Écoutez "On refait le monde" avec Carl Meeus, rédacteur en chef au "Figaro Magazine", Laurent Jacobelli, porte-parole du RN et député de la Moselle, Pablo Pillaud-Vivien, rédacteur en chef de la revue "Regards", Aurélien Taché, député France Insoumise du Val-d'Oise, Émilie Zapalski, spécialiste en communication politique et fondatrice de l'agence Émilie Conseil, Christophe Barbier, éditorialiste, Yoann Gillet, porte-parole du RN et député du Gard, Olivier Bost, chef du service politique de RTL, et Thomas Prouteau, chef du service police-justice de RTL.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 31 mars 2025.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 31 mars 2025.
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00:00Il est 19h16, bienvenue à vous tous qui nous rejoignez sur RTL, 4 ans de prison dans 2 fermes, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate.
00:12La condamnation de Marine Le Pen est un véritable séisme, la droite et l'extrême droite, y compris européenne, crient au déni de démocratie, mais qu'en est-il vraiment ?
00:20Quelles conséquences va avoir cette décision inédite ? Marine Le Pen condamnée et inéligible, scandale politique ou stricte application du droit français ?
00:28Nous allons en débattre avec Carl Meus, qui est rédacteur en chef au Figaro Magazine, bienvenue Carl Meus, Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement National, député de La Moselle, bienvenue M. Jacobelli,
00:37Pablo Piovivien, qui est rédacteur en chef de la revue Regards, bienvenue Pablo, Julien Fautrat du service politique d'RTL, bonsoir Julien, et Sophie Neumayer, journaliste au service police-justice d'RTL, soyez-vous aussi bienvenue, chère Sophie.
00:51Le juge reste le juge, il n'a pas à interférer dans le domaine politique, c'est très mauvais, ce n'est plus des juges que nous avons, sont des toréreaux, en tout cas il manquait un martyr au Rassemblement National, merci les juges, vous le lui avez donné.
01:06Ces propos sont ceux de l'ancien député Front National, Gilbert Collard, l'un des premiers à réagir à la mi-journée sur RTL à la condamnation de Marine Le Pen, reconnu coupable de détournement de fond dans l'affaire des assistants parlementaires,
01:17et qui s'est donc vu prononcer une peine de 4 ans de prison, dont 2 fermes, sous bracelet électronique, 100 000 euros d'amende et 5 ans d'illégibilité, avec effet immédiat.
01:27Ce ne sont plus des juges, ce sont des toréreaux, dit Gilbert Collard, comment percevez-vous cette prise de parole Pablo Piovivien ?
01:35Je l'aperçois dangereuse pour la démocratie, je rappelle que la justice est un des piliers de notre République, je rappelle d'ailleurs un article du code pénal qu'on ne rappelle pas assez, c'est l'article 434-25,
01:49qui établit que le fait de chercher à jeter le discrédit publiquement en actes, paroles ou écrits ou images de toute nature sur un acte ou une décision juridictionnelle, dans des conditions de nature à portée atteinte à l'autorité de la justice ou à son indépendance, est puni de 6 mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende.
02:06Vous allez tous nous foutre en taule, on va tous débattre, savoir si tout cela est juste ou non.
02:13Oui, mais je trouve ça excessivement problématique, je pense que lorsque l'on critique une décision de justice, il faut le faire avec des pincettes, car encore une fois, c'est tout l'édifice de notre démocratie, de notre capacité à vivre ensemble, qui est assis sur le respect de l'autorité de la justice.
02:29Et vous y garderez ces pompons en toutes circonstances ?
02:32En toutes circonstances, en toutes circonstances, ça vaut pour la gauche, la droite et en l'occurrence l'extrême droite.
02:37Il faut faire attention à ne pas jeter... Lorsque j'entends un député du Rassemblement National, cet après-midi, à la tribune...
02:43Il n'y a pas de député du Rassemblement National, vous avez 15 ans de retard.
02:46Comment ?
02:47Non, il parle d'un autre.
02:48Non, je ne parle pas de M. Collard, je parle d'un député à la tribune, cet après-midi, qui parle de justice politique.
02:54A ce moment-là, il jette l'opprobre sur l'institution qui est la justice, et je trouve ça excessivement problématique.
03:01Laurent Jacobelli, on vient de vous entendre, vous réagissiez au propos de Pablo.
03:04Très honnêtement, si je reprends la métaphore de Gilbert Collard, c'est une mise à mort à laquelle on assiste aujourd'hui.
03:10Les mots ont un sens, il ne faut pas...
03:12C'est une volonté de mise à mort politique, oui.
03:14Quitte à choquer M. Pablo Vivière, je le redis, je l'assume.
03:17Oui, c'est une justice politique qui s'est exprimée.
03:20Ça ne veut pas dire que toute la justice est politique, mais là elle l'est.
03:23C'est d'ailleurs le juge elle-même, la juge elle-même qui le dit.
03:26Pourquoi est-ce qu'elle condamne à l'illégib...
03:29L'inéligibilité.
03:30L'inéligibilité.
03:31C'est pas facile, mais j'y arriverai un jour.
03:34Avec exécution provisoire.
03:36C'est parce qu'elle dit que le fait que soit candidate, c'est elle qui parle, à l'élection présidentielle,
03:41une personne condamnée en première instance n'est pas possible.
03:44Marine Le Pen, au moment où on se parle, est présumée innocente, Yves Calvi.
03:48Parce qu'elle va faire appel de la décision, et donc elle estime, et je la crois, qu'elle est innocente.
03:54Et donc c'est comme ça qu'elle doit être regardée.
03:56Eh bien cette personne innocente, on lui a confisqué le droit d'être candidate à l'élection présidentielle.
04:00S'il n'y a pas là un scandale démocratique, alors je ne sais pas comment on peut l'appeler.
04:03Et ça tombe bien, parce que Sophie Lemaillère de notre service police-justice veut réagir.
04:06Oui, effectivement, moi j'étais à l'audience ce matin, et la présidente du tribunal a pris soin de motiver très longuement,
04:14ça a pris près de trois heures, cette décision.
04:17Elle a justement expliqué que cette décision était rendue au nom du peuple français,
04:21et non pas au nom d'une partie des électeurs,
04:23et qu'il n'y avait rien de politique dans cette affaire,
04:27qu'elle, elle savait bien qu'il y avait un enjeu au-delà de la salle d'audience,
04:31mais qu'elle comptait bien faire comme d'habitude.
04:33Et donc cette décision, effectivement, elle explique qu'il pourrait y avoir un trouble irréparable à l'ordre public
04:40si une personne était candidate, voire élue, alors même qu'elle est condamnée à une peine d'inéligibilité en première instance,
04:49et qui pourrait l'être encore par la suite, c'est comme ça qu'elle l'a justifié.
04:51Elle évoque aussi le risque de récidive.
04:53Donc elle anticipe l'élection présidentielle ?
04:55Elle le dit.
04:57C'est ce qu'elle dit.
04:59C'est normal que ça crée du débat.
05:00C'est donc politique.
05:01Mais elle explique aussi qu'il y a un risque de récidive, et surtout elle a rappelé les faits.
05:04Elle a rappelé qu'il y avait 40 contrats fictifs qui ont servi à enrichir le parti,
05:11alors même que ces personnes qui étaient payées par ces contrats par le Parlement européen
05:20travaillaient pour le parti et que ça a vicié, selon le tribunal, le jeu démocratique français.
05:27Disons qu'elle est condamnée pour des faits précis.
05:31Il y a deux choses.
05:34Il y a la condamnation que vous venez d'évoquer, mais là encore une fois, il y a appel.
05:37Donc pour l'instant Marine Le Pen est innocente des faits que vous venez de citer.
05:42Deuxième chose.
05:43Vous comprenez qu'une candidate qui l'a déjà été, et qui normalement devait l'être à nouveau,
05:48dans la vie politique de la Ve République, qui donne l'impression d'avoir tapé dans la caisse,
05:54non pas pour elle, tout le monde l'a bien compris, mais pour faire tenir la boutique,
05:57ça pose quand même un sérieux problème.
05:59Vous avez raison d'être direct et je vais l'être tout autant.
06:02Le problème c'est qu'elle ne puisse pas se présenter à l'élection présidentielle
06:05avant même d'avoir le résultat de l'appel.
06:07Je termine.
06:08Risque de récidive, mais lequel ?
06:11Marine Le Pen n'est plus députée européenne.
06:13Marine Le Pen n'est plus présidente du Rassemblement national.
06:15Non seulement elle est innocente, mais même si elle voulait mettre en place
06:18le système qu'on l'accuse d'avoir mis en place,
06:20elle ne pourrait pas le faire aujourd'hui, techniquement.
06:22Aucun risque de récidive.
06:23Pire encore, le trouble à l'ordre public.
06:25Qu'est-ce que vous croyez ?
06:26Que Marine Le Pen soit candidate est un plus grand trouble à l'ordre public
06:29plutôt que d'empêcher la candidate favorite des Français d'être candidate ?
06:33Je pense que sur ces deux points, c'est le juge...
06:36Cette exécution provisoire, c'est juste un outil qui est à la disposition de la justice.
06:40Ça a été voté par les parlementaires ?
06:44À deux conditions.
06:45Le risque de récidive et le trouble à l'ordre public.
06:47Dans les deux cas, Marine Le Pen ne remplit pas les deux conditions.
06:50On peut donc se poser la question du jugement et de son efficacité et de sa justesse.
06:54Julien Fontra, la présidente, a estimé qu'il pouvait y avoir récidive
06:57parce que Marine Le Pen avait encore une activité politique
07:01et qu'elle était encore en mesure de pouvoir mettre en place
07:04un système de détournement de fonds publics.
07:07Par ailleurs, Marine Le Pen, le parti s'étant enrichi,
07:12ne partait pas à égalité sur la ligne de départ avec les autres candidats à l'élection présidentielle.
07:17Je vais juste rappeler aussi les mots du parquet de Paris,
07:20pour le coup au moment de la réquisition,
07:21qui rappelaient que les conséquences d'une infraction
07:25sont à imputer à la personne qui commet cette infraction
07:28et pas au juge qui punit.
07:30Vous avez raison, mais il y a d'autres avis que le vôtre.
07:32Est-ce que je peux citer l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel ?
07:35Ce n'est pas mon avis, je cite le parquet ou le tribunal.
07:38M. Shuttle, qu'est-ce que dit M. Shuttle ?
07:41Que les juges sont allés contre le Conseil d'État
07:44et contre les électeurs.
07:46Et c'est l'ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel.
07:48Oui, cette décision, elle doit être mise en cause
07:51et elle doit être interrogée.
07:52Interrogée par la grille de lecture de la démocratie.
07:55Dans quels pays au monde peut-on imaginer
07:57que la candidate favorite de l'élection présidentielle
07:59ne puisse pas se présenter ?
08:00Imaginez que ça soit arrivé ailleurs.
08:02Dans des pays où il y a un fonctionnement démocratique.
08:05La démocratie, c'est de pouvoir faire appel, Yves Calvi.
08:09Aujourd'hui, même si Marine Le Pen fait appel,
08:11elle ne pourra pas être candidate à la présidentielle.
08:13Et imaginez, imaginez,
08:15parce que nous c'est ce que nous croyons,
08:17qu'en appel elle soit relaxée.
08:19On l'aura fait, on l'aura empêchée d'être candidate.
08:23On aura privé les électeurs français
08:25de la candidate naturelle à la présidence de la République.
08:28Est-ce que vous croyez que dans une démocratie mature, c'est normal ?
08:33Bien sûr que non, c'est un hold-up,
08:35c'est un coup d'état des juges.
08:36Alors, Karl Mayus, on en est où ce soir ?
08:38On voit la réaction du Rassemblement National,
08:42qui est très forte,
08:44parce que pour eux, ce n'est pas un juge qui condamne,
08:46c'est un système qui élimine.
08:48Et on voit bien dans cet axe de défense,
08:51qu'effectivement, donc, il y a remise en cause
08:53de la motivation de la juge.
08:56Et pour le coup, on peut en discuter.
08:58Troubles à l'ordre public, récidives,
09:01honnêtement, ça doit pouvoir se discuter.
09:03Parce que la juge n'était pas obligée
09:05de condamner l'inéligibilité 4 ans.
09:09Elle pouvait dire...
09:105 ans.
09:11Elle pouvait dire 12 à 18 mois.
09:13Et elle ne pouvait pas mettre d'exécution prévue.
09:16Elle ne l'a pas mis pour louer à Lyon.
09:17Ce qui change...
09:18Elle, c'est les collégiales.
09:19Ils sont 3.
09:20Oui, mais en l'occurrence, c'est elle qui a prononcé le jugement.
09:22C'est les collégiales.
09:23C'est le tribunal.
09:24C'est les juges.
09:25Mais ça renforce l'argument du Rassemblement National
09:29de dire que c'est un système qui vise à empêcher...
09:32Il applique la loi.
09:33Et donc, maintenant, la stratégie du RN va être
09:36d'aller sur le terrain politique.
09:38Puisque c'est le système.
09:39Il faut dénoncer ce système.
09:41Et on verra demain à l'Assemblée
09:43et ce soir, ce que dit Marine Le Pen,
09:45sur la partie politique.
09:46Alors, depuis 13 heures que cette inéligibilité a été...
09:49avec exécution provisoire a été prononcée par la juge.
09:54On débat bien entendu sur le fait
09:56de savoir si Marine Le Pen peut ou non
09:58in fine se présenter à la présidentielle de 2027.
10:01Y a-t-il le moindre recours possible ?
10:03C'est la question que nous nous poserons dans quelques instants.
10:15Il est 19h30.
10:20L'essentiel de l'actualité avec Aude Vernaut.
10:21Bonsoir Aude.
10:22Bonsoir et bonsoir à tous.
10:24Elle prendra la parole dans une demi-heure maintenant
10:26après sa condamnation.
10:27Marine Le Pen va-t-elle contre-attaquer ?
10:29A ce stade, pas de présidentielle pour elle en 2027.
10:32Elle écope de 4 ans de prison dont 2 fermes
10:34aménagées sous bracelet électronique
10:36et de 5 ans d'inéligibilité dans l'affaire des eurodéputés.
10:40Son avocat annonce qu'elle va faire appel.
10:42Édition spéciale jusqu'à 21h sur RTL.
10:45Les réactions dans la classe politique.
10:47François Bayrou, le Premier ministre, s'est dit
10:49troublé par le jugement.
10:51Pour Jean-Luc Mélenchon, le leader insoumis,
10:53la décision de destituer un élu devrait revenir au peuple.
10:56Pour l'écologiste Marine Tondelier,
10:58Marine Le Pen doit payer sa peine.
11:00Elle est une justiciable comme une autre.
11:02Ce sont ses mots.
11:03A l'étranger, les ultra-conservateurs
11:05resserrent les rangs.
11:07« Je suis Marine », lance le Premier ministre
11:09hongrois Victor Orban.
11:11Elon Musk, patron du réseau social X,
11:13dénonce, lui, un abus du système judiciaire.
11:16Il met en garde contre un retour de bâton.
11:18Aude Vernaut, chaud qu'on retrouve à 20h
11:20pour d'autres informations.
11:22RTL, édition spéciale.
11:24Avec Yves Kelvin.
11:26Et nous sommes avec Carl Meus,
11:28rédacteur en chef au Figaro Magazine,
11:30Laurent Jacobelli, porte-parole du RN,
11:32député de La Moselle, Pablo Piovivien,
11:34rédacteur en chef de la revue Regards,
11:36Julien Fautrat de notre service politique à RTL
11:38et Sophie Neumayer, journaliste au service
11:40Police-Justice de notre radio.
11:42C'est à vous que je m'adresse, Sophie.
11:44On dit depuis 13h que cette inéligibilité
11:46avec exécution provisoire
11:48prononcée par la juge empêche Marine Le Pen
11:50de se présenter à la présidentielle
11:52de 2027.
11:54Il n'y a aucun recours possible ?
11:56Alors, si. Et elle a une petite chance
11:58encore de se présenter à l'élection présidentielle.
12:00J'ai dit petite, une chance en fait.
12:02Puisque son avocat a d'ores et déjà annoncé
12:04qu'il allait faire appel.
12:06Et effectivement,
12:08la cour d'appel peut, elle, prendre une décision.
12:10Alors, soit suivre le tribunal
12:12et donc la condamner.
12:14Soit juste à l'inéligibilité simple,
12:16soit avec l'exécution provisoire.
12:18Mais elle peut aussi
12:20reconnaître l'innocence
12:22que Marine Le Pen clame
12:24depuis 10 ans. Il faut savoir que
12:26l'audiencement
12:28devant la cour d'appel, c'est 1 à 2 ans en moyenne.
12:30Donc, ça peut encore passer
12:32avant 2027. Et en plus, le parquet général
12:34peut décider, alors ça c'est
12:36au parquet général
12:38de le choisir
12:40ou pas, peut décider
12:42d'audiencer un peu plus rapidement
12:44que prévu cet appel
12:46pour pouvoir purger, justement,
12:48la question de la culpabilité de Marine Le Pen
12:50avant 2027.
12:52Julien Fautrat, il ne s'était pas préparé à cette éventualité
12:54au R.L. d'après vous ?
12:56Et non. Alors, c'est quelque chose qu'on a...
12:58Alors, Laurent Jacobelli... Allez-y et puis Laurent Jacobelli
13:00va nous faire... Mais c'est un petit peu
13:02dans les discussions que j'ai eues
13:04depuis quelques jours.
13:06C'était plus, on pense
13:08à une inéligibilité
13:10mais pas d'exécution provisoire.
13:12Et puis, le caractère de Marine Le Pen
13:14c'est de plutôt se préparer au dernier moment
13:16de ne pas gomberger pendant des mois et des mois.
13:18Bref, il y avait tout ça. Et encore
13:20aujourd'hui, des personnes, des cadres
13:22du parti que j'ai eu au téléphone
13:24qui m'expliquaient, on est
13:26abasourdis, on ne s'y attendait pas
13:28il y avait un effet
13:30de sidération. Alors, peut-être que
13:32Laurent Jacobelli pourra nous donner un petit peu plus de détails
13:34mais il y a
13:36même une personne proche de Jordan Bardella qui m'a dit
13:38c'était un impensé,
13:40c'était un tabou. On n'osait pas
13:42lever le petit doigt et en parler à Marine Le Pen
13:44parce que Marine Le Pen, au parti, elle a cette
13:46autorité-là. Donc,
13:48oui, il y a probablement
13:50un impensé sur cette question de l'exécution
13:52provisoire. Il n'y a personne qui osait regarder Marine Le Pen
13:54dans les yeux et lui dire, ça peut arriver
13:56Marine ? Mais elle le savait. Laurent Jacobelli.
13:58Ça faisait partie des trois ou quatre scénarios
14:00envisagés. On n'est pas d'une naïveté
14:02aussi confondante que vous le décrivez.
14:04Evidemment, ça faisait partie
14:06des scénarios que nous avions imaginés.
14:08En revanche, notre analyse nous poussait
14:10à croire que c'était probablement le scénario
14:12le plus improbable. Ce qui ne veut pas dire que...
14:14C'est précisément ce que je dis. Oui, mais ça ne veut pas dire
14:16qu'on est tombé des nus, malheureusement.
14:18On savait que c'était une des possibilités. Pourquoi
14:20ça nous paraissait improbable ? Pour les raisons que j'ai décrites tout à l'heure.
14:22Marine Le Pen ne
14:24remplit pas les conditions pour être
14:26inéligible avec exécution provisoire.
14:28Selon nous. Deuxièmement,
14:30on ne pouvait pas imaginer que dans une démocratie
14:32mature, on puisse empêcher
14:34le leader de l'opposition se présenter juste
14:36après un sondage qui montre que plus d'un tiers
14:38des français s'apprêterait à voter
14:40pour elle au premier tour, ce qui est historique.
14:42Aux alentours des 35%. Et donc,
14:44après le report de voix improbable
14:46de la droite vers LFI, de LFI
14:48vers la droite pour empêcher les électeurs d'avoir
14:50leur victoire. Après l'arrêt
14:52d'une chaîne de télévision. On ne pouvait pas
14:54imaginer que dans notre démocratie
14:56aussi abîmée, on empêcherait
14:58une candidate à la présidence de la République
15:00de courir pour cette élection.
15:02Malheureusement, on semble se diriger
15:04vers cela. C'est un terrible
15:06constat de perte démocratique
15:08pour notre pays, de renoncement
15:10à la démocratie par un système qui a compris
15:12qu'à la loyale, il ne pouvait pas gagner
15:14et qu'il était prêt à toutes les tricheries.
15:16Pablo Piovivien. Je trouve
15:18assez extraordinaire de voir
15:20toutes les argussies et les péripéties
15:22intellectuelles de la part des cadres du Rassemblement
15:24National, mais ça vaut aussi d'ailleurs pour les
15:26proches de Nicolas Sarkozy,
15:28de passer, ça fait maintenant
15:3050 ans en fait, qu'ils nous bassinent avec
15:32le manque de sévérité de la justice. Et pour
15:34une fois que ça tombe sur vous,
15:36alors là, tout d'un coup, la justice
15:38ne fait mal son travail, elle est trop
15:40sévère, elle vous condamne.
15:42Elle a condamné, pour l'instant, il y a eu un appel ou il n'y a pas eu d'appel.
15:44Il y a eu d'appel, donc Marine Le Pen
15:46est présumée innocente. Elle est présumée innocente.
15:48Merci de le dire.
15:50Mais condamnée quand même, ce qui est quand même très rare.
15:52Exactement, mais je ne dis pas le contraire,
15:54ça s'appelle l'état de droit.
15:56Et ça s'appelle nos lois, des lois que, ça a été rappelé tout à l'heure,
15:58vous avez voté. Non, nous n'étions pas au Parlement
16:00à ce moment-là. Vous n'avez pas voté, vous ?
16:02Bon, que les parlementaires ? Autant pour moi.
16:04Autant pour moi. Oui, Marine Le Pen, mais il y avait
16:06des députés du Rassemblement national. Il y avait des députés de l'ARN en 2007.
16:08Et oui, il y avait des députés de l'ARN. Et qu'est-ce qu'ils ont fait ?
16:10Il y en avait deux, et qu'est-ce qu'ils ont fait ?
16:12Et Laurent-Jacques Odbélé, qu'est-ce qu'ils ont fait ? Eh ben, ils ont
16:14voté pour la loi Sapin 2. Non, non, Marion Maréchal
16:16s'est abstenue, elle a voté contre. Et l'autre ?
16:18Ils ont voté contre. Ok.
16:20Autant pour moi. Alors, je remballe
16:22cet argument. Je remballe cet argument.
16:24En revanche, ça a été voté
16:26par les législateurs. Et donc,
16:28il s'avère que, je suis désolé pour vous,
16:30mais lorsqu'un élu manque de probité,
16:32je pense qu'il n'y a que vous et les puissants
16:34qui trouviez ça complètement
16:36inconséquent de le déclarer inéligible.
16:38Moi, je considère qu'un élu qui manque
16:40de probité, qu'il soit déclaré inéligible,
16:42je trouve ça assez logique, voire nécessaire.
16:44Quand elle sera, Laurent-Jacques Odbélé ?
16:46Définitivement. Tout à fait.
16:48Tout à fait. Mais il s'avère que le mandat des vots...
16:50Que la peine d'inéligibilité avec exécution provisoire
16:52soit prononcée, et ça voudrait dire,
16:54dans ce cas-là, que
16:56Marine Le Pen demanderait une immunité ?
16:58Non. Ça veut dire qu'un élu
17:00doit respecter le droit
17:02exactement
17:04comme tous les autres citoyens.
17:06Il n'est pas au-dessus des lois, mais il n'est pas en-dessous non plus.
17:08Or, aujourd'hui, le droit à l'appel,
17:10le droit à une deuxième juridiction
17:12est fondamental dans notre démocratie.
17:14Fondamental.
17:16Et c'est vrai pour vous, M. Piovivien,
17:18c'est vrai pour tout le monde.
17:20Pour vous, M. Calvi, si demain vous êtes accusé de quelque chose...
17:22Parfois, il y a des mandats de dépôt. Ça existe aussi dans notre droit.
17:24Ça existe dans notre droit, les mandats de dépôt.
17:26Laurent-Jacques Odbélé, ça existe dans notre droit.
17:28Ça existe. Parlez-en des mandats de dépôt.
17:30Non. Moi, je suis ravi par la décision.
17:32Pour l'instant, on ne m'a pas interdit
17:34de parler encore.
17:36Je pense qu'on ne vous prive pas de parler ce soir.
17:38Donc, Marine Le Pen
17:40fait appel. Attendons l'appel
17:42avant de la condamner. Ça paraît une évidence
17:44pour tout le monde. Aujourd'hui, la décision,
17:46c'est quand même très grave.
17:48On ne lui interdit pas simplement
17:50d'aller chez le boulanger ou chez le boucher.
17:52On lui interdit d'être candidate
17:54à l'élection présidentielle, à l'élection fondamentale
17:56de notre démocratie,
17:58alors qu'il y a une attente populaire pour Marine Le Pen
18:00que vous pouvez contester. Mais c'est ce que montrent
18:02les sondages. C'est un acte
18:04de déni de démocratie qui est terrible
18:06et qui n'est pas, en termes de droit,
18:08aussi évident que vous le dites. D'abord,
18:10parce que des politiques de tous bords
18:12trouvent cela quand même très étonnant.
18:14Des juristes de tous bords
18:16s'alarment un peu de la décision qui a été prise.
18:18Donc, ce n'est pas un univers aussi
18:20facile à dépeindre que vous le faites.
18:22Les juristes, si je puis me permettre, ils s'alarment aussi
18:24de la déconstruction et des attaques
18:26systématiques de notre État de droit.
18:28Et ça, par exemple, vous n'en faites jamais l'écho.
18:30Jamais vous dites, ce n'est pas possible d'attaquer
18:32le droit international comme c'est fait de façon
18:34systématique par le Rassemblement national.
18:36Ce n'est pas possible d'attaquer le droit
18:38communautaire comme vous le faites aussi.
18:40De façon... Bien sûr que si, vous le faites.
18:42Vous remettez sans arrêt en question la hiérarchie
18:44des normes. Vous remettez sans arrêt en question
18:46le fait qu'on ait un droit communautaire qui s'applique
18:48aussi en France.
18:50D'accord, mais vous l'attaquez.
18:52La question...
18:54Ça s'appelle la démocratie. Je sens bien que c'est une notion
18:56qui est en train de perdre
18:58de sa valeur.
19:00Vous mettez en opposition la souveraineté populaire
19:02Vous mettez en opposition la souveraineté populaire
19:04et l'État de droit.
19:06Non, absolument pas.
19:08Il juge au nom du peuple français.
19:10C'est un bon débat que vient lancer Pablo Piovivian
19:12et on va continuer d'en débattre tous ensemble
19:14dans quelques instants.
19:26Je trouve quand même insensé que des gens
19:28trouvent anormal que Mme Le Pen soit
19:30inéligible. Quelqu'un qui est élu
19:32par le peuple, doit à ce peuple
19:34l'honnêteté. Et donc, si on veut
19:36avoir des politiques honnêtes
19:38quand quelqu'un a fait des bêtises
19:40il ne va plus pouvoir être élu.
19:42Jamais. Moi je vais plus loin.
19:44Jamais. Droite, gauche
19:46on veut faire de la politique
19:48on se doit d'être honnête.
19:50Ce message
19:52a été posé cet après-midi
19:54par Florence
19:56une auditrice d'RTL
19:58au 3210. Elle est très carrée
20:00dans la façon dont elle exprime les choses.
20:02Qu'est-ce que vous avez envie de lui répondre ce soir, Laurent Jacobelli ?
20:04Eh bien, Judith Florence, vous n'avez pas tort
20:06mais si demain vous êtes accusée de quelque chose
20:08et que vous êtes condamnée en première instance, vous aurez
20:10le droit de faire appel si vous êtes
20:12convaincue d'être innocente. Ce droit
20:14moi j'aimerais qu'on l'applique aussi à Marine Le Pen
20:16qui n'est pas une sous-citoyenne
20:18qui a le droit, elle aussi
20:20de défendre son innocence
20:22en appel. Et tant qu'elle ne l'a pas fait
20:24elle est présumée innocente. Je le redis parce que c'est
20:26important. Et donc il est bizarre de
20:28condamner quelqu'un qui est innocent.
20:30Si demain Marine Le Pen est vraiment
20:32relaxée, c'est-à-dire qu'on reconnaît qu'elle n'est
20:34pas coupable des faits pour lesquels on l'accuse
20:36et qu'elle a été empêchée d'être candidate à la présidentielle
20:38notre démocratie aura été cassée,
20:40brisée et je ne sais pas comment on s'en remettra.
20:42Vous avez été surpris par ce jugement
20:44Karl Meus ?
20:46Non. Qui n'est pas définitif, on le rappelle.
20:48Non. Moi ce qui m'a surpris
20:50c'est ce que disait
20:52Julien Fautras, c'est la surprise du
20:54Rassemblement National. On a
20:56bien vu en novembre-décembre
20:58après les réquisitions
21:00il y avait vraiment là
21:02d'abord ils ont accusé le coup et ensuite
21:04ils sont redevenus très offensifs.
21:06Et puis ces derniers jours
21:08on a bien vu les confidences qui étaient faites
21:10aux uns et aux autres. Nous aussi
21:12Paul Lobaché
21:14Guillaume de Mongeau chez nous ont pu
21:16accéder à Marine Le Pen et on sentait
21:18alors il y avait à la fois le côté
21:20je prends les choses
21:22au moment où elles viennent. Je veux pas
21:24ça c'est la personnalité de Marine Le Pen
21:26je veux pas m'embrouiller l'esprit, me torturer
21:28l'esprit avec quelque chose qui peut-être n'arrivera pas
21:30c'est probablement sa nature ça
21:32un homme politique, une femme politique
21:34qui aspire au plus haut niveau
21:36sait qu'elle doit envisager non seulement
21:38les hypothèses mais les préparer
21:40et ce qui est assez incroyable c'est que
21:42on a l'impression que
21:44certes ça faisait partie des hypothèses
21:46mais c'était pas l'hypothèse qui était
21:48ORN considérée comme la plus probable. Résultat
21:50vous avez des gens ORN, ils ont fait une réunion
21:52cet après-midi, il y a des gens qui ont dû rentrer
21:54en catastrophe de leur circonscription
21:56il y a des gens qui n'étaient pas
21:58ils n'avaient pas organisé l'idée
22:00qu'après l'énoncé du jugement
22:02il fallait tous se réunir
22:04donc tous être présents. Jordan Bardella
22:06au départ était au Parlement Européen
22:08Jordan Bardella avait prévu
22:10de ne pas être à Paris, il avait prévu d'être à Strasbourg
22:12au Parlement Européen
22:14donc vous voyez, il y avait
22:16comme bon, pourquoi être là ?
22:18Donc ils n'y ont jamais cru et pourtant
22:20on parle quand même Laurent Jacobelli
22:22d'un préjudice de 4 millions faits sur les fonds
22:24Européens. C'est quand même pas rien ?
22:26C'est pas rien, mais nous
22:28nous estimons, et je vais quand même expliquer à nos auditeurs
22:30ces 4 millions ont payé des salaires
22:32de gens qui ont travaillé
22:34j'entendais tout à l'heure, ça enrichit le parti
22:36c'est pas sur un compte d'épargne du parti
22:38c'est qu'il y a eu des collaborateurs
22:40d'engagés, on leur a donné une mission
22:42sous prétexte que pour nous
22:44un collaborateur politique fait de la politique
22:46pour le Parlement Européen, il est un fonctionnaire
22:48du Parlement Européen. C'est deux visions
22:50différentes, on peut en débattre, ça a été d'ailleurs
22:52le coeur du débat, mais on n'a pas
22:54volé l'argent, il n'a pas servi à enrichir
22:56ni Marine Le Pen, ni qui que ce soit
22:58dans le parti, il n'y a pas eu
23:00de corruption, il y a eu des salariés qui ont
23:02travaillé, qui ont été payés, et payés
23:04à des salaires normaux, donc j'aimerais
23:06quand même le préciser, pour pas qu'il y ait
23:08de comparaison absolument
23:10disproportionnée, mais j'aimerais dire
23:12parce que depuis tout à l'heure on parle du droit
23:14on parle qu'il doit s'appliquer à tout le monde
23:16moi je suis quand même étonné, pour deux cas
23:18à peu près similaires
23:20nous avons le dirigeant
23:22du Modem, qui suite au procès
23:24devient Premier Ministre, et la dirigeante du
23:26Rassemblement National, qui elle, est mise au banc
23:28des élections. Excusez-moi, mais en
23:30termes de traitement équitable
23:32et égalitaire, on a fait mieux
23:34C'est pas tout à fait le même cas
23:36C'est quand même assez largement comparable
23:38Les sommes ne sont pas les mêmes
23:40Et puis il y a eu des condamnations au Modem
23:42Il y a eu des condamnations au Modem quand même
23:44Mais pas le patron
23:46du parti, donc une fois encore
23:48il faut faire très attention
23:50Oui, bien sûr, nous croyons en la justice
23:52mais la limite, c'est la justice
23:54politisée qui veut décider à la place
23:56du peuple. Un petit mot sur la condamnation
23:58du Modem, le montant
24:00de l'infraction était bien moindre
24:02et le tribunal
24:04n'avait pas estimé qu'il y avait tout un système
24:06qui avait été mis en place autour de
24:08la personne... Ne vous en déplaise,
24:10il y a des règles. Oui, mais ces règles
24:12ne semblent pas être les mêmes pour tous
24:14Vous dénoncez une justice politique ?
24:16Ah mais clairement, je l'assume. Très bien, on va écouter
24:18Eric Fria, président de l'union syndicale
24:20des magistrats, l'USM, qui était l'invité de Céline Landreau
24:22et Eric Brunet à la mi-journée, écoutez
24:24ce qu'il répondait justement concernant
24:26cette accusation. C'est pas la justice
24:28qui est politique, c'est les conséquences
24:30de sa décision qui ont des
24:32répercussions politiques du fait de la
24:34qualité même de Madame Le Pen
24:36Je ne peux pas laisser dire
24:38laisser entendre qu'il y a en France
24:40une justice politique qui est là
24:42volontairement pour barrer
24:44le chemin à un quelconque homme
24:46ou femme politique. Il ne faut pas inverser les valeurs
24:48Le procès, lui, il fait suite à quoi ?
24:50Il fait suite à des agissements qui sont au terme
24:52de la loi votée par tous
24:54votée par le Parlement, votée par nos
24:56représentants, susceptibles d'être
24:58répréhensibles. Ce sont des infractions
25:00Il ne faut pas l'oublier et inverser les valeurs
25:02Voilà, le président de l'USM, qui est vraiment pas
25:04un parti, pardonnez-moi, un syndicat de gauche
25:06essaye de montrer que tout simplement
25:08les choses se sont passées normalement
25:10Monsieur Jacob Eli. Eh bien écoutez
25:12j'ai la liberté de penser et de dire que
25:14nous estimons que la peine
25:16prononcée est disproportionnée
25:18par rapport aux faits et disproportionnée
25:20par rapport aux conséquences
25:22qu'elle implique. Je le répète
25:24dans notre démocratie, et je crois que c'est un cas
25:26unique en Europe, la
25:28candidate de l'opposition, donnée
25:30gagnante, ce sont des sondages, ce n'est pas une prévision
25:32bien sûr, ne pourra pas se présenter à l'élection
25:34présidentielle. Ça arrive quand même
25:36quelques semaines après ce qui s'est passé
25:38en Roumanie, où il y a un sentiment
25:40aujourd'hui en France et en Union
25:42européenne, que quand on défend
25:44des idées patriotes, des idées souverainistes
25:46eh bien on est un peu au
25:48banc de la société et que tout est bon pour vous
25:50interdire de parler. C'est quand même gênant. Et je le
25:52répète, moi je ne croyais pas, il y a
25:54dix ans, quand je me suis engagé en politique
25:56que j'aurais à traverser une France
25:58où on interdit des chaînes, où on
26:00condamne des femmes politiques à ne pas être
26:02élues, avant
26:04même un appel. Je trouve honnêtement
26:06que ça ne ressemble pas à l'idée
26:08de la démocratie qu'on peut se faire.
26:10Oui, je souris
26:12parce qu'il y a des règles
26:14dans cette Union européenne qui sont importantes
26:16vous parliez de la décision
26:18de l'ARCOM concernant C8,
26:20il y a aussi des règles auxquelles
26:22a contrevenu C8 pendant
26:24de très longues années. Et donc à la
26:26fin, il y a une décision de l'ARCOM
26:28qui est souveraine. Encore une fois, ne vous en déplaise.
26:30Vous ne trouvez pas que la foudre est toujours un peu du même
26:32côté quand même ? Peut-être que c'est parce que
26:34vous n'avez pas un
26:36rapport à la probité qui est un peu
26:38différent des autres.
26:40Non, pas des juges, mais arrêtez.
26:42Le problème du RN, c'est qu'aujourd'hui
26:44ils sont face à un problème politique.
26:46On leur enlève
26:48la possibilité de présenter leur leader
26:50celle qui avait construit
26:52en fait, qui avait réussi à rassembler
26:54après Jean-Marie Le Pen
26:56à nouveau toutes les droites. Et là,
26:58on leur enlève Marine Le Pen et ça va être compliqué pour eux.
27:00D'abord, ne vendez pas la peau de l'ours.
27:02Je ne vends pas la peau de l'ours, effectivement.
27:04Mais nous allons tout faire pour que Marine soit candidate.
27:06Non, on leur enlève peut-être Marine Le Pen
27:08pour 2027 et derrière, il va y avoir
27:10une guerre des chefs. Parce que vous savez,
27:12au RN, ils ont besoin d'un chef.
27:14C'est comme ça qu'il fonctionne l'extrême droite
27:16depuis maintenant des décennies.
27:18Ils ont besoin d'un chef pour les emmener
27:20à l'élection présidentielle. Il y a Jordan Bardella
27:22qui se propose. Est-ce que ça sera suffisant ?
27:24Est-ce que tout le monde va être d'accord ?
27:26Est-ce que Sébastien Chenu, est-ce que Jean-Philippe Tanguy
27:28va être d'accord pour aller derrière
27:30Jordan Bardella ? Tout ça, c'est des questions qui sont
27:32excessivement compliquées parce qu'il y a plusieurs extrêmes droites.
27:34Je vous donne le maillard et on marque une pause ensuite.
27:36Oui, je voulais juste donner un chiffre sur
27:38le nombre d'inéligibilités
27:40avec exécution provisoire
27:42prononcée en 2023. Il y en a eu 639.
27:44328 en 2022.
27:46Le cas de Marine Le Pen n'est pas unique.
27:48A tout de suite avec nos invités.
27:50RTL
27:52Édition spéciale
27:54RTL, édition spéciale
27:56Avec Yves Kelvin
27:58Ce n'est pas simple que dans une démocratie
28:00une élue soit interdite
28:02de se présenter à une élection.
28:04Et je trouve que les débats politiques doivent être tranchés dans les urnes.
28:06C'est les Français qui doivent décider.
28:08Et c'est comme ça, normalement, que ça doit se passer.
28:10Et là, cette décision, nécessairement,
28:12va avoir un poids de salaud sur le fonctionnement
28:14de notre démocratie. C'est sans doute pas le chemin
28:16qui le référend.
28:18Vous venez d'entendre Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR
28:20à l'Assemblée nationale.
28:22Je vous avoue que j'ai été surpris par
28:24l'aspect tellement direct
28:26de cette prise de parole. C'est-à-dire qu'on pourrait attendre
28:28de la part de la droite un petit peu plus...
28:30Ce que je vous dis n'est pas politique, mais de subtilité.
28:32Or, visiblement, là, il appuie
28:34sur quelque chose. Karl Mayus, c'est une surprise
28:36ou en fait, il dit ce qu'il pense ?
28:38Il y a des électeurs à récupérer, peut-être.
28:40Il y a en tout cas des électeurs
28:42à qui il va falloir s'adresser.
28:44Il y a une campagne dans deux ans
28:46et quelques.
28:48Il y a une campagne interne, oui, mais là, il faut avoir la carte.
28:50Donc, c'est autre chose, mais vous avez raison.
28:52Il va falloir s'adresser à des électeurs
28:54qui, peut-être, vont être désemparés.
28:56Certes, on connaît l'histoire, on sait
28:58qu'il y a un plan B, Jordan Bardella,
29:00qui pourrait, si jamais,
29:02même si elle est encore innocente,
29:04en appel, être condamnée et ne pas pouvoir se présenter,
29:06ça serait celui qui pourrait représenter
29:08le Rassemblement National à l'élection présidentielle.
29:10Est-ce que ça convient à tous les électeurs
29:12qui ont voté pour Marine Le Pen
29:14aux deux dernières élections présidentielles ?
29:16Ce n'est pas évident.
29:18Il y a eu des sondages, l'IFOP en a fait un
29:20pour le Fillon Magazine en décembre, juste après les réquisitions,
29:22qui montraient que,
29:24dans les sondages, Jordan Bardella,
29:26une élection présidentielle, ferait à peu près le même score.
29:28Mais attention, on sait que,
29:30avant chaque élection présidentielle,
29:32Marine Le Pen est créditée d'intention de vote
29:34beaucoup plus haut
29:36que le score qu'elle ne réalise
29:38vraiment après la campagne.
29:40Donc, on voit bien que dans la campagne, il n'y a pas forcément une dynamique,
29:42il y a plutôt une déperdition. Est-ce que ça sera le cas pour Jordan Bardella ?
29:44C'est possible, et donc,
29:46Laurent Wauquiez se dit que là, il y a un électorat
29:48qui sera peut-être perturbé
29:50et à qui il va falloir parler.
29:52Ce qui va être important,
29:54et là, quand on en discute
29:56avec des cadres du parti, maintenant,
29:58ça va être de mobiliser les électeurs,
30:00c'est-à-dire faire une pression par la base.
30:02C'est un coup classique
30:04au Rassemblement National. Là, on parle,
30:06par exemple, aujourd'hui, d'une pétition,
30:08on appelle ça comme on veut, une mobilisation
30:10pacifique, etc.
30:12Et Jordan Bardella nous disait,
30:14hors micro, il y a quelques jours,
30:16une exécution provisoire,
30:18c'est un puissant ciment
30:20pour nos électeurs et pour récupérer des électeurs.
30:22Donc, il y a ce sentiment
30:24de, par la base,
30:26arriver à coaliser, aussi,
30:28des tas de gens
30:30qui pourraient, un jour, apporter leur vote.
30:32Vous n'avez jamais songé à organiser
30:34une grande manifestation de protestation
30:36dans les rues de Paris ou ailleurs, d'ailleurs ?
30:38Vous nous le disiez tout à l'heure, parce que je pense que c'est intéressant
30:40qu'on vous entende là-dessus, Laurent Wauquiez.
30:42Oui, ce n'est pas l'option que nous avons prise.
30:44Nous, on ne voudrait pas que, parce qu'il y ait des débordements
30:46dans des manifestations, dont nous ne serions pas responsables,
30:48d'ailleurs, que ce soit l'État de droit qui soit critiqué
30:50et qui aide notre démocratie.
30:52C'est justement parce qu'on veut défendre cet État de droit,
30:54parce qu'on veut défendre cette démocratie,
30:56qu'on ne veut pas arrêter le combat et qu'on va
30:58mobiliser au maximum, oui,
31:00à la liberté d'expression, oui, à la liberté de vote,
31:02oui, à la liberté de conscience.
31:04Et ça va prendre quelle forme ? Une pétition, c'est ça ?
31:06Pétition, tract, affiche, tribunal.
31:08Il va y avoir du tractage, ce week-end.
31:10Bien sûr, dès ce week-end, mobilisation générale.
31:12Moi, je vais vous dire, j'ai reçu des centaines
31:14de mails, de SMS,
31:16de gens que, parfois, je connaissais d'autres, que je ne connaissais pas
31:18à l'Assemblée Nationale, qui m'ont dit,
31:20« Dites à Marine qu'on la soutient ». Il y a déjà, spontanément,
31:22ce sentiment d'injustice
31:24qui fait que les gens se lèvent.
31:26Je vais vous dire, on n'arrête pas un peuple qui a repris
31:28l'espoir. Même trois juges n'y arriveront pas.
31:30Trois juges contre plusieurs dizaines
31:32de millions d'électeurs, ça ne fait pas le poids.
31:34Donc, une fois encore,
31:36laissez-nous parler, laissez-nous nous présenter
31:38aux électeurs. À plusieurs dizaines de millions, mais en tout cas
31:4013 millions à la dernière élection présidentielle.
31:42Je parle des électeurs qui doivent avoir le choix
31:44entre tous les candidats possibles,
31:46qui représentent toutes les tendances. Donc, je le dis
31:48à vos auditeurs, ne soyez pas inquiets.
31:50Vous pourrez voter Rassemblement National et on ne lâchera
31:52rien sur les principes de liberté
31:54et de démocratie dans notre pays.
31:56Est-ce que vous dites la même chose ?
31:58Est-ce que vous avez la même véhémence
32:00vis-à-vis d'une justice
32:02qui ne rendrait pas la justice
32:04correctement à l'égard
32:06des juges, par exemple,
32:08qui statuent
32:10un délinquant parce que
32:12il a dealé du shit ?
32:14Si vous êtes accusé
32:16d'avoir dealé du shit
32:18et que vous faites appel, et que donc vous êtes
32:20présumé innocent, et que pour autant
32:22la justice vous empêche de parler au micro
32:24d'Yves Calvi, je viendrai ici vous défendre.
32:26J'attends que vous le fassiez pour
32:28d'autres. Parce que c'est le cas pour
32:30certains justiciables
32:32qui sont beaucoup moins puissants que
32:34Marine Le Pen, qui, comme vous le dites, ne représente
32:36pas des millions et des millions de
32:38citoyens. Pour eux, ils ont juste
32:40la justice qui passe et ils ont que
32:42leurs dix doigts pour prier
32:44et attendre qu'il y ait
32:46une effectivité de la peine.
32:48Vous estimez que le recours
32:50à l'appel, qui fait que pour
32:52les violeurs, les voleurs,
32:54les gens qui ont agressé, doit aussi s'appliquer
32:56aux hommes et aux femmes politiques ? Tout à fait.
32:58Laurent Jacobelli, vous aurez compris que
33:00quand même, ça fait des années qu'on entend, je dirais,
33:02le Rassemblement National en général,
33:04Jean-Marie Le Pen, puis Marine Le Pen
33:06tenir un propos, notamment sur le fonctionnement
33:08de la justice, en disant qu'elle n'est pas assez
33:10rude, qu'elle n'impose
33:12pas son droit
33:14et qu'en gros, on est dans un pays
33:16délicescent parce qu'on ne punit pas les gens
33:18qui méritent d'être punis. Eh bien, je vous le confirme,
33:20mais qu'une candidate à la présidence de la République
33:22soit moins bien traitée
33:24qu'un chef de gang ou qu'un dealer, évidemment, moi,
33:26ça me choque. Mais, une fois encore, ce qui
33:28me choque encore plus, Yves Calvi,
33:30c'est le fait que
33:32le recours et le droit à l'appel
33:34soient niés dans le cas précis
33:36de l'inégibilité de
33:38Marine Le Pen. Ce droit que l'on reconnaît
33:40à l'ensemble des délinquants et des criminels,
33:42c'est la peine finale que nous condamnons parce que
33:44souvent, effectivement, des gens qui ont
33:46adressé, tué, dealé, se retrouvent
33:48trop vite libres. Le truc marrant, c'est que jamais,
33:50jamais, vous ne vous êtes élevés contre cette loi
33:52Sapin 2 avant que ça ne touche Marine Le Pen.
33:54Et cette édition spéciale
33:56se continue juste après
33:58le rappel des titres de l'actualité à 20h.