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00:0018h19 en direct sur CNews et sur Europe 1, Michel Onfray est avec nous. Bonsoir Michel
00:17Onfray. Est-ce que cette décision, cette condamnation de Marine Le Pen à une peine
00:22de 4 ans de prison dont 2 fermes à effectuer sous bracelet électronique et surtout cette
00:26peine d'inéligibilité, 5 ans qui tombent et dont on ne pourra pas faire appel vous
00:31surprend ou pas ? Non ça me surprend si peu que je l'ai annoncé
00:35la semaine dernière dans ma web TV en disant que c'était une carte prévue, ça me paraît
00:39évident, il y a une espèce de façon chez les Maastrichtiens je dirais de détruire
00:45tout ce qui est peuple, tout ce qui est volonté du peuple, les décisions du peuple. Quand
00:47le peuple vote mal en 2005, on lui dit en 2008 on va envoyer les députés et les sénateurs
00:52contre le peuple, quand une télévision pense mal ou un animateur penserait mal dans
00:56une télévision on supprime la télévision, quand il y a des gens qui font savoir un certain
01:00nombre de choses que ce soit les bonnets rouges, les gilets jaunes ou les paysans on leur envoie
01:05la police, on leur envoie l'armée, on leur envoie des blindés, on arrache des yeux, on
01:09arrache des mains, enfin on voit bien qu'effectivement il faut que le peuple se taise et que le peuple
01:12vote bien et puis après il y a une propagande perpétuelle qui nous fait savoir que voter
01:17contre ce dispositif que j'appelle Maastrichtien c'est être fasciste, nazi, d'extrême droite
01:21etc. Donc évidemment il n'était pas question de se priver de cette carte, voyez comment
01:24ça fonctionne en Roumanie par exemple quand le client devient dangereux et bien on fait
01:29sauter l'élection comme d'ailleurs jadis les Algériens avec le GIA.
01:35Michel, on ferait cette décision des juges, ça appuie sur une loi, la loi Sapin 2 qui
01:40a été votée en 2016 par la majorité de gauche de l'époque sous le mandat de François
01:46Hollande. Vous pensez que la gauche avait théorisé déjà le fait d'empêcher Marine
01:51Le Pen d'accéder au pouvoir de l'Elysée ?
01:53Ce n'est pas ce que je pense, c'est que la chose a été clairement dite, c'est-à-dire
01:57à l'époque c'était Emmanuel Valls Premier ministre et c'était François Hollande le
02:01chef de l'État qui avait cogité sur cette question en se disant si elle arrive au pouvoir
02:06légitimement, c'est-à-dire portée par le peuple, comment peut-on faire pour l'en
02:09évincer ou pour faire de telle sorte que l'élection soit considérée comme invalide.
02:13Donc la chose a été dite, reprise par la presse à l'époque, ça n'a gêné personne
02:18d'entendre dire qu'un chef d'État et un Premier ministre aient pu penser qu'on
02:22pouvait s'opposer à la volonté du peuple, à la volonté souveraine du peuple en cherchant
02:26des occasions de rendre soit inéligible ou soit invalide une élection.
02:31Je le dis depuis très longtemps, la gauche fait l'économie du peuple au moins depuis
02:351983 et là ça devient vraiment très gros, c'est quand même très visible.
02:38Ça marche en relation d'ailleurs, ce n'est pas fait exprès mais en fait avec la ligne
02:43du JDD qui montrait qu'elle atteignait des chiffres incroyables au premier tour et qu'elle
02:47était susceptible de devenir présidente de la République, donc effectivement il faut
02:50utiliser les grands moyens.
02:51Alors on peut la condamner pour des choses qui sont condamnables, ça me paraît évident,
02:55elle a fait des choses qui sont condamnables, donc il était normal qu'il y ait un procès,
02:58il était normal qu'il y ait des condamnations, mais c'est comme interdire je crois des défonctions
03:05paternelles à Nicolas Sarkozy, je crois bien, enfin il y a un moment donné on se demande
03:08pour quelle raison on va chercher des choses pareilles.
03:09Là on comprend bien pourquoi on interdirait à cette femme de devenir candidate aux élections
03:14présidentielles, comme ça l'élection présidentielle est pliée avant qu'elle n'ait lieu.
03:19Michel Onfray, est-ce que c'est comparable selon vous à ce qui s'est passé en 2005
03:22le nom au traité de la constitution européenne ?
03:24C'est très exactement la même chose, ça rentre exactement dans la même logique.
03:28Il y a une détestation du peuple, une criminalisation du peuple, souvenez-vous ce qui a été dit
03:32du peuple quand les Gilets jaunes ont démarré, il était antisémite, il était fasciste,
03:36il était homophobe, il avait tous les vices du monde, il était évidemment, on trouvait
03:40toujours un nazi ou quelqu'un qui avait tenu un propos pas possible.
03:44Il s'agit de faire désormais sans le peuple.
03:46Le général de Gaulle pensait que la souveraineté c'était l'expression du peuple, c'est le
03:49peuple qui décide de ce que doit être la politique de la nation et quand le peuple
03:53dit au chef de l'État que ce n'est pas la politique qu'il souhaite, le chef de l'État
03:58s'en va.
03:59Macron reste au pouvoir depuis très longtemps, il a été élu deux fois dans des conditions
04:04qu'on sait, avec une espèce de propagande massive pour montrer que quiconque ne pensait
04:09pas comme lui était un fasciste, un nazi, enfin on connaît l'histoire, privation de
04:12ceux d'ailleurs qui disent un peu la vérité sur ce sujet-là du service public ou quand
04:15ils ne sont pas privés de service public, on les assassine en leur demandant pourquoi
04:19ils sont fascistes, pourquoi ils sont nazis, pourquoi ils sont antisémites, depuis quand
04:22ils soutiennent Jean-Marie Le Pen ou Marine Le Pen, enfin on voit bien dans quelles conditions
04:26les élections sont faites et quand les élections sont perdues, elles sont tout de même gagnées.
04:29Emmanuel Macron, quand il perd les législatives, il reste et d'ailleurs il dit vous aurez
04:32un Premier ministre très exactement à l'inverse de ce que vous souhaitez.
04:36Quand Marine Le Pen gagne les élections de l'Assemblée législative récente, et bien
04:41Mélenchon arrive dix minutes plus tard en disant que c'est lui qui a gagné et on se
04:44retrouve avec un ancien républicain et puis François Bayot qui est là depuis 250 ans
04:48et on dit le peuple peut vouloir ce qu'il veut, de toute façon nous, nous ne voulons
04:52pas du peuple et nous voulons imposer, à marche forcée, un régime qui est celui que
04:57j'appelle maastrichtien, c'est-à-dire faire de telle sorte que la France disparaisse au
05:01profit d'une Europe maastrichtienne qui elle-même deviendrait un État à proprement parler,
05:05je dis ça depuis très longtemps et je commence à voir cette idée-là avancer, ça me fait
05:08sourire un peu, mais maastricht j'ai pensé comme un État de substitution avec son drapeau,
05:13avec sa monnaie, avec son hymne, avec ses valeurs, etc. Et c'est ça qu'on nous présente comme
05:23l'État futur en nous disant tâchez d'en finir avec la France et on voit un Emmanuel Macron qui
05:27nous dit que la France n'a pas de culture, que la France est à l'origine de génocide, que la
05:31France a commis des crimes contre l'humanité, enfin il s'agit de détruire la France pour faire
05:36de telle sorte qu'on puisse être un citoyen européen pour que le citoyen européen devienne
05:41un grand citoyen du monde. Le but de tous ces gens-là c'est de fabriquer un gouvernement
05:44planétaire, c'est moi qui invente, Jacques Attali écrit un livre dont le titre est
05:49« Demain qui gouvernera le monde ? » Donc à moyenne ou longue échéance c'est la perspective,
05:54c'est le projet politique. Donc tous les gens qui gênent et qui se mettent en travers de la
05:58route il faut s'en débarrasser. Et là comme Marine Le Pen gêne un peu beaucoup, on a trouvé une
06:03excellente occasion de dire qu'elle était coupable effectivement sur le fléchage des crédits qu'elle
06:09a reçus et que ça devait l'interdire d'être candidate comme ça l'affaire a réglé. Je ne suis
06:14pas sûr que ce soit si réglé que ça. Michel on ferait une dernière question,
06:17vous l'avez évoqué, Charles de Gaulle qui disait « je crois qu'en France la meilleure
06:20cour suprême c'est le peuple ». Aujourd'hui ceux qui ont le pouvoir ce sont bien les juges.
06:25Oui, enfin pas seulement les juges, c'est-à-dire il y a un dispositif antidémocratique fabriqué
06:32par la prétendue démocratie. Moi je pense que nous sommes dans une démocratie illibérale depuis
06:372008, c'est-à-dire depuis le traité de Lisbonne, depuis que les députés, les sénateurs de droite
06:41maastrichtienne et de gauche maastrichtienne ont voté contre le peuple. C'est fini, c'est-à-dire
06:46aujourd'hui on ferme des télévisions. Alors évidemment c'est C8, tout le monde en parle et
06:50c'est tant mieux, mais on a fermé par exemple Russian Today ou Sputnik en disant que c'était
06:56des télévisions russes et immédiatement on a fermé ces télévisions. On peut sur la même
07:00télévision sur laquelle on ne voit plus ces chaînes-là voir aujourd'hui à Gézira. Ça ne pose
07:04aucun problème, c'est-à-dire il y a des bonnes télés, des mauvaises télés. La démocratie c'est
07:08quand même la possibilité de se faire une idée à partir des informations qui nous sont données et
07:12quand on commence à fermer des chaînes, à taper sur des journaux, à interdire de parole un certain
07:17nombre d'intellectuels, à criminaliser les pensées adverses, à envoyer au tribunal les gens qui ne
07:23pensent pas comme il faudrait penser, on s'aperçoit effectivement que la démocratie est derrière nous.
07:27Merci beaucoup Michel d'avoir pris quelques instants pour nous parler dans Punchline.
07:32On se retrouve bien sûr samedi à 13h sur CNews et sur Europe 1 pour face à Michel Onfray.

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