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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00À 19h01, ravie de vous retrouver ce soir au sommaire, Marine Le Pen est écartée de la présidentielle.
00:08Pour l'instant, la principale opposante à la présidentielle a été condamnée, entre autres, à 5 ans d'inéligibilité.
00:16D'où que l'on regarde cet historique ? C'est un séisme politique.
00:20Est-ce la preuve d'une démocratie qui fonctionne bien ou d'une démocratie exécutée ?
00:26Est-ce un acte antidémocratique ? L'édito de Mathieu Bocoté.
00:31Qu'est-on en train de vivre autour de nous ?
00:34En Roumanie, le principal opposant à la présidentielle a été exclu.
00:38En Turquie, le principal opposant à la présidentielle a été exclu et incarcéré.
00:42Faut-il y voir un basculement démocratique général avec une évolution de l'état de droit ou une nécessaire application du droit ?
00:50La décision de destituer un élu ne devrait-elle pas revenir aux électeurs ?
00:55L'Europe est-elle frappée par une crise démocratique ? L'analyse de Gabriel Cluzel.
01:01Marine Le Pen, le destin d'une femme mise à l'écart dès son plus jeune âge.
01:06Un destin de combat, un parcours de lutte.
01:09Fille de Jean-Marie Le Pen, elle a été ostracisée à l'école, visée par un attentat au domicile de ses parents.
01:15Celle qui n'avait pas été choisie pour faire de la politique avait comme seul espoir, seule ambition.
01:20Être présidente de la République, le destin de toute une vie, est-il aujourd'hui anéanti ?
01:27Le regard de Marc Menand.
01:30Le premier parti de France est en crise et avec lui toute la politique française.
01:34Au moment où il n'y a aucune majorité au Parlement, après une récente chute du gouvernement,
01:40après une dissolution surprise, quel impact aura cette décision sur la vie politique ?
01:45Sur les Français ? Sur les sympathisants à RN ?
01:48Qui sera le prochain candidat à RN ?
01:50La droite peut-elle se resserrer ou exploser ?
01:53Décryptage de toutes les conséquences de cette déflagration politique avec Charlotte d'Ornevas.
01:59Et le peuple dans tout ça ?
02:01Après cette justice rendue au nom du peuple,
02:04ce peuple qui a soif de probité chez les politiques, mais qui a aussi soif de liberté.
02:10Après Fillon, Sarkozy, aujourd'hui Marine Le Pen, comment vont réagir les Français ?
02:15Pourrait-on s'attendre à une révolte comme les Gilets jaunes ?
02:19Pourrions-nous, suite à l'exécution juridique de Marine Le Pen,
02:23assister à une paralysie politique du peuple français
02:27qui accepterait cela avec fatalité ?
02:30L'édito de Mathieu Beaucoup.
02:34Une heure avec nos mousquetaires pour détailler,
02:37décrypter cette journée historique de la vie politique française.
02:45Coup de teneur après le jugement dans le procès des attachés parlementaires européens du RN.
03:00Jordan Bardella a lancé une pétition en soutien à Marine Le Pen.
03:04Il appelle à une mobilisation populaire et pacifique.
03:08Nous y reviendrons.
03:09Marine Le Pen est condamnée à l'inéligibilité avec exécution provisoire immédiate.
03:15Elle ne sera donc pas candidate à la présidentielle.
03:17C'est un jugement historique.
03:19Mathieu Beaucoup, faut-il y voir, comme plusieurs le disent, un coup d'état des juges ?
03:24On pourrait même dire une forme de coup d'état, en quelque sorte,
03:28qui part en la voie des juges, mais qui ne se résume pas à ça.
03:31C'est la volonté de liquider, et je reviendrai sur cela dans un instant,
03:35celle qui incarne l'opposition nationale,
03:39celle qui, dans le système parlementaire britannique,
03:41celle qui incarne l'opposition officielle en ce pays.
03:45Alors, oui, je pense qu'une dimension majeure, c'est un événement historique, en fait.
03:49Aujourd'hui, c'est probablement la date la plus importante
03:52depuis la création de la Ve République.
03:54C'est un moment de bascule, quelque chose vient de se briser,
03:58une séquence politique nouvelle, un cycle nouveau va commencer,
04:01et on ne sait pas exactement ce dont il sera fait.
04:05Parce que, dans les faits, qu'est-ce qu'on fait ?
04:06On décide d'exécuter juridiquement l'opposition.
04:10L'opposition avait une chef qui était plébiscitée par la population depuis longtemps.
04:14Le sondage du JDD, il y a 48 heures, 24 heures,
04:17confirmait, en fait, le rôle acquis par Marine Le Pen dans la vie politique française.
04:22Donc là, on est dans un grand écart entre les préférences populaires
04:26et un système juridique qui décide, justement,
04:29de frapper l'opposition pour s'en débarrasser.
04:32Ça se passerait partout ailleurs dans le monde occidental,
04:35on crierait au scandale.
04:36Ici, certains nous disent que c'est un triomphe de l'État de droit.
04:40Alors, il y avait probablement de la naïveté au RN.
04:42Quand on fréquente un peu la classe politique,
04:44plusieurs en disaient, mais pas qu'au RN, un peu partout,
04:47il y avait cette idée comme ils n'oseront jamais aller jusque-là.
04:50Ils n'oseront jamais aller jusqu'à l'exécution provisoire.
04:53Ce qui note, soit dit en passant, qu'on reconnaît une marge d'appréciation au juge.
04:57Dans l'esprit des gens du RN, un juge éclairé pouvait condamner,
05:01pouvait décider de frapper,
05:03mais n'irait pas jusque-là parce qu'il ferait preuve de bon jugement.
05:06Or, ce n'est pas ce qui s'est passé de l'avis de plusieurs.
05:10Qu'est-ce qu'on voit, en fait?
05:11C'est une forme de démesure, d'hubris juridique,
05:14où une caste qui a pris le pouvoir depuis un bon moment
05:17décide d'exercer, d'affirmer une fois pour toutes son pouvoir
05:21en liquidant certaines figures importantes de la classe politique.
05:25Parce qu'on doit y revenir, je crois que c'est absolument central.
05:29Les juges, dans les circonstances actuelles,
05:33viennent non seulement prendre le contrôle de l'avis politique,
05:35comme je disais en décidant de liquider l'opposition,
05:37mais viennent aussi de définir, de leur point de vue,
05:39ce que veut dire le travail de député,
05:41ce que veut dire le travail d'attaché parlementaire,
05:43ce que veut dire le travail d'attaché parlementaire à l'Europe ou ailleurs.
05:47Donc, eux, juges étrangers à la fonction politique,
05:50vont expliquer aux politiques de quelle manière distribuer les sommes
05:53pour les attachés parlementaires qui leur permettent de faire leur travail.
05:57Ça témoigne d'une conception administrative, technicienne,
06:00complètement dépolitisée et désincarnée de la chose politique.
06:04En fait, ce sont des juges qui sont hyper politiques dans leurs ambitions,
06:07mais qui ne comprennent rien à l'avis politique
06:09avec ce que veut dire avoir des attachés parlementaires dans la réalité.
06:13Par ailleurs, cet hubris des juges, ce coup d'état des juges
06:16pour reprendre la formule d'un journaliste devenu politique depuis quelques années,
06:19cette prise de contrôle,
06:21elle ne se limite pas à l'affaire des attachés parlementaires.
06:24On peut l'inscrire dans une perspective globale.
06:26Regardez le fait que le Conseil constitutionnel est devenu, ces dernières années,
06:30une forme de super législateur, au-delà du législateur élu,
06:34que sont les députés, que sont les gens de l'Assemblée.
06:37Donc le Conseil constitutionnel, aujourd'hui,
06:39a acquis un pouvoir qui était autrefois celui du politique.
06:42Le Conseil d'État et bien l'autre Conseil sont dans la même logique.
06:45Et rappelez-vous, la volonté de verrouiller à tout prix le référendum,
06:49les juges qui disent « Vous ne pouvez pas faire de référendum sur des questions que vous jugez essentielles pour vous ».
06:54Qu'est-ce que ça veut dire ?
06:56Ça veut dire simplement qu'on est devant aujourd'hui une forme de despotisme
06:59qui se veut éclairée, nouvelle manière, et qui aime qu'on l'appelle « état de droit ».
07:04Alors, on dit souvent, plusieurs le rappellent, que les politiques ont donné ce pouvoir aux juges.
07:09Ce n'est pas complètement faux.
07:11C'est-à-dire qu'effectivement, les politiques, avec les exercices de lois d'urgence,
07:14souvent faits dans l'urgence médiatique,
07:16donc ils font des lois au nom de la transparence et de l'intégrité éthique,
07:19sans se rendre compte qu'il y a une forme de fondamentalisme éthique à travers cela,
07:23un antipolitique, mais les juges, une fois qu'on leur a donné ce pouvoir,
07:27eux-mêmes ont décidé d'en faire un usage abusif,
07:29et c'est là qu'on rencontre la question de l'exécution provisoire.
07:33Parce qu'il n'y avait aucune raison juridique d'appliquer l'exécution provisoire ici,
07:37sinon que de se dire « on va profiter du moment qui nous est accordé
07:42pour délivrer le pays d'une candidate satanisée, d'une candidate diabolisée,
07:47d'une candidate assimilée à l'extrême droite », nous le savons.
07:50Ce n'est pas ce que dit le syndicat de la magistrature, mais je sais que vous allez y revenir.
07:53Le syndicat de la magistrature considère qu'on ne devrait pas critiquer les juges
07:56parce que ce serait une forme de populisme anti-juridique, je crois.
07:59Mais quant à moi, non seulement je pense qu'on peut critiquer les juges,
08:02mais on doit critiquer le syndicat de la magistrature en leur contestant le droit
08:06à se dérober à toute critique. Les juges sont-ils les seuls aujourd'hui
08:09à avoir un pouvoir immense et sans même être nommés lorsqu'ils exercent ce pouvoir ?
08:13C'est quand même pas mal.
08:14– Ici on voit la réaction du conseil supérieur de la magistrature,
08:20il exprime à nouveau son inquiétude, pardonnez-moi,
08:23face aux réactions aviolentes suscitées par la décision rendue aujourd'hui.
08:28Mathieu Bocoté.
08:29– Et je reviens donc sur la dimension politique de la chose.
08:31Qui est exécuté dans les circonstances ?
08:34Eh bien, c'est un courant politique qu'on a tout fait,
08:37on a tout fait pour s'en débarrasser en quelque sorte.
08:39On peut faire l'histoire des tentatives pour se débarrasser du courant populiste,
08:43national, patriote, appelons-le comme on le veut.
08:45D'abord on l'a invisibilisé, le plus longtemps possible,
08:47il ne devait pas exister médiatiquement et politiquement.
08:51Ensuite on l'a diabolisé, quand on ne pouvait plus l'invisibiliser,
08:55on a dit attention, c'est le diable, c'est le diable, c'est Pétain,
08:58c'est le fascisme, c'est Mussolini, c'est Hitler.
09:02Quand ça ne fonctionnait plus exactement parce que les gens se disaient bien
09:05que manifestement ce n'était pas Hitler qui était là,
09:07on a cordon sanitarisé, j'appelons ça comme ça.
09:09Donc on a décidé de faire la politique du « il y a les acteurs politiques légitimes
09:13et les autres et vous devez être à l'extérieur du cordon sanitaire
09:17et si vous touchez les gens à l'extérieur du cordon sanitaire,
09:20vous rejoindrez vous aussi la fausse sceptique des mauvais démocrates ».
09:24Ensuite on a pratiqué la logique du front républicain
09:26qui est l'espèce de conséquence du front du cordon sanitaire.
09:30Donc on réserve, certes tout le monde, tous les votes sont égaux en démocratie,
09:34mais si vous votez pour certains partis, ils sont frappés d'un interdit.
09:37Donc vous-même, vous vous anéantissez, vous vous nullifiez politiquement
09:41quand vous acceptez de voter pour un interdit.
09:43Ensuite on est devenu référendophobe, ne l'oublions pas,
09:46c'est-à-dire qu'il ne fallait plus consulter le peuple
09:48parce que consulter le peuple, ça pouvait favoriser les populistes diabolisés.
09:52Et quand ça ne fonctionne toujours pas,
09:54on décide de frapper d'inéligibilité tout simplement,
09:56une fois pour toutes, pour se débarrasser des fâcheux.
09:59Alors moi, qu'est-ce que je vois à travers ça ?
10:01Je ne suis pas surpris.
10:02C'est-à-dire, d'ailleurs je l'ai dit à quelques reprises,
10:04qu'à mon avis cette décision était prévisible.
10:07Un système qui nous explique sans cesse qu'on a devant nous des fascistes,
10:11qu'on a devant nous des gens qui mettent en question la démocratie,
10:13on a devant nous des gens absolument dangereux pour tout ce à quoi nous croyons.
10:17Mais ce système, quand il a l'occasion de se débarrasser de celui qu'il présente comme un diable,
10:22il ne va pas s'en passer.
10:23C'est le propre du Kairos, comme aurait dit Aristote.
10:26Le moment où vous êtes offert,
10:28vous pouvez prendre une décision d'exception pour vous débarrasser de vos adversaires
10:32et en plus le faire en vous entogeant dans le droit,
10:34en vous présentant comme l'homme de la vertu.
10:36Pourquoi le système s'en passerait-il ?
10:39C'est presque la logique, on nous refait l'argument de Weimar.
10:42On nous dit « Weimar est tombé parce qu'on n'a pas été capable d'utiliser les moyens nécessaires
10:45pour empêcher les nazis de gagner,
10:47mais pour éviter un Weimar 2 parce qu'aujourd'hui les populistes sont les nouveaux nazis
10:51ou les nouveaux fascistes à peu près,
10:53utilisons tous les moyens de l'état de droit »
10:55pour se débarrasser de l'opposition.
10:58Ce qu'on constate avec ça enfin, c'est que la démocratie libérale
11:01à laquelle nous adhérons,
11:03la démocratie libérale est un système beaucoup plus fermé qu'on le dit.
11:06Si vous faites partie du club des respectables,
11:09vous avez le droit de concourir à la vie politique, à la vie démocratique.
11:13Vous ferez lire, gagner une élection, perdre une élection,
11:16gouverner, reperdre...
11:18Si vous êtes à l'extérieur du périmètre,
11:20plus vous devenez important,
11:22plus on peut se donner les moyens de se débarrasser de vous.
11:25Dès lors, vous ne pouvez gagner que de deux manières.
11:27Soit sur le mode surprise.
11:292016, c'est le Brexit,
11:31quand personne ne croyait un instant que les gens du Brexit l'emporteraient.
11:34Victoire par surprise.
11:36Ou 2024, et là je dis les choses avec beaucoup de réserve
11:38parce qu'il y a bien des choses à critiquer chez Trump,
11:40mais Trump fonctionne sur un autre mode.
11:42Il dit « je n'accepte pas de jouer selon vos règles,
11:44je me radicalise en quelque sorte,
11:46je vous attaque directement,
11:48et là je profite d'un moment insurrectionnel
11:50pour l'emporter contre vous. »
11:52Mais ce qui est certain, c'est que si on joue la carte de la respectabilité à tout prix,
11:55et de la respectabilisation à tout prix,
11:57et de la dédiabolisation à tout prix,
11:58manifestement, le système est capable de nous abattre politiquement.
12:01On analysera dans cette émission toutes les conséquences possibles
12:07après ce séisme aujourd'hui.
12:10On fera aussi un tour de table avec nos chroniqueurs
12:13pour savoir si cela sert ou pas le Rassemblement national.
12:17Continuons Mathieu Bocquete,
12:19parce qu'on nous dira qu'il faut accepter la décision de justice
12:22et continuer de faire confiance à la justice française.
12:25On verra quelques réactions qui vont vraiment dans ce sens avec certains politiques.
12:28Est-ce que ce n'est pas le cas ?
12:30Accepter la justice française,
12:32notre société peut-elle tenir si on ne croit plus en la justice ?
12:35C'est une excellente question,
12:36mais je constate que beaucoup de gens n'y croient plus.
12:39Je ne dis pas qu'ils ont raison ou tort,
12:41je dis que beaucoup de gens manifestement considèrent
12:44que la justice est aujourd'hui idéologiquement orientée.
12:47Elles considèrent globalement que le traitement réservé
12:50aujourd'hui à Marine Le Pen et aux autres gens de l'URN,
12:52c'est un traitement qu'on n'aurait pas réservé à François Béroud.
12:55C'est un traitement qu'on n'aurait pas réservé à d'autres
12:57qui auraient été accusés de choses semblables.
13:00Certains diront, dis-je, que l'orientation idéologique de la justice,
13:04on le voit aussi, par exemple, dans le traitement de l'insécurité,
13:07on le voit dans le traitement du délit d'opinion.
13:09Donc, sur toute une série de questions qui importent
13:11sur ce que veut dire la cité, ce que veut dire la vie politique,
13:15eh bien, la justice est orientée idéologiquement.
13:17On nous dira qu'il y a une indépendance de la justice.
13:19C'est institutionnellement vrai.
13:21Ce qui ne veut pas dire que, par ailleurs,
13:23elle n'est pas politiquement liée
13:25et surtout qu'elle n'est pas idéologiquement orientée.
13:27Les juges ne sont pas des êtres indéterminés,
13:29sans personnalité, ni couleurs, ni préférences.
13:32Or, ce qu'on constate, c'est que, manifestement,
13:34il y a dans ce milieu une forme d'activisme
13:37qui porte à conséquences,
13:38où plusieurs se sont donnés comme mission,
13:40on l'a vu notamment dans le traitement réservé à Nicolas Sarkozy,
13:43tout récemment,
13:44dans le traitement réservé à Éric Zemmour aussi,
13:46et aujourd'hui dans le traitement réservé à Marine Le Pen,
13:48c'est qu'on ne l'a pas traité comme justiciable,
13:51comme une autre, en quelque sorte.
13:52On l'a traité comme une figure qu'il fallait,
13:55j'y reviens, liquider pour sauver la démocratie.
13:57Mais, encore une fois, vous vous cachez derrière l'État de droit
13:59pour sauver la démocratie.
14:01Dans les faits, vous vous passez, vous privez le peuple
14:03d'une candidate plébiscitée dans son rôle
14:06depuis un bon moment déjà.
14:07Alors, il y a une forme de...
14:09On pourrait dire que c'est une question de système.
14:11La justice est indépendante, certes,
14:12mais elle est indépendante dans un système
14:14où il y a aussi les médias, le politique, l'économie, etc.
14:16Et quand ce système se sent menacé,
14:18ce système se défend.
14:19Ça, je pense qu'on l'a vraiment oublié.
14:21On était tellement habitués de vivre en démocratie libérale,
14:23consensuelle, bon,
14:24on a oublié qu'un système qui se sent menacé
14:27est capable de tout pour se défendre
14:28et de suspendre les règles ordinaires
14:31pour se délivrer d'un contradicteur.
14:33Donc, c'est pour ça qu'on pourrait parler à la fois
14:34de politisation de la justice
14:36et de judiciarisation de la politique.
14:38La politisation de la justice
14:39pour liquider certains adversaires,
14:41certains ennemis,
14:42et la judiciarisation de la politique,
14:43on le voit quand sur les questions de délit d'opinion,
14:45notamment.
14:46Et encore une fois,
14:48le système est blindé,
14:49se voit comme une forteresse à siéger.
14:51Une forteresse à siéger
14:52se donne tous les moyens pour se défendre.
14:54Ce qui est certain, c'est que dans les semaines à venir,
14:55dans les mois à venir,
14:56ça donne une chance immense au Bloc central
14:58de se recomposer politiquement
14:59parce qu'il vient, grâce à cela,
15:01de reprendre l'initiative politique.
15:03Je pense qu'on pourrait parler
15:04d'une forme de dérive autoritaire de l'État de droit
15:06ou de radicalisation autoritaire de l'extrême centre.
15:09Vous pourriez peut-être me répondre
15:10que l'extrême centre, par définition,
15:11est autoritaire aujourd'hui.
15:12Certains disent, Mathieu Bocoté,
15:15que les Français se mettront en retrait
15:17de la vie politique à cause de ce jugement.
15:19On en parlera aussi dans votre deuxième édito.
15:21Mais est-ce que là,
15:22il ne faut pas plutôt les inciter
15:24à dépasser l'esprit partisan
15:26et à se conformer aux exigences de l'État de droit ?
15:29Encore une fois, j'y reviens.
15:31Est-ce que, manifestement,
15:33ce qu'on appelle l'État de droit
15:35est véritablement l'État de droit aujourd'hui ?
15:36Est-ce que plusieurs disent,
15:37finalement, on nous chasse de la vie politique ?
15:39On s'était accroché à un parti,
15:41on sait qu'il était diabolisé,
15:42on sait qu'il était satanisé,
15:44on sait qu'il était impréquentable,
15:45mais on votait néanmoins pour lui
15:47parce qu'à travers ce parti
15:48qui occupait la fonction tribunicienne,
15:50c'était l'occasion pour des millions de Français
15:52de participer à la vie politique.
15:54Marine Le Pen était la candidate,
15:55on l'a dit, des classes populaires.
15:56C'était probablement pas une candidate
15:58comme une autre, en quelque sorte.
15:59Est-ce qu'il va y avoir
16:00une forme de réaction de dépression collective ?
16:02C'est tout à fait possible.
16:03C'est-à-dire qu'on vient encore,
16:04une fois, de perdre.
16:05C'est 2005, rappelez-vous,
16:06le référendum sur la Constitution européenne.
16:08Parfait, on vote contre, c'est pas grave,
16:10on ne tient pas compte de nous.
16:11Là, notre candidate, on l'exécute,
16:13on ne tient pas compte de nous.
16:14Les gilets jaunes se mobilisent autrefois,
16:16mais on n'en tient pas compte
16:17et on les mate, finalement,
16:18d'une manière ou de l'autre.
16:19Ou est-ce qu'inversement,
16:20est-ce que le peuple peut,
16:22dans de telles circonstances,
16:23se lasser dans l'opposition perpétuelle
16:25et basculer dans une colère
16:27qui pourrait politiquement,
16:28démocratiquement, évidemment,
16:29mais qui pourrait politiquement se donner ?
16:31Est-ce qu'autrement dit,
16:32croyant mater l'opposition,
16:33une fois pour toutes,
16:34l'extrême-centre aujourd'hui de l'État de droit,
16:36ce qui se présente comme l'État de droit,
16:38est-ce que, croyant mater l'opposition,
16:40il n'est pas en train de faire naître
16:42une colère immense
16:43qui pourrait politiquement accélérer
16:45la crise de régime
16:46dont nous parlons souvent ici ?
16:48Sur cette dernière phrase,
16:49on va décortiquer cette analyse
16:51dans votre deuxième édito
16:54et rappelons que,
16:56Jordan Baralella a appelé
16:57à une mobilisation populaire.
16:59Donc, on invisibilise,
17:01on diabolise,
17:02on élégibilise.
17:04Très intéressant.
17:05Quelques réactions
17:06avant de passer avec vous,
17:08Gabriel Cluzel,
17:10sur ce qui se passe en Europe.
17:12On va ouvrir, zoomer,
17:14élargir le zoom un peu.
17:16Réaction russe.
17:18Réaction russe, par exemple,
17:20pour le Kremlin,
17:21cette décision résonne
17:22comme une violation
17:23des normes démocratiques.
17:25Réaction d'Elon Musk.
17:27Lorsque la gauche radicale
17:29ne peut pas gagner
17:30par le vote démocratique,
17:32elle abuse du système juridique
17:34pour emprisonner ses opposants.
17:36C'est leur manuel de jeu standard
17:38dans le monde entier.
17:39Réaction de Victor Orban.
17:41Je suis marine.
17:43Ou encore réaction
17:45de Matteo Salvini
17:47qui déclare qu'à Paris,
17:49ils ont condamné Marine Le Pen
17:51à l'écarté de la vie politique.
17:53Nous ne nous laissons pas
17:55intimider, nous ne nous arrêtons
17:57pas en avant toutes, mon ami.
17:59On reviendra dans un instant
18:01sur la réaction nationale.
18:03L'indignation est forte.
18:05On le voit même à l'international,
18:07Gabriel Cluzel, notamment sur les réseaux sociaux.
18:09Certains parlent violemment
18:11de dictature.
18:13D'autres évoquent le précédent roumain
18:15avec l'annulation
18:17des élections roumaines,
18:18l'interdiction du candidat favori.
18:20Vous connaissez exactement
18:22ce dossier par cœur.
18:24Qu'est en train de devenir l'Europe
18:26et en quoi faut-il s'inquiéter ?
18:28L'Europe est-elle frappée
18:30par la crise démocratique ?
18:32Je me souviens en octobre dernier
18:34d'une phrase de Philippe de Villiers
18:36qui disait que l'Europe devient totalitaire
18:38et dictatoriale.
18:40Il parlait de l'Union européenne
18:42mais on peut appliquer cette phrase
18:44au pays qui la compose.
18:46Ça commence à faire beaucoup.
18:48Il y a quelques mois,
18:50il y a un candidat favori, 40%
18:52dans les sondages
18:54qui a été écarté.
18:56D'abord, annulation de l'élection,
18:58on en reparlera,
19:00puis écarté en tant que candidat.
19:02Aujourd'hui, Marine Le Pen,
19:04à chaque fois, ce sont des candidats réputés
19:06populistes.
19:08Ce n'est jamais
19:10l'européen centriste.
19:12C'est assez symbolique
19:14du reste que Marine Le Pen soit écartée
19:16du domaine national,
19:18d'une candidature en France
19:20par un Parlement
19:22européen qui s'est porté
19:24en parti civil.
19:26J'ai pensé au discours
19:28de J.G. Wenz
19:30quand il était venu à Munich il y a quelques mois.
19:32Je vous le rappelle, il disait
19:34« La menace qui m'inquiète
19:36le plus vis-à-vis de l'Europe,
19:38ce n'est pas la Russie, ce n'est pas la Chine,
19:40ce n'est pas un autre acteur extérieur.
19:42Ce qui m'inquiète, c'est la menace de l'intérieur,
19:44et de certaines de ses valeurs plus fondamentales,
19:46des valeurs partagées
19:48avec les Etats-Unis.
19:50Oui, j'ai été frappée qu'un ancien
19:52commissaire européen, il parlait de M.Breton,
19:54puisse récemment s'exprimer à la télévision
19:56pour se réjouir que le gouvernement
19:58roumain annule
20:00une élection présidentielle.
20:02Il a prévenu que si les choses ne se déroulaient
20:04pas comme prévu, la même chose pourrait se produire
20:06en Allemagne également. Vous vous souvenez, nous étions à la veille
20:08des élections en Allemande.
20:10Ses déclarations
20:12cavalières sont choquantes
20:14pour les oreilles américaines.
20:16Excusez-moi, on reprend tout de suite en direct
20:18les images de Marine Le Pen qui est en train de quitter
20:20en ce moment même le siège
20:22du Rassemblement National
20:24où elle était
20:26enfermée, si vous permettez l'expression,
20:28depuis le jugement,
20:30en train de préparer
20:32sa réponse.
20:34Elle est attendue
20:36à 20h pour avoir,
20:38pour s'exprimer.
20:41Évidemment, tout le monde est suspendu
20:43à la réaction
20:45de Marine Le Pen par rapport
20:47à ce jugement historique.
20:49Nous aurons la réponse
20:51dans environ à peu près
20:53une heure, 40 minutes, une heure.
20:55On continue avec vous Gabrielle Cluzel.
20:57Le vice-président américain
20:59pourrait rajouter à sa liste
21:01son inventaire à la prévère
21:03le cas français
21:05parce que c'est un triumvirate
21:07de juges qui a décidé
21:09d'écarter une candidate
21:11malgré
21:13son poids dans les sondages
21:15et malgré le fait qu'elle est réunie
21:17sur sa tête par le passé
21:19peu ou prou 13 millions
21:21d'électeurs et
21:23malgré le fait aussi
21:25qu'il n'y ait aucun enrichissement
21:27personnel et ça a été reconnu par le juge
21:29dans cette affaire, c'est le tribunal
21:31qui l'a reconnu. Je dis malgré
21:33le fait mais en fait c'est peut-être
21:35parce que, ce n'est pas bien que
21:37c'est parce que, sans doute.
21:39Duralex Sedlec
21:41on l'a beaucoup entendue aujourd'hui
21:43ce n'est pas parce qu'elle est favorite
21:45dans les sondages qu'elle est au-dessus des lois non plus.
21:47Oui mais ce n'est pas parce qu'elle est favorite
21:49dans les sondages qu'elle est au-dessous
21:51des lois. Un jugement
21:53était rendu avec exécution
21:55immédiate en raison d'un trouble
21:57en plus le mot a été prononcé
21:59objectif à l'ordre public
22:01comme si Marine Le Pen était une délinquante
22:03avec le couteau entre les dents
22:05et qu'on la voyait courir
22:07dans la rue à la recherche
22:09d'une autre victime.
22:11On voit bien que tout cela est absolument
22:13grotesque. En revanche
22:15c'est son inégibilité qui pourrait être
22:17un trouble à l'ordre public
22:19en déclenchant l'ire
22:21de ses électeurs. Alors c'est vrai que
22:23l'électorat traditionnel du RN
22:25c'est plutôt la France
22:27silencieuse de l'ordre
22:29qui ne va pas les casser
22:31dans la rue. Mais souvenons-nous quand même
22:33qu'il y avait eu des heures en Roumanie
22:35à l'annonce de l'invalidation de la candidature
22:37de M. Giorgescu et il s'était
22:39retrouvé devant le bâtiment
22:41de la commission électorale et écriait
22:43« Abat la dictature ». Et c'est vrai que l'éviction
22:45de ce candidat rappelle fortement
22:47celle de Marine Le Pen.
22:49Je termine sur un point, vous aviez parlé
22:51de la Turquie
22:53alors ce n'est pas l'Europe la Turquie
22:55nous sommes d'accord, mais comme vous le disiez
22:57très justement, les opposants sont emprisonnés
22:59alors le moyen est
23:01un peu différent mais la fin est la même
23:03en Turquie, en Roumanie
23:05ou en France
23:07le but est d'écarter
23:09un candidat concurrent.
23:11On va continuer à analyser ce
23:13principe d'état de droit en dézoomant
23:15un peu au niveau européen
23:17on va marquer une pause et on va se demander
23:19est-ce que la justice est dure
23:21avec les politiques et laxiste avec
23:23les délinquants quotidiens ? On se pose la question.
23:25A tout de suite.
23:27On parlera dans un instant
23:31est-ce que ça sert
23:33ou ça desserre le Rassemblement national ?
23:35Un profil de
23:37Marine Le Pen, l'empêcher depuis
23:39toujours, la mise
23:41elle a été mise à l'écart depuis toujours
23:43on va s'arrêter un peu sur ce destin
23:45particulier, on parlera avec
23:47Mathieu Bocoté dans un instant
23:49de ce qui est possible demain
23:51peut-être cette mobilisation
23:53populaire, on voit déjà des affiches
23:55mettre sur les réseaux sociaux pour des rassemblements
23:57qu'est-ce que ça peut donner et avec
23:59Charlotte Dornéas dans un instant
24:01on va analyser toutes
24:03les conséquences possibles
24:05en France, sur les Français, sur la
24:07politique, etc. Revenons d'abord
24:09Gabrielle Cluzel avec vous
24:11sur la Roumanie
24:13que s'est-il passé en Roumanie
24:15et peut-on faire un lien direct ?
24:17Oui bien sûr et du reste à l'époque, mais après
24:19c'est naturel, personne ne s'était vraiment
24:21intéressé à ce qui se passait en Roumanie
24:23nous c'est dit, ça nous parait loin
24:25et de ce fait, à part sur ce plateau
24:27moi je sens mon voisin
24:29j'allais le rajouter
24:31qui était
24:33en train de fester
24:35je pense que ça doit être
24:37la seule émission qui a vraiment suivi
24:39ce dossier de très très près
24:41bien avant tout le monde
24:43et c'était vraiment intéressant parce que c'était
24:45assez précurseur
24:47donc cette élection a été
24:49annulée parce qu'il a été
24:51supposé qu'il y avait eu une ingérence
24:53russe via TikTok
24:55c'était la TikTokisation
24:57des esprits, donc on sait bien
24:59que nous tous, quand nous allons voir TikTok
25:01et bien nous sommes touchés par la grâce, nous savons
25:03pour qui nous allons voter
25:05dès lors, alors si on suivait ce raisonnement
25:07qui est quand même un peu particulier également
25:09je pense tout à l'heure à celui de l'exécution
25:11provisoire, et bien Selena Gomez
25:13ayant 4 fois plus de followers que
25:15Donald Trump, c'est elle qui devrait être
25:17à la Maison Blanche et nous conviendrons que
25:19ce n'est pas le cas, donc ça ça avait
25:21été le premier point
25:23et donc Ursula von der Leyen
25:25avait dit très fort
25:27nous ne nous laisserons pas
25:31nous devons protéger nos démocraties
25:33de toute forme d'ingérence
25:35étrangère, donc l'élection
25:37a été annulée, l'élection de novembre a été
25:39annulée immédiatement
25:41puis le candidat
25:43a été écarté pour les élections
25:45du mois de mai, donc le candidat
25:47favori, donc on voit bien qu'on est
25:49rigoureusement dans le même
25:51cas de figure, alors si j'osais je dirais que
25:53certains préparent peut-être le coup de jarnac
25:55parce que vous savez que Jordan Bardella est très
25:57très populaire sur
25:59TikTok, alors de là à ce qu'on nous
26:01serve les mêmes arguments
26:03et bien il n'y a pas
26:05loin, alors lui
26:07il avait beaucoup protesté ce candidat
26:09il avait dit c'est une vraie dictature
26:11c'est un coup porté à la démocratie
26:13enfin il avait vraiment essayé
26:15de protester mais néanmoins
26:17rien n'avait fait et de ce fait il avait
26:19été complètement écarté
26:21Tous ces pays pourtant
26:23sont censés adhérer au principe
26:25d'état de droit qui est
26:27l'une des valeurs fondatrices de
26:29l'Union Européenne, c'est dans le traité ça
26:31Oui oui c'est vraiment dans le traité, c'est un des premiers points
26:33l'état de droit c'est les fameuses values
26:35européennes comme ils disent
26:37mais on se rend compte que ce n'est plus l'état de droit, c'est le coup
26:39d'état de droit, en réalité
26:41vous avez donc trois juges français
26:43qui a décidé
26:45pour des millions de français
26:47vous l'avez cité, vous l'avez évoqué
26:49Éric Zemmour avait écrit le coup d'état
26:51des juges, aujourd'hui il soutient Marine
26:53Le Pen mais comme d'autres
26:55étiquetés à droite
26:57parce qu'en réalité ils savent bien que
26:59bientôt ils peuvent être
27:01ils peuvent se retrouver dans la prochaine charrette
27:03il faut quand même se rendre compte de cela
27:05cela ne concerne pas que Marine Le Pen
27:07c'est quand même un processus glissant
27:09qui commence à fortement
27:11inquiéter. Doit-on rappeler qu'il n'y a
27:13pas si longtemps la première chaîne de
27:15la TNT a été fermée
27:17et faire
27:19un lien entre les deux et n'est
27:21évidemment pas si baroque
27:23que cela. La vérité est que
27:25toute l'Europe est traversée par la même
27:27valse à trois temps de la
27:29tentation totalitaire. Alors vous l'avez dit
27:31c'est la diabolisation, alors jadis c'était
27:33la réduction Ad Hitlerum, maintenant c'est la
27:35réduction Ad Poutinum
27:37et du reste Victor Orban sait bien que
27:39une fois qu'on est élu, le danger
27:41reste bien présent d'être
27:43asphyxié et c'est pour ça qu'il a
27:45tweeté Je suis Marine, lui aussi est
27:47intéressé par cette question. Comme
27:49Gert Wilders, vous savez des Pays-Bas
27:51et puis M. Salvini
27:53Alors corollaire de la diabolisation
27:55vous l'avez dit, le cordon sanitaire
27:57on ne déjeune pas avec le diable, même avec une langue cuillère
27:59disait Raymond Barr s'inspirant de Shakespeare
28:01et tous ceux qui ont essayé de le faire
28:03l'ont payé. On pense à Charles Millon
28:05on pense à Jean-Pierre Soissons
28:07aujourd'hui Eric Ciotti
28:09en réalité on ne s'en
28:11remet pas. Alors là je vous donne un
28:13exemple franco-français mais en Allemagne c'est pareil
28:15on a suivi ensemble Friedrich Merz
28:17qui est le Bruno Retailleau allemand
28:19il a quand même des positions très très
28:21fortes sur l'immigration
28:23on pourrait presque dire qu'il y a un papier de cigarette
28:25entre lui et l'AFD mais néanmoins
28:27quand il s'agit de faire une alliance
28:29et bien qui choisit-il ?
28:31Pas l'AFD qui était prêt à le faire
28:33mais plutôt le camp
28:35socialiste ou écolos
28:37ce qui voue évidemment à l'échec
28:39toute velléité d'arriver
28:41un résultat
28:43en la matière. Et puis quand la diabolisation
28:45et le cordeau sanitaire ont craqué on arrive à
28:47une expression anglaise qui s'appelle
28:49l'instrumentalisation de la justice
28:51et
28:53on peut dire que Marine Le Pen
28:55si elle n'avait pas été évincée avant elle aurait pu être
28:57évincée après parce que vous savez
28:59il y a eu des petits signaux quand même
29:01on se souvient, c'est-à-dire que
29:03comme en Roumanie, une élection
29:05française aurait pu être invalidée
29:07moi je me souviens de la déclaration sibylline de
29:09Laurent Fabius avant qu'il quitte
29:11le conseil constitutionnel
29:13interrogé sur la montée du RN
29:15il avait dit le conseil constitutionnel
29:17est le rempart
29:19de l'état de droit, vous voyez toujours
29:21cet état de droit
29:23en réalité vous savez tous les
29:25populistes étiquetés
29:27ou ceux étiquetés comme tels
29:29sont considérés comme des
29:31demeurés, je vous renvoie
29:33les électeurs aussi, surtout les électeurs
29:35je vous renvoie au livre excellent de Chantal Delsol
29:37les populistes des demeurés de l'histoire
29:39et bien quand vous avez quelqu'un de demeuré
29:41l'idiot du village qui n'a pas
29:43toutes ses capacités pour juger
29:45vous le mettez sous tutelle
29:47vous décidez pour lui et en réalité
29:49nous avons une petite élite européenne
29:51qui a décidé que
29:53ces européens qui votaient
29:55pour les candidats populistes
29:57n'étaient pas capables de savoir ce qui était bon
29:59pour eux, donc ils les mettent
30:01sous tutelle démocratique
30:03voilà ce qu'est devenu l'état
30:05de droit en Europe
30:07Merci Gabrielle Cluzel
30:09je regarde par exemple
30:11là le Figaro qui dit que
30:13si Français sur 10 jugent
30:15que la condamnation de Marine Le Pen
30:17ne constitue pas un handicap
30:19pour l'ERN, on fera un tour de table dans un instant
30:21là c'est pour un sondage
30:23au Doxa pour le Figaro
30:25on en parle dans un instant
30:27quelques réactions à gauche
30:29on a parlé des réactions internationales
30:31Fabien Roussel qui dit que la justice
30:33est la justice
30:35selon que vous serez puissant, misérable
30:37comme écrivait La Fontaine et doit être la même
30:39pour tous, Mathieu Bocotti
30:41a déjà répondu, réaction
30:43d'Alexis Corbière à gauche toujours
30:45la condamnation de Marine Le Pen
30:47est une décision logique et une application
30:49de la loi, le communiqué de
30:51LFI, nous prenons acte
30:53de cette décision de justice
30:55même si nous refusons par principe
30:57que le recours soit impossible
30:59pour un justiciable quel qu'il soit
31:01c'est là où est la grande interrogation
31:03quelques réactions
31:05à droite avec Jordan Bardella
31:07on en a parlé de cette démocratie
31:09française qui est exécutée selon lui
31:11ou encore Eric Zemmour
31:13vous l'avez cité, Mathieu Bocotti
31:15lui qui a écrit le coup d'état des juges en 1997
31:17ce n'est pas au juge
31:19de décider pour qui doit
31:21voter le peuple, quels que soient nos désaccords
31:23Marine Le Pen est légitime
31:25pour se présenter devant le suffrage
31:27Sarah Knafo
31:29ils ont osé
31:31et puis la réaction de
31:33Marion Maréchal qui dit
31:35je suis plus que jamais aux côtés
31:37de Marine en ce moment
31:39marquement
31:41Marine Le Pen
31:43on va s'arrêter sur le destin de cette femme
31:45qui est elle
31:47elle qui depuis toute petite
31:49a vu son père
31:51Jean-Marie Le Pen
31:53la fille d'eux, alors en général
31:55comme on dit, ils ont de la chance
31:57les parents ont une place
31:59les parents sont connus avec ça
32:01ils n'ont pas besoin de prendre l'escalier
32:03ils sont dans l'ascenseur, ils montent direct
32:05dans l'élite
32:07alors la petite bonne femme, elle est malicieuse
32:09vous savez elle fait partie de ces enfants
32:11qui sont tellement joyeux, facétieux
32:13on dit c'est une petite chipie
32:15mais dans le bon sens du terme
32:17et les 8 premières années de sa vie
32:19elles ont l'insouciance
32:21ça ne veut pas dire
32:23sous le chaperonnage
32:25d'un amour des parents
32:27car le père et la maman
32:29sont un peu bohème
32:31elles laissent souvent les 3 filles
32:33elle a 2 soeurs, les 2 sont plus grandes qu'elles
32:35Marie-Caroline a 8 ans de plus
32:37et Yann a 6 ans de plus
32:39et on les laisse
32:41avec la petite bonne
32:43bretonne, là on est dans la tradition
32:45bonne bretonne, vous pensez
32:47elle est heureuse
32:49et puis
32:51le 2 novembre 1976
32:53les parents
32:55sont sous le toit de l'appartement
32:57dans le 16ème arrondissement
32:59on se dit
33:01bonsoir
33:03et elle se retrouve dans son lit
33:05alors je ne sais pas si elle a la peluche
33:07mais elle est toute contente
33:09elle s'offre
33:11à Morphée
33:13et puis à 4h moins le quart
33:15le matin soudain
33:17l'explosion terrible
33:19et puis la fumée, le silence
33:21qui est encore plus sidérant
33:23après
33:25une telle détonation
33:27il n'y a plus rien, la fumée
33:29et quand celle-ci
33:31se dissipe
33:33il n'y a que des débris de verre
33:35la petite bonne femme
33:37elle a en pleurs
33:39elle a 8 ans
33:41et des morceaux de verre partout
33:43et puis encore le lit
33:45qui est à moitié dans le vide
33:47et qui menace
33:49de choir dans la cour
33:51c'était dans le 15ème
33:53sa soeur Yann
33:55ne s'en remettra jamais
33:57et elle, elle devra faire front
33:59alors déjà
34:01il n'est pas question de rester en ces lieux
34:03et il se retrouve
34:05à Saint-Cloud
34:07où elle découvre l'école
34:09après une telle explosion
34:11une telle menace
34:13elle comprend à 8 ans
34:15que la vie peut à tout instant
34:17venir
34:19détruire
34:21son foyer et sa petite existence
34:23et pour autant
34:25il n'est pas question
34:27d'avoir un garde du corps
34:29que dit Jean-Marie Le Pen
34:31il dit
34:33mettre un gilet pare-balle
34:35c'est attirer les balles
34:37nous on doit faire front
34:39il faut dire
34:41que quand il parle de sa jeunesse à ses filles
34:43il n'est pas question de se plaindre
34:45il le rappelle d'ailleurs
34:47il dit attention
34:49lorsque vous imaginez
34:51ce qu'est la guerre
34:53vous seriez nus en temps de guerre
34:55ça serait autre chose
34:57alors on ne dit rien
34:59et lui à 14 ans
35:01il a perdu son papa
35:03il a été obligé de se retrouver sur les chaluts
35:05faire 30 km à vélo le matin le soir
35:07en Bretagne dans les tempêtes
35:09dans ses caprices de tornades
35:11alors on n'ose rien dire
35:13et pourtant à l'école
35:15maintenant qu'elle est connue
35:17on a eu, c'était une des journaux
35:19le miracle de la Toussaint
35:21s'était inscrit
35:23et elle est
35:25la petite miraculée
35:27et on se détourne d'elle
35:29et en particulier
35:31les professeurs
35:33c'est la fille du diable
35:35c'est la fille du monstre
35:37et un jour elle apparaît
35:39avec sa petite médaille
35:41médaille de rien du tout
35:43un peu comme celle que Gabriel
35:45a autour du cou
35:47et bien on lui dit
35:49mademoiselle Le Pen
35:51on ne montre pas ses opinions religieuses
35:53cachez moi ça
35:55c'est l'école de la laïcité
35:57à l'époque un peu radical
35:59mais il n'est pas question
36:01de revendiquer sa croyance
36:03et ça va encore plus loin
36:05un jour elle est blessée
36:07dans la cour, elle a du mal à se relever
36:09et le professeur lui
36:11mademoiselle Le Pen
36:13arrêtez votre comédie
36:15elle souffre jusqu'à la fin
36:17des cours, là sa maman l'attend
36:19on la conduit à l'hôpital
36:21et elle est tellement blessée
36:23qu'elle en ressort avec une minerve
36:25c'est dire l'isolement
36:27dans lequel elle se trouve
36:29elle et ses soeurs
36:31et ses soeurs qui sont plus grandes qu'elle
36:33et puis Yann qui est en désespoir
36:35Yann qui ne peut même plus aller
36:37à l'école
36:39et la petiotte chemine
36:41alors elle trouvera sa revanche quand elle est adolescente
36:43dans quoi ? Dans la légèreté
36:45elle devient la grande
36:47copine
36:49que l'on voit s'agiter dans les
36:51nightclubs, on l'appellera
36:53la fille des nightclubs
36:55voilà ce qu'est Marine
36:57et pour autant elle essaie
36:59d'avoir
37:01une
37:03respectabilité sur les bancs d'école
37:05avec des notes
37:07qui la propulseront
37:09à la faculté de droit
37:11il y a un grand drame aussi qui se produit
37:13quand elle a 16 ans
37:152 ans avant le bac
37:17à la sortie du cours il y a sa soeur
37:19Marie-Caroline qui est là qui lui dit
37:21maman est partie
37:23elle ne reverra pas sa maman
37:25pendant 15 ans, vous imaginez
37:27toutes ces meurtrissures
37:29et pour autant
37:31elle est digne d'Henri IV
37:33sale père Le Pen il aura assez dit
37:35l'amour immodéré
37:37que j'ai pour la France m'a toujours
37:39rendu tout facile
37:41on lutte les filles, on lutte
37:43et donc c'est son caractère
37:45quand elle obtient
37:47son diplôme d'avocate
37:49avec le nom qui est le sien
37:51c'est pas facile de trouver un client
37:53et pour autant
37:55elle s'accepte
37:57alors là encore l'image des Le Pen
37:59les racistes, et bien
38:01elle défendra des sans-papiers
38:03et en particulier il y en a un qui se souviendra
38:05longtemps d'elle, Nouredine Amidi
38:07ça faisait 24 ans qu'il était
38:09en France et soudain on lui dit
38:11de s'en aller, elle le défend
38:13elle le sauve
38:15voilà qui est Marine Le Pen
38:17qui se mariera plutôt tôt
38:19elle a 3 enfants
38:21mais elle sait qu'il faut les protéger
38:23on n'a pratiquement pas le moindre indice
38:25il y en a une qui s'appelle
38:27Jeanne
38:29c'est comme ça que
38:31le patronyme
38:33enfin le prénom
38:35de Jeanne d'Arc
38:37et puis il y a Louis et Mathilde
38:39c'est cette dame
38:41cette dame de lutte
38:43cette dame je dirais d'intégrité
38:45qu'on aime ou qu'on ne m'aime pas
38:47qui se trouve
38:49aujourd'hui privée d'aller plus loin
38:51dans son aventure politique
38:53où elle avait eu le courage
38:55d'écarter son père parce qu'elle trouvait
38:57qu'il était trop excessif
38:59dans ses propos
39:01on fera un tour de table
39:03avant la chronique de Charlotte
39:05question
39:07est-ce que cela sert ou pas le Rassemblement National
39:09puisque je vous disais que 6 Français sur 10
39:11jugent selon un sondage Odoxa
39:13que la condamnation de Marine Le Pen
39:15ne constitue pas un handicap pour le
39:17RN, Mathieu Bocoté, votre regard
39:19je crois que ça handicap le RN
39:21en fait là on est devant un moment où le système
39:23réussit à mater l'opposante principale
39:25quoi qu'on en dise, je reviendrai dans un instant
39:27ça démobilise les troupes
39:29et il n'est pas évident, alors il y a
39:31Berdanov qui est aujourd'hui le chef du RN
39:33reste à voir s'il est le seul héritier possible
39:35de la couronne ou si le départ de Marine
39:37n'ouvre pas une querelle pour savoir
39:39qui récupérera la couronne
39:41en politique, normalement quand le roi est dégommé
39:43plusieurs veulent sa place
39:45ça fait partie de la vie politique
39:47si j'étais militant RN je ne serais pas si optimiste
39:49que ne le semblent dire les sondages
39:51Charlotte Dornelas
39:53je suis d'accord le risque c'est la division en cascade
39:55la division au sein du RN
39:57et la division à droite tout simplement
39:59vous allez me dire elle est déjà bien entamée, vous n'auriez pas tort
40:01mais là le risque c'est évidemment
40:03l'éclatement
40:05des électeurs de droite
40:07donc ça affaiblit
40:09en tout cas là à l'heure actuelle c'est quand même difficile
40:11de dire que ça renforce le RN
40:13et on ne pourrait pas avoir au contraire peut-être une
40:15remobilisation un peu
40:17comme l'effet Trump qu'on dit
40:19c'est la grande question
40:21ce qu'abordait Mathieu d'ailleurs tout à l'heure
40:23c'est de savoir est-ce que ça va démoraliser
40:25des électeurs qui ont pris quand même plusieurs coups
40:272005 étant
40:29celui qui revient extrêmement souvent
40:31dans le débat ou est-ce qu'au contraire ça va les
40:33mobiliser, ça dépendra de l'incarnation
40:35ça dépendra aussi de l'état du pays dans deux ans je crois
40:37c'est dans longtemps
40:39Gabrielle Cluzel
40:41disons que le sentiment
40:43de l'injustice
40:45et l'indignation
40:47peut fédérer
40:49autour du RN
40:51maintenant une élection présidentielle s'est très incarnée
40:53et Marine Le Pen en a fait deux
40:55donc elle a
40:57réuni autour de sa personne
40:59trois pardon
41:01et elle a réuni autour de sa personne
41:03donc c'est quand même difficile
41:05pour le RN de changer de pied
41:07au-delà évidemment du fait
41:09qu'elle avait inscrit son combat dans une légitimité
41:11au sein du parti
41:13nécessairement ça va être remis en cause
41:15même si Jordan Bardella apparaît comme l'héritier
41:17naturel il y aura forcément des
41:19appétits comme cela a été dit
41:21Eh bien moi je vais me placer
41:23un peu en dehors
41:25j'ai tenté d'esquisser
41:27son portrait
41:29il y a quelques secondes
41:31et je crois que cette femme est faite
41:33pour la lutte et même si ça
41:35paraît utopique
41:37je suis persuadé qu'elle
41:39fera appel et que cet appel
41:41il est jouable dans les temps
41:43de l'élection quitte à émerger
41:45six mois avant le vote
41:47alors elle fera appel ça c'est sûr
41:49est-ce que ça peut émerger
41:51six mois avant le vote là les chances sont faibles
41:53oui mais il y a
41:55une probabilité
41:57et quoi qu'il arrive ça signifie
41:59qu'elle pèsera parce que
42:01dans l'idée que
42:03potentiellement elle pourrait jaillir
42:05dans le jeu politique au moment
42:07du choix je pense que
42:09ça la rendra puissante
42:11dans l'influence de ce
42:13qui se déroulera à ce moment là
42:15donc Marine
42:17Le Pen pour moi n'est pas
42:19morte ce soir à la politique
42:21et pas morte surtout pour l'élection
42:23dans deux ans
42:25je demandais est-ce que ça sert le RN aussi
42:27ou pas alors je pense
42:29en dehors de Marine Le Pen je pense
42:31pas spécialement je pense que
42:33ça peut mobiliser les électeurs
42:35de droite pour peut-être
42:37Bruno Retailleau mais pas
42:39spécialement pour
42:41j'ai rien contre Jordan Mabardella
42:43mais pour le parti je pense que
42:45ça se jouera à ce moment là sur une force
42:47d'idée plus globale et pas sur
42:49une idée de parti. En tout cas la décision
42:51de destituer devrait revenir
42:53au peuple déclaration
42:55de Jean-Luc Mélenchon
42:57ou François Bayrou pour parler d'une autre
42:59réaction au Premier Ministre il s'est dit
43:01troublé concernant
43:03ce jugement.
43:05Charlotte Dornelas, on voit donc
43:07venir cette confrontation violente
43:09entre la politique
43:11et les juges, certains crient
43:13à l'élection, à voler. Comment
43:15imaginer désormais
43:17l'impact de cette décision
43:19dans la vie politique française ?
43:21Déjà il faut rappeler
43:23ce qui a déjà été dit mais
43:25ce week-end encore donc juste avant
43:27la décision de justice
43:29Marine Le Pen était donnée entre
43:3134 et 37% selon les
43:33personnes qui étaient
43:35à ses côtés
43:37à l'élection présidentielle. Alors évidemment
43:39cela ne présume pas de son score réel le jour
43:41de la présidentielle dans deux ans mais elle
43:43n'avait jamais atteint ce niveau là dans un
43:45sondage donc c'était un niveau extrêmement haut.
43:47Ensuite la décision dans notre histoire
43:49est inédite, non pas la décision
43:51d'ineligibilité ni son
43:53exécution mais simplement la
43:55favorite à l'élection présidentielle à deux ans
43:57c'est la première fois que ça arrive et donc
43:59c'est très ambitieux à mon avis d'en prévoir
44:01toutes les conséquences de manière certaine.
44:03Ce qui est sûr c'est qu'on peut examiner en revanche
44:05la classe politique et en déduire
44:07ce qui pourrait arriver en l'état
44:09de la décision. Alors il y a Jordan Bardella
44:11évidemment qui est sur toutes les lèvres, c'est l'héritier
44:13naturel. Ils s'étaient répartis
44:15les rôles, lui devait être le premier
44:17ministre de Marine Le Pen présidente
44:19est-ce que pendant leur réunion de crise ils ont décidé
44:21d'échanger les rôles ? Elle pourrait être nommée
44:23premier ministre de Jordan Bardella et rester
44:25donc dans le giron. Il est
44:27évidemment quasiment aussi populaire
44:29qu'elle, c'est l'incarnation du
44:31RN lui aussi mais
44:33diront certains électeurs, il est quand même très
44:35jeune, on l'a beaucoup entendu dans la journée.
44:37Il y a Marion Maréchal, c'était
44:39l'héritière naturelle dans la tête de beaucoup
44:41mais elle a changé de partie
44:43on se souvient de l'histoire
44:45en revanche elle a gardé la lignée
44:47et les obsèques de Jean-Marie Le Pen assez
44:49récemment ont rappelé que c'était quand même une famille
44:51d'autant qu'elle est revenue dans le giron du RN
44:53mais diront certains électeurs
44:55elle en est partie
44:57nous avons Retailleau
44:59ou Wauquiez, l'avenir nous dira
45:01duquel il s'agira
45:03alors il s'agit d'une droite qui
45:05assume de parler aux électeurs du RN
45:07qui se positionne au moins sur la moitié
45:09des thèmes extrêmement importants pour le RN
45:11que sont la sécurité et l'immigration
45:13on a eu le temps d'y revenir ces
45:15derniers temps et même sur l'économie
45:17on les oppose extrêmement souvent
45:19il y a certains sujets sur lesquels ils ne sont pas d'accord mais la baisse des
45:21dépenses publiques ou la lutte contre
45:23l'assistanat, ils peuvent se retrouver
45:25là-dessus, notamment avec leurs électeurs
45:27mais diront certains électeurs
45:29ils n'ont jamais franchi le Rubicon
45:31et nous avons Éric Zemmour
45:33c'est le candidat qui avait le plus siphonné
45:35Marine Le Pen au début de son ascension
45:37dans les sondages aux dernières élections
45:39présidentielles
45:41et c'est surtout le seul qui a appelé
45:43clairement à voter pour elle
45:45et qui avait assumé
45:47de vouloir briser ce cordon sanitaire
45:49depuis le début mais diront certains
45:51il a été particulièrement désagréable
45:53avec elle et lui a déclaré
45:55la guerre. Le risque donc, on le comprend
45:57c'est que plusieurs personnes
45:59pourraient attirer les électeurs
46:01de Marine Le Pen aujourd'hui
46:03le risque c'est donc la division dans l'histoire
46:05politique française, c'est assez inédit parce qu'on se souvient
46:07on appelait le FN autrefois
46:09le RN aujourd'hui le piège
46:11mitterrandien par le biais du cordon
46:13sanitaire, donc le FN avait été
46:15créé précisément pour retirer des voix
46:17à la droite et pour l'empêcher d'arriver
46:19au pouvoir, désormais c'est le RN qui est l'aimant
46:21à droite dans l'échec qui est politique
46:23c'est le RN qui est l'aimant
46:25qui pourrait gagner et c'est lui
46:27désormais qui est fracassé
46:29autre option évidemment que les cartes
46:31soient tellement rebattues par cette décision
46:33qu'un candidat inattendu émerge et donc par définition
46:35je ne peux pas le deviner
46:37alors ces hypothèses sont normales mais encore une fois
46:39aucun candidat favori
46:41n'avait subi ça, certains évoquent
46:43l'histoire de François Fillon, la situation
46:45est un peu différente quand même, François Fillon
46:47qui est déjà candidat, la campagne avait commencé
46:49il avait obtenu ses parrainages
46:51l'affaire judiciaire
46:53ne l'a pas empêchée de se présenter
46:55et ses électeurs lui ont quand même offert
46:5720% aux élections présidentielles
46:59ce que Chirac en comparaison par exemple
47:01n'avait jamais atteint au premier tour
47:03il avait pourtant été élu
47:05la différence majeure avec Marine Le Pen
47:07c'est que les électeurs pouvaient encore choisir
47:09à l'élection de 2017
47:11On va continuer à analyser
47:13toutes les conséquences
47:15on apprend à l'instant
47:17je partage avec vous que suite
47:19au jugement de Marine Le Pen
47:21la cour d'appel de Paris dénonce
47:23les menaces à l'égard des magistrats
47:25fin de citation
47:27poursuivons
47:29la classe politique Charlotte Dornelas
47:31a très largement dit sa sidération
47:33devant une telle décision
47:35est-elle définitive ?
47:37Alors cette décision signifie
47:39que l'appel que Marine Le Pen
47:41a annoncé faire déjà
47:43ne comprend pas cette peine d'inéligibilité
47:45c'est par exemple quelqu'un qui part en prison
47:47l'exécution provisoire par excellence
47:49qu'on connaît tous c'est le mandat de dépôt
47:51vous êtes condamné à de la prison
47:53vous sortez du tribunal, vous allez immédiatement en prison
47:55vous faites appel, vous êtes malgré tout en prison
47:57c'est une exécution provisoire
47:59qu'on connaît mieux on va dire
48:01alors il y a un décret qui a été évoqué aujourd'hui
48:03qui explique que le premier président
48:05de la cour d'appel, puisqu'elle a fait appel
48:07peut suspendre cette exécution provisoire
48:09c'est vrai dans le code de procédure civile
48:11or là nous sommes au pénal
48:13ça n'est pas le même texte
48:15qui régit ça
48:17et l'injustice réelle
48:19on va dire, et c'est d'ailleurs pour ça que même
48:21les insoumis dans leur communiqué expliquent
48:23qu'ils voudraient par principe que tout le monde
48:25ait un recours à chaque fois qu'il y a une décision de justice
48:27qui est prononcée, c'est que je reprends mon exemple
48:29du mandat de dépôt, si Marine Le Pen
48:31puisqu'elle a été par ailleurs condamnée
48:33à une peine de prison
48:35si elle avait été incarcérée
48:37l'appel aurait dû intervenir
48:39dans les 4 mois suivant son incarceration
48:41donc dans 4 mois
48:43l'appel aurait pu avoir lieu
48:45comme elle est éligible au bracelet électronique
48:47pour faire sa peine
48:49il n'y a pas de date d'appel
48:51donc c'est entre les mains du parquet
48:53on le sait, l'engorgement des tribunaux
48:55et de la justice
48:57de manière générale
48:59fait que la distance normale
49:01par rapport au procès en appel
49:03pourrait être de 3 ans
49:05c'est à dire en 2027, c'est à dire après l'élection présidentielle
49:07on comprend bien que là
49:09les conséquences sont tellement immenses
49:11que la question de la date de l'appel
49:13pendant laquelle cette décision de justice
49:15va être examinée
49:17est extrêmement importante
49:19d'autant que certains expliquent que en effet
49:21Marine Le Pen ne peut pas se présenter
49:23mais que c'est pas du tout une attaque vis-à-vis du RN
49:25balayant, et c'était
49:27le sujet de notre tour de table
49:29balayant d'un revers de main
49:31la question de l'incarnation à la présidentielle
49:33en France, c'est quand même un petit peu
49:35original de faire comme si ça n'existait pas
49:37du tout. Vous parlez de l'engorgement
49:39on avait vu une accélération
49:41au niveau des tribunaux
49:43au moment
49:45de François Fillon
49:47et c'était dans le sens justement
49:49qu'il n'allait pas du tout dans ce sens
49:51donc l'accélération est possible
49:53mais pas forcément dans le bon sens. Non mais le temps de la justice
49:55c'est un vrai problème
49:57parce que là il y a une marge de manœuvre énorme
49:59et donc une marge d'arbitraire
50:01aussi dans les dates qui seront
50:03posées qui est réelle. Est-ce que cette
50:05émotion d'une classe politique
50:07qui appelle souvent à la fermeté
50:09on l'entend régulièrement, surtout du côté
50:11des condamnés en l'occurrence
50:13révèle ? Qu'est-ce que ça révèle ?
50:15Est-ce qu'il n'y a pas une forme d'incohérence ?
50:17C'est une question intéressante parce qu'elle
50:19revient souvent dans le débat. On entend souvent
50:21vous voulez la fermeté
50:23il y a des gens particulièrement malhonnêtes
50:25qui expliquent, vous êtes contre
50:27la justice laxiste, sauf là
50:29en général les Français quand ils parlent de justice laxiste
50:31c'est pour des violeurs multirécidivistes
50:33c'est un peu autre chose que de savoir si l'argent a
50:35servi à payer un assistant parlementaire
50:37qui travaillait à Bruxelles ou qui avait passé la frontière
50:39pour travailler. Vous voyez c'est...
50:41Sans enrichissement personnel.
50:43Non mais il faut quand même au minimum
50:45ne pas faire semblant de ne pas comprendre de quoi on parle
50:47même si en l'occurrence
50:49la question de la loi est posée.
50:51Mais là où vous avez raison
50:53c'est que ceux qui appellent à la fermeté
50:55la contestent, ont l'air de la contester
50:57dans certains cas et à l'inverse les partisans
50:59de la seconde
51:01voire de la 101ème chance
51:03dans la justice se ravisent parfois
51:05sur certains dossiers. En réalité
51:07c'est la matière qui est différente
51:09et d'ailleurs le conseil supérieur de la magistrature
51:11a beau jeu de réagir aujourd'hui
51:13il faudrait peut-être qu'il fasse en sorte
51:15le conseil supérieur de la magistrature
51:17d'intervenir immédiatement
51:19à chaque politisation excessive
51:21dans le débat public de magistrats
51:23et je pense cette fois-ci au syndicat de la magistrature
51:25qui n'est jamais sanctionné
51:27alors qu'il refuse par exemple
51:29d'appliquer une directive de politique
51:31prise par le magistrat. Moi je ne sais pas comment ça s'appelle
51:33mais là, s'il fallait sauver la démocratie
51:35en l'occurrence, il faudrait peut-être qu'il se penche
51:37là-dessus, ça dépasse de loin la liberté syndicale
51:39tout le monde l'aura compris et ce qui est grave
51:41dans le fait de laisser le syndicat de la magistrature
51:43faire comme ça, c'est que précisément
51:45ça mine toute confiance
51:47dans la justice par le biais des magistrats
51:49qui appartiennent au syndicat de la magistrature
51:51donc s'ils veulent sauver la confiance
51:53des français dans la justice, qu'ils se penchent sur ce dossier
51:55au minimum
51:57alors je disais, la matière est différente
51:59selon les cas, il y a la loi
52:01la loi elle peut être contestée, d'ailleurs
52:03tous les personnes qui s'engagent en politique
52:05dans la vie le font parce qu'ils contestent la loi
52:07parce qu'ils veulent la changer
52:09le métier de député c'est précisément de l'écrire
52:11mais elle est appliquée jusqu'à ce changement
52:13elle est appliquée et c'est comme ça
52:15mais il y a des lois, évidemment
52:17que l'on peut contester, en l'occurrence
52:19celle qui est en jeu ici
52:21il y a le choix de la peine
52:23certaines peines peuvent
52:25sembler dérisoires dans certains cas
52:27d'autres excessives
52:29cela dépend de la gravité de l'acte
52:31cela dépend des circonstances
52:33et cela dépend des peines complémentaires
52:35que l'on ajoute à la peine dans le cas qui nous occupe
52:37la fermeté, et je le dis
52:39à destination de tous ceux qui nous disent depuis ce matin
52:41la fermeté, la fermeté
52:43la fermeté ce n'est pas l'hystérie punitive
52:45quand on demande une justice ferme
52:47ça ne veut pas dire que tous les gens que vous croisez vous leur mettez des peines
52:49ça veut simplement dire de réclamer
52:51des peines justes ajustées
52:53c'est-à-dire ajustées à la peine
52:55à l'acte
52:57qui est étudié, notamment
52:59avec les circonstances et notamment
53:01avec les conséquences, en l'occurrence
53:03c'est l'exécution provisoire qui a beaucoup fait réagir
53:05elle interroge évidemment en raison
53:07des conséquences électorales et donc
53:09démocratiques, sachant que
53:11en effet, la question de la récidive, on se demande
53:13un peu ce qu'elle vient faire là
53:15et d'ailleurs Louis Alliot, qui a été condamné
53:17lui aussi, a été condamné
53:19à trois ans d'inéligibilité
53:21sans exécution provisoire, il nous dit le tribunal
53:23pour préserver la liberté des électeurs
53:25qui ont choisi leur maire
53:27donc soit l'acte
53:29est suffisamment grave pour que les gens
53:31ne puissent pas se présenter, soit il ne l'est pas, mais là il faut choisir
53:33par ailleurs, on me dit, ils ne sont pas au-dessus
53:35des lois, entre 2019 et 2023
53:37on a eu une augmentation de
53:391000% des peines d'inéligibilité
53:41prononcées, en raison de l'évolution
53:43de la loi notamment, mais seulement
53:453% d'exécution provisoire
53:47pour les peines d'inéligibilité
53:49qui avaient été prises
53:51pour le risque de récidive
53:53s'ajoute en plus, je l'évoquais, le calendrier
53:55et là c'est le parquet
53:57cette fois-ci qui est à la main
53:59mais l'incohérence la plus flagrante
54:01c'est que les juges peuvent interpréter
54:03mais en l'occurrence ils n'inventent pas l'outil
54:05dont ils se servent, donc on a vu à peu près
54:07dans toute la classe politique des gens s'émouvoir
54:09de cette décision, je note
54:11simplement que les magistrats, en raison de ce qu'ils
54:13examinaient comme acte
54:15ont des outils
54:17qu'ils peuvent utiliser, la peine d'inéligibilité
54:19en fait partie, l'exécution provisoire
54:21aussi, et il faudrait que le politique
54:23accepte de comprendre
54:25que s'il veut reprendre la main, il a
54:27les moyens de le faire, sur le terrain politique
54:29ça s'appelle le référendum, il refuse
54:31sur le terrain de la transparence, comme il nous dit
54:33c'est de reprendre le pouvoir pour satisfaire
54:35les promesses qu'ils ont faites aux électeurs
54:37et qui leur ont permis
54:39d'être élus, et donc
54:41ils peuvent le faire également
54:43tout simplement, ils n'en prennent pas le chemin
54:45ils changent la loi et s'en offusquent ensuite
54:47c'est assez original
54:49Merci Jordane Bardella a lancé une pétition
54:51en soutien à Marine Le Pen et la peine à une
54:53mobilisation populaire et pacifique
54:55vous allez nous parler certainement de cette lettre
54:57de Jordane Bardella aux militants
54:59question qu'on se pose ce soir
55:01à quoi
55:03pourrait ressembler
55:05la réaction du peuple
55:07demain ?
55:09Tout dépend d'abord de la réaction de Marine Le Pen
55:11je parle dans les prochaines minutes
55:13si je ne me trompe pas
55:15le point de départ c'est qu'on ne doit pas sous-estimer
55:17l'effet dépressif chez les électeurs
55:19RN de la condamnation de Marine Le Pen
55:21tous ceux qui s'imaginent que
55:23un tombe, un autre naîtra
55:25c'est pas comme ça que ça se passe en politique
55:27d'autant que Marine Le Pen est la candidate
55:29des classes populaires, des catégories
55:31qui n'accédaient à la vie politique ou électorale
55:33qu'à travers elle, elle avait construit cet électorat
55:35donc il y a une dimension qu'on ne doit pas sous-estimer
55:37ici, donc ceux qui s'attendent
55:39à ce spontanisme populaire
55:41version gilet jaune se racontent probablement
55:43des histoires. La question est de savoir
55:45justement quel signal elle enverra ce soir
55:47et vous avez raison de mentionner aussi la lettre de Bardella
55:49donc quel signal elle enverra
55:51ce soir. Est-ce qu'elle dit
55:53j'annonce la résistance, on m'a condamné
55:55mais je vous annonce que d'une manière ou de l'autre
55:57je serai candidate en 2027
55:59je ne sais pas comment mais je le serai
56:01c'est pas... évidemment
56:03c'est un peu imaginaire mais j'entends par là
56:05qu'elle peut se dire je n'accepte pas le sort qui m'est réservé
56:07donc je ferai appel et j'exigerai
56:09un appel rapide et comment aurais-je un appel rapide
56:11avec une manifestation, peuple français
56:13manifestez-vous pour qu'on puisse obtenir l'appel
56:15autrement dit créer une dynamique
56:17nouvelle de non-acceptation du jugement
56:19donc contestation de la légitimité
56:21elle pourrait aussi, j'en serai surpris
56:23mais elle pourrait aussi dire
56:25j'accepte ce qu'il en est, nous avons désormais un chef
56:27Jordan Bardella, c'est lui qui prendra le relais
56:29et je le soutiendrai. Ce serait possible aussi
56:31elle peut aussi ne pas
56:33douber Bardella et ouvrir
56:35le jeu en disant, autrement dit
56:37je ne serai pas candidate mais il y a une ouverture
56:39donc les différents scénarios sont possibles
56:41ça témoigne de choix politiques
56:43distincts mais ce qui est certain
56:45c'est que l'ERN
56:47vient de voir une page de son histoire qui s'appelait
56:49la dédiabolisation, elle se termine
56:51ce soir, parce que
56:53manifestement la dédiabolisation a abouti
56:55à terme à la domestication
56:57et à l'effacement juridique de la candidate
56:59donc là, ne pas
57:01jouer à la dédiabolisation ça ne veut pas dire s'auto-diaboliser
57:03ça veut dire accepter la part
57:05de radicalité qu'il y a dans toute
57:07critique d'un système
57:09c'est ce que certains appelleraient, avec un terme abusif
57:11évidemment, qu'ils appelleraient la dimension
57:13insurrectionnelle de la politique, c'est-à-dire
57:15on ne nous traite pas comme un parti comme un autre
57:17nous ne serons pas un parti comme un autre
57:19nous posons la question de la légitimité
57:21nous contestons le sort
57:23qui nous est fait, je ne plaide pas pour cela
57:25évidemment c'est pas la question, je dis que
57:27pour un parti comme l'ERN, dans la situation qui est la sienne en ce moment
57:29ça devient une option
57:31comment dit selon vous cette nouvelle séquence politique
57:33qui s'ouvre donc là, ce soir
57:35n'est-ce pas aussi l'occasion pour l'ERN de montrer
57:37qu'il accepte l'esprit des institutions
57:39en ne s'acharnant pas
57:41pour maintenir à tout prix une candidate
57:43condamnée par la justice
57:45c'est ce que diront certains en disant
57:47Marine Le Pen a perdu, l'ERN existe encore
57:49trouvez-vous un autre candidat, elle, elle n'est plus
57:51donc si vous vous acharnez
57:53pour maintenir la candidature de Marine Le Pen
57:55en fait vous êtes des factieux
57:57des factieux dirait-on, ça on va l'entendre probablement
57:59de l'autre côté, elle peut dire
58:01je ne suis pas une candidate parmi d'autres
58:03j'incarne quelque chose, et dès lors je le dis
58:05c'est le moment de radicalité relative
58:07quand je parle de radicalité
58:09j'entends que, à vouloir être à tout prix
58:11un parti comme les autres et donner toujours des gages
58:13de domestication, on finit quelquefois
58:15par en payer le prix
58:17j'inscrirais ça dans une perspective plus large
58:19il y a un côté crise de régime dont on a souvent parlé
58:21ici, et qui se confirme
58:23me semble-t-il de mois après mois
58:25jour après jour, et je note que
58:27dans l'histoire française
58:29en 1958, on l'a vu
58:31quand on bascule d'un régime à l'autre
58:33il y a toujours un moment d'une grande décision politique
58:35de rupture, une grande rupture avec le système
58:37où on dit
58:39je ne joue plus selon les règles
58:41qu'est-ce que ça veut dire concrètement, ça c'est tout autre chose
58:43de Gaulle en son temps l'avait fait, je ne compare pas
58:45Le Pen à de Gaulle, mais je dis
58:47il arrive des moments où pour s'extraire
58:49d'une situation impossible, il faut sortir
58:51du champ des paramètres acceptés
58:53il faut faire le pari de l'imagination
58:55pour apporter cette revendication populaire
58:57cette protestation populaire
58:59à laquelle appelle notamment Jordane Bardella
59:01Quelques mots juste
59:03pour terminer sur la lettre
59:05de Jordane Bardella envoyée aux militants
59:07nous sommes aujourd'hui sous le choc
59:09ils privent
59:11des millions d'électeurs de leur choix
59:13et donc de leur liberté
59:15j'appelle à une mobilisation populaire
59:17et pacifique, ne lui
59:19laissez pas vous confisquer
59:21votre liberté
59:23les mots de Jordane Bardella
59:25Restez avec Pascal Praud
59:27tout de suite l'un des pro-deux
59:29Merci à tous

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