Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Bonjour à tous et bienvenue à l'heure des pros ce matin sur Europe 1 jusqu'à 9h30 et sur CNews jusqu'à 10h30.
00:07Dans quel pays empêche-t-on une candidate à l'élection présidentielle, candidate présentée comme favorite du scrutin ?
00:15Dans quel pays un juge, deux juges, trois juges décident-ils que ce candidat est empêché ?
00:21Neuf personnes avaient décidé l'interdiction de ces huit, cette fois trois juges ont stoppé Mme Le Pen et cette décision est sans appel, sans recours.
00:30N'importe quel Français a le droit de contester une décision de justice émise en première instance d'un principe intangible, le double degré de juridiction.
00:40N'importe quel Français, sauf Mme Le Pen, c'est une condamnation sans appel, au sens strict, il est possible que nous ayons perdu en France le mode d'emploi de la démocratie.
00:51La motivation pour justifier l'exécution provisoire de la peine repose sur le risque de récidive, cet argumentaire judiciaire n'est évidemment pas crédible.
01:02Imposer l'exécution provisoire, c'est vouloir que Mme Le Pen ne puisse pas se présenter en 2027.
01:10Le camp du bien applaudit la décision du tribunal correctionnel, sans comprendre que loin d'affaiblir le Rassemblement national,
01:16cette inéligibilité infuse un sentiment d'injustice parmi les électeurs de Marine Le Pen et sans doute au-delà de son propre camp.
01:23Elle illustre aussi la fracture entre une élite médiatique, artiste, intellectuelle, journaliste que j'écoutais hier,
01:29tous au fond satisfaits que Mme Le Pen n'entre jamais à l'Elysée.
01:34Fracture entre cette France d'en haut et une partie du peuple aux Etats-Unis, ce sentiment a amené Donald Trump au pouvoir.
01:43Si les mêmes causes produisent les mêmes effets, l'avenir de Jordan Bardella ou d'un autre prétendant du Rassemblement national
01:49passe par le 55 rue du Faubourg Saint-Honoré.
01:53J'ajoute que Mme Le Pen a répondu aux questions de notre confrère Gilles Boulot hier soir avec beaucoup de calme,
01:59beaucoup de dignité, de combativité, mais aussi de solennité.
02:04En un moment où nombre d'incarnations de la vie politique française tombent dans l'excès, la fureur ou la bêtise,
02:11elle a su garder un certain niveau de comportement et de parole qui tranche avec le climat général.
02:18Hier soir, Mme Le Pen est apparue comme une femme responsable qui gardait son sang froid malgré ce tsunami.
02:25Convenons qu'aujourd'hui, ce n'est pas si fréquent.
02:29Il est 9h02, Chana Lusso.
02:319h, 9h30, l'heure des pros sur CNews et Europe.
02:35Bonjour Pascal, bonjour à tous.
02:45Tout sera fait pour nous empêcher d'arriver au pouvoir.
02:48Ce sont les mots de Jordane Bardella ce matin sur CNews et Europe.
02:52Au lendemain de la condamnation de Marine Le Pen, empêcher Marine Le Pen d'être candidate en 2027
02:58est une négation pure et simple de l'état de droit, dit le président du RN,
03:02qui dénonce une décision de justice disproportionnée.
03:05Il y a des millions de Français qui, ce matin et qui depuis hier, sont indignés
03:11et qui ont le sentiment que des juges ont décidé de manière disproportionnée,
03:17de manière politique et de manière partisane, d'entraver la grille de départ de la prochaine élection présidentielle.
03:25Jordane Bardella qui a également annoncé des manifestations dès ce week-end.
03:29La condamnation de Marine Le Pen a résonné jusqu'aux Etats-Unis.
03:32Donald Trump a réagi cette nuit, faisant le parallèle avec ses propres affaires judiciaires.
03:37Cela ressemble beaucoup à notre pays, c'est ce qu'il a dit cette nuit depuis le bureau Oval,
03:42parlant de l'affaire Le Pen comme d'une affaire très importante.
03:45Je rappelle que Donald Trump a lui-même été condamné l'an dernier dans l'affaire Stormy Daniels.
03:50Et puis dans le reste de l'actualité, Paris et Alger relancent la coopération migratoire.
03:55Emmanuel Macron et le président algérien Théboune se sont téléphonés hier soir dans un esprit d'amitié, nous dit-on.
04:01Après plusieurs mois de tensions diplomatiques, les deux chefs d'État ont prôné le dialogue et l'apaisement.
04:06Voilà pour l'essentiel de l'information, c'est à vous Pascal.
04:09Merci Charlotte Dornela, Joseph Macescaron, Vincent Hervouët, Thomas Bonnet et Gilbert Collard sont avec nous.
04:14Trois juges en France décident d'une élection présidentielle
04:23sur une interprétation de l'exécution provisoire qu'on peut contester.
04:28Trois juges.
04:29Donc effectivement, ça frappe l'opinion publique, forcément.
04:35Écoutez Marine Le Pen hier soir, elle parlait d'une décision politique.
04:39Est-ce qu'on peut l'écouter ?
04:41Marine Le Pen.
04:44Dites que vous êtes un binôme avec Marine Le Pen, on vous croit.
04:47Dans un binôme, on se dit tout.
04:49En huis clos, on se dit tout.
04:51On se dit voilà, si je suis empêchée, c'est toi qui...
04:53Marine Le Pen, une décision politique, j'avouerais que nous l'écoutions pour commencer cette émission.
05:03Est-ce que Marine Le Pen...
05:04J'ai parfaitement compris ce que la présidente expliquait,
05:07à savoir qu'elle était en train de rendre une décision qui était une décision politique.
05:12La magistrate a assumé très clairement de mettre en oeuvre l'exécution provisoire de l'inéligibilité.
05:20C'est-à-dire en réalité de rendre mon appel inutile.
05:24C'est qu'elle dit je vais vous rendre inéligible tout de suite
05:29et je le fais précisément pour vous empêcher de pouvoir être élue présidente de la République.
05:35Un certain nombre de magistrats, ils n'ont pas besoin de consignes.
05:39Je crois que l'état de droit a été totalement violé par la décision qui a été rendue.
05:44Ce qui est intéressant ce matin, c'est qu'effectivement, bien au-delà du camp du Rassemblement national,
05:48j'ai entendu des juristes, M. Shuttle, Mme Lenoir...
05:53Vous qui êtes juriste, je vous assure, souvent je le répète,
05:58j'espère que je n'aurai jamais affaire à la justice de France.
06:00Je ne peux pas vous dire autre chose.
06:02Je vous comprends.
06:03Parce que tu ne sais pas ce qui peut arriver.
06:09Et vous ne connaissez pas les coulisses.
06:12C'est-à-dire ?
06:13L'arrière-pays que 50 ans d'exercice professionnel m'ont permis de découvrir.
06:20Moi j'ai vu un juge d'instruction, je vous promets que c'est vrai, ça a été acté,
06:26demander à sa plante verte si elle allait mettre en détention quelqu'un ou pas.
06:30Elle a répondu ?
06:31Elle n'a pas répondu, mais le type est allé en détention.
06:33Revenons sur l'argument purement judiciaire, parce que c'est ça qui nous intéresse.
06:40La décision est, sur le plan juridique, évidemment contestable.
06:47L'exécution provisoire, c'est pour empêcher la réitération.
06:51On est d'accord ?
06:52Tout le monde le sait.
06:53Qu'on soit d'extrême-gauche, qu'on soit d'extrême…
06:56Peu importe, Marine Le Pen n'est plus parlementaire européen.
07:01Où existe le danger de réitération ?
07:05Où le trouver ?
07:06Même avec la loupe de Sherlock Holmes, on ne trouve pas le danger de réitération.
07:10Donc c'est vraiment une décision qui ne respecte pas le droit.
07:15Et le fait qu'il n'y ait aucun recours ?
07:17Tout le monde est d'accord là-dessus ?
07:19Tout le monde l'a validé ?
07:20M. Bosselut le valide ?
07:22Il n'y a absolument aucun recours ?
07:24Il n'y a aucun recours, non.
07:26L'histoire qui a été racontée à propos d'un texte du Code de procédure civile
07:30qui permettrait de demander la suspension au Premier Président
07:33n'est pas applicable en matière pénale.
07:35Et la grâce, on est d'accord qu'elle ne peut arriver sur une grâce
07:39que lorsque la condamnation a été finie.
07:41Vous êtes sûr de cela ?
07:43La grâce ne peut pas arriver par exemple…
07:45En revanche, il peut y avoir une loi d'amnistie.
07:47Oui, mais une loi d'amnistie…
07:49Mais les socialistes l'ont fait.
07:51Oui, mais encore faut-il qu'une majorité…
07:55Veuille la loi d'amnistie.
07:57La grâce, il faudrait que Mme Le Pen ne se produise pas en appel.
08:00Et donc reconnaître sa culpabilité.
08:03C'est intéressant ce que vous dites d'ailleurs.
08:05Merci.
08:06Vous êtes le premier qui dit ça.
08:08Pardon ? C'est évident ?
08:10Oui, mais personne ne l'a dit comme vous.
08:12Donc effectivement, si par exemple Emmanuel Macron
08:15prenait la décision, disait ou faisait dire
08:19si Mme Le Pen est condamnée, je grâcie.
08:22Oui.
08:23Je grâcie.
08:24C'est très intéressant ce que vous venez de dire.
08:26Oui, mais il faut que Mme Le Pen accepte justement sa culpabilité.
08:28Oui, mais au nom justement de pouvoir se présenter.
08:31C'est bien là aussi.
08:32Et qu'il n'y ait pas d'appel du parquet, attention.
08:34Et qu'il n'y ait pas d'appel du parquet, vous avez raison.
08:37C'est un rêve.
08:39Le seul espoir pour Marine Le Pen, c'est que la procédure en appel soit rapide.
08:42C'est le seul levier sur lequel elle peut agir, c'est d'accélérer le calendrier.
08:45On va écouter également Jordan Bardella,
08:47parce que c'est la nouvelle donne aujourd'hui.
08:49Moi, j'ai l'impression que le camp du bien qui applaudissait hier,
08:53c'était formidable d'ailleurs, hier.
08:55Tous les journalistes de France paraissaient,
08:58ceux que j'entendais en tout cas, paraissaient assez satisfaits.
09:01Ils ne se rendent pas compte, mais ils se rendent compte généralement de pas grand chose.
09:05Combien ces choses-là infusent, 2005 avait infusé,
09:09et les gens vont avoir sans doute le sentiment d'une forme d'injustice.
09:13Mais écoutons Mme Le Pen sur précisément la motivation de la Présidente.
09:17C'était hier sur TF1.
09:21La motivation de la Présidente est claire.
09:23Je ne veux pas que Marine Le Pen puisse être élue Présidente de la République.
09:27Le jour funeste que cela représente pour notre démocratie et pour notre pays,
09:31où des millions de Français vont être privés
09:35par un juge de première instance,
09:38sans recours possible,
09:40de la candidate qui est aujourd'hui donnée
09:43comme étant la favorite de l'élection présidentielle.
09:45Mais ça devrait scandaliser objectivement
09:48tous ceux qui sont attachés à la démocratie et à l'état de droit.
09:51En France, dans le pays des droits de l'homme,
09:54des juges ont mis en place des pratiques que l'on croyait réservées
09:58au régime autoritaire.
10:00Gilbert Collard, le 11 juin 2024,
10:04le syndicat de la magistrature a fait un communiqué de presse
10:08à la suite des élections européennes du 9 juin 2024.
10:12Et le syndicat écrit ceci.
10:14Le syndicat de la magistrature appelle l'ensemble des magistrats et magistrates,
10:17ainsi que toutes celles et ceux qui participent à l'activité judiciaire
10:21à se mobiliser contre l'ascension au pouvoir de l'extrême droite.
10:25Ce n'est pas moi qui l'écris,
10:27c'est le syndicat de la magistrature.
10:31Comment ne pas faire un lien
10:34entre ce communiqué qui est daté du 11 juin 2024
10:39et la décision d'hier ?
10:43Évidemment que le soupçon existe,
10:46et je ne veux pas accuser ces trois juges.
10:49Je dis que je trouve ça invraisemblable.
10:51Mais ce dont ils ne se rendent pas compte,
10:54c'est l'opinion publique,
10:56qui effectivement ne bouge jamais,
10:58elle ne va pas descendre dans la rue pour cela.
11:00Mais ça infuse.
11:02Donc quand il y a la Roumanie,
11:04où un homme est empêché de se présenter,
11:07quand il y a l'ARCOM,
11:09quand il y a un ancien président de la République
11:11qui est condamné à 7 ans,
11:13dévoré par ses ambitions personnelles,
11:16avec des magistrats qui ont fait...
11:18Forcément, ça crée un certain climat,
11:21et les uns et les autres peuvent estimer
11:25que cette justice, aujourd'hui,
11:28elle rend des décisions politiques.
11:30La révolution française est née de la crise des parlements.
11:35Elle est née de la réaction nobilière.
11:37Les parlements, c'était les juges.
11:41On connaît la phrase de Mitterrand,
11:43les juges ont foutu en l'air la monarchie,
11:45ils foutront en l'air la République.
11:47Bon, elle n'est pas tout à fait de lui,
11:49Maître l'avait dit avant, mais enfin, peu importe.
11:51Les citoyens ne peuvent plus avoir confiance
11:56à partir du moment où un syndicat de magistrats
11:59se permet d'exprimer son hostilité ouverte...
12:03– Ah non, mais c'est plus que ça, si vous me permettez.
12:05– Oui, c'est plus que ça, vous avez raison.
12:07– C'est beaucoup plus qu'une hostilité,
12:09c'est participe à se mobiliser contre l'ascension au pouvoir.
12:12– Voilà, voilà. – De l'extrême droite.
12:14– Charlotte Dornelas qui n'a pas parlé.
12:16– La question du syndicat de la magistrature,
12:18je la renverrai au conseil supérieur de la magistrature,
12:22qui ne réagit pas quand le syndicat publie quelque chose
12:25et qui a réagi hier, disant que c'était honteux de contester ou de menacer...
12:30– On va écouter M. S. qui n'était pas...
12:32– Menacer les magistrats, c'est une évidence,
12:34mais je note quand même à ce sujet des gens qui brandissent
12:38les menaces de mort qu'ils reçoivent après une polémique
12:41ou un débat public qui est légitime,
12:43ce débat est légitime parce que de toute façon il existe,
12:46et je note ces derniers temps que ça devient un argument.
12:49On débat, on conteste une position et on dit
12:52« ah bah oui j'ai été menacée de mort, fermez le banc ».
12:54Mais malheureusement, ce que je ne me réjouis pas,
12:57tous les gens qui prennent la parole dans le débat public
12:59sont insultés et menacés, on en est là en fait,
13:01c'est vrai pour tout le monde.
13:03Donc ça ne peut pas devenir un argument pour bloquer le débat.
13:06– Rémi S., je voudrais qu'on l'écoute, pardonnez-moi.
13:08– Non, non, et la deuxième chose c'est que le Conseil supérieur
13:10de la magistrature a réagi et ne réagit pas,
13:13alors qu'il a un pouvoir notamment d'examen du positionnement
13:17du syndicat de la magistrature, vous avez donné cet exemple-là,
13:20mais ils avaient contesté même une directive pénale
13:23prise par le garde des Sceaux, ce qui est quand même hallucinant
13:26pour un syndicat de magistrats,
13:28sans que le Conseil de la magistrature réagisse.
13:30Pourquoi c'est grave ? Parce que précisément,
13:32se passe exactement ce qui se passe depuis hier.
13:35À chaque fois qu'un magistrat en France prend une décision,
13:38on a dans la tête le syndicat de la magistrature
13:41et ça pèse sur le travail de l'ensemble des magistrats.
13:44Que le Conseil supérieur de la magistrature ne comprenne pas
13:47que la confiance des Français est notamment altérée
13:49par les prises de positions politiques permanentes
13:52du syndicat de la magistrature, c'est fou.
13:54– Et sous la présidence de Hollande, le syndicat de la magistrature
13:59a été à la direction des affaires judiciaires.
14:02N'oublions pas le rôle de M. Jelly, camarade de régiment de M. Hollande,
14:08qui a été à la grande direction des affaires judiciaires.
14:11– Est-ce qu'on peut écouter Rémi Hesse ?
14:13Je demande à Marine Lenson, est-ce qu'on peut écouter
14:15un des plus hauts magistrats français ?
14:17– Il est dans l'accord de cassation, je crois.
14:19– C'est le plus haut.
14:20– C'est le plus haut ou c'est le deuxième, je crois ?
14:22– C'est le premier président, je suppose.
14:24– M. Hesse, écoutons, il était ce matin sur l'antenne d'RTL.
14:28– Je rappelle vraiment, fermement, qu'il faut vraiment garder la raison,
14:33il faut garder la mesure, il faut aussi penser au second procès
14:38qui va s'ouvrir dans quelques mois et qui doit pouvoir,
14:41qui devra pouvoir se tenir dans toute la sérénité requise.
14:45Encore une fois, c'est une collégialité qui a rendu cette décision
14:49à l'issue d'un débat contradictoire et donc,
14:52il n'y a absolument aucune raison de s'en prendre au juge.
14:56– Vincent Hervouët, que disiez-vous ?
14:58– Je disais, c'est lunaire comme extrait, il faut garder la raison, garder la mesure.
15:03Le deuxième procès va être extrêmement serein,
15:06surtout s'il se passe au printemps 2017, ce sera forcément…
15:09– 2027.
15:10– 2027, c'est absurde.
15:12– Il y a un élément important, c'est qu'on donne la parole au procureur général,
15:16c'est-à-dire que c'est l'accusation, c'est l'accusation.
15:20– Nous avons entendu l'avocat du Parlement.
15:22– On donne la parole au représentant, le plus haut représentant de l'accusation.
15:28– Joseph Macescaron.
15:30– Il y a quand même une dérive inquiétante,
15:32c'est-à-dire que moi j'ai bien entendu aussi les reproches qui ont été faits
15:35à l'avocat de Marine Le Pen, Rodolphe Bessus.
15:37En fait, qu'est-ce qu'on lui reproche ?
15:39On lui reproche d'avoir plaidé non-coupable.
15:42Vous vous rendez compte ?
15:43Comme si, évidemment, l'avocat de la Défense ne devait pas plaider non-coupable.
15:47C'est le reproche explicite qui lui a été fait.
15:49Et on reproche d'un autre côté, évidemment, aux citoyens que nous sommes,
15:52d'avoir un jugement.
15:54Alors, on ne peut plus plaider coupable, on ne peut pas avoir un jugement.
15:56Très franchement, si la Défense dans ce pays n'est pas criminalisée,
15:59qu'est-ce qu'elle est ?
16:00– Moi, ce que je regrette, c'est que M. Etz,
16:03on ne lui pose pas une question très précise.
16:06Je répète, la motivation pour justifier l'exécution provisoire de la peine
16:12repose sur le risque de récidive.
16:14Autrement, il n'y a pas.
16:16– Oui, mais le risque de récidive tient à l'argument de la Défense.
16:20Donc, je n'ai pas besoin d'avoir une maîtrise de droit
16:25pour savoir que cet argument n'existe pas.
16:28Ça, ce que je dis, c'est factuel.
16:30Ce n'est pas défendre Mme Le Pen que de dire cela.
16:32C'est de dire qu'elle n'est plus parlementaire européenne.
16:35– Les faits sont arrêtés en 2016, déjà.
16:38– Oui, donc elle ne…
16:39– Il y a même un problème d'orgueil.
16:41– L'argumentaire va plus loin et il est le même à chaque fois.
16:43– Vous savez, ce débat entre est-ce qu'une décision est une censure
16:46ou une manière de sauver la liberté,
16:48c'est un débat qu'on a quand même régulièrement ces derniers mois,
16:51vous me l'accorderez.
16:52Et la motivation, il y a d'accord le risque de récidive,
16:56mais il y a également l'idée qu'étant donné les faits qui sont reprochés,
16:59ce serait un trouble à l'ordre public et à l'ordre démocratique,
17:03surtout de permettre à Marine Le Pen de se présenter.
17:06Donc, c'est encore la même rhétorique.
17:08– Bien sûr.
17:09Alors, justement, celle qui incarne cette rhétorique,
17:11c'est Marine Tondelier.
17:13– Elle n'est pas la seule à sa déclaration.
17:15– Oui, elle l'incarne et elle dit même,
17:17elle prend à partie dans l'extrait que vous allez voir les journalistes,
17:20en disant mais même vous, journaliste, vous devez vous battre
17:23contre l'arrivée de Mme Le Pen.
17:24– Ils le font.
17:25– Donc, effectivement, c'est une…
17:26– Ne vous inquiétez pas pour eux.
17:27– C'est une position…
17:28– Il faut que l'on l'entende pour le faire.
17:30– Je vous propose d'écouter Marine Tondelier
17:32parce qu'elle est représentative, évidemment, d'un certain climat
17:36qui existe fortement, pour ne pas dire majoritairement,
17:39pour ne pas dire unanimement, dans les médias.
17:45– Mais le syndicat de la magistrature,
17:47quand il dit qu'il ne souhaite pas que le RN arrive au pouvoir,
17:50c'est parce qu'ils sont juges et qu'ils protègent la justice
17:54et qu'ils savent que ce parti est hostile à l'État de droit.
17:56En fait, quand on est juge aujourd'hui,
17:58quand on est syndicaliste, quand on est journaliste,
18:01c'est normal de ne pas être d'accord avec vous
18:03parce que vous menacez ces institutions-là.
18:06Donc, c'est un réflexe de survie,
18:08c'est un réflexe démocratique
18:10que de ne pas vouloir que vous arriviez au pouvoir.
18:12– Je rappelle que Mme Tondelier pèse 5%.
18:15C'est-à-dire que, attendez,
18:17Mme Tondelier, après les élections législatives,
18:20elle pèse 5%.
18:21Elle se retrouve dans une position centrale de prise de pouvoir
18:25au mois de juin d'Union de la gauche.
18:27Elle ne représente 5% des gens.
18:30– Je rappelle aussi que Mme Tondelier,
18:34avec l'affaire Julien Bayou,
18:35devrait raser les murs quand il s'agit de la justice.
18:37– Je rappelle aussi qu'elle est allée à la France Insoumise
18:40qui met en prison les institutions.
18:42– Si je peux me permettre,
18:45elle qui est tout le temps vêtue de sa feuille de salade…
18:49– Ne tombons pas là-dedans.
18:52– Moi, j'assume.
18:53– Je fais juste une petite parenthèse.
18:56Ce que j'ai trouvé formidable hier,
18:59aussi bien chez Marine Le Pen que chez Jordan Bardella ce matin,
19:03c'est la tenue du discours.
19:05Je termine.
19:06– Oui.
19:07– C'est vrai aussi pour…
19:08– Il n'a pas l'ARCOM.
19:09– Non, pas du tout.
19:10Ce n'est pas du tout ça.
19:12L'ARCOM, là-dessus, n'intervient pas.
19:15– On ne peut pas prendre une feuille de salade,
19:16elle ne dira rien.
19:17– Ce que je veux vous dire,
19:18c'est que vous abimez votre position
19:20si vous arrivez sur ce terrain-là.
19:23Tout à l'heure, Jordan Bardella,
19:25de sang-froid, de dignité et d'une certaine hauteur de vue,
19:29était à l'aune du discours que j'ai entendu hier de Mme Le Pen.
19:33Et je pense qu'aujourd'hui, c'est très important.
19:36C'est très important pour le public,
19:38parce que ça tranche singulièrement,
19:41justement, avec Mme Tondelier et d'autres personnes.
19:44Je ferme la parentale.
19:45– Vous allez comprendre pourquoi je me suis permis
19:47cette métaphore…
19:51– La vérité est nue.
19:53– Voilà.
19:54Je m'en excuse.
19:57Elle continue qui, Mme Tondelier ?
20:01Avant elle…
20:02– Eva Jolie.
20:03– Il y avait Eva Jolie.
20:04– Oui, Eva.
20:06– Voilà.
20:07Il y avait Eva Jolie.
20:08Alors nous savons, c'est diffamer personne que de le dire,
20:12que la présidente du tribunal est devenue magistrate
20:16par admiration pour Eva Jolie.
20:19Voilà.
20:20– Au-delà.
20:21– Je dis simplement ça.
20:23Je le dis avec infiniment de respect,
20:25avec, comment pourrais-je dire, une approche historique.
20:28– Mais elle a le droit d'ailleurs.
20:29– C'est son droit le plus absolu.
20:30– Vincent Herouet.
20:31– Le plus absolu.
20:32– C'est la conviction de pas mal de magistrats
20:35qui appartiennent à cette petite bourgeoisie
20:39qui a une grande défiance vis-à-vis des classes populaires
20:42et considère qu'elle doit profiter du pouvoir qui lui est donné
20:45pour l'autorité qu'elle a pour éclairer le peuple
20:49et imposer sa morale à la société, comme dit un de vos collègues.
20:53– C'est le code pénal antifront national.
20:57– Oui, c'est les antifas.
20:59– On aurait aimé également que M. Hetz ne réagisse pas
21:03sur ce qu'avait dit le procureur pendant le procès.
21:06Notamment, ça me ferait mal.
21:07– J'ai rien contre vous, mais ça me ferait mal de…
21:10– Que d'aveu.
21:11– Demander la relâche.
21:12– Mais ce qui est ennuyeux, et c'est toujours pareil,
21:15ce qui est ennuyeux, c'est que,
21:17et c'est encore faire le procès de l'espace pédiatique,
21:20c'est que tout le monde n'est pas interrogé de la même manière.
21:23Donc évidemment, M. Hetz, on ne lui pose pas des questions aussi précises.
21:27M. Hetz, que pensez-vous de cela ?
21:30Donc il y a deux poids, deux mesures.
21:32Mais tout ce qu'on dit là, le public le sait bien.
21:35Donc j'ai envie de dire, ce n'est pas si grave que cela,
21:38puisqu'il décode tout le public aujourd'hui.
21:41Il décode tout.
21:43Et la sanction ou le résultat, ça sera dans un an ou dans deux ans.
21:47Donc hier soir, il y avait quelques voix mauvaises.
21:49On va écouter M. Apathy au quotidien.
21:52Ils se réjouissent, bien sûr.
21:54– Apathy s'est réjoui.
21:56– Donc Apathy peut se réjouir.
21:58– Principalement, ce ne sont que des voix mauvaises.
22:02Mais ils ne saisissent pas, ils ne comprennent pas
22:06les conséquences peut-être de cela.
22:08Charlotte.
22:09– Non mais il y a une autre conséquence, j'y pense,
22:11parce que j'entendais Joseph tout à l'heure dire
22:13que la défense était criminalisée dans ce pays.
22:15Je pense qu'il y a beaucoup de victimes
22:17qui se retrouvent dans les tribunaux aujourd'hui
22:19qui vont hurler en entendant cette phrase,
22:20puisque précisément, il explique que les victimes ont assez peu de droits
22:23et que ceux de la défense sont consolidés en permanence.
22:25Mais ça m'a fait penser à une chose,
22:27c'est que toutes ces affaires politiques ont une conséquence
22:30et elle, elle est très grave.
22:31C'est que le monde politique, confronté à la justice,
22:34avec toutes les craintes que nous exposons depuis tout à l'heure,
22:37pense la justice en fonction de ces affaires-là
22:39qu'ils connaissent mieux que les autres.
22:41Par exemple, les Français qui ont affaire à la délinquance
22:44ou à la criminalité quotidienne.
22:45Et ils pensent donc la justice en consolidant les droits de la défense
22:49parce qu'ils y ont eu affaire, en fonction de leurs affaires.
22:51Et là, ça devient extrêmement problématique pour la justice quotidienne
22:55à laquelle ont affaire les Français.
22:57Je me mets à la faute, je ne peux répondre qu'une seconde.
22:59Vincent Arouet !
23:02Non, c'est la faute des politiques, pardon.
23:04Mais ils ont voté un nombre de lois extravagantes
23:08après tellement apeuré l'idée...
23:12Justement, après la fac à Usaq, ils ont voté la loi Sapin.
23:15Oui, mais je suis d'accord avec vous.
23:16Parce qu'ils avaient la trouille.
23:17Ils avaient la trouille du tribunal populaire.
23:19Tout à fait vrai.
23:20Ils avaient des gages.
23:21Ils ont donné les clés à la justice.
23:24J'ai participé au débat, donc je peux vous en parler.
23:27J'ai voté contre le texte.
23:28Marion a voté contre le texte.
23:30Il n'y avait pas nombreux à ce moment-là.
23:31Il y avait peu de voix qui s'élevaient contre ça.
23:32On s'est élevés contre ça.
23:34Le carillon !
23:35On a été maltraités.
23:37Le carillon !
23:39Le carillon d'Europe 1.
23:40Thomas Hill !
23:41Comment allez-vous Pascal ?
23:42Je vais vous laisser dans une actualité peut-être différente
23:45et plus légère sans doute sur Europe 1.
23:47Bonjour, qui recevez-vous ce matin ?
23:49On va parler avec Ophélie Meunier d'éducation ce matin
23:52parce que vous savez que tout a changé en 50 ans.
23:54On est passé de la fessée, le martinet, à l'éducation positive
23:58avec peut-être ses excellences.
24:00Il n'y avait pas de martinet dans les années 70-74.
24:03Il n'y avait pas de martinet.
24:04Je vais même vous montrer une archive de Nounours.
24:09Même Nounours sortait le martinet figurez-vous.
24:11Avec Pimprenel et Nicolas.
24:13Il y a 100 ans peut-être, mais il ne faut peut-être pas exagérer.
24:16Il y avait la mère Fouettard.
24:19Vous n'avez jamais eu le martinet vous ?
24:21Non, jamais.
24:22Eh bien ça se voit.
24:25Il y a des coups de martinet qui sont bienvenus.
24:28Ça se voit dit Charlotte Dornelas.
24:31Merci en tout cas et bonne émission à vous.
24:349h24, on marque une...