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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:00:00Ravie de vous retrouver ce soir à 19h. On commence par l'info avec Maureen Vidal. Bonsoir Maureen.
00:00:07Bonsoir Christine, bonsoir à tous. A la ligne de l'actualité, la Cour d'appel de Paris envisage un procès en appel avec une décision à l'été 2026 pour Marine Le Pen.
00:00:16Plus tôt dans la journée, Gérald Darmanin a dit vouloir que ce procès soit organisé dans un délai le plus raisonnable possible.
00:00:22François Bayrou a de son côté ouvert la porte à une réflexion au Parlement pour faire évoluer la loi sur l'exécution provisoire
00:00:28qui fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours selon ces termes.
00:00:33Selon le ministère de la Justice, le nombre de détenus dans les prisons françaises était de 82 152 au 1er mars, un chiffre inégalé.
00:00:40La densité carcérale globale était de 131,7% contre 124,6% au 1er mars 2024 et dépassait les 200% dans 15 établissements ou quartiers pénitentiaires.
00:00:52Et Londres impose à toute personne travaillant pour l'état russe de s'enregistrer auprès du gouvernement
00:00:57une mesure dans le cadre d'un système de surveillance des influences étrangères qui doit être opérationnel d'ici l'été.
00:01:02Faute de quoi, la personne encourera une peine de prison.
00:01:05Cette mesure est déjà prévue pour les personnes travaillant pour le compte de l'état iranien.
00:01:11Merci à ma chère Maureen et au sommaire ce soir, agitation politique en ce moment même.
00:01:17François Bayrou a lancé le débat à propos de l'exécution provisoire.
00:01:23L'état de la loi mérite réflexion. En quoi l'exécution provisoire impacte-t-elle la liberté de l'électeur ?
00:01:30En quoi prive-t-elle des millions de concitoyens de leur candidate naturelle à la principale élection du pays ?
00:01:37La décision est-elle contestable du point de vue de la souveraineté populaire et de l'universalité du souffrage ?
00:01:44Le peuple est-il incapable de discernement moral ?
00:01:47C'est donc au magistrat de filtrer les candidats.
00:01:50En quoi un changement de la loi permettrait-il au peuple d'être entendu ?
00:01:55Tour de table avec les mousquetaires ce soir.
00:01:58Alors que Gérald Darmanin souhaite un procès en appel dans un délai raisonnable qui est avec une décision,
00:02:04on l'a appris à l'instant, qui aura lieu à l'été 2026,
00:02:08la condamnation de Marine Le Pen n'est-elle pas le coup de grâce espéré, recherché, programmé par beaucoup
00:02:16après avoir tout fait pour l'empêcher d'accéder au pouvoir ?
00:02:19Cordons sanitaires, barrages républicains, tribunes médiatiques, manifestations, menaces, harcèlement.
00:02:26Comment tout cela a-t-il commencé ?
00:02:28Quel est ce système qui a dégainé la bombe nucléaire comme l'a déclaré Marine Le Pen ?
00:02:33Comment ce système s'est-il mis en place ?
00:02:35L'édito de Mathieu Bocoté.
00:02:38Prévenir la récidive, sauvegarder l'ordre public.
00:02:42Quelle est la menace de Marine Le Pen sur l'ordre public ?
00:02:45Assiste-t-on à une justice qui fonctionne ou à une justice qui déraille ?
00:02:49Une justice forte avec certains politiques et faible avec les délinquants ?
00:02:54Ce sont les questions que se posent beaucoup de Français ce soir.
00:02:57Pourquoi certains comparent même la peine de Marine Le Pen avec celle des délinquants ?
00:03:02L'analyse de Gabrielle Cluzel.
00:03:05Rémi X, procureur général près de la Cour de cassation, rappelle que la décision a été rendue
00:03:11par une collégialité de trois magistrats indépendants impartiaux.
00:03:16La présidente du tribunal, Bénédicte de Pertuis, ayant condamné Marine Le Pen,
00:03:20est une magistrate d'expérience spécialisée dans les dossiers financiers,
00:03:25non encartée dans un syndicat ou un parti politique.
00:03:28Elle a été inspirée par Eva Jolie.
00:03:31Qui est Eva Jolie ?
00:03:33Cette ancienne juge d'instruction, devenue ensuite écologiste, déclarait
00:03:37« Mon ennemi, c'est la finance ». Le regard de Marc Meunin.
00:03:41Personne n'a oublié le mur des cons, ni les appels de certains magistrats
00:03:47à voter contre l'extrême droite en plein vote démocratique.
00:03:51Si le Conseil supérieur de la magistrature se défend d'une décision politique,
00:03:55il convient de se pencher sur la manière dont les magistrats se seraient eux-mêmes ciblés.
00:04:00Quelles sont les véritables cibles de la justice aujourd'hui ?
00:04:03La liste comprend-elle surtout des politiques de droite, des figures de droite
00:04:07ou des personnalités incarnant une certaine idéologie à battre ?
00:04:10Des écoles catholiques ? Jusqu'à Fillon, Sarkozy, Zemmour ?
00:04:14En passant par la crèche de Bocquer ?
00:04:16En quoi cela est-il un mythe ou une réalité, le décryptage de Charlotte Dornet ?
00:04:20Et puis, François Bayrou déclare ne pas pouvoir critiquer une décision de justice.
00:04:26Peut-on critiquer une décision de justice ?
00:04:29Ou bien cette interdiction s'ajoutait au recul de la liberté d'expression ?
00:04:33Critiquer une décision de justice, est-ce faire du trumpisme ?
00:04:36Est-ce faire du populisme ? Faut-il, au nom du respect du droit,
00:04:39se rallier à cette position ?
00:04:41Et si cette possibilité était bientôt condamnable ?
00:04:44L'édito de Mathieu Boccotté.
00:04:46Une heure avec nos mousquetaires pour tout se dire et sans tabou ce soir. C'est parti.
00:05:04Mathieu Boccotté, je commence avec vous ce soir.
00:05:06On fera un tour de table dans un instant.
00:05:08On a appris ce soir que la cour d'appel de Paris
00:05:11dit envisager un procès avec une décision à l'été 2026.
00:05:16Bouleversement. Personne ne s'attendait à cette information.
00:05:20En tout cas, les heures passent et on comprend, Mathieu Boccotté,
00:05:23l'ampleur historique du jugement d'hier contre Marine Le Pen.
00:05:277 millions de téléspectateurs ont suivi sa réaction à la télévision.
00:05:30Jordan Bardella a critiqué le système qui fera tout pour ce qu'il peut
00:05:35pour empêcher l'arrivée du RN au pouvoir.
00:05:37Marine Le Pen a ajouté, Mathieu Boccotté, que le système a sorti la bombe nucléaire.
00:05:41Qu'est-ce que ce système ? On en parle dans un instant.
00:05:44D'abord, combien ont rêvé d'empêcher Marine Le Pen d'arriver au pouvoir ?
00:05:48Et cela ne date pas d'hier.
00:05:50Vous avez tout à fait raison de le dire.
00:05:51C'est une longue histoire qui a abouti hier, en quelque sorte.
00:05:55Une longue histoire, c'est-à-dire, dès l'émergence du courant national,
00:05:59à partir des années 80, sur la crise du gaullisme,
00:06:03sur la crise des droits dans le contexte de la Mitterrandie.
00:06:05Tout un univers dont on a perdu le souvenir.
00:06:08Dès que le courant national s'est recomposé politiquement ou composé politiquement,
00:06:12il a été immédiatement frappé d'interdit, en quelque sorte.
00:06:16Pas toujours avec les mêmes méthodes, parce qu'il ne posait pas toujours
00:06:19les mêmes enjeux, les mêmes défis au régime, au système.
00:06:22Alors, point de départ, on le sait, il émerge au début des années 80
00:06:26autour de la question de l'immigration.
00:06:28Il faut toujours rappeler, la question émerge à ce moment-là.
00:06:31Et comment la question de l'immigration est-elle traitée dans le jeu politique ?
00:06:34Tout de suite dans le langage de l'antifascisme et du racisme.
00:06:38Donc, immédiatement, on cherche à marquer au fer rouge du racisme et du fascisme
00:06:43ceux qui veulent poser la question de l'immigration.
00:06:47Ça, c'est les années 80.
00:06:49Les années 90, on va un peu plus loin.
00:06:51Alors, c'est la question de l'Europe qui arrive, notamment avec Maestricht.
00:06:54Et qu'est-ce qu'on voit ?
00:06:55S'opposer ensuite à Maestricht vous condamne,
00:06:58et à la construction européenne telle qu'elle prenait forme alors,
00:07:01vous condamne alors aussi à la mise en périphérie de la vie politique.
00:07:05En fait, vous connaissez déjà le sort du cordon sanitaire.
00:07:08C'est ce que dit Jacques Delors à l'époque en disant,
00:07:10si vous voulez voter non à Maestricht, quittez la vie politique,
00:07:13vous n'y êtes plus les bienvenus.
00:07:15Et qu'est-ce qu'on va voir d'ailleurs dans les années qui vont suivre ?
00:07:17Ceux qui s'étaient opposés courageusement à Maestricht
00:07:20ont fini par se rallier au système parce qu'ils avaient compris
00:07:24que s'ils maintenaient leur opposition, ils seraient déclassés,
00:07:27eux aussi, infréquentabilisés.
00:07:29Donc c'est ce qu'on pourrait appeler la méthode de la diabolisation dure.
00:07:33Il y a aussi, ne l'oublions pas, une autre méthode
00:07:36qui était ce que j'appelle la ridiculisation.
00:07:38Et ça, c'est notre ami Philippe de Villiers qui l'a connu aussi à la même époque.
00:07:43Philippe de Villiers s'oppose alors à la sorte de déconstruction culturelle
00:07:47qui va tomber sur la France et plus largement sur le monde occidental.
00:07:50Il remet en question la légende de la révolution dorée.
00:07:53Il remet en question un certain progressisme dominant.
00:07:56Il incarne un souverainisme réel.
00:07:58Il incarne un refus de l'immigration massive.
00:08:00Il va incarner aussi un peu plus tard la question de la lutte contre l'islamisation.
00:08:03Eh bien, Villiers, on va accepter, donc on ne lui réservera pas exactement
00:08:07le traitement de Jean-Marie Le Pen à l'époque ou de Marine Le Pen plus tard,
00:08:10mais on va le traiter comme le fou du système.
00:08:12Donc on va dire, tu as ta place dans le jeu à condition d'avoir
00:08:15les guignols de l'info contre toi à temps plein pour que tout le monde sache
00:08:19que si on embrasse minimalement les mêmes positions que toi,
00:08:22tu seras désormais traité comme un fou, comme un farfelu.
00:08:26On cherchera à t'humilier.
00:08:28Ce qui est fascinant, c'est de voir 30 ans plus tard,
00:08:30Philippe de Villiers, ce qu'il est devenu.
00:08:32Nombreux sont ceux qui le maudissaient à dire finalement qu'il n'avait pas tort sur tout,
00:08:36peut-être même qu'il avait raison sur l'essentiel.
00:08:38Mais le travail, je dirais le sale travail a été fait.
00:08:41Les opposants du moment ont été liquidés.
00:08:44Donc il faut qu'on rappelle une forme de double logique du cordon sanitaire.
00:08:47Il y a l'extérieur du cordon sanitaire, vous êtes diabolisés.
00:08:50Il y a la marge intérieure du cordon sanitaire,
00:08:53ces frontières intérieures, vous êtes ridiculisés.
00:08:56Dans les années 90, une nouvelle idéologie dominante s'impose.
00:08:59C'est fascinant parce que si vous lisez sur les textes de l'époque,
00:09:02on vous explique qu'il n'y a plus d'idéologie, il n'y a plus de pensée dominante,
00:09:05il n'y a plus rien de tout ça, c'est simplement la norme gestionnaire pour tous.
00:09:08Mais c'est l'époque de la pensée unique.
00:09:10Donc on la connaît, mondialiste, libre-échangiste, multiculturaliste,
00:09:13sur le bon anti-raciste, immigrationniste.
00:09:15Mais cette mode se présente comme le centrisme gestionnaire.
00:09:18Et si vous allez contre cette pensée, vous êtes justement traité comme un fou.
00:09:22C'est très particulier, les années 90, on l'a oublié,
00:09:25à quel point on ne répond pas aux arguments des gens qui disent
00:09:28« Mais honnêtement, ce système cause problème ».
00:09:30Vous êtes un fou, vous avez de moins en moins accès aux maisons d'édition,
00:09:33vous avez de moins en moins accès à la télévision,
00:09:35vous avez de moins en moins accès à la radio,
00:09:37vous avez de moins en moins accès à la vie publique.
00:09:39Et dès lors, qu'est-ce que ça veut dire ?
00:09:41Quand on doit à tout prix parler de vous, parce qu'ils existent quand même ces gens-là,
00:09:44à partir de là, une forme de l'automatisation de la référence à l'extrême droite
00:09:47s'impose là plus que jamais.
00:09:49Donc il suffit de coller l'étiquette « extrême droite » à ce moment,
00:09:52et c'est réglé en quelque sorte.
00:09:54Nous n'en parlons plus, nous savons qu'ils existent,
00:09:56mais à la manière des résidus d'un monde ancien toxique.
00:09:59C'est aussi l'époque de la radioactivité en ces matières.
00:10:02C'est-à-dire, si vous vous rapprochez un peu de ces thèmes-là,
00:10:04on commence à dire que vous faites le jeu du Front National,
00:10:07la Rassemblement National, l'extrême droite.
00:10:09Donc vous comprenez que si vous voulez faire carrière, vous avez intérêt à vous taire.
00:10:12On voit vraiment comment c'est arrivé, petit à petit.
00:10:14Ah mais c'est une logique qui se déploie.
00:10:16La conspiration de je-ne-sais-quel méchant avec une cagoule,
00:10:19c'est une logique qui se déploie jusqu'au bout.
00:10:21Et donc on est cabouti aujourd'hui.
00:10:23Ensuite, il y a l'étape qui compte du harcèlement judiciaire.
00:10:26Le harcèlement judiciaire, c'est essentiel.
00:10:28C'est créer les conditions d'une liberté d'expression devenue impraticable.
00:10:33Vous comprenez que si vous usez votre liberté d'expression,
00:10:37vous allez en payer le prix sérieusement.
00:10:39Et la plupart des gens, pour de nombreuses raisons,
00:10:41ne sont pas découragés au quotidien, je les comprends.
00:10:43Ils n'ont pas d'autre chose à faire que de vouloir avoir des soucis au quotidien.
00:10:46Donc qu'est-ce qu'on fait? On décide de se taire.
00:10:48Mais hélas, hélas, hélas, de leur point de vue,
00:10:51la bête, ce qu'ils appellent la bête immonde, continue de monter.
00:10:54En fait, le peuple continue de se dire qu'on est laissé de côté dans tout ça.
00:10:57Une partie importante de la population se sent laissée de côté,
00:11:00se sent méprisée, se sent diabolisée, se sent disqualifiée.
00:11:04Donc se tourne vers le parti qui dit
00:11:06« Nous sommes la voix de ceux qui n'ont pas de voix. »
00:11:09C'est l'ARM dans les circonstances.
00:11:11Et ils progressent. Ils continuent de progresser au fil du temps.
00:11:14Puis à partir d'une quinzaine d'années, on commence à dire
00:11:16« Un jour, inéluctablement, il arrivera au pouvoir. »
00:11:18Ce manifestement, ce n'est pas vrai.
00:11:20Mais ils montent assurément.
00:11:22Donc là, qu'est-ce qu'on a vu? C'est la dernière séquence.
00:11:24Eh bien, il y a eu le front républicain la dernière fois.
00:11:26Donc tous les partis du système,
00:11:28de l'extrême-gauche la plus radicale,
00:11:30antifasciste, violente, la Jeune Garde,
00:11:33jusqu'à une bonne partie de la droite qui se veut modérée,
00:11:36se rassemblent pour faire front contre un parti
00:11:38qui est vu comme le corps étranger
00:11:40qu'on doit chasser à tout prix.
00:11:42Et là, quand on se dit qu'on n'y parviendra pas,
00:11:44on ne parviendra pas à le vaincre par les urnes.
00:11:47Donc on va le vaincre par,
00:11:49et là la formule de Marine Le Pen est la bonne, je crois,
00:11:51par l'arme atomique. On va utiliser l'arme
00:11:53qui permet tout simplement d'illégaliser en quelque sorte,
00:11:55bien qu'autrement, la dissidence, le désaccord.
00:11:58On va traiter, on va l'exécuter juridiquement.
00:12:00C'est ce que j'ai appelé depuis plusieurs mois
00:12:02la décapitation juridique annoncée
00:12:04du RN de l'opposition nationale.
00:12:06Je note qu'on doit faire le lien.
00:12:08À partir d'aujourd'hui, des gens du RN le faisaient,
00:12:10entre ça et la décapitation de Cébitte.
00:12:12Ceux qui n'ont pas compris qu'il y a un lien entre les deux,
00:12:15non pas parce que Cébitte est à la ligne du RN
00:12:17et le RN est à la ligne de Cébitte,
00:12:19mais le système traite ces deux manifestations
00:12:21comme des problèmes à gérer
00:12:23et non pas comme l'expression de voix populaire
00:12:25qu'on doit entendre, qu'est-ce qu'on a vu?
00:12:27On décide tout simplement d'interdire dans un cas,
00:12:29de chasser dans un cas,
00:12:31de frapper du jeu politique,
00:12:33d'exécuter hors du jeu politique dans l'autre.
00:12:36Je pense que le terme de Marine Le Pen
00:12:38était le bon, d'autant qu'ils sont nombreux
00:12:40à l'avoir utilisé, je crois.
00:12:42Oui, on choisit en amont de vous empêcher de choisir.
00:12:44Comme ça, ça va être plus simple ensuite.
00:12:46On nous dit que le RN va continuer d'exister,
00:12:48il va y avoir des candidats, oui,
00:12:50mais sachant que la politique est le jeu d'incarnation,
00:12:52c'est une synthèse politique qu'on vient d'abattre.
00:12:54Marine Le Pen parle de système,
00:12:56vous aussi vous parlez de système.
00:12:58Est-ce que ce terme-là n'est pas galvaudé aujourd'hui?
00:13:00Il peut l'être, vous avez tout à fait raison,
00:13:02il l'est même trop souvent,
00:13:05quand, et je reviens sur la scène du Front républicain,
00:13:07quand vous avez de Raphaël Arnault,
00:13:09qui est aujourd'hui député,
00:13:11jusqu'à une bonne partie de la droite LR,
00:13:13Xavier Bertrand, par exemple,
00:13:15qui est un homme respectable,
00:13:17qui a fait à ce moment-là un choix étonnant,
00:13:19eh bien quand tous ces gens disent
00:13:21qu'on est davantage d'accord entre nous
00:13:23plutôt que d'accord avec la possibilité
00:13:25que ce courant, qui attire quand même
00:13:27près de 30-40% des votes, arrive au pouvoir,
00:13:29il y a à ce moment-là une forme d'effet de système
00:13:31qui se dévoile, c'est-à-dire nous sommes adversaires
00:13:33comme vous, vous ne pensez pas comme moi,
00:13:35on n'a pas les mêmes journaux,
00:13:37on n'a pas les mêmes préférences,
00:13:39on n'a pas les mêmes idées,
00:13:41mais on s'entend pour se reconnaître
00:13:43comme mutuellement légitimes,
00:13:45alors que eux, du RN, eux, Reconquête,
00:13:47eux, ce qu'ils appellent l'extrême-droite,
00:13:49ne sont pas légitimes, et dès lors qu'ils montent trop,
00:13:51tout est permis, c'est ce qu'on appelle
00:13:53l'état d'exception, c'est un concept essentiel
00:13:55en droit, mais c'est un concept essentiel
00:13:57en politique aussi. Qu'est-ce que c'est
00:13:59l'état d'exception? C'est le danger
00:14:01des règles ordinaires, administratives,
00:14:03juridiques, médiatiques,
00:14:05de notre vie en commun, pour se débarrasser
00:14:07de cette menace exceptionnelle
00:14:09qui se présente devant nous.
00:14:11Dès lors qu'on est cet ennemi, tout est permis,
00:14:13une fois qu'on s'en sera délivré,
00:14:15on reviendra aux règles ordinaires,
00:14:17administratives, juridiques, politiques,
00:14:19mais pour se débarrasser de l'ennemi,
00:14:21tout est permis. De ce point de vue, d'ailleurs,
00:14:23c'est traiter l'adversaire comme un ennemi intérieur
00:14:25qu'on doit chasser et mater
00:14:27à tout prix. Mais il faut voir comment,
00:14:29je pense que c'est important de le dire,
00:14:31on essaie de traiter le plus honnêtement possible ce qui s'est passé hier,
00:14:33tout en sachant qu'on peut avoir d'autres lectures
00:14:35des événements. Mais il faut regarder
00:14:37comment c'est traité sur les médias mainstream
00:14:39pour voir à quel point, pour eux, le simple
00:14:41fait de contester cette
00:14:43décision de justice,
00:14:45c'est vu comme une forme de crime
00:14:47de lèse-majesté. La simple idée,
00:14:49je reviendrai en deuxième édito, de critiquer une décision
00:14:51de justice est vue comme potentiellement
00:14:53criminelle. C'est le signe de l'insurrection.
00:14:55C'est le signe du refus de la démocratie.
00:14:57Donc, nous sommes devant un pouvoir
00:14:59tout puissant qui ne tolère
00:15:01plus qu'on le critique.
00:15:03Donc, si vous critiquez une décision de justice,
00:15:05vous êtes dans le populisme. Marine Le Pen,
00:15:07on connaît la formule, souhaiterait une justice
00:15:09vigoureuse pour les uns, mais pas pour elle.
00:15:11Là, on a envie de rappeler, oui, mais on parle
00:15:13quand même d'une chose, on parle d'un adversaire politique
00:15:15sur une querelle administrative. On parle
00:15:17pas de gens qui poignardent dans les rues tous les jours.
00:15:19J'ai l'impression que le commun des mortels
00:15:21sait faire cette distinction. Et si vous regardez
00:15:23le traitement sur le service public de cela,
00:15:25mais c'est probablement
00:15:27la norme aussi, vous avez normalement
00:15:29cinq personnes qui pensent une chose.
00:15:31Vous avez celui qui a pour job
00:15:33d'être en désaccord aujourd'hui, mais il ne peut pas
00:15:35présenter ses arguments. En fait, ce qu'on
00:15:37lui demande, c'est de justifier son existence.
00:15:39Donc, vous avez la norme, vous invitez quelqu'un
00:15:41qui a pour rôle de dire, oui, mais je ne suis peut-être pas d'accord,
00:15:43justifiez-vous d'exister. C'est ce qu'on
00:15:45appelle le pluralisme du service public.
00:15:47Quand j'entendais les différentes
00:15:49analyses au sens large,
00:15:51j'avais l'impression que le système existait entre la
00:15:53normalité et le soulagement. Enfin,
00:15:55on est débarrassé de la normale qui venait
00:15:57dérégler la vie politique.
00:15:59Ouf, on est débarrassé d'elle, elle nous faisait
00:16:01peur quand même.
00:16:03Est-ce qu'on n'est pas là devant deux
00:16:05conceptions de la démocratie ?
00:16:07Manifestement, parce que tout le monde se réclame
00:16:09de la démocratie, et par ailleurs,
00:16:11les gens disent des propos
00:16:13très contradictoires. Pour le régime,
00:16:15pour l'idéologie dominante,
00:16:17il faut comprendre qu'est-ce que c'est la démocratie.
00:16:19Ça consiste à se méfier du peuple.
00:16:21C'est-à-dire que le peuple est une grosse
00:16:23bête inquiétante dont on doit
00:16:25se méfier.
00:16:27Vous l'avez déjà rappelé.
00:16:29C'est essentiel.
00:16:31On a l'impression qu'on aime le peuple.
00:16:33Théoriquement, on est au moins censé le respecter.
00:16:35À défaut de l'aimer, on pourrait le respecter,
00:16:37considérer qu'il est légitime. Mais là, on dit non,
00:16:39parce qu'ils sont dangereux. Le peuple
00:16:41est une bête multifobes.
00:16:43Le peuple est une bête haineuse.
00:16:45Le peuple est une bête à écraser les minorités.
00:16:47Le peuple est une bête à ne pas respecter les règles.
00:16:49Donc, la fonction de la démocratie,
00:16:51nous disent ceux qui se présentent aujourd'hui
00:16:53comme ses gardiens, consiste à limiter
00:16:55toujours plus le pouvoir du peuple,
00:16:57limiter sa capacité à prendre
00:16:59des décisions pour lui-même, parce qu'il a besoin
00:17:01d'une élite éclairée, un despotisme
00:17:03éclairé, nouveau genre,
00:17:05pour encadrer son existence et le civiliser
00:17:07de l'extérieur. Le peuple,
00:17:09laissé à lui-même, est une grosse bête
00:17:11dangereuse. Dans cette logique,
00:17:13qu'est-ce qu'on doit faire? On doit se débarrasser,
00:17:15lorsqu'il le faut, de ses représentants trop inquiétants.
00:17:17La fameuse fonction tribunicienne du politique
00:17:19dont on a tant parlé.
00:17:21Quand la fonction tribunicienne
00:17:23se rapproche du pouvoir, quand l'opposition
00:17:25risque de prendre le pouvoir en plus
00:17:27en respectant les règles, alors là,
00:17:29je le disais, tout est permis.
00:17:31Et de la même manière, il faut le rééduquer.
00:17:33Donc, quand dans les médias, le système,
00:17:35le régime se dit là, il y a des voix qui disent
00:17:37des choses qui ne sont pas autorisées.
00:17:39Quand il n'y en a qu'un, à la rigueur, ça passe pour peu
00:17:41qu'il soit dans la périphérie médiatique.
00:17:43Quand il y en a un au cœur du système médiatique,
00:17:45il faut s'en débarrasser. On se rappelle l'histoire,
00:17:47le mauvais sort qui était réservé à Éric Zemmour en d'autres temps
00:17:49lorsqu'il était journaliste. Sa simple présence
00:17:51sur un plateau télé
00:17:53était traitée comme un scandale.
00:17:55Il faut bien comprendre, avec cette phrase qui revenait toujours,
00:17:57comment peut-on inviter de tels gens?
00:17:59Nous ne voulons pas les entendre.
00:18:01Donc, d'un côté censure, de l'autre côté rééducation,
00:18:03c'est ce que j'appelle, quant à moi,
00:18:05une vision carcérale et punitive
00:18:07de la démocratie. Eux, ils appellent ça
00:18:09aujourd'hui état de droit.
00:18:11Nous, il y a l'autre vision de la démocratie,
00:18:13c'est qu'il ne s'agit pas à sacraliser le peuple.
00:18:15Évidemment, le peuple peut se tromper.
00:18:17Et le peuple n'est jamais une masse homogène.
00:18:19Le peuple est divisé en plusieurs courants de pensée.
00:18:21Mais il s'agit de respecter minimalement
00:18:23ses représentants, de ne pas accorder
00:18:25aux juges une forme de pouvoir impérial
00:18:27qui consiste à dire
00:18:29« nous allons fixer les règles et vous allez vous coucher
00:18:31parce que nous sommes les nouveaux souverains
00:18:33et vous n'êtes que les administrateurs du quotidien ».
00:18:35Ça consiste aussi à dire « on respecte les différents partis ».
00:18:37Ça consiste à dire qu'on respecte
00:18:39la mise en forme politique des préférences populaires.
00:18:41Ce qu'on ne veut plus aujourd'hui avec la question
00:18:43du référendum.
00:18:45La question est peut-être simple finalement.
00:18:47Est-ce que le peuple est un recours ou un problème ?
00:18:49Telle est la question shakespearienne
00:18:51aujourd'hui.
00:18:53Dans un instant, pour votre second édito,
00:18:55on s'arrêtera sur cette question
00:18:57qui est revenue à l'Assemblée nationale aujourd'hui.
00:18:59Peut-on critiquer une décision
00:19:01de justice ?
00:19:03Tout le monde s'est posé la question aujourd'hui,
00:19:05même le Premier ministre, on en parle
00:19:07dans votre deuxième édito.
00:19:09Une éligibilité avec exécution immédiate.
00:19:11Quatre ans de prison,
00:19:13dont deux fermes
00:19:15aménagées sous bracelet électronique.
00:19:17Cent mille euros d'amende.
00:19:19Beaucoup de Français s'étonnent
00:19:21de la disproportion de la peine
00:19:23dans un contexte de laxisme judiciaire.
00:19:25Gabrielle Cluzel,
00:19:27cette indignation est-elle explicable ?
00:19:29Peut-être rappelons en préambule
00:19:31que la juge elle-même
00:19:33a convenu qu'il n'y avait pas eu
00:19:35d'enrichissement personnel
00:19:37ni même d'emploi fictif.
00:19:39Elle parle de contrat fictif.
00:19:41C'est-à-dire que des assistants parlementaires
00:19:43ont travaillé pour le parti
00:19:45sur le plan national quand ils étaient rémunérés
00:19:47pour travailler sur le plan
00:19:49européen. Ça me semble important de le rappeler
00:19:51parce que je crois qu'encore certains
00:19:53de ceux qui nous regardent ne le savent peut-être pas.
00:19:55Donc c'est une réaffectation des moyens
00:19:57à l'intérieur du parti.
00:19:59C'est une entreprise qui affecterait
00:20:01à la filiale B les fonds dévolus
00:20:03en principe à la filiale A.
00:20:05Alors nous avons beaucoup
00:20:07parlé, tous les plateaux en parlent et c'est bien normal
00:20:09parce qu'il y a une répercussion politique énorme
00:20:11de cette inéligibilité
00:20:13de 5 ans
00:20:15mais on s'interroge évidemment
00:20:17sur la notion de
00:20:19proportionnalité
00:20:21aussi sur le reste
00:20:23de la peine. Il y a 4 ans de prison
00:20:25dont 2 fermes aménagées
00:20:27sous bracelet électronique, vous l'avez rappelé, associées à une amende
00:20:29de 100 000 euros. Alors je dois préciser que le
00:20:31bracelet électronique a beaucoup plu
00:20:33au député fiché S Antifa
00:20:35Raphaël Arnault, qui trouve ça visiblement
00:20:37jouissif, vous voyez, il a publié
00:20:39sur Twitter, hâte de croiser Marine
00:20:41Le Pen en bracelet électronique
00:20:43à l'Assemblée. Alors au moment
00:20:45où il parle, son
00:20:47collègue Louis Boyard, ancien
00:20:49dealer de son aveu
00:20:51gambade toujours dans
00:20:53les couloirs de l'Assemblée,
00:20:55librement, et quant au député de Nantes
00:20:57Andy Kerbrad, pris en flagrant délit
00:20:59d'achat de drogue en octobre
00:21:01dernier, et selon la presse, Andy
00:21:03Kerbrad aurait financé sa consommation
00:21:05avec l'avance de frais de mandat.
00:21:07Eh bien lui, il n'est pas présent
00:21:09parce qu'il est en arrêt maladie pour soigner son addiction
00:21:11à la drogue, mais ça ne l'a pas empêché
00:21:13en délégant son vote
00:21:15de voter contre la loi
00:21:17narcotrafic. Reconnaissons
00:21:19que c'est quand même un peu cocasse.
00:21:21Mais qu'est-ce que tout cela, n'est-ce
00:21:23pas, à côté de faire travailler
00:21:25un assistant du Parlement
00:21:27européen sur un sujet national ?
00:21:29Deux poids,
00:21:31deux mesures, justice
00:21:33forte avec certains politiques,
00:21:35justice faible avec peut-être
00:21:37certains délinquants. On marque une pause,
00:21:39on revient tout de suite pour analyser
00:21:41ce que pensent les Français sur ce sujet.
00:21:43A tout de suite.
00:21:47Marion Maréchal a déclaré,
00:21:49je cite, dans la France de 2025
00:21:51des violeurs, des dealers, reçoivent
00:21:53des peines moins lourdes que Marine
00:21:55Le Pen. C'est le laxisme
00:21:57judiciaire pour eux,
00:21:59la fermeté extrême
00:22:01pour elles. En quoi
00:22:03cela est-il vérifiable,
00:22:05Gabrielle Cluzel ? Écoutez, en tout cas,
00:22:07j'ai essayé de le faire, je ne prétends pas être exhaustive,
00:22:09mais j'ai parcouru la presse
00:22:11locale et nationale, sans
00:22:13remonter beaucoup, et de fait, c'est
00:22:15assez édifiant. Voyez, le 28
00:22:17mars, il y a donc deux jours, un chauffard a été
00:22:19condamné pour refus d'obtempérer,
00:22:21mise en danger d'autrui,
00:22:23et usurpation de plaques d'immatriculation.
00:22:25Il a écopé de dix mois de prison
00:22:27sous bracelet électronique,
00:22:29donc moins que Marine Le Pen.
00:22:31La justice est rendue au nom du peuple.
00:22:33Entre les deux individus,
00:22:35vous pensez que lequel
00:22:37est le plus dangereux
00:22:39entre Marine Le Pen et cet individu ?
00:22:41Il y a un mois, en février, le tribunal
00:22:43correctionnel de Nîmes a
00:22:45condamné un homme de 64 ans
00:22:47à 18 mois de prison ferme
00:22:49sous la forme d'un bracelet électronique
00:22:51pour agression sexuelle sur une mineure.
00:22:53Les faits remontent à 2017.
00:22:55La victime était alors
00:22:57âgée de dix ans. Il lui avait dit
00:22:59d'ailleurs, si tu parles, je risque
00:23:01d'aller en prison. Visiblement non, puisqu'il a
00:23:03eu un bracelet électronique. Elle avait subi
00:23:05des attouchements et des violences.
00:23:07Et bien, donc, moins que
00:23:09Marine Le Pen. Encore une fois,
00:23:11là aussi, les Français se posent
00:23:13la question. Ils envoient
00:23:15leurs enfants en train pour aller voir leurs
00:23:17grands-parents pendant les vacances de Pâques.
00:23:19À côté de qui souhaite-t-il
00:23:21qu'il soit plutôt assis, cet enfant,
00:23:23à côté de cet individu ou à côté
00:23:25de Marine Le Pen ?
00:23:27En février dernier, alors ça, c'est
00:23:29quelque chose que les
00:23:31téléspectateurs de CNews connaissent
00:23:33bien. Ils en ont entendu parler, puisque
00:23:35l'agresseur d'un médecin âgé de 64
00:23:37ans qui avait été défiguré, vous avez peut-être
00:23:39les photos en tête, dans son cabinet
00:23:41à Drancy, en Seine-Saint-Denis,
00:23:43a été condamné à trois semaines
00:23:45de travaux d'intérêt général
00:23:47et 2000 euros d'amende.
00:23:49Du reste, le médecin, vous en
00:23:51souvenez aussi peut-être, avait témoigné
00:23:53sur CNews pour quand même
00:23:55dire toute son indignation face à la légèreté
00:23:57de la peine. On l'avait autorisé
00:23:59exceptionnellement, c'est le ditto
00:24:01futur de Mathieu Bocoté,
00:24:03à dire qu'il n'était pas d'accord,
00:24:05puisque visiblement, c'est le sujet du jour.
00:24:07Alors, agresser
00:24:09les médecins, c'est un petit sport national
00:24:11en ce moment. En novembre 2022,
00:24:13déjà une patiente avait violemment agressé
00:24:15et menacé un généraliste, un cabinet médical
00:24:17le SOS médecin de Melun.
00:24:19Le praticien avait eu dix jours d'ITT.
00:24:21Cette femme a eu dix mois de prison,
00:24:23dont trois fermes sous bracelet
00:24:25électronique. Donc, décidément, tabasser
00:24:27son médecin est moins grave que
00:24:29faire travailler son assistant
00:24:31sur un thème national plutôt qu'européen.
00:24:33En novembre 2024,
00:24:35alors ça, c'est un coup tense,
00:24:37un septuagénaire a été condamné à trois
00:24:39ans de prison, dont un an ferme sous bracelet
00:24:41électronique, pour agression sexuelle.
00:24:43Alors, ça remonte à la fin
00:24:45des années 90, sur une fillette qui était
00:24:47allégée à l'époque de 9 à 12 ans.
00:24:49En septembre dernier,
00:24:51le tribunal du Mans a jugé
00:24:53un homme de 20 ans qui avait
00:24:55agressé au cutter un autre homme
00:24:57âgé de 25 ans.
00:24:59Il l'a condamné à six mois de prison ferme
00:25:01sous bracelet électronique pour
00:25:03violence avec arme, donc moins que
00:25:05Marine Le Pen.
00:25:07Et en novembre 2023,
00:25:09on peut remonter comme ça, un conducteur
00:25:11de trottinette électronique. Alors là aussi,
00:25:13vous vous en souvenez peut-être, puisque ça avait suscité
00:25:15une forte émotion, avait provoqué
00:25:17la mort d'un petit Ukrainien de 5 ans
00:25:19violemment percuté sur la promenade
00:25:21des Anglais à Nice.
00:25:23Il a été condamné à trois ans de prison,
00:25:25dont deux avec sursis, donc l'année
00:25:27de prison ferme prend la forme d'un bracelet
00:25:29électronique, toujours moins que
00:25:31Marine Le Pen. Remontons
00:25:33peut-être une dernière fois. En février
00:25:352022, parce que ça n'a pas
00:25:37duré une heure, donc je ne prie que quelques cas,
00:25:39à Pau, deux jeunes menacent
00:25:41une octogénaire chez
00:25:43elle avec un couteau, il la cambriole,
00:25:45il la détrousse.
00:25:47L'un des deux, âgé de 19 ans,
00:25:49a écopé d'un an sous
00:25:51bracelet électronique.
00:25:53Alors, entre Marine Le Pen et ses
00:25:55individus,
00:25:57quel est celui que les Français
00:25:59préfèrent éviter de croiser ?
00:26:01C'est important de se poser
00:26:03pour se rappeler.
00:26:05Il n'empêche que,
00:26:07est-ce qu'on peut comparer ces sanctions ?
00:26:09Est-ce que ça ne s'est pas un peu tout mélangé ?
00:26:11Eh bien non, justement.
00:26:13Des gens peuvent dire que cela n'a rien à voir,
00:26:15mais au contraire, cela a tout
00:26:17à voir, tout est lié.
00:26:19Et c'est précisément parce que la justice
00:26:21a perdu pied, est devenue
00:26:23complètement hors sol.
00:26:25Elle a perdu pied avec cette réalité basique
00:26:27qu'est la protection d'un peuple
00:26:29et la hiérarchie des
00:26:31sanctions. Alors,
00:26:33en fonction des faits, voyez, et non de la tête
00:26:35du client. Et c'est pour cela
00:26:37que cette justice n'est plus comprise
00:26:39par celui au nom duquel elle la rend
00:26:41le peuple français. C'est quand même un comble.
00:26:43Vous savez, les trois missions de la justice, c'est simple.
00:26:45Vous allez sur le site de n'importe quel
00:26:49site officiel
00:26:51du gouvernement de la justice,
00:26:53vous trouverez immédiatement les trois
00:26:55fonctions. C'est protéger,
00:26:57décider et sanctionner.
00:26:59Donc, la justice doit
00:27:01décider d'une sanction,
00:27:03dans une échelle de sanctions,
00:27:05pour protéger.
00:27:07C'est exactement ce qui doit se passer.
00:27:09Donc, si l'on en croit
00:27:11l'échelle des condamnations que je viens
00:27:13de citer, eh bien,
00:27:15il vaut mieux agresser sexuellement
00:27:17des petites filles, menacer d'un couteau,
00:27:19cambrioler des octogénaires, blesser
00:27:21au cuteur, écraser un petit enfant sur la route
00:27:23qu'affecter dans le même
00:27:25parti à une tâche A
00:27:27un assistant prévu pour
00:27:29une tâche B. Et vous savez,
00:27:31on parle souvent d'insécurité
00:27:33culturelle ou d'insécurité
00:27:35tout court, mais il y a aujourd'hui
00:27:37une insécurité judiciaire. Vous savez,
00:27:39cette fable de La Fontaine,
00:27:41selon que vous serez puissant
00:27:43ou misérable, dit cette fameuse
00:27:45fable, eh bien, aujourd'hui, la fable a évolué.
00:27:47C'est selon que vous serez de gauche
00:27:49ou de droite. Et cela
00:27:51plonge les Français dans une profonde
00:27:53inquiétude.
00:27:55Et puis, je dois dire, pour ouvrir peut-être
00:27:57sur un autre débat qui n'a pas été
00:27:59abordé, qui est l'angle mort
00:28:01de ce qui nous anime,
00:28:03c'est le montant
00:28:05des sommes folles que le contribuable
00:28:07français donne à l'Europe
00:28:09quand elle serait peut-être plutôt utile
00:28:11en France pour le bon fonctionnement
00:28:13des partis et donc de la démocratie.
00:28:15Selon que vous serez
00:28:17de gauche ou de droite, on va
00:28:19rebondir sur ce sujet avec
00:28:21Charlotte Dornelas dans un instant.
00:28:23D'abord, je vais vous faire écouter
00:28:25Jean-Philippe Tanguy
00:28:27à l'Assemblée nationale, une ambiance
00:28:29survoltée aujourd'hui
00:28:31à l'Assemblée.
00:28:33Le groupe Rassemblement national
00:28:35ne vous laissera pas voler
00:28:37l'élection présidentielle comme vous avez volé
00:28:39des dizaines de sièges lors des dernières
00:28:41législatives.
00:28:43Aucun
00:28:45député
00:28:47du Rassemblement national
00:28:49ne laissera diffamer celle
00:28:51qui incarne l'espérance du peuple de France
00:28:53Marine Le Pen. Alors,
00:28:55Monsieur le Premier ministre, de quoi
00:28:57est accusé Marine Le Pen sinon de
00:28:59pouvoir vaincre ce système ?
00:29:01On a appris
00:29:03aujourd'hui que le Rassemblement
00:29:05national invite ses sympathisants
00:29:07à soutenir Marine Le Pen
00:29:09dimanche 15h
00:29:11place Vauban à Paris.
00:29:13Un rassemblement
00:29:15pour soutenir Marine Le Pen.
00:29:17On a appris également que la Cour
00:29:19d'appel de Paris, je l'ai déjà dit mais je rappelle
00:29:21pour ceux qui nous rejoignent à l'instant,
00:29:23la Cour d'appel de Paris dit
00:29:25qu'elle a envisagé un procès
00:29:27avec décision pour Marine Le Pen
00:29:29en appel donc à
00:29:31l'été 2026.
00:29:33En parlant de justice,
00:29:35on s'arrête avec vous maintenant
00:29:37sur le profil
00:29:39de ceux qui nous jugent
00:29:41et on va continuer dans un instant avec
00:29:43Charlotte Dornelas-Remietz,
00:29:45procureure générale près de la Cour de
00:29:47Cassation, a rappelé ce matin
00:29:49que la décision a été rendue par une
00:29:51collégialité de trois magistrats
00:29:53indépendants impartiaux.
00:29:55La présidente du tribunal ayant condamné
00:29:57Marine Le Pen est
00:29:59une magistrate, on le dit,
00:30:01d'expérience, spécialisée dans les dossiers
00:30:03financiers, non
00:30:05encartée, non syndiquée
00:30:07mais inspirée par qui ?
00:30:09Inspirée par Eva Jolie.
00:30:11On a envie d'en savoir plus sur Eva Jolie.
00:30:13Alors à la fois
00:30:15il faut en savoir plus sur Eva Jolie
00:30:17mais c'est le principe même
00:30:19de la justice.
00:30:21Elle évoquait les cas
00:30:23je dirais de pouillerie du
00:30:25quotidien où l'immonde est là,
00:30:27se dresse et dans les tribunals
00:30:29on essaie de trouver des
00:30:31circonstances atténuantes éventuellement
00:30:33à ceux qui se sont
00:30:35rendus coupables de faits
00:30:37abjects. Et puis
00:30:39il y a les cols blancs,
00:30:41il y a ceux qui
00:30:43représentent
00:30:45le pouvoir absolu.
00:30:47Et là il nous faut, ce que j'appelle
00:30:49moi, aller vers un film
00:30:51mythique,
00:30:53le film Z. Et c'est le
00:30:55syndrome du film Z.
00:30:57Z comme Zemmour ?
00:30:59Z comme Zemmour.
00:31:01Nous sommes en 1970
00:31:03avec Costa-Gavras,
00:31:05ce grand formidable
00:31:07metteur en scène.
00:31:09Et dans ce film vous avez Jean-Louis
00:31:11Trintignant, Yves
00:31:13Montand, Marcel Bosufi,
00:31:15Bernard Fresson, les plus
00:31:17grands sont là, un scénario
00:31:19écrit au couteau et qui décrit
00:31:21quoi ? Eh bien la prise de
00:31:23pouvoir par les colonels
00:31:25en Grèce, ces fachos
00:31:27qui se sont imposés aux dépens
00:31:29du peuple alors qu'il y a eu
00:31:31l'assassinat de celui qui
00:31:33est incarné par
00:31:35Yves Montand. Et là, il y a le
00:31:37petit juge, face à ces
00:31:39hommes qui s'arrochent tous les droits
00:31:41de la puissance la plus immonde,
00:31:43eh bien, ils incarnent
00:31:45quoi ? La droiture,
00:31:47le courage,
00:31:49l'audace à rien ne le fera
00:31:51plier devant ces gens
00:31:53qui n'ont jamais les mains dans le
00:31:55cambouis, dans le sang, mais qui décident
00:31:57de leur hauteur et qui ont
00:31:59ceux qui exécutent
00:32:01leur but les plus immondes,
00:32:03eh bien, lui,
00:32:05il les fera tomber. Et ça,
00:32:07je pense que c'est une
00:32:09obsession chez nombre de gens
00:32:11qui prennent la piste de la
00:32:13justice. Eux, eux aussi,
00:32:15un jour, seront les grands
00:32:17justiciers. Eux, un jour, aussi,
00:32:19seront les oraux
00:32:21de notre monde, un monde qui doit
00:32:23être plus idéal, un monde où
00:32:25on tient compte des minorités, un monde
00:32:27où le petit n'est
00:32:29plus méprisé et où le
00:32:31grand, on doit obligatoirement
00:32:33s'en défier. Alors, quand on regarde
00:32:35le parcours d'Eva Jolie, je vais répondre à
00:32:37votre question, mais le préambule, pour moi,
00:32:39était indispensable.
00:32:41Je vais y attendre.
00:32:43Il faut savoir patienter pour
00:32:45que la justice se rende.
00:32:47Pas trop, et 2026,
00:32:49peut-être.
00:32:51En l'occurrence, Eva Jolie, elle a un
00:32:53parcours étonnant. Elle naît à Oslo, dans
00:32:55une famille bien pauvre.
00:32:57Le quotidien
00:32:59n'est pas facile. Et à 18
00:33:01ans, elle décide de quitter la Norvège
00:33:03et on la verra,
00:33:05errer ici ou là, en donnant tous les petits
00:33:07boulots aux filles, aux pères,
00:33:09à l'aide ménagère.
00:33:11Et cette jeune femme
00:33:13finira par se marier
00:33:15dans une famille
00:33:17où elle est fille. Aux pères, forcément, on s'oppose
00:33:19à cette union. Et cette
00:33:21jeune femme, à 38
00:33:23ans, passe
00:33:25l'examen d'entrée
00:33:27à la magistrature et
00:33:29elle gagne sa place
00:33:31dans cette élite
00:33:33qui va pouvoir tenir justice.
00:33:35Et alors, elle aura des dossiers
00:33:37extraordinaires. Elle sera
00:33:39celle qui mettra en prison
00:33:41qui ? Éric Floch-Présent,
00:33:43le patron de Elf.
00:33:45Voilà. Elle aura
00:33:47également, dans ses
00:33:49dossiers, Bernard Tapie. Vous vous rendez
00:33:51compte ? Tous ces gens qui sont
00:33:53là, dans leur gloriole,
00:33:55et qui méprisent le peuple, qui se croient tout
00:33:57permis. Et bien, elle, elle les fait
00:33:59tomber. Elle fait tomber qui ?
00:34:01Le président du Conseil
00:34:03constitutionnel, Roland Dumas !
00:34:05Ah oui ! Le scandale
00:34:07des scandales ! La seule chose. Elle le fait condamner,
00:34:09il ira en prison,
00:34:11mais à la fin, eh bien,
00:34:13il leur connaîtra la relax
00:34:15lors du procès
00:34:17de l'appel. Et elle aura
00:34:19à ses côtés, dans nombre
00:34:21de ces procès, une jeune femme
00:34:23qui, elle, a été désignée
00:34:25pour gagner la Cour constitutionnelle
00:34:27il y a quelques jours. C'est
00:34:29Laurence Wink-Wisniewski.
00:34:31Et elle aussi,
00:34:33à côté d'Eva Jolie, dans ces dossiers
00:34:35que je viens de citer.
00:34:37Alors, Bénédicte de Pertuis dit
00:34:39« Mais moi, ces femmes-là ont été
00:34:41un exemple pour moi.
00:34:43C'est de cette manière que nous devons lutter.
00:34:45C'est de cette façon que
00:34:47demain, le monde sera meilleur.
00:34:49Il nous faut nous défier
00:34:51de ceux qui s'arrogent
00:34:53le pouvoir, qui en
00:34:55profitent, et qui méprisent
00:34:57comme le dirait Mathieu,
00:34:59l'ensemble du peuple. Voilà,
00:35:01elles sont justicières. Donc, c'est pas spécialement
00:35:03la couleur politique.
00:35:05Lorsque Laurence
00:35:07Wisniewski fait condamner
00:35:09Robert Hu pour une histoire
00:35:11du PC, le PC
00:35:13qui a eu
00:35:15quelques malversations,
00:35:17elle le fait arrêter.
00:35:19Mais n'oublions pas
00:35:21que nous-mêmes, au quotidien,
00:35:23oublions ces cols blancs.
00:35:25Si demain, vous êtes, par exemple,
00:35:27auteur d'un excès de vitesse
00:35:29que le préfet implique
00:35:31en vous retirant
00:35:33votre permis, c'est en se tenant,
00:35:35de la même façon, si vous êtes condamné
00:35:37par le tribunal. Et quand vous faites appel,
00:35:39s'il est démontré
00:35:41que vous avez
00:35:43en réalité raison,
00:35:45qu'on vous relaxe ou que la peine est moindre,
00:35:47si on vous a retiré le permis pendant
00:35:493 mois, 6 mois, il n'y aura pas
00:35:51d'indemnité, vous aurez
00:35:53exécuté une peine, alors qu'à la fin,
00:35:55on vous dira qu'en réalité,
00:35:57vous pouviez aller en paix,
00:35:59que c'était une erreur de la justice.
00:36:01Vous voyez que les choses sont beaucoup plus complexes,
00:36:03mais il y a quand même cette obsession
00:36:05d'être le nouveau Robespierre,
00:36:07d'être l'incorruptible.
00:36:09Méfions-nous, on sait à quoi ça nous conduit.
00:36:11– Merci Marc Menand.
00:36:13Méfions-nous.
00:36:15Effectivement, dans un instant,
00:36:17on parlera avec vous, peut-on critiquer
00:36:19une décision de justice ? Mathieu Bocoté,
00:36:21avec Charles Dornelas, personne n'a oublié
00:36:23le mur des cons, personne n'a oublié
00:36:25les prises de position
00:36:27de certains magistrats. On va s'arrêter quand même dessus
00:36:29pour comprendre, est-ce que c'est pas un retour
00:36:31de bâton ? On va essayer de comprendre tout ça.
00:36:33D'abord, j'aimerais bien qu'on fasse un tour de table
00:36:35sur
00:36:37le débat de ce soir.
00:36:39Le débat de ce soir, c'est François Bayrou
00:36:41qui l'a lancé en disant que l'état de la loi
00:36:43mérite réflexion. Juste avant, la dernière
00:36:45information, c'est que 300 000 signatures
00:36:47ont eu lieu pour
00:36:49la pétition de soutien à Marine Le Pen en 24 heures,
00:36:5110 000 nouvelles
00:36:53adhésions au RN en
00:36:5524 heures. Je reviens à mon sujet
00:36:57de tour de table. En quoi,
00:36:59selon vous, l'exécution
00:37:01provisoire impacte-t-elle
00:37:03la liberté de l'électeur ? En quoi
00:37:05privent-elle donc des millions de
00:37:07concitoyens ? Ça peut être une évidente,
00:37:09c'est ma question pour certains, mais
00:37:11beaucoup remettent cette évidence en question.
00:37:13En quoi privent-elle des millions de
00:37:15concitoyens de la candidate principale
00:37:17à l'élection du pays ? Est-ce que
00:37:19ça ne veut pas dire que le peuple
00:37:21n'est pas capable de discernement moral ?
00:37:23Est-ce que ce n'est pas aussi l'arbre qui
00:37:25cache la forêt que de se
00:37:27focaliser sur cette exécution
00:37:29provisoire, en se disant
00:37:31que si ce n'est pas l'exécution provisoire,
00:37:33demain, ça sera peut-être autre chose ? Beaucoup de questions
00:37:35sur la table, tour de table, on commence avec vous.
00:37:37Ce qui est certain, c'est que dans les circonstances,
00:37:39l'exécution provisoire a
00:37:41été pensée comme une manière
00:37:43explicite de chasser
00:37:45une candidate du jeu politique. Donc,
00:37:47l'exécution provisoire a été pensée comme
00:37:49la clause, l'instrument
00:37:51qui permettait de politiser
00:37:53cette décision de justice.
00:37:55Alors là, évidemment, après coup, j'ai l'impression
00:37:57d'avoir une partie de la classe politique qui panique en se disant
00:37:59« mais on a donné beaucoup trop de pouvoir
00:38:01au juge ». C'est tout à fait exact,
00:38:03mais je me demande, est-ce qu'ils
00:38:05ne sont pas en train de réagir de la même manière panique
00:38:07qu'ils ont réagi
00:38:09à l'origine en décidant de donner ces pouvoirs-là
00:38:11au juge ? Donc, j'ai l'impression qu'ils manquent d'une forme de rationalité,
00:38:13d'une forme de, pas de
00:38:15prudence, mais de bon sens chez les politiques.
00:38:17Donc, ils se sont déchargés de leur pouvoir vers les juges.
00:38:19Là, les juges, ils en abusent. Ils ont
00:38:21le droit de les récupérer, et on leur demanderait quelquefois
00:38:23une réflexion d'ensemble sur la
00:38:25chose publique. Justement, ils se sont eux-mêmes
00:38:27menottés, puis ensuite ils se sont surpris d'être menottés.
00:38:29Il y a quelque chose d'étonnant. – Oui, et comme si
00:38:31l'exécution provisoire a été peut-être
00:38:33pensée pour des petits mandats.
00:38:35Vous voyez ce que je veux dire ? De maires, etc.
00:38:37Et là, ils se retrouvent devant
00:38:39une candidate à la présidentielle, et ça, ça éclose,
00:38:41parce que, regardez, il y a une décision du Conseil
00:38:43constitutionnel, trois jours avant celle
00:38:45de Marine Le Pen, le 28 mars,
00:38:47et qui est quand même mesurée
00:38:49justement sur la portée de l'exécution
00:38:51provisoire. – Moi, je dirais que quand on
00:38:53donne le pouvoir à quelqu'un, il l'utilise.
00:38:55Il finit par l'utiliser, et aujourd'hui, on est dans
00:38:57le moment de l'abus de pouvoir
00:38:59des politiques. Là, c'est l'abus de pouvoir
00:39:01des juges qui se veulent
00:39:03aujourd'hui nouveau Robespierre, et comme
00:39:05dirait Marc, effectivement, on sait comment ça se termine.
00:39:07– Mais c'est vrai que
00:39:09certains magistrats qui défendent cette décision
00:39:11expliquent que l'outil a été
00:39:13utilisé, puisque la loi existe,
00:39:15et que donc, la loi votée par
00:39:17des gens élus revient
00:39:19à la souveraineté populaire.
00:39:21Mais il y a un problème dans cette réflexion,
00:39:23c'est simplement que si
00:39:25vous utilisez la loi votée par certains et par
00:39:27une majorité à un temps donné
00:39:29pour empêcher de se présenter une alternative
00:39:31et donc un changement possible
00:39:33de loi, qui est une aspiration
00:39:35d'une partie de la population,
00:39:37alors vous jouez à armes
00:39:39très inégales dans ce cas-là.
00:39:41– En effet, la question, et là, en effet,
00:39:43la classe politique, vous savez,
00:39:45ces lois, ils les ont votées, en effet, en réagissant
00:39:47avec panique à des actes d'abus
00:39:49par certains politiques, et ils se disent
00:39:51ok, on va donner tout les choix,
00:39:53et là aujourd'hui,
00:39:55la question de fond à laquelle la classe
00:39:57politique doit répondre, c'est à qui appartient,
00:39:59quelle que soit la peine prononcée,
00:40:01quels que soient les dossiers qui sont examinés
00:40:03par la justice, et c'est nécessaire de le faire,
00:40:05est-ce que la peine d'inéligibilité,
00:40:07en plus avec l'exécution
00:40:09provisoire, revient à la justice
00:40:11ou est-ce qu'elle revient uniquement à la souveraineté
00:40:13populaire ? Ce débat-là, en effet,
00:40:15ce serait bien qu'il l'ait hors des moments de panique
00:40:17et de manière générale, c'est une question politique
00:40:19de fond, elle mérite d'être
00:40:21étudiée calmement.
00:40:23– Marc Menand, c'est le débat,
00:40:25la porte qui a ouverte
00:40:27François Bayrou ce soir, à la surprise générale,
00:40:29il a dit qu'on ne critique pas la décision
00:40:31de justice, on reviendra sur ce sujet avec vous,
00:40:33Mathieu, mais il laisse quand même
00:40:35une porte ouverte pour dire qu'il faut discuter
00:40:37du sujet. – Oui, mais alors ce qui est étonnant,
00:40:39c'est que par exemple aux Etats-Unis,
00:40:41si vous êtes en prison,
00:40:43ça n'exclut pas que vous puissiez
00:40:45être élu, c'est-à-dire
00:40:47qu'à un moment donné… – En France aussi, vous pouvez être condamné.
00:40:49– Oui, non mais,
00:40:51en l'occurrence là,
00:40:53Marine Le Pen n'a pas le droit
00:40:55de pouvoir se présenter
00:40:57alors que
00:40:59il y a cette possibilité d'être
00:41:01derrière les barreaux, donc d'être
00:41:03quelqu'un qui est en train
00:41:05d'effectuer une peine,
00:41:07et là on reconnaît au peuple le droit
00:41:09de vous choisir parce que
00:41:11c'est sa conviction
00:41:13que vous serez le meilleur
00:41:15élément comme guide.
00:41:17– Excusez-moi, juste un instant,
00:41:19on va directement écouter Bruno Rotaïo,
00:41:21ça sera sa première réaction sur Marine Le Pen,
00:41:23on l'écoute.
00:41:31– Écoutez, moi ce que je souhaite,
00:41:33c'est qu'elle puisse être jugée
00:41:35en appel le plus vite possible,
00:41:37je me suis réjoui d'ailleurs de voir ce communiqué
00:41:39qui est tombé il y a quelques heures,
00:41:41selon lequel elle pourrait avoir
00:41:43cette seconde instance,
00:41:45c'est une seconde chance pour elle,
00:41:47je crois à l'été prochain,
00:41:49c'est-à-dire à l'été
00:41:512026, voilà, ce qui fait que
00:41:53ça pourrait être purgé
00:41:55à ce moment-là et
00:41:57c'est fondamental pour moi.
00:41:59– Est-ce que tu penses que le justice a deux vitesses
00:42:01d'avoir un jugement en appel aussi rapide
00:42:03par rapport à d'autres procédures ?
00:42:05– Écoutez, j'ai connu des
00:42:07vitesses en matière de justice
00:42:09très très rapides, encore plus rapides que celles-ci.
00:42:11– Que des magistrats soient menacés
00:42:13par la décision qu'ils ont rendue,
00:42:15qu'est-ce que vous en avez pensé ?
00:42:17– Inacceptable, c'est absolument inacceptable,
00:42:19j'en ai parlé avec mon collègue, ministre d'Etat,
00:42:21ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
00:42:23évidemment on est prêt
00:42:25à la protection si jamais
00:42:27il le fallait, mais c'est pas acceptable.
00:42:29– Le Premier ministre s'est dit
00:42:31cet après-midi à l'Assemblée nationale
00:42:33ouvert à ce qu'on revoit
00:42:35l'exécution provisoire
00:42:37pour les peines d'inéligibilité
00:42:39par exemple, quelle est votre
00:42:41position personnelle dans ce débat ?
00:42:43– Elle rejoint la sienne, moi je trouve qu'elle rejoint la sienne,
00:42:45je pense que
00:42:47ces questions sont des questions importantes
00:42:49parce que lorsque
00:42:51on a un procès,
00:42:53il y a une reconnaissance de culpabilité,
00:42:55mais l'exécution provisoire, en réalité,
00:42:57elle va préempter
00:42:59sur la deuxième instance
00:43:01juridictionnelle.
00:43:03Donc, je pense que ce que le Premier ministre
00:43:05a émis comme idée,
00:43:07je le rejoins et je pense que c'est
00:43:09plutôt une bonne idée, oui.
00:43:11– Monsieur le ministre, il y a eu une réunion sur l'Algérie,
00:43:13il semblerait que les relations entre la France et l'Algérie
00:43:15se sont réchauffées, en tout cas entre le président
00:43:17et le ministre Macron et la députée Brigitte de Hartebourg.
00:43:19Que s'est-il dit dans cette réunion ?
00:43:21– Écoutez, c'est...
00:43:23Pardon.
00:43:25C'est bizarre de répondre...
00:43:29Écoutez, je ne vais pas raconter...
00:43:31– Je ne sais pas si on l'entend toujours.
00:43:33On l'entend peut-être beaucoup.
00:43:35Pardon.
00:43:37Mais c'était la première réaction
00:43:39de Bruno Rotailleau
00:43:41depuis le jugement de Marine Le Pen
00:43:43lors d'une réunion
00:43:45publique dans le cadre de sa campagne
00:43:47à la présidence des Républicains.
00:43:49On voulait absolument
00:43:51l'entendre en direct.
00:43:53C'est une seconde chance pour Marine Le Pen
00:43:55que le procès en appel,
00:43:57qui pourrait se tenir avec une décision à été 2026,
00:43:59et qui rejoint complètement
00:44:01François Bayrou sur le sujet
00:44:03autour duquel on était en train de s'exprimer.
00:44:05Je vous laisse vous parler,
00:44:07ne vous inquiétez pas,
00:44:09sur cette exécution provisoire
00:44:11où je disais que François Bayrou a lancé le débat ce soir
00:44:13à propos de l'exécution provisoire.
00:44:15L'état de loi mérite réflexion.
00:44:17Bruno Rotailleau a dit qu'il est complètement sur la même ligne.
00:44:19Quel est votre regard, Gabrielle Cluzel ?
00:44:21Je constate que Bruno Rotailleau
00:44:23est plutôt en retrait par rapport à la position
00:44:25de François Bayrou, puisque
00:44:27François Bayrou a dit qu'il était troublé par la décision.
00:44:29Bruno Rotailleau a simplement dit qu'il se réjouissait
00:44:31qu'elle ait une deuxième chance, mais il n'a pas
00:44:33évoqué l'idée
00:44:35qu'elle ne puisse pas se représenter
00:44:37et il n'a pas porté
00:44:39d'avis là-dessus.
00:44:41Il est plutôt en deçà
00:44:43des menaces du juge.
00:44:45C'est vrai que c'est
00:44:47peut-être un peu
00:44:49étonnant. Concernant l'exécution
00:44:51provisoire, ce qui est frappant, c'est la disproportion
00:44:53entre les motifs assez fragiles
00:44:55pour cette exécution provisoire,
00:44:57parce que matériellement, elle ne peut plus le faire.
00:44:59Elle n'est pas députée européenne,
00:45:01elle n'est pas présidente du Rassemblement national.
00:45:03Elle ne peut plus reproduire
00:45:05les transferts.
00:45:07En quoi, par exemple,
00:45:09un changement de loi,
00:45:11sur l'exécution provisoire,
00:45:13en quoi un changement de loi permettrait-il
00:45:15au peuple d'être entendu ?
00:45:17Là, en l'occurrence,
00:45:19ça permettrait à...
00:45:21J'ai l'impression que c'est l'arbre qui cache la forêt.
00:45:23J'ai l'impression que là, c'est le petit nonos
00:45:25qu'on va ronger, pardonnez-moi l'expression, ponctuellement.
00:45:27Peut-être que l'appel avancé
00:45:29est aussi un petit nonos
00:45:31qu'on donne à ronger aux électeurs du Rassemblement national.
00:45:33Et qu'il y aura un autre barrage républicain.
00:45:35Rien ne dit que l'appel
00:45:37ne confirmera pas
00:45:39ce qui a été jugé.
00:45:41Il faut quand même le garder en mémoire.
00:45:43Il ne s'est pas érasé sur tout ce qui s'est passé hier.
00:45:45Il faut quand même le savoir.
00:45:47Ce qui est choquant aujourd'hui,
00:45:49c'est que des millions de Français
00:45:51ne peuvent pas aller voter comme ils le souhaitaient.
00:45:53Je voulais simplement dire qu'on s'est beaucoup plaint pendant des années
00:45:55qu'il y avait beaucoup d'abstentions.
00:45:57On a même réfléchi à donner des goodies aux gens
00:45:59pour qu'ils aillent voter.
00:46:01Et aujourd'hui, on supprime la favori dans les sondages.
00:46:03Il ne faudra pas aller pleurer quand plus personne n'ira voter.
00:46:05Très juste.
00:46:07Merci, Gabrielle Cluzel. Vous, vous m'avez un peu énervée.
00:46:09La justice,
00:46:11Gabrielle Cluzel, ça en va avoir
00:46:13avec Charlotte Dornelas.
00:46:15C'est exactement la justice qui s'attire
00:46:17à nouveau de nombreuses critiques.
00:46:19Certains font remarquer
00:46:21que les prises d'opposition politique
00:46:23de certains magistrats ont eux-mêmes
00:46:25soulevé les soupçons, les doutes,
00:46:27les critiques. Que faut-il en penser, Charlotte ?
00:46:29Les magistrats,
00:46:31dans cette affaire-là en particulier,
00:46:33évoquent donc
00:46:35le fait
00:46:37que la stratégie du déni,
00:46:39ce qu'ils appellent la stratégie du déni, c'est-à-dire de la défense,
00:46:41c'est-à-dire nous n'avons rien fait de mal
00:46:43et par ailleurs nous contestons
00:46:45ce fameux désaccord administratif
00:46:47avec les institutions européennes.
00:46:49Le fait que le RN ne reconnaisse pas
00:46:51la faute qui est jugée
00:46:53laisse craindre une récidive sur
00:46:55l'utilisation des fonds publics. Dans un deuxième temps,
00:46:57ils expliquent le risque de voir
00:46:59élue une candidate
00:47:01qui est condamnée.
00:47:03Ils expliquent qu'il y a un risque à condamner
00:47:05quelqu'un qui serait plus condamné en appel
00:47:07et entre les deux pas élue.
00:47:09Ils préfèrent prendre ce risque-là
00:47:11que de risquer de faire élire, de permettre
00:47:13que soit élue une femme
00:47:15dont la condamnation serait confirmée.
00:47:17Bon ben là, en l'occurrence, la date de l'appel
00:47:19change cette histoire, mais ils expliquent que ce serait
00:47:21un trouble à l'ordre public démocratique
00:47:23et nous disent-ils en dernier lieu
00:47:25la loi le permet, le code pénal
00:47:27aussi. Un,
00:47:29les députés, et on l'a déjà dit, qui contestent
00:47:31le principe doivent se poser la question
00:47:33du changement de loi au lieu d'éructer
00:47:35des conséquences des actes qu'ils ont
00:47:37même posé. Deux, les magistrats
00:47:39qui se contentent d'expliquer
00:47:41que la loi leur permet de faire ça
00:47:43devraient nous expliquer pourquoi
00:47:45tout le reste de l'année, ils défendent
00:47:47sans cesse l'individualisation de la peine
00:47:49par exemple quand on évoque la question des
00:47:51peines planchées. C'est donc bien qu'ils se laissent
00:47:53une marge d'interprétation par rapport
00:47:55aux outils qui leur sont donnés.
00:47:57Donc il faut renvoyer la responsabilité aux politiques,
00:47:59vous donnez des outils, les gens s'en servent, ne vous étonnez pas.
00:48:01Et de l'autre côté, la question du magistrat
00:48:03ça n'épuise pas les choses que
00:48:05dans le code pénal, cette chose
00:48:07soit permise. Mais pourquoi
00:48:09la colère s'adresse-t-elle plus à
00:48:11cette décision, en effet, qu'aux pouvoirs
00:48:13politiques dans les circonstances ?
00:48:15Une décision de justice peut être
00:48:17contestable, alors j'empiète un peu et Mathieu
00:48:19va le développer, mais une décision de justice
00:48:21peut être contestable, c'est d'ailleurs tout l'objet
00:48:23d'un appel. Quand vous faites appel, c'est que
00:48:25vous contestez la décision de justice.
00:48:27Donc déjà, je ne comprends pas pourquoi on nous explique
00:48:29que c'est impossible. Par ailleurs, j'ai
00:48:31entendu aucun magistrat s'énerver quand Emmanuel
00:48:33Macron, à lui, clôt un débat
00:48:35avant même que la justice ne passe.
00:48:37Donc on ne peut pas contester une décision de justice, par contre
00:48:39quand Emmanuel Macron nous dit, au moment de la mort de
00:48:41Naël, que le geste est inexcusable
00:48:43et inexplicable, là ça ne gêne personne
00:48:45qui clôt l'enquête avant même l'existence du
00:48:47procès. Bon, vous noterez que là,
00:48:49les magistrats n'avaient pas réagi. Et
00:48:51surtout, la politisation de
00:48:53certains magistrats empêche
00:48:55la sérénité de toute la justice.
00:48:57Il n'y a plus un magistrat qui peut prendre
00:48:59une décision sans que pèse sur
00:49:01sa décision, surtout que les magistrats ont un devoir de
00:49:03réserve et ne viennent pas expliquer leur décision,
00:49:05sans que pèse sur ses décisions
00:49:07le poids de la politisation extrêmement
00:49:09bruyante de certains
00:49:11de leurs collègues, sans réaction de personne.
00:49:13C'est évidemment le syndicat de la magistrature
00:49:15et il y a une phrase qui est ressortie
00:49:17évidemment à cette occasion, qui appelait
00:49:19après le résultat des européennes,
00:49:21des dernières européennes, puisqu'on reproche également
00:49:23aux partis dans la décision de justice
00:49:25d'être très opposés aux institutions
00:49:27européennes, alors même qu'ils contestent
00:49:29dans ce dossier en particulier. Le syndicat
00:49:31de la magistrature écrit qu'il appelle
00:49:33l'ensemble des magistrates et magistrats
00:49:35ainsi que toutes celles et ceux qui
00:49:37participent à l'activité judiciaire
00:49:39à se mobiliser, oui c'est lourd dingue,
00:49:41à se mobiliser contre l'accession au pouvoir
00:49:43de l'extrême droite. Qui a
00:49:45réagi à ce moment-là dans un processus électoral ?
00:49:47La dissolution était déjà engagée,
00:49:49il y avait donc une campagne électorale
00:49:51en cours, j'appelle ça évidemment
00:49:53une atteinte à la neutralité
00:49:55qui prévaut pour les magistrats.
00:49:57Et ça n'est pas toujours le cas.
00:49:59Un, il y a des magistrats qui ont été
00:50:01sanctionnés pour quelques tweets,
00:50:03en l'occurrence ils penchaient à droite ceux-là,
00:50:05et pour quelques tweets qui étaient
00:50:07des engagements sur le terrain politique,
00:50:09on ne leur a pas permis de le faire. Deuxièmement
00:50:11il y a pire, vous vous souvenez on avait parlé
00:50:13ici du juge Tony Scurtis.
00:50:15Lui il n'était pas accusé de partialité
00:50:17politique, il était accusé
00:50:19certes de respecter le code pénal
00:50:21mais de prendre toujours des peines
00:50:23extrêmement fermes. Donc
00:50:25il faisait ce que la loi lui permettait.
00:50:27Il faisait ce qui était écrit dans le code pénal.
00:50:29Ça n'a pas empêché des procureurs,
00:50:31des magistrats et des avocats
00:50:33de parler dans des articles de presse
00:50:35pour contester les décisions de justice qu'il rendait
00:50:37il les jugeait à l'époque
00:50:39trop fermes. Et sa direction
00:50:41avait réagi, il avait été écarté
00:50:43le temps que tout le monde se calme.
00:50:45Il n'était pas les bons coupables.
00:50:47Voilà, il est possible de réagir
00:50:49donc sur des décisions,
00:50:51il est possible de contester des décisions de justice,
00:50:53il est même possible de l'exprimer publiquement.
00:50:55Et que ce syndicat,
00:50:57le syndicat de la magistrature, épingle des hommes
00:50:59politiques ou des victimes
00:51:01sur un mur des cons, vous l'avez évoqué tout à l'heure,
00:51:03sans jamais faire amende honorable,
00:51:05mais qui s'inquiète de la récidive ? La stratégie en l'occurrence
00:51:07c'était le déni, le déni de la faute qui avait été
00:51:09commise. Qui s'inquiétait de la récidive
00:51:11possible alors que, objectivement
00:51:13le mur des cons avait choqué tout le monde
00:51:15et d'ailleurs une action en justice
00:51:17avait été engagée.
00:51:19Mais personne ne s'en a inquiété plus que ça.
00:51:21Et ceux qui s'inquiètent de la défiance
00:51:23réelle, populaire
00:51:25contre la justice, évoquées d'ailleurs
00:51:27au moment de prendre cette décision,
00:51:29s'ils ne le faisaient pas, ça augmenterait
00:51:31la défiance envers la justice, nous expliquent les magistrats,
00:51:33devraient en premier lieu
00:51:35exiger cette exemplarité. On demande
00:51:37de l'exemplarité aux politiques et c'est notamment
00:51:39au nom de ça que l'on régit ces
00:51:41débats. Mais cette
00:51:43exemplarité vis-à-vis des magistrats, c'est par
00:51:45exemple l'impartialité. L'impartialité
00:51:47ça veut dire que le français qui arrive
00:51:49devant le tribunal ne sait rien
00:51:51des opinions politiques du juge, ce qui
00:51:53permet la sérénité. Un des débats
00:51:55est la sérénité aussi au moment
00:51:57d'accueillir la peine qui est prononcée.
00:51:59Le soupçon fondé empêche
00:52:01donc la justice de manière générale
00:52:03de s'exposer et l'absence
00:52:05de réaction du Conseil supérieur de la magistrature
00:52:07qui a réagi hier. Le Conseil
00:52:09supérieur de la magistrature est garant de
00:52:11l'indépendance de la justice.
00:52:13L'indépendance elle peut être aussi idéologique,
00:52:15elle est réclamée sur le terrain idéologique.
00:52:17Et les gardes des sceaux successifs
00:52:19qui eux ont le pouvoir de la poursuite
00:52:21disciplinaire envers les magistrats
00:52:23devant ces attentes manifestes
00:52:25au devoir de réserve, si cela
00:52:27ne s'exprime pas, il ne faut pas s'étonner en effet
00:52:29que 1. la défiance
00:52:31envers la justice s'exprime et que
00:52:332. elle pèse sur l'ensemble des décisions
00:52:35des magistrats et parfois de manière
00:52:37injuste. Certains affiment
00:52:39que le deux poids,
00:52:41deux mesures se vérifient en toute
00:52:43chose et que le climat
00:52:45devient presque, on va dire, étouffant
00:52:47pour des personnalités de droite.
00:52:49Sur quoi
00:52:51repose cette impression ?
00:52:53Donc on a évoqué la sanction des magistrats,
00:52:55c'est extrêmement clair. Rien jamais
00:52:57par ailleurs ne sera contesté à
00:52:59un avocat. Chacun a le droit à la défense,
00:53:01vous savez certains s'émeuvent parfois en disant
00:53:03comment on peut défendre un tel ou un tel.
00:53:05Chacun a le droit à la défense, répondent les avocats,
00:53:07c'est le principe même du contradictoire.
00:53:09Et celle-ci peut prendre les atours qu'elle veut.
00:53:11Vous avez vu dans le procès par exemple
00:53:13l'ex-mari de Chahinez,
00:53:15brûlé vive après avoir
00:53:17reçu des coups de fusil.
00:53:19On a évoqué l'amour du mari, c'était un crime
00:53:21finalement passionnel dans le tribunal.
00:53:23Personne ne s'en est ému.
00:53:25Mais 200 avocats viennent de signer une tribune
00:53:27dénonçant le sexisme de l'avocat
00:53:29de Gérard Depardieu.
00:53:31Donc c'est toujours possible, sauf qu'on ne sait pas
00:53:33le sujet du moment. Ensuite, plus largement,
00:53:35C8, on l'a évoqué tout à l'heure, est supprimé.
00:53:37On nous dit c'est le respect des règles,
00:53:39il y a eu beaucoup de sanctions. Mais qui nous protège
00:53:41de l'arbitraire de celui qui met les sanctions ?
00:53:43Un seul exemple. Anouna, par exemple,
00:53:45est sanctionnée parce qu'on voit
00:53:47le logo d'une marque sur son plateau.
00:53:49On étudie, c'est interdit,
00:53:51il est sanctionné.
00:53:53Certains remarquent que dans une autre émission,
00:53:55Quotidien ne prend pas la cité, une marque est évoquée.
00:53:57Pas de sanctions. Mais du coup, qui décide
00:53:59quand, en raison de quoi,
00:54:01c'est quoi le sujet ? Donc si les sanctions
00:54:03sont potentiellement arbitraires
00:54:05et qu'ensuite on supprime la chaîne en raison
00:54:07de l'accumulation des sanctions, il y a un petit problème.
00:54:09Ensuite, la question de la sociologie.
00:54:11On brandit ici et là des argumentaires
00:54:13scientifiques
00:54:15parce qu'ils émanent de chercheurs
00:54:17et que donc, ils sont indiscutables.
00:54:19Sauf quand le chercheur s'appelle Florence Bergeau-Blackleur
00:54:21et qu'elle relègue
00:54:23l'enquête sociologique
00:54:25sur l'islamophobie
00:54:27et qu'elle préfère
00:54:29étudier la stratégie des frères musulmans.
00:54:31Il n'y a plus de science, plus de protection de la recherche.
00:54:33Son propos redevient contestable.
00:54:35La liberté d'expression,
00:54:37c'est normal que Rouillan,
00:54:39qui prône la violence politique,
00:54:41s'exprime dans une faculté.
00:54:43C'est le lieu de la liberté d'expression.
00:54:45Jusqu'à ce que le conférencier s'appelle Zemmour,
00:54:47Finkielkraut, Badinter, Lejeune.
00:54:49Là, c'est alors la violence de leur détracteur
00:54:51qui a raison de la liberté d'expression
00:54:53et tout le monde cède.
00:54:55La politique internationale,
00:54:57on insulte quiconque et d'abord étiqueté populiste.
00:54:59On explique, et c'est la raison
00:55:01pour laquelle on peut parler de lèpre ou
00:55:03insultée, on explique
00:55:05que c'est en raison du potentiel
00:55:07recul des droits
00:55:09que leur politique amènerait.
00:55:11Mais critiquer sans insulte
00:55:13le pouvoir algérien dans lequel
00:55:15au passage, on ne renvoie pas
00:55:17par exemple quelqu'un qui est condamné pour terrorisme,
00:55:19pourquoi on ne le renvoie pas en Algérie ?
00:55:21Parce que les droits sont tellement faibles
00:55:23là-bas qu'on craint
00:55:25qu'il n'ait pas droit au procès contradictoire
00:55:27ou qu'il ait des traitements inhumains.
00:55:29C'est donc bien qu'on ne s'inquiète pas du recul des droits,
00:55:31c'est qu'on sait qu'ils sont déjà reculés.
00:55:33Critiquer un tel gouvernement
00:55:35c'est populiste, irresponsable et dangereux
00:55:37de poids de mesure. Sur l'expression
00:55:39publique, le parquet se saisit lui-même de propos
00:55:41de quelqu'un par exemple qui s'inquiète du grand
00:55:43remplacement, jusqu'à ce que le
00:55:45terme soit employé par Jean-Luc Mélenchon
00:55:47qui lui s'en félicite, aucun parquet
00:55:49ne réagit. Vous savez, c'est le propos
00:55:51controversé. Quand vous êtes
00:55:53d'abord étiqueté populiste, vous êtes quelqu'un
00:55:55qui est controversé dans le débat public.
00:55:57Juste pour information, tous les propos dans le débat public
00:55:59sont controversés. Ils provoquent la controverse.
00:56:01Il y a des gens d'accord, d'autres pas d'accord.
00:56:03Donc si on étiquette une personne qui s'exprime
00:56:05de controversée, il faut vraiment le mettre à chaque fois,
00:56:07ce qui n'est pas le cas, et sur la haine raciale
00:56:09on poursuit dans les tribunaux.
00:56:11Ceux qui interrogent le rapport culturel
00:56:13à la violence, à l'antisémitisme ou au
00:56:15respect dû à la femme, jusqu'à ce
00:56:17qu'un avocat justement évoque au tribunal
00:56:19la différence culturelle de son
00:56:21client étranger accusé
00:56:23d'attouchement sexuel sur mineur. Plus
00:56:25personne n'y voit de la haine, on y voit une stratégie
00:56:27de défense. Vous conviendrez que les gens
00:56:29ont raison de considérer que
00:56:31tout le monde n'est pas traité à la même enseigne.
00:56:33Tout le monde n'est pas traité
00:56:35à la même enseigne. Question
00:56:37Mathieu Bocoté, peut-on
00:56:39critiquer les juges
00:56:41et leurs décisions ? Si j'ai
00:56:43bien compris ce qu'on nous a répété toute la journée
00:56:45aujourd'hui, non. Non
00:56:47apparemment, parce que critiquer une décision
00:56:49de justice consisterait à
00:56:51remettre en question l'ensemble de l'édifice
00:56:53légal qui est le nôtre et le principe même
00:56:55de l'état de droit. Critiquer une décision de justice
00:56:57consisterait en quelque sorte
00:56:59à remettre en question les règles de la société
00:57:01et il serait même nécessaire
00:57:03de frapper juridiquement
00:57:05ceux qui remettent en question une décision
00:57:07de justice. Je l'ai lu. Ce serait d'ailleurs
00:57:09la marque, soit c'est en passant, du populisme,
00:57:11de l'extrême droite. Surprise, encore une fois.
00:57:13Populisme et extrême droite. Charlotte a très justement
00:57:15rappelé que quand on l'appelle une décision de justice
00:57:17c'est pas en définition qu'on la conteste.
00:57:19Mais apparemment c'est pas dans le raisonnement du jour.
00:57:21On l'a vu, en fait,
00:57:23on attaque aujourd'hui ceux qui disent
00:57:25le nom, par exemple, de la juge
00:57:27qui a décidé de frapper
00:57:29Marine Le Pen comme s'il s'agissait
00:57:31d'un acte absolument...
00:57:33comme si on l'exposait en quelque sorte.
00:57:35On l'exposait à la vindicte publique
00:57:37et la nommer simplement, rappeler
00:57:39son parcours, rappeler ses préférences
00:57:41idéologiques, rappeler quels sont ses a priori,
00:57:43rappeler à partir de quel arrière-fond
00:57:45elle juge, comme si c'était
00:57:47absolument scandaleux. Pourquoi?
00:57:49Parce qu'on veut nous faire acheter à tout prix
00:57:51la fiction d'une justice
00:57:53neutre, impersonnelle,
00:57:55dépassionnée, désidéologisée,
00:57:57dépolitisée,
00:57:59non militante, presque
00:58:01une justice qui s'impliquerait, qui se poserait
00:58:03comme une révélation divine
00:58:05sans interprétation possible.
00:58:07Mais nous savons qu'il s'agit
00:58:09d'un mensonge. C'est pas...
00:58:11Je précise, c'est un mensonge. On est devant des juges
00:58:13qui sont idéologiquement orientés, souvent.
00:58:15Rien ne laisse croire,
00:58:17dans leur pratique du droit,
00:58:19qu'ils sont étrangers à leur propre
00:58:21préférence idéologique. Dès lors,
00:58:23on est devant un pouvoir. Est-ce que le pouvoir des juges
00:58:25est le seul pouvoir qui ne doit pas être
00:58:27critiquable dans notre société?
00:58:29Je pense que c'est une vraie question qu'on doit se poser.
00:58:31Est-ce que le pouvoir financier, on doit le critiquer? Le pouvoir politique,
00:58:33on doit le critiquer? Le pouvoir médiatique, on doit le critiquer?
00:58:35Mais le pouvoir des juges doit se dérober
00:58:37à la critique et se cacher derrière
00:58:39le masque de l'impersonnel.
00:58:41Je ne crois pas, dis-je en tout respect.
00:58:43J'ajoute, donc là on a le nom de la juge,
00:58:45on connaît le profil pour le procès Le Pen,
00:58:47je pense, par ailleurs, que quand on voit, par exemple,
00:58:49un assassin,
00:58:51ou je ne sais quelle personne, je prends un cas hypothétique,
00:58:53remis en liberté,
00:58:55et là, qu'est-ce qu'il fait?
00:58:57Eh bien, il tue quelqu'un six semaines plus tard à nouveau.
00:58:59Vous voyez un peu le scénario.
00:59:01Je pense qu'on serait en droit de savoir qui est le juge
00:59:03qui a pris la décision de remettre en liberté
00:59:05cette personne.
00:59:07Je pense qu'il est nécessaire aujourd'hui
00:59:09de savoir à qui nous avons affaire
00:59:11lorsqu'ils jugent parce qu'ils ont un pouvoir
00:59:13immense. Ce n'est pas les détester
00:59:15que de demander de savoir à qui nous avons affaire,
00:59:17qui a pris les rênes de notre société.
00:59:19J'entends votre argument.
00:59:21Cela dit, la juge Bénédicte de Pertuis,
00:59:23qui a rendu le jugement contre Marine Le Pen,
00:59:25se dit menacée de mort.
00:59:27Est-ce que ce n'est pas une conséquence des critiques?
00:59:29Non, mais ces menaces, je le dis,
00:59:31vous avez raison, sont absolument inacceptables
00:59:33et sont absolument condamnables. Il n'y a pas le début
00:59:35d'une nuance sur le fait qu'on doit condamner
00:59:37de telles menaces. Je pense qu'on doit ensuite
00:59:39éviter de se cacher derrière ces menaces
00:59:41pour refuser la critique démocratique
00:59:43et éclairée.
00:59:45Vous savez, dès qu'on évolue dans la vie publique,
00:59:47on a des menaces. Des menaces de mort,
00:59:49j'en ai reçues. Je crois que vous en avez reçues
00:59:51quelques-unes aussi.
00:59:53On vit avec ça. Ensuite, on ne dit pas
00:59:55parce qu'il y a des menaces de mort,
00:59:57s'il vous plaît, ne me critiquez plus.
00:59:59Il faut sanctionner ceux qui osent la menace
01:00:01des juges, mais il faut par ailleurs réintégrer
01:00:03l'activité des juges dans la rationalité
01:00:05démocratique, en disant que par définition
01:00:07dans une société libre et libérale et démocratique,
01:00:09si vous exercez un pouvoir,
01:00:11vous êtes en droit, vous êtes même en devoir
01:00:13de vous faire critiquer, et pas une fonction
01:00:15impersonnelle. Vous, qui avez décidé
01:00:17d'assumer un pouvoir,
01:00:19acceptez d'être critiqué. Ça, pour moi,
01:00:21c'est l'exercice de la démocratie libérale authentique
01:00:23sur le véritable État de droit.
01:00:25Le véritable État de droit, défini
01:00:27par Mathieu Beaucôté. Merci
01:00:29ma Belle-Gabrielle, ma Charlotte,
01:00:31mon Marc, mon Mathieu.
01:00:33Tout de suite, l'heure des pro-2
01:00:35avec Pascal Praud.

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