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00:00Europe Un Soir. 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Camarades de la première heure, Gilles-William Godenadel, bonsoir.
00:08Bonsoir.
00:08Bonsoir à Jules Torres, camarade politique au Journal du Dimanche.
00:13Bonsoir à vous, Philippe Vigier.
00:14Bonsoir.
00:15Député des Dépocrates de Réloir, ancien ministre.
00:19Cette décision, j'allais dire, assez rapide, c'est le cas de le dire,
00:24de la Cour d'appel de Paris qui envisage donc un procès pour Marine Le Pen,
00:27procès en appel avec une décision à l'été 2026.
00:30Je veux dire, on apprend ça quelques instants, ou presque,
00:33après cette demande quasiment de Gérald Darmanin, ministre de la Justice,
00:38qui, on le sait, ne commande pas les décisions de justice,
00:40mais on a bien entendu, on a tous bien entendu,
00:43qu'il demandait un délai raisonnable pour la présidente Le Pen.
00:46Qu'est-ce que ça vous inspire, Philippe Vigier ?
00:50D'abord, deux choses.
00:51La première, c'est qu'il y a eu cette décision qui est tombée hier,
00:55et on sait très bien qu'elle pouvait faire appel de cette décision,
00:57qu'elle a annoncée dès hier soir, d'ailleurs au 20h, chez vos confrères,
01:00qu'elle ferait appel.
01:01Ce qui ne fallait pas, c'est que justement, ce nouveau jugement intervienne
01:05après les présidentielles, c'est la raison pour laquelle c'est...
01:08Je note que vous dites, ce qu'il ne fallait pas,
01:11donc vous êtes d'accord là-dessus.
01:12Évidemment, on n'allait pas laisser...
01:14Ça va mieux en le disant.
01:15Non mais je vous dis les choses très clairement,
01:16vous savez, moi je fais partie de ceux qui ont dit que cette décision
01:18est tombée comme coup de tonnerre,
01:19d'autant plus que je n'ai pas voté la loi.
01:21C'est en fin de 2016, j'étais député.
01:24J'étais tenu sur le vote, parce que je considérais justement
01:26qu'une exécution immédiate était assez incompréhensible.
01:30Et d'ailleurs, quand on regarde un peu le jugement,
01:32regardez-moi M. Alliault qui est responsable du Perpignan,
01:35elle qui est déchue de son mandat d'élu local,
01:37qui garde son mandat national et qui ne peut pas se présenter,
01:39pour comprendre quelque chose, ça veut dire que la loi avait été mal faite.
01:42Et c'est un législateur qui...
01:43Mais d'ailleurs, François Bayraud, aujourd'hui,
01:45semble remettre en cause cette loi, ou en tout cas travailler dessus.
01:48Non, il ne l'a pas remis en cause,
01:49il y a une question qui lui a été posée par Ricciotti,
01:51c'est le boulot du Parlement, faites votre boulot.
01:53Mais là, ce qui est important, c'est que Marine Le Pen fait appel,
01:56il y aura un nouveau jugement,
01:58et à partir de là, on saura précisément les choses.
02:00Il ne faut pas nous expliquer qu'il n'y a pas de démocratie.
02:02C'est un pays dans lequel il y a des recours,
02:04les recours peuvent s'appliquer,
02:06un procès en appel maintenant est annoncé,
02:08avec une décision avant l'été 2026.
02:11Ça veut dire qu'il n'y a pas de difficultés pour engager une campagne présidentielle.
02:14Si on se souvient, Emmanuel Macron avait démarré en septembre-octobre,
02:17François Bayraud, dans ses présidentielles, a démarré toujours six mois avant,
02:19François Fillon l'avait fait en janvier, vous vous en souvenez, après les primaires,
02:23donc il n'y a pas, comment dire, d'encadrement particulier
02:27ou de déstabilisation de la présidentielle.
02:29Gilles Williams, Golden Adage.
02:31Il est clair que c'est grâce à la levée de bouclier d'hier
02:36que la décision a été prise d'avancer, en vérité, la date d'appel.
02:42Alors effectivement, c'était quelque chose dont je me réjouis,
02:46mais je persiste et je signe.
02:48Ça n'était pas attenté du tout à la dignité de la justice et encore moins des juges
02:53de se rebeller contre l'exécution provisoire, encore une fois,
02:58de cette décision qui est la négation même du principe sacré
03:02du double degré de juridiction, peu importe qu'elle soit dans la loi.
03:06Pas si entre nous soit dit, si par exemple on avait condamné à cinq ans de prison
03:11ferme Madame Le Pen avec mandat d'arrêt, ça aurait été aussi dans la loi
03:15et on aurait dit, c'est inique.
03:18Nous avons eu raison, hier, de dire que nous étions révoltés devant cette décision.
03:23Et M. Vigée, vous disiez que vous étiez révolté aussi.
03:26Oui, j'ai dit que c'était impéctonnaire.
03:28J'ai considéré que c'était au peuple à trancher,
03:30j'ai considéré qu'écarter quelqu'un d'inspecteur avec un seul jugement,
03:34pour moi, n'était pas conforme à ce qu'on voyait dans toutes les juridictions
03:37et toutes les procédures judiciaires.
03:38Simplement, c'est cela.
03:39Mais maintenant, vous l'avez dit d'ailleurs,
03:41puisque c'est en répondant à Éric Ciotti que François Bayrou, d'une certaine manière,
03:44donne le blanc-seing aux députés pour travailler sur cette loi,
03:46retravailler la loi Sapin 2,
03:48avec justement cette question de l'exécution provisoire.
03:50Maintenant que vous avez le go, est-ce que vous allez le faire ?
03:53J'ai peut-être un mot, je vais vous dire d'abord,
03:55François Bayrou donnait le blanc-seing, je vous rappelle que l'Assemblée,
03:57elle fait son calendrier parlementaire.
03:59Les propositions de loi, ce n'est pas le gouvernement qui décide.
04:01J'entends bien, mais c'est quand même plus pratique quand le gouvernement...
04:03Oui, mais je vous rappelle que maintenant, vous savez,
04:05regardez, nous sommes dans le mois d'avril.
04:07Ce mois-ci, il y a une semaine gouvernementale.
04:09Tout le reste, c'est l'initiative parlementaire.
04:12Le parlement inscrit la proposition de loi,
04:14et puis on décidera.
04:16Après, les députés et les sénateurs décideront.
04:18Il ne faut pas toujours imaginer que le parlement
04:20est toujours à la botte du gouvernement.
04:22C'est un peu changé.
04:24Ça fait un peu de cohésion.
04:26Vous n'avez pas échappé.
04:28Depuis le début de ce gouvernement d'assemblage,
04:30comme dit Sophie Prigent, vous nous parlez de cohésion.
04:32Donc là, pour le coup, il y a de la cohésion
04:34entre le gouvernement et le parlement.
04:36Ce n'est pas plus mal non plus.
04:38Regardez, on a voté la loi sur les narcotrafics tout à l'heure.
04:40C'est extrêmement majoritaire.
04:42Ça avait démarré au Sénat, c'est venu à l'Assemblée,
04:44avec un beau travail qui a été fait.
04:46Monsieur Vigée, vous nous dites que vous aviez voté
04:48contre cette loi abstenue en 2016.
04:52Moi, le sentiment que j'ai depuis hier,
04:54c'est que finalement, les politiques
04:56paient un petit peu ce qu'ils ont semé pendant 30 ans.
04:59C'est-à-dire que depuis 30 ans,
05:01les politiques ont délégué leur pouvoir
05:03bien souvent aux juges.
05:05On a beaucoup parlé du Conseil constitutionnel,
05:07des nombreuses jurisprudences,
05:09ou la Cour européenne des droits de l'homme.
05:11Cette loi Sapin, finalement,
05:13c'est la finalité de plusieurs années.
05:18Marine Le Pen, je me souviens,
05:20dans des campagnes présidentielles,
05:21avait proposé l'inéligibilité à vie.
05:23Est-ce que finalement, ce que François Bayrou
05:25aurait pu payer avec l'affaire similaire
05:27qu'il a concerné l'an dernier,
05:29ce que Marine Le Pen a subi hier,
05:31et ce que Jean-Luc Mélenchon subira demain,
05:32est-ce que ce n'est pas la résultante
05:34de 30 ans de vie politique,
05:35où les politiques ont délégué leur pouvoir aux juges ?
05:37D'abord, les juges, moi je tiens à les soutenir,
05:39ce soir, ils ont pris une décision en fonction
05:41de la loi telle qu'elle avait été écrite.
05:43Nul ne peut dire le contraire.
05:44Elle n'était pas obligée de donner l'exécution provisoire.
05:46Elle n'était pas obligée,
05:47mais elle avait la possibilité de le faire,
05:48donc vous savez très bien que le juge,
05:50il a plusieurs possibilités,
05:52il choisit ce qu'il doit faire.
05:53La deuxième chose, vous avez rappelé fort justement
05:55que c'est Marine Le Pen, en 2013,
05:56qui parlait d'inéligibilité à vie.
05:57Rappelez-vous, c'est tous des pourris,
05:59à les rattraper, évidemment, par la patrouille.
06:01Les choses sont assez simples.
06:03On ne va pas refaire le débat d'hier.
06:05L'exécution provisoire, pourquoi ?
06:07La présidente a dit parce qu'il y avait
06:09un risque de récidive.
06:11Trouble à l'ordre public, c'est quand même...
06:13Elle n'est plus députée européenne
06:15et risque de récidive...
06:17Pire encore de dire que
06:19parce qu'elle avait clamé son innocence,
06:21parce qu'elle avait clamé
06:23son innocence,
06:25contre l'évidence,
06:27c'était la preuve même
06:29qu'elle n'avait pas médité sa faute.
06:31Qu'un juge de premier degré
06:33dit ça, pardon de vous dire,
06:35c'est pour moi une aberration intellectuelle et juridique.
06:37— Philippe Vigier. — Bon, moi étant parlementaire,
06:39je suis attaché à la séparation
06:41des pouvoirs et au respect de l'autorité judiciaire.
06:43Pour autant, vous voyez,
06:45je n'y avais pas voté ce texte. Je veux redonner le contexte
06:47de l'affaire Cahuzac.
06:49Une déflagration totale.
06:51Moi, j'étais à la Commission des Finances.
06:53Je suivais tous ces travaux-là,
06:55mentir comme il a fait effrontément un député,
06:57monsieur le ministre, ou non, est-ce que vous avez un compte en Suisse ?
06:59Je ne suis pas un député, je n'ai pas tout cela.
07:01Et cette déflagration s'est produite, naturellement,
07:03dans ces cas-là, toujours en logiférant d'urgence.
07:05Et quand on logifère en urgence, on le fait toujours mal.
07:07Mais j'ai un autre exemple, dont personne ne parle,
07:09c'est suite aux attentats, vous vous en souvenez, en 2015.
07:11François Hollande, il y a un mille et demi, avait décidé
07:13de faire la déchéance de la nationalité.
07:15Vous vous en souvenez ? Essayant d'embarquer la gauche
07:17dans un truc qui était totalement infaisable.
07:19Certains laissent retrouver la patrie. Voilà, c'est toujours pareil.
07:21Le Parlement, il y a le temps du Parlement,
07:23de l'analyse, surtout lorsqu'on est sur des sujets
07:25comme ceux-là, qui nécessitent des analyses juridiques puissantes.
07:27Le Conseil d'Etat, dans quelle mesure
07:29vraiment avaient-ils été consultés à l'époque ?
07:31Malgré les réponses du Conseil d'Etat.
07:33Et puis il y a aussi, vous parlez
07:35de l'affaire Cahuzac, moi je me souviens
07:37de certains politiques pourtant
07:39estimables, Laurent Wauquiez, François Fillon,
07:41qui sont allés à des vingt heures
07:43de grandes chaînes de télévision,
07:45à des journaux télévisés,
07:47pour donner leur déclaration de patrimoine
07:49aux Français, alors que ce n'était pas obligé.
07:51Donc, ils ont aussi une responsabilité,
07:53là-dedans, c'est de s'être
07:55non pas couché, mais peut-être agenouillé
07:57devant des juges, et encore une fois,
07:59pardon, mais d'avoir délégué.
08:01On parle tout le temps du délit de séjour irrégulier,
08:03de ce qu'on pourrait faire sur l'immigration,
08:05sur la sécurité, et puis
08:07on a des juges, et d'ailleurs on le verra peut-être avec la loi
08:09sur le narcotrafic qui a été votée aujourd'hui, qui sera peut-être
08:11retroquée en partie par le Conseil constitutionnel,
08:13parce qu'il y a un bloc de constitutionnalité
08:15qui a accumulé
08:17les jurisprudences. Malheureusement,
08:19ce sont les politiques qui ont
08:21fait cela.
08:23Pardon, deux secondes.
08:25Je ne dis pas
08:27que tu as tort dans ton explication technique,
08:29mais hier,
08:31la manière dont les choses se sont passées,
08:33y compris l'accueil par une partie
08:35de la presse, de cette décision
08:37d'hier, pardon, malgré toutes
08:39les outrances, que je suis le premier
08:41à regretter de messieurs Trump et
08:43Mosque, j'ai vu à quoi ressemblait
08:45un Etat. Mais c'est parce que c'est la même idéologie.
08:47Je veux dire, je connais
08:49le syndicat de la magistrature, je connais tout ça.
08:51Pardon, je sais d'où ça vient aussi.
08:53Et son copain ?
08:5519h26, on va marquer une pause et
08:57on interrogera Philippe Vigier dans un instant
08:59aussi sur la position de François Bayrou
09:01sur le voile islamique. Parce qu'on n'a pas tout
09:03compris aujourd'hui dans le cheminement. A tout de suite sur
09:05Europe Un Soir.
09:0719h21, Pierre De Villeneuve.
09:09Toujours avec Jules Torres, Gilles-William Goldnadel
09:11et le député, les démocrates
09:13Philippe Vigier pour parler évidemment
09:15encore de cette
09:17décision pour Marine Le Pen. Et je le rappelle
09:19comme l'a dit Maël, la cour d'appel de
09:21Paris, qui a été saisie de trois
09:23appels à ce stade après les condamnations
09:25de Marine Le Pen et du Rassemblement National
09:27examinera ce dossier dans les délais
09:29qui donc devrait commencer
09:31au plus tard
09:332026 pour le deuxième
09:35procès, le début du deuxième procès
09:37et une décision qui serait donc attendue
09:39à l'été
09:412026. Juste, Philippe Vigier,
09:43vous qui connaissez bien François Bayrou,
09:45est-ce qu'il est dans la
09:47ligne du bloc central
09:49auquel vous appartenez également ?
09:51C'est-à-dire qu'on a entendu
09:53François Bayrou qui a dit
09:55qu'il était troublé par cette
09:57décision, lorsque le verdict est tombé,
09:59le jugement, pardon, est tombé pour Marine Le Pen.
10:01On a dit, il a dit en petit
10:03comité, ce sont les informations du service politique
10:05d'Europe Un, la France est le seul pays où l'on
10:07fait ça. Et là, tout à l'heure,
10:09j'ai vu Gabriel Attal, qui donc
10:11porte la macronie à l'Assemblée Nationale,
10:13qui dit
10:15je ne suis jamais troublé par la démocratie.
10:17Comme un tacle à François Bayrou.
10:19Est-ce que c'est bien utile de faire ça ?
10:21Non, je ne pense pas
10:23que ce soit très utile. En tout cas, François Bayrou
10:25a dit, il a répondu à trois questions
10:27de président de groupe à l'Assemblée Nationale cet après-midi.
10:29Aux trois, il a répondu,
10:31la justice a rendu une décision, qui n'était pas une décision
10:33politique, mais une décision judiciaire,
10:35s'appuyant sur des textes qui avaient été votés.
10:37Et il a réaffirmé son soutien au magistrat,
10:39donc...
10:41Je n'ai pas eu l'habitude, je vous réponds
10:43très simplement. Il a dit qu'il était troublé en tant que
10:45citoyen. Vous pouvez comprendre que cette décision,
10:47et on l'a dit tout à l'heure, le fait que
10:49un jugement intervienne sans même qu'il y ait
10:51un appel, ce n'est pas du tout dans la loi
10:53de ligne de ce qui se passe dans le droit français. Deuxièmement,
10:55d'avoir, et il l'a rappelé, d'ailleurs,
10:57c'est très important, il l'a rappelé
10:59qu'il y avait une sanction immédiate qui s'appliquait,
11:01d'ailleurs, il l'a rappelé bien, qui s'est appliquée
11:03à Hubert Falco, dont il avait pu voir
11:05qu'une députée, Rassemblée nationale,
11:07qui d'ailleurs a envie d'être candidate à Toulon,
11:09expliquait à l'époque que c'était très bien.
11:11Donc, honnêtement, il a simplement dit
11:13voilà, dans le droit tel qu'il a été
11:15fait, les juges ont fait leur boulot, en revanche,
11:17si ce droit évolue, il évoluera,
11:19et ce serait peut-être plus conforme à ce qu'il pense.
11:21Il a tout à fait le droit d'être troublé,
11:23François. Il est troublé parce qu'il n'en est pas moins citoyen,
11:25même s'il est Premier ministre. C'est ça. En tant que Premier ministre,
11:27il est garant des institutions, il le fait,
11:29et en tant que citoyen, il peut y mettre...
11:31On a un Premier ministre, Philippe Vigier, qui est troublé,
11:33donc qui est citoyen, qui est humain,
11:35qui aussi ressent les choses au-delà du fait
11:37qu'il soit Premier ministre, et puis on a
11:39un Président de la République qui ne réagit pas,
11:41et autour de la garde du
11:43Président de la République, on a
11:45Prisca Thévenot, on a Gabriel Attal,
11:47c'est la démocratie, c'est normal,
11:49Dura-Lex, c'est de l'ex,
11:51c'est deux équipes...
11:53Ça, c'est une expression qui a été employée par mon collègue Erwann Balanant, qui est modem.
11:55Ce sont deux équipes différentes,
11:57ce n'est pas la même équipe de foot,
11:59c'est deux psychologies différentes.
12:01L'important, c'est d'abord...
12:03Le gouvernement d'assemblage, je reprends cette excellente expression.
12:05Vous savez, il y a une phrase de François Bayrou,
12:07si nous pensons tous la même chose, nous ne pensons plus rien,
12:09il peut aussi avoir quelques idées,
12:11bon, mais en tant que Premier ministre,
12:13je ne crois pas qu'il ait été optimiste pour la France.
12:15Pas du tout, il a été parfaitement clair
12:17sur la réponse qu'il a apportée, je le réitère à nouveau,
12:19simplement, on peut dire,
12:21et vous voyez, je suis le premier à vous le dire, que cette loi a été
12:23mal fabriquée. Il faut qu'on reconnaisse.
12:25Les parlementaires...
12:27Les différences d'interprétation
12:29au sein même du, ce qu'on appelle communément,
12:31le bloc central.
12:33On peut vivre avec, j'entends bien.
12:35Il y a des arbitrages qui se font,
12:37vous parliez du voile tout à l'heure,
12:39il a réuni tous les ministres concernés, et il y a une décision
12:41qui a été prise, et on se tiendra à la décision qui a été prise.
12:43Dans une équipe gouvernementale,
12:45c'est comme dans un conseil municipal,
12:47on peut avoir des avis différents,
12:49et à un moment on tranche...
12:51Parlons-en du voile, il y a eu une première décision,
12:53Jules Therese, vous voulez reprendre la main ?
12:55Le voile islamique,
12:57au début, proposition
12:59de l'envoquer pour interdire le voile
13:01dans le sport, François Bayrou lui dit non,
13:03on n'inscrira pas ça à l'Assemblée Nationale,
13:05et puis là on dit que finalement, peut-être oui,
13:07mais ce sera uniquement pour les compétitions sportives.
13:09On a du mal à savoir
13:11ce qu'il veut le Premier ministre.
13:13Sur le voile, c'est très simple.
13:15S'il y a un sujet sur lequel on ne peut pas
13:17aller chercher François Bayrou, je me rappelle,
13:19quel est le premier ministre de l'éducation nationale
13:21qui a interdit le voile à l'école ?
13:23François Bayrou. Il y a 30 ans.
13:25Il y a 30 ans, les autres étaient en culotte courte.
13:27Ou pas là.
13:29Donc on va en parler clairement. Deuxièmement,
13:31pour dire les choses très simplement,
13:33certains voulaient, dans les compétitions sportives,
13:35vous vous rappelez qu'il y a des ministres qui ont dit cela à des micros,
13:37il a réuni tout le monde. Dans les compétitions sportives,
13:39c'est non. Dans l'espace public,
13:41c'est oui. A la faculté,
13:43on avait décidé...
13:45J'espère que vous vous souvenez que c'était autorisé.
13:47Voilà, il peut y avoir des discussions
13:49sur ces sujets-là. On ne va pas
13:51autoriser tout le monde. Vous voyez ce que je veux dire ?
13:53Donc, simplement, la ligne a été donnée.
13:55Jules Therese. Non, moi, je suis bien incapable aujourd'hui
13:57de définir la ligne au gouvernement sur ce sujet
13:59comme tant d'autres. Et vous avez raison, Pierre,
14:01de souligner qu'au sein du socle commun
14:03sur cette décision de Marine Le Pen,
14:05il y a aussi deux lignes.
14:07Et en fait, j'ai l'impression que les deux lignes,
14:09ce sont ceux qui se sont construits
14:11dans leur carrière politique, dans leur vie politique
14:13contre Marine Le Pen, contre le Rassemblement national,
14:15Gabriel Attal, Prisca Thévenot et d'autres
14:17qui, eh bien, se sont
14:19engagés, comme François Bayrou,
14:21non pas contre le Rassemblement national,
14:23mais pour ses idées, à lui, des idées qu'il porte
14:25depuis maintenant 40 ans. Et moi, je vois vraiment
14:27dans le gouvernement, et Gérald Darmanin fait partie
14:29aussi de ce courant-là,
14:31ce ne sont pas des gens qui se sont construits contre le Rassemblement national.
14:33Et je pense que, pour réfléchir,
14:35pour accepter,
14:37de critiquer le Rassemblement national,
14:39c'est plus sain. C'est pas qu'un problème de génération.
14:41Vous avez à côté de vous quelqu'un qui,
14:43depuis le début, combat le RN.
14:45Je ne dis pas que vous le combattez pas, François Bayrou.
14:47Vous le combattez. Et moi, je vais le combattre,
14:49vous voyez, quand on parle du champ économique, avec leur programme économique
14:51de gauche, je les tape. Sur les retraites, je les tape.
14:53Parce que, où demain, il y a des articulations médicales
14:55d'accès aux soins sur tout le territoire,
14:57où il y a 7 millions de Français qui n'ont pas de médecin...
14:59Non, mais je n'ai pas dit que vous étiez lepéniste, monsieur G.
15:01Non, ce n'est pas du tout ça. J'ai dit que je les combats.
15:03Et pourtant, je ne suis pas de la même génération,
15:05Gabriel Attal ou Prisca Thévenot. Vous n'imaginez pas qu'il n'y a que
15:07les jeunes qui se battent contre...
15:09Je pense que leurs arguments ne sont motivés
15:11par leur détestation et leur haine viscérale
15:13de Marine Le Pen et du Rassemblement national.
15:15Ce qui n'est pas le cas de ni de M. Bayrou,
15:17ni de M. Darmanin, ni de M. Vigier.
15:19Je vous rappelle même qu'à l'Assemblée nationale,
15:21lorsqu'on a réparti les responsabilités,
15:23j'étais en désaccord sur le fait qu'il n'y ait pas
15:25de vice-présidence comme il l'avait sous le mandat précédent.
15:27Parce qu'un député de la République, c'est un député
15:29de la République, même sur le combat.
15:31Écoutons Eric Ciotti, qui va déposer
15:33une proposition de loi qui supprime
15:35l'exécution provisoire.
15:37Le gouvernement des juges
15:39s'installe contre
15:41le peuple souverain.
15:43D'éminents juristes,
15:45pourtant opposés à Marine Le Pen,
15:47ont fait entendre leur inquiétude.
15:49L'exécution provisoire
15:51installe
15:53une peine de mort politique.
15:55Monsieur le Premier ministre,
15:57d'autres groupes porteront
15:59dans sa niche de joint
16:01une proposition de loi
16:03pour supprimer l'exécution provisoire
16:05pour les peines d'inéligibilité.
16:07Inéligibilité !
16:09Qu'est-ce qu'on fait, finalement ? On suit Eric Ciotti
16:11dans son interdiction de l'exécution provisoire ?
16:13Il y a une loi qui s'applique,
16:15Eric Ciotti le sait, il est président de groupe parlementaire,
16:17il est député depuis 15 ans, il a été assistant parlementaire
16:19pendant 15 ans,
16:21il connaît la boutique parfaitement.
16:23Il n'a qu'à déposer une proposition de loi.
16:25C'est ce qu'il va faire.
16:27Vous le suivez ou pas ?
16:29Pardonnez-moi, l'échec en blanc, j'ai passé l'âge.
16:31Je regarderai exactement ce qu'il y a.
16:33Exécution provisoire, je vous ai répondu, c'est la troisième fois.
16:35Je pense que ce n'est pas
16:37de bonne facture que de faire en sorte que l'exécution provisoire
16:39intervienne, je vous le dis très simplement.
16:41Il y a un avocat face à moi qui le dira encore mieux.
16:43Je ne sais pas si l'avocat le dira mieux,
16:45mais c'est vrai que l'exécution provisoire
16:47c'est quelque chose qui peut être étonnant
16:49et c'est pour ça que je m'étonne quand Gabriel Attal
16:51ou des gens de gauche
16:53acceptent cette exécution provisoire,
16:55on est quand même à une condamnation
16:57de première instance où on ne peut pas la contester.
16:59Juridiquement parlant,
17:01judiciairement parlant, pardonnez-moi,
17:03c'est contestable.
17:05Monsieur l'avocat ?
17:07Tout ce qu'on veut, je suis d'accord avec
17:09Monsieur le député,
17:11cette disposition était déjà
17:13assez hiérceute,
17:15mais les juges,
17:17quand bien même ils l'avaient dans leur arsenal,
17:19n'étaient pas obligés
17:21d'utiliser, surtout
17:23dans un contexte où il n'y a pas
17:25d'enrichissement personnel et dans un contexte
17:27particulier où la personne
17:29en question représente peut-être
17:3137% des électeurs
17:33n'étaient peut-être pas obligés cela.
17:35Encore une fois, s'ils avaient mis un mandat
17:37d'arrêt qui existe dans la loi
17:39à Marine Le Pen, on aurait eu
17:41le droit de dire que le droit
17:43avait été excessif. Donc
17:45ce débat, si vous voulez,
17:47d'un peu d'arrière-garde pour savoir maintenant s'il faut
17:49changer la loi alors que ça ne sera pas rétroactif
17:51par rapport à ce dont on parle,
17:53ça m'excite très modérément.
17:55Merci beaucoup
17:57Monsieur Vigier d'avoir été
17:59avec nous.

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