• hier
Écoutez "On refait le monde" avec Philippe Corbé, ancien correspondant de RTL aux Etats-Unis, Jade Dousselin, avocate pénaliste, conseil de nombreux politiques de tous bords, Vincent Jarrousseau, photographe, réalisateur et auteur de "Dans les âmes et les urnes : 10 ans à la rencontre de la France qui vote RN" (éditions des Arènes), Aurélien Martini, secrétaire général adjoint de l'USM (Union syndicale des magistrats), et Julien Fautrat, journaliste au service politique de RTL.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 02 avril 2025.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et c'est la contre-attaque médiatique de Marine Le Pen avec quelques accents trumpistes.
00:09Appel au peuple, critique des institutions, volonté de faire changer la loi.
00:12Cette stratégie a fait ses preuves aux Etats-Unis avec le fameux slogan MAGA, Make America Great Again.
00:18Mais qu'en est-il en France ? Marine Le Pen, la méthode Trump, peut-elle marcher ?
00:22Nous allons en débattre avec Jade Dousselin qui est avocate pénaliste et conseille de nombreux hommes et femmes politiques.
00:27Soyez la bienvenue Jade Dousselin.
00:28A nos côtés aussi Vincent Jarrousseau qui est photographe, documentariste et réalisateur.
00:33Votre livre « Dans les âmes et les urnes », « 10 ans à la rencontre de la France qui vote Rennes »
00:37est paru aux éditions des Arènes.
00:38Bienvenue Vincent Jarrousseau.
00:40Bonsoir.
00:41Nous serons à distance avec Aurélien Martini, vice-procureur au tribunal de Melun, secrétaire général adjoint de l'USM.
00:46Il s'agit de l'union syndicale des magistrats.
00:48Bonsoir Aurélien Martini, merci d'être avec nous.
00:51Bonsoir.
00:51Aurélien Fautra, journaliste au service politique.
00:53Bonsoir à tous.
00:54J'ai le plaisir d'accueillir Philippe Corbet, ancien correspondant d'RTL aux États-Unis.
00:58Je précise qu'on peut retrouver votre passionnant podcast sur la société américaine.
01:02J'ai toujours du mal à prononcer.
01:03Z-Geist, c'est correct ?
01:04Z-Geist.
01:05Merci beaucoup.
01:05Disponible sur toutes les plateformes.
01:08Ce n'est plus l'état de droit, là c'est la négation de l'état de droit.
01:12La tyrannie des juges.
01:14Le système a sorti la bombe nucléaire.
01:16Et s'il utilise une arme aussi puissante contre nous,
01:22c'est évidemment parce que nous sommes sur le point de gagner les élections.
01:26Vous avez bien entendu reconnu Jordan Bardella et Marine Le Pen hier devant les députés Rassemblement National
01:32qui parlent de tyrannie des juges, de système qui sort la bombe nucléaire.
01:36Ça m'a évoqué cette petite phrase de Donald Trump il y a encore quelques jours.
01:39Nous avons des juges voyaux qui détruisent notre pays.
01:42Le président américain qui fustigeait sur Fox News des juges voyous qui détruisent le pays.
01:46Julien Fautra, vous qui suivez le RN au quotidien,
01:50ils prennent leurs éléments de langage à la Maison-Blanche ?
01:52Je ne dirais pas ça, je dirais plutôt qu'on est sur du FN pur jus.
01:58C'est-à-dire qu'on retrouve ce qu'a fait la force du Front National de Jean-Marie Le Pen.
02:04Une forme de populisme, le anti-système.
02:08Ce que Marine Le Pen a essayé depuis qu'elle a pris le parti de balayer, de prendre ses distances.
02:15Là je trouve qu'on est plutôt revenu à ce qu'était le Front National.
02:20Qui inspire l'autre selon vous, Philippe Corbet ?
02:22Comme Julien, je pense qu'à la fois, d'une certaine manière,
02:25Trump montre un manuel ou montre une méthode qui a une certaine efficacité,
02:31en tout cas médiatique, dans le langage.
02:33Mais en réalité, Marine Le Pen, il suffit de se souvenir des discours de Jean-Marie Le Pen
02:38il y a 15 ans, 20 ans, 30 ans, notamment le 1er mai, les grands discours,
02:41il y avait à peu près les mêmes mots.
02:43Et d'ailleurs quand il avait été condamné, il me semble, pour une peine d'inéligibilité,
02:46en 1998, il utilisait les mêmes arguments.
02:49La différence, c'est que Donald Trump, non seulement assume une stratégie,
02:55mais c'est une stratégie qu'il mène depuis longtemps.
02:56Il n'y a pas eu des moments où il essayait de donner une forme de respectabilité,
03:00alors que Marine Le Pen a plutôt donné ces dernières années l'impression de vouloir,
03:04entre guillemets, avec la stratégie de la cravate,
03:06normaliser, au fond, les côtés les plus abrupts du langage du RN.
03:11Il y a des trajectoires inverses, c'est-à-dire que, je parle sous le contrôle de Philippe,
03:15chez Donald Trump, une volonté de trancher, d'être le plus, le mot ne me vient pas,
03:22mais le plus clivant possible, Marine Le Pen fait la trajectoire inverse.
03:28Vincent Jarousso, c'est une défense efficace, d'après vous, auprès des électeurs RN ?
03:33J'ai quand même quelques doutes, parce que quand on regarde l'électorat du RN,
03:38moi je rencontre ces électeurs depuis très longtemps,
03:42c'est vrai qu'il y a eu cette stratégie de dédiabolisation qui est ancienne,
03:45il faut remonter quand même au milieu des années 2000,
03:47c'est antérieur, y compris à l'arrivée de Marine Le Pen à la présidence de ce parti en 2011.
03:53Stratégie de dédiabolisation qui s'est muée à partir de 2018,
03:57quand le Front National est devenu Rassemblement National,
04:00en une stratégie de normalisation.
04:03On a vu aussi un électorat évoluer dans sa structure,
04:06qui s'est féminisé à la différence de l'électorat de Donald Trump.
04:09Il faut bien voir que l'électorat de Marine Le Pen est à parité,
04:13ce qui est quand même une distinction notable par rapport à l'électorat américain.
04:18Et on a par ailleurs un électorat qui, je crois,
04:21par rapport au premier retour que je peux avoir,
04:23est aussi attaché au respect de la loi, au respect du droit, au respect des règles.
04:29J'ai évidemment interrogé quelques-uns des électeurs et électrices,
04:34que je connais très bien depuis lundi,
04:37et beaucoup considèrent que c'est dur ce qui arrive,
04:41parce que certains me disent qu'on est privés de notre choix pour 2027.
04:46Mais en même temps, elle a fauté.
04:48Et l'incompréhension se situe plus au niveau de l'inégibilité,
04:55où il y a parfois une incompréhension qui s'exprime.
04:59Est-ce que vous pensez, Jade Dousselin,
05:00que ça peut perturber une partie des sympathisants de Marine Le Pen et de son parti ?
05:06Oui, je pense qu'effectivement,
05:07et c'est d'ailleurs tout le paradoxe dans lequel se place Marine Le Pen aujourd'hui,
05:10il y a une ambivalence évidente entre les propos de Marine Le Pen avant lundi
05:14et ceux qui sont prononcés aujourd'hui.
05:16Je ne vais pas revenir dans le détail,
05:18mais elles font partie d'un parti politique
05:22qui depuis 2016 n'a jamais souhaité remettre en cause
05:24cette condition d'inégibilité, son exécution provisoire.
05:27Pire, elle a fait partie de ceux qui appelaient à un durcitement de cette norme
05:32et à une fait que l'inégibilité puisse être à vie.
05:35Et par ailleurs, vous avez quand même quelqu'un qui souhaite,
05:37et c'est là où je vais revenir à la trumpisation,
05:39puisque c'est le sujet.
05:41Je vais essayer de rester dans le cadre de votre sujet.
05:44C'est quelqu'un qui a toujours appelé à une justice rapide,
05:48dure et d'exécution immédiate pour l'ensemble des citoyens.
05:52Et c'est là où l'exercice de trumpisation est pour moi très dangereux.
05:56Tout citoyen a le droit de critiquer la décision de justice
05:59qui est prononcée à son encontre.
06:01La question aujourd'hui qui se pose, c'est
06:03on peut critiquer cette décision ?
06:05Elle est sûrement critiquable.
06:06Il y a une limite entre, encore une fois, critiquer la décision de justice
06:08et jeter des cibles sur le dos de magistrats qui l'ont prononcée
06:11et jeter l'opprobre entière sur une institution judiciaire.
06:15Et puis, je trouve que là où la trumpisation de Marine Le Pen est problématique,
06:19c'est que la décision de justice,
06:21elle ne la critique que quand elle lui est attribuée à elle.
06:24Parce qu'à aucun moment, elle est venue remettre en cause
06:26l'exécution provisoire, par exemple,
06:28de l'inégibilité de l'élu de Mayotte
06:30qui a fait la question prioritaire de constitutionnaliser.
06:3248 heures avant sa décision,
06:34il y a eu une décision du Conseil constitutionnel.
06:36Je n'ai pas entendu Marine Le Pen.
06:37Marine Le Pen s'est levée contre cette décision judiciaire
06:39qui, à mon sens, est un sujet.
06:41Comment avez-vous vécu tout ça, Aurélien Martini ?
06:43Parce que vous, au moins, vous êtes directement concerné
06:45en tant que vice-procureur au tribunal de Hellin.
06:47C'est-à-dire qu'elle parle de votre métier,
06:49du fonctionnement du métier qu'on vous a confié,
06:51qui est la justice de notre pays.
06:54Écoutez, on est très inquiets, autant le dire franchement.
06:56Très inquiets ?
06:57Oui, on est très inquiets.
06:59Écoutez, quand on parle de juge tyran,
07:02qu'est-ce qu'on a fait aux tyrans dans l'histoire de France ?
07:04Qu'est-ce qui leur est arrivé ?
07:05Normalement, on leur coupe la tête.
07:07Oui, ben voilà, je ne vous le fais pas dire.
07:08Donc, si vous voulez, quand on emploie ces mots-là,
07:10on renvoie à des images que ceux qui ont fait un peu d'histoire,
07:13mais que tous les Français connaissent.
07:15Donc, on sait très bien ce qu'on fait aux tyrans.
07:16Donc, employer ces mots-là, ça a du sens.
07:18Quand on parle de carteron, de juge et de procureur,
07:20on parle de factieux.
07:21Donc, là encore, ça a du sens.
07:22Mais si vous voulez, effectivement,
07:24je partage ce qui vient d'être dit par l'intervenante précédente.
07:27C'est-à-dire qu'on ne peut pas passer son temps...
07:30Et il y a une aspiration de la société
07:32à ce que la justice soit rapide, soit ferme.
07:34Mais on ne peut pas passer son temps
07:35à demander à la justice d'être rapide et ferme
07:36et remettre en cause une décision qui est certes ferme,
07:39mais aussi rapide par le biais de l'exécution provisoire.
07:42Donc, aujourd'hui, si vous voulez, on est inquiet
07:44parce que, disons-le clairement,
07:46la décision...
07:47On met le prisme sur la présidente du tribunal correctionnel,
07:50mais la décision a été prise à trois.
07:51On a personnalisé cette décision.
07:53Aujourd'hui, la collègue est en danger.
07:55Donc, voilà, il faut faire attention
07:57quand on flatte ces instincts-là.
07:58Nous savons qu'il y a dans la société
08:00des gens qui ont l'esprit peut-être un peu léger,
08:03qui peuvent passer à l'acte assez rapidement.
08:05Il faut faire très attention.
08:06On joue avec des concepts
08:07qui peuvent amener de très grandes catastrophes.
08:09Et par ailleurs, l'institution judiciaire,
08:11quand on la fragilise,
08:12c'est la puissance publique qu'on affaiblit.
08:14Politiser la justice, c'est atteindre la démocratie.
08:16Il faut en avoir conscience et faire attention.
08:18Ce qu'on fait là, ça peut semer des graines
08:21qui germeront dans plusieurs années
08:22et qui sont source de désordres importants.
08:24Je voudrais être sûr de vous avoir compris.
08:25Vous venez de nous dire
08:26qu'une de vos consœurs se sentait en danger.
08:27Vous pouvez être en danger aujourd'hui ?
08:29Je pense que la présidente du tribunal correctionnel...
08:32Je n'ai pas d'informations précises à vous délivrer.
08:35Mais j'imagine qu'elle fait aujourd'hui
08:36l'objet d'une protection policière.
08:38Enfin, je l'espère.
08:39Parce que sa photo a été diffusée assez longuement.
08:41Son lieu de vie, si ce n'est son adresse précise,
08:44a été diffusée.
08:45Je pense que quand on agite à ce point...
08:47Quand on parle de juge tyran,
08:49vous imaginez ce que ça peut représenter
08:51dans l'esprit de gens
08:53qui ont connu par leur histoire l'oppression.
08:57Pas eux directement, mais dans l'histoire de France.
09:00C'est quelque chose de très fort.
09:01Ce sont des concepts qui peuvent alimenter
09:04des fantasmes très importants.
09:05Donc ça peut pousser des gens à passer à l'acte.
09:07Donc oui, il y a un danger physique important.
09:09Je pense qu'il est pris en compte.
09:11Mais il faut faire attention
09:13quand on joue avec cela.
09:14Là, on est passé du stade de la critique
09:16de la décision de justice
09:18au risque que des gens s'en prennent
09:20physiquement à des magistrats.
09:21On ne peut pas dire qu'on est contre
09:24quand on alimente le processus.
09:26Bien sûr.
09:27Et ça, c'est un point commun.
09:28Cette pression sur les juges,
09:29cette pression personnelle sur les juges,
09:31c'est un point commun avec une stratégie
09:33pas forcément de Donald Trump lui-même,
09:34mais en tout cas de gens qui le soutiennent.
09:36On a vu un certain nombre de procureurs
09:38notamment qui étaient en charge
09:41de l'instruction des dossiers fédéraux
09:43pour lesquels il était poursuivi
09:44avant sa réélection,
09:45qui étaient pris pour cible.
09:47Les visages montrés à la télévision,
09:48pointés du doigt.
09:49On allait fouiller dans les poubelles
09:50pour essayer de trouver des choses sur eux.
09:52Ah, tel juge à Atlanta
09:54a une affaire extra-conjugale.
09:56Voilà des choses, ça allait assez loin.
09:58Et un autre point commun,
09:59c'est que Marine Le Pen a quand même réussi
10:01avec sa stratégie depuis lundi,
10:04c'est-à-dire le 20h TF1
10:06et ce qu'elle a dit hier à l'Assemblée nationale,
10:08à détourner la tension
10:09de ce qui est l'essentiel
10:10de la décision qui a été rendue lundi,
10:12c'est-à-dire la culpabilité.
10:13Ce qui n'est quand même pas une mince affaire.
10:15C'est ça l'élément le plus important factuel.
10:17Elle a été coupable d'une affaire
10:18qui est complexe mais qui est importante.
10:19Un vrai contre-feu.
10:20Se poser en victime
10:21de façon à détourner le regard de la condamnation.
10:23Et là, Donald Trump a très bien fait ça
10:25à certains moments,
10:26y compris dans des instructions
10:27où il avait quand même 4 affaires fédérales
10:29qui auraient pu,
10:30chacune d'entre elles,
10:31l'empêcher d'être candidat.
10:32Ou en tout cas,
10:33l'empêcher de ternir son image.
10:34Il a réussi à chaque fois
10:35à se victimiser
10:36pour détourner la tension.
10:37J'ai cru comprendre
10:38que vous n'étiez pas d'accord,
10:39Vincent Jarousso.
10:40Non, ce n'est pas une question de...
10:41Si, je suis globalement d'accord.
10:42Mais il faut quand même un peu relativiser.
10:44C'est-à-dire qu'il y a, je trouve,
10:46il y a quand même un paradoxe dans cette histoire
10:48parce que quelque part,
10:49Marine Le Pen,
10:50le Rassemblement National,
10:51en appelle à protéger, finalement,
10:53d'une certaine manière,
10:54leur championne, quelque part,
10:56face au juge.
10:58Mais vous avez un électorat.
11:00Là, je reviens toujours sur l'électorat
11:02qui, lui, est en demande
11:03de protection pour lui-même.
11:04Oui.
11:05De protection par rapport au déclassement
11:07qui est quand même le moteur principal
11:09avec un électorat
11:10qui subit, je dirais,
11:12beaucoup de choses,
11:13qui a subi des industrialisations,
11:14qui a subi, oui, le déclassement,
11:17des problématiques de déserts médicaux,
11:19d'affaiblissement des services publics.
11:21Et d'une certaine manière,
11:22la justice est un service public
11:23qui est affaibli comme les autres.
11:25Donc, ce sont quand même des éléments.
11:26Et moi, je vous dis,
11:28j'ai vu des électeurs,
11:29j'ai entendu des électeurs
11:30qui se centrent en relative extériorité
11:32par rapport à ce qu'il se passe.
11:34Et moi, je pense que dans cette affaire,
11:36il faut être un peu mesuré
11:38et voir ce que ça va donner dans la durée.
11:40Une Marine Le Pen qui annonce
11:42saisir, éventuellement,
11:43le Conseil constitutionnel,
11:44est-ce que ça a la moindre chance d'aboutir ?
11:46Eh bien, nous allons en débattre dans un instant
11:48avec nos invités.
11:49A tout de suite sur RTL.
11:50Merci de votre fidélité.
12:08Dans l'affaire Marine Le Pen,
12:09la procureure générale de Paris
12:10répond à son avocat
12:11et démantoue des aveux.
12:13Après l'annonce de la Cour d'appel
12:14d'avancer un nouveau procès,
12:15décision attendue à l'été 2026,
12:18le propre de l'appel,
12:19qui est un droit,
12:20c'est de recommencer à zéro
12:22l'examen de l'affaire.
12:23Répond-elle à l'AFP ?
12:24Marine Le Pen condamnée
12:25pour détournement de fonds
12:26est aussi inéligible pour 5 ans.
12:28Le groupe britannique Muse
12:29annule ce soir son concert
12:31prévu le 11 juin en Turquie
12:32à l'appel de ses fans.
12:33Ils accusaient l'organisateur de l'événement
12:35de soutenir le pouvoir turc
12:36et appelaient même au boycott
12:38après l'arrestation du maire d'Istanbul,
12:40Ekrem Imamoglu.
12:41Concert donc reporté à 2026.
12:44Et puis en football,
12:45l'AESCAN reçoit ce soir
12:47un 100 demi-finale de la Coupe de France
12:49coup d'envoi 21h.
12:50Match à suivre dans les Flashs
12:51toutes les heures sur RTL.
12:53Et dans une demi-heure,
12:54chère Aude Vernocho,
12:55nous retrouvons Faustine Bollard
12:56pour son émission Héros.
12:57Et ce soir, un témoignage
12:58courageux et nécessaire.
13:00Aurélie est une véritable survivante.
13:02Elle a vécu pendant 9 ans
13:03sous l'emprise d'un sociopathe.
13:05Un faux prince charmant
13:07menait, entre autres,
13:08une double vie.
13:09Rendez-vous dès 20h
13:10avec Faustine Bollard.
13:11Merci beaucoup Aude Vernocho.
13:12On vous retrouve pour d'autres informations.
13:14Il sera 20h.
13:15A tout à l'heure.
13:16A l'heure.
13:17Yves Calvi jusqu'à 20h.
13:19On refait le monde sur RTL.
13:21Avec Jacques Doucelin
13:22qui est avocat de pénaliste
13:23au Conseil de nombreux hommes et femmes politiques.
13:25Philippe Corbet,
13:26notre ancien correspondant aux Etats-Unis.
13:28On peut retrouver votre podcast
13:30Zeitgeist
13:31qui est disponible sur toutes les plateformes.
13:33Vincent Jarousso
13:34qui est photographe,
13:35documentariste et réalisateur.
13:37Vous êtes l'auteur d'un livre
13:38Dans les âmes et les urnes.
13:3910 ans à la rencontre de la France
13:41qui vote RN
13:42paru aux éditions des ARN.
13:44Aurélien Martini
13:45qui est vice-produceur du tribunal de Melun.
13:48Secrétaire général adjoint de l'USM.
13:50L'union syndicale des magistrats.
13:51Et Julien Fautrat
13:52journaliste au service politique d'RTL.
13:54L'idée de dire qu'en démocratie
13:56le peuple doit avoir le dernier mot.
13:58Alors on va vous dire
13:59personne ne peut le contester.
14:00Mais le balancer comme ça
14:02et dans de pareilles circonstances
14:03ça prend une autre dimension.
14:04Je vois que ça vous fait réagir Julien Fautrat.
14:06Ce qui est assez frappant
14:07alors peut-être qu'il y a ça chez Donald Trump
14:09mais ce qui est assez frappant
14:11c'est le recours au peuple.
14:12Et se chercher une légitimité
14:14une force, une puissance
14:17à travers un rassemblement populaire.
14:19Et ça on l'avait vu
14:20et c'est assez amusant.
14:21Lorsque Jean-Marie Le Pen en 1998
14:23est déclarée inéligible
14:24il y a un rassemblement dans les rues de Versailles.
14:27Dimanche il y a un rassemblement
14:29à Paris Place-Vaux.
14:30Vous voyez qu'on est sur des réflexes.
14:34C'est-à-dire aller chercher
14:36dans le peuple
14:38chez ses militants
14:40la force qui nous manque
14:41la légitimité qui nous manque.
14:43C'est un ressort
14:44qui est une continuité qui est assez frappante.
14:47Elle joue le peuple contre les élites
14:49c'est aussi simple que ça selon vous Vincent Jarisseau ?
14:51J'ai toujours un peu de mal avec ce terme
14:53mais il est évident que
14:55le Rassemblement National dans sa stratégie
14:57depuis très longtemps
14:58a cherché à parler
15:00en effet
15:02à cette partie des Français
15:04qui n'ont pas forcément fait d'études supérieures
15:06qui se sentent en effet déclassés.
15:08On est comme un pays qui a vécu
15:10de nombreux bouleversements socio-économiques
15:12en plusieurs décennies.
15:14Et c'est vrai qu'on a
15:16souvent un match entre
15:18ceux qui y attirent un diplôme et les autres.
15:20Le camp du savoir légitime
15:23des représentants contre les représentés.
15:25Et d'une certaine manière
15:27Marine Le Pen et le Rassemblement National
15:29n'ayant jamais exercé le pouvoir
15:31s'inscrivent quelque part
15:33et c'est toute sa stratégie personnelle
15:35de s'être implanté dans le bassin minier.
15:38De représenter cet électorat.
15:40Pas forcément par les thématiques
15:42mais c'est plus au travers d'un imaginaire
15:44et c'est ce que l'on peut voir aussi
15:46d'une certaine manière chez un Donald Trump.
15:48Ça c'est une similitude qu'on peut faire entre la France
15:50et les Etats-Unis
15:52où il y a des trajectoires assez proches
15:54en matière socio-économique.
15:56On est deux pays qui ont perdu
15:58une base industrielle de manière extrêmement
16:00impressionnante.
16:02On est un pays qui connaît aussi
16:04des fixations identitaires
16:07assez similaires.
16:09Donc quelque part
16:11le Rassemblement National capitalise
16:13sur cet électorat qui ne se reconnaît pas
16:15finalement dans ceux qui détiennent
16:17ce savoir légitime. Ça peut être les magistrats
16:19ça peut être les politiques
16:21traditionnelles.
16:23Les enseignants, les chercheurs.
16:25Pas forcément les élites économiques. Il ne faut pas confondre
16:27les deux. Il y a une distinction
16:29à opérer entre les deux.
16:31Et c'est vrai qu'elle joue
16:33sur ce ressort.
16:35Il y a aussi
16:37une différence dans la manière...
16:39Les deux systèmes judiciaires sont très différents.
16:41Et d'une certaine manière, l'indépendance de la justice
16:43aux Etats-Unis n'est pas seulement une formule.
16:45Dans la conception américaine, c'est un pouvoir
16:47aussi important que le pouvoir du Congrès
16:49et que le pouvoir de la présidence.
16:51Et donc il y a un rôle de la Cour suprême
16:53qui n'est en rien comparable avec le rôle du Conseil constitutionnel.
16:55Ça doit faire envie à Aurélien Martini.
16:57Donc les systèmes ne sont pas comparables
16:59de la même manière. Mais il y a quand même
17:01quelque chose...
17:03C'est que j'ai pas
17:05suivi ce procès de près. Je n'étais pas dans
17:07la salle d'audience. Mais j'ai lu des comptes rendus
17:09d'un certain nombre de journalistes qui ont noté
17:11que peut-être sa stratégie de défense
17:13n'était pas la bonne. En tout cas, que sa stratégie
17:15de défense n'a pas forcément
17:17contribué à la conclusion
17:19dans laquelle est arrivé
17:21le tribunal. Alors que Donald Trump,
17:23on l'a vu depuis maintenant 2-3 ans
17:25et même au pouvoir,
17:27est très habile dans sa stratégie
17:29pour jouer
17:31des subtilités des cours de justice.
17:33Et on l'a vu, dans son équipe,
17:35même une stratégie très offensive
17:37pour tester les limites de l'État de droit,
17:39pour prendre des décrets exécutifs dont ils savent
17:41qu'ils seront
17:43soumis à des juges fédéraux qui les casseront
17:45et avec une vraie stratégie pensée
17:47d'aller vers des recours à l'Accord suprême
17:49pour repousser au fond les limites de l'État de droit.
17:51Maître Doucelin, vous avez été surpris, vous,
17:53par la façon dont elle se défendait
17:55ces derniers jours.
17:57Je pense que déjà, il y a eu un manque d'anticipation de sa défense.
17:59On a le sentiment, et surtout après les réquisitions,
18:01qu'elle est tombée de sa chaise, pardonnez-moi l'expression,
18:03sur ses réquisitions.
18:05J'ai le sentiment que...
18:07Sans critiquer les confrères,
18:09j'ai l'impression que ses avocats ne l'ont pas préparée
18:11au pourcentage d'éventualité qui était sur la table.
18:13Et pardonnez-moi, l'éventualité,
18:15elle était plus que sur la table.
18:17Non pas de l'exécution provisoire, puisque
18:19c'est quand même une décision inédite
18:21dans la mesure où, non pas sur l'exécution provisoire
18:23mais sur ses conséquences, c'est pour ça que nous sommes tous
18:25en train de réfléchir à ce sujet.
18:27La question de l'inégibilité, dans ce dossier,
18:29se posait de façon évidente
18:31et sont prononcées...
18:33On ne peut jamais parier sur une décision de justice,
18:35mais en tout cas, elle était plus qu'envisageable.
18:37Et vous l'évoquiez tout à l'heure,
18:39ils ont saisi le Conseil constitutionnel.
18:41Je suis étonnée par ailleurs qu'il ne l'ait pas fait plus tôt.
18:43La QPC peut se poser à n'importe quel moment.
18:45Ça veut bien dire que dans la défense de Marine Le Pen,
18:47cette décision n'avait pas été, en tout cas,
18:49envisagée à la mesure
18:51dont il aurait fallu le faire, et donc forcément,
18:53aujourd'hui, ils sont un peu en train d'essayer de raccrocher les wagons.
18:55D'où, à mon avis aussi,
18:57l'importance que va avoir l'appel,
18:59pour savoir si, dans cet appel,
19:01et je pense que la cour d'appel,
19:03on m'a posé la question aujourd'hui, je pense que c'est une décision
19:05inhabituelle et en même temps extrêmement
19:07compréhensible, et je pense que ça va être très intéressant
19:09de voir est-ce que, entre cette première instance
19:11et cet appel, on va changer de stratégie.
19:13Je n'ai pas l'impression, quand je vois les
19:15déclarations de mon confrère, qu'il dit
19:17ça veut bien dire qu'on est finalement
19:19un peu gêné de la première instance. Non, je pense
19:21que la cour d'appel a fait un geste, oui, inhabituel.
19:23On aimerait que dans tous nos dossiers, on ait des audiencements
19:25aussi rapides, je ne vous le cache pas. Évidemment
19:27que ce n'est pas ce qu'on vit tous les jours.
19:29Je voulais absolument vous poser cette question. Nous sommes le 2 avril
19:312025. Maintenant, on évoque
19:33du 2026
19:35pour Madame Le Pen. J'imagine
19:37que vous souhaiteriez que beaucoup de vos
19:39clients puissent être traités aussi rapidement, non ?
19:41Évidemment, on ne va pas se
19:43mentir. Je préfère dire que
19:45je préférerais que mes clients soient traités de la même manière
19:47plutôt que Marine Le Pen et un audiencement plus long.
19:49La question de l'exécution provisoire,
19:51elle n'est valide que si on
19:53garantit un second degré de juridiction.
19:55Pourquoi je vous dis ça ?
19:57Quand vous avez, par exemple, un mandat de dépôt,
19:59qui est l'exécution provisoire d'un emprisonnement,
20:01non seulement vous avez un appel qui est
20:03enfermé dans un délai, qui est obligatoire,
20:05et par ailleurs, vous avez ce qu'on appelle
20:07quand même une voie de recours juridique, qui est de
20:09demander votre libération à un autre juge
20:11en attente de cela. Ça n'existe
20:13pas, ça n'a pas été prévu par le législateur
20:15dans le cas de l'inégibilité. Ni la possibilité
20:17d'avoir un délai d'appel
20:19enfermé dans un délai précis, ni la possibilité
20:21de faire une demande entre temps.
20:23Et donc, on est quand même obligé de pallier,
20:25à mon sens, à ce manque-là en faisant
20:27un audiencement rapide. Mais évidemment,
20:29oui, c'est une mesure exceptionnelle.
20:31On ne va pas se raconter d'histoire autour de cette table.
20:33Nous serons très contents d'entendre
20:35la réaction du vice-procureur au tribunal de Melun
20:37dans un instant sur notre antenne.
20:49...
20:51...
20:53...
20:55...
20:57...
20:59...
21:01...
21:03...
21:05...
21:07...
21:09...
21:11...
21:13...
21:15...
21:17...
21:19...
21:21...
21:23...
21:25...
21:27...
21:29...
21:31...
21:33...
21:35...
21:37...
21:39...
21:41...
21:43...
21:45...
21:47...
21:49...
21:51...
21:53...
21:55...
21:57...
21:59...
22:01...
22:03...
22:05...
22:07...
22:09...
22:11...
22:13...
22:15...
22:17...
22:19...
22:21...
22:23...
22:25...
22:27...
22:29...
22:31...
22:33...
22:35...
22:37...
22:39...
22:41...
22:43...
22:45...
22:47...
22:49...
22:51...
22:53...
22:55...
22:57...
22:59...
23:01...
23:03...
23:05...
23:07...
23:09...
23:11...
23:13...
23:15...
23:17...
23:19...
23:21...
23:23...
23:25...
23:27...
23:29...
23:31...
23:33...
23:35...
23:37...
23:39...
23:41...
23:43...
23:45...
23:47...
23:49...
23:51...
23:53...
23:55...
23:57...
23:59...
24:01...
24:03...
24:05...
24:07...
24:09...
24:11...
24:13...
24:15...
24:17...
24:19...
24:21...
24:23...
24:25...
24:27...
24:29...
24:31...
24:33on devrait se poser cette question par ailleurs.
24:35Donc moi, mon problème, c'est qu'effectivement, je pense qu'on peut revenir sur la question de l'exécution provisoire.
24:39On peut la limiter à certains délits et donc, en réalité, revenir sur la question des détournements de fonds, etc.
24:46Mais est-ce que c'est dans ces conditions qu'on doit le faire
24:49ou est-ce qu'il faut attendre un moment de calme et de sérénité et le faire de façon globale ?
24:52Julien Fautrat, est-ce que l'on sait si des sondages ont été menés en ce moment,
24:57ou s'ils sont en cours, si on attend des enquêtes ?
24:59Pour l'instant, je n'ai rien vu sortir de Marcand,
25:02sur ce qu'on a vécu ces trois derniers jours.
25:04Alors, oui, il y a eu un sondage très vite après la décision qui indiquait,
25:12mais c'est un sondage très politique,
25:14qui indiquait qu'il y aurait un report quasi intégral si c'est Jordan Bardella qui se présentait.
25:22C'est-à-dire qu'à ce stade, au moment où on parle dans les sondages,
25:2535-36% des voix au premier tour pour Marine Le Pen.
25:30Même chose si c'était Jordan Bardella.
25:32Donc, il y a un report qui est quasi automatique et quasi intégral.
25:37Ce que ça veut dire, c'est que la marque RN est devenue aussi forte,
25:43voire plus forte que la marque Le Pen.
25:45Et ça, c'est quelque chose d'assez nouveau dans le fonctionnement de ce parti.
25:50Que nous dit Vincent Jarousso ?
25:52Dans l'éventualité où Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter en 2027,
25:57ce qui est quand même une éventualité extrêmement sérieuse,
25:59puisque, y compris en appel, la décision peut tout à fait être confirmée,
26:03il faut bien se rendre compte que ce serait quand même une première depuis 1980,
26:08de ne pas avoir un Le Pen à la présidentielle.
26:12À moins que Marion Maréchal Le Pen, qui ne s'appelle plus Le Pen,
26:18qui fait partie de la famille Le Pen, aille à cette élection.
26:22Mais oui, c'est vrai que c'est, je dirais, aussi l'un des chantiers
26:26qui a été mené par Marine Le Pen, présidente du Rassemblement National,
26:30surtout depuis, y compris l'exclusion de son père en 2015,
26:34d'amener cette marque Le Pen et de, quelque part, de rendre collectif ce parti.
26:38Y compris en remportant des mairies en 2014,
26:41ça a été une première strata à l'époque, d'avoir des élus locaux.
26:44Puis aujourd'hui, avec une masse de députés qui est quand même extrêmement conséquente,
26:49qui fait que le Rassemblement National existe au-delà, je dirais, de la marque Le Pen.
26:54Ceci étant, là aussi je reprends des retours des lecteurs.
27:00Voilà, Jordan Bardella, le sentiment général, ce qui est dit, c'est qu'on l'aime bien.
27:06Il est extrêmement populaire, ça, il n'y a absolument rien à dire.
27:09Mais ce que moi j'entends, c'est qu'il est un peu jeune, il n'a pas encore les épaules.
27:15Marine Le Pen a l'air de dire ça, qu'il n'est pas prêt.
27:18Et d'ailleurs, ils ne font que répéter ce que dit Marine Le Pen.
27:21Elle a dit dans le Figaro il y a quelques jours, elle a redit à TF1,
27:25Jordan Bardella n'est pas prêt, ou elle ne le dit pas exactement comme ça.
27:29Et on fait comme si, dans l'éventualité où Marine Le Pen ne pourrait pas se présenter,
27:36il n'y aurait que la solution Bardella.
27:38C'est-à-dire que je pense qu'il y aura certainement des ambitions qui se feront jour dans ce parti.
27:43On va revenir dans quelques instants sur la grande mobilisation
27:46et le grand rassemblement annoncé par Marine Le Pen pour dimanche.
27:49À partir de quel stade cela peut prendre une ampleur particulière
27:52et devenir un vrai événement politique, on va en débattre avec nos invités.
27:55RTL, on refait le monde.
27:58Avec Yves Calvi, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
28:04Avec Maître Jade Dousselin, qui est avocate pénaliste
28:07et qui concède de nombreux responsables politiques.
28:09Philippe Corbet, notre ancien correspondant aux Etats-Unis.
28:12Je rappelle une fois de plus votre...
28:15J'y arrive jamais.
28:16Zeitgeist, c'est ça ?
28:17Merci Julien.
28:18C'est son podcast ?
28:19Oui.
28:20Je voulais faire un blocage sur les noms à consonnance allemande.
28:23Vincent Jarousso, qui est photographe, documentariste et réalisateur.
28:26Je rappelle votre livre, Dont les âmes et les urnes.
28:29C'est un très joli titre.
28:30Dix ans à la rencontre de la France qui vote RN aux éditions Les Arènes.
28:33Nous sommes aussi avec le vice-procureur du tribunal de Melun,
28:36secrétaire général adjoint de l'Union syndicale des magistrats, Aurélien Martini
28:39et mon confrère journaliste au service politique d'RTL, Julien Fautrat.
28:42La manif de dimanche, est-ce que c'est un sujet de préoccupation ?
28:47Est-ce qu'on en parle ? Est-ce qu'on sait si les forces de l'ordre se préparent ?
28:51Est-ce que vous avez réussi à recueillir, Julien, des informations ?
28:54Dans la façon dont ça s'est construit, déjà, ça a été assez secret.
28:58Vous vous souvenez que lundi soir, à ce micro, Laurent Jacobelli dit
29:01« Non, il n'y aura jamais de mobilisation de ce type.
29:05On a trop peur de débordements. »
29:07Lendemain, paf, il était à la place de Vincent Jarousso.
29:10Des débordements, des antifas et pas de l'ordre.
29:14Peut-être, mais on ne sait pas ce qui peut se passer.
29:17En tout cas, on ne veut pas être comptable de ce qui pourrait se passer.
29:20Donc, évidemment, ça s'est construit, soit dans le secret
29:25de Jordan Bardella, Marine Le Pen et des quelques cadres qui décident.
29:29En tout cas, c'est né de façon...
29:31Ça tente quoi ?
29:32Une démonstration de force.
29:34Qu'il y ait le plus de monde possible.
29:35Que Marine Le Pen puisse trouver une légitimité de la rue.
29:39C'est très important.
29:40Il est très important, ce rassemblement.
29:43D'ailleurs, il y a tous les secrétaires départementaux,
29:47les délégués départementaux.
29:48Ils remplissent les cars ?
29:49Il n'y a pas de car.
29:50Ils essayent ?
29:51Non plus.
29:52Pas partout.
29:53En tout cas, dans tous les départements que j'ai appelés,
29:55il n'y a pas de car.
29:56Donc, c'est chacun.
29:57On m'a parlé de Ouigo.
29:58On va essayer de prendre le train, que ça ne coûte pas trop cher.
30:00Oui, vous voyez.
30:01Donc, il y a vraiment...
30:03Ça doit être massif.
30:05Parce que c'est prévu pour ça.
30:07Mais on n'en sait rien.
30:10On n'en sait rien parce qu'affrêter des cars, c'est compliqué.
30:13Peut-être que dans certains départements plus dotés,
30:17il y aura des cars, des mouvements plus importants.
30:19Mais par exemple, en Gironde, ce ne sera pas le cas.
30:21Où j'ai appelé tout à l'heure.
30:23Vincent Jarousso.
30:24Ils sont allés trop tôt ?
30:25Ou vous pensez que ça va marcher ?
30:27J'ai quand même de très gros doutes pour dimanche.
30:30Moi aussi.
30:31Un petit peu ce parti.
30:33Il faut savoir que dimanche prochain,
30:34c'est le début des vacances scolaires dans un certain nombre de régions en France.
30:37Les gens ont aussi des vies.
30:40Ils ont une base militante, mais qui n'est pas non plus...
30:42Ce n'est pas un parti de masse, le Rassemblement National,
30:44même s'il s'est considérablement renforcé.
30:47Avec 13 millions d'électeurs ?
30:4813 millions d'électeurs, ce ne sont pas 13 millions d'adhérents.
30:50Ce n'est pas tout à fait la même chose.
30:52Vous avez beaucoup d'électeurs qui tiennent la politique à distance.
30:55Ça, il faut quand même le répéter.
30:57Ce n'est pas leur préoccupation quotidienne.
30:59Moi, je peux vous dire que j'ai eu Séverine, par exemple,
31:01aide à domicile à Fourmi au téléphone hier,
31:04dont je parle dans mon livre.
31:06Je lui apprenais ce qui se passait.
31:08Elle me dit « Ah bon ? »
31:10Oui, on a des personnes qui ne sont pas branchées matin, midi et soir à la radio
31:16ou sur les chaînes d'information continue.
31:18Non, mais c'est une réalité.
31:19J'en parle beaucoup dans mon livre.
31:20Leur rapport à l'actualité...
31:22Ils tiennent cela à distance.
31:24Ce n'est pas quelque chose qui forcément...
31:26Ça ne les concerne pas, d'une certaine manière, ce qui se passe aujourd'hui.
31:29Pour les plus attachés à Marine Le Pen, oui.
31:32Mais j'insiste là-dessus.
31:34Ce qui distingue en grande partie cet électorat du Rassemblement National,
31:37c'est qu'il tient la politique à distance.
31:39Il accorde un peu de crédit à ce parti qui, quelque part,
31:43s'exprime de manière différente.
31:45Il est perçu, finalement, comme en extériorité à la politique.
31:50C'est ce qui a fait, en partie, son succès depuis toutes ces années.
31:54Mais de là à venir un dimanche,
31:57prendre sur son temps pour soutenir Marine Le Pen...
32:02Oui, certains vont le faire, évidemment.
32:04Mais de manière massive, j'ai vraiment de très gros doutes.
32:06Vous avez connu le Capitole ?
32:09Oui, pour plein de raisons.
32:11J'ai écouté RTL ce matin, quand j'ai entendu Xavier Bertrand utiliser la référence au Capitole.
32:16J'étais à la fois surpris.
32:18Je pense que ça ne correspond pas pour plein de raisons.
32:20Je pense que cette référence ne nous permet pas de comprendre
32:24exactement ce qui se joue autour de Marine Le Pen, aujourd'hui.
32:26Oui, Philippe, c'est normal qu'on se pose la question.
32:28Bien sûr.
32:29Mais en même temps, en vous écoutant,
32:31le Capitole, ce n'est pas une démonstration de masse.
32:33C'est un rassemblement de, dans mon souvenir, 5-7 000 personnes.
32:37Il fait froid.
32:38Ce n'est pas du tout au centre du maul.
32:40Et c'est le Président, dans ces derniers jours,
32:43qui fait un discours devant ses derniers partisans.
32:45Et il les chauffe à blanc.
32:47Et ce sont ces partisans, après, qui vont vers le Capitole.
32:49Donc, il n'y avait pas 200 000 personnes.
32:51C'est très intéressant.
32:53Je ne mets pas de comparaison entre le Capitole et la manifestation de dimanche.
32:56Ce n'est pas du tout.
32:57Mais le Capitole, si ça dégénère,
32:59ce n'est pas parce que c'est une masse incroyable
33:02qui défile comme une vague, comme un tsunami.
33:05Pas du tout.
33:06C'est au contraire des gens très radicalisés,
33:08c'est-à-dire la frange de la marge de l'extrême,
33:11qui, eux, sont chauffés à blanc.
33:13Et d'une certaine manière, s'ils avaient été noyés dans une masse,
33:15peut-être, justement, il n'y aurait pas eu ce mouvement extrémiste.
33:18Enfin, entre guillemets, cet élan d'aller vers le Capitole.
33:22Ce sont des questions que vous vous posez, Jade Dousselin ?
33:24Il y a ces questions, je les pose.
33:25Et puis, j'ai envie de vous dire,
33:26je me pose la question de la participation de Marine Le Pen à cette manifestation.
33:29Parce que la question qui se pose,
33:30tout citoyen a le droit de manifester contre une décision de justice.
33:33Il n'y a pas de sujet.
33:34On l'a vu dans l'affaire Traoré, on l'a vu dans plusieurs affaires.
33:36Et je crois que je ne vois pas d'interdiction
33:38qui pourrait être faite à une manifestation contre une décision judiciaire.
33:41Évidemment que la citoyenne que je suis s'interroge sur les participants
33:44et la nature de la manifestation et comment elle va se dérouler.
33:46Mais la question, à mon avis, démocratique et institutionnelle, c'est
33:49est-ce qu'une, plutôt, candidate à la présidentielle,
33:51ou en tout cas, celle qui souhaite un jour nous représenter,
33:53être présidente de notre pays,
33:54peut manifester contre la justice de son pays ?
33:58C'est une question, à mon avis, pour le coup, qui se pose
34:00et de notre relation que l'on a.
34:01Et d'ailleurs, c'est la question qu'on se pose depuis trois jours.
34:03La question de fond, en réalité, c'est
34:05où est-ce qu'on place la justice et est-ce qu'on place le politique ?
34:07Vous le disiez aux États-Unis,
34:09la justice est un organe qui est à égale mesure du politique et de l'État.
34:13En France, on a une conception un peu différente et dualiste.
34:16Vous avez les Rousseauistes d'un côté, les adhérents de Montesquieu de l'autre.
34:19Et effectivement, que quelqu'un qui brigue un mandat présidentiel
34:22descende dans la rue contre la justice,
34:24parce que ce n'est pas contre une décision,
34:26c'est contre l'organe judiciaire.
34:27D'ailleurs, ce qu'elle critique, c'est l'institution en son ensemble.
34:30Manifeste à deux ans d'une élection,
34:32contre l'institution judiciaire,
34:33ça, à mon sens, c'est une question importante.
34:35Ça vous perturbe, Aurélien Martigny ?
34:36En tout cas, vous pensez que ça restera présent
34:39dans l'esprit des Français au sens le plus large ?
34:43Vous, en tant qu'union syndicale des magistrats,
34:46devoir une manif de ce type ?
34:48Oui, évidemment, parce que, ça a été dit,
34:51c'est une chose de se déplacer,
34:53de manifester contre une décision de justice,
34:54c'en est une autre,
34:55lorsque ce sont des parlementaires qui y appellent,
34:58lorsque ce sont des candidats à l'élection présidentielle,
35:00parce qu'il faut bien comprendre
35:02que marcher contre une décision de justice,
35:04marcher contre l'institution judiciaire,
35:06c'est affaiblir l'autorité de l'État.
35:08Et pour des représentants politiques
35:10qui souvent ont ce mot à la bouche,
35:12à juste titre d'ailleurs,
35:13l'autorité de l'État, c'est important, ça protège.
35:15Mais c'est l'autorité de l'État en général,
35:17de la puissance publique qu'on affaiblit.
35:19Et une justice affaiblie,
35:20c'est une justice qui n'est plus en capacité
35:23de mener ses missions,
35:24elle l'est déjà par son manque de moyens,
35:26mais si sa crédibilité est entamée
35:28par ceux-là même qui prétendent à la fonction suprême,
35:31qui, je le rappelle,
35:32c'est le président de la République,
35:33ou la présidente de la République,
35:34en tout cas c'est cette fonction-là
35:35qui est garante de l'indépendance de la justice.
35:37Donc ça n'est pas rien,
35:39et que cela vienne de ce côté-là,
35:42c'est effectivement très inquiétant.
35:44Après, il y a une limite, si vous voulez,
35:47on a le droit de critiquer une décision de justice,
35:49on ne doit pas jeter le discrédit sur la décision de justice.
35:51Pourquoi ?
35:52Parce qu'encore une fois, le législateur,
35:53et c'est le législateur qui considère,
35:54donc le peuple, via les députés,
35:56considère qu'on ne doit pas atteindre
35:58la crédibilité de l'institution justice,
36:01parce qu'il en va, au fond,
36:03de la sauvegarde de l'État de droit
36:05et des principes démocratiques.
36:06Merci beaucoup d'avoir pris la parole vous aussi.
36:09Je rappelle que vous êtes secrétaire générale adjoint
36:11de l'Union syndicale des magistrats,
36:13Aurélien Martini.
36:14Demain à 7h40, c'est Sophie Primat,
36:16la porte-parole du gouvernement,
36:17qui sera l'invité de la matinale d'RTL.
36:19Faustine Bollard, bonsoir,
36:20qui est votre invitée ce soir ?
36:21Bonsoir Yves.
36:22Surtout restez avec nous,
36:23puisque dans quelques instants,
36:24vous allez faire la connaissance
36:25d'une femme absolument stupéfiante.
36:27Elle s'appelle Aurélie,
36:28et elle a vécu pendant 9 ans
36:30avec un homme sociopathe,
36:32jusqu'au bout, jusqu'au bout,
36:34il lui a fait vivre un véritable cauchemar.
36:36Vous n'allez pas en croire vos oreilles.
36:38A tout de suite, c'est important d'écouter cette femme.
36:40Merci Faustine,
36:41et merci à nos invités qui nous ont permis,
36:43une fois de plus, de refaire le monde,
36:44ou en tout cas, ce soir, la France.
36:46Il est 20h.

Recommandations