Au lendemain du jugement condamnant la patronne des députés du Rassemblement national, le parti organise la contre-offensive politique pour lui permettre d'être toujours sur la ligne de départ pour la présidentielle de 2027. Mais la manœuvre s'avère très incertaine pour Marine Le Pen.
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00:00— Nous avons déjà dénoncé les faits graves dont sont rendus coupables plusieurs membres du Rassemblement National, dont Marine Le Pen.
00:10Nous avons rappelé que c'était bien loin du « main propre, tête haute ». Donc sur la gravité des faits, nous n'avons pas eu de commentaire.
00:20Nous n'avons pas non plus de commentaire sur ce qu'ont décidé les juges. On pense qu'ils ont décidé en toute indépendance...
00:26— Ils ont sorti la bombe nucléaire pour nous empêcher d'être candidats, c'est ce que dit Marine Le Pen ce matin.
00:30— Non mais nous, c'est pas du tout ce que nous disons. Nous disons que les juges n'ont pas pris une décision politique.
00:36Ils ont pris une décision avec le droit. La seule chose que nous disons – mais ça, on le dit depuis longtemps et c'est pas juste par rapport à ce procès –,
00:42c'est que le caractère exécutoire, c'est-à-dire qui ne permet pas un recours sur l'inégibilité, nous étions contre, nous continuons à être contre
00:50parce que, justement, nous pensons que tous les droits de la défense doivent être respectés.
00:53— Ça veut dire que vous êtes ouverts au fait de revoir cette loi, de la modifier ?
00:57— Mais nous, nous n'avons pas voté. Mais quelque part, la question, justement, c'est... Les juges ne sont pas responsables de ce qui est arrivé.
01:04Les responsables, déjà, les coupables, c'est le RN. C'est eux qui sont les coupables, c'est pas les victimes. Et les juges, simplement,
01:12appliquent la loi. Et les députés qui, depuis maintenant des années, durcissent sans arrêt la répression pénale, le RN étant très en pointe...
01:20Je rappelle que Marine Le Pen, en 2013, disait qu'un détournement de fonds publics, ça doit rendre inéligible à vie.
01:27Ils doivent s'en prendre à eux-mêmes sur ce qu'ils ont mis dans les lois.
01:29— Est-ce qu'il faut récrire la loi, comme vous le demandez ?
01:31— Ah bah moi, je pense qu'il faudrait que, dans toutes ces situations, l'état de droit, le droit de la défense soit respecté et que, par exemple,
01:38sur le côté exécutoire d'inéligibilité, eh bien on puisse faire recours de la même manière que sur le reste. Voilà.
01:45— Rémi Coquerel, vous vous retrouvez dans les propos de François Bayrou, qui, ce matin, devant des députés...
01:50— Non, François Bayrou n'avait rien à dire entre le Premier ministre et moi, c'est qu'il y a un problème.
01:53— Alors, ce matin... — C'est un problème ou c'est une erreur ?
01:54— Non, non, c'est une faute. Le Premier ministre... — Il aurait dû se taire.
01:58— Non, oui, bien sûr. Le pouvoir exécutif n'a pas à donner son sentiment sur une décision de justice.
02:04Ce qu'il a fait est extrêmement grave. Parce que c'est une chose que, moi, j'estime que les lois doivent maintenant être revues dans un sens,
02:11j'allais dire où on arrête cette espèce de surenchère de la répression pénale, ce qui n'empêche pas que les élus doivent être – et ça, c'est normal –
02:18traités comme n'importe quel autre justiciable. Mais c'est valable pour tout le monde. Je suis pour que les droits de la défense soient respectés.
02:24Or, Mme Le Pen doit s'en prendre elle-même, parce que c'est notamment elle et d'autres parties qui ont permis justement cette espèce de surenchère.