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Regardez "On refait le monde" avec Isabelle Saporta, éditorialiste pour RTL, Marcelo Wesfried, chef-adjoint au service politique du "Parisien/Aujourd'hui en France", Benjamin Morel, constitutionnaliste, et Jean-Daniel Lévy, directeur délégué de Harris Interactive France.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 01 avril 2025.

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00:00Yves Galvi, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
00:06Après la condamnation, la contre-attaque au lendemain du jugement de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National,
00:12la chef de file des députés RN veut reprendre la main.
00:15État de droit violé, tyrannie des juges, les accusations fusent autour d'un discours qui se veut résolument anti-système.
00:21Cette stratégie de défense peut-elle vraiment en fonctionner ?
00:24Quelles conséquences pour notre vie politique ?
00:26À deux ans d'une élection présidentielle plus que jamais incertaine, Marine Le Pen, condamnée et inéligible pour 2027,
00:32ça change quoi dans notre vie politique ?
00:34Nous allons en débattre avec nos invités.
00:37Ce soir, Marcelo Westfred qui est chef adjoint au service politique du Parisien Aujourd'hui en France.
00:41Bienvenue Marcelo.
00:42Merci, bonsoir.
00:43Benjamin Morel qui est constitutionnaliste.
00:44Bienvenue Benjamin.
00:45Isabelle Saporta, éditorialiste d'RTL.
00:47Bonsoir.
00:48Isabelle.
00:49Et Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d'Aris Interactifs France.
00:52Soyez le bienvenu Jean-Daniel.
00:53Merci, bonsoir.
00:54Le système a sorti la bombe nucléaire parce que nous sommes sur le point de gagner les élections.
00:59Ils nous ont volé les législatives par des manœuvres scandaleuses.
01:03Que les choses soient très claires, on ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle.
01:08C'était donc ce matin devant les députés du groupe Rassemblement National.
01:12Le système a sorti la bombe nucléaire, affirme Marine Le Pen.
01:15On ne se laissera pas faire.
01:17La meilleure défense, c'est l'attaque Isabelle Saporta ?
01:19Ah bah là ça y est, elle a basculé dans le trumpisme.
01:21C'est-à-dire qu'hier on voyait bien devant Gilles Boulot qu'elle hésitait encore un petit peu entre deux partitions.
01:26Au fond, les recours, la modération et tout ce qui avait été fait par elle comme travail de démonisation, de dédémonisation, de diabolisation.
01:36Et là, alors là, alors là, elle a sorti le napalm ce matin.
01:40Écoutez, je pense qu'elle a raison dans sa stratégie.
01:44Je pense que c'est dramatique pour la France, mais je pense qu'elle a raison.
01:47De son point de vue ?
01:49De son point de vue, qu'est-ce que vous voulez qu'elle fasse d'autre à part renverser la table ?
01:52De toute façon, là, c'est quoi la solution ?
01:55Il n'y en a pas.
01:56Je veux dire, moi j'ai beau avoir plaidé ça ce matin, il n'y aura pas de grâce présidentielle.
01:59En tout cas, ça me paraît mal barré.
02:01Il va y avoir un appel qui va intervenir plus tôt.
02:04On peut toujours espérer, mais on n'est pas du tout sûr que l'appel, ça soit mieux que ce qu'elle a eu là.
02:08Surtout vu ce que dit son avocat sur les juges et ce qu'elle balance sur les juges aussi.
02:11Enfin, je ne vois pas pourquoi ça se passerait mieux la seconde fois que la première.
02:15La loi ADOC qui sont en train d'essayer de nous sortir pour dire que l'exécution provisoire,
02:21c'est quand même des lois que tous les parlementaires ont renforcées les unes après les autres
02:26pour les rendre de plus en plus dures, pour faire en sorte que l'inéligibilité soit la règle.
02:30Maintenant, il rétro-pédale parce que ça les touche.
02:33Je pense qu'en fait, rien de tout ça ne fonctionnera sauf renverser la table.
02:37Donc la question, c'est démocratiquement, comment on va en fait supporter,
02:42comment la Ve République va supporter ce coup de force dans un contexte où quand même elle n'est pas au milieu de sa forme.
02:47On ne veut pas dire grâce notamment à la dissolution ou à cause de la dissolation de Macron.
02:50Donc non, on n'est pas bien. On ne va pas dire qu'on est bien ce soir.
02:53– Elle n'avait pas d'autre chose à faire, je dirais en tout cas pour réagir, Marcelo Westfreid ?
02:57– Il y a quand même eu un changement de temps.
03:00– Elle fait du Le Pen, non ? Je ne sais pas.
03:02– Quand même, c'est frappant.
03:04D'un côté, on a l'image de Marine Le Pen s'en allant, sans même écouter la fin de ce que dit le tribunal.
03:11Et de l'autre, on a cette scène ce matin où elle fait rentrer exceptionnellement les journalistes dans la réunion des députés.
03:18Et où elle est remontée sur son cheval et persuadée dans sa tête qu'il y a un espace pour revenir.
03:24Chez Boulot, elle dit à un moment, éliminée. Elle semble penser que c'est terminé.
03:29Et aujourd'hui, elle est dans un autre état d'esprit. Elle pense que c'est possible.
03:32– Mais elle n'a pas compris la situation, alors ?
03:34– En même temps, il y a une vraie riposte.
03:37La loi dont on vient de parler, qui serait une proposition de loi portée par Éric Ciotti, examinée au mois de juin.
03:44Il y a cette question de l'appel.
03:47Et là, à l'instant, la Cour d'appel nous dit qu'il y aurait peut-être une décision prise à l'été 2026,
03:52qui est quand même assez rapide.
03:54Il y a la possibilité d'une QPC, il y a un grand mouvement qu'elle lance, etc.
03:58Elle y croit, et vous avez vu qu'on laisse barder là, pour l'instant, très loin.
04:02On lui demande de ne pas trop se mettre en avant.
04:04Pour l'instant, la chef, c'est elle.
04:06– Benjamin Morel. – Oui, il y a encore des fois.
04:08– Moins pessimiste que moi.
04:10– Oui, d'une certaine façon, elle va faire appel. Elle a fait appel.
04:12Et donc, ce faisant, si on a un procès relativement rapide,
04:16en règle générale, les sentences en appel sont plus légères qu'en première instance.
04:21Et comme là, on a quand même un contrôle de proportion.
04:23– En général, ce n'est pas une loi.
04:25– Rien n'est certain, attention, je ne suis pas en train de vous dire
04:27qu'elle va être sur la ligne de départ en 2027.
04:29Mais il y a malgré tout des chances raisonnables.
04:31Le contrôle de proportionnalité est ce qui, aujourd'hui, nous pose question.
04:34C'est-à-dire, non pas la peine qui a été prononcée,
04:36mais l'égibilité à titre provisoire.
04:38Ce contrôle de proportionnalité, soyons tout à fait clairs,
04:40les bookmakers, parmi les juristes, parmi les journalistes politiques,
04:44donnaient quand même plutôt le fait que cette peine à titre provisoire
04:47ne serait pas prononcée.
04:49Il y avait eu un signal clair de la Cour de cassation au mois de décembre,
04:51du Conseil constitutionnel le vendredi précédent.
04:54Donc, est-ce qu'une cour d'appel prononcera à la même peine
04:57l'égibilité à titre provisoire ? Ce n'est pas évident.
04:59Deuxième élément, vous l'avez évoqué, elle peut faire une QPC.
05:01Le problème d'une QPC, c'est que c'est long.
05:04C'est-à-dire que ça peut être maximum six mois
05:06avant que le Conseil constitutionnel ne se prononce.
05:08Ce qui peut faire durer la procédure, ce qui peut-être ne l'arrange pas.
05:10Mais le Conseil, encore une fois…
05:12– Je vous interdis d'utiliser le terme de QPC.
05:14– Question pré-état de constitutionnalité.
05:16C'est une procédure que tout justiciat peut utiliser
05:18pour saisir le Conseil constitutionnel.
05:20– Mais elle poserait quelle question ?
05:22– Elle poserait une question assez similaire à celle qu'avait posée
05:24Naguère, il y a très peu de temps justement, au mois de décembre,
05:26Hubert Falco, c'est-à-dire la QPC du Mahoré.
05:29Vous savez, celle dont on a discuté il y a à peu près une semaine.
05:32Elle portait sur une disposition du Code général des collectivités territoriales.
05:35Ça ne touche pas tout à fait Marine Le Pen.
05:37En revanche, il y a une disposition du Code pénal
05:39qui, ici, lui est applicable.
05:41Elle peut poser une question là-dessus.
05:43Si elle pose une question là-dessus, le Conseil constitutionnel
05:45peut faire ce qu'on appelle notamment des réserves d'interprétation.
05:48C'est déjà ce qu'il a fait sur le Mahoré.
05:50Il dirait l'inhibit d'un titre provisoire, peut-être,
05:54mais dans des conditions beaucoup plus strictes.
05:56Ce qui contraindrait la Cour d'appel à ne peut-être pas la prononcer.
05:59La dernière voix s'était évoquée.
06:01– C'est une sorte de, pardonnez-moi, je vous interromps pour que vous compreniez bien,
06:04ce serait une sorte de parenthèse qui bloque la situation, c'est ça ?
06:07– Alors, la question de priorité de constitutionnalité, qu'est-ce que c'est ?
06:10Lorsque vous êtes en procès, vous pouvez en déposer une.
06:13Autrement dit, votre avocat dépose un mémoire
06:15et le mémoire va remonter jusqu'au Conseil constitutionnel.
06:18Pendant ce temps, votre procès est mis entre parenthèses.
06:20On dit que la juridiction sur soi a statué.
06:22– Très bien.
06:23– Et donc, c'est un avantage pour Marine Le Pen,
06:25c'est que le Conseil constitutionnel pourrait abonder dans son sens.
06:28Et donc l'avantage, c'est que la peine d'inhibit d'un titre provisoire serait plus improbable.
06:32Le désavantage, c'est que ça dure, je l'ai dit, maximum 6 mois.
06:35Mais a-t-elle 6 mois en vue de 2027 ?
06:38Si le procès est très tôt, ça peut jouer.
06:40Si le procès apparaît comme pouvant traîner un peu plus,
06:43ça implique de retarder son calendrier et c'est évidemment dangereux.
06:46– Je veux bien vos avis, tous les 4 d'ailleurs, sur l'histoire des 6 mois.
06:49Parce que c'est intéressant, ça ouvre une sorte d'opportunité
06:53ou en tout cas de respiration pour Marine Le Pen.
06:56– Pas vraiment, parce que ça veut dire que la date de son procès se rapprocherait de 2027.
07:00– Oui.
07:01– Alors elle intéresse que ce soit le plus tôt possible.
07:03Donc il va y avoir un vrai dilemme pour les avocats.
07:05Il va y avoir un vrai dilemme pour les avocats.
07:07Soit on fait la QPC, ce n'est pas sûr de marcher,
07:09mais il y a quand même des éléments qui laissent à penser que ça pourrait marcher.
07:12Et donc on assure de manière plus probable qu'il n'y aura pas d'inhibitatis provisoires.
07:16Soit on ne fait pas la QPC, mais si on ne la fait pas,
07:19ça permet d'accélérer les choses, mais avec moins de certitude
07:22sur l'absence d'inhibitatis provisoires.
07:24– Jean-Daniel Lévy, avant de m'adresser aux sondeurs,
07:28je voudrais quand même l'avis du politologue, si je peux dire.
07:31Elle est dans quelle situation au moment où nous parlons ?
07:34– Elle est dans une situation qui est compliquée, parce qu'en fait elle n'a pas la main
07:37et elle est obligée de subir une situation, visiblement, qu'elle n'avait pas anticipée du tout.
07:41La force du Rassemblement National, c'est que jusqu'à présent,
07:44ils arrivaient à imposer leurs thématiques, ils arrivaient à imposer leurs agendas,
07:47ils arrivaient à imposer les débats et qu'à l'heure actuelle,
07:51ils subissent plutôt qu'autre chose.
07:53Alors je trouve qu'ils ont, dans une certaine mesure, d'un point de vue d'opinion,
07:55réussi quelque chose, c'est-à-dire qu'on parle très peu du fond de l'affaire,
07:58mais on parle beaucoup plus des difficultés ou l'impossibilité
08:02que pourrait rencontrer Marine Le Pen à pouvoir être candidate à l'élection préhensielle de 2027.
08:07Mais quand vous lisez attentivement les attendus,
08:10quand vous lisez attentivement les raisons pour lesquelles elle a été condamnée,
08:15on avait entendu parler de réquisitoires qui étaient extrêmement sévères,
08:19le rendu de la part des juges l'est tout autant, si ce n'est plus,
08:24c'est-à-dire qu'il y a une déconstruction complète d'un mécanisme
08:26dont on n'avait pas forcément, même en suivant quotidiennement les débats,
08:31conscience du caractère industriel.
08:34Et qu'elle est parvenue, malgré tout, à faire en sorte qu'on ne se focalise pas du tout
08:39sur le fait que le Rassemblement National et Marine Le Pen a été condamnée,
08:43a été condamnée lourdement, a été condamnée pour un système,
08:46a été condamnée à de la prison, dont de la prison ferme,
08:48et a été condamnée également à des sommes d'argent qui sont conséquentes.
08:51Donc une de ses forces, entre guillemets, dans ces 24 heures,
08:54ça a été de déplacer un tout petit peu la nature des débats,
08:57et d'inverser effectivement la nature de la manière dont on pourrait considérer
09:03le Rassemblement National, qui se fait passer assez habilement,
09:06comme une victime, et non pas comme un coupable,
09:09ce qu'il est aujourd'hui au regard de la loi considérée.
09:12Je vous ai interrompu Isabelle Saporta, vous vouliez intervenir sur un thème précis ?
09:15Non, en fait, ce que je trouvais intéressant dans tout ce que disait Benjamin Morel,
09:18c'est qu'au fond, j'entends ce que vous dites sur le Conseil constitutionnel,
09:22j'entends ce que vous disiez tout à l'heure sur la loi ad hoc qui pourrait être faite.
09:27Le problème que j'ai, si vous voulez, c'est qu'au fond,
09:30toutes ces solutions qui pourraient être trouvées à cette situation qui est intenable,
09:34vont affaiblir les institutions.
09:36C'est-à-dire que quelle que soit la réponse du Conseil constitutionnel,
09:39on se posera la question de savoir si c'est un renvoi d'ascenseur de la part de Richard Ferrand,
09:44dont on sait qu'elle ne s'est pas opposée à sa nomination,
09:47et qui est à la tête du Conseil constitutionnel,
09:49quelle que soit la loi qui sera faite,
09:51on se demandera si c'est une loi ad hoc qui est faite,
09:54et que quand même tout ça est tout à fait gênant,
09:56quel que soit le résultat de la cour d'appel,
09:59on se dira non, mais est-ce que c'était à cause de la pression de la présidentielle,
10:03et au fond, est-ce que ça n'est pas gênant ?
10:05Donc, quelles que soient les solutions, si solutions il y avait,
10:09au fond, elles affaiblissent les institutions françaises.
10:12Et je ne sais pas comment on sort de ça.
10:14On va en débattre pour l'instant, et on va écouter nos autres invités.
10:17On marque une petite pause et on se retrouve tout de suite après les informations de 19h30.
10:26RTL, s'informer ensemble.
10:29Il est 19h30.
10:31RTL Soir, on refait le monde.
10:33Avec Yves Calvi.
10:34L'essentiel de l'actualité avec Marine Le Pen.
10:36La cour d'appel de Paris envisage un procès pour Marine Le Pen au plus tard début 2026.
10:41C'est ce que demandait la chef de file des députés RN,
10:44et c'est aussi ce que souhaitait le garde des Sceaux, Gérald Darmanin,
10:47devant l'Assemblée nationale cet après-midi.
10:49Si Marine Le Pen obtient gain de cause,
10:51elle pourrait se lancer dans la course à la présidentielle en 2027.
10:55La décision finale pourrait être connue avant l'été 2026.
10:59Un meeting de soutien à Marine Le Pen, organisé ce dimanche 15h à Paris.
11:04Le rassemblement se tiendra place Vauban, derrière les Invalides,
11:08dans le 7ème arrondissement de la capitale,
11:10annonce du parti dans un communiqué ce soir.
11:13Et dans un peu plus d'une heure et demie, Dunkerque va tenter l'exploit face au PSG.
11:17Coup d'envoi de la demi-finale de la Coupe de France de foot,
11:20au stade Pierre-Mauroy à Lille.
11:22On vous retrouve à 20h, merci beaucoup Marine Le Pen.
11:31Avec Jean-Daniel Lévy, directeur délégué d'Aris Interactif France,
11:34Isabelle Saporta, éditorialiste d'RTL, Benjamin Morel qui est constitutionnaliste,
11:39et Marcelo Weisfried, chef adjoint au service politique du Parisien, aujourd'hui en France.
11:43J'allais vous donner la parole Marcelo Weisfried,
11:46parce que nous n'avions pas terminé notre tour de table, si je puis dire.
11:49Je suis assez d'accord avec ce qui vient d'être dit,
11:51et je voudrais s'y renchérer un peu,
11:53au sens où, par rapport aux institutions,
11:55vous avez vu ce qui s'est passé cet après-midi.
11:57On a un Premier ministre,
11:59qui jusqu'à maintenant s'était exprimé de façon indirecte.
12:02Il avait laissé fuiter le fait qu'il trouvait ça troublant.
12:06Il avait laissé filtrer lors d'une réunion du petit déjeuner de la majorité,
12:11le fait que dans d'autres pays, ça ne se passe pas comme ça.
12:13Et là, devant la représentation nationale, comme on dit,
12:17il dit que l'indépendance c'est important,
12:19mais comme citoyen,
12:21donc il est clivé,
12:23une partie de son cerveau c'est un Premier ministre,
12:25et l'autre partie c'est un citoyen,
12:27il y a des choses à revoir,
12:29et il laisse dans un ballet, qui à mon avis,
12:31une chorégraphie qui a dû être montée,
12:33je pense de concert,
12:35sans doute, peut-être avec Marine Le Pen,
12:37peut-être avec Éric Chiotis,
12:39ces gens se parlent.
12:41Par ailleurs, François Bayrou, lui-même,
12:43il est passé par l'épreuve d'un procès
12:45sur la question des assistants parlementaires,
12:47en tout cas, ce qu'on peut noter,
12:49c'est qu'il y a une répartition,
12:51en tout cas, il y a comme une chorégraphie dans les prises de parole,
12:55où lui dit, oh vous savez,
12:57c'est un texte qui a été fait par les parlementaires,
12:59donc c'est aux parlementaires de vous en saisir,
13:01nous, le gouvernement va vous laisser faire,
13:03Éric Chiotis vient de parler, Marine Le Pen sourit,
13:05bon, tout ça,
13:07quand même, pose question,
13:09on verra dans les récits qui seront faits dans les prochains jours.
13:11Vous suggérez l'idée qu'il y ait une forme de complicité,
13:13ça serait au théâtre ce soir, en quelque sorte ?
13:15C'est ça, exactement ce qu'il vient de dire !
13:17Bayrou, Chiotis, Le Pen !
13:19Je pense que là,
13:21il peut y avoir une chorégraphie,
13:23ils ont pu se mettre d'accord
13:25sur une résolution des choses, en tout cas,
13:27on verra dans les récits,
13:29pour l'instant, c'est une intuition,
13:31mais qu'on peut alimenter par plusieurs indices.
13:33Et à ajouter à cela,
13:35le garde des Sceaux,
13:37qui lui aussi, d'abord, première chose,
13:39hier, il tarde à réagir,
13:41il ne réagit pas tout de suite,
13:43il attend qu'il y ait des attaques sur la magistrate
13:45pour pouvoir dire quand même,
13:47commencer à tweeter et dire,
13:49attendez, c'est inadmissible,
13:51deuxièmement, aujourd'hui, il dit,
13:53indépendance de la justice,
13:55mais personnellement,
13:57je pense qu'on devrait quand même avoir
13:59un procès rapidement,
14:01mais la cour d'appel est souveraine,
14:03souveraine, il n'empêche qu'il y a quelques minutes,
14:05par communiqué, je ne sais pas si c'est fréquent
14:07qu'un communiqué nous donne une date de décision,
14:09je l'affirme, je pense ne l'avoir jamais vu,
14:11mais je ne suis pas un journaliste.
14:13Non, ça arrive, mais c'est plutôt rare,
14:15voire rarissime, d'après moi.
14:17C'est comme si,
14:19il y avait la volonté quand même d'en sortir par le haut,
14:21parce qu'il y a une émotion dans le pays sur
14:23le fait que
14:25la question de l'exécution immédiate,
14:27elle peut apparaître comme faussant
14:29le choix démocratique des Français.
14:31Jean-Daniel Lévy, on est en train de décrire un pays,
14:33excusez-moi, dont la structure,
14:35j'allais même dire intellectuelle,
14:37dont les responsables politiques et les responsabilités
14:39qui sont les leurs en ce moment,
14:41partent complètement à valo.
14:43Effectivement, là aussi, c'est un phénomène assez nouveau.
14:45Déjà, on peut peut-être rappeler qu'il y a eu, si je ne me trompe pas,
14:47plus de 8 millions de téléspectateurs
14:49qui ont regardé hier l'interview de Marine Le Pen
14:51sur TF1,
14:53ce qui, à peu de choses près, constitue le double
14:55de l'audience habituelle
14:57d'un JT du 20h de TF1.
14:59C'est un vrai phénomène,
15:01qui participe à l'interrogation
15:03et aux discussions de la part de nos compatriotes.
15:05Le deuxième point,
15:07rappelons également, sans être complotiste,
15:09mais qu'il y a aujourd'hui une Assemblée nationale
15:11qui est quelque peu atomisée
15:13et où le Rassemblement national
15:15a la possibilité de pouvoir
15:17destituer l'actuel Premier ministre.
15:19On sait qu'il y a eu
15:21des gestes et des signes, déjà par le passé,
15:23qui ont été donnés de la part de François Bayrou
15:25pour éviter d'être
15:27en difficulté, notamment de la part du
15:29Rassemblement national, que la pression
15:31commence à monter sérieusement du côté gauche
15:33du Parlement,
15:35de l'Assemblée nationale, parce que,
15:37notamment du fait du conclave qui n'atteint pas
15:39ses objectifs, les socialistes ont indiqué
15:41qu'il pourrait être amené à voter la censure.
15:43Si les socialistes et le reste de la gauche
15:45pouvaient voter la censure, il faut éviter
15:47que l'extrême droite se joigne à cela.
15:49Peut-être qu'il y a également un calcul de la part
15:51du Premier ministre
15:53pour faire en sorte qu'il ne crée
15:55pas une tension trop importante
15:57avec l'extrême droite présente au Parlement.
15:59Il achète la stabilité ?
16:01Pas jusque-là. En tout cas, il y a un signe
16:03qui est donné à l'égard de Marine Le Pen
16:05où à aucun moment
16:07il ne revient, ou il a même
16:09ne serait-ce que mis en avant le fait,
16:11de ce dont on parlait tout à l'heure, qu'il y a une condamnation
16:13sur des phénomènes qui sont
16:15graves et des faits qui sont reprochés
16:17à Marine Le Pen et au
16:19Rassemblement national, et qu'il est
16:21parti vraiment également sur la question
16:23de la possibilité ou de l'impossibilité
16:25de Marine Le Pen de pouvoir se présenter à la prochaine présidentielle.
16:27La situation
16:29de François Bayrou en tant que tel
16:31notamment dans le rapport à la justice,
16:33est-ce que ça joue un rôle dans ce qui se passe en ce moment
16:35d'après vous ? Je ne sais pas.
16:37Ça peut jouer évidemment un rôle. Ce n'est pas la première fois
16:39qu'il témoigne d'une forme de solidarité avec Marine Le Pen
16:41sur ce sujet. Par ailleurs,
16:43et je rejoins tout à fait ce que disait Isabelle tout à l'heure,
16:45il y a une crainte également pour la stabilité.
16:47Qu'est-ce qui se passe aux Etats-Unis actuellement ?
16:49Il faut comprendre ce qui se passe du point de vue de l'état de droit aux Etats-Unis.
16:51Vous avez un président des Etats-Unis qui dit
16:53la Constitution m'interdit de me
16:55présenter une troisième fois.
16:57Rien à faire. Des juges contestent mes décisions,
16:59et bien on les exécutera quand même.
17:01L'état de droit, souvent dit...
17:03Ah les juges, hein ? Les décisions.
17:05Merci de le préciser.
17:07On dit souvent, le respect de l'état de droit s'implique
17:09de ne pas contester une décision en justice.
17:11Mais en fait, un juge peut se tromper.
17:13C'est même pour ça qu'on a arrêté l'appel,
17:15la cassation, etc. On peut commenter
17:17une décision de justice. En revanche,
17:19ce qu'on ne peut pas faire, c'est revenir sur ce qu'on
17:21appelle le respect de la chose jugée.
17:23Dire cette décision ne me plaît pas, ok,
17:25mais dire cette décision ne me plaît pas et donc je ne l'exécute pas,
17:27ça c'est la remise en cause
17:29fondamentale de l'état de droit.
17:31Le risque avec tout ça, c'est que
17:33in fine, si vous avez un ressentiment
17:35qui monte profondément contre les juges,
17:37pas seulement dans l'électorat RN.
17:39L'électorat de droite est encore traumatisé
17:41par l'affaire Fillon. L'électorat Mélenchon
17:43pense encore qu'il y a un risque
17:45qu'on lui vole l'élection.
17:47Ça c'est encore présent, vous pensez ?
17:49Je parle sous le contrôle de Jean Daniel, mais dans l'électorat
17:51LR, il n'y a pas plus
17:53attaché aux institutions que l'électorat LR.
17:55Il est plutôt âgé, il est plutôt
17:57attaché à la Ve République, à l'ordre des institutions,
17:59il y a eu une vraie brisure au moment de l'affaire Fillon.
18:01Si vous avez le sentiment, dans une
18:03grande partie de l'opinion, que les juges
18:05ont pris le pouvoir,
18:07que la théorie du complot,
18:09le gouvernement des juges prend,
18:11le vrai risque c'est qu'un jour quelqu'un arrive comme Donald Trump
18:13et dise, en effet, les juges sont
18:15le problème, c'est facile, il suffit
18:17de les ignorer. Et là, pour le coup,
18:19on tombe dans quelque chose de fondamentalement
18:21dangereux, de fondamentalement
18:23problématique, et c'est la voie à l'autoritarisme,
18:25c'est la voie, ensuite,
18:27vers quelque chose que nous tentons de combattre depuis le début
18:29du XIXe siècle en Europe,
18:31avec la notion d'État de droit.
18:33Donc là, on marche sur un fil.
18:35Certains sont tombés de l'autre côté, je pense évidemment aux
18:37États-Unis, à la Hongrie, à Naguère, à la Pologne.
18:39Et donc, il faut être extrêmement, extrêmement
18:41prudent lorsqu'on est sur ce fil
18:43pour ne pas tomber de ce mauvais côté.
18:45Isabelle Saporta ?
18:47C'est vrai qu'on est dans une situation qui est
18:49très anxiogène. Et alors, moi, je ne suis pas du tout rassurée
18:51par les pas de deux que vous venez de nous décrire,
18:53Marcelo, du Premier ministre. Parce que
18:55franchement, si vous voulez,
18:57on attendrait une parole forte et audible
18:59et on a... Ah non, non, mais
19:01d'un côté, quand même,
19:03je trouve que ce n'est pas terrible
19:05ce rendu de la justice,
19:09mais de l'autre, je soutiens massivement
19:11les juges. Non, en fait, tu fais l'un
19:13ou l'autre. Tu ne dis pas les deux en même temps,
19:15cette espèce d'en même temps inaudible.
19:17C'est ça qui est très angoissant, Marcelo.
19:19Ajoutez à cela le silence assourdissant
19:21du chef de l'État et garant des institutions.
19:23Alors, ça, je pense que c'est une des choses
19:25peut-être en ce moment les plus graves. Il va peut-être falloir
19:27un moment qu'il se réveille ou qu'il nous parle parce que
19:29ce n'est pas possible. C'est compliqué parce qu'il ne faut pas
19:31oublier que le président de la République est
19:33le gardien... C'est papa. On a juste besoin
19:35que papa vienne nous dire... Non, mais je fais exprès
19:37d'utiliser ce terme-là. Il vient nous dire
19:39qu'il est toujours à la maison. Papa, il nous a dit
19:41qu'on était en guerre il y a deux semaines en même temps.
19:43Il est le gardien de l'indépendance de la justice.
19:45Si jamais, et constitutionnellement,
19:47il se prononce
19:49d'une façon ou d'une autre sur cette affaire,
19:51là, pour le coup,
19:53ce n'est pas ce qu'on doit faire en état de droit.
19:55Jean-Daniel Lévy, qui sonde les Français à longueur d'années,
19:57a plein de choses à nous raconter. C'est dans un tout petit instant.
19:59Jusqu'à 20h,
20:01Yves Kelvy refait le monde
20:03sur RTL.
20:05RTL soir,
20:07on refait le monde avec Yves Kelvy.
20:09Marine Le Pen est
20:11coupable, a été reconnue coupable.
20:13Elle a détourné de nombreux
20:15millions de l'argent
20:17public. Alors que tous
20:19ceux qui s'offusquent en permanence,
20:21que les tout petits voleurs à la tire
20:23ne soient pas assez condamnés
20:25par les tribunaux français, s'offusquent
20:27aujourd'hui pour une grande,
20:29grande voleuse. Et elle
20:31devrait faire profil bas au vu
20:33des quatre ans de prison qu'elle vient de prendre.
20:35Vous venez d'entendre Arièle, qui est une autre
20:37écrite, qui nous a appelé sur Le Répondeur,
20:39qui est, d'un point de vue, on va dire, assez affirmé.
20:41Jean Daniel Lévy, je devais vous redonner la parole.
20:43Oui, il y avait deux aspects. On avait parlé de l'électorat
20:45LR, notamment au moment de l'affaire Fillon.
20:47Il y a la moitié de l'électorat LR qui considère
20:49que la justice a été instrumentalisée contre
20:51François Fillon. Et donc, quand même
20:53il avait réuni 20%
20:55des suffrages, il faut le rappeler,
20:57au premier tour de la présidentielle
20:59de 2017, et qu'il n'a pas été qualifié
21:01pour le second tour, il y a cette image
21:03persistante. Et d'ailleurs, quand vous regardez
21:05aujourd'hui, l'électorat LR
21:07et même les dirigeants des Républicains
21:09qui sont censés être issus du gaullisme,
21:11donc être les plus grands défenseurs de nos institutions,
21:13on a pu voir, il y a un peu plus d'un an,
21:15par exemple, Laurent Wauquiez, qui avait remis en cause
21:17le rôle du Conseil constitutionnel.
21:19On voit aujourd'hui qu'il va
21:21y avoir un débat, quelle que soit la décision
21:23qui sera prise par le Conseil constitutionnel,
21:25parce que c'est Richard Ferrand qui est le président du Conseil
21:27constitutionnel, et que s'il est président
21:29du Conseil constitutionnel, c'est aussi parce que le Rassemble
21:31national à l'Assemblée nationale ne s'est pas opposé
21:33au fait qu'il puisse être là. Donc, on va avoir
21:35une suspicion à l'égard de la justice
21:37qui est nourrie hier,
21:39qui va probablement être nourrie demain,
21:41avec le débat dans le cadre
21:43de la Cour d'appel, et également
21:45avec la QPC, telle que cela a été
21:47décrite tout à l'heure, ou éventuellement
21:49les décisions du Conseil constitutionnel.
21:51Vous faites partie de ceux qui pensent que l'appel peut aboutir ?
21:53Je n'en ai absolument aucune idée.
21:55Quand on dit ça, ça veut dire
21:57pardonnez-moi, moi j'entends
21:59oui ça peut aboutir, je n'en ai aucune idée.
22:01Je ne sais pas, je fais un tour de table là-dessus rapidement.
22:03Je n'ai pas du tout juriste,
22:05donc je n'ai aucune idée.
22:07La bataille de communication
22:09est plutôt gagnée de la part du RN, parce qu'on peut,
22:11moi spontanément comme ça, je me dis qu'elle a peut-être
22:13une chance, alors que la décision
22:15hier semblait assez définitive.
22:17Benjamin Morel, vous m'avez déjà dit oui, je crois.
22:19Au vu, encore une fois,
22:21des signaux envoyés par le Conseil constitutionnel,
22:23la Cour de casse, surtout si elle fait une question prioritaire
22:25de constitutionnalité, je dirais que les chances
22:27sont très raisonnables.
22:29Je vais vous demander de vous rapprocher du micro.
22:31C'est une façon quand même
22:33de déjuger le...
22:35C'est le principe d'un appel.
22:37Donc c'est possible.
22:39Bien sûr.
22:41Encore une fois, les peines en appel sont souvent plus légères,
22:43sont même toujours plus légères qu'en première instance.
22:45Elles peuvent être égales, mais sinon
22:47elles ne peuvent pas aggraver. Et l'autre élément,
22:49c'est qu'il y a eu des signaux
22:51encore une fois de la Cour de cassation, très récent,
22:53très clair, du Conseil constitutionnel
22:55très récent, très clair,
22:57et on a qui plus est, une QPC qui pourrait
22:59être dans les tuyaux. Pour cette raison-là,
23:01il y a quand même des chances très très raisonnables.
23:03Isabelle Saporta ?
23:05Moi je pense que de toute façon, dans cette configuration,
23:07pile on perd,
23:09face on perd. C'est-à-dire que si
23:11les juges sont plus ménanimes, on va se dire
23:13ah bah tiens, ils ont été sifflés
23:15par Darmanin, pardonnez-moi, par le garde des Sceaux,
23:17comme vous ne l'avez pas dit,
23:19Marcelo, parce que vous êtes un grand journaliste,
23:21mais enfin, comme on peut se poser quand même la question
23:23de ce communiqué de presse qui arrive pour nous dire
23:25qu'incroyable mais vrai
23:27pour Marine Le Pen, la justice,
23:29et c'est quand même pour elle seule,
23:31peut aller beaucoup beaucoup plus vite.
23:33D'ailleurs, nos auditeurs qui sont pris dans des histoires
23:35judiciaires sont très contents de savoir
23:37qu'effectivement, quand le garde
23:39des Sceaux siffle, ça va beaucoup plus vite.
23:41Et donc, quand bien même
23:43ça changerait, je pense que si vous voulez,
23:45il y aura une fracturation à l'intérieur
23:47de l'électorat français, entre ceux qui sont
23:49aujourd'hui ravis,
23:51plutôt à gauche d'ailleurs,
23:53effectivement, qu'elle ait été
23:55condamnée
23:57et condamnée aussi à cette
23:59exécution provisoire,
24:01et le reste de l'électorat.
24:03Donc de toute façon, quoi qu'il se passe
24:05là, moi c'est ça qui me perturbe
24:07le plus, c'est-à-dire qu'on a quand même
24:09des politiques là, qui se sont dit,
24:11c'est vous qui le disiez, Benjamin Morel,
24:13que c'était quand même une bonne idée d'avoir mis
24:15Richard Ferrand à la tête du Conseil constitutionnel
24:17alors que personne ne pensait que c'était une bonne idée
24:19et que tout le monde s'est dit, à partir du moment
24:21où c'est Richard Ferrand, ça va jeter
24:23un doute sur tout ce qui sera fait par le Conseil
24:25constitutionnel. On a le Conseil constitutionnel
24:27qui a affaibli, on a l'Assemblée nationale
24:29qui a affaibli, on a le Président de la République
24:31qui a affaibli, grâce à lui-même,
24:33et là-dedans, vas-y,
24:35trouve une solution. Ben non, en fait.
24:37Je cherche les raisons d'espérer,
24:39on verra si on peut
24:41les aborder. Jean-Daniel Lévy,
24:43vous avez sondé les Français d'hier,
24:45pour RTL, en termes d'intention de vote,
24:47on en est où ?
24:49Et voilà, que nous dit
24:51ce dernier sondage ?
24:53Il nous donne beaucoup d'enseignements,
24:55mais notamment le fait que, dans le cadre de l'intention de vote,
24:57nous avons testé l'hypothèse
24:59de Jordan Bardella pour le Rassemblement national
25:01et il réunit, en fonction des configurations,
25:03entre 35 et 36% d'intention de vote
25:05au premier tour, ce qui est un score
25:07considérable, ce qui ne correspond
25:09à aucune élection
25:11présidentielle où le Front national
25:13ou le Rassemblement national a été présent.
25:15On peut rappeler que le meilleur score pour Marine Le Pen,
25:17c'était 24%
25:19au cours de la dernière élection présidentielle
25:21et même que, dans l'histoire des sondages,
25:23jamais un candidat
25:25testé par ARES Interactive
25:27du Rassemblement national ou du Front national
25:29n'a atteint ce niveau-là.
25:31Et ce qui est assez frappant, c'est que ça ressemble furieusement
25:33aux intentions de vote qui ont pu
25:35exister avec Marine Le Pen
25:37qui était candidate, c'est-à-dire avec un électorat RN
25:39qui, pour la première fois,
25:41dit, depuis 1974,
25:43ça ne sera peut-être pas un Le Pen
25:45qui sera candidat pour le Rassemblement national
25:47mais ça ne m'empêche pas de voter
25:49pour le ou la candidate du Rassemblement national.
25:51Donc, même elle, jusqu'ici, n'avait jamais atteint
25:53une possibilité de résultat ?
25:55Elle était mesurée sensiblement à ce niveau-là
25:57mais, en tout cas, le fait de changer
25:59le nom et de remplacer
26:01Le Pen par
26:03Bardella ne change pas et on a
26:05des structures de vote qui sont les mêmes, c'est-à-dire qu'on a
26:07l'immense majorité des électeurs
26:09qui ont voté pour Marine Le Pen à la dernière élection présidentielle
26:11qui déclarent, nous allons voter pour
26:13Jordan Bardella si c'est lui notre candidat
26:15et même des électeurs de la droite traditionnelle
26:17voire des électeurs qui ont voté pour Eric Zemmour
26:19voire même des électeurs qui ne sont pas déplacés la fois précédente
26:21qui ont dit, qui disent, on y va
26:23cette fois-ci et on va aller voter pour le
26:25Rassemblement national, en l'occurrence, Jordan Bardella.
26:27Vous n'avez pas testé
26:29d'hypothèse de second tour ?
26:31On n'a pas testé d'hypothèse de second tour, on le fera
26:33en temps utile, mais là, en l'état actuel,
26:35on n'a pas testé d'hypothèse de second tour.
26:37Je voulais juste surenchère parce qu'il y a eu
26:3910 000 adhésions de plus au Rassemblement national
26:41depuis l'annonce de la
26:43condamnation de Marine Le Pen.
26:45En tout cas, c'est ce qui a été annoncé.
26:47Excusez-moi, mais je pense que
26:49ils sont capables de forcer un petit peu là.
26:51Ce qui sera intéressant
26:53sera de suivre la pétition qu'ils ont lancée
26:55et d'essayer de voir combien de personnes vont être présentes
26:57combien de personnes vont signer, parce que là, pour le coup,
26:59c'est difficile de pouvoir faire
27:01plusieurs signatures. Et on peut rappeler, en passant,
27:03que c'est une formidable opération marketing
27:05de la part du Rassemblement national, parce que
27:07quand vous faites ça, vous récupérez
27:09les coordonnées de personnes
27:11par la suite que vous pouvez contacter, mobiliser
27:13et à lesquelles vous pouvez envoyer
27:15un certain nombre d'éléments de propagande.
27:17On va continuer le débat dans un instant.
27:27Je voudrais faire un rapide tour de table
27:29avec vous sur une question que je me posais.
27:31Le Pen ou Bardella,
27:33au second tour, pour les autres,
27:35c'est-à-dire ceux qui vont
27:37se présenter ou qui pourraient se présenter,
27:39est-ce que ça change quelque chose dans leur chance ?
27:41Marcelo Westfred.
27:43Déjà, la décision d'hier...
27:45Attal, Philippe,
27:47Beyrou, Darmanin...
27:49Ça a rebattu toutes les cartes, parce que d'abord, tout le monde avait préparé
27:51ses plans par rapport à Marine Le Pen
27:53pour l'affronter, voire l'affronter au second tour.
27:55Donc, par exemple, Mélenchon,
27:57ça fait des mois et des mois qu'il décortique
27:59comment elle travaille, son travail,
28:01ses fiches, etc.
28:03Bardella, il le méprisait.
28:05Il le regardait de haut. Donc maintenant, il va falloir commencer à travailler
28:07sur le plan B qui peut être le plan A.
28:09Attal, là où ça les intéresse,
28:11Bardella, c'est qu'on ne va pas
28:13faire le procès Attal d'être trop jeune,
28:15là où Bardella a 29 ans.
28:17Ça, ça les intéresse.
28:19Parce que Marine Le Pen,
28:21elle a quand même trois campagnes
28:23à son actif, etc.
28:25Attal peut paraître inexpérimenté ou trop jeune.
28:27Chez Philippe,
28:29ils disent que ça ne change pas
28:31grand-chose, mais quand même, c'est pas la même chose
28:33d'avoir
28:35Marine Le Pen
28:37d'un Bardella. Idem pour la droite,
28:39ils pensent qu'elle est
28:41plus dangereuse, Marine Le Pen. Pourquoi ?
28:43Parce qu'en fait, c'est des électorats
28:45différents. Pardon, je passe sous le regard
28:47d'un spécialiste, mais en tout cas, c'est pas
28:49la même extrême droite, d'une certaine façon.
28:51Il y a un Bardella qui est quand même plus
28:53pro-entreprise, plus libéral, moins
28:55soupçonnable d'être poutinophile.
28:57Marine Le Pen, c'est une autre histoire.
28:59Elle embrasse plus large, etc.
29:01Donc, c'est quand même pas la même chose.
29:03Jean-Daniel Lévy, quel est votre avis ?
29:05Votre analyse, c'était
29:07est-ce qu'il y en a un qui est plus inquiétant pour les
29:09autres candidats potentiels ?
29:11On sait qu'une campagne électorale, ça ne s'improvise
29:13pas. Et donc, en dehors des qualités que peuvent avoir
29:15les uns ou les autres, le fait d'avoir déjà
29:17mené des campagnes,
29:19tenu des meetings,
29:21eu l'organisation,
29:23est forcément un atout. Et donc, pour Marine Le Pen,
29:25elle sait faire une campagne électorale.
29:27Et Jordan Bardella, à mener des campagnes
29:29qui étaient des campagnes de nature différente, avec
29:31beaucoup moins de meetings,
29:33beaucoup moins d'organisation, beaucoup moins même de pression
29:35médiatique. Parce qu'en fait, il faut savoir
29:37qu'on est en permanence scruté,
29:39suivi, et que
29:41chaque mot peut avoir des conséquences.
29:43Vous nous dites qu'il n'est pas prêt ou que vous n'êtes pas sûr
29:45qu'il soit prêt ? Je ne suis pas sûr qu'il soit prêt.
29:47En tout cas, pas sûr qu'il soit prêt de la même manière.
29:49Et après, je ne suis pas un spécialiste
29:51de ce que peuvent être
29:53les messages non-verbaux, mais quand on a
29:55regardé aujourd'hui l'attitude de Jordan Bardella
29:57par rapport à celle de Marine Le Pen,
29:59on avait une Marine Le Pen qui était rayonnante
30:01et qui semblait remonter comme un coucou,
30:03si vous pouvez mettre l'expression, et de l'autre,
30:05oui, qui avait l'air, effectivement, un Jordan Bardella
30:07qui avait l'air d'accuser le coup
30:09et qui peut-être se disait qu'il aurait
30:11une étape et
30:13des difficultés à devoir
30:15mener une campagne à laquelle il ne s'était pas
30:17du tout, jusqu'à présent, préparé.
30:18Votre analyse, Benjamin Morel ?
30:19Non, clairement, il est très très loin d'être prêt,
30:21si vous voulez. Vous pouvez éventuellement,
30:23quand vous êtes Jordan Bardella, parier sur le fait qu'un
30:25électorat RN, pas content qu'on le
30:27prévoit de sa candidate, viendra, quoi qu'il arrive,
30:29voter pour vous, parce qu'il est légitimiste,
30:31parce qu'il en veut au système.
30:33Moi, j'en suis convaincu, je ne sais pas pourquoi.
30:35Après, il peut être concurrencé par d'autres, parce que, comme ça a bien été dit,
30:37il a un logiciel qui est moins évident, moins
30:39populaire que Marine Le Pen, et un Éric Zemmour
30:41pourrait dire, finalement, moi, je peux
30:43concurrencer également. Donc, ce n'est pas si évident.
30:45Mais quand même, il y arrive, au second
30:47tour, il y a tout de même une question structurante
30:49sur un second tour de présidentiel,
30:51est-ce que vous donnez le bouton
30:53nucléaire à la personne que vous allez élire ?
30:55Marine Le Pen, depuis des années,
30:57construit sa stature de chef d'État.
30:59Elle construit le fait qu'elle apparaît rassurante.
31:01Les bébés-chats, vous savez,
31:03avec lesquels elle pose. Ça donne le sentiment
31:05d'une présidente pondérée,
31:07rassurante, etc.
31:09Est-ce que Jordan Bardella, qui
31:11est beaucoup plus jeune, qui a une histoire
31:13beaucoup moins profonde, avec l'opinion,
31:15eh bien, peut se voir attribuer les mêmes
31:17caractéristiques ? C'est peut-être pas
31:19si évident. Donc, clairement,
31:21il peut essayer. Il faut changer,
31:23parce que les chats, ça devient un peu éculé.
31:25Peut-être des hamsters ou des chiots.
31:27Mais quoi qu'il arrive,
31:29c'est en effet pas tout à fait la même donne.
31:31Et c'est vrai que Marine Le Pen s'est construit
31:33une figure, d'abord, de second tour, parce qu'elle avait
31:35un problème de second tour. Ça n'est pas le cas encore
31:37pour Jordan Bardella. On verra bien à combien
31:39il sera testé sur les second tours. Mais par définition,
31:41c'est plutôt une mauvaise opération,
31:43je pense, pour le RN.
31:45Déjà, est-ce qu'il sera capable de garder
31:47le parti d'un seul
31:49morceau, j'ai envie de vous dire ? Parce que,
31:51est-ce que Jean-Philippe Tanguy,
31:53est-ce que Sébastien Chenu,
31:55est-ce que les lieutenants de Marine Le Pen
31:57auront envie de se mettre au service d'un nouveau capitaine ?
31:59Est-ce que Marion Maréchal
32:01n'aura pas envie
32:03de jouer sa propre carte ?
32:05Ça va quand même
32:07raviver la guerre des chefs. Parce que, d'accord,
32:09dans les sondages, il est porté très haut, mais malgré
32:11tout, à ce moment-là, la guerre des chefs peut se
32:13réouvrir. Et puis, par ailleurs,
32:15pardonnez-moi, mais d'accord, il est prêt.
32:17Mais la seule fois où, comme vous le soulignez,
32:19il était face à une vraie pression, c'était
32:21pour les législatives. Et on a quand même
32:23vu que la campagne, elle n'était pas bien fichue.
32:25On a vu des députés
32:27avec des casquettes nazis. On a vu
32:29des députés, enfin, des apprentis députés
32:31avec des casquettes nazis. Des apprentis députés
32:33preneurs d'otages.
32:35On n'était quand même pas, enfin, c'était, vous vous rappelez,
32:37c'était le plan Matignon de Jordan Bardella.
32:39Et on allait voir ce qu'on allait voir.
32:41Et ce qui est extraordinaire, c'est que tout est vrai dans ce que vous racontez.
32:43Et également,
32:45tout le débat,
32:47tout le débat qu'il avait lancé sur la double nationalité
32:49et qui avait eu une incidence extrêmement
32:51forte sur son électorat. Et c'est un débat
32:53qu'il avait lui-même posé.
32:55Et ce qui est terrible dans la situation actuelle pour lui,
32:57c'est que, comme il va y avoir une incertitude,
32:59comme on ne saura pas au RN
33:01qui va porter l'étendard,
33:03il ne va pas pouvoir se préparer.
33:05Parce qu'il a deux ans devant lui, il pourrait se préparer.
33:07Emmanuel Macron,
33:09il s'est préparé en
33:11deux ans aussi.
33:13Mais là, le problème, c'est que c'est tabou.
33:15C'est tabou sa candidature.
33:17Il était présenté comme un plan B.
33:19Maintenant, c'est absolument tabou.
33:21Parce qu'il ne faut pas entacher
33:23cette opération remontada
33:25de Marine Le Pen qui est en train d'être portée.
33:27Et donc, il ne peut
33:29plus maintenant que se préparer
33:31de façon presque clandestine.
33:33Mais la voie, ça peut éventuellement,
33:35même si Marine Le Pen l'a exclue hier,
33:37la dernière possibilité,
33:39la voie du ticket.
33:41Et là, aussi inéligible qu'elle soit,
33:43on ne peut pas empêcher un président de la République
33:45de nommer quelqu'un à Matignon.
33:47Medvedev, Poutine.
33:49Et ça, c'est une possibilité qui permettrait d'avoir
33:51à la fois le premier patron.
33:53Vous voulez dire Jordan Bardel à l'Elysée, Marine Le Pen à Matignon ?
33:55Le vrai patron sous la 5ème République, c'est celui qui tient la majorité.
33:57Et si elle tient la majorité,
33:59c'est elle la vraie patronne.
34:01Merci infiniment les uns et les autres d'avoir participé à ce débat.
34:03Sachez que demain à 7h40,
34:05Xavier Bertrand, président des Républicains des Hauts-de-France,
34:07sera l'invité de la matinale d'RTL.
34:09Dans un instant, nous retrouvons Faustine Bollard
34:11pour son émission Héro.
34:13Bonsoir Faustine, qui est votre invitée ?
34:15Bonsoir Yves, bonsoir à tous.
34:17Une émission très légère ce soir dans Héro
34:19puisque vous allez écouter le témoignage d'une wedding pleine.

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