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00:0013h-14h, Europe 1-13h, la suite, vous écoutez Céline Giraud sur Europe 1 et le débat se poursuit.
00:06Céline avec Yvan Rioufol, Olivier Tartigolle, Jacques Serret et William Mollinier.
00:11Et on continue à parler de cette condamnation, de ce séisme, de cette honte de choc dans le paysage politique français,
00:18cette condamnation donc à cette peine d'inéligibilité de 5 ans et à 4 ans de prison,
00:23dont deux fermes sous bracelet électronique pour Marine Le Pen.
00:25William Mollinier, concrètement, quels sont les recours aujourd'hui de Marine Le Pen ?
00:31A-t-elle la possibilité de faire appel de cette exécution provisoire ?
00:36Alors déjà sur l'appel du jugement, elle peut le faire, elle a 10 jours pour faire appel du jugement.
00:42Dans ce cas-là, l'appel est suspensif, donc les 4 ans de prison dont deux avec sursis et les 100 000 euros d'amende,
00:51eux, on n'en parlerait pas jusqu'au prochain épisode, ce serait le procès en appel.
00:58En revanche, la règle c'est que vu que les 5 ans d'inéligibilité sont assortis d'une exécution provisoire,
01:08cet appel ne serait pas suspensif pour les 5 ans d'inéligibilité.
01:13Sauf que, et là c'est peut-être un endroit où les avocats vont aller,
01:20c'est qu'il y a la possibilité, depuis 2019, c'est un décret qui a créé cet article,
01:27l'article 514-3 du code de procédure civile, qui prévoit qu'en cas d'appel,
01:35on peut demander au premier président de statuer et de revoir l'exécution provisoire,
01:42s'il existe un motif d'annulation sérieux de l'inéligibilité et de l'exécution provisoire,
01:51ce qui est le cas puisque l'inéligibilité a été créée pour lutter contre la récidive,
01:58or Marine Le Pen n'est plus eurodéputée, donc il n'y a pas de risque de récidive,
02:04de détournement de fonds publics européens pour Marine Le Pen.
02:07Et deuxième motif, s'il y a un risque de conséquences manifestement excessives,
02:13c'est-à-dire que, et là elle se trouve aussi là-dedans,
02:16puisqu'elle aurait l'impossibilité de se présenter en 2027.
02:20Donc je ne dis pas que ça va lui permettre de se présenter en 2027,
02:25mais c'est en tout cas un article du code de procédure civile
02:30dans lequel les avocats peuvent s'engager et peuvent justement demander au premier président
02:36de revoir cette exécution provisoire de l'inéligibilité.
02:40Merci pour ces précisions, c'est plus clair.
02:42William Mollinier, est-ce que vous pensez qu'elle va utiliser ce recours ?
02:47En tout cas c'est une information intéressante que je n'ai lu nulle part d'ailleurs,
02:50donc ça c'est un élément nouveau.
02:52Très certainement que l'équipe de conseil d'avocats de Marine Le Pen est au travail.
02:56Je rappelle qu'elle est invitée au journal de 20h de TF1 ce soir.
02:58Le Rassemblement national est une stratégie visant à installer une ambiance
03:03laissant croire qu'il n'y aurait pas d'exécution immédiate.
03:06Ils ne voulaient pas envisager ce scénario.
03:09Donc là ça doit travailler bien évidemment autour de Marine Le Pen
03:12pour envisager les recours possibles avec cette dimension nouvelle.
03:16Il faut s'interroger d'abord sur l'abus de droit malgré tout
03:19de cet état de droit dont on nous dit qu'il est la perfection absolue
03:23parce que cette exécution provisoire c'est en fait une exécution à mort.
03:27C'est une exécution qui n'est pas provisoire du tout, elle est immédiate.
03:30Et elle empêche précisément l'appel suspensif.
03:32Donc il y a quand même là, du point de vue juridique,
03:35je sais que ça a été adopté par le Parlement,
03:37mais il y a quand même une aberration juridique.
03:39Et d'autre part, cela met en cause malgré tout l'ordre public.
03:42Je pense que c'est une notion qui doit venir également à l'esprit
03:45de tous les gens censés.
03:47Il y a une sorte d'irresponsabilité de la part de la justice, me semble-t-il,
03:51à avoir à ce point provoqué par cette violence démocratique
03:55toute une partie d'un peuple qui n'est plus représenté.
03:58Il y a eu un manque de discernement objectif, me semble-t-il,
04:01de la part de ces juges, de ces magistrats,
04:03qui au prétexte d'asseoir leur nouveau pouvoir,
04:08dans le fond, face à un pouvoir politique en effet très faible,
04:11et qui a donné les moyens aux juges d'être ce qu'ils sont aujourd'hui,
04:15il y a malgré tout là un déséquilibre démocratique
04:18qui devient urgent à régler.
04:20Il paraît qu'on a été la risée de Poutine
04:22qui a fait un communiqué pour rigoler de ce que la justice permettait
04:27ou ne permettait plus dans le processus démocratique.
04:30Donc on se couvre d'eux, il ne faut pas oublier ça.
04:32Quelqu'un d'autre veut réagir sur ce point de droit ?
04:35Ce qui est intéressant à suivre aussi dans les prochains jours,
04:37c'est la gestion politique par le Rassemblement National
04:40de cette nouvelle séquence.
04:42Est-ce qu'ils vont jouer les recours bien évidemment sur le plan juridique,
04:46mais politiquement il sera intéressant d'écouter la tonalité
04:50de Jordan Bardella demain matin sur vos ondes.
04:53Est-ce qu'il y aura la tentation d'une transition douce
04:57vers Jordan Bardella ?
04:59Ou alors la volonté d'allumer une crise politique
05:03en posant très rapidement la question de la censure du gouvernement Bayrou,
05:07de mobiliser l'électorat, 13 millions d'électeurs de Marine Le Pen
05:11en le mettant devant cette situation en disant
05:15« Qu'en pensez-vous ? »
05:16Que cela va-t-il produire au sein même du Rassemblement National
05:19où on sait qu'il peut y avoir un débat sur la ligne à adopter ?
05:22Avant de parler des conséquences pour le Rassemblement National,
05:25Jacques Serais, selon vous, est-ce que Marine Le Pen s'y attendait à cette décision ?
05:29On rappelle qu'elle a quitté l'audience avant la fin.
05:31Elle est partie avant la fin, en effet.
05:33Elle est partie dès l'instant où il y a eu ce mot d'inéligibilité
05:37prononcé par la présidente du tribunal.
05:40Non, elle ne s'y attendait absolument pas.
05:43Pour le coup, dans les différents échanges qu'on pouvait avoir avec les personnalités...
05:46Elle se disait sereine, encore hier.
05:48Oui, mais on pourrait dire que c'est de l'affichage.
05:50En tout cas, c'est vrai, elle ne s'y attendait pas.
05:53Ses plus proches ne s'y attendaient pas non plus.
05:55Et il y avait presque un tabou, finalement, à aborder ces questions-là.
05:58C'est quelque chose dont personne ne voulait parler au sein du Rassemblement National.
06:03Cette possibilité qu'elle soit empêchée à se présenter.
06:07Pour remondir sur ce que disait Olivier,
06:10il y a aussi une interrogation sur la réaction de ses adversaires.
06:14Parce qu'il ne faut pas oublier, par exemple, les propos de Gérald Darmanin
06:17qui lui-même expliquait qu'il ne souhaitait pas cette situation
06:19au sein même de l'entourage du Premier ministre.
06:22Également, François Bayrou était dans un sens où...
06:25Ce sont des adversaires de Marine Le Pen,
06:27mais ils voulaient véritablement la combattre dans les urnes,
06:30devant les électeurs.
06:33Et ça pose une autre question ensuite,
06:35ça va être la légitimité, finalement, de cette élection à venir de la présidentielle.
06:39Comment les candidats vont pouvoir se positionner par rapport à ça,
06:43sachant qu'aujourd'hui, la favorite à cette élection est potentiellement empêchée ?
06:47Yvan Rieufol.
06:48Oui, je pense qu'on peut partir de cette hypothèse
06:50que l'Union va, a priori, se reconnaître derrière le mouvement
06:54que l'on veut empêcher d'apparaître dans les élections.
06:59Et donc, ce populisme qui effraie toute une partie d'un système politique
07:04qui voit qu'il est ébranlé malgré tout par ce mouvement...

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