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00:00Bonjour à tous et bienvenue ce matin sur Europe 1 jusqu'à 9h30 pour l'heure des pros et sur CNews jusqu'à 10h30 pour l'heure des pros.
00:10Dans l'affaire Marine Le Pen, la justice a remis les comptes à zéro.
00:14Elle a considéré que trois juges ne pouvaient pas empêcher Mme Le Pen de se présenter à l'élection présidentielle de 2027 sans qu'il existe un recours à cette décision.
00:24Hier, Mme Le Pen était inéligible. Ce matin, de fait, pour une élection présidentielle en 2027, l'exécution provisoire tombe puisque le procès en 2026 rend caduque cette disposition.
00:38J'observe que la justice française prend à contre-pied quasiment tous les éditorialistes de la presse française qui se réjouissaient du jugement en première instance.
00:45« Dur à l'ex, c'est de l'ex », disait-il la bouche en cœur et le sourire aux lèvres, et qui feignait de ne pas voir le malaise que la favorite d'une élection soit écartée par seulement trois personnes.
00:58Malaise qu'ont exprimé François Bayrou et Gérald Darmanin hier à l'Assemblée nationale, malaise que la justice a dissipé hier avec cette annonce d'un nouveau procès.
01:08J'y vois aussi une façon d'enlever la pression sur ces juges de première instance, puisque leur jugement ne pèsera pas sur la campagne présidentielle de 2027.
01:18Oter la pression peut-être, mais aussi désavouer un tribunal qui n'a pas pris la mesure des conséquences dans la vie démocratique auprès des électeurs de Marine Le Pen comme auprès des autres.
01:32Ce n'est pas Marine Le Pen qui remporte une victoire hier avec l'audiencement rapide d'un deuxième procès.
01:39C'est la démocratie française. Au fond, la justice a dit ce que nous disions hier sur ce plateau.
01:46La justice joue dans cette affaire sa crédibilité. J'allais dire la justice joue sa peau.
01:52Il ne peut pas être dit en France qu'elle décide du sort d'une élection présidentielle. Le bon sens a prévalu.
01:59En 24 heures, tout a changé. En revanche, sur le fond, l'équation reste compliquée pour ne pas dire impossible pour Mme Le Pen.
02:08Comment échapper à un jugement qui la condamnerait et la mettrait hors course ?
02:12Comment contester une exécution provisoire en cas de nouvelle inéligibilité prononcée ?
02:18Voici deux questions pour les prochains mois posées à Mme Le Pen et à ses conseils.
02:24Il est 9h02. Chana Lusso.
02:269h, 9h30. L'heure des pros sur CNews et Europe.
02:38Bonjour Pascal, bonjour à tous. Marine Le Pen contre-attaque. Elle ne veut pas se laisser faire.
02:43Elle le dit dans Le Parisien ce matin suite à sa condamnation. Elle va saisir le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l'homme.
02:50Son procès en appel aura lieu l'année prochaine. La Cour d'appel de Paris prévoit une décision à l'été 2026, soit quelques mois avant l'élection présidentielle.
03:00Ces meurtres abominables dans les Vosges. Deux personnes ont été tuées à coups de pierre par miel.
03:06Un prêtre à la retraite, âgé de 76 ans. Le procureur d'Epinal tiendra une conférence de presse aujourd'hui à 15h.
03:13Les corps ont été retrouvés dans une ruelle avec des pierres ensanglantées à proximité.
03:18Selon Vosges Matin, un individu a été interpellé et placé dans un établissement psychiatrique.
03:23Et puis cette information de la nuit, les députés ont adopté une proposition de loi qui intègre le non-consentement à la définition pénale du viol.
03:32Le texte précise que le consentement ne peut être déduit du seul silence ou absence de réaction de la victime.
03:39Un symbole fort après le procès des viols de Mazan. Le texte doit maintenant passer au Sénat.
03:44Voilà pour l'essentiel de l'information, c'est à vous Pascal.
03:46Merci Chana, ça c'est un sujet qui me passionne, qui nous passionne, le non-consentement.
03:52Il y a souvent des fractures générationnelles d'ailleurs sur ce sujet.
03:56Et vraiment si on peut en parler ce matin malgré l'actualité importante, je trouve que c'est un sujet qui mérite un débat.
04:04Sabrina Medjaber est avec nous. Merci à Caroline Parmentier, députée du Rassemblement National d'Etrela ce matin, du Pas-de-Calais.
04:11Thomas Bonnet, Olivier Delagarde et sa revue de presse. Vous avez froid Olivier ?
04:15Oui j'ai pris un peu froid.
04:17Non mais j'ai un bonnet dans ma voiture, si vous...
04:21On n'a pas le droit...
04:23Mais vous avez tous les droits.
04:25On n'a pas le droit de prendre un pied là.
04:27Vous avez tous les droits.
04:28En avril...
04:29Ne te découvre pas d'un fil !
04:31On n'a pas un début d'engelure là aux mains ?
04:33Éric... Non mais...
04:35Je ne voudrais pas que nos téléspectateurs croient que monsieur Neidjar fait des économies dans le studio et a décidé d'être à 10 ou 12 degrés.
04:43C'était la mascotte des tortionnaires, donc allez-y, frappez au cœur.
04:48Bien évidemment. J'ai salué également Éric Nolot et je remercie tout le monde bien sûr d'être là.
04:54Et monsieur Hervouet qui pourra parler bien évidemment de ce qui s'est passé en Algérie.
04:59Moi j'attends le communiqué qui remercie l'Algérie, vous savez le communiqué de l'Élysée.
05:03Merci beaucoup, vous avez été formidables messieurs d'Algérie.
05:06J'attends ça maintenant, ça va être la dernière étape je pense.
05:08Vous avez eu un communiqué du Président de Lourdes en la clairvoyance.
05:12Bien sûr !
05:14Voilem Sansalle est depuis 4 mois dans les jeux, la algérienne, mais j'attends.
05:18Merci mes amis algériens, vous êtes formidables.
05:20Vous avez un peu de vaseline et du parfum.
05:22Arrête le coup, mais...
05:24Bon. On parle évidemment de Mme Le Pen, je trouve que tout a changé.
05:29Je ne sais pas si vous partagez cette lecture depuis que l'audiencement a été annoncé,
05:34puisque par définition tout ce que nous disions hier est caduque,
05:38puisque la voix de Mme Le Pen aujourd'hui est possible dans une campagne présidentielle,
05:43alors qu'hier elle n'était pas possible.
05:44Je voudrais qu'on voit ce qu'elle a déclaré ce matin au Parisien avec Hélène Charpy,
05:47et on en parle notamment avec Caroline Parmentier.
05:51Ne compte pas en rester là.
05:53Après sa condamnation, la chef de file des députés, Hérène,
05:56va interpeller le Conseil constitutionnel et la Cour européenne des droits de l'homme.
06:01De son côté, la justice a annoncé qu'une décision en appel devrait être rendue à l'été 2026,
06:06soit bien avant l'élection présidentielle.
06:09Marine Le Pen se dit d'ailleurs toujours candidate pour briguer le poste de présidente de la République.
06:14Un certain nombre de recours vont être envisagés.
06:16Il n'est pas question aujourd'hui d'envisager un plan B avant d'être allée au bout du plan A.
06:20Je suis candidate à la présidentielle.
06:22En attendant, la leader du RN n'exclut pas la censure du gouvernement,
06:27notamment sur les sujets de la proportionnelle ou de l'immigration,
06:30même si cela doit lui coûter sa candidature.
06:32Si je veux censurer parce que je pense que la censure est un acte de défense des Français, je le ferai.
06:37Si à la suite de cette censure il y a une dissolution, il y aura une dissolution.
06:41Et si je ne peux pas être candidate, je ne serai pas candidate.
06:44Un rassemblement organisé par l'ERN est prévu ce dimanche à Paris pour soutenir Marine Le Pen.
06:50Elle a d'ores et déjà précisé qu'elle y prendra la parole.
06:54Sur ce rassemblement, Xavier Bertrand, qui dit des choses toujours très intelligentes,
06:58a dit « Je ne veux pas d'un nouveau Capitole ».
07:02On a un niveau de politique, c'est intéressant.
07:04Vraiment, Xavier Bertrand, à chaque fois qu'il parle, c'est pour dire quelque chose d'intelligent.
07:06Donc c'est formidable.
07:07Écoutons Monsieur Retailleau sur cette décision d'hier.
07:13Moi, ce que je souhaite, c'est qu'elle puisse être jugée en appel le plus vite possible.
07:17Je me suis réjoui d'ailleurs de voir ce communiqué qui est tombé il y a quelques heures,
07:21selon lequel elle pourrait avoir cette seconde instance.
07:25C'est une seconde chance pour elle, je crois, à l'été prochain, c'est-à-dire à l'été 2026.
07:32Voilà, ce qui fait que ça pourrait être purgé à ce moment-là.
07:37Et c'est fondamental pour moi.
07:39Et je vous propose, avant de vous donner la parole, d'écouter l'échange entre M. Vallaud et M. Bayrou.
07:43M. Bayrou qui exprimait son trouble hier pour décrypter cet audiencement
07:49qui arrive en moins de 24 heures, ce qui n'arrive jamais.
07:53Donc, qui a décidé ? Le pouvoir politique ? La magistrature ?
07:57Manifestement, les uns et les autres ont compris.
08:01Ce que n'avaient pas compris les éditorialistes de la presse parisienne,
08:04c'est qu'il se passait quand même quelque chose, qu'il fallait peut-être faire quelque chose.
08:07Vous avez vu l'expression de Marine Le Pen dans Le Parisien ?
08:09Elle dit que c'est sans doute provoqué par le trouble de la décision.
08:12Trouble, c'est un mot qui a été employé par un certain François Hollande.
08:15Mais j'entends bien. Je m'amuse hier à voir toutes les radios qui trouvaient ça très très bien.
08:20Il se trouve que la justice n'est pas exactement sur...
08:23C'est toujours pareil. Comme Marine Le Pen, pour toute la presse française et la femme à abattre,
08:29pardonnez-moi de le dire comme ça, c'est pas défendre Marine Le Pen que de dire ça.
08:32Je le dis tous les jours, c'est juste défendre la vie démocratique.
08:35Et il y a un petit texte que je voulais simplement vous dire.
08:37Quand ils sont venus chercher les communistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas communiste.
08:41Quand ils sont venus chercher les juifs, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas juif.
08:45Quand ils sont venus chercher les syndicalistes, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas syndicaliste.
08:49Quand ils sont venus chercher les catholiques, je n'ai pas protesté parce que je ne suis pas catholique.
08:53Et lorsqu'ils sont venus me chercher, il n'y avait plus personne pour protester.
08:57C'est ça que devraient lire les éditorialistes de la presse française.
09:01Mais je vous propose d'écouter cet échange entre M. Vallaud et M. Bayon.
09:09Depuis hier, des responsables politiques se succèdent pour commenter, voire pour condamner cette décision.
09:16Certaines autorités de l'État évoquent même un trouble.
09:20Mettre en cause une décision de justice, c'est manquer aux principes élémentaires de la séparation des pouvoirs et de l'État de droit.
09:28Mettre en cause individuellement des magistrats, c'est d'exercer sur eux une pression inacceptable,
09:36qui appelle les condamnations les plus fermes.
09:38Non, ces femmes et ces hommes ne sont pas les agents d'un système,
09:42mais les juges impartiaux dont notre République a besoin.
09:46Le soutien que nous devons apporter aux magistrats dans l'exercice de leurs fonctions
09:52doit être un soutien en effet inconditionnel, non mesuré, puissant.
09:58Et il est très important que l'ensemble de la représentation nationale formule ce soutien.
10:07Il est vrai qu'il y a des interrogations.
10:10Et j'ai moi-même souvent exprimé des interrogations sur le seul sujet
10:15qui me paraît devoir être dans cette affaire sous notre observation.
10:23En principe de droit, toute décision lourde et grave en matière pénale doit être susceptible d'appel.
10:34Toute décision est de recours.
10:38Il se trouve que le seul point de l'exécution provisoire
10:43fait que des décisions lourdes et graves ne sont pas susceptibles de recours.
10:49Je suis content qu'il existe encore des hommes d'État en France.
10:52Et ce que vient de dire M. Bayrou, c'est la parole d'un homme d'État.
10:55Précisément, c'est aller au-delà de son camp pour dire qu'il y a des choses qui sont au-dessus de nous.
11:01Et ces choses au-dessus de nous, c'est la vie démocratique.
11:04Contrairement à ce que dit M. Vallaud,
11:06ce n'est pas remettre une décision de justice que nous évoquions hier.
11:10Ce n'était pas ça du tout.
11:11C'est simplement dire sur une décision aussi grave ce que vient de dire très bien
11:14et beaucoup mieux que je ne pourrais le dire M. Bayrou,
11:18c'est-à-dire qu'il faut un recours sur une décision aussi importante.
11:20Et ce recours, il aura lieu en l'été 2026.
11:24Et l'équation est toujours aussi compliquée pour Mme Le Pen.
11:28Caroline Parmentier.
11:30Vous avez raison de dire qu'on a reconnu dans ces circonstances
11:32ceux qui étaient des grands et ceux qui étaient des petits,
11:35autant parmi les hommes politiques que parmi les journalistes.
11:38On a reconnu ceux qui disaient,
11:39« Nia, nia, nia, très bien pour Marine Le Pen, tant mieux. »
11:42Ils auraient dit la même chose, je pense, si elle était passée sous un bus.
11:45C'était la même joie mauvaise, la même satisfaction mauvaise.
11:49Ils ne l'auraient pas dit comme ça.
11:50Parce qu'ils sont tellement hypocrites qu'ils auraient regretté qu'elle soit passée sous un bus.
11:54Parce que je les connais, vous savez.
11:56Ils auraient, au contraire, pleuré pour la première fois de leur vie.
11:59Ils ont faim de pleurer.
12:00Des larmes de crocodile.
12:01Exactement.
12:02En disant, « Quel dommage, il eût fallu qu'elle aille devant les électeurs pour qu'elle soit battue. »
12:06Voilà ce qu'ils auraient dit.
12:07Je les connais bien, vous savez.
12:08Vous avez raison.
12:09Les masques sont tombés, en l'occurrence.
12:11Et c'était assez frappant.
12:12Par contre, je reviens sur ce que vous disiez tout à l'heure.
12:14Marine Le Pen, malgré cette nouvelle, en effet,
12:17est toujours sous le coup de l'exécution provisoire.
12:19C'est-à-dire qu'elle perd son mandat de conseiller départemental,
12:22à l'heure où je vous parle,
12:23sauf recours auprès du tribunal administratif ou du conseil d'État.
12:27Ce qu'elle va faire, puisqu'elle va utiliser tous les recours.
12:30De même, l'exécution provisoire porte sur les peines financières exorbitantes,
12:35très lourdes, dont écope le Rassemblement national,
12:396 millions d'euros d'exécution immédiate.
12:42Oui, mais ça, c'est le jugement du tribunal.
12:43Moi, je n'ai pas à le remettre en cause ou pas.
12:45Je peux trouver, effectivement, que ces assistants parlementaires,
12:47je le dis, ça ne me paraît pas une affaire d'État, pour tout vous dire.
12:50Ça l'est devenu.
12:52Qu'on travaille pour le Parlement européen,
12:54qu'on travaille pour le parti quand on est assistant parlementaire,
12:57les frontières sont poreuses, évidemment.
13:00Mais bon, il n'empêche, c'est la justice qui a pris cette décision.
13:04Et qui avait pris la même décision pour M. Bayrou.
13:06Non, enfin, M. Bayrou n'a rien mis du tout.
13:09Il a été relaxé en première instance.
13:11Oui, lui.
13:12M. Bayrou.
13:14Certains ont été condamnés.
13:15Voilà, certains ont été condamnés.
13:16C'est-à-dire que là-dessus, tout le monde est logé à la même enseigne.
13:19Pas Bayrou par rapport à Marine.
13:20Marine a été condamnée.
13:22Et pourquoi M. Bayrou n'a pas été condamnée ?
13:23Parce que la ligne de défense de François Bayrou était très différente de celle de Marine Le Pen.
13:26Il ne connaissait pas, le système n'était pas au courant.
13:28Là où Marine Le Pen a assumé cette façon de procéder avec ses assistants parlementaires,
13:32lui a dit qu'il n'est pas d'accord.
13:33Je voudrais, si vous le permettez...
13:34Je vous en prie, Caroline Parmentier du RN.
13:36Relire cet extrait du communiqué du Syndicat de la Ministrature.
13:41Parce que j'ai beaucoup entendu sur les chaînes, récemment,
13:43surtout sur une chaîne concurrente,
13:45que finalement, le Syndicat de la Ministrature n'était pas particulièrement politisé
13:48et que depuis le mur des cons, il y a dix ans, il n'avait rien fait de mal.
13:51Le 9 juin dernier, c'est-à-dire juste après les élections européennes,
13:57juste après la dissolution et juste avant les législatives,
14:01voici ce qu'écrivait le Syndicat de la Ministrature.
14:04Le Syndicat de la Ministrature appelle l'ensemble des magistrats
14:08ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire
14:12à se mobiliser contre l'accession au pouvoir de l'extrême droite.
14:17Je laisse ceci à votre appréciation.
14:19Si ça, ce n'est pas de la politique,
14:21dans le cadre de l'activité judiciaire,
14:23on imagine un syndicat de police pour un syndicat de droite
14:26qui dirait la même chose.
14:28Je suis d'accord avec vous.
14:29J'ai le communiqué aujourd'hui du Syndicat de la Ministrature
14:32qui a été publié le 1er avril.
14:34J'ai cru que c'était un poisson d'avril, pour te le dire.
14:36Mais non, c'était bien le 1er avril.
14:38Le Syndicat de la Ministrature, après ce que vous aviez lu,
14:42pourquoi pas, ils font ce qu'ils veulent.
14:44Mais en revanche, ce qu'ils disent là m'étonne.
14:46Ces offensives contre les magistrats,
14:48tout ça est écrit en écriture inclusive, bien évidemment,
14:51ces offensives contre les magistrats
14:53et les tentatives de discrédit de l'institution judiciaire
14:56sous l'accusation de justice politisée
14:58sont intolérables dans un État de droit.
15:00Le 9 juin, le Syndicat de la Ministrature explique
15:05qu'il faut tout faire pour faire barrage à Mme Le Pen,
15:08et le 1er avril, on explique que l'accusation de justice politisée
15:13est intolérable.
15:14Le soupçon existe.
15:16En revanche, dans ce jugement précis,
15:19je ne ferai pas ce procès-là, si j'ose dire.
15:24C'est-à-dire que Mme Depertuis,
15:25elle n'est pas du Syndicat de la magistrature.
15:28On n'en sait rien.
15:2930 % des magistrats sont...
15:31Elle a quand même répété à plusieurs reprises
15:33que son modèle, c'était Eva Jolie.
15:35Donc j'imagine...
15:36En fait, il participe à la défiance qu'il y a
15:38contre l'institution judiciaire,
15:40et ce n'est pas moi qui le dis,
15:41ce n'est pas du gouvernement.
15:43Alors Sophie Primat, vous avez raison.
15:45C'est vraiment très courageux.
15:46Sophie Primat, à chaque fois qu'elle parle,
15:49elle dit, contrairement à Xavier Bertrand,
15:51des choses intelligentes.
15:52Elle a parlé de racisme anti-blanc l'autre jour,
15:55ce qui peut exister.
15:56Je ne dis pas que c'est systémique,
15:58mais ça peut exister, là encore.
16:00Elle dit des choses qui me paraissent intéressantes.
16:02Vous savez qu'elle fait partie
16:03de la majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy.
16:04Elle a vu le mur des cons.
16:05Elle a fait le mur des cons de très près.
16:07Donc elle sait de quoi elle parle.
16:08On va voir ce qu'elle a dit, précisément.
16:10Je vais vous montrer ce qu'elle a dit.
16:12Je pense que Marine Lanson va nous...
16:14Voilà.
16:15Le syndicat de la magistrature sort de sa condition
16:17et crée la défiance.
16:19J'aimerais qu'ils soient plus neutres.
16:21C'est leur rôle.
16:22Ils doivent juger en droit et pas en intention.
16:24Elle dit des choses intelligentes, Mme Primat.
16:26Qu'est-ce qu'il a passé de plus ?
16:27Éric Nolot qui n'a pas pris la parole.
16:29Éric Nolot.
16:30Oui, c'est dommage, cette histoire de bus.
16:31Ça partait bien, le débat, malheureusement.
16:34Non, faisons pas de plaisanteries là-dessus.
16:36Non, mais justement.
16:37Moi, je n'ai pas envie de plaisanter la tête.
16:39Marine le dit fréquemment.
16:40Elle dit, demain, je peux passer sous un bus.
16:42Elle est tout à fait philosophe là-dessus.
16:44Que des gens se soient réjouis autant pour une condamnation
16:48qu'elles passent sous un bus, je trouve que c'est un argument
16:50qu'on devrait s'abstenir de présenter sur un plateau de télévision.
16:52Ils veulent qu'elle ne soit plus candidate.
16:54Des arguments sur un plateau de télévision,
16:56croyez-moi, il y en a eu d'autres, qui étaient assez choquants.
16:58J'aurais aimé que celui-ci ne soit pas présenté.
17:00La famille Le Pen...
17:01Ensuite, madame.
17:02Éric Nolot.
17:03Ça m'amène à mon point,
17:05c'est que cette décision d'un appel dans des délais raisonnables
17:08me paraît une décision raisonnable.
17:10Pourquoi ?
17:11Parce qu'elle est à égale distance de deux discours excessifs.
17:14Premier discours excessif, c'est de dire que la décision
17:17ne pose aucun problème d'Euralex, Sedlex.
17:19Si, ça pose un problème démocratique.
17:21De l'autre côté, il y a des discours tout aussi excessifs.
17:24Discours qui prétend qu'il n'y a pas d'affaires,
17:27alors qu'il y a une fraude massive.
17:29Des discours qui font un parallèle avec ce qui s'est passé en Roumanie,
17:32ce qui n'a aucun rapport.
17:34Et je regrette, la charge contre les juges,
17:36elle peut être tout à fait pertinente de manière générale,
17:39mais en l'occurrence,
17:40cette juge n'est pas membre du syndicat de la magistrature,
17:43et rien dans son action, dans son parcours,
17:46ne laisse entrevoir un juge rouge.
17:48Vous parlez d'Eva Joly, l'admiration pour Eva Joly,
17:51c'est un élément parmi beaucoup d'autres.
17:53Ce n'est pas quelqu'un qu'on peut soupçonner,
17:56en tout cas, les décisions qu'elle a rendues
17:58ne prêtent pas le flanc à des soupçons.
18:00Donc je trouve que vous allez trop loin.
18:02Ça ne vous paraît pas curieux ?
18:03Non, et suivez-moi, j'ai encore une phrase,
18:05et je trouve que c'est très grave
18:07de mettre en cause, à ce point-là, un juge
18:09sur une absence d'élément.
18:10On peut faire le procès de la justice en France,
18:12mais dans ce cas particulier,
18:14je trouve que vous êtes sur un terrain très glissant
18:16et très dangereux.
18:17Croyez-moi, les Français s'y retrouveront.
18:21Nous enregistrons actuellement
18:24150 adhésions toutes les 10 minutes,
18:2710 000 depuis lundi,
18:29300 000 signataires pour notre pétition.
18:32Les Français sentent l'injustice.
18:34La magistrate elle-même a expliqué
18:36que ce serait un trouble à l'ordre public
18:38si une candidate condamnée en première instance
18:41ne pouvait pas se présenter.
18:43C'est-à-dire que nous condamnons-la d'office
18:47sans possibilité d'appel,
18:49et nous privons la moitié des Français
18:51de leur candidate à l'élection présidentielle.
18:54Les gens sont choqués, croyez-moi.
18:56Nous n'avons pas voté cette loi.
18:58Éric Nolot, pardonnez-moi,
19:00ce que vous dites ce matin,
19:03vous l'auriez dit hier,
19:05je ne vous aurais rien dit,
19:07mais vous êtes déjugé
19:10par l'audiencement rapide en 24 heures.
19:13Même la justice ne pense pas ce que vous pensez.
19:15Qu'est-ce que je pense ?
19:17Je dis que c'est une décision raisonnable
19:19parce qu'elle fait pièce.
19:21La justice a compris...
19:23La décision était excessive.
19:26C'est l'essentiel.
19:28C'est l'essentiel.
19:30Même la justice l'a compris.
19:32La justice a compris
19:34qu'il n'était pas possible de tenir en France
19:36avec une décision comme celle-là.
19:38Mais c'est l'essentiel.
19:40Le reste, c'est rien.
19:42C'est moi qui décide quand je parle
19:44de ce qui est essentiel ou pas.
19:46Après, vous pouvez avoir votre propre conception
19:48de ce qui est essentiel et secondaire.
19:50Ce que j'entends depuis le début de cette émission
19:52est un peu problématique.
19:54Mais pardonnez-moi,
19:56je n'ai jamais chargé un juge...
19:58Je parle, c'est à notre amitié.
20:00Je vous rappelle...
20:02Madame Parmentier, je ne charge pas un juge.
20:04On dit que c'est une décision qui n'avait pas de recours.
20:06C'est ce qu'a dit François Bayrou.
20:08Mais j'ai dit ça aussi.
20:10Le syndicat de la magistrature,
20:12Eva Jolie, les juges...
20:14Monsieur Nolot, je vous rappelle
20:16qu'ayant fait appel, Marine Le Pen
20:18est présumée innocente.
20:20Rappelons-le.
20:22Moi, je suis fasciné.
20:24Qu'est-ce qui va loin
20:26lorsque le 11 juin,
20:28le syndicat de la magistrature appelle
20:30l'ensemble des magistrats et magistrates
20:32– ce n'est pas moi qui l'écris –
20:34l'ensemble, pas simplement les syndiqués,
20:36à se mobiliser contre l'accession au pouvoir
20:38de l'extrême droite, sous-entendu Marine Le Pen ?
20:40Qu'est-ce qui va loin de simplement souligner ça ?
20:42Ça, ça me choque.
20:44Le syndicat de la magistrature me choque.
20:46Maintenant, étaler un rapport direct
20:48entre ce que dit le syndicat de la magistrature
20:50et la décision qui a été rendue,
20:52ça me paraît abusif.
20:54Monsieur Nolot, le fait de parler de fraude massif
20:56c'est violer la présomption d'innocence
20:58de Marine Le Pen.
21:00Elle n'a pas tort.
21:02Non, elle n'a pas tort.
21:04Elle n'a pas tort.
21:06Je le dis, je viens de rectifier.
21:08Oui, mais c'est très intéressant. Dans votre esprit,
21:10Marine Le Pen a fraudé. C'est fait.
21:12C'est votre inconscient qui parle.
21:14Mais bien sûr.
21:16Je ne peux pas vous dire autre chose.
21:18Votre inconscient parle pour vous, elle a fraudé.
21:20C'est ce que vous avez dit.
21:22Vous avez dit que l'essentiel n'était pas là.
21:24Nous sommes d'accord.
21:26L'essentiel, c'est l'exécution provisoire.
21:28Mais je vous assure, vous êtes sur la ligne éditoriale
21:30de toute la presse française.
21:32Non, ce n'est pas vrai.
21:34C'est pas vrai.
21:36Vincent Herbouet.
21:38Je vous assure.
21:40Ce n'est pas vrai, je ne suis pas sur la ligne.
21:42Je commence par dénoncer la décision.
21:44Pardonnez-moi, ce n'est pas la ligne éditoriale.
21:46Je dis le contraire.
21:48Vincent Herbouet.
21:50Au Moyen-Âge, vous savez,
21:52les moines,
21:54pour se défendre contre le roi,
21:56disaient qu'il touche à la bure,
21:58touche à Dieu.
22:00Et donc, il ne fallait pas toucher au privilège du clergé.
22:02Eh bien, moi j'ai l'impression
22:04depuis hier, d'entendre le brame
22:06de tous les magistrats qui se victimisent
22:08à un espèce de tour de passe-passe incroyable.
22:10Je ne suis pas particulièrement
22:12choqué par le détournement
22:14que l'on reproche au Front National.
22:16Désolé qu'un souverainiste puise
22:18dans les fonds européens pour défendre les intérêts nationaux.
22:20Il y a de quoi
22:22réjouir beaucoup de gens dans ce pays
22:24qui estiment que
22:26tous les moyens sont bons, même l'égo.
22:28Mais, sur le fond,
22:30sur l'autobus dont vous parlez,
22:32vous avez fait une grosse erreur.
22:34Parce que l'attentat contre Marine Le Pen
22:36à la Trump, vous savez, l'attentat
22:38qui l'a enfradé, elle est une sorte de martyr,
22:40il a déjà eu lieu. Elle avait 8 ans.
22:42Sa chambre d'enfants a été pulvérisée.
22:44Elle a déjà traversé ça.
22:46Il y a quelque chose qui relève du courage politique,
22:48qui n'est pas simplement d'accepter
22:50d'être froissé, insulté, injurié.
22:52Il y a quelque chose du courage politique
22:54qu'il faut reconnaître à quelqu'un,
22:56dont je ne partage pas forcément les idées,
22:58mais qui est un peu franc.
23:00Mais je suis prêt.
23:02Je vous rappelle qu'on a dansé sur la tombe de Jean-Marie Le Pen.
23:04Je l'ai dénoncé.
23:06Vous avez entendu le carillon.
23:08Je précise, parce que c'est toujours une position
23:10qui est un peu caricaturée.
23:12Si c'était arrivé à Jean-Luc Mélenchon,
23:14je dirais exactement la même chose.
23:16C'est le principe que nous défendons ici.
23:18C'est un principe.
23:20Ce n'est pas Marine Le Pen.
23:22Et là où M. Bayrou a été formidable,
23:24c'est que devant une assemblée un peu hostile,
23:26ce qu'il a dit hier,
23:28c'est, à mon sens,
23:30vraiment, c'est quelque chose
23:32qui restera dans sa carrière politique.
23:34Je suis désolé de vous le dire.
23:36Le carillon de voix.
23:38Je suis désolé.
23:40Parce que les principes...
23:42Le carillon !
23:44Un vrai carillon !
23:46Vous êtes insupportables.
23:48Je vais vous renvoyer à la revue de presse.
23:50Comment ça va ?
23:52Ça va très bien.
23:54Pascal et vous ?
23:56Ça va bien.
23:58Vous avez réussi à mettre un peu d'ordre dans la classe ?
24:00Dans la classe ?
24:02Dans la classe ou dans la classe ?
24:04J'ai un défaut de prononciation sur les clés.
24:06Mais non, ils sont insupportables.
24:08C'est insupportable.
24:10J'ai l'impression d'être maître d'école.
24:12Qu'est-ce que vous allez faire ce matin,
24:14cher Thomas-Yves ?
24:16Est-ce que vous connaissez Paul Elkarat, un grand champion ?
24:18C'est un génie.
24:20Il publie avec sa maman un livre.
24:22Il est là, Paul Elkarat, déjà ?
24:24Vous lui dites, par exemple,
24:26Louis XIII.
24:28Bonjour, Paul. Louis XIII, quel jour de naissance ?
24:30Il va rentrer dans le studio.
24:32Il n'est pas là.
24:34Je vous demande s'il est là.
24:36On va aller le chercher.
24:38Il est assez bluffant.
24:40Est-ce qu'il est capable de vous dire ?
24:42Vous savez qui était le père de Louis XIII.
24:44Asseyez-vous, il y a Pascal Pro qui essaie de vous parler.
24:46Vous lui demandez.
24:48Il sait toutes les dates de décès, de mort.
24:50C'est bon, il est là, il vous entend.
24:52Louis XIII.
24:54Naissance de Louis XIII.
24:561601, mais je ne suis pas là.
24:581643.
25:001601, 1643.
25:02On n'a pas besoin de vérifier.
25:04On n'a pas besoin de vérifier, c'est bon.
25:06Et effectivement,
25:081643 et 1614.
25:10C'est très pratique d'avoir Wikipédia avec toi.
25:12Bien sûr.
25:14On va vous écouter.
25:16C'était un plaisir, Thomas Hill.
25:18Merci Pascal.
25:20Je vais essayer d'avoir un peu d'autorité.
25:22Ce qui n'est pas facile.

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