent, regardez,
32:51je vous donne mon patrimoine,
32:52ça c'est la haute autorité pour la transparence
32:53de la vie publique.
32:54Je vous donne, les gens allaient,
32:57et je le rappelle souvent,
32:58après l'affaire Cahuzac,
33:00des gens aussi estimables,
33:01et je le dis sans aucune malice,
33:03que François Fillon ou Laurent Wauquiez
33:04sont allés aux vingt heures,
33:05sur les grandes chaînes,
33:06pour donner leur patrimoine en direct,
33:08alors qu'il n'y avait aucune loi
33:09qui les y obligeait.
33:10Il y a une folie collective.
33:11Maintenant, moi j'attends juste,
33:12honnêtement, les gens ne sont peut-être
33:13pas prêts à le comprendre,
33:14mais que la prochaine personne
33:16qui sera élu président de la République,
33:17ou président, ait le courage de dire
33:19qu'il va reprendre le pouvoir aux juges.
33:21C'est-à-dire qu'il faut supprimer tout ça.
33:22Il faut que la politique soit nette.
33:24On va pouvoir écouter Marine Le Pen
33:26dans une seconde,
33:27mais je me demande qui va vouloir
33:28faire de la politique,
33:29les prochaines années.
33:30C'est un vrai sujet,
33:31mais je sais qui va en faire.
33:32Parce que quand tu es de gauche,
33:34et que tu fais de la politique,
33:35tu grumes dans les chaînes sociales.
33:37Quand tu es de droite,
33:38et que tu fais de la politique,
33:39tu baisses dans les chaînes sociales.
33:41Pardonnez-moi de le dire comme ça.
33:44C'est très...
33:46Hélas !
33:47C'est-à-dire que les meilleurs,
33:49ceux qui, effectivement,
33:51peuvent avoir des qualités
33:52dans la vie civile,
33:53qu'ils vont exploiter,
33:54parce que ce seront des grands avocats,
33:56pourquoi pas,
33:57des grands chefs d'entreprise,
33:58pourquoi pas,
33:59qui ont une capacité personnelle
34:01d'être...
34:02Ils peuvent venir de la coche aussi.
34:04Je citais ce matin un homme
34:06que je connais depuis de nombreuses années,
34:09qui s'appelle Alexandre Bompard.
34:10Je le citais.
34:11Alexandre Bompard,
34:13je pense qu'il y a 40 ans,
34:14il aurait peut-être fait de la politique.
34:16Aujourd'hui, il préfère être...
34:17Son nom a circulé pour Matignon.
34:18Aujourd'hui, il préfère
34:19être PDG chez Carrefour.
34:20Pourquoi il préfère être PDG chez Carrefour ?
34:22Il est moins embêté.
34:23Parce qu'il est moins embêté,
34:24parce qu'il gagne beaucoup mieux sa vie,
34:26et parce qu'il n'a pas de coups à prendre.
34:27Alors, c'est bien le service de l'État,
34:29c'est bien,
34:30mais si c'est pour terminer en prison,
34:31effectivement,
34:32il faut mieux être PDG de Carrefour.
34:34Il faut mieux être PDG de Carrefour.
34:35Mais...
34:36Mais quel courage de dire ça.
34:37Moi, j'ai ce courage.
34:40Et puis, ce n'est pas du courage.
34:42Mais en revanche,
34:43quand tu es à gauche,
34:45et ça peut être vraiment très ennuyeux,
34:49parce que tu vois déjà ça dans des villes.
34:51Tu vois des gens, pardonne-moi,
34:52qui n'ont pas le niveau.
34:54J'ai cité à Nantes
34:55un conseiller municipal
34:56qui a expliqué,
34:57en plein conseil municipal,
34:58que Nantes a été bombardée par des nazis,
35:00en 1943.
35:02Il se trouve que ça a été bombardé
35:04par les Américains.
35:06Donc, vous avez des profils nouveaux
35:08en politique.
35:09Et on le voit.
35:10Et on le voit.
35:11Je ne vais pas citer de noms.
35:13Mais si, ça veut dire, Pascal,
35:14qu'on va se retrouver avec des députés
35:15de la trampe de la France insoumise.
35:16Oui, voilà.
35:17C'est ce que ça veut dire.
35:18Disons les choses.
35:19Voilà.
35:20Vous aurez ça.
35:21Vous aurez ça.
35:22Vous aurez tous ceux
35:23qui, grâce à la politique,
35:25auront une place dans la société
35:27qu'ils n'auraient jamais eue ailleurs.
35:30Jamais.
35:31Et ils voudront créer
35:33une sorte de nomenclature.
35:35Il y a autre chose avec votre exemple.
35:37Marine Le Pen.
35:38Je vous propose de l'écouter.
35:39Excusez-moi.
35:40Ça ne va pas être facile.
35:41Marine Le Pen.
35:42Marine Le Pen,
35:43elle vient de s'exprimer sur TF1.
35:45Écoutons-la.
35:46Un certain nombre de magistrats,
35:48ils n'ont pas besoin de consignes.
35:50Je crois que l'état de droit
35:51a été totalement violé
35:53par la décision qui a été rendue.
35:55D'abord, parce qu'encore une fois,
35:57elle empêche un recours effectif,
36:00ce qui est un droit qui est garanti
36:03par la Convention européenne
36:04des droits de l'homme.
36:05Deuxièmement,
36:06parce qu'elle considère
36:07que le fait de se défendre
36:09justifie l'exécution provisoire.
36:12C'est-à-dire que les droits de la défense,
36:14je le rappelle à ceux qui nous écoutent,
36:16c'est précisément le droit de se défendre.
36:18Là, on nous dit,
36:19le fait de vous défendre,
36:20le fait de faire état
36:22potentiellement de la prescription
36:24qui serait intervenue,
36:25eh bien, va faire en sorte
36:27que je vais aggraver
36:28de manière considérable votre peine
36:30au point de vous empêcher
36:31de pouvoir...
36:32Mais madame,
36:33c'est le premier passage
36:34que je vous propose d'écouter.
36:35Si vous voulez le commenter
36:36ou on écoute le deuxième passage tout de suite ?
36:38Deuxième passage de madame Le Pen.
36:40Elle était avec Gilles Boulot,
36:41notre confrère de TF1 tout à l'heure.
36:44La motivation de la présidente est claire.
36:46Je ne veux pas que Marine Le Pen
36:49puisse être élue présidente de la République.
36:51Rendez-vous compte,
36:52le jour funeste,
36:53ce lundi 31 mars 2025,
36:56le jour funeste que cela représente
36:59pour notre démocratie
37:00et pour notre pays,
37:01où des millions de Français
37:03vont être privés
37:05par un juge de première instance,
37:08sans recours possible,
37:10de la candidate
37:11qui est aujourd'hui donnée
37:13comme étant la favorite
37:14de l'élection présidentielle.
37:15Mais ça devrait scandaliser
37:17objectivement tous ceux
37:19qui sont attachés à la démocratie
37:20et à l'état de droit.
37:21Mais c'est arrivé à d'autres.
37:23Mais manifestement, ça ne les...
37:25Tout est vrai.
37:26Moi j'ai entendu, par exemple,
37:27on a reçu régulièrement ici
37:29un monsieur qui s'appelle Laurent Geoffrin.
37:31Et j'ai lu son papier tout à l'heure,
37:33Laurent Geoffrin.
37:34Et il est représentatif
37:35de toute la presse en Seine.
37:36Il dit Duralex, Sedlex.
37:38Il dit Mme Le Pen,
37:40elle se plaint que la justice
37:41ne soit pas assez sévère.
37:42Ils seront tous sur cette ligne-là
37:44dans l'espace médiatique.
37:46J'insiste.
37:47Tout ce que Marine Le Pen a dit,
37:50pardon, tout ce qu'elle a dit,
37:51c'était juridique.
37:52C'était une analyse juridique
37:54de cette décision.
37:56Il n'y a pas un mot,
37:58il n'y a pas une analyse
37:59que je ne valide pas.
38:00C'est tout.
38:01Ça s'abaisse.
38:02La question que je me pose
38:03sur Laurent Geoffrin,
38:04j'ai lu son texte.
38:05Vous l'avez lu, son texte ?
38:06Oui, je l'ai lu.
38:07Est-ce qu'il le croit vraiment
38:08ou il fait semblant de le croire ?
38:09Je pense que vous avez raison,
38:10mais c'est toute sa vie
38:11qu'il est comme ça.
38:12Oui, mais est-ce qu'il…
38:13Donc toute sa vie…
38:14Est-ce qu'il a une certaine
38:15forme de cynisme ?
38:16Est-ce qu'il écrit ça
38:17pour porter ça ?
38:18Mais il est…
38:19Mais en son fort intérieur,
38:21il sait très bien
38:22que quelque chose ne va pas.
38:23Il est, comme beaucoup de gens
38:25que je croise depuis 30 ou 40 ans,
38:28il veut appartenir au camp du bien
38:31parce que le courage d'être en face
38:34est plus difficile à porter.
38:37Tes amis…
38:38Parce qu'il y avait quelque chose
38:40de pavlovien dans son écriture.
38:42C'est-à-dire que c'est tellement…
38:43Mais ils sont tous comme ça.
38:45C'est très difficile.
38:46La manif, par exemple,
38:48c'est très compliqué
38:49de descendre dans la rue
38:50pour défendre le Rassemblement national
38:52parce que ton voisin te regarde.
38:54Parfois, tu peux avoir des soucis.
38:56Quel est le problème
38:57pour le Rassemblement national
38:58quand le Rassemblement national
39:00recrute des candidats
39:02pour la députation ?
39:03T'es pharmacien, par exemple, à Nantes.
39:05À Nantes ou à Marseille ou à Bordeaux.
39:07Je ne sais pas pourquoi
39:08je prends toujours Nantes.
39:09Bon, tu dis
39:10je veux être pharmacien.
39:11T'as une pharmacie
39:12où tu es vendeur de chaussures
39:13ou t'es commerçant.
39:14Bon, ou t'es avocat.
39:16Mais c'est impossible.
39:17Oui, il me semble que les choses
39:18ont quand même évolué.
39:19Mais vous souriez.
39:20Vous croyez qu'un avocat
39:22dans une ville de province
39:23va vouloir être candidat
39:24du Rassemblement national ?
39:26Je suis désolé.
39:27Parce que la vie va être difficile.
39:29Parce que vous allez avoir
39:30les associations qui vont arriver.
39:33Si vous avez des enfants,
39:34ils vont être ennuyés à l'école.
39:36Le prof va dire, etc.
39:37C'est juste impossible.
39:39Alors que si t'es la France Insoumise,
39:40alors là, il n'y aura pas de soucis.
39:41De toute manière, c'est dangereux
39:43de se promener dans Nantes.
39:45De toute manière,
39:47effectivement, la vie, c'est dangereux.
39:49Il n'y a pas de doute.
39:51Laissons Nantes.
39:53C'était un tropisme personnel.
39:55Laissons Nantes.
39:57Il y a une chose qui est insupportable
39:59dans les arguments des gens
40:01comme Laurent Geoffrin.
40:02Il vous explique que c'est la loi.
40:03Elle est dure, mais il faut la respecter.
40:04C'est qu'au moment où il y a Lola
40:06qui est tuée par une lingerieuse
40:07sous le QTF,
40:08ou alors Philippine
40:09qui est tuée par un marocain
40:10sous le QTF,
40:11il vous explique qu'il ne faut surtout
40:12pas toucher l'état de droit
40:13parce que ça nous protège.
40:14Madame Le Pen, on l'a écoutée.
40:15Je crois qu'il y a un troisième passage
40:16me dit Benjamin.
40:17On peut écouter le troisième passage
40:18de Madame Le Pen ?
40:20Allons-y.
40:21La grâce, elle s'applique
40:22sur une décision définitive.
40:23Permettez-moi de vous dire
40:24que nous n'en sommes pas là
40:26et que je crois beaucoup
40:27que la capacité d'une cour d'appel
40:31à analyser avec neutralité
40:34ce dossier
40:35pour constater qu'en réalité
40:37nous n'avions rien à nous reprocher,
40:40que nous n'avons une fois de plus
40:41absolument commis aucun enrichissement personnel,
40:44que cette affaire aurait dû rester
40:46en réalité au niveau du désaccord
40:49administratif dont je vous parlais
40:51entre le Parlement européen et les élus.
40:54D'ailleurs, les règles étaient si claires,
40:56M. Boulot, que comme par hasard,
40:57toute l'opposition se fait reprocher
41:00la même chose.
41:01M. Bayrou, qui était à l'époque
41:02dans l'opposition,
41:03nous-mêmes qui sommes dans l'opposition
41:05et M. Mélenchon qui était dans l'opposition.
41:07Décidément, il ne fait pas bon
41:09d'être dans l'opposition
41:10dans notre pays, semble-t-il.
41:11François Bayrou, on peut d'abord
41:14remarquer une forme de calme
41:17pour certaines auteurs de vue
41:18quand même de Madame Le Pen
41:20parce que c'est quand même
41:22la fin de sa vie politique
41:24qu'on lui dit aujourd'hui.
41:25Ce n'est pas rien.
41:26Ce n'est pas rien.
41:27C'est-à-dire que si on vous dit, vous,
41:29maître, que vous ne plaiderez plus
41:31jamais de votre vie,
41:32et puis si on vous dit, vous,
41:33que vous n'écrirez plus jamais
41:34un papier de votre vie,
41:35ou non, vous pouvez quand même
41:37être dans un rapport,
41:39et que cette Madame Le Pen
41:41est une femme jeune.
41:42Trois mois après la mort de son père,
41:44qui, avant de mourir, lui avait dit,
41:46lui avait demandé, via Jordan Deluxe,
41:48de continuer son combat.
41:49Alors, elle reste présidente
41:50du groupe à l'Assemblée nationale.
41:52S'il n'y a pas de dissolution
41:54et de législatives anticipées,
41:57ou là, elle ne pourra pas
41:58se représenter.
41:59Elle reste donc au Parlement,
42:01et elle peut continuer
42:02à faire de la vie politique.
42:03Elle peut être, par exemple,
42:04très concrètement, par exemple,
42:06si M. Bardella
42:07est élu président de la République,
42:08elle peut être Premier ministre.
42:09Par exemple.
42:10Voilà.
42:11C'est un cas très concret.
42:13Si il y a une dissolution
42:15de l'Assemblée,
42:16elle ne peut pas se représenter.
42:17Elle ne peut pas se représenter.
42:18Par contre, là,
42:19elle peut continuer
42:20à exercer le mandant.
42:21Vous savez, le soir du 19 janvier 2020
42:27ou 2021,
42:29lorsque des citoyens américains
42:32sont entrés dans le Capitole,
42:34on ne pesait,
42:35on ne misait pas beaucoup
42:36sur Donald Trump.
42:38Donc, la vie, parfois,
42:39réserve des surprises.
42:40Moi, je ne fais pas partie
42:41de ceux qui disent
42:42que la vie politique
42:43de Marine Le Pen est terminée.
42:44D'ailleurs, elle l'a montré ce soir
42:45parce qu'on se disait,
42:46est-ce qu'au Rassemblement national,
42:47est-ce qu'on parle déjà
42:48d'un plan B, etc.
42:49Bon, ce soir, elle est combative
42:50et surtout, elle demande
42:51à la justice d'aller vite.
42:52J'entends bien,
42:53mais je dis potentiellement
42:54si on vous dit, vous,
42:55à votre jeune âge,
42:56que vous ne travaillerez plus
42:57jamais dans le métier
42:58qui est le vôtre,
42:59vous pouvez être peut-être
43:00plus ébranlé
43:01qu'elle ne l'a été
43:02dans ce que j'ai vu.
43:03Parce que je crois
43:04que toute sa vie,
43:05sa vie personnelle
43:06et sa vie politique
43:07a été faite d'épreuves
43:08et d'épreuves,
43:09parfois, extrêmement dures
43:10qu'il y a eu
43:11quand elle était jeune.
43:12Donc, quelque part,
43:14elle a le cuir épais.
43:15M. Bayrou,
43:16je voulais juste vous mettre,
43:17glisser un mot.
43:18Parce que François Bayrou
43:19a dit, je suis troublé.
43:20Ça m'a rappelé
43:21le mot de Fabius.
43:22Fabius avait dit,
43:23en son temps,
43:24j'ai été troublé
43:25lorsque Jaruzelski
43:26était à Paris, me semble-t-il.
43:27Oui, c'est ça.
43:28Il me semble que c'est
43:29le mot troublé.
43:30J'ai pensé à cela
43:31tout à l'heure,
43:32Laurent Fabius.
43:33Il est troublé, parfait,
43:34Laurent Fabius.
43:35Mais le mot troublé,
43:36voilà, alors ça veut dire
43:37beaucoup de choses.
43:38Premier ministre,
43:39je trouve qu'il ne faut pas exagérer.
43:42Il est Premier ministre.
43:44Il dit qu'il est troublé.
43:46Il ne peut pas non plus
43:47aller beaucoup plus loin.
43:48Il ne faut pas exagérer non plus.
43:49Laurent Wauquiez,
43:50Laurent Wauquiez,
43:51alors Laurent Wauquiez,
43:52est-ce que, par exemple,
43:53d'un point de vue très cynique,
43:55ça sert Laurent Wauquiez,
43:56Bruno Retailleau
43:57et les Républicains ?
43:58C'est une question
43:59qu'on peut se poser.
44:00Écoutez M. Wauquiez.
44:01Je n'ai pas l'habitude
44:02de commenter une décision
44:03de justice.
44:04Mais là,
44:05c'est une décision très lourde
44:06et exceptionnelle.
44:07Et donc, je veux quand même
44:09dire exactement
44:10ce que je ressens.
44:11Il n'est pas sans
44:12que dans une démocratie,
44:14une élue soit interdite
44:15de se présenter
44:16à une élection.
44:17Et je trouve que
44:18les débats politiques,
44:19ils doivent être tranchés
44:20dans les urnes.
44:21C'est les Français
44:22qui doivent décider.
44:23Et c'est comme ça,
44:24normalement,
44:25que ça doit se passer.
44:26Et là, cette décision
44:27va nécessairement
44:28avoir un poids très lourd
44:29sur le fonctionnement
44:30de notre démocratie.
44:31C'est sans doute pas
44:32le chemin
44:33qu'il aurait failli prendre.
44:34Bon, forcément,
44:35il fait de la politique.
44:36Il pense aussi
44:37aux électeurs
44:38du Rassemblement national
44:39qu'il a peut-être envie
44:40de récupérer.
44:41Il n'insulte pas l'avenir.
44:42Il n'insulte pas l'avenir,
44:43comme dit...
44:44Donc forcément,
44:45parce qu'il y a
44:46une part de calcul,
44:47le cynisme,
44:48ça existe évidemment
44:49quand t'es un responsable
44:50politique.
44:51Tu te dis...
44:52On ne peut pas le taxer.
44:53On lui demande son avis,
44:54il répond,
44:55il n'a rien à dire.
44:56Je veux dire,
44:57on ne va pas...
44:58Qu'est-ce que vous voulez
44:59qu'on dise ?
45:00Pour ne pas s'assonder
45:01les cœurs et les reins.
45:02C'est compliqué
45:03de savoir ce qui va se passer.
45:04En revanche, par contre,
45:05moi, j'ai fait 15 ans
45:06de journalisme politique
45:07et depuis 15 ans,
45:08la seule discussion que j'ai
45:09avec tous les responsables
45:10politiques de droite,
45:11Laurent Wauquiez, Bruno Retailleau,
45:12avant Nicolas Sarkozy,
45:13etc.,
45:14c'est comment faire revenir
45:15des électeurs du RN à droite.
45:16Bon, maintenant,
45:17ils ont un début de réponse.
45:18Il nous reste 5 minutes
45:20et Gauthier Lebret
45:21va venir nous retrouver.
45:25Et évidemment,
45:26vous allez ce soir consacrer
45:30l'essentiel,
45:31toute l'émission.
45:32Alors, il y a quand même...
45:33Je voulais quand même
45:34vous donner deux ou trois
45:35petites informations
45:36en marge de ça.
45:37Daniel Weiss,
45:38ça ne vous dit sans doute rien.
45:39Non, mais je regarde Gilles William.
45:42C'était un footballeur de Barcelone.
45:44Il avait été condamné
45:47pour viol
45:48à des footballeurs
45:49les plus célèbres
45:50de la planète,
45:51Daniel Weiss.
45:52Eh bien, cette condamnation
45:53de Daniel Weiss
45:54du Barça
45:55a été annulée ce vendredi
45:56par une cour d'appel
45:57de Barcelone.
45:58Il avait été condamné
45:59à 4 ans et demi de prison
46:00pour le viol d'une femme en 2022.
46:01Il avait été en prison
46:02et là, la cour d'appel
46:03de Barcelone
46:04a justifié sa décision
46:05par une série de manquements,
46:06une décision d'incohérence
46:07et de contradiction
46:08sur les faits,
46:09l'évaluation juridique
46:10et ses conséquences.
46:11Donc, ça se passait
46:12les faits pour lesquels
46:13l'ancien joueur du Barça,
46:15il était passé par le PSG également,
46:18s'était déroulé dans la nuit
46:19du 30 au 31 décembre 2022
46:21alors que l'ex-joueur
46:23se trouvait avec une amie
46:24dans une zone VIP
46:25de la discothèque Sultan
46:26à Barcelone.
46:27Vous voyez pourquoi
46:28je vous invite toujours
46:30à être très prudent.
46:31J'en profite pour vous dire
46:32par rapport à notre sujet précédent
46:34que vous avez une élue de droite,
46:35Mme Baréger,
46:37qui a été empêchée
46:39sur la base de la même
46:43genre de décision.
46:45Elle a arrêté son activité
46:47et en appel,
46:48cette dame-là a été relaxée.
46:50Ça s'appelle la justice.
46:51Dans les infos,
46:52je voudrais saluer Yves Boisset
46:53parce que c'est un réalisateur
46:54de très grande qualité
46:55qui est mort aujourd'hui,
46:57qui avait écrit un film
46:58notamment qui s'appelait
46:59Dupont la Joie
47:00qui est assez contestable d'ailleurs
47:02parce que c'est de faire passer...
47:05le mâle blanc
47:07pour un odieux raciste.
47:09L'archétype même du Françouillard
47:11aberré, raciste.
47:13Ça peut exister.
47:15C'est un concouru à la ringardisation
47:18du blanc blanc.
47:19Je suis désolée.
47:20C'est un concouru à la dénonciation
47:22du racisme suite à l'événement,
47:24suite à Marseille.
47:27On ne va pas dire ça ce soir.
47:29C'est un film formidable.
47:32C'est un film qui a 50 ans.
47:33Il y a Jean-Pierre Mariel.
47:35Il y a Jean Carmet, bien sûr.
47:37Il y a Pierre Tornade.
47:40Il y a un acteur
47:42qui s'appelait Michel Perlon.
47:44Je ne sais pas si vous vous souvenez.
47:46Il joue l'huissier.
47:47Il s'appelle M. Schiffmacher.
47:48Je suis huissier à Strasbourg.
47:50Tout le monde connaît
47:51le visage de Michel Perlon.
47:53On le voit notamment
47:54dans les films de Jean-Paul Belmondo
47:56qui jouait Camille,
47:57le fameux Camille dans Flic ou Voyou
48:00où Belmondo lui dit
48:01Camille, toujours le chrysanthème
48:03entre les dents.
48:04C'est Michel Perlon
48:05qui est un comédien
48:06dont on connaît le visage.
48:08Il avait également fait R.A.S.
48:10qui est un film
48:11sur la guerre d'Algérie.
48:12Il avait fait Espions, laisse-toi
48:14avec Lino Ventura.
48:15Il avait fait un Taxi Mauve.
48:17Très belle adaptation
48:18d'un film de Michel Déon
48:19avec Charlotte Rampling
48:22qui est sublime,
48:23avec Philippe Noiret
48:24et Peter Ustinov.
48:26Si vous vous souvenez de ce film,
48:28il est absolument formidable.
48:29Vous pouvez le voir.
48:30Et puis il avait fait
48:31le juge Fayard,
48:32dit le shérif,
48:33qui était sur la mort du juge Renaud
48:35avec Patrick Devers
48:36et Aurore Clément
48:37qui jouait la petite amie
48:38de Patrick Devers
48:39qui avait un petit lapin
48:40qui meurt dans le film.
48:41Et il y a Jean-Louis
48:42parce qu'il faisait tourner
48:43Jean-Louis régulièrement.
48:44Jean-Louis, il est dans
48:45Dupont-la-Joie
48:46et il est également...
48:47Il y en a un sur le monde
48:48de la télé aussi,
48:49Le Prix du Danger.
48:50Alors, Le Prix du Jandais
48:51est formidable.
48:52Le Prix du Danger
48:53avec Michel Piccoli
48:54et l'envers.
48:55En fait...
48:56Et Crémer,
48:57Crémer qui jouait
48:58le directeur de la télé.
48:59Et vous avez Gérard Lanvin
49:00qui peut gagner
49:01des sommes pharaoniques
49:02au prix de sa vie.
49:03Au prix de sa vie.
49:04Et vous avez...
49:05C'est une critique
49:06de la télé-réalité
49:07avant que la télé-réalité
49:08n'existe.
49:09Bien sûr.
49:10Et vous avez Piccoli
49:11qui a des scènes
49:12extraordinaires
49:13avec Le Prix du Danger
49:14qui est un petit genre
49:15une sorte de fou comme ça.
49:16Avec les caméras
49:17qui sont énormes.
49:18Exactement.
49:19Mais c'était très moderne.
49:20Donc c'est un grand réalisateur
49:21et puis c'est vrai que...
49:22Alors l'avantage
49:23c'est qu'il était engagé
49:24mais ça se voyait.
49:25Oui.
49:26Alors qu'aujourd'hui
49:27tous les cinéastes
49:28sont engagés
49:29mais ça se voit plus.
49:30Et puis...
49:31Vous voyez ils sont...
49:32Il avait tellement de talent.
49:33Voilà.
49:34La vente est sale.
49:35C'est la défense.
49:36C'est le talent.
49:37On savait où on allait.
49:38C'est comme avec...
49:39Je parlais Laveux
49:40tout à l'heure.
49:41Costa-Gavras.
49:42Costa-Gavras.
49:43C'est un cinéma engagé.
49:44Tu sais où tu vas.
49:45Il n'y a pas de souci.
49:46Bien sûr.
49:47Et c'était clair.
49:48Il était sportif aussi.
49:49Et puis Laveux
49:50c'était sportif.
49:51C'était un grand sportif.
49:52Oui.
49:53Oui.
49:54Comme son père.
49:55Comme son père.
49:56Un coureur.
49:57Son frère.
49:58Son père était coureur
49:59de 400 mètres.
50:00Et bien oui.
50:01Comment vous savez ça ?
50:02Je sais.
50:03Vous savez.
50:04Dans le milieu sportif
50:05on ne se parle pas.
50:06A l'entraînement.
50:07A l'entraînement.
50:08Vous nous aviez manqué.
50:09Vous nous aviez manqué.
50:10Et je voudrais terminer.
50:11Je voudrais terminer cette émission.
50:12Il y a Fred Astaire
50:13également effectivement
50:14qui joue dans un taxi beau.
50:15C'est tout à fait vrai.
50:16Je voudrais terminer
50:17cette émission
50:18en rendant hommage
50:19à Fred Astaire.
50:20Je voudrais terminer
50:21cette émission
50:22en rendant hommage
50:23à Fred Astaire.
50:24Je voudrais terminer
50:25cette émission
50:26en rendant hommage
50:27à quelqu'un
50:28qui nous a quitté
50:29que j'aimais beaucoup
50:30et que nous aimions beaucoup
50:31qui s'appelle Vincent Machneau.
50:32Il est mort ce dimanche.
50:33Il avait 71 ans
50:34des suites d'un cancer.
50:35Il a été grand reporter
50:36pour l'équipe
50:37puis pour France Football
50:38et puis surtout
50:39on a vécu
50:40des lundis
50:41et des dizaines de lundis
50:42dans l'émission Orphelmatch
50:43avec Eugène Saccomano
50:44qui était diffusé à l'époque
50:45sur LCI
50:46sur RTL
50:47également.
50:48Et c'était l'homme
50:49des ballons d'or.
50:50On le voit ici avec Messi.
50:51C'était l'homme
50:52qui allait remettre
50:53toujours le ballon d'or
50:54à celui qui l'avait gagné
50:55dans l'année.
50:56Et il appelait
50:57Lionel Messi
50:58comme j'appelle
50:59Gilles-William Gognadel.
51:00Donc il prenait son téléphone
51:01donc il avait
51:02tous les ballons d'or.
51:03Il avait Cristiano Ronaldo
51:04il l'appelait etc.
51:05Et c'est vrai
51:06que c'était un journaliste
51:07talentueux
51:08et humainement
51:09formidable.
51:10Donc on pense à lui
51:11et il a rejoint
51:12Eugène Saccomano
51:13c'était un lundi.
51:14Ils sont peut-être
51:15en train de faire
51:16Orphelmatch
51:17avec Didier Roustan
51:18avec Olivier Rey
51:19avec tous ceux
51:20qui nous ont quittés
51:21cette année.
51:22Donc on a une pensée
51:23pour lui
51:24et puis pour les siens
51:25évidemment.
51:26Il est 21h02
51:27c'est à vous Gauthier.
51:28100% politique
51:29évidemment
51:30exclusivement consacré
51:31à la condamnation
51:32de Marine Le Pen.
51:33Son avocat
51:34sera avec nous
51:35dans un instant
51:36ainsi que Julien Aoudoul
51:37qui lui-même
51:38a été condamné
51:39ce jour.
51:40Dans le même dossier
51:41ou dans un autre dossier ?
51:42Dans le même dossier.
51:43Il a été condamné
51:44aujourd'hui Julien Aoudoul.
51:45Parce que lui
51:46était assistant parlementaire.
51:47Absolument.
51:48L'avocat de Marine Le Pen
51:49à 21h10
51:50c'est Julien Aoudoul
51:51à 21h30
51:52et puis Laure Lavallette
51:53sera aussi avec nous
51:54vers 22h.
51:55Eh bien écoutez
51:56merci beaucoup.
51:57Il est 21h02
51:58je vais remercier
51:59Benjamin Nau
52:00qui était de retour
52:01avec nous.
52:02Je vais remercier
52:03Gérald Ventura
52:04qui était à la réalisation
52:05Ludovic Liébard
52:06qui était à la vision.
52:07Marc Fontaine
52:08qui était à la vision.
52:09Au son pardon
52:10Benjamin Nau jeudi
52:11était de retour
52:12avec Lucas Contsalves
52:13Héloïse Tertrait
52:14était là.
52:15Toutes ces émissions
52:16sont retrouvées sur
52:17cnews.fr
52:18A demain matin.