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00:00On est très heureux, on a Maxime Thibault qui est avec nous, merci Maxime.
00:03Merci, bonjour.
00:04Qui est avec nous, et vous allez quand même nous éclairer juridiquement sur ce qui s'est passé.
00:09Ce qui est possible de faire pour Marine Le Pen ou pas, 0 à 80, 20, 39, 21.
00:14Pour moi, la première chose qui me vient en tête, c'est qu'ils l'ont fait.
00:17Ils l'ont fait, et c'est vrai que j'ai l'impression quand même...
00:21Moi, je sais pas, vous vous rappelez cette émission, Le Millionnaire ?
00:24Bien sûr.
00:25Avec Philippe Rizoli, quand les gens criaient le million, le million.
00:28J'ai l'impression que la justice, avec nos politiques sur certaines décisions,
00:33c'est vraiment, on tourne la roue, et allez, on sait pas ce qui va arriver.
00:37Franchement, il y a eu Nicolas Sarkozy la semaine dernière, c'est dramatique.
00:417 ans de prison requis.
00:42C'est dramatique.
00:43Marine Le Pen cette semaine.
00:45Excusez-moi, il se passe quand même quelque chose.
00:48Il se passe quelque chose, et il se passe quelque chose de grave en France.
00:51Et je pense que les Français s'en rendent compte.
00:54Quand je dis à chaque fois que le prochain président ne pourra rien faire
01:00s'il ne bouscule pas toutes les institutions,
01:03je faisais également référence à cela, bien entendu.
01:06Et aujourd'hui, on le voit bien.
01:08Vous verrez bien qu'en 2027, n'importe quel président, s'il ne bouscule pas tout, ça sert à rien.
01:12Et on le voit encore aujourd'hui.
01:14C'est extrêmement grave ce qui se passe depuis...
01:18Il y a quand même une séquence depuis maintenant 2 ans.
01:23La dernière présidentielle.
01:24Oui, dernière présidentielle, exactement.
01:26Qui est quand même incroyable.
01:28On va en parler, bien entendu, tous ensemble.
01:30Mais c'est vrai que là, moi j'ai peur pour mon pays.
01:34Je trouve que la France est en train de prendre un tournant qui est tout,
01:40sauf celui que veulent les Français.
01:42Et aujourd'hui, je le redis,
01:45ou il y a un mec qui renverse tout,
01:49ou bien, je vais vous dire, ça va être de pire en pire.
01:52Encore faut-il s'entendre, ce que vous mettez derrière, tout renverser.
01:55Ah non, mais moi, ça ce n'est pas le sujet de l'émission du jour.
01:58Mais on en parlera cette semaine.
01:59Puisque demain, on parlera de la suite, bien entendu.
02:02Aujourd'hui, on va parler de Marine Le Pen.
02:03Demain, on va parler de la suite dans cette émission.
02:05Et à qui ça profite, à qui ça ne profite pas.
02:07Et ce qui peut se passer,
02:09c'est que quelqu'un peut sortir du bois en se disant
02:11Marine Le Pen n'est pas là, je vais sortir du bois également.
02:14Voilà, peut-être que quelqu'un va se dire ça également.
02:16Il y en a plein qui doivent se dire ça aujourd'hui.
02:18Mais quand même, on est quand même dans une séquence qui fait peur.
02:23Je suis désolé.
02:24Je suis désolé.
02:25Les juges, la justice a tous les pouvoirs.
02:29Mais depuis 2017 déjà.
02:30Oui, Maxime, oui.
02:31Déjà depuis 2017.
02:32Parce que l'affaire Fillon, janvier 2017,
02:35vous avez les déclarations qui sont faites dans la presse.
02:37Un mois après, il est mis en examen.
02:38C'est ça.
02:39En pleine élection présidentielle.
02:40Donc en fait, moi, c'est depuis 2017 que je m'intiète.
02:42Et depuis 2017, le pouvoir politique ne s'est pas réveillé en se disant
02:46qu'on a peut-être un problème avec l'autorité judiciaire.
02:48Et là, aujourd'hui, on paye très cher.
02:49Non, mais on paye très cher.
02:50Et on va payer encore plus cher.
02:52Il faut dire aussi que ce sont les parlementaires eux-mêmes
02:55qui ont voulu qu'on aille de plus en plus loin.
02:57Avec la loi Serpent.
02:59On va expliquer tout ça à nos auditeurs d'Europe.
03:02Maxime Thibault, est-ce que vous pouvez nous expliquer
03:06exactement ce qui s'est passé, exactement l'affaire,
03:08ou bien Gauthier fait l'affaire et Maître Thibault va nous dire
03:12ce qui est possible de faire pour Marine Le Pen ou pas
03:14et nous parler de la peine dont on a parlé au début d'émission.
03:18Qu'est-ce qui s'est passé exactement avec Marine Le Pen ?
03:21C'était l'affaire des assistants parlementaires du Front National
03:24avant que le FN devienne RN.
03:27Justement, pour nos auditeurs, les assistants parlementaires,
03:30qu'est-ce que c'est ?
03:31Qu'est-ce qu'il s'est passé avec ces assistants parlementaires ?
03:33Les assistants parlementaires, évidemment, chaque eurodéputé
03:36au Parlement européen, à Strasbourg et Bruxelles,
03:38a droit à une enveloppe et à plusieurs assistants parlementaires
03:40qu'ils rémunèrent pour un travail fourni au Parlement européen.
03:43Le Parlement européen, d'ailleurs, a poursuivi le MoDem,
03:47poursuit encore la France Insoumise.
03:49Sur le MoDem, je rappelle qu'il y a un appel,
03:51puisque François Bayrou avait été relaxé,
03:53mais il y a l'appel du parquet,
03:55et donc poursuit également le RN et à l'époque le FN.
04:00Et le Parlement européen accusait le RN d'avoir détourné
04:05l'argent du Parlement européen pour payer des gens
04:08qui ne faisaient pas un travail d'assistants parlementaires,
04:10mais qui faisaient un travail politique à Paris.
04:12Ce qu'assumait Marine Le Pen, c'était sa ligne de défense,
04:15c'était de dire quand on fait de la politique pour un parti,
04:17on en fait à Strasbourg, à Bruxelles et à Paris,
04:20et on ne fait pas de distingo.
04:22Et donc elle a été condamnée pour avoir utilisé l'argent
04:24du Parlement européen pour payer des gens
04:28qui travaillaient pour le FN à Paris.
04:30Là-dessus, sur le fond, il n'y a pas tellement de contestation
04:33de la part du RN, puisqu'encore Marine Le Pen disait
04:36« Je conteste la définition de l'assistant parlementaire
04:40du Parlement européen à Strasbourg et Bruxelles,
04:42et j'assume d'avoir fait travailler mes assistants
04:45sur des dossiers français et des dossiers parisiens. »
04:47Evidemment, ce qui est contesté aujourd'hui,
04:49c'est l'exécution provisoire.
04:51Et qu'est-ce que c'est l'exécution provisoire ?
04:53Un compte inéligible pendant 5 ans,
04:55condamné à 4 ans de prison, dont 2 fermes sous bracelet.
04:57Non mais excusez-moi, pourquoi on parle ?
04:59Et donc l'exécution provisoire, ça veut dire que vous pouvez
05:01faire appel de cette décision,
05:03d'ailleurs c'est ce que va faire Marine Le Pen,
05:05l'inéligibilité s'applique d'office et tout de suite,
05:07et donc 5 ans, vous faites le calcul,
05:09on est au-delà de 2027.
05:11Non mais au-delà de ça, 4 ans de prison,
05:13dont 2 fermes,
05:15mais est-ce que vous vous rendez compte
05:17dans le monde dans lequel on vit,
05:19les Français qui nous écoutent
05:21sur Europe 1 aujourd'hui,
05:23ils entendent toute la journée,
05:25et d'ailleurs notamment dans mes émissions,
05:27toutes sortes de faits divers,
05:29où des mecs se retrouvent dehors
05:31pour des délits bien plus graves
05:35que d'avoir fait travailler
05:37des assistants parlementaires
05:39sur autre chose que des sujets européens.
05:41Non mais il y a des mecs
05:43qui vont foncer contre des policiers
05:45150 euros d'amont,
05:47et il y a Marine Le Pen
05:49qui est inéligible pendant 5 ans,
05:51condamnée à 4 ans de prison, dont 2 fermes,
05:53parce qu'elle a fait travailler des assistants parlementaires
05:55européens à Paris.
05:57Non mais moi ça ne me choque pas qu'elle soit condamnée.
05:59Si une choc fait l'exécution provisoire,
06:01ça ne me choque pas qu'elle soit condamnée pour avoir détourné de l'argent.
06:03Deux petites secondes Valérie Bénahim,
06:05s'il vous plaît, là on parle quand même,
06:07moi je veux parler déjà de la peine,
06:09parce que vous ne vous mettez pas à la place des français,
06:11je suis désolé, vous ne vous mettez pas à la place des français.
06:13Valérie Bénahim, je vous adore,
06:15mais vous êtes dans votre monde.
06:1701 80 20 39 21, appelez-nous sur Europe 1.
06:19Vous ne vous mettez pas à la place
06:21des français qui retentent toute la journée
06:23des drames se passer dans ce pays.
06:25Non mais c'est bon, s'il vous plaît.
06:27Je suis d'accord avec vous, mais...
06:29On peut continuer, on peut faire l'émission ?
06:31Il est condamné à 4 ans de prison,
06:33dont 2 fermes sous bracelet.
06:35On a rappelé l'affaire, ainsi que 100 000 euros d'amende.
06:37Et donc il est éligible pendant 5 ans,
06:39et comme on l'a dit, comme l'a dit Gauthier,
06:41exécution provisoire.
06:43Ce qui veut dire que c'est tout de suite.
06:45Deux ans d'éligibilité, tout de suite.
06:47Il n'y a pas de recours possible.
06:49Mais est-ce que vous vous rendez compte
06:51de la colère que les français peuvent avoir aujourd'hui ?
06:53On choisit à leur place.
06:55Moi je veux bien faire un parallèle.
06:57Avec la chaîne.
06:59Je suis à ce micro depuis longtemps.
07:01Fin février, on choisit donc
07:03ce que les français peuvent regarder à la télévision.
07:05Et on fait fermer
07:07la première chaîne de la TNT.
07:09Et le premier talk de France.
07:11Un mois plus tard, fin mars,
07:13on empêche la favorite de l'élection présidentielle
07:15qui faisait 37% dans un dernier sondage,
07:17ce qui est un record absolu pour Marine Le Pen,
07:19pour un premier tour.
07:21Et donc on va lui dire
07:23vous êtes inéligible pendant 5 ans,
07:25vous ne pouvez pas vous présenter à la présidentielle de 2027.
07:27Donc on choisit à la place des français.
07:29Je vais vous dire,
07:31et là c'est important de le dire pour nos auditeurs aussi,
07:33s'il aurait été Jean-Luc Mélenchon,
07:35on peut vous dire qu'à la même peine,
07:37pour le même délit,
07:39on aurait dit exactement la même chose.
07:41Bayrou a été relaxé.
07:43Oui parce qu'il n'était pas député européen.
07:45Les députés européens modèles ont été...
07:47Parce qu'on a dit qu'il n'était pas au cœur du système.
07:49L'intention n'était pas définie.
07:51On est sur la question de l'intention,
07:53mais la latérialité des faits était caractérisée.
07:55L'intendance le suivait, donc il n'était pas au courant.
07:57Donc il y a quand même une vraie différence.
07:59Je ferais juste une observation, Cyril.
08:01La gravité de la peine, ok,
08:03mais aussi les faits.
08:05C'est-à-dire qu'on parle de détournement de fonds publics.
08:07C'est quoi le détournement de fonds publics ?
08:09C'est quand vous utilisez une enveloppe dans une finalité autre
08:11que celle pour ce qu'elle était prévue.
08:13C'est-à-dire en gros, j'ai développé, j'ai dépensé de l'argent
08:15qui était prévu pour l'aménagement sportif
08:17pour faire une politique sociale.
08:19Et bien là c'est un détournement de fonds publics.
08:21Parce que ce que nous dit la présidente ce matin,
08:23c'est un enrichissement personnel.
08:25Et ça c'est important quand même.
08:27C'est-à-dire qu'elle ne s'est pas enrichie.
08:29Elle a utilisé l'argent à des fins autres.
08:31Mais elle ne s'est pas enrichie.
08:33Et la réponse qui est faite par le tribunal, c'est de dire
08:35on va mettre les peines les plus graves
08:37qu'il soit possible.
08:39Alors que le Conseil constitutionnel,
08:41moins de 5 jours avant, disait
08:43attention sur la peine complémentaire d'inéligibilité,
08:45il faut faire preuve de proportionnalité
08:47et surtout, il faut respecter la liberté
08:49des électeurs.
08:51Le juge pénal qui ce matin prend une décision
08:53qui ne respecte pas la liberté des électeurs.
08:55Surtout qu'on ne comprend pas pourquoi elle le respecte pour Louis Alliot
08:57et elle ne le respecte pas pour Marine Le Pen.
08:59Louis Alliot aurait perdu son mandat de maire.
09:01Donc ils se sont dit,
09:03en plus c'est un peu cynique,
09:05c'est-à-dire qu'ils se disent
09:07on va sauver Louis Alliot en lui permettant de rester maire
09:09comme ça on ne pourra pas nous accuser
09:11de tout mettre sur le RN.
09:13Donc on empêche Mme Le Pen de pouvoir être candidate
09:15avec l'exécution provisoire, mais M. Alliot peut rester maire.
09:17On va dire celui qui nous dérange le moins, on va le garder.
09:19On ne va pas se raconter l'histoire.
09:21Et, juste,
09:23qu'est-il possible de faire pour Marine Le Pen ?
09:25Parce qu'on voit beaucoup de choses passer.
09:27Les recours possibles
09:29pour Marine Le Pen, est-ce qu'il y a des possibles recours ?
09:31D'après ce qu'on m'a dit
09:33et de trois personnes qui m'ont
09:35débriefé, ce serait compliqué.
09:37Alors il y a deux choses qui peuvent être faites.
09:39Il y a déjà faire appel, effectivement
09:41elle l'a fait. Or moi je vois sur la Cour d'appel
09:43de Paris, ça peut aller assez vite.
09:45Tous mes appels qui ont été faits l'année dernière sont en train d'être jugés en ce moment.
09:47Donc, dans l'absolu, Madame Le Pen peut être jugée en 2026.
09:49Et la Cour d'appel risque de confirmer ?
09:51La Cour d'appel, soit elle confirme, soit elle infirme.
09:53Effectivement, elle peut
09:55confirmer l'exécution provisoire.
09:57Et là, ce serait plus compliqué.
09:59La deuxième chose que peut faire Madame Le Pen, et on en débattait
10:01tout à l'heure avec des amis magistrats et en plus magistrats pénalistes,
10:03c'était la question de
10:05la procédure de relèvement.
10:07C'est l'article 702 du Code de procédure pénale
10:09qui permet, six mois après une condamnation,
10:11de ressaisir la même juridiction pour lui demander
10:13à ce qu'il y ait une relève des condamnations pénales,
10:15des déchéances, etc.
10:17Ce qui lui permettra, en réalité, de pouvoir se présenter.
10:19Bon, ça, elle pourrait le faire, mais
10:21elle va se représenter devant les juges. Et moi, ce qui me dérange,
10:23parce que je suis avocat, mais je suis avant tout démocrate,
10:25c'est de me dire que l'avenir de Madame Le Pen
10:27est dans la main des magistrats.
10:29C'est-à-dire que c'est l'autorité judiciaire qui, assise,
10:31au-dessus des Français, se dit
10:33« Moi, je fais l'avenir de la France,
10:35et je décide si une candidate
10:37qui fait 37% dans les sondages pourrait être
10:39candidate à la présidentielle ou pas. »
10:41À un moment, la légitimité, on se pose la question.
10:43Bien sûr. Mais je vais vous dire,
10:45et c'est important, je le rappelle encore,
10:47ça aurait été pour n'importe quel autre candidat,
10:49on aurait dit la même chose.
10:51C'est quand même incroyable.
10:53Je trouve que la peine est quand même
10:55complètement disproportionnée, excusez-moi.
10:57Je peux réagir sur la peine ?
10:59Oui, bien sûr, allez-y Olivier Dardigonne.
11:01Il faut se souvenir de l'affaire Cahuzac.
11:03Le tremblement de terre,
11:05un grand coup de tonnerre, et donc, là,
11:07le législateur dit que quand il y a
11:09des tournements de fonds publics,
11:11l'inégibilité est automatique.
11:13C'est obligatoire.
11:15C'est sa peine 2.
11:17Et on rajoute une peine complémentaire
11:19qui est donc cette exécution immédiate,
11:21provisoire. Alors, moi, j'ai
11:23senti sur la semaine qui s'est écoulée
11:25que les juristes allaient
11:27vers l'idée que cette exécution
11:29allait être levée,
11:31qu'elle ne serait pas
11:33impactée par ça.
11:35Que s'est-il passé ?
11:37Je trouve une phrase
11:39forte, mais folle aussi,
11:41dans le jugement. Le fait
11:43que Marine Le Pen soit candidate à l'élection
11:45présidentielle,
11:47une personne déjà condamnée en première instance
11:49ne doit pas être candidate à l'élection
11:51présidentielle. Donc, le juge
11:53dit que cette condamnation
11:55ne lui permet pas d'être candidate
11:57à la présidentielle, donc elle met
11:59l'exécution immédiate. Et c'est pire que ça,
12:01Olivier, elle dit que ça serait un trouble à l'ordre public.
12:03Mais ce qui est un trouble à l'ordre public,
12:05c'est d'empêcher Marine Le Pen d'être candidate
12:07en 2027. Dans moi, je ne suis pas
12:09choqué par l'inéligibilité,
12:11puisque la loi a été votée par les parlementaires.
12:13Je suis choqué par
12:15l'exécution immédiate.
12:17Je suis choqué sur toute la ligne.
12:19Il y a un journaliste qui m'écrit
12:21« La justice piétine des millions de Français,
12:23tout comme l'ARCOM et le Conseil d'État. »
12:25C'est ce que ressentent les Français.
12:27On choisit à leur place.
12:29Deux choses. La peine complémentaire
12:31d'inéligibilité, elle est obligatoire.
12:33Ça, c'est écrit.
12:35C'est la dernière phrase
12:37de l'article de loi, sauf si
12:39le juge vient à motiver
12:41le sens contraire. S'il vient à dire
12:43« Imaginez, Mme Le Pen fait
12:4537% dans les sondages. Ce serait
12:47contraire à la liberté d'expression
12:49des électeurs que de
12:51l'empêcher de pouvoir se présenter à l'élection présidentielle.
12:53Donc, je ne prononce pas la peine d'inéligibilité. »
12:55On imaginait que le Conseil d'État leur disait
12:57d'aller voir le Conseil constitutionnel
12:59de faire ça.
13:01Pour l'exécution immédiate.
13:03Pour la peine complémentaire d'inéligibilité.
13:05Déjà, il y avait ça, où le juge aurait pu se dire
13:07« Ok, je ne prononce pas la peine complémentaire d'inéligibilité. »
13:09Ça, c'est la première chose.
13:11La deuxième chose, c'est l'exécution provisoire
13:13de la peine. Et l'exécution provisoire,
13:15elle a deux objectifs. Soit d'éviter
13:17un trouble à l'ordre public, et Gauthier le disait très justement
13:19tout à l'heure, soit d'éviter
13:21à ce qu'il y ait une récidive, que les faits se reproduisent.
13:23La récidive, elle est quand même compliquée.
13:25Mais le trouble public,
13:27c'est la décision
13:29de trois magistrats dans une salle
13:31des délibérés, que d'empêcher une candidate
13:33à l'élection présidentielle de se présenter
13:35alors qu'elle fait 37%, qui est créateur d'un trouble à l'ordre public.
13:37Ce n'est pas le fait que Mme Le Pen
13:39se présente à l'élection. Parce que si les Français
13:41ne veulent pas d'une personne condamnée
13:43pour détournement de fonds publics, ils ne votent pas pour elle.
13:45Mais ça a eu de choisir. Et ça, c'est à proprement scandaleux.
13:47C'est-à-dire que c'est privatif du droit
13:49de vote. Et là, il y a un vrai problème
13:51de légitimité des magistrats dans la décision qui a été prise.
13:53Mais même sur la récidive.
13:55Il faut dire pourquoi.
13:57Il n'y aura pas de risque de récidive.
14:01Parce que Mme Le Pen n'est plus présidente du Rassemblement National.
14:03Et les faits reprochés au FN
14:05datent de 2016.
14:07Depuis 2016, il n'y a plus
14:09un euro qui est reproché par le Parlement
14:11européen versé au Rassemblement National.
14:13Donc ça fait presque 10 ans.
14:15Donc c'est très curieux
14:17à la fois d'argumenter sur le risque de récidive,
14:19puisque je vous le disais, Mme Le Pen n'est même plus députée
14:21européenne, et sur le risque de
14:23trouble à l'ordre public. C'est au contraire
14:25l'absence de Mme Le Pen qui ferait 37%
14:27en cas de premier tour dans un dernier
14:29son âge, qui crée le risque
14:31à l'ordre public. C'est quand on choisit
14:33à la place de l'électeur que la cocotte minute
14:35risque d'exploser par l'inverse.
14:37Surtout quant à le ministre de la Justice, M. Darmanin,
14:39qui dit que ce serait quand même un vrai problème pour notre démocratie
14:41que Mme Le Pen ne puisse pas être candidate.
14:43Il y a un moment où il faut être un petit peu raison gardée.
14:45Il l'a dit avant d'être ministre de la Justice.
14:47Beaucoup d'adversaires
14:49politiques de Marine Le Pen ne trouvent pas
14:51la situation...
14:53Jean-Luc Mélenchon l'a dit...
14:55Lui-même étant pétré avec son parti.
14:57C'est aux électeurs de décider.
14:59C'est pas forcément les mêmes sommes.
15:01C'est vrai que même
15:03Jean-Luc Mélenchon ne trouve pas
15:05naturel d'empêcher Marine Le Pen
15:07de ne pas pouvoir faire appel
15:09à la décision d'inéligibilité,
15:11parce qu'elle peut faire appel, elle l'est rendue
15:13inéligible dès aujourd'hui.
15:15Moi je pense que ça peut servir Mme Le Pen.
15:17Excusez-moi, Maxime Thibault,
15:19il y a beaucoup de gens,
15:21beaucoup d'auditeurs qui me disent
15:23comment peut-on faire pour
15:25comme pour la police des polices
15:29il n'y a pas
15:31la police des polices des juges.
15:33C'est le Conseil supérieur de la magistrature.
15:39Moi je fais des grosses bêtises,
15:41j'ai le bâtonnier qui me tape sur les doigts.
15:43Le Conseil supérieur de la magistrature,
15:45vous pouvez aller lire les décisions,
15:47vous n'allez pas y passer votre nuit.
15:49C'est-à-dire que si vous voulez lire
15:51toutes les décisions, il n'y a pas une ligne de décision.
15:53Quand il y a des dysfonctionnements
15:55très concrets, on se souvient
15:57de l'affaire Routreau,
15:59celui qu'on a appelé le petit juge Lambert,
16:01on ne l'a pas non plus.
16:03Excusez-moi, quand ils mettent
16:05une peine aussi lourde, ils se basent sur quoi ?
16:07Quelle est la jurisprudence
16:09Marine Le Pen ?
16:11Sur leur propre...
16:13C'est ça.
16:15C'est aux doigts mouillés, excusez-moi.
16:17Il faut expliquer à vos auditeurs que c'est
16:19quelques magistrats qui après une audience,
16:21effectivement, se ferment
16:23dans une pièce et délibèrent,
16:25se disent
16:27qu'est-ce qu'on va faire de Mme Le Pen qui fait 37%
16:29dans les sondages ? Parce qu'on sait que
16:31l'infraction en est constituée. Tout le monde savait qu'elle était caractérisée.
16:33Il n'y avait pas trop de doute là-dessus.
16:35Et c'est ça
16:37qui me rend un peu fou. C'est-à-dire que
16:39je fais confiance en notre justice, dans l'absolu,
16:41parce qu'en qualité d'avocat, je peux vous dire que
16:43je la vois parfois très sévère et même
16:45être des gens lambda, entre guillemets,
16:47et je la vois parfois très laxiste.
16:49Elles dépendent de personne, en réalité.
16:51Et ce sont des êtres humains.
16:53Mais je m'attendais quand même à un peu de modestie
16:55de la part de ces trois magistrats et de se dire
16:57est-ce qu'on est légitime, franchement,
16:59à pouvoir empêcher Mme Le Pen d'être candidate à la présidentielle ?
17:01Mais déjà, simplement,
17:03en qualité d'être humain et en introspection,
17:05est-ce qu'on est légitime ? Je pense que non.
17:07Moi, j'aurais été magistrat de l'ordre judiciaire,
17:09j'aurais été dans cette salle dédélibérée,
17:11j'aurais dit mais attendez, on ne peut pas priver les Français.
17:13On serait contre
17:15à l'église parce que même le Conseil constitutionnel
17:17nous le dit, respecter le droit de vote
17:19des Français lorsque c'est dernier
17:21dans le prononcé de la peine
17:23complémentaire d'inéligibilité.
17:25En fait, il y a un vrai problème, je trouve,
17:27de la part de ces magistrats dans le respect de l'ordre de l'autonomie.
17:29Et ce qui ne va pas, c'est que le juge va sur le terrain politique.
17:31Il dit, concernant Nicolas Sarkozy,
17:33oui, mais il avait une ambition politique
17:35démesurée. C'est sûr.
17:37Si t'es candidat à la présidentielle, t'as une énergie
17:39hors du commun.
17:41Et là, ils disent, concernant Marine Le Pen,
17:43oui, mais soit elle
17:45candidate à la prochaine présidentielle
17:47et donc, il y a trouble à l'ordre public
17:49si jamais elle y va en étant condamnée
17:51en première instance. Rien ne va.
17:53Est-ce qu'on se rend compte quand même d'en quoi on bascule ?
17:55Alors, on va en parler dans un instant, Gauthier Lebré.
17:57D'en quoi on bascule ?
17:59On va parler de tout ça, on aura des auditeurs en ligne 01
18:0180 20 39 21
18:03et j'aimerais bien,
18:05on va avoir Gilbert Collard aussi qui sera avec nous
18:07tout à l'heure, ancien député européen,
18:09qui sera avec nous au téléphone.
18:11Et c'est vrai que là, franchement,
18:13tu vois, il y a énormément d'appels
18:15des gens qui ne comprennent pas. On a l'impression,
18:17alors c'est vrai que vous avez fait une analogie tout à l'heure,
18:19Gauthier Lebré, entre
18:21ce qui s'est passé pour Cévite et ce qui se passe pour Marine Le Pen.
18:23Et c'est vrai qu'on a l'impression que c'est comme
18:25à l'Arkham, c'est un petit peu au doigt mouillé, la peine.
18:27C'est comme quand ils mettent 3,5 millions d'euros d'amende,
18:29tu ne sais même pas d'où il les sort. C'est un petit peu comme ça.
18:31Mais ce pays, notre pays, est en danger.
18:33Il est vraiment en danger.
18:3501 80 20 39 21, on se retrouve dans un instant
18:37sur Europe 1 avec toute la bande.
18:39Europe 1, 16h, 18h.
18:41On marche sur la tête.
18:43Cyril Hanouna.
18:45On marche sur la tête sur Europe 1. Merci Maxime Thiebaud
18:47d'être avec nous, avocat à la cour.
18:49Merci d'être là. Et franchement,
18:51c'est très intéressant ce que vous dites depuis le début. Qu'est-ce qui se passe ?
18:53Qu'est-ce qui se passe ? Vous me regardez bizarrement,
18:55Gauthier Lebré. Jamais. Moi, je ne vous regarde jamais bizarrement.
18:57Non, non. Vous êtes sûr ?
18:59Il y a des agendas médiatiques qui sont chargés
19:01en ce moment, c'est tout. Très bien. Merci.
19:03Qu'est-ce qui se passe ? Je vais vous dire. Je vous dirai.
19:05Très bien. Il va nous le dire. Très bien.
19:07D'Artigol est là. Benaïm est dans ses fiches.
19:09Merci.
19:11Je regarde les différentes déclarations des uns et des autres.
19:13Regardez, mais ne vous inquiétez pas, je vais vous les lire.
19:15Ce n'est pas la peine de les regarder. Vous n'avez qu'à écouter.
19:17S'il vous reste encore un temps soit peu, une oreille...
19:19Il me reste une oreille valide.
19:21Vous vous en servez et tout le monde sera content. Merci.
19:23Il est aimable.
19:25Je vous jure. Ça lui a réussi son week-end.
19:27C'est pas plus compliqué.
19:2901.80.20.39.21
19:31Il y a énormément d'auditeurs
19:33qui veulent réagir sur Europe 1, bien entendu.
19:35Juste,
19:37qu'est-ce que vous pensez de cette décision ?
19:41Vous, en tant que citoyen français,
19:43vous pensez quoi de cette décision ?
19:45Valérie Bédaïd.
19:47Moi, je suis très attachée à la probité
19:49des élus.
19:51Donc ça ne me choque pas qu'elle soit condamnée.
19:53Ce qui me choque, moi, c'est le quantum de la peine
19:55et cette inéligibilité, qu'elle soit empêchée
19:57de se présenter à l'élection présidentielle.
19:59Ça, ça me choque parce que ce n'est pas au juge de décider
20:01qui peut ou pas se présenter devant les Français.
20:03D'Artigolle.
20:05Cela nous fait basculer dans quelque chose de très dangereux
20:07parce que les Français peuvent prendre en détestation
20:09notre système judiciaire
20:11et ils peuvent douter
20:13de la prochaine présidentielle alors qu'on en a
20:15déjà été privé le coup d'avant.
20:17Donc, crise démocratique XXL.
20:19Fabien Lequeu.
20:21C'est plus du hasard du calendrier, c'est de l'organisation
20:23maintenant. Depuis l'affaire Fillon,
20:25depuis Sarkozy
20:27la semaine dernière
20:29et aujourd'hui Marine Le Pen.
20:31On choisit à leur place. Définitivement,
20:33on a compris qu'on était dans la république des juges
20:35et que ça se confirme
20:37d'heure en heure, de jour en jour, aujourd'hui.
20:41Je trouve très dangereux de choisir à la place
20:43des Français. Je trouve qu'il y a une
20:45succession d'événements
20:47qui renforcent
20:49l'idée d'une explosion de la cocotte minute.
20:51Donc, en l'espace d'un mois
20:53quand même, en l'espace d'un mois, on fait fermer la première
20:55chaîne de la TNT du pays.
20:57On empêche à la favorite de la prochaine présidentielle
20:59d'être candidate
21:01avec des arguments qu'on a décryptés
21:03tout à l'heure très étonnants. Trouble
21:05à l'ordre public, ah bon ! Risque de
21:07récidive, ah bon ! Et donc, je trouve
21:09ça, au fond, très dangereux
21:11de choisir, encore une fois, à la place des Français,
21:13à la place des électeurs, des
21:15téléspectateurs. Et c'est vrai que
21:17quand on a vu les réquisitions contre Nicolas
21:19Sarkozy, 7 ans de prison,
21:217 ans de prison ferme, on pouvait
21:23se dire que Marine Le Pen
21:25allait prendre aussi
21:27un jugement très sévère.
21:29Et c'est vrai qu'il y a un côté roulette russe
21:31où quelques magistrats seraient...
21:33Je vous dis, c'est le millionnaire. Ils sont comme ça,
21:35ils sont autour, ils tournent la roue. Le million !
21:37Le million !
21:39Non mais franchement, je vous jure que c'est vrai.
21:41C'est ça, on dirait que les mecs vont aller, on tourne la roue,
21:43c'est partout. Donc, il y a lieu au pain d'exécution provisoire,
21:45mais Marine Le Pen, exécution provisoire.
21:47Non mais je vous dis, c'est quand même...
21:49C'est ça qui me fait peur, moi, c'est ce sentiment de
21:51loterie. C'est ce qui me fait peur.
21:53Je voulais en parler avec Maxime,
21:55qui est avec nous. Maxime Thibault,
21:57qu'est-ce que vous dites, vous ?
21:59Vous comprenez que les Français, vous qui êtes avocat,
22:01aient le sentiment d'une loterie ?
22:03C'est exactement ça, l'insécurité juridique.
22:05Moi, je défends pas mal
22:07de chefs d'entreprise, de cadres,
22:09de fonctionnaires, de haut-gradés dans les armées,
22:11et vous avez le sentiment que
22:13quoi que vous allez faire,
22:15vous avez le risque de vous retrouver devant un juge.
22:17Parce qu'on est capable de trouver en permanence
22:19une infraction pénale à vous reprocher
22:21et sabrer votre carrière. Parce qu'aujourd'hui, quand vous êtes
22:23poursuivi devant un juge, c'est au moins un an
22:25d'enquête. On se dit toujours, il n'y a pas de fumée
22:27sans feu, donc forcément, vous êtes coupable
22:29avant même d'être jugé. Et c'est le sentiment que j'ai eu
22:31ce matin. En fait, j'ai eu un cri du cœur
22:33en me disant, putain, quelle injustice !
22:35Quelle injustice à proprement parler,
22:37parce que la justice, c'est quoi ? C'est l'application
22:39du droit en respectant la personne
22:41qui est en face. Et en se disant, je ne dois
22:43pas aller plus loin que ce que prévoit le cadre
22:45légal et que ce que prévoient mes obligations
22:47qui sont les miens de personnalisation.
22:49Et là, ce matin, on a vu des magistrats
22:51qui se sont mis à la place du politique
22:53en se disant, on va empêcher Mme Le Pen d'être candidate.
22:55Et ce qui m'a scandalisé,
22:57c'est que le Conseil constitutionnel, qui est quand même
22:59composé de personnalités politiques,
23:01le président, c'est M. Ferrand, qui est quand même
23:03un proche de M. Macron, a fait
23:05preuve de plus de raison
23:07et de proportionnalité et de respect de la démocratie
23:09que les juges de ce matin...
23:11Alors, si je peux me permettre là-dessus,
23:13l'URN, alors, ils ont dit que c'était le moins
23:15mauvais de tous les candidats qui leur ont été
23:17proposés, qui étaient proposés au Conseil constitutionnel,
23:19mais ils l'ont laissé
23:21prendre la présidence du Conseil constitutionnel,
23:23le Rassemblement national, donc...
23:25Voilà, après...
23:27Il y a un mot, quand même, M. Thiebaud, sur la décision rendue vendredi
23:29par le Conseil constitutionnel, donc il faut
23:31savoir que c'était une QPC
23:33sur une question
23:35de constitutionnalité, sur l'exécution
23:37provisoire. Évidemment, ça allait donner un signal
23:39pour ce lundi, pour Marine Le Pen.
23:41Et c'était sur un député, il me semble...
23:43Un élu local maorais.
23:45Sur les peines complémentaires, effectivement, les niégés.
23:47Et qu'a dit le Conseil constitutionnel ?
23:49Ils se sont pas trop mouillés. Ils ont dit
23:51vous pouvez donner l'exécution provisoire,
23:53mais prenez garde
23:55au contour démocratique et au contexte
23:57démocratique. Donc, c'était quand même un feu vert
23:59pour donner une exécution provisoire à Marine Le Pen.
24:01Sur la proportionnalité,
24:03on les attendait, j'étais pas trop inquiet. Mais sur le
24:05respect du droit des électeurs, moi j'ai trouvé que c'était assez
24:07courageux de sa part, parce que... Je vais pas
24:09faire un cours de droit constitutionnel, mais c'était pas vraiment
24:11un point qui était soulevé habituellement
24:13dans la jurisprudence du Conseil constitutionnel.
24:15Surtout, ça permettait de dire, attention mon
24:17coco tribunal correctionnel,
24:19il va falloir respecter les électeurs
24:21dans la décision que tu vas prendre concernant
24:23Marine Le Pen. Vulgairement parlant, c'était un peu ça.
24:25Et ça fait pchit. Mais pourtant, le tribunal
24:27correctionnel, c'est quand même un principe de hiérarchie
24:29des normes et de respect des juridictions
24:31en France. Il est soumis au
24:33respect des décisions du Conseil constitutionnel
24:35et à l'esprit de leur décision.
24:37Est-ce que la décision de la Chambre
24:39n'a pas été prise avant la QPC ?
24:41Alors, c'est au jour du délibéré.
24:43Vous savez, c'est à la fin de la foire qu'on compte les bouses.
24:45Et bien là, c'est la même chose.
24:47C'est au jour du délibéré.
24:49C'est à la fin de la Bar Mitzvah qu'on paye l'orchestre.
24:51Et donc, c'est au moment où
24:53on prononce son délibéré qu'on prend sa décision.
24:55La décision, elle est datée d'aujourd'hui
24:5731 mars. Donc, c'est au 31 mars
24:59qu'il aurait fallu prendre en compte ça. Et ils ont répondu
25:01en disant, on prend en compte les électeurs,
25:03mais on prend tellement en compte les électeurs que
25:05en gros, en substance,
25:07on va quand même pas leur faire l'affront de leur laisser
25:09Marine Le Pen.
25:11Alors, on va en venir sur les différentes réactions.
25:13Jean-Danes Bardella, bien entendu, a réagi.
25:15Il sera d'ailleurs demain matin sur Europe 1
25:17avec Sonia Mabrouk et Laurence Ferrari.
25:19Aujourd'hui,
25:21ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée.
25:23C'est la démocratie française qui est
25:25exécutée. Eric Ciotti a fait un
25:27long texte et il finit par
25:29« La France, est-elle encore une démocratie ? »
25:31C'est la question qui se pose.
25:33Marine Tondelier, « La justice est la même pour tout le monde.
25:35C'est la remise en cause par des politiques qui prétendent
25:37aux plus hautes responsabilités gravissimes et
25:39beaucoup du peu de cas qu'ils font de l'État de droit. »
25:41Alors, il y a eu
25:43énormément de réactions de la France Insoumise.
25:45Fabien Roussel, aussi,
25:47chez les communistes, « La justice est la justice.
25:49Selon que vous serez puissant ou misérable,
25:51comme écrivait La Fontaine. »
25:53Respectons la justice, donc.
25:55Eric Zemmour, « Ce n'est pas au juge de décider
25:57pour qui doit voter le peuple. »
25:59Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan, également,
26:01ont réagi. Le système s'est
26:03débarrassé de Marine Le Pen. Il a les mains libres pour lancer
26:05l'opération Bardella, encore bien plus soumis
26:07aux positions oligarchiques.
26:09Fillon, en 2017,
26:11dit Nicolas Dupont-Aignan. La Roumanie,
26:13il y a quelques semaines, est maintenant l'illégitimité de Marine Le Pen.
26:15François-Xavier Bellamy,
26:17lui, a écrit un long texte
26:19des Républicains.
26:21Lui, il est
26:23très étonné et triste de cette décision.
26:25On a également,
26:27Raphaël Arnaud, bien sûr,
26:29chez les Insoumis, à la droite,
26:31« Il y a toujours eu du vol à l'extrême droite. C'est forcément
26:33de l'extrême vol. »
26:35Lui, c'est...
26:37C'est un antifa qui aime des leçons.
26:39Lui, c'est...
26:41Ils sont extraordinaires.
26:43Ils grimpent à l'arbre et
26:45ils ont le cul sale.
26:47Vous devriez lire Mélenchon.
26:49J'ai trouvé la réaction de Jean-Luc Mélenchon
26:51très juste, très proportionnée
26:53sur l'exécution provisoire.
26:55Jean-Luc Mélenchon,
26:57ils ont fait un communiqué à la France.
26:59Marine Le Pen et 8 élus du RN
27:01ont été condamnés ce jour pour détournement de fonds publics.
27:03Leur condamnation est assortie d'une peine d'inéligibilité
27:05applicable immédiatement pour l'essentiel d'entre eux.
27:07Nous notons que les faits
27:09qui sont déclarés avérés sont particulièrement graves.
27:11Ils contredisent entièrement le slogan « Tête haute, bain propre »
27:13sur lequel ce parti a longtemps cherché à prospérer.
27:15Nous prenons acte de cette décision de justice
27:17même si nous refusons par principe
27:19que le recours soit impossible pour un justiciable
27:21quel qu'il soit.
27:23Quant au reste, la France Insoumise n'a jamais eu comme moyen d'action
27:25d'utiliser un tribunal pour se débarrasser
27:27du RN. Nous le combattons
27:29dans les urnes comme dans la rue par la mobilisation
27:31populaire du peuple français comme nous avons
27:33su le faire lors des élections législatives en 2024.
27:35Nous le battrons aussi demain dans les urnes
27:37quel que soit son ou sa candidate.
27:39Jean-Luc Mélenchon a dit que je m'associe pleinement
27:41à la déclaration de la coordination du
27:43mouvement insoumis. J'ajoute, la décision de
27:45destituer un élu devrait revenir au peuple.
27:47C'est à cela que servirait le référendum
27:49révocatoire avec une sixième république
27:51démocratique. Alors, sur ça, je suis d'accord
27:53avec Jean-Luc Mélenchon. C'est le peuple
27:55qui doit décider de la destitution d'un élu.
27:57Il faut voir le sous-texte.
27:59Il s'adresse aussi aux 13 millions
28:01d'électeurs du RN.
28:03Bien sûr.
28:05C'est normal.
28:07Il a toujours eu la même ligne.
28:09Là-dessus, on ne peut pas non plus
28:11le reprocher.
28:13François Bayrou vient de réagir, Cyril.
28:15Il se dit particulièrement troublé
28:17par la décision contre Marine
28:19Le Pen. François Bayrou, qui lui-même
28:21était concerné par les assistants parlementaires
28:23mais qui a été relaxé en première instance.
28:25Le parquet a fait appel.
28:27Un nouveau procès pour le Premier ministre.
28:29Le ministre est troublé de cette décision.
28:31Je suis Marine,
28:33le Premier ministre hongrois.
28:35Il y a également...
28:37Vous savez quelle a été la première réaction ?
28:39C'est qui ? Les Russes.
28:41Première réaction qui est tombée.
28:43Vladimir Poutine.
28:45C'est inquiétant pour la démocratie française.
28:47Il aurait peut-être pu s'abstenir.
28:49Ça n'a pas les cadeaux.
28:51Ça fait sourire.
28:53Philippe de Villiers. La tempête se lève.
28:55C'est une exécution publique.
28:57C'est un coup d'Etat politico-judiciaire.
28:59Honte à toute cette classe politique qui piétine le peuple.
29:01Comme Orban, je suis Marine.
29:03Il y a également Matteo Salvini,
29:05vice-président du Conseil des ministres en Italie,
29:07qui a tweeté pour Marine Le Pen.
29:09Ceux qui craignent le jugement des électeurs
29:11cherchent souvent à se rassurer par celui des tribunaux.
29:13A Paris, ils ont condamné Marine Le Pen
29:15et aimeraient l'écarter de la vie politique.
29:17Un mauvais film que l'on observe également dans d'autres pays
29:19comme la Roumanie. Ce qui se passe contre
29:21Marine Le Pen est une déclaration de guerre
29:23de Bruxelles. À un moment où les pulsions
29:25belliqueuses de Van der Leyen et Macron
29:27sont terrifiantes, nous ne nous laissons pas
29:29intimider. Ne nous arrêtons pas.
29:31En avant toute, mon ami. Il n'a pas réagi d'ailleurs
29:33Emmanuel Macron. Si, l'Elysée vient de dire pas de commentaire.
29:35D'accord. Courage fuyant.
29:37L'Elysée vient de déclarer pas de commentaire.
29:39Justement, parce qu'il y a
29:41énormément aussi de
29:43Français, de gens qui nous écoutent sur
29:45Europe 1, qui disent
29:47ça c'est encore un coup de
29:49Macron. Pas du tout là-dessus.
29:51Là-dessus, il faut le dire.
29:53D'ailleurs, ils sont divisés les macronistes.
29:55Ils peuvent être divisés.
29:57Autant sur
29:59la C8, on peut vous dire oui.
30:01Oui. Autant sur C8.
30:03Oui. Autant sur ça.
30:05C'est vraiment les juges. On ne va pas se raconter l'histoire.
30:07C'est le législateur. C'est François Hollande qui a permis
30:09l'exécution provisoire avec sa loi en 2016.
30:11La loi Sapin. Donc, il ne fallait pas non plus
30:13permettre aux juges de faire cette exécution
30:15provisoire. Si les juges l'apprendent,
30:17c'est parce que le législateur, les députés
30:19ont permis de la voter. Alors, ce n'est pas Emmanuel Macron,
30:21mais il faut quand même dire qu'on est dans un contexte très particulier
30:23en France, où la démocratie
30:25était cornée. J'ai pris les
30:27deux exemples en l'espace d'un mois.
30:29Je veux dire, quand je vois aussi qu'en
30:31Roumanie, il y a un candidat qui arrive en tête
30:33au premier tour, on annule le premier tour
30:35parce qu'on dit qu'il y a eu ingérence russe.
30:37Et puis, on dit à ce candidat, vous ne pouvez pas vous présenter
30:39à la nouvelle élection présidentielle alors qu'il
30:41est favori des sondages, qu'on ne l'aime
30:43ou qu'on ne l'aime pas. On choisit donc là aussi
30:45à la place du peuple. Il y a quand même quelque chose
30:47qui se passe en Europe. Il y a un vent mauvais
30:49qui souffle en Europe. Je suis désolé.
30:51Il y a Hugo Magnin, un journaliste, qui me dit
30:53visiblement, les juges font preuve de plus de
30:55clémence avec les OQTF qu'avec les politiques
30:57de droite. Qu'est-ce que vous en pensez ?
30:59Les OQTF, vous savez comment ça se passe. Elles sont prononcées.
31:01C'est des décisions préfectorales, souvent.
31:03Le problème, c'est les laissés-passer
31:05consulaires qui ne sont pas délivrés
31:07par les pays d'origine. Après, c'est vrai
31:09quand la justice a remis en liberté,
31:11souvenez-vous,
31:13c'était le tribunal
31:15qui avait décidé de remettre en liberté
31:17cet influenceur avec
31:19quelques centaines d'euros en poche en plus
31:21pour le dédommager. Oui, c'était très choquant.
31:23Il y a un nom qu'on n'a pas prononcé pour l'instant dans les réactions.
31:25C'est Bruno Rotailleau.
31:27Ce qui se passe là, le concernant...
31:29On a dit qu'on ferait ça demain.
31:31L'impact politique,
31:33ce sera demain. C'est insupportable.
31:35Je n'arrive pas à retenir.
31:37Est-ce que vous avez vu ? Jordan Marnet l'a tweeté.
31:39Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen
31:41qui est injustement condamnée, c'est la démocratie française
31:43qui est exécutée. Je soutiens Marine.
31:45Et vous avez vu que derrière, note
31:47le contexte affiché avec le post sur Twitter.
31:49Il y a un tweet passible de 6 mois de prison
31:51et 7500 euros d'amende pour discrédit
31:53jeté publiquement par écrit sur une décision
31:55juridictionnelle dans des conditions
31:57de nature apportée atteinte à l'autorité de la justice
31:59ou à son indépendance.
32:01Voilà, c'est encore des...
32:03On a quand même le droit
32:05de critiquer la décision de justice.
32:07C'est un peu le BRB à la démocratie.
32:09Je voulais vous dire ça aussi,
32:11Maître Thiebaud, c'est ça qui m'a paru fou
32:13dans la décision
32:15qu'on a eue aujourd'hui et son argumentaire.
32:17C'est qu'on reproche à Marine Le Pen
32:19de s'être défendue au fond.
32:21On reproche à Marine Le Pen sa ligne de défense
32:23alors qu'en plus, dans sa ligne de défense,
32:25elle l'assumait d'avoir fait ce qu'elle a fait
32:27en disant qu'elle n'avait pas la même définition
32:29de l'assistant parlementaire.
32:31Donc on n'a plus le droit de se défendre.
32:33Et si, avec votre avocat, vous choisissez tel ou tel argument,
32:35ça peut se retourner contre vous
32:37au moment du verdict, du jugement, de la décision.
32:39Oui, ça arrive parfois
32:41que les juges reprochent aux personnes de se défendre.
32:43Ça m'est déjà arrivé en comparution immédiate
32:45où on dit
32:47vous aurez mieux fait d'assumer et de vous en excuser
32:49plutôt que de chercher des défenses qui ne tiennent pas
32:51alors que le dossier pénal est vraiment construit.
32:53Je voudrais qu'on vienne sur la peine de Marine Le Pen
32:55et moi, ce que j'aimerais, c'est qu'on pense
32:57moi je pense d'abord
32:59non pas comme un animateur
33:01d'Europe 1 ou comme
33:03quelqu'un qui est dans les médias
33:05je pense comme les Français
33:07qui ne sont pas dans les médias, qui voient
33:09cette peine et qui voient
33:11Marine Le Pen illégitime pendant 5 ans
33:13condamnée à 4 ans de prison dont 2 fermes
33:15sous bracelet ainsi que 100 000 euros d'amende
33:17et qui voit des gens
33:19qui peuvent foncer sur des policiers
33:21qui n'ont que 150 euros d'amende
33:23des gens qui peuvent
33:25voler, qui peuvent frapper
33:27qui peuvent
33:29cambrioler et qui se retrouvent
33:31que 48 heures après dehors
33:33et c'est ça
33:35qui gêne les Français aujourd'hui
33:37c'est aussi simple que ça, il faut arrêter de rentrer
33:39dans des grands discours
33:41on va avoir des auditeurs en ligne là tout de suite
33:4301 80 20 39 21
33:45et vous allez voir ce que vont vous dire
33:47les Français qui nous écoutent sur Europe 1
33:49ils sont inquiets, les Français sont inquiets
33:51parce qu'ils sont inquiets aussi de cette justice
33:53à deux vitesses, ils sont inquiets
33:55aussi de ce qui se passe
33:57ils ont l'impression qu'ils sont en
33:59grande insécurité
34:01dans toute la France
34:03il y a plein de gens qui me disent
34:05aujourd'hui on ne sort plus après 19h
34:07de chez soi
34:09ou 20h, parce qu'ils ont peur
34:11dans des villes qui étaient avant plutôt safe
34:13comme Nantes, comme Rennes, comme Grenoble
34:15c'est devenu catastrophique
34:17et d'un autre côté
34:19on a l'impression
34:21on a l'impression
34:23que la délinquance
34:25a toute l'impunité
34:27grâce aux institutions
34:29et grâce à
34:31ce qui est proposé
34:33dans l'arsenal juridique
34:35et qu'on a la main
34:37beaucoup plus lourde
34:39sur des délits
34:41qui sont pour moi
34:43mineurs, pour moi un délit
34:45majeur c'est la violence
34:47c'est le viol
34:49et c'est vrai que là
34:51je pense franchement
34:53que les Français se disent
34:55est-ce qu'on va encore avoir confiance en notre justice
34:57c'est le problème qu'ils ont aujourd'hui
34:59et je le dis, on le dit pour Marine Le Pen
35:01je le redis, ça aurait été Jean-Luc Mélenchon
35:03ça aurait été Fabien Roussel
35:05ça aurait été Bruno Retailleau
35:07ça aurait été n'importe qui d'autre
35:09on aurait eu exactement la même réaction
35:11on ne disqualifie pas
35:13quelqu'un qui fait 37% dans les sondages
35:15si ça avait été un truc
35:17bien entendu
35:19je suis désolé
35:21Maxime Dessens
35:23mais là, pour ça, on ne disqualifie pas
35:25surtout qu'on le redit
35:27et c'est ce qu'a dit Maxime Thébault
35:29tout à l'heure, elle ne s'est pas enrichie
35:31personnellement, Marine Le Pen
35:33et c'est reconnu par les juges
35:35il y a quelque chose qu'il va falloir suivre
35:37c'est que bien au-delà des électeurs
35:39et des sympathisants RN
35:41non mais bien au-delà des sympathisants
35:43électeurs RN, cette décision
35:45elle va créer de l'écoeurement bien au-delà
35:47y compris dans l'électorat
35:49à gauche
35:51merci, j'aurais mieux fait de prendre des électeurs
35:53Audrey est avec nous, on va prendre beaucoup d'auditeurs
35:55sinon Olivier d'Artigolles, s'il veut nous parler
35:57il n'a qu'à nous appeler au 01 80 20
35:5939 21, merci