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00:00Bonjour à tous et bienvenue sur Europe 1 ce matin jusqu'à 9h30 sur CNews, jusqu'à 10h30 pour l'heure des pros.
00:07Le gouvernement israélien a invité Jordan Bardella mais aussi Marion Maréchal à Jérusalem
00:13pour assister à une conférence internationale sur la lutte contre l'antisémitisme.
00:18Ce rendez-vous réunit des dirigeants politiques, des organisations internationales
00:22ainsi que des personnalités de la société civile pour réfléchir
00:26sur les moyens d'enrayer cette montée de l'antisémitisme dans le monde.
00:30Il faut bien comprendre que la présence du RN marque une rupture avec le passé.
00:36Les juifs français ont défilé contre Jean-Marie Le Pen et le Front National dans les années 80.
00:41La séquence du détail avait mis hors du champ politique M. Le Pen
00:45et construit un mur entre les juifs et son mouvement.
00:4940 ans plus tard, il sera difficile de taxer d'antisémitisme le RN
00:55quand il est invité par le gouvernement israélien.
00:59Marine Le Pen a condamné le pogrom du 7 octobre 2023.
01:03Elle a approuvé la riposte militaire d'Israël pour éradiquer le Hamas.
01:07Le RN a manifesté le 12 novembre 2023 contre l'antisémitisme dans les rues de Paris.
01:13Les juifs français ont compris que le RN se trouvait à leur côté
01:18dans le moment dramatique qu'il traversait.
01:21Et ce soutien du RN contrastait avec les attaques antisémites de la France Insoumise.
01:27J'observe que des réticences existent encore sur l'engagement de Marine Le Pen
01:32auprès de la communauté juive.
01:35Le conseil représentatif des institutions juives de France, le CRIF,
01:39n'invitera sans doute pas Marine Le Pen à son dîner annuel.
01:44Bernard-Henri Lévy a annulé sa participation à la conférence de Jérusalem.
01:48Est-ce qu'un parti politique peut changer ?
01:51Oui, manifestement, quand il vient de la gauche,
01:53personne ne reprocherait à Fabien Roussel d'être un héritier de Joseph Staline.
01:57Non, quand il vient de la droite, tout son passé demeure indélébile.
02:02Appelons ça le privilège rouge.
02:05Il est 9h02, Chana Lusso.
02:079h, 9h30, l'heure des pros sur CNews et Europe 1.
02:19Bonjour Pascal, bonjour à tous.
02:20On l'a appris, ce matin, les grands-parents d'Émile
02:23resteront en garde à vue 24h supplémentaires.
02:26Tout comme leurs deux enfants interpellés hier.
02:29Il s'agit de la tante d'Émile et de son oncle
02:32qui est à peine âgé de 18 ans, nous dit le Parisien.
02:35Les auditions doivent reprendre ce matin.
02:37Je rappelle qu'ils sont entendus pour homicide volontaire et recel de cadavres.
02:41Vous l'avez dit Pascal, Jordan Bardella et Marion Maréchal en visite en Israël.
02:45Le président du RN et la députée européenne
02:48ont été invitées par les autorités locales.
02:50Une première dans l'histoire.
02:52Aujourd'hui, ils participeront à une journée de mémoire
02:55organisée sur les lieux du festival Nova
02:57en présence d'anciens otages et de familles de victimes.
03:00Et puis les obsèques d'Émilie Deken seront célébrées aujourd'hui
03:04au cimetière du Père Lachaise à Paris.
03:07Et avant de succomber à un cancer, l'actrice de 43 ans
03:10avait fait une demande bien précise à ses proches.
03:13Elle ne souhaitait pas recevoir de fleurs.
03:15À la place, Émilie Deken voulait que ceux qui le souhaitent
03:17fassent un don pour soutenir la recherche contre le cancer
03:20sur le site du centre Gustave Roussy.
03:23Voilà pour l'essentiel de l'information.
03:25C'est à vous Pascal.
03:26Merci beaucoup Shana.
03:28On est avec Sabrina Medjeber ce matin, avec Olivier Delagarde,
03:31avec Éric Nolot, avec Vincent Herouet, avec Thomas Bonnet.
03:34Mais on est très heureux d'accueillir sur ce plateau
03:36Mayar Mounchipour, ancien champion du monde de boxe.
03:39Merci d'être avec nous.
03:40Bonjour, merci.
03:41Hier, au téléphone avec nos sur-européens,
03:43je trouve que vous êtes très courageux,
03:44parce que prendre la parole sur ces sujets-là qui sont délicats,
03:48il y a beaucoup de coups à prendre pour le sportif que vous êtes,
03:51parce que c'est toujours difficile de jouer les cassandres.
03:55C'est plus facile de dire tout va bien, ne vous inquiétez pas.
03:59Le monde est merveilleux.
04:02Le sport nous permettra d'être libres, d'être ensemble,
04:07d'être, pourquoi pas, émancipés.
04:09Votre prise de parole, je la trouve particulièrement forte,
04:12d'autant que Teddy Riner, qui est un champion adoré des Français,
04:18a pris une position différente.
04:21Vous êtes né en Iran, vous êtes né à Téhéran en 1975,
04:26vous avez quitté le régime d'Ebola lorsque vous aviez 11 ans, je crois.
04:30Vous êtes de nationalité française.
04:32Pourquoi avez-vous eu envie de prendre la parole ?
04:38Bonjour Pascal, bonjour à tous.
04:41Parce que j'ai peur, parce que je connais l'objectif recherché,
04:47le but derrière tout ça, parce que je connais l'objet en question,
04:51quand on parle, je l'ai dit dans mon post Facebook,
04:55quand on parle de chimie et qu'on n'est pas chimiste,
04:58c'est bien de se renseigner auprès d'un chimiste,
05:01du sport auprès d'un sportif ou d'un entraîneur,
05:03du fait religieux auprès de quelqu'un qui est de culture
05:06ou donc qui a fait des études de cette théologie.
05:10Je rappelle, le voile islamique, qu'on dit souvent un étendard,
05:14n'est pas un bout de tissu sur la tête des jeunes filles pubères.
05:22Je les ai ici, ça a été commandé par Dieu,
05:26dans le livre sacré de l'Islam, le Coran, à trois endroits,
05:29dans la sourate des coalisés et dans la sourate des femmes,
05:35où ils disent aux femmes, il y a toujours des recommandations,
05:38c'est très léger, c'est génial, il y a toujours des recommandations
05:40que pour les femmes, qu'à partir de l'apparition
05:43de l'émancipation des monstrues, à partir de 9, 10, 11 ans,
05:47tu vas te cacher, une femme vertueuse se cache
05:51devant tous ceux qui ne sont pas son père, son grand-père,
05:55son frère ou son fils, se cachent.
05:57Pourquoi ? C'est ça qu'il faut savoir.
05:59Parce qu'elle est objet de perversion,
06:01parce qu'elle peut pervertir les hommes.
06:04C'est foncièrement misogyne et ça n'aime personne.
06:08J'ai beaucoup réfléchi depuis hier soir,
06:10je savais que je pouvais, vous me donnez la parole
06:13pour beaucoup de gens, pour bien en profiter.
06:16Je dis à celles qui veulent, de leur propre chef,
06:19parce qu'on les a, selon moi, conditionnés,
06:22porter le hijab, alors dans ce cas-là,
06:25le livre, cette religion, ce n'est pas une cafétéria
06:29où il y a un apéro, une entrée,
06:33un poisson, ainsi de suite.
06:36Tu ne prends pas l'apéro et puis je saute,
06:39je vais au poisson et je prends juste le dessert.
06:42Tu vas de A à Z.
06:43Donc dans ce cas-là, allons-y,
06:45laissez-moi une minute pour énumérer les absurdités
06:49qu'il y a dans cette idéologie religieuse
06:52et dans ce livre.
06:53Dans ce cas-là, allons-y, pour l'héritage,
06:56mesdames, vous allez hériter désormais
06:58de la moitié de votre frère.
07:00Et pour comprendre votre exception culturelle,
07:04culturelle en fait,
07:05le législateur français, il n'a qu'à légiférer.
07:08À partir de l'année prochaine, pas de souci,
07:11hijab, même à l'école, pourquoi pas ?
07:13Même à l'école, la loi de 2004, on le met de côté,
07:16les musulmans à l'école, en hijab.
07:18Mais dans ce cas-là, quand vos parents disparaissent,
07:21vous héritez de la moitié de votre frère.
07:23Dans ce cas-là, vous êtes devant une juridiction,
07:28vous avez un poids de témoignages et un poids juridique,
07:31la moitié d'un homme.
07:32Par exemple, Pascal, par exemple, madame,
07:35par exemple, messieurs, si votre fille,
07:37si vous avez une fille, si votre sœur,
07:39votre maman se fait agresser dans la rue,
07:42elle est accompagnée de son enfant, de sa copine,
07:46et l'agresseur est accompagné d'un de ses copains,
07:48devant un tribunal, son témoignage vaudra double.
07:51Elles veulent ça ?
07:52Voilà.
07:53Vraiment, je voulais résumer une chose.
07:55Le voile, au-delà, évidemment, le voile islamique en Europe,
07:59c'est l'étendard des frères musulmans, évidemment.
08:01Parce qu'ils veulent commencer par le cocktail,
08:05mais ils veulent aller jusqu'au dessert.
08:06Et le dessert, c'est quoi ?
08:07C'est moitié de droit pour les femmes,
08:09c'est les femmes à la maison, c'est les femmes enfermées,
08:12c'est les femmes sous le juge d'un khayyam, d'un responsable.
08:15Alors, c'est ce que j'appelle le grignotage,
08:18parfois, de l'islam.
08:21Comment vous expliquez la position de Teddy Riner,
08:25la position de Marion Bartoli, que j'entendais sur RMC hier ?
08:29Je leur fais, effectivement, une forme de procès en naïveté,
08:33de ne pas voir cela, parce que ce que vous dites là, au fond,
08:36et on le voit aussi avec la jeune génération,
08:39personne n'y croit, personne n'imagine que ce voile
08:43soit le début d'un grignotage qui irait jusqu'aux exemples que vous avez cités.
08:49Mais alors, comment les alerter du danger,
08:52et comment vous expliquez une forme de naïveté de Teddy Riner
08:57et d'autres sur ce sujet ?
08:59Alors, je le sais, je ne le connais pas, il est prévu qu'on se rencontre,
09:02je le sais qu'il ne connaît pas les détails, je redis, je redis.
09:06Le jour où je voudrais parler d'énergie nucléaire,
09:08je laisserai la parole à un physicien.
09:11Donc, ils sont naïfs, ils ne connaissent pas.
09:12Ils ne connaissent pas.
09:13Ils ont très probablement des amis qui leur disent,
09:16et la ministre des Sports, Mme Barsac.
09:19Pourquoi ?
09:20Pourquoi est-on du mauvais côté, toujours, dans l'espace médiatique ?
09:27Parce que le public suit.
09:29Évidemment, l'opinion publique, elle est plutôt proche de ce que vous dites vous.
09:33Mais dans l'espace médiatique, les intellectuels, les essayistes,
09:37les romanciers, les artistes, etc.
09:39C'est très difficile d'afficher votre position.
09:43C'est tellement difficile que vous ne serez invité nulle part.
09:46Je serai invité chez vous, et c'est heureux.
09:49C'est tellement difficile à porter.
09:51C'est toujours, d'ailleurs, le critère ou l'argument n°1 que je mets en place.
09:56C'est-à-dire qu'on ne vous verra pas sur France Inter,
09:58on ne vous verra pas chez Léa Salamé,
10:01on ne vous verra pas chez Anne-Elisabeth Lemoyne,
10:03parce que vous avez un discours qui ne correspond pas à la DOXA.
10:07Alors, pour Mme la ministre, je ne ferai pas de commentaire,
10:10je suis fonctionnaire, c'est ma patronne.
10:12Pour ceux qui se trompent, il y a, je crois, trois cas.
10:17Il y a... Je l'ai entendu sur votre plateau,
10:22je crois que j'aime beaucoup, je l'utilise, il y a les idiots utiles.
10:25Ils sont idiots, ils ne sont pas idiots,
10:27ça veut dire qu'ils sont ignorants.
10:29Ils sont utiles, parce que dans leur ignorance,
10:31avec la fameuse expression, on en parlait, de l'inclusion,
10:35ils donnent le pas aux frères musulmans.
10:37Il y a déjà ceux-là.
10:38Il y a ceux qui ne s'en rendent pas compte.
10:41Il y a des gens qui s'en rendent pas compte.
10:42Ils ne savent même pas ce que c'est.
10:43Ils se disent que ce n'est pas très grave.
10:45On m'a dit il y a quelques années,
10:50et il y avait un éducateur sportif
10:52qui est chargé de mission de service public, c'est pas rien.
10:55Il m'a dit, Maillard, tu préfères qu'une fille porte le hijab sur le ring
10:59ou qu'elle soit en string ?
11:00Moi, je ne pense pas, je n'ai jamais vu une femme en string dans la rue.
11:04Je ne pense pas.
11:06Donc, vous voyez, il y a ceux-là et il y a ceux qui font de la politique.
11:09Entre autres, il n'y a pas qu'eux.
11:11Entre autres, les frères musulmans qui ne sont pas du tout dans la lutte armée,
11:16ils sont dans le grignotage, j'aime bien votre mot grignotage,
11:19et le lobbying.
11:20Et en fait, ces trois cases, ces trois groupes se donnent la main.
11:24Mais si on peut résumer l'affaire,
11:26il y a quelqu'un qui sait de quoi il parle, c'est vous,
11:28et quelqu'un qui ne sait pas de quoi il parle qui s'appelle Teddy Riner et d'autres.
11:31Mais moi, ce qui m'a frappé, c'est dans votre démonstration,
11:33vous avez fait preuve d'un esprit très français, en fait.
11:36Vous avez fait appel à la raison.
11:38Et de l'autre côté, il n'y a pas la raison.
11:40En fait, c'est vous qui êtes dans une vieille tradition française,
11:43la tradition des Lumières,
11:45qui expose calmement, de manière rationnelle, les arguments.
11:47En face, il y a quelque chose de très nébuleux, de très ténébreux.
11:51Oui, pourquoi pas ?
11:52On ne sait pas de quoi on parle, mais on va parler quand même.
11:54Donc, vous êtes le représentant de l'esprit français.
11:57Il y a même quelque chose d'encore plus fort.
11:59Olivier Delagarde.
12:00À la limite, que les frères musulmans soient pour le voile, on peut le comprendre.
12:05Mais que des femmes féministes françaises se disent
12:09qu'il faut laisser les femmes porter le voile
12:11et qu'en même temps, elles luttent contre le patriarcat,
12:13là, les bras m'entendent.
12:15Parce qu'elles ne savent pas.
12:16Elles ne savent pas ce qu'est le voile.
12:18Elles ne savent pas.
12:19Et puis, il y a effectivement l'espace médiatique qui conditionne,
12:23parce que si tu prends une position contraire,
12:25c'est le cas de Mme Marie Barsac,
12:27tu es en difficulté dans l'espace médiatique
12:29et tu seras mal jugée dans le journal L'Équipe,
12:32dans la prise de parole des journalistes, etc.
12:34Ça compte.
12:35Ça compte.
12:36Il faut du courage, Olivier Delagarde.
12:38Moi, j'aime bien la phrase de Kamel Daoud,
12:40qui dit que mettre un voile, ça peut être une liberté.
12:44L'enlever, on ne l'a pas, la liberté, en général.
12:46Kamel Daoud a dit pire que ça.
12:48Il a dit que le voile est un féminicide.
12:50Et il a dit qu'il n'y a pas d'émancipation dans la soumission.
12:53Monsieur, vous avez très bien résumé le fondement théologique
12:56de ce que c'est que le voile,
12:58à travers, encore une fois, les injonctions du texte.
13:02Sabrina Medjaber.
13:04Mais là où, en fait, nous ne nous rendons pas compte,
13:06c'est de la subtilité et de la ruse sémantique
13:09qu'utilisent les frères musulmans pour faire avancer leur agenda.
13:13Il y a trois leviers.
13:14Le discours laïco-républicaniste dans les arcanes du pouvoir.
13:19Le discours écolo-diversitaire inclusif pour les ONG,
13:23l'école, les médias, l'université.
13:26Et le discours révolutionnaire pour les syndicats et la France insoumise.
13:31Et quand, justement, ils captent ces trois sphères-là,
13:34eh bien, ils avancent, ils avancent et ils avancent.
13:37Et ça donne des féministes qui, soi-disant, se battent contre le patriarcat
13:41et défendent le voile comme une mini-jupe
13:43ou le considèrent comme un rouge à lèvres.
13:45Alors, d'abord, il y a beaucoup de gens qui connaissent votre nom, bien sûr,
13:49Maïa Armand-Chipour,
13:50mais vous avez quand même arrêté la compétition il y a quelques années.
13:53Et moi, je vous l'ai dit hier et je vous le redis là,
13:55ce qui est étonnant, c'est que vous êtes un sportif de haut niveau,
13:57mais vous parlez comme un intellectuel.
13:59C'est-à-dire que le discours que vous avez,
14:01il est incroyablement construit, précis.
14:04Et quand je dis que vous parlez comme un essayiste,
14:06vous parlez vraiment comme quelqu'un qui a réfléchi longuement
14:09et qui connaît et qui sait manier les arguments, la langue, etc.
14:13Ce qui n'est pas si fréquent.
14:14Je voulais vous dire deux choses.
14:16Je vous l'ai dit, en fait, c'est vraiment propres iraniens que je critique énormément.
14:21Moi, 95 % de ma culture, elle est française.
14:24J'aime ce pays du fond de mon cœur.
14:27Ce que vous disiez, c'est un compliment.
14:29Si vous me dites que j'ai l'esprit français, j'ai gagné.
14:32J'ai gagné mon intégration dans ce pays.
14:34Je ne suis pas né là.
14:35Très vite, j'ai quitté un pays en guerre, 86.
14:38Je suis arrivé à Poitiers, en logement HLM.
14:41Mon père n'était pas riche, mais j'avais un chauffeur qui m'amenait.
14:44J'étais sous préfet de police.
14:45À l'école, j'étais l'immigré dans un HLM.
14:48Mais je m'en rappelle, je suis arrivé un vendredi.
14:51Le samedi ou le dimanche, je regardais par la fenêtre,
14:53il y avait des oiseaux, c'était vert, c'était génial.
14:55Je n'avais qu'à aller à l'école, filles et garçons mélangés.
14:58On était à un endroit pour apprendre.
15:00L'école gratuite.
15:02Si vous n'avez pas, moi, ma tante a élevé ses deux enfants
15:05sans père qui a aidé.
15:07Elle ne travaille presque pas.
15:09Son fils qui est parisien, il est docteur en sciences biologiques.
15:12L'État l'a accompagné pour faire.
15:14On a tout pour réussir dans ce pays-là.
15:17Laissons tranquille.
15:18Alors, pareil, vivre à Rome comme les Romains,
15:22les Iraniens le font.
15:24Quand on va quelque part, on s'adapte, on respecte l'histoire du pays,
15:27ses traditions et on maîtrise,
15:30vous me l'avez dit deux fois,
15:32on maîtrise sa langue.
15:34Le premier pas d'intégration,
15:36on parle souvent du travail, c'est vrai,
15:38c'est la culture et la langue.
15:40Et si on n'aime pas la culture de ce pays,
15:44on reste chez soi.
15:45Alors, je voulais vous faire écouter un document
15:47qu'on m'a transmis.
15:49On m'a transmis un document, il y a une dame,
15:51elle va peut-être se reconnaître si elle nous écoute.
15:54J'espère que cette dame est toujours de ce monde,
15:56pour tout vous dire.
15:57Elle était architecte dans Paris.
15:59On est en 1979 et c'est une Iranienne.
16:02Une Iranienne, une intellectuelle architecte
16:04qui est appelée par la télévision à l'époque
16:06à commenter ce qui se passe en 1979.
16:08On rappelle évidemment que M. Kobini
16:11était à Neuf-le-Château.
16:12Tout à fait.
16:13Que tout le monde a applaudi à cette révolution.
16:15C'est vrai que le régime du chat était particulièrement rude.
16:18Il y avait la SAVAC, c'est bien ça, la politique.
16:21Il y a pire maintenant.
16:22Il y a les passes de rannes.
16:23Il y a les passes de rannes, absolument.
16:24Je le dis sous votre contrôle.
16:25Je me souviens très bien, j'étais un adolescent,
16:27tout le monde était plutôt, comment dire,
16:31prenait avec enthousiasme,
16:34non pas tant l'arrivée de l'Ayatollah Kobini,
16:37mais que le départ du chat.
16:39Oui, il y a eu la gauche culturelle de l'époque.
16:42Le monde est là à l'époque.
16:43La gauche intellectuelle a encensé
16:46comme étant un héros pour son impérialisme.
16:48Il y avait un climat assez positif
16:50parce que le chat a juste été présent comme un horrible...
16:53La gauche culturelle aussi l'a encensé.
16:55La police...
16:57Effectivement, l'histoire était simple.
16:59Il y avait d'un côté les salauds,
17:00puis de l'autre côté, il y avait les héros.
17:02Et Roménie était du côté des héros,
17:04il n'y a aucun doute, c'est la libération.
17:06Une espèce d'aveuglement incroyable
17:07avec Foucault, les intellectuels parisiens, la libération.
17:10Tout ça.
17:11Ce qui me fascine, c'est que tout le monde connaît
17:14le nom de la SAVAC.
17:16Mais il y a eu des crimes de la SAVAC, évidemment,
17:18pas moi qui vais la défendre.
17:20Mais c'est rien.
17:22C'est le seul service secret dont vous connaissiez
17:25le nom dans tout le Moyen-Orient.
17:27Pourtant, ils sont particulièrement durs,
17:29les camarades locaux.
17:31Mais non seulement c'est le seul service qu'on connaisse,
17:34mais en plus, son nom a perduré
17:37à travers les décennies, trois générations.
17:40On se souvient de la SAVAC.
17:41Vous connaissez le nom des polices iraniennes
17:45qui ont un bilan pire, mais dix fois pire.
17:50Mais nous sommes d'accord.
17:51Je replace simplement dans le contexte de 79.
17:55Et là, vous allez écouter cette dame.
17:57Et j'ai demandé au service programmation,
17:59peut-être nous écoute-t-elle.
18:00Si elle nous écoute, c'est formidable.
18:02Parce que vraiment, on l'invite demain.
18:05Écoutez ce qu'elle dit en 79
18:08de ce qu'est l'Iran, de ce qu'a été l'Iran
18:11et de ce qu'elle imagine que ça puisse devenir.
18:14Écoutez cette femme, elle est architecte.
18:17Vous savez, je crois que
18:20le problème de la femme est tout de même très important.
18:25Je ne crois pas du tout
18:28qu'il va se résoudre automatiquement
18:30à travers des luttes politiques.
18:33Il ne faut pas voir la femme iranienne
18:36comme celle qui a jusqu'à 50 ans porté le voile.
18:42Ensuite qu'on lui a retiré le voile.
18:44Maintenant qu'on lui impose le voile.
18:46Ce n'est pas ça.
18:47La femme paysanne iranienne n'a jamais porté le voile.
18:51La question de non-mixité ne s'est jamais posée
18:54dans la campagne iranienne.
18:56La femme qui travaille dans l'usine
19:01a toujours travaillé à côté de l'homme.
19:04La femme iranienne dans la famille,
19:06je suis sûre qu'on vous l'a déjà dit,
19:08elle a un rôle très important.
19:12Elle est toujours dans l'espace de la maison
19:16avec les hommes,
19:18qu'ils soient le mari ou le fils
19:22ou le cousin ou les gens qui viennent à la maison.
19:25Elle a l'habitude d'être, de vivre
19:29avec le sexe masculin.
19:31Donc, je crois qu'elle va mener sa vie.
19:41Je crois qu'il est faux de penser
19:43qu'une révolution peut faire table rase.
19:48Dans aucun pays, ce n'est vrai.
19:50Ce n'est pas vrai.
19:51Donc on est en 1979
19:53et ça s'appelle être une femme en Iran.
19:55Voyez, on se projette.
19:57Hélas, ce qu'elle dit n'est pas vrai.
20:04La population iranienne est vraiment bipolaire.
20:06Il y a vraiment deux pôles.
20:08Il y a ceux qui utilisent ou qui croient
20:10ou qui l'utilisent comme outil la religion
20:13et il y a beaucoup de gens libres.
20:15Je vous donne un exemple.
20:17L'entrée à l'université en Iran,
20:19parce qu'il n'y a pas assez de place,
20:20est sanctionnée par un concours.
20:22Évidemment qu'elle travaille mieux que les garçons.
20:24Elles sont plus nombreuses à rentrer à l'université.
20:26Elles sont diplômées, elles travaillent.
20:27Elles ont leurs mots à dire dans les familles.
20:29Tout va bien.
20:30Mais même les plus libres des hommes,
20:32les plus libres des familles,
20:33en cas de divorce, en cas de conflit,
20:35ils utilisent la sharia.
20:37Savez-vous qu'évidemment,
20:39une femme n'a pas le droit de divorcer.
20:41C'est toujours le mari qui divorce.
20:43Qu'à trois ans et un jour,
20:44quelle que soit la décision du juge,
20:46le père peut récupérer l'enfant.
20:49Tout est fait pour les hommes.
20:51Mais personne n'imagine que ça puisse se mettre en France.
20:54Personne.
20:55Et il est là, le danger.
20:58Parce qu'en fait, c'est possible.
21:00Voilà, merci.
21:01Je voulais vous dire ça.
21:02C'est ça qu'il faudrait dire aux uns et aux autres.
21:04En fait, c'est possible.
21:05En 79, je vais vérifier auprès d'un ami
21:08qui est ici, et de mon père.
21:11En 79, quand il y a la révolution,
21:13en février 79,
21:15ils ont commencé à dire aux femmes,
21:16ça serait mieux que tu t'habilles un peu plus couvert et tout.
21:18Ils ont mis un an pour légiférer.
21:20Ils les ont embêtées, harcelées, harcelées.
21:24Ils n'ont pas légiféré 15 jours après.
21:27Ils le voulaient.
21:28Ils savent.
21:29Ils ont le temps devant eux.
21:30Ils ont un projet qui est très bien pensé.
21:33Vous n'êtes jamais retourné en Iran ?
21:35Six fois en tour.
21:36Vous savez, Pascal,
21:37aujourd'hui, si j'y vais, on m'arrête à l'aéroport.
21:40Parce qu'encore une fois,
21:42j'ai défendu les droits de la femme.
21:45À l'image du marathon qui était interdit
21:48parce que ça pouvait perturber la procréation pour les femmes,
21:51le marathon a été pour la première fois autorisé,
21:54à Helsinki, je crois, dans les années 60.
21:57Avant, les femmes, on ne sait pas pourquoi.
21:59Aujourd'hui, on s'étonne, mais c'était le cas.
22:01En Iran, plusieurs sports, dont la boxe, sont interdits aux femmes.
22:04Il y a exactement le 13 avril 2019,
22:06j'ai organisé le premier,
22:08le combat de la première iranienne,
22:10Sadaf Khadem, à Royan.
22:12Moi, j'ai eu un mandat d'arrêt.
22:13Ça veut dire, juste parce que j'ai autorisé une femme
22:16à vivre son rêve parce qu'elle était en maillot de bardeur,
22:21on m'arrêta à l'aéroport parce que,
22:23laissez-moi dire cette phrase,
22:25ça, je sais que vous le savez au plus profond,
22:27dans cette religion, dans cette idéologie,
22:30dans cette culture, le corps de la femme est un enjeu politique,
22:33de pouvoir.
22:34J'aimerais que votre voix soit entendue,
22:36encore faut-il qu'on vous invite, pour tout vous dire.
22:39J'aimerais qu'il y ait un débat, pourquoi pas, avec Teddy Riner.
22:41Teddy Riner, qui vous a répondu d'ailleurs, hier,
22:43dans une sorte de message d'apaisement sur Twitter,
22:47il a dit, je souhaite rappeler que le sport doit rester un espace
22:49où chacun peut s'exprimer, s'épanouir et se rassembler
22:52dans le respect des règles et de l'éthique sportive.
22:54Quelle que soit l'issue de cette réflexion,
22:56j'appelle à l'apaisement, à la bienveillance et au dialogue.
22:59C'est plus facile de dire ces choses-là, bien sûr,
23:01que de jouer les cassantes, je le répète.
23:03Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise.
23:06J'entends toutes ces formules-là,
23:08mais gardons en tête que le sport est un langage universel.
23:11Oui, bien sûr, un vecteur de cohésion
23:13et un pont entre les individus, en fait...
23:16On dirait de l'intelligence artificielle.
23:18Moi, je suis très inquiet de ça.
23:20J'invite donc chacun à entendre mes propos dans cet esprit
23:23et à ne pas les instrumentaliser à des fins partisanes.
23:26Alors, on est effectivement...
23:28On a toute l'admiration pour Teddy Riner.
23:31On ne lui fait pas de procès, évidemment, en politique.
23:35On y voit juste une naïveté.
23:37Et on est inquiets, quand même, de ce climat.
23:41Et je suis d'autant plus inquiet que vous, vous êtes peu entendu.
23:43C'est le Figaro qui vous a interrogé.
23:45J'aimerais que vous soyez à la une de l'équipe, pour tout vous dire.
23:47Et je ne suis pas sûr que vous y soyez,
23:49parce que ce n'est pas le discours, là, encore dominant.
23:52Parce que le journalisme, évidemment,
23:54c'est de mettre en avant ou pas certaines prises de parole.
23:57Vous pourriez être à la une de l'équipe.
24:00Ça, ça serait formidable.
24:01Eh bien, je pense que vous n'y serez pas.
24:03Vous avez entendu le carillon, il est 9h24.
24:05On est très en retard.
24:07Je salue Thomas Hill.
24:08Bonjour.
24:09Bonjour, Pascal.
24:10Bref, exceptionnellement.
24:11Vous faites le salut militaire, désormais, vous.
24:13Bien sûr, je suis le garde-vous.
24:15Écoutez le président Macron, c'est bien.
24:17D'accord.
24:18Vous êtes prêts à partir.
24:20Toujours prêt, vous savez, depuis que je suis scout.
24:22Écoutez, moi, je vous salue.
24:25Il serait mieux de saluer de la main droite, dans ce cas-là,
24:27que de la main gauche.
24:28Parce qu'il a salué de la main gauche, en plus.
24:29À l'instant, de la main gauche.
24:30Je suis gaucher, excusez-moi.
24:32Vous n'avez pas fait votre service militaire.
24:35Non, j'ai eu que la journée, moi, d'intégration.
24:38Vous êtes un planqué.
24:40On a pas mal bossé.
24:41Alors que moi, je ne l'ai pas fait non plus.
24:44On marque une pause.
24:45Vous restez encore quelques secondes avec nous.

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