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00:00Bonjour Marion Maréchal, et bienvenue à la grande interview sur CNews et Europe 1.
00:10Vous êtes eurodéputée et présidente du groupe Idées Libertés.
00:13C'est un basculement majeur depuis hier qui remet en selle Marine Le Pen en vue de 2027,
00:18puisque, je le rappelle, la décision de son procès en appel devrait intervenir avant ou à l'été 2026.
00:25À l'heure actuelle, Marine Le Pen est donc présumée innocente, toujours candidate à l'élection présidentielle.
00:30Qu'est-ce qui a changé, selon vous, depuis hier ? Est-ce que la stratégie du bulldozer porte ses fruits ?
00:36Alors, où nous parlons, Marine Le Pen, évidemment, est toujours scandaleusement empêchée de se présenter,
00:40mais néanmoins, vous l'avez dit, l'espoir est plus grand aujourd'hui qu'il ne l'était hier.
00:44Puisque depuis, nous avons donc la Cour d'appel de Paris qui a annoncé qu'il y aurait un appel étudié avant l'été 2026.
00:52Et il y a une autre information qui est celle venue d'Éric Ciotti, qui a annoncé déposer une proposition de loi
00:58qui sera étudiée fin juin à l'Assemblée nationale, qui permettrait de revenir sur ce fameux sujet central
01:04qui est l'exécution provisoire, c'est-à-dire immédiate, de l'inéligibilité.
01:08Et si, par chance, à l'Assemblée nationale, une majorité était constituée autour de cette PPL,
01:15cela aboutirait à ce que Marine Le Pen puisse de nouveau se présenter en 2027.
01:21Et donc, ce que je viens faire sur votre plateau ce matin, c'est un appel solennel à l'ensemble des bonnes volontés,
01:28évidemment, parmi les députés, en particulier la droite et le centre droit,
01:31l'objectif étant de faire front commun ensemble pour rendre le droit à la droite, si je puis dire,
01:37non seulement d'exister, mais de se présenter aux élections.
01:40Parce qu'hier, rappelons-le, c'était François Fillon, aujourd'hui, c'est Nicolas Sarkozy, c'est Marine Le Pen,
01:45demain, ce sera Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez.
01:48C'est pour ça que vous en appelez à la droite et au bloc central, bloc central et donc gouvernement.
01:53Est-ce que, aussi, le mot, quand même, la prise de position, l'appel de Gérald Darmanin,
01:57qui a dit que ce procès en appel devrait intervenir dans le délai le plus raisonnable possible, a été aussi entendu ?
02:03Est-ce que, pour vous, aussi bien Bruno Retailleau qui affirme que c'est une bonne nouvelle ce qui se passe,
02:08le Premier ministre qui a été gêné par cette situation, vous y voyez quand même des signes...
02:12Il y a, en effet, quelques signes positifs et encourageants.
02:15Maintenant, au-delà, on va dire, des signes et des paroles, il faut que cela se traduise par un vote.
02:19Et donc, ce vote, il a lieu fin juin, autour de cette proposition de loi.
02:23Pour vous, c'est une date importante.
02:25C'est une date centrale.
02:27Ça veut dire que l'exécution improviseur pourrait être...
02:29Exactement, ça veut dire que si cette proposition de loi est votée fin juin,
02:33cela permettra à Marine Le Pen, de nouveau, dans l'attente de l'appel, de pouvoir être candidate.
02:37Et, a priori, l'appel, donc la cour d'appel, ne pourra pas juger, de nouveau, une exécution immédiate
02:43si tous les recours ne soient épuisés, c'est-à-dire la cour de cassation.
02:46Donc, concrètement, cela permettrait à Marine Le Pen d'être candidate en 2027.
02:50Donc, c'est central.
02:51Et c'est aussi l'occasion, une fois de plus, pour la droite et le centre-droite de faire front commun
02:54face à, aujourd'hui, une dérive extrêmement grave de la magistrature de gauche, disons-le,
02:59qui, semble-t-il, s'évertue chaque fois qu'elle le peut,
03:02d'empêcher ou de contrarier l'arrivée au pouvoir de la droite,
03:05et pas de petits candidats, quand on pense à François Fillon ou Marine Le Pen,
03:09d'entraver même l'exercice de ce pouvoir lorsque la victoire est advenue.
03:13J'entends ce que vous dites, Marion Maréchal.
03:15Hier, sur ce même plateau, Jordan Bardella dénonçait la tyrannie des juges.
03:20Malgré tout, alors que la cour d'appel accélère son calendrier,
03:25est-ce que de telles attaques, aujourd'hui, sont bienvenues, même d'un point de vue stratégique ?
03:29Écoutez, je crois qu'il n'y a pas de débat sur le fait qu'il existe une justice politique dans notre pays.
03:33Il suffit pour cela de regarder le dernier communiqué de presse,
03:36qui avait été édité par le syndicat de la magistrature en juin dernier, à l'occasion des élections législatives.
03:41Le syndicat de la magistrature, qui je le rappelle, représente un tiers des votants aux élections professionnelles parmi les magistrats,
03:46et qui disait, je cite, c'est absolument édifiant,
03:48« Le syndicat de la magistrature appelle l'ensemble des magistrates et magistrats,
03:52ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire,
03:54à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite. »
03:57Voilà, c'est clair, c'est net, c'est précis,
03:59se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite.
04:02Donc c'est bien la démonstration qu'aujourd'hui, cette justice politique existe,
04:05et elle est dans une totale décomplexion,
04:07puisque quand on regarde aujourd'hui, au sein même des motivations de ce jugement,
04:12il y a des prises de positions partisanes absolument scandaleuses.
04:15Quand la magistrate explique que si Marine Le Pen arrivait aux affaires à l'occasion de la présidentielle,
04:20ce serait un trouble à l'ordre public, le mot est extrêmement lourd et grave.
04:23Quand elle explique que s'en prendre à l'Union européenne est un facteur aggravant pour le Rassemblement national,
04:29parce que, je cite, « le Rassemblement national, avec un cynisme et une détermination particulière,
04:33s'oppose aux institutions de l'Union européenne », c'est évidemment un jugement partisan.
04:38Donc il y a aujourd'hui, une fois de plus, une trajectoire extrêmement inquiétante,
04:42qui se traduit pas seulement d'ailleurs à travers cette entrave faite aux candidatures,
04:47mais aussi au quotidien, par le Conseil constitutionnel, par le Conseil d'État, par la Cour de cassation,
04:51sur l'entrave faite à l'exercice de la souveraineté populaire,
04:54et la censure entière de pans de loi votés par les conservateurs.
04:56On vous entend, et en même temps, Marine Le Pen fait feu de tout bois,
04:59si je puis dire, c'est une stratégie tous les limites,
05:01parce qu'on a appris dans Le Parisien ce matin, d'abord, elle réaffirme qu'elle ne lâchera rien,
05:05qu'elle va saisir aussi, pour une question prioritaire de constitutionnalité,
05:10le Conseil constitutionnel, également la Cour européenne des droits de l'homme,
05:13autant parfois d'organismes, d'institutions, que vous dénoncez vous-même.
05:17Non mais elle a raison de se battre autant qu'elle peut,
05:20et d'utiliser tous les recours qui peuvent exister,
05:22ça n'enlève rien à la critique qui peut être faite de la Cour européenne des droits de l'homme,
05:25mais puisque cette institution existe avec tout ce qu'elle a de négatif,
05:29autant profiter de ce qu'elle peut avoir de temps en temps de positif,
05:32et ainsi permettre à ce que des millions de Français puissent voir le pouvoir augmenter.
05:36Donc vous y croyez encore ? Vous croyez que la Cour d'appel peut désavouer la décision de première instance ?
05:42Oui, je crois, puisque de fait, les juges peuvent se tromper,
05:45et l'appel existe précisément pour pouvoir corriger cette erreur.
05:49Vous savez, cette magistrate elle-même, qui a condamné Marine Le Pen,
05:52par le passé s'est manifestement trompée, puisqu'il y a quelques mois de ça,
05:56elle avait relaxé l'ancien ministre socialiste Olivier Dussopt dans une affaire de favoritisme,
06:01il se trouve que ce même ministre a été condamné en appel.
06:04Donc ça marche dans les deux sens, vous voyez ce que je veux dire ?
06:06C'est une erreur, c'est une autre appréciation en tous les cas.
06:09C'est manifestement une erreur, parce qu'elle relaxe, et la Cour d'appel, pour le coup, condamne.
06:12J'imagine que tout en soulignant cela, vous lui apportez son soutien quand elle est elle-même menacée.
06:16De toute façon, il est hors de question, évidemment,
06:19de cautionner une quelconque menace verbale ou physique à l'encontre de la magistrature.
06:22Mais le fait qu'il puisse y avoir des attitudes condamnables et déplorables de la part de quelques-uns
06:26ne doit pas nous interdire de critiquer une décision de justice,
06:29et plus généralement le laxisme judiciaire dans lequel on évolue,
06:32qui est d'autant plus, on va dire, saillant à l'occasion de cette affaire.
06:36Parce qu'on voit la dureté du jugement à l'encontre de Marine Le Pen,
06:39et le laxisme ambiant dans lequel on évolue.
06:41Moi, à l'occasion de cette affaire, je me suis penchée sur quelques décisions de justice tout à fait récentes,
06:46où on voit des agresseurs, des dealers, des violeurs,
06:49qui subissent des peines de prison moins importantes...
06:53Vous voulez dire que Marine Le Pen a été traitée comme une criminelle ?
06:56Probablement plus gravement.
06:58Je vous parle d'affaires entre janvier et février de cette année.
07:02Un Algérien clandestin qui a été condamné pour violences et rébellions graves contre un policier
07:08qui prend seulement dix mois de prison,
07:10quand on voit à Castres le numéro 2 d'une organisation de trafic de drogue et de cocaïne
07:15qui prend deux ans de prison,
07:16quand on voit deux frères, Assim et Nasser,
07:18qui ont agressé une douzaine de soignants à l'hôpital public,
07:21qui prennent entre trois et six mois de prison.
07:22Des faits qui, me semble-t-il, sont beaucoup plus graves aujourd'hui
07:26que ceux reprochés à Marine Le Pen, que je considère totalement innocentes,
07:29et qui démontrent, une fois de plus, le deux poids deux mesures.
07:31Alors, comment expliquez-vous, Marie-Marchal, que, interrogée, c'est un sondage,
07:34les Français se montrent beaucoup plus circonspects,
07:37en tout cas réservés, sur la condamnation et la peine d'inéligibilité ?
07:40Presque 54 %, c'est une majorité des interviewés,
07:43estiment que Marine Le Pen a été jugée comme n'importe quel autre justiciable en notre pays.
07:47Est-ce que toutes ces personnes se trompent ?
07:49Non, je pense qu'il y a la lecture qui est faite de cette affaire,
07:52mais il faut rappeler, parce que je pense que les Français n'en ont pas totalement mesure,
07:56que dans cette affaire, il n'y a pas de corruption.
07:57Il n'y a pas d'emploi funèle, il n'y a pas d'enregistrement personnel,
08:01il n'y a pas d'emploi fictif.
08:02Il y a un désaccord, finalement, de lecture administrative
08:05entre le Parlement européen et le parti du Rassemblement national
08:09sur le périmètre de travail des assistants parlementaires.
08:12Et je crois que ce n'est pas tout à fait comme ça que ça a été perçu et lu,
08:15évidemment, par les Français,
08:16et donc c'est de notre responsabilité aujourd'hui de rappeler cette vérité.
08:19Parce qu'il y a l'aspect judiciaire, il y a aussi le volet politique
08:22et cette stratégie tous les immutes qui passe par une pétition en soutien à Marine Le Pen,
08:26meeting dimanche, vous y serez absolument, bien sûr,
08:30aux côtés de Marine Le Pen et Jordan Bardella.
08:32Que répondez-vous Marion Maréchal ?
08:34En particulier, c'est l'opposition de gauche qui affirme qu'il y a un risque, selon elle,
08:38de trumpisation, en réalité d'entretenir une colère populaire
08:42pour remettre en cause aujourd'hui nos institutions.
08:45Que faudrait-il faire ?
08:46Il faudrait accepter aujourd'hui que la candidate favorite à l'élection présidentielle
08:49soit empêchée de se présenter par un juge en violation totale, d'ailleurs,
08:53de la séparation des pouvoirs entre le politique et le judiciaire.
08:56Ça n'est pas admissible.
08:57Donc il est tout à fait normal et légitime,
08:59et d'ailleurs j'espère que ce rassemblement pourra réunir des personnes
09:02au-delà du Rassemblement national,
09:03il y a les alliés évidemment dont je fais partie,
09:05mais au-delà même, car c'est un sujet qui dépasse...
09:07Il va y avoir des invités internationaux, des leaders de la scène européenne...
09:11Je le souhaite et je l'espère, mais c'est en tout cas un sujet qui dépasse Marine Le Pen.
09:14C'est un sujet qui touche à la question de la démocratie, de l'état de droit,
09:18et plus généralement du droit de la droite à exister.
09:21Pardonnez-moi, parce qu'une fois de plus,
09:23on a quand même une multiplication d'affaires
09:25sur des sujets qui sont toujours les mêmes,
09:26et des personnes qui sont toujours les mêmes,
09:28qui doit nous interpeller sur la mainmise aujourd'hui
09:31totalement décomplexée d'une partie de la magistratation de gauche
09:33sur la souveraineté française.
09:35Justement, M. Marchand, notre démocratie repose aussi
09:37sur l'acceptation des décisions de justice,
09:39y compris quand elles sont perçues comme injustes.
09:41Aujourd'hui, est-ce qu'il peut y avoir, selon vous,
09:43des actions de désobéissance ?
09:45Parce qu'il peut y avoir une colère, une incompréhension,
09:47une remise en cause d'ailleurs,
09:49par une remise en cause du spectre électoral et politique
09:53d'une partie des Français. Est-ce que vous le craignez ?
09:55Déjà, d'une part, en aucun cas,
09:57Marine Le Pen et tous ses alliés
09:59appellent à une rébellion
10:01ou au refus d'appliquer la décision de justice.
10:03Il ne s'agit pas de cela.
10:05Il s'agit tout simplement
10:07d'utiliser toutes les voies de recours judiciaires
10:09possibles pour pouvoir se défendre.
10:11Maintenant, ce qui est vrai, c'est que nous sommes
10:13dans une situation inquiétante, puisque d'ores et déjà,
10:15les Français font autour de 20 points
10:17de moins confiance que les Allemands
10:19à leur institution judiciaire.
10:21Je ne crois pas que ce genre de décision,
10:23qui apparaît particulièrement dure et inique,
10:25et une fois de plus toujours ciblée vers les mêmes,
10:27participe à la restauration de la confiance des Français
10:29à l'égard de leur système judiciaire.
10:31En plus, toujours en comparaison
10:33de la multiplication des décisions
10:35qui paraissent particulièrement faibles
10:37à l'égard de faits très graves,
10:39parmi lesquels ceux que je vous ai cités récemment.
10:41Poursuivons sur la stratégie politique
10:43Marion Maréchal sur Europe 1 et CNews.
10:45On le sait que le Rassemblement national
10:47a cherché pendant des années à prouver
10:49qu'il était parfaitement républicain.
10:51C'est ce qui a été appelé la stratégie de la dédiabolisation.
10:53Pour quel résultat, finalement,
10:55aujourd'hui, vous avez fait partie
10:57d'un autre mouvement ?
10:59Est-ce que la stratégie est payante
11:01quand on voit, comme vous le percevez,
11:03comment Marine Le Pen a été jugée ?
11:05Je n'ai jamais aimé ce terme de dédiabolisation
11:07parce qu'il induit
11:09que le Rassemblement national
11:11eût été le diable.
11:13Je ne crois pas que, pas même le Front national,
11:15d'ailleurs, eût été le diable.
11:17Non, je crois que le Rassemblement national,
11:19je parle en son nom, mais je ne suis pas aujourd'hui
11:21au sein du Rassemblement national.
11:23Je suis un allié,
11:25donc je ne peux pas répondre de tout l'ensemble
11:27mais je crois que l'objectif était surtout
11:29de tendre vers une crédibilité gouvernementale
11:31et de faire la démonstration
11:33de la motion de censure
11:35et la dissolution, même si
11:37elle impacte Marine Le Pen.
11:39Je crois que les choses, de ce point de vue-là, sont très claires
11:41et nous sommes, avec nous, nos trois députés, Identité-Liberté,
11:43alignés sur cela. Si nous considérons demain
11:45que les sujets centraux et essentiels
11:47parmi lesquels, évidemment, les sujets sécuritaires,
11:49les sujets migratoires
11:51et les sujets économiques ne sont pas
11:53à l'ordre du jour, il n'y aura aucun
11:55problème de notre côté pour
11:57censurer ce gouvernement et permettre
11:59qu'il y ait donc une nouvelle offre politique
12:01qui émerge dans la foulée.
12:03Donc la stratégie de la cravate passe à la stratégie
12:05du coup de poing.
12:07Excusez-moi, mais la censure, c'est un acte
12:09et une procédure totalement républicaine
12:11qui fait partie du dispositif
12:13aujourd'hui institutionnel et donc
12:15il n'y a aucune raison de ne pas s'en emparer
12:17lorsque les circonstances politiques le justifient.
12:19C'est un peu une arme nucléaire aujourd'hui.
12:21L'arme nucléaire, elle est utile pour les Français
12:23lorsque, une fois de plus, les sujets
12:25sur lesquels nous, nous avons été élus
12:27en faisant un certain nombre de promesses auprès de nos électeurs
12:29ne sont pas abordés
12:31ou respectés. Et donc nous, notre mandat,
12:33c'est de faire en sorte que ces sujets
12:35que nous devons porter soient mis à l'ordre du jour
12:37de l'Assemblée nationale et trouvent une réponse
12:39au sein de l'offre politique.
12:41Si, évidemment, cela n'est pas respecté,
12:43notre devoir à l'égard des électeurs,
12:45et bien dans ce cas-là, c'est en effet de faire tomber ce gouvernement.
12:47Je précise encore plus la question à Maréchal,
12:49c'est-à-dire qu'il y a quand même une situation politique assez intéressante.
12:51Vous attendez la proposition
12:53de loi d'Éric Ciotti et de son groupe
12:55et vous en avez appelé à l'Assemblée nationale,
12:57au Bloc central notamment,
12:59et en même temps, vous pourriez appeler
13:01plus largement. D'ailleurs, le RN a une motion
13:03de censure, donc faut-il ménager
13:05ce Bloc central, ce gouvernement ?
13:07Je ne dis pas qu'il faut une motion de censure à l'instant T.
13:09Je dis qu'à un moment donné,
13:11si dans l'agenda judiciaire,
13:13dans l'agenda, comment dire,
13:15de l'Assemblée nationale parlementaire,
13:17qui nous est présentée, on mesure
13:19qu'il n'y a aucune ambition
13:21forte pour apporter des réponses
13:23importantes sur des sujets centraux
13:25parmi lesquels, notamment celui
13:27évidemment de l'immigration, il faudra à un moment donné
13:29prendre nos responsabilités, parce que cette responsabilité,
13:31nous la devons à nos électeurs qui nous ont élus
13:33avec un mandat, et donc nous devons faire en
13:35sens que ce mandat soit respecté au maximum
13:37dans les circonstances actuelles, et donc en effet,
13:39la censure fait partie des moyens
13:41de pression, de négociation
13:43qui doivent pouvoir être utilisés le moment venu, oui.
13:45En attendant, en tous les cas, Marine Le Pen a fermé la porte
13:47au plan B, autrement dit,
13:49à son remplacement par Jordan Bardella,
13:51malgré toute la confiance, évidemment, qu'elle lui accorde
13:53en vue de 2027, ce n'est plus
13:55d'actualité, du moins jusqu'à 2026.
13:57Marine Le Pen, à l'heure où je vous parle,
13:59n'a pas renoncé, bien sûr, et elle a raison,
14:01à sa candidature en 2027, comme
14:03on en a parlé longuement. Aujourd'hui, l'espoir
14:05est plus grand qu'hier qu'elle soit, en effet,
14:07effectivement, candidate. Plus grand qu'hier ? Oui, plus grand
14:09qu'hier, parce qu'hier, il n'y avait pas encore cette date de l'appel
14:11et cette perspective de promotion.
14:13Mais j'aurais eu cette chance de gagner encore plus,
14:15selon vous, malgré ce qu'il s'est passé.
14:17Certains disent que le RN sortira encore plus fort,
14:19si elle peut se porter candidat. Tout démontre, en effet, dans les sondages
14:21que la confiance que portent les Français
14:23à Marine Le Pen n'est pas zéro-dé.
14:25Pour l'instant, évidemment, cette perspective de victoire
14:27existe toujours, bien sûr,
14:29et surtout, je crois que Jordan Bardella,
14:31comme moi-même, comme l'ensemble du camp national,
14:33refusons de rentrer dans ce débat
14:35du plan B, parce que rentrer
14:37dans ce débat du plan B, c'est finalement
14:39acter d'une certaine manière que l'on pourrait baisser les bras.
14:41Or, là, nous sommes tous mobilisés
14:43pour ne pas nous laisser faire et faire en sorte
14:45que Marine Le Pen puisse être candidate, évidemment.
14:47Et vos relations avec Marine Le Pen se sont clairement
14:49réchauffées, si tant est qu'elles étaient...
14:51Bien sûr, mais nous avons eu des désaccords
14:53politiques, ça n'aura échappé à personne.
14:55Je n'ai pas tout à fait, moi, aujourd'hui,
14:57la ligne politique du RN, c'est pourquoi
14:59je ne suis pas à l'intérieur, mais à côté,
15:01en complément, en allié, si je peux dire,
15:03avec Identité-Liberté, mais ça reste
15:05ma tante, aussi, et j'ai beaucoup souffert
15:07pour elle, à l'issue de cette décision.
15:09Comment vous l'avez pris, d'ailleurs, cette décision de justice, personnellement ?
15:11Il faut imaginer, j'ai eu, en effet,
15:13une forme de peine, parce que
15:15quand on a Marine Le Pen, qui se bat
15:17depuis maintenant 30 ans, avec, quand même,
15:19courage et pugnacité, et qui,
15:21aux portes de l'aboutissement de ce travail,
15:23se voit potentiellement empêchée,
15:25c'est évidemment, personnellement, extrêmement dur,
15:27et donc je lui ai, évidemment, tout de suite appelé pour lui faire
15:29part de mon soutien,
15:31mais je dois dire qu'une fois de plus, la femme politique
15:33fait la démonstration de sa combativité.
15:35Une dernière question, parce que vous êtes
15:37eurodéputée et que vous connaissez bien cette scène
15:39européenne. On a vu des réactions
15:41de soutien de la part de Victor Orban,
15:43Matteo Salvini, jusqu'à la première ministre
15:45italienne, Giorgia Melloni. Là, je vous pose
15:47une question un peu plus métapolitique.
15:49De quoi est-ce le signe ? Est-ce que vous
15:51estimez qu'il y a un basculement sur la scène,
15:53alors internationale, mais plus singulièrement européenne ?
15:55Déjà, c'est la démonstration que ça n'est pas un sujet
15:57franco-français, ces attentes répétées
15:59à la démocratie et cet empiètement des juges sur la
16:01souveraineté nationale. En Italie,
16:03notamment, souvenez-vous l'affaire Matteo Salvini,
16:05qui avait empêché un bateau de
16:07clandestins d'accoster sur les côtes italiennes
16:09et qui avait été poursuivi par des juges de gauche
16:11pour séquestration, rien de moins. A l'époque,
16:13il y avait eu, d'ailleurs, une forme d'union
16:15de l'ensemble de la droite et du
16:17centre pour faire bloc et soutenir Matteo Salvini.
16:19J'espère retrouver cette union pour une fois.
16:21Même si certains n'étaient pas d'accord avec lui.
16:23Absolument, même si certains n'étaient pas
16:25d'accord avec lui. Cette union en France, je l'appelle
16:27une fois de plus de méveux et que chacun
16:29se garde des petits réflexes partisans,
16:31c'est vrai en Italie, c'est vrai ailleurs en Europe.
16:33Souvenez-vous de l'affaire roumaine toute récente
16:35où une élection a été annulée par le Conseil
16:37constitutionnel roumain et le candidat favori
16:39a été empêché de se présenter. Je crois que c'est
16:41une inquiétude qui traverse l'ensemble
16:43des droites nationales en Europe
16:45et dans le monde, dont Donald Trump lui-même,
16:47d'ailleurs, fut victime à une certaine époque.
16:49Mais si on devait tirer une leçon
16:51finalement de cette affaire trumpienne, c'est qu'à
16:53l'issue de cette persécution voulue par
16:55les juges à l'égard de Donald Trump,
16:57il y a eu, au contraire, une ferveur
16:59populaire qui s'est mobilisée pour lui et qui a permis sa victoire.
17:01Vous y voyez peut-être un parallèle,
17:03mais nous le verrons. Je vous remercie Marion Maréchal.
17:05C'était votre grande interview. Je vous souhaite une bonne journée.
17:07A vous aussi.