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00:0018h17 de retour dans Punchline sur CNews et sur Europe 1. 61% des Français pensent dans
00:17un sondage CSA pour CNews, Europe 1 et le JDD que la démocratie fonctionne mal aujourd'hui
00:22en France. Honnêtement, il y a évidemment une majorité à droite, à la droite dans
00:28la droite nationale aussi, mais la gauche aussi, 41% des personnes de gauche interrogées
00:33pensent que la démocratie fonctionne mal. Ce n'est pas quand même ça le vrai sujet,
00:36Eugénie Bastier, qui veut prendre la parole. On parle de la justice, on parle de l'éducation,
00:42on parle de toutes les institutions de notre pays, ça fonctionne mal.
00:47Je crois qu'il y a un véritable malaise démocratique qui est identifié depuis très
00:50longtemps et que cette décision de Marine Le Pen ne va faire que renforcer. Et ce que
00:55le philosophe Marcel Gaucher appelle le nœud démocratique, c'est-à-dire cette espèce
00:58de dépossession du pouvoir du peuple. La démocratie, c'est censé être le pouvoir
01:04du peuple, c'est-à-dire les gens, on élit des politiques qui ont une action sur le réel
01:09et ils ont le sentiment qu'effectivement, voter soit ne sert plus à rien, que le pouvoir
01:15n'est plus entre les mains des politiques, mais soit entre les mains des juges, soit
01:19dans des institutions européennes lointaines. Et je crois que ce sentiment, il est très
01:22profond et que cette décision envers Marine Le Pen va, je pense, marquer profondément
01:27l'opinion, un peu comme le nom à la Constitution européenne en 2005 qui avait été bafoué
01:33par la suite. Je pense que ça fait partie de ces décisions qui auront un impact profond
01:38sur l'opinion, sur la défiance envers les institutions, au-delà même du cas Marine
01:44Le Pen. Un instant, la procureure générale de Paris
01:48estime que l'accélération du calendrier judiciaire concernant Marine Le Pen n'est
01:52pas un désaveu du jugement précédent. Parce qu'on a entendu beaucoup ça à partir
01:57du moment où hier, la Cour d'appel a dit je vais me saisir du dossier Marine Le Pen
02:01à l'été 2026. Tout le monde a dit désaveu de la première instance. Non, dit la procureure
02:07générale de Paris, Jules Torres. Non, je pense qu'en effet, ce n'est pas un
02:11désaveu. Et d'ailleurs, on peut se donner rendez-vous dans un an et demi sur ce plateau
02:16et on verra qu'à priori, la juge de deuxième instance ne dédiera pas la juge de première
02:22instance. En revanche, ce qu'on peut dire, c'est que la justice dans ce cas-là a voulu
02:26être irréprochable et n'a pas laissé le flanc, si je peux dire, à la critique.
02:31Il y avait évidemment, et c'est la raison pour laquelle Marine Le Pen a fait une contre-offensive,
02:35une riposte très offensive et très rapide au JTTF1 lundi soir, c'est parce qu'elle
02:40voulait un appel le plus tôt possible. Et Gauthier Lebrecht confirmera, les personnes
02:46du Rassemblement national que nous avions, le capitaine Marine Le Pen, son entourage,
02:49il voulait un appel le plus rapidement possible. Et honnêtement, l'été 2026, pour le jugement,
02:56c'est ce qu'il pouvait espérer de mieux. Qu'en pensent les Français ? Écoutez-les
02:58sur cet appel en 2026 qui entrouvre un tout petit peu le calendrier judiciaire pour Marine
03:04Le Pen. Écoutez leur réaction.
03:05Elle est condamnée, elle est condamnée. Quand on pique dans la caisse et qu'on donne
03:10des leçons à tout le monde, il faut savoir à quoi s'attendre.
03:13Si on peut lui donner la possibilité de faire ça avant, comme ça, ça lui donne une occasion
03:17de se présenter encore aux élections.
03:19Je ne veux pas gêner du fait qu'on lui accorde une priorité par rapport à tous les autres
03:22citoyens qui se retrouvent dans des situations où ils doivent aussi potentiellement pouvoir
03:26faire appel à l'administration et aux juridictions. Donc je ne vois pas pourquoi on lui donnerait
03:30à elle plus qu'à d'autres un droit de priorité.
03:32Par contre, ce n'est pas normal que la justice soit si lente dans le pays. Et donc, ce n'est
03:35pas très juste vis-à-vis de tous les autres. Mais compte tenu, ce n'est pas un cas qui
03:39va non plus ralentir le reste de la justice.
03:42C'est intéressant ce que disent les Français. Oui, ce n'est pas normal qu'il faille plus
03:46d'un an ou un an et demi ou parfois deux ou trois ans pour avoir un appel dans notre
03:50pays. Edouard Tétrault sur ce cas précis.
03:53Oui, je vais juste faire deux remarques en bandoulière. La première, c'est qu'on regarde
04:012026 pour 2027. En fait, on passe au-dessus des prochaines élections en France qui seront
04:08les municipales. Et peut-être qu'il est intéressant de faire des projections sur
04:14le nombre de mairies qui vont être gagnées par le Rassemblement national après cet effet
04:20de sidération et de souffle. Voilà ma première remarque.
04:24La deuxième remarque, sans être le constitutionnaliste que je ne suis pas, mais il y a un chemin
04:30qui n'est pas judiciaire pour assurer l'éligibilité ou le fait qu'une personne qui représente
04:3913 millions de voix puisse participer à l'élection présidentielle en 2027. Le chemin non judiciaire,
04:46le chemin législatif, c'est l'amnistie. La constitution prévoit que si les deux chambres
04:58votent l'amnistie, Marine Le Pen... Oui, mais je trouve intéressant... Est-ce que
05:06ce n'est pas François Bayrou qui avait donné son parrainage à Marine Le Pen dans le cadre
05:13de la banque mondiale ? Je trouve intéressant, sur le principe, de saisir les responsabilités
05:23d'une des autres. Alors, je pense qu'une loi d'amnistie a zéro chance de passer aujourd'hui
05:28avec l'Assemblée nationale que nous avons. Et je pense même que la PPL d'Éric Ciotti,
05:32proposition de loi pour faire sauter l'exécution provisoire en cas de peine d'inéligibilité...
05:38Difficile à dire... Vivement que ce mot sorte de l'actualité... A aussi peu de chance de passer.
05:43J'ai été surpris tout à l'heure en entendant Karl-Oliv de l'aile droite de Renaissance. Déjà,
05:48l'aile gauche, c'est terminé, ils voteront contre. Donc, c'est les Priscat-Evneau et Gabriel Attal,
05:52les Attalistes. Karl-Oliv, je me suis dit, il va voter pour. Eh ben non, il votera contre aussi,
05:56c'est ce qu'il a dit tout à l'heure au micro d'Europe 1. Donc, c'est-à-dire que vous n'aurez
06:00très peu de voix de Renaissance à partir de ce moment-là. Bonne chance pour faire passer ce texte.
06:04Les Insoumis, ça peut être surprenant, mais peut-être que Jean-Luc Mélenchon peut voter. Donc,
06:11on verra. On peut toujours avoir des surprises. Mais sur le malaise démocratique, oui, je pense
06:17que c'est vraiment l'enjeu. Et si, dans cette décision, il peut en sortir de bon, c'est qu'on
06:22aille au fond du sujet. Et je pense que, moi, il faut critiquer le système. Et ça va bien au-delà
06:28de Marine Le Pen. On a des institutions qui ne représentent plus les Français ordinaires. En
06:35fait, il y a une coupure entre les élites et le peuple. Et je pense que, normalement, la justice
06:40doit être le reflet des mœurs de la société de l'époque. Je pense qu'elle ne l'est plus. C'est-à-dire
06:46qu'on a une société qui réclame de la fermeté en matière de délinquance ordinaire. La justice
06:51refuse de lui donner et qui réclame finalement de la démocratie, de la souveraineté, quand ce qui
06:57concerne la politique. Il y a une justice qui veut faire de la politique et faire de la morale
07:01avec les politiques. C'est une illustration de cette coupure entre les élites et le peuple. Mais
07:07on la retrouve également dans certaines institutions. Les institutions ne sont pas intangibles. On peut
07:13les changer. Et pour rebondir à ce que disait Gauthier, a priori, il y a quand même une voie
07:18de passage sur cette question de la loi. Tout tient entre guillemets entre les mains de Mathilde
07:23Panot. C'est-à-dire qu'avec le Rassemblement national, 143 députés, le MoDem, ils ont une
07:30position historique contre l'exécution provisoire. En 2016, la loi Sapin, ils avaient même voté contre
07:35leur premier ministre François Bayrou. En tout cas, les députés du MoDem, par exemple Philippe
07:43Biget, qu'on a reçu hier soir sur Europe 1, a dit qu'il était complètement favorable à cette loi-là
07:48et sans doute même qu'il la voterait. Donc la question, c'est le positionnement de la France
07:52insoumise. Il y a 70 députés de la France insoumise. Est-ce qu'ils voteront pour ? Est-ce
07:56qu'ils voteront contre ? Ou est-ce qu'ils s'abstiendront ? S'ils s'abstiennent, objectivement,
07:59il y a une voie de passage. Ils ne voteront pas pour, a priori, parce que ça vient d'Éric
08:05Ciotti et qu'évidemment, c'est la peste brune. Il ne peut pas voter un texte, donc il y a quand
08:08même une voie de passage. Il n'y a que le RN qui vote dans votre équation ? Non, il y a ceux du
08:12MoDem, il y a ceux de la droite républicaine également. On n'est pas dans une motion de censure,
08:16il n'y a pas besoin de la majorité. Écoutons François Bayrou, parce que vous évoquiez le
08:22trouble dans la famille politique de François Bayrou après ses propos. Il s'est expliqué cet
08:26après-midi. Écoutez-le. Vous avez dit quelque chose qui est inexact. Jamais la question de
08:32l'inégibilité n'a fait l'objet d'interrogations ou de critiques. Le seul sujet qui a été mis en
08:39interrogation, et depuis longtemps, c'est le sujet sur l'exécution provisoire des décisions,
08:48parce que, évidemment, comme on l'a vu, comme bien de vos collègues l'ont dit, ce sujet-là
08:56mérite interrogation. S'il y a interrogation, c'est le Parlement qui doit s'en saisir. C'est le
09:02Parlement qui l'a défini, c'est la loi, c'est en vertu de la loi que la décision a été prise. Si la
09:08loi doit être discutée, c'est au Parlement. Et Gérard Larcher, le président du Sénat,
09:13se dit prêt à évaluer cette loi Sapin 2. Une leçon qui doit être retenue, à mon avis,
09:18de cette séquence, c'est aussi la démagogie de la transparence, parce qu'on a des hommes
09:22politiques qui, après l'affaire Cahuzac, se sont rués dans cette peine d'inéligibilité qui est
09:30absolument absurde. Moi, je pense que la peine d'inéligibilité, elle ne devrait pas exister,
09:33parce qu'on ne devrait pas... En cas de crime grave, un criminel ne peut pas se présenter.
09:40Moi, je pense qu'on devrait laisser le choix aux électeurs. S'ils ont envie de lire un pourri ou
09:44quelqu'un qui a purgé sa peine et qui a payé pour la société et qu'ils ont envie de les lire
09:48ensuite, ils ont le droit. Mais le problème, c'est que c'est la démocratie. Mais voilà,
09:52on a eu l'émotion de l'affaire Cahuzac, souvenez-vous, tous ces délires de la transparence
09:58qu'aujourd'hui on paye, puisque plus personne ne veut faire de la politique. C'est devenu un
10:01enfer absolu. La gauche était prise cette claque en pleine figure. Oui, d'accord, mais tout le monde
10:05s'est mis. Marine Le Pen était la première à demander l'inéligibilité à vie pour ses opposants
10:08politiques. Et c'était une surenchère de démagogie qu'on paye aujourd'hui. Et je crois qu'il faut
10:15prendre garde à cette espèce de culte de transparence qui est en train de dégoûter
10:18les gens de la vie politique, la vie publique, parce que c'est devenu un enfer absolu de se
10:22présenter à une élection, d'être élu, ensuite de retrouver un emploi après son élection.
10:25Et après, de passer devant des contrôles de l'autre autorité. C'est d'ailleurs la raison
10:28pour laquelle il y a aussi en politique une crise des vocations, comme dans de nombreuses professions.
10:33Mais en effet, je suis d'accord avec Eugénie, ce sont les politiques qui se sont mis eux-mêmes
10:36dans cette situation-là. Marine Le Pen la première. La gauche, je n'en parle même pas. La droite,
10:40qui n'a jamais déposé de proposition de loi en ce sens, mais j'ai souvenirs de François Fillon,
10:47de M. Laurent Wauquiez, qui sont quand même des politiques estimables, mais qui allaient
10:51aux 20 heures de TF1 ou Trans2 pour donner leur déclaration de patrimoine, alors que rien ne les
10:55obligeait. Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ? À chaque fois, ça leur revient dans la
10:59figure. Voilà, ils payent aujourd'hui les conséquences de ce en quoi ils ont contribué.
11:05Alexandre de Vecchio, on ne vous entend pas. Je suis d'accord avec ça. Effectivement,
11:16il y a eu une forme de lâcheté politique qui a cédé face à la pression médiatique et qui peut-être
11:24était heureuse de ne pas être responsable. Parce qu'au-delà même de la lâcheté, de la volonté de
11:29laver plus blanc que blanc, sur beaucoup de choses, ils ont laissé la main au juge en se disant,
11:33ce n'est pas nous, ce sont les juges. Alexandre, rappelez-vous, on avait une liste des comptes
11:37publics qui avaient d'un compte à l'étranger. C'était hallucinant. Oui, c'était l'émotion de
11:44l'affaire Kellysac qui, effectivement, a conduit à ça. Certains ont voté contre la loi Sapin à
11:49cette époque. Les deux députés FN ont voté contre. Certains LR avaient voté contre. On pouvait
11:55se mettre un peu d'eau fraîche sur la figure et ne pas réagir à l'émotion. Bien sûr, il y a eu
11:58cette démagogie-là. Maintenant, rien n'empêche de revenir en arrière sur cette histoire d'exécution
12:06provisoire. Mais beaucoup plus largement, je crois qu'en fait, je parlais tout à l'heure de crise de
12:12la démocratie. Ce que le peuple, à mon avis, reproche aux politiques, ce n'est pas tant d'être
12:17pourri, même si ça aggrave la situation, c'est d'être... Ça revient quand même, beaucoup dans
12:21ce que nous vivons. Mais si vous voulez, ça revient parce qu'ils sont inefficaces, d'abord. Je pense
12:26que si le pays était prospère, si la sécurité régnait dans les rues, on leur en voudrait beaucoup
12:33moins pour tout le reste. Donc, en fait, ils ont voté des lois de moralisation parce qu'ils étaient
12:39impuissants. Et moi, je crois qu'ils devraient, au contraire, reprendre les manettes, essayer de
12:43faire des choses pour les Français. Et la transparence, moi, je me fous de connaître
12:48leur déclaration de patrimoine. Et à contrario, est-ce que cette affaire, effectivement, peut nuire
12:53au Rassemblement national, qui se disait différent des autres partis, qui disaient qu'il n'avait pas
12:58exercé le pouvoir et qui, finalement, se fait condamner ? Moi, je veux bien répondre là-dessus. Je pense que
13:04vous avez vu, Marine Le Pen a poussé le curseur par rapport à sa stratégie de normalisation. Mais
13:09elle est au maximum de ce qu'elle veut faire, pas de ce qu'elle peut faire. Elle pourrait pousser le
13:13curseur. Mais en disant décision politique, Jordan Bardella, qui disait face à vous, tyrannie des
13:17juges rouges, il faut sauver la démocratie, nous ne sommes plus en démocratie, a dit Marine Le Pen,
13:24mais aussi son allié Éric Ciotti. Le discours pour un parti qui s'est normalisé sur la
13:31décennie qui vient de s'achever, ce n'était pas habituel dans la bouche de Marine Le Pen. Donc,
13:35elle a quand même monté le curseur, mais elle n'est pas allée au maximum de ce qu'elle pourrait
13:39faire dans le discours. On verra, évidemment, le Rassemblement de dimanche, mais elle met le
13:44mot pacifique dans chacun de ses tracts. A chaque fois qu'on parle de ce rassemblement, il y a le
13:49mot pacifique. Elle condamne tout de suite chaque menace contre les magistrats qui ont décidé de
13:54la rendre inéligible. Donc voilà, on sent bien qu'il y a quand même de la mesure. Ce n'est pas
13:58Donald Trump. Elle n'appelle pas ses partisans à marcher sur l'Assemblée nationale. Voilà,
14:03Donald Trump, il est capable de suspendre. Vous avez vu qu'il est capable de suspendre des
14:07protections policières face à ses opposants depuis qu'il est de retour à la Maison Blanche.
14:12Il va nous annoncer ce soir des droits de douane que vous traiterez, évidemment,
14:18dans 100% Politique. Ce n'est pas dit, je pense que je vais faire deux heures sur Marine Le Pen.
14:21Non, je pense que l'actualité est importante à l'international aussi. Elle pourrait avoir
14:25des grandes répercussions sur notre pays.