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00:00Générique
00:0920h21, France Info les informés, Victor Matey.
00:14Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue sur France Info, à la radio et à la télé,
00:18canal 27 de la TNT.
00:20A la une ce soir, œil pour œil, don pour don, la Chine répond à Donald Trump
00:24et applique à son tour 34% de droits de douane supplémentaires sur les produits américains.
00:30Pendant ce temps, l'Europe et la France préparent leur riposte.
00:33Faut-il frapper encore plus fort ou tenter des négociations ?
00:37Nous parlerons notamment de patriotisme économique,
00:40de ce que représente aujourd'hui l'Organisation mondiale du commerce
00:43avec notre invité Elvire Fabry, chercheuse en géopolitique du commerce à l'Institut Jacques Delors.
00:49Donald Trump qui soutient Marine Le Pen après sa condamnation en première instance en début de semaine.
00:54Comment le Rassemblement national gère-t-il ce soutien après celui du Kremlin ?
00:58L'extrême droite qui prépare son meeting de dimanche avec quelle stratégie
01:02alors que le même jour Gabriel Attal réunit ses troupes, lui aussi à Paris
01:05et que toujours dans la capitale, une partie de la gauche appelle à un rassemblement pour contrer l'ERN.
01:10Nous verrons pourquoi le PS par exemple n'y participe pas.
01:13Bonsoir Tamtam Nui, directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat.
01:18Patricia Allémonière est également avec nous, bonsoir.
01:21Grand reporter spécialiste des questions internationales.
01:24Bonsoir Véronique Reyssoult, présidente de Backbone Consulting, maîtresse de conférences en communication de crise à Sciences Po.
01:31Et bonsoir Franck Dedieu, directeur adjoint de la rédaction de Marianne.
01:37Et donc également avec nous, Elvire Fabry, bonsoir.
01:40Chercheuse senior en géopolitique du commerce à l'Institut Jacques Delors
01:44et rapporteur du groupe de travail sur les relations EU-Chine.
01:48Donald Trump affirme que la Chine panique, qu'elle a mal joué le coup, ce sont ses mots.
01:53Pékin qui a répondu au président américain sur les droits de doigt, dans les augmentant à son tour 34% de plus.
02:00On rappelle que mercredi soir, Donald Trump lui avait annoncé des augmentations de taxes pour les produits du monde entier.
02:06Réponse donc de la Chine, Sébastien Bériaud, vous êtes le correspondant de France Info sur place.
02:10C'est donc une confrontation commerciale directe qui s'engage.
02:14Oui, et c'est clairement un changement de stratégie de la part de Pékin parce que jusqu'ici,
02:19le régime de Xi Jinping avait opté pour une posture, on va dire, plutôt modérée,
02:24avec des représailles ciblées uniquement sur certains produits américains, comme le maïs ou le gaz.
02:30Et en tout cas, avec des droits de douane qui étaient limités à 10, 15%, pas plus.
02:36La Chine pensait pouvoir rétablir le dialogue avec Donald Trump et trouver une solution à l'amiable.
02:43Là, on est dans un esprit qui semble totalement différent.
02:47Désormais, la Chine s'engage dans une confrontation commerciale directe.
02:52Sébastien Bériaud à Pékin pour France Info.
02:54Elvire Fabry, première question.
02:56Les deux plus grandes puissances économiques mondiales qui s'affrontent, qui s'attaquent et se répondent à cette intensité-là.
03:02Jusqu'où et jusqu'à quand cela va durer ?
03:05Quand est-ce que cela va s'arrêter ?
03:07On n'en est qu'au début parce qu'on a affaire à un Donald Trump II qui est beaucoup plus déterminé dans son ambition transformative,
03:13non seulement des relations de l'économie américaine au reste du monde, mais aussi du fonctionnement même de la mondialisation.
03:20Par rapport à son premier mandat ?
03:21Absolument. On voit qu'il s'était arrêté quand même aux droits de douane sur l'acier et l'aluminium.
03:27La réponse européenne l'avait empêché d'adopter des mesures similaires sur le secteur automobile, comme il l'a annoncé maintenant, déjà, à présent.
03:36Et il avait maintenu ses droits de douane sur la Chine.
03:40Ils avaient été maintenus par Joe Biden.
03:43Maintenant, comme cela vient d'être dit, en effet, la Chine avait une posture relativement modérée,
03:47mais tout en envoyant des signaux de ce qu'elle était prête à faire,
03:49à la fois en termes de restrictions aux exportations, d'augmentation de droits de douane.
03:54Là, elle entre dans le combat, plus directement.
03:56La question ne se pose pas.
03:58On est en effet dans une guerre commerciale et il va falloir voir si on ne va pas glisser vers une guerre commerciale et guerre monétaire.
04:05Mais l'offensive de Donald Trump est tellement importante et c'est tellement un chantage qui est fait.
04:11C'est-à-dire qu'où vous ouvrez vos marchés, parce que je vous le demande,
04:17où je maintiens ces droits de douane, et il vient de le dire aujourd'hui alors que les marchés continuent à dévisser,
04:22les marchés financiers, en disant de toute façon, ces droits de douane, ils sont là pour être pérennes.
04:29On voit que la marge de négociation, elle n'est pas très importante.
04:33C'est surtout qu'il faut venir faire des concessions, des concessions et y compris pour nous, les Européens.
04:39Le problème, c'est que ça concerne les réglementations européennes, donc nos choix collectifs.
04:43Vous avez parlé de risque de guerre monétaire. Ça changerait quoi par rapport à la guerre commerciale ?
04:47On sait que parmi les arguments de ce que Donald Trump critique auprès de ses partenaires commerciaux,
04:53il y a le fait qu'ils puissent jouer sur leur monnaie et déprécier leur monnaie, en l'occurrence le yuan chinois,
05:01pour favoriser leurs exportations.
05:03Et Donald Trump reste relativement ambigu sur le rôle qu'il veut faire jouer au dollar.
05:07Est-ce qu'il veut le déprécier pour favoriser les exportations,
05:11mais tout en le maintenant comme une monnaie de réserve importante,
05:14c'est-à-dire empêcher les pays tiers de réduire la part du dollar dans la réserve ?
05:19Pour le moment, ce n'est pas encore clair.
05:21Et autour de lui, il y a des factions différentes qui ont des ambitions différentes,
05:25entre ceux qui, comme le secrétaire d'État aux commerces extérieurs,
05:35et également aux commerces qui, là, veulent favoriser avant tout la réduction du déficit commercial,
05:45et qui donc voudraient un dollar plus faible, et au contraire les baissantes,
05:52y compris même l'UPNIC, du côté du Trésor,
05:54qui, eux, auraient plutôt tendance à vouloir maintenir un dollar fort.
05:59Mais derrière cette question, il y a surtout la question de la dette américaine,
06:02qui est un sujet nouveau, qui n'était pas une préoccupation pour les Américains jusqu'à aujourd'hui.
06:06Et il va falloir attendre de voir comment ils veulent véritablement s'engager sur ce terrain-là.
06:12Pour revenir à la guerre commerciale, on est, quoi qu'il en soit, partis dans une escalade ?
06:17Je ne sais pas s'il faut parler d'escalade ou, au contraire,
06:19qu'il faut arrêter Trump aussi dans son appétit de coercition.
06:24Et c'est tout ce qui se joue dans l'ajustement de la réponse européenne,
06:27parce que, encore une fois, l'offensive est massive,
06:31et Donald Trump ne s'arrêtera pas pour les Européens à 20%.
06:36Il a reparlé du Groenland, il peut avoir d'autres sujets sur lesquels il veut venir appuyer,
06:41et si on apporte une réponse timide ou divisée,
06:46c'est là où il aura encore plus d'appétence pour venir nous écraser.
06:51Il n'a pas beaucoup de considérations pour les Européens, on l'a bien compris ces dernières semaines.
06:55Et là, il faut, au contraire, que les Européens répondent de manière forte.
06:59Mais si la Commission européenne prend le temps de répondre,
07:02c'est aussi montrer une posture, j'ai envie de dire, calme.
07:07Et alors que Donald Trump critique le mouvement de panique des Chinois,
07:12les Chinois ont très bien anticipé, déjà depuis 4 ans, l'arrivée de Donald Trump II,
07:16et ils répondent de manière ferme.
07:19Et Donald Trump ne s'attend pas à avoir des mesures de rétorsion cumulées,
07:24il n'a pas à factoriser ça dans ce qui semble être des calculs un peu aléatoires.
07:29Et la réponse européenne, elle va venir, mais elle a besoin d'être ciselée.
07:34– Sur cette réponse européenne, Patricia Alemonier,
07:36on voit que les Européens sont obligés, en quelque sorte, de se réinventer.
07:40On a beaucoup parlé, ces dernières semaines, de l'Europe de la défense.
07:43Là, on est sur une Europe commerciale et une réaction rapide.
07:47– Alors, l'Europe, effectivement, sur le plan commercial et de concurrence,
07:52bénéficie effectivement de la Commission européenne, qui a la main sur ce domaine.
07:58Et je pense que la Commission européenne est très attentive
08:01aux déclarations du président de la Banque fédérale américaine aujourd'hui,
08:05qui a dit, grosso modo, quand Trump a voulu faire pression
08:08pour qu'il baisse les taux d'intérêt, aujourd'hui, il a dit non, on va attendre.
08:12Et il a dit aussi autre chose, quand on regarde son discours,
08:16parce qu'il y a une panique actuellement, tous les médias, le monde entier,
08:19parlent de krach boursier, de crise de 29, de chaos international, etc.
08:24Donc, il dit, enfin, sa position est assez remarquable, il l'appelle au calme.
08:30Il dit, oui, oui, bon ben, on va avoir ces tarifs douaniers.
08:32– Tout en disant, il y aura des conséquences, tout de même sur le chômage,
08:36sur les emplois, sur l'inflation.
08:38– Il reconnaît, mais il dit, il va y avoir des conséquences immédiates,
08:41inflation, chômage, etc.
08:43Mais d'ici, allez, un an, on va se stabiliser.
08:48Et il est beaucoup trop tôt pour décider de la politique monétaire américaine.
08:52Et je ne vais pas céder, et c'est ça qui est important,
08:55je ne vais pas céder aux injonctions de Donald Trump.
08:58Alors, reste à savoir, pour répondre à votre question,
09:00si l'Europe va céder aux injonctions de Donald Trump,
09:03qui sont, venez négocier un à un dans mon bureau,
09:06ou si on va y aller, unis, comme vous le dites.
09:08– Franck Dedieu, on parle, je vous redonne la parole dans un instant, Elvire Fabry.
09:12Franck Dedieu, on parle beaucoup des États, des relations entre pays.
09:15En premier lieu, il ne faut pas l'oublier, c'est le consommateur,
09:18et d'abord le consommateur américain, qui va faire les frais de ces hausses.
09:21– Oui, il va faire les frais, mais c'est le fameux arbitrage
09:24entre le ticket de caisse et la fiche de paie.
09:27C'est-à-dire qu'effectivement, on entre dans un système économique
09:32radicalement différent par rapport à celui qui était celui du libre-échange
09:36au cours des 30 ou 40 dernières années.
09:39C'est-à-dire que si vous avez effectivement une augmentation des prix,
09:43mais si le salarié se retrouve avec une fiche de paie qui suit,
09:50parce qu'il n'est pas sous la pression d'une concurrence
09:52qui est dépendante du Mexique, de la Chine,
09:57c'est-à-dire si on réduit l'espace concurrentiel,
10:00de manière à ce que la pression sur les salaires soit plus faible,
10:04vous pouvez avoir une forme de renversement entre hier,
10:10un monde où le consommateur était roi et où il achetait des t-shirts à bas prix,
10:16mais où il était exposé à une concurrence très forte en tant que salarié,
10:21et demain, quelque chose de différent.
10:23Il ne s'agit pas de dire que c'est mieux ou c'est moins bien,
10:25il s'agit d'abord de l'analyser sans manichéisme,
10:30sur la base du « il y a les gentils, il y a les méchants ».
10:33– Votre regard d'économiste Elvire Fabry là-dessus ?
10:35– À vrai dire, Donald Trump, il a rebaptisé ses droits de douane
10:38comme étant un revenu extérieur parce qu'il veut pouvoir baisser les impôts.
10:42Donc concrètement, c'est ce qu'il a fait miroiter depuis sa campagne,
10:45c'est baisse d'impôts, déréglementation par ailleurs,
10:48il faut bien avoir ça en tête, y compris dans tout le secteur du numérique,
10:52c'est-à-dire que c'est le Far West, plus de régulation,
10:57il n'y en avait déjà pas beaucoup côté américain.
11:00Donc finalement, ça veut dire que ce que l'on retrouve d'un côté
11:06avec des baisses d'impôts, on va le retrouver en augmentation d'inflation.
11:10Donc là, on n'y gagne pas beaucoup.
11:12– Mais ça dépend quel est le niveau de salaire en face.
11:14– Ce qui est important, c'est de savoir quelle va être la création de valeur.
11:17Et là, ce qu'il veut, c'est obtenir des investissements aux États-Unis.
11:21Déjà, on voit aujourd'hui, toutes les entreprises,
11:23déjà depuis plusieurs semaines, sont dans une position d'attentisme total,
11:27parce que c'est une situation complètement volatile.
11:29Et pour les entreprises qui voudraient investir aux États-Unis,
11:32il faut aussi garder en tête que pour elles,
11:34tous les composants qu'elles auront besoin d'importer pour leur fabrication
11:39vont coûter aussi deux fois plus cher.
11:41Donc ça devient beaucoup moins attractif, même de venir aux États-Unis,
11:45même si l'énergie est moins chère et si la situation peut évoluer d'un jour à l'autre.
11:51Elles ont besoin de stabilité, de prévisibilité
11:53et elles risquent d'avoir besoin de se tourner vers d'autres pays, d'autres marchés.
11:57– Réunie Khayissult, on parlait des consommateurs dans les différents pays.
11:59Cela nous ramène aussi au fait que chaque pays,
12:01et ça les internautes en parlent beaucoup,
12:03eh bien chaque pays n'est pas taxé de la même manière.
12:06– Non, il y avait cette scène assez lunaire à laquelle on a assisté,
12:09avec la jolie fiche et les petits commentaires comme si c'était un bingo,
12:13avec quelques pays qui ont…
12:15– La pancarte brandie par Donald Trump dans les Allemands.
12:17– Les gens sont interrogés, pourquoi est-ce qu'on taxe à 10% un pays
12:21où il n'y a que des pingouins ?
12:22Bon, ok, pourquoi pas, et donc une forme d'incompréhension sur le sujet.
12:26Et en fait, cet exemple qui pourrait sembler anecdotique en soi,
12:30il montre le désarroi des uns et des autres.
12:32Patricia, à la manière déjà qu'il y a eu une espèce de sidération et de panique,
12:36pour vous donner une idée, il y a 47 millions de messages,
12:39là, depuis deux jours, sur ce sujet, c'est colossal.
12:42Et en Chine, ce qui est intéressant, c'est qu'habituellement,
12:46on ne parle pas sur les réseaux chinois des sujets internationaux,
12:50et là, ils en ont parlé.
12:52Donc, on voit bien que le sujet sidère, et je vous passe les vidéos des Américains,
12:56dans les magasins américains, en fait, il y a une espèce de razzia
12:59qui est en train de se faire, où il faut acheter,
13:01alors c'est même un argument commercial, achetez maintenant, faites des stocks,
13:03parce qu'il va y avoir moins de produits.
13:06Donc en fait, tout le monde est un peu dans une logique de panique,
13:09et puis je vous passe aussi les comparaisons avec M. Hoover,
13:12qui font légion un peu partout dans le monde en disant,
13:14mais dans le fond, c'était lui aussi un homme qui était businessman,
13:18et il n'a pas forcément amené que de la joie et du bonheur
13:21et de la réussite, et donc, voilà, les marchés essayent de trouver des solutions,
13:26et effectivement, comme vous le disiez, attentistes, comme toujours dans ces cas-là.
13:30Allez, on poursuit la discussion dans un instant,
13:32le temps de défiler, de dérouler le Fil info, à 20h16 avec Laura Dulieu.
13:39Les marchés financiers toujours très fébriles aujourd'hui,
13:41dans le sillage des nouveaux droits de douane annoncés par Donald Trump,
13:44et de la réplique de la Chine qui annonce à son tour des taxes équivalentes,
13:4734% de droits de douane supplémentaires sur les produits américains importés,
13:51les bourses européennes ont toutes clôturées en fortes baisses.
13:55En Israël, Benyamin Netanyahou est mis en cause pour conflit d'intérêts
13:58par la procureure générale après la décision du Premier ministre israélien
14:02de limoger le chef du Sheinbelt, la Sécurité intérieure,
14:05Ronan Bar qui accuse Benyamin Netanyahou de lui avoir demandé de lui rendre un avis
14:09lui permettant d'espacer ses comparutions à son procès pour corruption.
14:14Le Rassemblement national espère jusqu'à 8000 personnes dimanche à Paris,
14:18autrement dit de quoi remplir la place Vauban pour le meeting
14:20de soutien à Marine Le Pen, condamnée pour détournement de fonds,
14:23à de la prison et à une peine d'inéligibilité.
14:26Le plan blanc déclenché à la Réunion à cause du chikungunya,
14:29le pic de l'épidémie est attendu mi-avril.
14:31La campagne de vaccination débute lundi.
14:34Pour le moment, deux personnes sont officiellement mortes du virus
14:37qui se transmet par le moustique-tigre.
14:50Avant donc d'évoquer ces hausses de droits de douane annoncées par Donald Trump
14:56avant-hier, la réponse aujourd'hui de la Chine,
14:59quelle place y a-t-il aussi aujourd'hui pour la négociation ?
15:01Est-ce que c'est encore à l'ordre du jour ou est-ce que tout le monde est décidé à la riposte ?
15:06Je vous propose d'écouter le ministre français de l'économie, Éric Lombard.
15:09On travaille sur un paquet de ripostes qui peut aller tout à fait au-delà des droits de douane,
15:14de façon encore une fois à amener les Américains à la table de négociation.
15:19Éric Lombard, c'est nos confrères de BFM, Tam Tranui.
15:23On n'y comprend plus rien, il faut négocier ou il faut aller au-delà alors ?
15:26Oui, Éric Lombard, on sent en tout cas qu'il appelle à une réponse assez forte.
15:30On a aussi entendu son appel au patriotisme ce matin.
15:34Il était très clair, il a dit
15:35si une grande entreprise française acceptait d'ouvrir une usine aux Etats-Unis,
15:39ce serait donner un point aux Américains.
15:40Alors voilà, est-ce que c'est un message qui a adressé un certain nombre d'entreprises ?
15:43On sait, il y a CMACGM, Schneider Electric.
15:47On a déjà eu la réponse aujourd'hui par exemple de Saint-Gobain
15:50qui s'apprête effectivement à s'installer, à ouvrir une usine aux Etats-Unis,
15:54qui a dit non, on ne le fera pas.
15:56Puis on a entendu quand même toute une partie du monde économique dire
15:59non, on n'est pas dans une économie administrée.
16:02On ne va pas accepter ainsi les injonctions du ministre de l'Économie.
16:06Mais on sait qu'il y a quand même un débat parce que, par exemple,
16:08Laurent Saint-Martin, le ministre du Commerce extérieur, a dit, lui,
16:11qu'il fallait quand même aller plutôt vers une riposte proportionnée,
16:14qu'il se donnait un mois quand même pour réfléchir
16:17et que l'objectif était quand même plutôt la désescalade.
16:20A noter aussi, par exemple, que le Parlement commence à s'en saisir.
16:23Les plusieurs commissions au Sénat vont travailler ensemble,
16:27prévoient de travailler sur une riposte.
16:30Et ils se donnent tout le mois d'avril pour discuter.
16:32On sait aussi qu'au niveau du ministère de l'Industrie,
16:35il y a une rencontre mardi déjà qui est organisée.
16:38Donc on sent qu'il y a les propos.
16:40Et puis il y a la différence quand même avec la préparation sur une riposte
16:43où on n'est pas encore sûr et certain de ce qu'on veut faire.
16:45– Elvire Fabry, ça donne quoi le patriotisme économique sur du long terme ?
16:50– J'ai envie de dire, patriotisme économique au niveau européen, ça a du sens
16:53parce que c'est au niveau du marché européen que l'on pourra peser.
16:57– La réponse ne peut être qu'européenne de toutes les manières.
17:00– J'allais y venir, c'est que c'est une compétence exclusive.
17:03Donc on peut discuter au niveau français de la position que l'on aurait.
17:07Mais de toute façon, c'est une décision qui est prise au niveau européen
17:11et qui va être prise à la majorité qualifiée.
17:13Et ce qui est intéressant, c'est de voir quand même les échos
17:15qu'ont provoqué ces annonces un peu partout en Europe,
17:19avec des appels que j'ai trouvés significativement intéressants,
17:24d'appel à l'unité et à des positions fermes,
17:27y compris venant de pays comme l'Allemagne en particulier,
17:32alors que l'on sait l'industrie allemande très dépendante du marché chinois
17:35mais aussi du marché américain.
17:36Et que là, il y a quand même une prise de conscience de ce que…
17:39La priorité, c'est d'abord de renforcer la compétitivité européenne,
17:43d'ajuster cette réponse réciproque, de se coordonner avec des pays tiers,
17:49d'être en capacité de diversifier aussi l'accès à d'autres marchés.
17:52Mais sur la question de la réponse, il y a aussi une question d'outils,
17:56d'outils de défense commerciale que l'on peut utiliser.
17:59Et ça demande de toute façon un peu de temps.
18:02L'important, ce n'est pas d'être en mesure de répondre en 24 heures.
18:06En particulier, ce nouvel outil dont on s'est doté en 2023,
18:11qu'on appelle outil anti-coercition,
18:14comme c'est d'abord un outil qui est un outil de dissuasion,
18:20il s'agit d'adresser aux pays tiers le message,
18:26d'annoncer la couleur des mesures qu'on serait prêt à prendre,
18:31qui seraient suffisamment dissuasives pour peser,
18:33en tout cas sur la décision des Etats-Unis en l'occurrence.
18:36Et il se trouve que cet outil nous permet de prendre une diversité de mesures très larges,
18:42qui permettent de faire très mal.
18:44C'est-à-dire que ça peut être de la restriction sur l'accès au marché européen
18:48pour les biens avec des droits de douane, mais aussi...
18:50Pour les services.
18:51Également pour les services.
18:52Restriction d'accès au marché public.
18:56La suspension de droits de la propriété intellectuelle, ça a un coût évidemment.
19:00On pense là à tout ce qui est logiciel américain qui sont utilisés.
19:04On peut cibler des entreprises, on peut cibler des individus,
19:07et tout ça de manière cumulative.
19:09Donc ça a vraiment été conçu pour être un bazooka, tel que l'on a appelé.
19:13Maintenant, il faut qu'il y ait la mobilisation des Etats membres.
19:16C'est à la majorité qualifiée qu'il faudrait le voter.
19:20Donc il ne peut pas y avoir de force de veto, en tout cas d'un pays comme la Hongrie,
19:24où éventuellement on pense à d'autres pays dans le pourtour méditerranéen.
19:29– Une dernière question sur ce dossier des taxes.
19:32La Chine, on le sait, a saisi l'OMC aujourd'hui, l'Organisation mondiale du commerce.
19:36On parle régulièrement dans les informés de la défiance,
19:38et on le voit, des grandes secondes envers les institutions.
19:42C'est purement symbolique ou l'OMC aujourd'hui peut vraiment avoir un rôle dans ce dossier ?
19:46– C'est plus que symbolique au sens où il faut éviter que les mesures de Trump
19:51poussent certains pays qui sont des petits pays,
19:54plus vulnérables ou plus dépendants du marché américain,
19:57fassent des concessions en s'asseyant sur les règles de l'OMC.
20:02Le principe de la non-discrimination,
20:04fassent des concessions aux États-Unis qui ne font pas aux autres membres de l'OMC.
20:08Et donc il faut porter plainte à l'OMC, et la Chine ne sera pas la seule.
20:12Ça ne mènera pas à des sanctions,
20:15puisque les États-Unis ont gelé l'organe d'appel, le muscle de l'OMC.
20:21Mais il s'agit de ne pas rentrer dans un chaos du commerce international
20:27où chacun, finalement, prend des mesures protectionnistes à tour de bras,
20:30et avec des répercussions colossales sur toutes les économies à travers le monde.
20:33– On en revient à ce terme de chaos, Patricia Alemonia.
20:35– Oui, on en revient à ce terme de chaos, et ce qui sera intéressant de voir,
20:38c'est que Donald Trump a aujourd'hui annoncé qu'il s'est entendu avec le Vietnam.
20:43Mais il s'est entendu avec le Vietnam,
20:44et qu'est-ce que le Vietnam va mettre à l'encontre des autres pays ?
20:48Va-t-il garder les mêmes droits de douane qu'il applique aux États-Unis ?
20:52Et par rapport aux autres pays, va-t-il appliquer les mêmes ?
20:54Et ce que je veux dire, la crise actuelle, elle mine totalement aujourd'hui,
20:59non seulement l'OMC qui est minée,
21:02mais elle mine toutes les institutions internationales.
21:05Et cette crise est beaucoup plus globale,
21:08parce que je pense qu'au-delà de la crise, de cette guerre commerciale,
21:13c'est une guerre idéologique et politique,
21:14et qui est à l'encontre de la destruction de tout le système international
21:18qui a été mis en place pour essayer de réguler notre monde
21:22pour une croissance libérale, etc.
21:25Après la Seconde Guerre mondiale, mise en place par les Américains,
21:28et c'est aujourd'hui les Américains qui détruisent ces mêmes organisations internationales.
21:32Et précisons qu'à l'instant, le commissaire européen au commerce
21:34se dit déterminé à mener des négociations, je cite,
21:38« sérieuses » sur ses droits de douane, après les discussions avec les États-Unis.
21:42Je vous remercie, Elvire Fabry, d'être venue ce soir
21:45dans les informer, chercheuse en géopolitique du commerce à l'Institut Jacques Delors.
21:50Nous parlions de François Bayrou, du gouvernement tout à l'heure,
21:53le Premier ministre qui en appelle à l'esprit de responsabilité
21:56pour éviter les débordements.
21:57Dimanche, en marge des réunions et manifestations politiques,
22:00prévues dimanche à Paris, le meeting du Rassemblement national
22:04après la condamnation de Marine Le Pen,
22:06notamment le rendez-vous de Renaissance et de Gabriel Attal,
22:08le rassemblement aussi des écologistes et des insoumis
22:11pour contrer l'extrême droite.
22:13Tant à lui, il faut redouter des violences et des débordements.
22:17Dimanche, on précise que le préfet de police de Paris, Laurent Nunez,
22:20estime lui qu'il n'y a pas de risque pour l'instant de troubles à l'ordre public.
22:22Évidemment, on peut le craindre quand on voit la configuration
22:26des manifestations qu'il va y avoir dimanche,
22:28avec sans doute des personnalités qui vont être gonflées à bloc,
22:31avec d'un côté, cette manifestation qui se veut pacifique et populaire.
22:36C'est le mot d'ordre du Rassemblement national.
22:39Et de l'autre côté, cette manifestation LFI, écologistes notamment.
22:44Après, ce que l'on sait, c'est que le Rassemblement national
22:46n'a absolument aucun intérêt à ce que ça déborde.
22:49Déjà, il fait face à un certain procès en trumpisation
22:53avec l'appel à cette marche.
22:55Alors, s'il veut que sa stratégie de la cravate, de la notabilisation
23:00ne soit pas entièrement mise à mal,
23:02eh bien, il a plutôt intérêt à ce que cela reste dans un cadre relativement calme,
23:07alors que le message est quand même celui de protester.
23:10Il faut que ça reste une guerre, entre guillemets, d'images et de nombres
23:13de personnes présentes par rapport aux autres.
23:15Effectivement, parce que c'est surtout ça.
23:16C'est montrer les muscles, montrer que l'on a des troupes.
23:19C'est surtout ça l'enjeu du côté du Rassemblement national,
23:22du côté de LFI, des écologistes.
23:24Ça risque d'être plus compliqué, alors que c'est une contre-manifestation
23:28qui a été débloquée.
23:28Puis, il ne faut pas oublier qu'il y a aussi le meeting du côté du Bloc central
23:32qui, lui, était déjà prévu de longue date,
23:34mais que l'on va regarder avec un oeil un petit peu nouveau,
23:37un peu plus politisé.
23:39On voit avec davantage d'attention médiatique, sans doute,
23:41que ce qu'il y aurait eu si c'était seulement le premier grand meeting
23:45sous l'ère Attal pour Renaissance.
23:47Et pour parler de politique, on accueille aussi Serge Faubert,
23:50ce soir, dans les infos.
23:51Mais bonsoir Serge, directeur de la rédaction de Pure politique,
23:55média indépendant, on le rappelle, qui décrypte la vie des partis
23:58et des institutions de la République.
24:00À propos de ce meeting du RN,
24:02eh bien, Donald Trump a apporté son soutien à Marine Le Pen,
24:05parlant de chasse aux sorcières, appelant même à sa libération,
24:08alors qu'elle n'est pas incarcérée.
24:10C'est un soutien, Serge, dont ce serait bien passé,
24:13celle qui vient tout juste d'être condamnée ?
24:14Tout à fait, ça vient alors au plus mauvais moment.
24:17C'est-à-dire que la majorité des Français perçoivent Donald Trump
24:21comme un individu incontrôlé,
24:23qui est en plus en train de nous déclarer une guerre commerciale.
24:25Et il vient soutenir Marine Le Pen.
24:28Et en plus, ça pose un problème au sein du RN,
24:30parce qu'il nourrit une admiration équivalente
24:34à la fois pour Vladimir Poutine et Donald Trump.
24:38Donc, les référents internationaux du RN
24:44ne sont pas particulièrement en odeur de sainteté dans l'Hexagone.
24:49Et puis, Marine Le Pen…
24:50Le Kremlin qui avait été d'ailleurs le premier à soutenir le procès,
24:53enfin le jugement n'avait même pas exactement été rendu.
24:55Si on fait l'analyse de Bolsonaro…
24:588 ans en bas.
24:59Voilà, donc on a tout le spectre illibéral
25:04qui vient à la rescousse de Marine Le Pen.
25:06Or, ce n'est pas du tout l'image qu'elle veut donner.
25:08Elle veut donner le sentiment que c'est une injustice
25:11qui a été commise à son endroit,
25:12et que donc, c'est un rassemblement légitime qui est organisé.
25:17Mais, juste un parallèle quand même.
25:21À peu près dans les mêmes circonstances,
25:23François Fillon avait choisi l'esplanade du Trocadéro
25:25qui peut accueillir entre 30 000 et 50 000 personnes.
25:30Du conseil de la République des juges.
25:31Voilà, et Marine Le Pen, elle, choisit la Place Vauban.
25:35C'est 10 000 personnes maximum.
25:37Ils disent bon, on va accueillir 8 000 personnes.
25:388 000 à peu près, c'est ça.
25:39Je trouve qu'ils sont dans une dimension symbolique.
25:42On va se rassembler, on va faire un meeting,
25:44puis on va vite rentrer chez nous.
25:45Absolument pas de débordement.
25:47Il n'y aura pas de marche, etc.
25:48Voilà, donc je pense que la crainte d'incident, il n'y en aura pas.
25:51Parce que d'abord, je pense que le périmètre sera extrêmement sécurisé.
25:56Puis ce serait alors totalement contre-productif pour le Rassemblement National.
26:00Franck Dedieu, il va falloir changer de stratégie pour l'ERN dimanche.
26:04Il n'y arrive pas.
26:05Regardez, il y a eu tout de même des outrances.
26:09Monsieur Bardella a parlé de tyrannie des juges.
26:11C'est quand même un mot fort.
26:14Effectivement, vous avez trois soutiens plutôt encombrants.
26:19Orban, Poutine et Trump dans des circonstances de guerre commerciale
26:24qui ne serviront pas la politique du Rassemblement National.
26:30Et d'ailleurs, vous regarderez sur les questions de principe entre justice et politique.
26:36Il y a eu des gens plus fréquentables qui ont dit sur des questions de principe.
26:40Je dis bien Jacques Attali, Varoufakis, The Economist, Asseli.
26:44Attendez, il y a peut-être un sujet par rapport aux juges.
26:47En fait, ces gens-là, ils n'ont pas du tout écouté.
26:49On a, par plusieurs maladresses et outrances de la part du Rassemblement National,
26:54écouté, entendu, Monsieur Bardella dire tyrannie des juges.
26:58Alors qu'ils auraient pu véritablement prendre appui sur ces gens un peu plus fréquentables,
27:02ils ont été, je dirais, éclipsés par une stratégie du Rassemblement National
27:10qui, non pas une stratégie, mais quelque part, une sorte de naturel qui revient au galop
27:15et qui fait qu'ils ne peuvent pas s'empêcher, quelque part, d'avoir des propos qui dépassent les bornes.
27:25Allez, on va continuer à en parler dans la seconde partie des Informés.
27:28Il est 20h30 sur France Info.
27:32Et l'info, c'est avec Marie Maheu.
27:38La Bourse de Paris signe sa pire séance en plus de trois ans.
27:42À New York, le Nasdaq, principal indice de Wall Street, chute encore et perd plus de 4%.
27:48Conséquence de ces nouveaux droits de douane annoncés il y a maintenant 48h par Donald Trump.
27:52La Chine a répliqué aujourd'hui avec 34% de taxes sur les importations américaines.
27:58Dans ce contexte et en attendant une réponse européenne commune à la fin du mois,
28:03la France appelle ses entreprises au patriotisme.
28:06Comprenez, pas d'investissement aux Etats-Unis pour le moment.
28:09Le ministre de l'Industrie, Marc Ferracci, annonce un conseil national dédié dans 4 jours mardi
28:14pour faire le point avec la filière.
28:16800 kilos de cocaïne saisis et 30 personnes sont en garde à vue depuis cette nuit en Normandie.
28:22Grand coup de filet sur un réseau d'importation de cocaïne en flagrant délit en pleine mer.
28:27Les interpellations ont eu lieu notamment à bord de bateaux à Tancarville, au Havre et à Ouistreham.
28:32Après son appel à la grève lancé aux conducteurs de train,
28:35IR Sud Rail s'adresse aujourd'hui aux contrôleurs pour débrayer les 9, 10 et 11 mai,
28:41week-end prolongé pour ceux qui font le pont.
28:43Le syndicat critique notamment les changements de planning constant à la dernière minute.
28:48Et puis en Ligue des Nations féminines, les Bleus affrontent en ce moment la Suisse.
28:52Troisième journée, les Françaises mènent d'un but.
28:55Et puis du foot aussi aux masculins.
28:57D'ici 15 minutes, Nice affronte Nantes en cette 28e journée de Ligue 1.
29:11Et bienvenue si vous nous rejoignez dans Les Informés avec ce soir,
29:15Tamta Nui, directrice adjointe de la rédaction de Public Sénat,
29:19Patricia Allemonière, grand reporter, Véronique Reyssoul,
29:23président de Backbone Consulting, franc de Dieu de Marianne,
29:26et Serge Faubert, directeur de la rédaction de Pure Politique.
29:30Nous parlions de cette grande journée de mobilisation qui aura lieu dimanche,
29:33ce meeting du rassemblement national, celui de Renaissance autour de Gabriel Attal,
29:38la manifestation et le rassemblement également des insoumis et des écologistes.
29:42Patricia Allemonière, j'ai eu l'impression que vous vouliez réagir
29:45quand nous parlions de Marine Le Pen et de ce rassemblement de dimanche.
29:49Oui, je voulais dire que par rapport à tous ces soutiens extérieurs,
29:52en tout cas internationaux, je pense qu'il y a le noyau dur du parti
29:59et de ses soutiens qui apprécient ces hommes, qui apprécient le président Poutine,
30:05qui apprécient Orban et qui se retrouvent dans le discours Trumpiste.
30:08Ce serait une erreur de croire qu'ils sont à l'unisson avec les 60% de Français
30:13qui pensent que le jugement était bon.
30:15Non, il y a un noyau dur de Marine Le Pen.
30:18Ce qui la gêne, et je suis entièrement d'accord avec vous,
30:20c'est qu'elle peut perdre de son électorat, gagner sur les autres parties,
30:25en particulier les parties du centre et de droite.
30:28Et c'est bien pour ça que Gabriel Attal va essayer,
30:31alors que vraiment son meeting tombe au plus mauvais moment pour lui,
30:34c'est la cata complète.
30:35Oui, parce qu'on rappelle que c'est un meeting qui était prévu de longue date.
30:38Alors pour lui, c'est la cata complète, cette histoire.
30:40Et qui arrive ce jour-là et qui se retrouve face à…
30:42C'est la cata parce que d'un côté, il y a Marine Le Pen
30:43et de l'autre côté, grosso modo, Jean-Luc Mélenchon.
30:45Donc il est complètement noyé.
30:46Mais il va essayer de s'en sortir en renversant la machine,
30:50en disant, oui, regardez, en attirant dans son camp ce fameux groupe
30:56que Marine Le Pen a su gagner durant les élections précédentes,
30:59qui l'a amené à ces taux aussi importants aux élections
31:02et que la droite et le centre espèreraient bien récupérer
31:05avec toutes ces mésaventures.
31:06– C'est la question que j'allais vous poser ta notre nuit.
31:08Comment exister pour Gabriel Attal et Renaissance
31:11justement au milieu de ces deux rassemblements de manifestation ?
31:14– Sincèrement, je ne suis pas convaincue que ce soit si catastrophique
31:17que ça pour Renaissance.
31:19Parce que je pense sincèrement que ça n'aurait pas été un meeting
31:23qui aurait passionné les foules,
31:25qui aurait eu énormément de médias sur lui.
31:29Il y a quand même du beau monde, il y a François Bayrou,
31:33il y a Édouard Philippe, il y a Gabriel Attal.
31:36Je pense que là, au moins, il a un message clair
31:39qu'il peut porter contre le message du Rassemblement national
31:47et le fait qu'il conteste la République des juges
31:49et pour l'État de droit.
31:51Au moins, ça lui permet de supporter un narratif
31:54qui va pouvoir être analysé, qui va être commenté.
31:57On voit déjà, on ne fait que parler de cette journée,
32:00on met quand même Renaissance dans le lot
32:03et on est déjà en train d'annoncer une sorte de…
32:06Ce sera le match des petites phrases aussi.
32:08Exactement, il va y avoir un match à trois quand même.
32:10C'est sans doute comme ça que ça va être analysé dimanche.
32:13Donc je pense qu'il a quand même une carte à jouer dans ce contexte
32:17et il va essayer de se présenter comme le camp des raisonnables.
32:20Absolument, c'est ça, c'est qu'il y a une position de centralité
32:25qui va véritablement jouer là-dessus.
32:28Et puis en face, quelque part, un débat qui échappe un peu
32:31et qui est assez flou pour les gens.
32:35Je veux dire, l'État de droit, la justice, les juges,
32:40la République des juges, historiquement par exemple,
32:43vous apercevez que la République des juges,
32:46c'est une critique qui vient de la gauche.
32:49Les révolutionnaires avaient fait le référé législatif,
32:52il fallait que le juge sollicite le législateur
32:56pour savoir s'il ne se trompait pas dans l'interprétation de la loi.
32:59Je vous rappelle aussi Marx et la superstructure.
33:02Je vous rappelle aussi, le gouvernement des juges
33:05vient d'un démocrate à l'époque de Roosevelt,
33:08proche de Roosevelt, qui s'oppose à la Cour suprême
33:11parce que Roosevelt voulait lancer son New Deal,
33:14faire une politique plutôt de gauche,
33:17et la Cour suprême étant conservatrice, refusait cela
33:20au nom des grands équilibres budgétaires, économiques et monétaires.
33:25Donc historiquement, la question de la souveraineté populaire
33:29au-dessus du juge, qui a une légitimité bien sûr démocratique,
33:34mais une légitimité technique et non pas élective,
33:37c'est un débat, en vérité, qui est complexe pour le peuple.
33:40Il se disait, mais j'ai toujours pensé que c'était plutôt le politique,
33:43c'était l'apanage de la gauche et le...
33:48Débat complexe, je voulais savoir,
33:50je suis désolé de vous couper, je voulais savoir, Véronique Rexoul,
33:53ce que l'on en disait de ces trois meetings,
33:55trois réunions, en tout cas rassemblements,
33:57tous les dimanches sur les réseaux sociaux ?
33:59Je suis désolée, Renaissance, on n'en dit pas grand-chose.
34:02Je suis désolée.
34:04Évidemment, on parle beaucoup du meeting du Rassemblement national.
34:08Les militants de chaque côté, que ce soit pour le Rassemblement à gauche
34:12ou le Rassemblement à droite, sont assez mobilisés,
34:15mais on voit bien dans les messages les sympathisants RN,
34:18ils sont un peu frileux pour un point,
34:20qui est qu'ils craignent des débordements,
34:22ils n'ont pas envie d'être associés à...
34:24Donc globalement, je trouve que Vauban, c'est bien,
34:26d'ailleurs, il n'y a pas trop de monde.
34:28Ils ne seront pas dérangés.
34:30Ils sont moins en danger, mais on sent bien que c'est compliqué,
34:33au même titre que le Rassemblement national annonce
34:36des pétitions avec plusieurs millions de signatures,
34:41des personnes qui viennent, je crois que c'est 20 000 nouveaux adhérents en deux jours.
34:46La réalité, c'est que c'est peu vérifiable,
34:48donc il vaut mieux un espace pas trop grand
34:51pour voir que ça donnera l'impression de regroupement
34:54et mettre ça sur le dos de la sécurité, c'est plutôt efficace,
34:57sachant que le peuple est peut-être moins perdu
35:01que ne le pense Franck Ledieu,
35:03parce que globalement, pour eux, leur vrai sujet...
35:05Enfin, ils ne condamnent pas, même chez les sympathisants,
35:08ils trouvent que...
35:09Ce qu'ils ne comprennent pas, c'était juste,
35:11quand on est présumé innocent,
35:13pourquoi est-ce qu'on doit...
35:15Il y a une exécution provisoire.
35:17Il n'y a plus le débat juridique,
35:19il y a un débat partisan,
35:21c'est-à-dire que ceux qui sont défavorables
35:24au jugement sont plutôt parmi...
35:2637% des Français considéraient
35:28qu'ils étaient satisfaits du jugement.
35:30Oui, mais si vous regardez par catégorie partisane,
35:33vous apercevez que vous retrouvez ça.
35:35Non, non, non, les 4 derniers sondages,
35:38il n'y a que les RN qui sont à 5%.
35:40C'est ce que je viens de dire.
35:42Mais juste RN, tous les autres, à droite, les LR,
35:44globalement, ça tourne autour de 35-40% selon...
35:48Mais c'est ce que je disais en se disant
35:50qu'il y a un sujet, une complexité historique
35:53du rapport entre la gauche et la suprématie
35:56du juge ou du peuple.
35:58On y consacrera une émission, c'est promis.
36:00Elle est fondamentale.
36:02On va le temps filtrer.
36:04Puisqu'on faisait un peu d'archéologie
36:06sur la magistrature, ce qui est intéressant
36:08c'est de voir Bruno Retailleau reprendre
36:10à son compte les expressions qu'on avait
36:12un peu perdues de vue qui remontent
36:14aux années 70 sur les juges rouges,
36:16sur le syndicat de la magistrature.
36:18Alors, ça pose un vrai problème quand même.
36:21Moi je serais très attentif à ce que
36:23Gabriel Attal va dire, c'est qu'un ministre
36:25du gouvernement, François Bayrou,
36:27dénonce un syndicat de magistrats
36:29sous-entendant que la décision prise
36:31contre le Rassemblement national
36:33est quelque part prise par un syndicat
36:35ou à travers un prisme politique.
36:37Ça pose un vrai problème
36:39de solidarité gouvernementale.
36:41François Bayrou, vous évoquiez Bruno Retailleau
36:43sur France 2 hier soir qui donc parlait
36:45de juge rouge classé à gauche, pointant du doigt
36:47le syndicat de la magistrature. Je propose d'écouter
36:49la réponse, c'était ce matin sur France Info,
36:51du ministre des Outre-mer et ancien
36:53Premier ministre Manuel Valls.
36:55Nous sommes dans un moment où nous devons
36:57défendre des principes comme la séparation
36:59de la justice. Qu'on soit
37:01de droite et de gauche. Moi je suis un républicain
37:03de gauche mais avant tout je suis un patriote.
37:05Nous sommes dans un moment où il faut être clair
37:07et tous les mots ont leur importance.
37:09Moi je n'attaquerai pas la justice.
37:11Donc c'est une erreur de Bruno Retailleau ?
37:13Ça c'est vous qui faites les commentaires.
37:15Moi je défends des positions.
37:17Voilà, Manuel Valls ce matin sur France Info.
37:19Réaction de Patricia Elémonier.
37:21Il est clair dans ses propos.
37:23Je ne peux pas dire qu'il y ait une grande unité
37:25au niveau gouvernemental.
37:27Mais tout cela pose quand même une question
37:29qui m'inquiète globalement sur
37:31notre démocratie. C'est quand même
37:33la question du droit.
37:35La question de la justice.
37:37De voir ces attaques
37:39ou au contraire ces soutiens
37:41désordonnés sur un plan politique, j'ai envie de dire
37:43que moi j'aimerais qu'on
37:45retourne à une forme d'apaisement
37:47et qu'on laisse un peu les juges tranquilles
37:49faire leur travail. Effectivement
37:51chaque juge, et c'est bien conçu
37:53dans notre droit français, et je ne cesse
37:55de le répéter, le droit français permet
37:57en fait l'appel. Et ce qu'il a
37:59encore démontré là, alors que tout le monde
38:01criait, les juges, soit
38:03ils ont jugé en droit, disaient certains
38:05complètement, soit ils ont été laissés emporter
38:07par leurs aspirations
38:09politiques, mais en fait la justice française
38:11était capable de réagir et de montrer
38:13que le système pouvait donner
38:15un appel. Donc tout ça,
38:17laissons un peu tomber la pression
38:19et laissons notre justice
38:21même si on reconnaît
38:23effectivement grâce à l'appel que
38:25les juges restent des hommes.
38:27Oui, de un il y a un appel quand même fixé
38:29à l'été 2026, preuve que
38:31la justice peut se hâter.
38:33Il sera rendu au plus tard à l'été 2026.
38:35Quand elle considère que
38:37il faut aller plus vite.
38:39On sait qu'elle n'est pas déconnectée de la vie politique
38:41même si elle n'y est pas soumise, ça c'est la première chose.
38:43La deuxième chose, c'est qu'on oublie quand même
38:45un petit peu trop le jugement de première instance
38:47qui a montré quand même tout un système
38:49du rassemblement national organisé
38:51sur 11 ans, un véritable
38:53détournement des fonds du Parlement
38:55européen, pour lequel rappelons quand même
38:57que Marine Le Pen la première en 2013
38:59réclamait l'inéligibilité
39:01à vie pour les élus qui manquaient à leur
39:03devoir de probité. Donc on ne peut pas
39:05quand même faire comme si
39:07il ne s'était rien passé. Il y a 153
39:09pages d'attendus.
39:11C'est entièrement motivé.
39:13La juge explique d'ailleurs, pour tous
39:15ceux qui disent qu'il faut revenir sur
39:17la loi qui a rendu
39:19l'exécution provisoire obligatoire
39:21que non, elle n'appliquait pas ça.
39:23Elle n'appliquait pas ça.
39:25Il y a 63% qui reconnaissent que le jugement
39:27est bon. Il y a beaucoup de problèmes
39:29au niveau de la justice.
39:31Il va y avoir un appel et tout ça
39:33est parfaitement motivé.
39:35Je crois que de toute manière, le Rassemblement
39:37national, s'il est bien conseillé, va
39:39rapidement mettre en sourdine son discours
39:41anti-magistrat. Parce que quand on passe
39:43devant une instance d'appel qui finalement peut décider
39:45que
39:47Marine Le Pen soit
39:49candidate à la présidentielle ou pas,
39:51on a plutôt intérêt quand même
39:53à ne pas remettre en cause
39:55l'institution judiciaire, comme ça a été fait par
39:57Bardella, comme ça a été fait par Jean-Philippe Tanguy.
39:59Donc je pense que c'était pour
40:01marquer le coup et que dans les semaines
40:03qui viennent, si je dis qu'ils sont bien conseillés,
40:05qu'ils ont de bons avocats,
40:07ils vont comprendre qu'il vaut mieux composer
40:09avec les magistrats. Il sera
40:11toujours temps de dénoncer une erreur
40:13judiciaire par la suite. Et puis la deuxième
40:15chose sur le jugement,
40:17quand même, il ne faut pas sous-estimer
40:19l'impact de ce jugement à
40:21l'intérieur des rangs du Front national,
40:23du Rassemblement national. Pourquoi ?
40:25Parce que jusqu'à présent,
40:27l'idée, c'était un système
40:29où on faisait travailler des collaborateurs
40:31pour le parti point barre.
40:33Ils ont quand même découvert que
40:35le majordome,
40:37la tante, l'oncle, etc.,
40:39enfin qu'il y avait des gens qui vivaient
40:41confortablement grâce à ces
40:43rémunérations venues du Parlement
40:45européen et qu'ils n'avaient pas une activité
40:47politique. C'est-à-dire que c'était
40:49vraiment un train de vie qui était
40:51assuré grâce au Parlement européen.
40:53Et ça, ça fait du dégât dans ce parti
40:55parce que ce parti se veut le parti
40:57de l'ordre, de la rigueur, de la probité,
40:59du patriotisme. Et effectivement,
41:01ça fout tout en l'air.
41:02On a parlé du Rassemblement national,
41:04on a parlé du meeting aussi de Renaissance.
41:06Parlons en quelques mots de cette manifestation
41:08à gauche qui sera prévue à la mi-journée
41:10dimanche, place de la République, à l'appel
41:12donc des insoumis et des écologistes,
41:14mais pas des socialistes qui ont décidé
41:16de ne pas y participer. Écoutez le premier secrétaire
41:18délégué du PS et maire de Rouen,
41:20Nicolas Maillard-Rossignol.
41:22Nous avons dit que nous ne participerons pas.
41:24Pourquoi ? D'abord, il faut remettre
41:26les choses en place. Il y a d'abord une manifestation
41:28de l'extrême droite
41:30contre une décision de justice.
41:32C'est extrêmement grave.
41:34C'est pas une question de gauche
41:36ou de droite républicaine.
41:38Tous les démocrates devraient être rassemblés.
41:40C'est pour ça que nous n'irons pas à cette manifestation
41:42parce que cela donnerait l'impression
41:44que ce serait une partie de la gauche
41:46ou la gauche contre l'extrême droite.
41:48C'est pas ça le sujet.
41:50Je ne voudrais pas
41:52qu'on donne le sentiment
41:54que c'est un combat politicien.
41:56Nicolas Maillard-Rossignol, sur Public Sénat.
41:58Votre chaîne Tamtranuit.
42:00Les Filles et les Verts ont
42:02tort de manifester finalement en croire le PS ?
42:04En tout cas, ça montre
42:06une fois de plus à quel point c'est un petit peu compliqué
42:08au sein de la gauche de se mettre
42:10d'accord, y compris sur
42:12ces sujets-là. Moi je pense que le Parti
42:14socialiste n'a plus
42:16envie d'être associé non plus
42:18à la France insoumise.
42:20Et que dans ce
42:22moment, en plus là on prend Nicolas
42:24Maillard-Rossignol, qui est vraiment l'aile la plus éloignée
42:26possible de la France insoumise.
42:28Il n'a aucune envie. Il a plutôt
42:30envie de démélenchoniser au maximum
42:32les rangs par les socialistes. L'argument sur la politisation du débat,
42:34c'est un faux argument ?
42:36Je pense que
42:38la plupart des élus socialistes à qui on a
42:40posé la question nous ont dit
42:42on ne voit pas pourquoi trop
42:44on irait, mais je ne suis pas sûre qu'ils avaient
42:46réellement réfléchi
42:48plus que cela à la question, en dehors du fait
42:50qu'ils n'avaient pas forcément envie de défiler
42:52à côté de LFI
42:54et des écologistes, et qu'ils avaient plutôt
42:56envie d'appartenir à la
42:58grande famille, si on reprend tout à l'heure, de la rationalité
43:00et de la raison, et
43:02que ce n'était pas forcément quelque chose de très politique.
43:04Oui, cette manifestation va être
43:06la répétition de la manifestation du
43:0822 mars, organisée par LFI
43:10et d'autres
43:12organisations, mais qui n'a pas rassemblé
43:14une grande foule.
43:16Pourquoi ?
43:18Parce que ce sont des manifestations
43:20au lendemain, on peut défiler
43:22tous les jours contre l'extrême droite
43:24mais ça ne va pas changer grand chose.
43:26Et c'est ça le problème de ces manifestations.
43:28Cette manifestation, officiellement
43:30elle est pour le respect de l'état de droit
43:32et contre l'extrême droite. Très bien, il y aura
43:3420 000, 30 000 personnes qui vont défiler,
43:36il y aura quelques légers incidents à la fin,
43:38on connaît le scénario
43:40par cœur, on sait comment ça va se dérouler, mais
43:42il n'y aura pas de lendemain, ça ne va pas changer
43:44le rapport de force dans le pays. Et cette
43:46absence de stratégie, c'est ça qui fait
43:48finalement que ce mouvement
43:50de manifestation s'épuise, parce que les gens
43:52se disent, bon, à quoi bon y aller,
43:54ça ne va pas changer grand chose.
43:56Oui, ce qui est un tout petit peu, je rajoute à vous,
43:58ce qui est quand même intéressant, c'est, très rapide,
44:00ce qui est intéressant, c'est que la gauche socialiste
44:02et même communiste s'interrogent
44:04et là, cette journée
44:06est aussi quand même un symbole d'une fracture.
44:08Je pense qu'il y aura quand même
44:10malgré tout un avant et un après.
44:12Une fracture au sein de la gauche, c'est cette journée de dimanche
44:14qui sera très remplie avec tous
44:16ces meetings. La dernière partie des informés,
44:18les cartes blanches de nos invités. Dans un instant,
44:2020h47,
44:22le fil info l'aura du lieu.
44:24Le ministre de l'Industrie Marc Ferracci
44:26annonce la tenue mardi d'un conseil national
44:28de l'industrie après les nouveaux droits de douane
44:30annoncés par Donald Trump. Les bourses
44:32européennes dégringolent encore aujourd'hui
44:34et aux Etats-Unis, le président de la réserve
44:36fédérale américaine dit craindre
44:38moins de croissance, plus d'inflation
44:40et plus de chômage. En Ukraine,
44:42une frappe russe fait au moins 14
44:44morts dans le centre du pays. Il y a plus
44:46de 50 blessés, preuve que
44:48Moscou ne veut pas de trêve,
44:50réagit Volodymyr Zelensky.
44:52Les livreurs indépendants gagnent de moins
44:54en moins bien leur vie d'après l'autorité
44:56de régulation du secteur qui révèle
44:58la chute drastique de leurs revenus
45:00entre 2021 et 2024.
45:02En tenant compte de l'inflation, leur taux
45:04horaire chute par exemple de plus de 34%
45:06chez Uber Eats.
45:08Toujours pas de train en gare de Tours
45:10et selon la SNCF, ça va durer au moins jusqu'au
45:1228 avril. A cause de l'industrie
45:14d'un poste d'aiguillage le week-end dernier,
45:16des centaines de câbles et des milliers
45:18de fils électriques ont été endommagés.
45:20En attendant, le trafic est reporté
45:22en gare de Saint-Pierre-des-Cors.
45:24France Info
45:2620h,
45:2821h,
45:30les informés,
45:32Victor Mathey. Allez, on termine
45:34comme d'habitude avec les cartes blanches
45:36de nos informés. Serge Faubert, on commence
45:38avec vous. Vous avez choisi ce soir
45:40de revenir sur la manifestation
45:42contre le Hamas organisée mercredi dernier.
45:44C'était le 26 mars à Gaza,
45:46la plus importante depuis le 7 octobre
45:482023 et qui a eu pourtant un faible
45:50écho, notamment en France.
45:52D'abord, je trouve ces gens extrêmement
45:54courageux parce qu'ils sont en situation
45:56de guerre et ils sortent dans
45:58les rues et ils crient au Hamas d'arrêter
46:00parce qu'ils en ont marre.
46:02Ça mérite d'être salué.
46:04Tous les défenseurs de la cause
46:06palestinienne en France, à juste titre
46:08on dirait, j'ai remarqué que là-dessus,
46:10ils étaient totalement silencieux au sein
46:12de la classe politique. Pas un mot. C'est passé
46:14en dessous du radar. Je trouve que c'est
46:16dommage. Comment vous l'expliquez, Patricia
46:18Lémonière, ce silence
46:20de la classe politique ?
46:22Ah, vous n'écoutiez pas.
46:24Alors bon, franchement,
46:26j'étais plongée.
46:28Non, non, le silence de la classe politique par rapport
46:30au Hamas, mais parce que
46:32c'est une question...
46:34Oui, mais c'est parce que c'est une question. D'abord,
46:36le monde est complètement chamboulé par ce qui est en train
46:38de se passer. Donc, les gens sont pris ailleurs.
46:40Et puis aussi, tout ce qui
46:42touche à Gaza est totalement
46:44inflammable. Et donc, il y a un
46:46facteur de division profonde au sein
46:48même des camps
46:50politiques. Et donc,
46:52la classe politique...
46:54Ça va empêcher les uns et les autres d'affirmer
46:56des choses pendant longtemps. Oui, mais elle reste très
46:58prudente. Et sur cette manifestation
47:00à Gaza, cette manifestation est dérangeante
47:02parce que tout le monde se pose la question
47:04est-ce qu'ils sont manipulés ? C'est un espoir.
47:06Mais, si vous voulez,
47:08elle reste dérangeante parce qu'elle
47:10bouleverse certaines certitudes dans le camp de
47:12Alephi. Enfin, vous voyez, c'est trop
47:14à la limite. Elles se poursuivent. Aujourd'hui,
47:16encore, il y avait des gens qui demandaient au
47:18Hamas de se retirer et de
47:20rendre les armes. On passe à votre carte
47:22blanche. Non, mais moi, je vais passer ma carte blanche.
47:24Vous allez la faire après, Patricia Alemonière.
47:26Un peu de patience,
47:28à propos de la commission d'enquête du
47:30Sénat, tout autre sujet, qui travaille sur
47:32les aides publiques aux entreprises. Oui, et qui
47:34auditionne déjà depuis trois bonnes
47:36semaines énormément de
47:38grands patrons. Alors, c'est une commission d'enquête
47:40qui a été lancée dans le sillage, un petit peu,
47:42de la fermeture des sites Michelin,
47:44de Cholet, de Vannes, et qui se pose la question
47:46de savoir, faut-il
47:48donner des aides publiques à des entreprises qui
47:50licencient ? Alors, c'est une commission d'enquête
47:52qui a été constituée à la demande du groupe
47:54communiste. Et donc, ça donne lieu
47:56à des échanges assez intéressants,
47:58assez vifs entre des grands patrons.
48:00Il y a eu le PDG de Michelin, il y a eu
48:02Google France, qui n'avait pas fait son travail,
48:04qui était venue avec zéro chiffre et qui s'est
48:06fait recevoir comme
48:08il se doit par les sénateurs.
48:10Et puis, il y a eu, par exemple,
48:12Patrick Pouyanné, avec une audition très
48:14intéressante, où il a dit, vous savez, moi,
48:16les aides publiques, je pense que c'est très bien pour
48:18une entreprise qui va mal, mais je pense aussi que
48:20quand ça va mieux, quand il y a un retour
48:22de bonne fortune, ce sont là ses mots, il faudrait
48:24les rendre. Voilà, on a vu
48:26Patrick Pouyanné se mettre d'accord avec un
48:28sénateur communiste. Et donc,
48:30tout ça, ça va se poursuivre. Il y a
48:32encore énormément d'auditions la semaine
48:34prochaine. Il y a Vinci, il y a Exxon
48:36Mobil, qui, je rappelle, licencie plus de
48:38600 personnes sur son site de Gravenchon
48:40près du Havre. Et puis,
48:42une petite annonce, au mois de mai,
48:44le 13 mai, très exactement,
48:46il y aura le PDG de Kering, François-Henri
48:48Pinot, qui sera également auditionné par la
48:50commission d'enquête du Sénat. – Est-ce que les droits
48:52de douane s'invitent dans le débat ou c'est hors sujet
48:54pour eux ? – Je pense qu'il peut y avoir des
48:56questions au passage, effectivement,
48:58mais je vous le dis, il y a aussi
49:00plusieurs commissions qui vont travailler
49:02de toute façon sur ce sujet, des droits de douane,
49:04commission des affaires économiques, affaires
49:06européennes et affaires étrangères. Tout cela
49:08est bien sûr à suivre sur le site de Public Sénat
49:10et sur Public Sénat. – Voilà,
49:12le message est passé.
49:14Je passe la parole, justement,
49:16à votre voisine, Véronique Reissoult.
49:18Ce qui a retenu votre attention à vous, Véronique,
49:20c'est l'attaque des médias français contre Google.
49:22– Mais oui, on a parlé tout à l'heure des
49:24droits de douane, on a parlé de la complexité,
49:26on oublie que dans les
49:28produits américains, il y a des services,
49:30et dans les services, il y en a qui sont un petit peu
49:32coincés. Aujourd'hui, vous avez Microsoft
49:34qui fêtait ses 50 ans, donc c'est pas
49:36tout à fait ça, mais on se sent toujours un peu démuni,
49:38parce que qu'est-ce qu'on fait face à ça ? Eh bien, figurez-vous
49:40que les médias français, eux,
49:42ont relevé le défi, ils vont s'attaquer
49:44aux GAFAM, ou plus exactement F
49:46des GAFAM, donc Facebook,
49:48et c'est pas mal de savoir que les médias français
49:50se réunissent, donc vous avez plus de 100
49:52titres de presse, vous avez la télévision
49:54et la radio aussi qui se sont réunis,
49:56Radio France d'ailleurs fait partie de ce combat,
49:58voilà, ils dénoncent des pratiques
50:00publicitaires qui sont déplacées,
50:02le fait que les données personnelles
50:04sont utilisées, et donc ils réclament
50:06un dédommagement de plusieurs centaines de millions,
50:08et ils osent, et ils se disent que voilà,
50:10on ne se laissera pas faire,
50:12donc les médias français sont
50:14culottés, et ils ont bien raison.
50:16– Et pour vous poser la question que l'on vous pose
50:18classiquement, est-ce que cela fait réagir
50:20sur les réseaux sociaux ? – Oui, ça fait réagir,
50:22entre autres le sujet des services
50:24par rapport aux droits de douane qui font beaucoup réagir,
50:26on l'a dit, c'est un sujet qui revient de façon récurrente
50:28parce que dire, et si
50:30on est obligé de taxer par exemple Microsoft
50:32si je reviens à eux, mais
50:34les entreprises américaines,
50:36les incidences pour les français
50:38et pour tous les pays risquent
50:40d'être très élevées, parce que les entreprises
50:42vont devoir payer plus cher, donc elles vont le répercuter,
50:44et en fait il y a beaucoup de débats autour de ça,
50:46on parle beaucoup de l'industrie, mais les services
50:48c'est un sujet, et les américains nous tiennent bien,
50:50les données sont stockées quelquefois
50:52dans des, on va dire
50:54des serveurs qui sont sur le territoire,
50:56mais la réalité c'est que tout appartient
50:58à des américains, donc on n'a pas trop de solutions
51:00pour le moment, ça prend un peu de temps à développer.
51:02– Voilà, il vous a fallu attendre quelques minutes
51:04Patricia Ellemolière, mais ça y est.
51:06– Je me suis tellement déstabilisée tout à l'heure
51:08par votre question. – Voilà, mais c'est à vous,
51:10vous avez le temps de vous préparer.
51:12– Alors j'ai soufflé, je me suis…
51:14– Vous avez envie ce soir de nous parler de
51:16la réelle politique à la française.
51:18– Oui, enfin j'ai envie de dire,
51:20avant on était quand même bien
51:22enserrées sur nos certitudes,
51:24la démocratie libérale,
51:26c'était le monde du bien,
51:28avec ce monde du bien étaient attachés
51:30les valeurs du droit, le droit des peuples,
51:32la justice, les droits de l'homme,
51:34c'était le camp du bien,
51:36et incarnant ce camp du bien,
51:38l'Amérique qui nous protégeait
51:40du mal et de la Russie
51:42qui pouvait nous valoir le plus,
51:44qui nous voulait le plus grand mal.
51:46Et voilà que le tsunamisme trumpia
51:48chamboule totalement notre notion
51:50de bien et de mal,
51:52nos démocraties sont chamboulées,
51:54alors avant on faisait bien
51:56quelques petites entorses, on allait voir MBS,
51:58mais bon on se rattrapait en disant
52:00à nos amis africains qu'il fallait
52:02qu'ils instaurent la démocratie chez eux
52:04et un peu plus qu'ils respectent les droits de l'homme,
52:06on se rassurait comme ça. Mais là maintenant c'est fini,
52:08on met le camp du bien à la poubelle,
52:10les droits de l'homme à la poubelle,
52:12on va aller négocier avec
52:14qui l'on peut, et en particulier
52:16aujourd'hui l'Europe négociée
52:18avec les pays d'Asie centrale,
52:20l'Azerbaïdjan, le Kadjikistan,
52:22qui ne sont pas quand même
52:24les pays des droits de l'homme,
52:26mais c'est pas grave,
52:28exactement de l'Union Européenne,
52:30avec ces pays là, c'est pas grave,
52:32il faut qu'on sauvegarde une seule chose,
52:34c'est notre approvisionnement en pétrole
52:36et en matières rares, et pour ça
52:38on est prêt à jeter nos beaux principes
52:40pour l'instant à la poubelle.
52:42Et on ne vous oublie pas Franck Dedieu,
52:44votre carte blanche à vous ce soir.
52:46Alors, moi c'était sur l'inflation,
52:48alors je ne vais pas faire
52:50l'hypologie de l'inflation,
52:52dites-nous jusqu'à quelle année on revient.
52:54Non, non, non, mais simplement
52:56tout le monde dit
52:58c'est horrible,
53:00les gens vont perdre en pouvoir d'achat,
53:02il faut voir que l'inflation
53:04c'est ce qui a permis
53:06d'abord de rembourser la dette,
53:08parce qu'on se pose tous la question de savoir
53:10comment on va rembourser la dette,
53:12on n'a jamais en France remboursé la dette
53:14par une augmentation des impôts ou par une baisse des dépenses,
53:16on a toujours remboursé la dette
53:18par l'inflation, et le choix qui a été fait
53:20en mars 83 par exemple,
53:22pardon je reviens
53:2440 ans plus tard,
53:26mais le choix qui a été fait
53:28c'était celui d'une monnaie forte,
53:30c'était celui de la lutte contre l'inflation,
53:32alors c'est bien beau,
53:34mais on a bien vu que la classe moyenne a payé
53:36un prix fort, et que la dette
53:38a forcément largement augmenté,
53:40je veux dire que l'inflation
53:42si elle est maîtrisée,
53:44si elle est accompagnée
53:46d'un coup de pouce salarial,
53:48elle n'est pas en soi mauvaise, au moins elle permet
53:50de rembourser la dette, et d'ailleurs
53:52dans la sortie de Trump
53:54sur les droits de douane,
53:56il y a aussi cette idée qu'au fond
53:58on sait qu'on va pouvoir rembourser
54:00la dette par des taux d'inflation
54:02qui sont élevés, tout simplement parce qu'on fait le choix
54:04d'avantager celui qui est endetté
54:06et on fait le choix de désavantager
54:08celui qui est le créancier,
54:10voilà pourquoi la bourse est en train de baisser,
54:12parce que ce choix là, elle défavorise
54:14celui qui a les créances, celui qui a l'argent,
54:16alors ça ne veut pas dire que c'est fait
54:18intelligemment, ça a été dit,
54:20c'est fait de façon très
54:22sommaire,
54:24un peu épaisse, sans tenir compte
54:26des secteurs, des pays,
54:28ça c'est vraiment très dommageable,
54:30mais je pense qu'il faut peut-être
54:32voir les choses avec
54:34un peu plus de recul.
54:36Un tout petit mot Patricia Lemoyère.
54:38Mais Trump, nous on pense tous qu'il va être
54:40battu au mid-terme, mais il est peut-être fait
54:42pour rester encore 8 ans,
54:44il peut se reposer, il peut
54:46changer la loi électorale.
54:48C'est un peu plus compliqué que ça.
54:50Ce serait un peu plus compliqué.
54:52On en reparlera les autres fois.
54:54Ça peut être vendredi, donc 8 ans encore.
54:56C'est un autre scénario qui serait possible.
54:58Franck Dedieu, tiens, la une de Marianne
55:00C'est une forme interrogative,
55:02je précise.
55:04Les juges contre le peuple,
55:06on se pose la question sans faux semblant,
55:08parce que, je l'ai évoqué,
55:10ce bras de fer entre la souveraineté
55:12populaire et la légitimité
55:14d'un juge dans un état de droit
55:16est extrêmement intéressant.
55:18Merci à tous d'être venus
55:20ce soir dans le studio de France Info
55:22pour les informer.
55:24Merci aussi à tous ceux qui ont préparé et réalisé
55:26cette émission, les informer.
55:28A demain, très bonne soirée à tous.