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00:00Il est 18h01, bienvenue dans Punchline sur CNews et sur Europe 1.
00:10Tout de suite bien sûr, cette décision historique, Marine Le Pen condamnée à une peine de 4
00:14ans de prison, dont 2 fermes, a effectué sous bracelet électronique, c'est l'affaire
00:19des emplois des assistants parlementaires européens du RN, et tout cela a sorti d'une
00:23peine d'inéligibilité de 5 ans, avec effet immédiat, ce qui veut dire qu'elle ne pourra
00:28pas se présenter aux élections présidentielles.
00:30On va rejoindre nos envoyés spéciaux devant le siège du RN dans un instant, tout de suite
00:34on écoute Maître Rosdol Boslu, l'avocat de Marine Le Pen, il annonce qu'elle va faire
00:39appel.
00:40Eh bien d'abord en indiquant que nous allons faire appel, ce qui est le premier point,
00:45le deuxième point c'est que je suis assez, je le dis lourdement et solennellement, assez
00:51consterné de voir que l'un des motifs qui permet pour le tribunal de retenir l'exécution
00:59provisoire est l'exercice par Madame Le Pen d'une défense.
01:05La présidente a indiqué que parce que Madame Le Pen, comme les autres prévenus, avait
01:11exercé les droits de la défense, comme par exemple demander une prescription, ce qui
01:15est quand même la base de n'importe quelle défense, de n'importe quel prévenu, eh
01:20bien il y avait un risque de réitération ou de récidive.
01:23C'est totalement, absolument incroyable.
01:27Il y a une forme de criminalisation de la défense que je trouve, pour ma part, extrêmement
01:33scandaleuse.
01:34Donc voilà pour cet appel, mais qui évidemment ne concernera pas le mandat, les futurs mandats
01:39éventuellement de Marine Le Pen, puisque cette peine a exécution provisoire, donc
01:43elle est définitive pour l'instant, Gauthier Lebret.
01:45Je vous passe la parole dans un instant, mais tout de suite, Maxime Legay, vous êtes devant
01:49le siège du Rassemblement National avec Jean-Laurent Constantini, réunion de crise
01:52depuis la mi-journée, au moment où Marine Le Pen a quitté la salle d'audience parce
01:56qu'elle avait compris que, évidemment, la partie était jouée.
02:00Que se passe-t-il en ce moment ?
02:01Oui, bonsoir Laurence, eh bien tout simplement, nous sommes en train d'attendre la sortie
02:08du quartier général du RN de Marine Le Pen, ou bien de Jordan Bardella, et pour tout vous
02:12dire Laurence, nous ne sommes pas seuls, il y a près de 50 journalistes de la presse
02:17française, mais également de la presse internationale, qui scrutent avec minutie et attention l'ouverture
02:23de cette porte du 114 bis rue Michel-Ange, où sont effectivement retranchées depuis
02:29la mi-journée Jordan Bardella, Marine Le Pen, où on est en train de discuter de la
02:36stratégie de la riposte politique à mettre en œuvre.
02:39Pour vous décrire la situation, depuis le début de l'après-midi, on avait accès jusque
02:44tout devant la porte de ce quartier général du RN, et depuis une dizaine de minutes maintenant,
02:50le service d'ordre de sécurité du RN, mais aussi la police nationale, a fait reculer
02:55les journalistes, la voiture de Marine Le Pen est également arrivée et s'est garée
03:00sur place, ce qui laisse présager, supposer, une sortie qui devrait être imminente et
03:05qui est attendue ici, évidemment, par tout le monde.
03:08Maxime Legay, Jean-Laurent Constantini, devant le siège du RN, Marine Le Pen doit s'exprimer
03:13à 20h à la télévision, Jordan Bardella sera notre invité exceptionnel demain à
03:178h10 avec Sonia Mabrouk sur CNews et sur Europe 1, évidemment, beaucoup de questions à lui
03:22poser, on entendra aussi le cri d'alarme tout à l'heure d'Henri Guaino qui sera
03:25notre invité à 18h40.
03:26Décision historique, disais-je, Gauthier Lebret, on n'a jamais vu ça sous la Ve République.
03:31Non, alors moi quand j'ai vu la décision ce matin, donc concernant Marine Le Pen, je
03:35me suis dit en l'espace d'un mois, on vit dans un pays où on ferme la première chaîne
03:39de la TNT et où on empêche à la favorite de la présidentielle d'être candidate.
03:44S'il vous plaît, il y a un vent mauvais qui souffle, qui n'est pas bon.
03:46Je rappelle ce qui se passe aussi ailleurs en Europe, en Roumanie, où on annule le premier
03:50tour d'une élection parce que celui qui arrive en tête au premier tour ne convient
03:55pas au système et on l'accuse d'être pro-russe.
03:58On dit on va refaire une élection et on l'empêche d'être candidat et donc il ne peut pas se
04:02présenter au scrutin.
04:04Il y a un vent qui souffle en Europe qui n'est pas bon et alors en plus les explications
04:08risquent de trouble à l'ordre public si elle est candidate.
04:11Mais le risque à l'ordre public, c'est si elle n'est pas candidate, évidemment.
04:15Donc c'est un risque pour des réquisitions qu'on a du mal à comprendre.
04:21Je suis un peu perturbé parce qu'il y a le téléphone d'Eric Revelle qui arrête
04:23de faire plein de bruit.
04:24Il y a cela et donc il y a le trouble à l'ordre public et elle va recommencer.
04:30Marine Le Pen n'est plus députée européenne.
04:32Marine Le Pen n'est plus présidente du Front National et Rassemblement National et donc
04:38on a du mal à comprendre la volonté des juges à l'empêcher d'être candidate avec
04:43l'exécution provisoire.
04:44François Puponi, cette loi Sapin 2 que j'évoquais tout à l'heure, elle a été votée en 2016
04:50après l'affaire Cahuzac.
04:51Il s'agissait de restaurer le lien entre les politiques qui faisaient des fraudes ou
04:58des délits comme celui qu'avait commis Jérôme Cahuzac et les électeurs.
05:01C'est la gauche qui a prévu cette exécution provisoire.
05:05Elle a été votée par le Parlement, par toute l'Assemblée nationale.
05:10Elle n'a jamais été remise en cause par personne.
05:11La droite s'est opposée en partie.
05:13Elle s'est opposée mais personne ne l'a remise en cause depuis.
05:15Personne ne l'a remise en cause.
05:16Là, on commence à dire qu'il fallait le faire.
05:18Oui, mais c'est un retard.
05:19Je pense qu'à l'époque, y compris où je pense avoir voté, on n'a pas fait attention.
05:25Vous l'avez votée.
05:26Oui, j'étais député encore à l'époque.
05:27J'avoue que je n'ai pas fait attention au fait qu'on ne puisse pas faire appel d'une
05:31telle décision.
05:32C'est ça qui choque.
05:33Quelqu'un, on peut lui enlever tout de suite, mais au moins qu'on puisse se défendre,
05:37au moins qu'on puisse faire appel.
05:38Là, la sanction, il n'y a plus d'appel, ce qui est la négation du droit.
05:41Le droit, c'est de pouvoir se défendre.
05:42C'est incroyable que le Conseil constitutionnel, c'est une loi telle qu'elle est, c'est passé
05:45à travers tous les titres.
05:46Le Conseil d'État.
05:47Le Conseil d'État qui valide des textes parfois très étonnants, dont celui-là, et
05:54parfois retoque des textes, donc on se demande vraiment pourquoi le Conseil constitutionnel
05:58ou le Conseil d'État.
05:59C'est un vrai sujet.
06:00C'est passé à travers et personne n'ose le remettre en cause.
06:01Soit en disant, on met à la peine le conseiller Gaugy, il y a beaucoup de démagogie, par
06:06peur de l'accuser.
06:07On entendra tout à l'heure Michel Onfray, il sera notre invité à 18h15, mais lui,
06:11il pense que c'est un pacte au fausse-lien qui a été passé à l'époque, à gauche,
06:15en disant, on fera tout pour les empêcher d'arriver au pouvoir.
06:18M.
06:19Khan, est-ce que vous adhérez à cette thèse ou est-ce que vous vous dites, bon, voilà,
06:22la justice est passée, mais cette condamnation de Marine Le Pen est absolument terrible.
06:26La justice est passée, mais cette condamnation est disproportionnée.
06:31En tout cas, sur la question de l'inéligibilité, ce qui m'étonne, en fait, c'est comment
06:41justement Gauthier parlait du vent mauvais, mais à quel point cette décision de justice
06:46entache la confiance que les Français vont avoir en la justice, en leur parti politique,
06:52en la démocratie, en leur pays, dans un moment où, au niveau international, nous sommes
06:57dans de grands bouleversements.
06:58Les Français sont déjà dans une grande fragilité et là, en l'occurrence, ça ne permet pas
07:03d'être solide et ni solide ni solidaire entre nous.
07:06Éric Revelle.
07:07Oui, et puis je note quand même, Gauthier l'a évoqué un peu, c'est qu'il y a une
07:10célérité de la justice, pardonnez-moi, moi je fais des constats, je ne suis pas ni dans
07:14le complot, mais regardez la façon dont Fillon a été abattu par le parquet national financier,
07:19la célérité avec laquelle le parquet national financier s'était emparé du dossier Fillon
07:24à l'époque.
07:25Regardez ce qui vient de se passer avec Nicolas Sarkozy, vous le rappeliez à juste titre,
07:29Marine Le Pen, pardonnez-moi, attendez, que la loi soit appliquée, ça ne me gêne pas
07:34du tout, Laurence, elle devait sans doute être condamnée, ils ont fauté, il y avait
07:39un système mis en place, mais cette histoire d'exécution immédiate de la peine...
07:45On est dix ans après les faits, il n'y a pas de célérité dans ce dossier.
07:48C'était quelques pourcentages qui étaient jugés de manière immédiate, c'est absolument
07:53incroyable.
07:55Quand même, sur le fond, les deux arguments avancés par la présidente du tribunal, rappelons-les,
08:01Mme Bénédicte de Pertuis, qui définitivement marquera l'histoire de la vie politique française,
08:09étant à la tête d'un tribunal qui a pris cette décision, c'est quand même le risque
08:12de récidive.
08:13Je rappelle que depuis, même sans entrer en détail, depuis, le système a été changé.
08:17Donc de toute façon, il ne peut pas y avoir mise en place d'un même système puisque
08:20dorénavant, l'assistant parlementaire est payé directement et c'est plus son député
08:24européen qui prend son traitement.
08:26Et puis, risque de récidive, mais attendez, elle s'est donc défendue, enfin son avocat
08:33l'a défendue, et qui pourrait récidiver sur un système pour lequel vous avez été
08:36condamné ? Le premier argument est grotesque, le deuxième, il faut le souligner, parce
08:41que le tweet que vous citiez tout à l'heure de Jordan Bardella est très important, il
08:44parle d'une mobilisation pacifique.
08:47Il appelle à une mobilisation pacifique et populaire et il lance une pétition en ligne
08:51Les Français la signent pour dire ce qu'il faut faire dans la liberté.
08:54Parce qu'à mon sens, le vrai risque d'atteinte à l'ordre public, ce n'est pas d'avoir
08:59une personne condamnée qui se présenterait à l'élection et qui susciterait des mouvements
09:03de foule dans la rue, de gens qui diraient, ce n'est pas normal, elle est condamnée,
09:07elle ne peut pas se présenter.
09:08Non.
09:09Le risque, et Bardella a raison de faire ce tweet, c'est qu'au contraire, vous ayez
09:12peut-être une partie des 10 millions d'électeurs du Rassemblement national qui soient dans
09:17une telle colère qu'ils provoquent des choses dans la rue.
09:20C'est ça le risque à l'ordre public.
09:21Joseph Macéscar, on ne vous a pas entendu, il y a beaucoup de réactions à cette condamnation.
09:26Le Conseil supérieur de la magistrature dénonce une grave remise en cause de l'indépendance
09:29de la justice à travers tous ces commentaires que l'on entend depuis la mi-journée.
09:32Alors déjà, comme l'a rappelé Rodolphe Beslu, là, aujourd'hui, les droits de la
09:37défense sont de plus en plus mis en cause, on l'a vu sur différentes affaires, même
09:41pas simplement l'affaire qui nous concerne, mais même sur l'affaire de Pardieu, on a
09:44vu des réactions qui disaient, finalement, s'étonner qu'il puisse y avoir un droit
09:48à la défense, une parole de la défense.
09:49La parole de la défense, aujourd'hui, en France, elle est extrêmement malmenée.
09:53Et ça, c'est le premier point.
09:54Et puis ensuite, après, l'impossibilité pour un citoyen de porter, non pas d'aller
10:01contre, mais tout ça, un jugement, ce qui n'est pas possible, mais tout simplement
10:05d'avoir un commentaire et d'avoir un avis critique là-dessus, c'est aussi quelque
10:09chose.
10:10Alors, voilà maintenant une justice qui se fait une sorte de précarée d'omnipotence.
10:14Donc là, ce à quoi on assiste aujourd'hui, c'est quand même une forme de pouche judiciaire.
10:19Bien sûr, il y a une responsabilité.
10:21Grâce à une loi, grâce à une loi votée par des parlementaires, je le rappelle.
10:25Mais là aussi, mais l'interprétation, elle est telle, elle est sûre.
10:28L'interprétation, elle outrepasse l'exécution provisoire de l'inligibilité, évidemment,
10:33possiblement, et qui est en train de se mettre en place.
10:35Et d'ailleurs, attention, parce que les pouches judiciaires dans l'histoire, dans
10:38l'histoire française, ça n'a pas toujours donné de bons résultats.
10:41Je parle que juste avant le 14 juillet, avec quelque chose qui s'est appelé la réaction
10:44de Billiard.
10:45Et c'était justement un pouche judiciaire aussi.