Au surlendemain de la condamnation de Marine Le Pen à, entre autres, une peine d'inéligibilité immédiate, Emmanuel Macron s'est exprimé en Conseil des ministres. Le Rassemblement national a quant à lui organisé sa riposte, s'en prenant violemment à la justice.
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00:00Les attaques aujourd'hui que l'on entend depuis quelques jours, c'est inédit.
00:04Je pense qu'effectivement, nous sommes habitués à avoir un certain nombre de mécontentements,
00:09mais jamais à ce niveau-là.
00:14Il est classique de critiquer les décisions de justice qui sont rendues.
00:17Il y a ce qu'on appelle justement, elles doivent être critiquées par la voie de l'appel,
00:21mais la difficulté justement, c'est quand on jette le discrédit sur les personnes qui rendent ces décisions.
00:27Et là, c'est ce qui se passe depuis deux jours, en fait, où là, on attaque à dominem à la fois la présidente
00:33et également la collégialité, puisqu'il faut rappeler quand même que cette décision a été rendue
00:37après une instruction très longue, après un procès qui a duré deux mois.
00:43Après, il y a eu une décision qui fait plus de 150 pages, qui décrit précisément,
00:48d'après ce qu'on peut dire vos confrères, les éléments qui ont été retenus à l'encontre de Mme Le Pen.
00:54Et donc, du coup, on ne peut parler qu'une décision qui est l'issue d'un débat judiciaire.
00:59Et à partir de là, la seule manière qu'on devrait pouvoir effectivement mettre en place pour critiquer cette décision,
01:05ce serait l'appel et non pas s'en prendre à dominem aux magistrats.
01:09Justement, cette magistrate, oui, elle est même menacée de mort et elle a été placée sous protection judiciaire.
01:16Ça aussi, c'est inédit pour ce type d'affaires.
01:19C'est inédit pour ce type d'affaires.
01:21Et je dirais que c'est d'autant plus grave qu'il y avait déjà eu des prémices à l'encontre de cette magistrate que,
01:27justement, les politiques ne pouvaient ignorer, puisque en janvier,
01:31cette magistrate avait fait l'objet par des groupuscules d'extrême droite sur les réseaux sociaux de menaces de mort.
01:37Donc, en s'attaquant à elle, on ne pouvait pas ignorer qu'il y avait des risques en la matière.
01:42Et un dernier mot sur les réactions des politiques du Premier ministre, du ministre de la Justice.
01:47On a entendu le président également soutenir évidemment les magistrats, rappeler l'indépendance de la justice.
01:52Est-ce que leur position, leur positionnement est assez clair pour vous ?
01:56Alors, leur positionnement a le mérite d'exister.
01:59J'aurais voulu les entendre un peu plus, rappeler effectivement que la démocratie et l'état de droit reposent justement sur trois pouvoirs,
02:07et notamment sur l'autorité judiciaire.
02:09J'aurais aussi voulu les voir rappeler effectivement que les magistrats ne statuent que sur un dossier et sur des débats qui ont lieu contradictoirement.
02:16Et j'aurais voulu aussi qu'ils puissent rappeler effectivement que les magistrats ne font que leur travail.
02:21Et c'est triste aujourd'hui de ne pas entendre quelqu'un qui vient dire simplement que les magistrats aujourd'hui sont en danger parce qu'ils font leur travail.
02:29Et leur travail, c'est quoi ?
02:30C'est de travailler en fonction des éléments d'un dossier, travailler en fonction des débats qui ont lieu à l'audience.
02:35Et on ne mérite pas, quand on fait son travail, d'être menacé de mort et d'avoir peur effectivement pour sa vie.