Le 2 avril est la journée mondiale de la sensibilisation à l'autisme. Si les recherches sur l'autisme se multiplient, qu'en est-il de l'insertion professionnelle des personnes autistes en France ?
Pour ce débat, Jean-Pierre Gratien accueille : Étienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, Stéphanie Fouquet, fondatrice et présidente d'ASPERTEAM et Guillaume Chocu, graphiste auto-entrepreneur.
Pour ce débat, Jean-Pierre Gratien accueille : Étienne Pot, délégué interministériel à la stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement, Stéphanie Fouquet, fondatrice et présidente d'ASPERTEAM et Guillaume Chocu, graphiste auto-entrepreneur.
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00:00:00Générique
00:00:02...
00:00:16Bienvenue à tous.
00:00:17Tom, à 12 ans, souffre de troubles du spectre autistique.
00:00:21Son père l'entoure d'amour,
00:00:23mais il cherche aussi à se rassurer,
00:00:25à lui imaginer un avenir.
00:00:27C'est la belle histoire du documentaire qui va suivre,
00:00:31Autisme, le petit chasseur de fantômes.
00:00:33Ce père, qui est aussi le co-réalisateur de ce film,
00:00:37va sillonner notre pays,
00:00:38mais également se rendre au Canada, au Danemark et en Israël,
00:00:42où des initiatives sont nées pour une inclusion réussie
00:00:45des personnes autistes dans le monde du travail.
00:00:48Ici, pas de médecins ni d'experts,
00:00:50juste des rencontres avec des adultes autistes
00:00:53et aujourd'hui, épanouis dans leur métier.
00:00:55Je vous laisse le découvrir et je vous retrouverai juste après
00:00:59sur ce plateau, en compagnie de mes invités,
00:01:01le délégué interministériel à la Stratégie nationale
00:01:04pour les troubles du neurodéveloppement Etienne Pau,
00:01:07la fondatrice et présidente de l'entreprise Asperthym,
00:01:11qui accompagne l'inclusion professionnelle
00:01:13des profils atypiques Stéphanie Fouquet
00:01:16et le graphiste Guillaume Chocu.
00:01:19Avec eux, nous nous interrogerons sur l'insertion professionnelle
00:01:23des personnes autistes dans notre pays.
00:01:25Bon doc.
00:01:31J'y vais ?
00:01:32Non, attends.
00:01:33Je peux déjà filmer ?
00:01:35Oui.
00:01:36On parle à l'intérieur ou tu veux dire bonjour ?
00:01:38Oui, bonjour.
00:01:40Dans ce cas-là, on marche et tu comptes jusqu'à 10 ou 15 secondes
00:01:43avant de parler.
00:01:44T'es prête ?
00:01:45Oui.
00:01:47Vas-y.
00:01:53Musique rythmée
00:01:56...
00:02:03Bonjour à tous et à toutes. Moi, c'est Tom.
00:02:05J'espère que vous allez bien.
00:02:07En tout cas, moi, ça va super. Aujourd'hui, on va faire une vidéo.
00:02:11On va visiter ce magnifique château qui est à l'abordant.
00:02:14Oh, un pigeon !
00:02:16Ça, c'est pas très rassurant à regarder, là.
00:02:20Il y a un arbre qui a poussé sur la tour
00:02:23et c'est recouvert de lierre.
00:02:25Donc on va aller visiter ce château.
00:02:28...
00:02:32Tom a 12 ans.
00:02:33C'est mon fils.
00:02:36Je le suis dans ses passions.
00:02:38Maisons abandonnées, lignes de chemin de fer désaffectées.
00:02:41Il passe des heures à repérer ces endroits sur des cartes satellites
00:02:45avant d'aller les visiter.
00:02:47Il se sent bien là-bas. J'y passe avec lui des journées entières.
00:02:51Tu te sens comment, sur un chemin de fer ?
00:02:53Je me sens bien.
00:02:54Comme ça, on n'est plus cachés.
00:02:57Tom rêve de devenir chasseur de fantômes professionnel.
00:03:01Vous êtes là ?
00:03:02Comme un youtubeur, il filme tout
00:03:04et voudrait avoir sa propre chaîne pour partager ses vidéos.
00:03:08Cette passion occupe son esprit du matin au soir.
00:03:11C'est une passion plus forte que n'importe laquelle de vos passions.
00:03:14C'est pour lui ce qu'on appelle un intérêt spécifique.
00:03:19En le regardant, je m'interroge.
00:03:21Aujourd'hui, on va visiter une ancienne maison
00:03:24en pleine forêt.
00:03:26Je ne remets pas en question son envie de devenir chasseur de fantômes.
00:03:30Mais est-ce vraiment un métier d'avenir ?
00:03:32Plus tard, pourra-t-il travailler comme tout le monde ?
00:03:38Je ne sais pas encore comment Tom va évoluer.
00:03:41La France reste en retard dans la prise en charge de l'autisme.
00:03:44Alors je vais voyager avec ma caméra,
00:03:46en France, mais aussi dans les pays qui ont des choses à nous apprendre.
00:03:50J'ai vu assez de spécialistes ces 10 dernières années.
00:03:53Cette fois, je ne veux rencontrer que des personnes autistes.
00:03:57Quel a été leur parcours ? Comment travaillent-elles ?
00:04:00Et comment peuvent-elles m'aider à trouver un chemin pour mon fils ?
00:04:15Tout commence dans un lieu unique.
00:04:17Je le connais pour y avoir réalisé un reportage il y a quelques années.
00:04:21Ce chapiteau est celui de Turbulence,
00:04:24où sont produits des spectacles conçus et joués par des personnes autistes.
00:04:35Je m'appelle Mathieu.
00:04:37Je suis un artiste.
00:04:39Je suis un artiste.
00:04:41Je m'appelle Mathias Bleus.
00:04:43J'ai 35 ans.
00:04:45Je suis né à la Clinique des Lauriers à Vitry-sur-Seine,
00:04:49à 21 heures, en 1986.
00:04:54Mathias n'a pas d'intérêt pour les lieux abandonnés.
00:04:57Mais il parle beaucoup de jeux vidéo et de la série Casa de Papel.
00:05:01Allez, on va pouvoir commencer à lire les Humeurs du jour.
00:05:06Pensée du jour, je suis filmé par des caméramans
00:05:10pour un film sur la Casa de Papel.
00:05:12Je jouerai un débraqueur.
00:05:14Je torturerai mes otages avec des ceintures d'explosifs.
00:05:18S'ils transpirent ou s'ils se tripotent, boum !
00:05:22Même leur femme ne les reconnaîtra pas.
00:05:28Parler de la Casa de Papel,
00:05:30c'est pour lui une manière d'entrer en contact avec les gens.
00:05:34C'est pour lui une manière d'entrer en conversation.
00:05:37À propos de la Casa,
00:05:38puisque j'avais vu écrire des trucs sur les tortures, etc.,
00:05:42parce que les sbires du professeur,
00:05:46lui, il tolère pas que ses sbires torturent leurs otages.
00:05:51Tu ne m'as jamais posé la question
00:05:54à quelle heure je me réveille le matin.
00:05:56C'est une question qui manque.
00:05:57Je veux savoir à quelle heure tu travailles le matin.
00:05:59Alors, 7h22, le...
00:06:03Pourquoi 7h22 ?
00:06:04Parce que moi, il faut que je parte à 7h47.
00:06:09Mais si tu te lèves à 7h23, c'est la catastrophe.
00:06:12Bien sûr.
00:06:13Tu aimes bien avoir des journées bien rythmées, bien encadrées ?
00:06:16Oui.
00:06:17C'est comme ça que je suis sûr de bien te réveiller,
00:06:20d'être à l'heure pour le petit-déj.
00:06:23Et si jamais il y a un imprévu dans ta journée, ça te stresse ?
00:06:25Oui.
00:06:27Oui, ça me stresse beaucoup.
00:06:28Et qu'est-ce que tu fais quand t'es stressé ?
00:06:30Ça veut dire que je ne suis pas bien,
00:06:31je ne suis pas en état de parler.
00:06:39Est-ce que tu peux me dire quels sont tes autres troubles autistiques ?
00:06:42Moi, le problème, c'est l'excitation
00:06:46et... Voilà.
00:06:49Et le fait de me répéter.
00:06:52Voilà.
00:06:53C'était les deux choses qui proviennent de mon autisme.
00:06:58Je voudrais savoir un truc, Mickaël.
00:07:01Tu m'as dit que ton fils est autiste,
00:07:03mais en quoi il est autiste ? C'est ça que je voudrais savoir.
00:07:06Tom, en fait, ça a été détecté assez tôt.
00:07:09Il avait des intérêts spécifiques, déjà.
00:07:11C'est-à-dire qu'il avait une toupie quand il était petit
00:07:13et il se mettait assis dans le jardin
00:07:15et il la regardait tourner pendant très longtemps.
00:07:17Et il ne s'intéressait pas du tout aux autres.
00:07:21Tom est né à Fontainebleau,
00:07:23le 25 février 2010.
00:07:27C'est mon premier enfant.
00:07:28J'ai envie de voir. C'est agréable.
00:07:31Il a un frère de 9 ans et un demi-frère d'un an.
00:07:34Je le garde un week-end sur deux,
00:07:36tous les mercredis et la moitié des vacances scolaires.
00:07:40Oh, un stylo !
00:07:42On peut pas le prendre ?
00:07:43Avec sa maman, nous sommes séparés depuis 5 ans.
00:07:47Toto !
00:07:48Ses premiers signes d'autisme apparaissent vers un an.
00:07:51Toto ! Tu danses ?
00:07:53À l'époque, nous ne savions pas qu'il s'agissait de signes.
00:07:56Tom a du mal à regarder dans les yeux
00:07:58et détourne presque toujours le regard quand on le fixe.
00:08:01Il a un retard de langage.
00:08:03Il fait de longues crises de colère inexpliquées.
00:08:07Il passe de longs moments à se balancer,
00:08:09à secouer la tête,
00:08:12à tourner sur lui-même
00:08:15ou à faire tourner des objets.
00:08:17Il préfère toujours jouer seul.
00:08:20Je le compare en permanence aux enfants du même âge.
00:08:24J'ai le réflexe Internet
00:08:26où je lis des réponses que je n'ai pas envie de croire.
00:08:31Après, il a fait plein de tests.
00:08:33Je sais pas si t'as connu ça.
00:08:35Il a fait plein d'examens à l'hôpital Saint-Anne, dans le 14e.
00:08:38Ah bah tiens !
00:08:40Figure-toi que je faisais des examens avec mon père.
00:08:46À 2 ans et demi, le diagnostic tombe.
00:08:50Tom est autiste léger à modéré.
00:08:53Ce n'est pas une maladie.
00:08:55C'est comme ça.
00:08:57Tous les clichés sur l'autisme défilent dans ma tête.
00:09:00Adieu les parties de foot et les moments de complicité.
00:09:05Je m'imagine Tom passer sa vie à se taper la tête contre les murs.
00:09:10Il ne pourra pas travailler.
00:09:11Que va-t-il devenir quand je ne serai plus là ?
00:09:15Ma première réaction ?
00:09:17Faire comme si tout était normal.
00:09:20Sa maman devient spécialiste des démarches administratives.
00:09:23Grâce à elle, Tom est suivi par une pédopsychiatre,
00:09:26une orthophoniste, une psychomotricienne
00:09:29et une éducatrice spécialisée.
00:09:31Et ça marche.
00:09:32Tu gènes quoi ?
00:09:33J'aime pas les dégâts.
00:09:35Tom grandit au rythme de ses passions envahissantes.
00:09:38Des passions qui le font progresser.
00:09:40En 12 ans, il aurait été spécialiste en visseuse électrique,
00:09:45ingénieur en volet roulant...
00:09:47Relève le, Tom.
00:09:48...ou encore expert en réseau ferré.
00:09:53A 8 ans, il connaissait le plan du métro parisien par cœur.
00:09:58À l'école, il est accompagné par une auxiliaire de vie scolaire.
00:10:02Il s'accroche.
00:10:03C'est moi, l'Afrique ?
00:10:05Cette année est charnière.
00:10:08Il devrait rentrer au collège ordinaire,
00:10:10dans une classe adaptée, avec un rythme personnalisé
00:10:14et toujours une personne pour l'aider.
00:10:17Musique douce
00:10:19...
00:10:24Moi, j'étais autiste au départ, quand j'étais petit.
00:10:27Je parlais pas encore aussi. J'étais un peu comme ton fils.
00:10:30...
00:10:32Un, deux, et un, deux, trois...
00:10:36...
00:11:03Quand j'étais petit,
00:11:04je rêvais d'être informaticien.
00:11:07Et ça, c'est mon métier depuis toujours.
00:11:11Je suis arrivé au chapiteau à l'âge de 23 ans.
00:11:15Là, ici, tu es payé ?
00:11:16Oui, je gagne 600 euros.
00:11:18...
00:11:25Au chapiteau Turmulens,
00:11:27je fais la multimédia le lundi, toute la journée.
00:11:33Je suis en train de faire du détourage.
00:11:35C'est pour quoi ?
00:11:36Pour...
00:11:40la plaquette Turbulens.
00:11:42Et ça demande de la concentration
00:11:45et de la précision,
00:11:48avec le lasso polygonal.
00:11:50...
00:11:53Le mardi matin, je fais le théâtre à la Mission Bretonne.
00:11:57Attends, tu vas dire que le chien, t'as cru qu'il était fou, c'est ça ?
00:12:02Il était complètement fou, oui.
00:12:03Mais c'est pas les chiens qui s'en foutent, c'est les vaches.
00:12:07Le vendredi matin, je suis en maison des écrivains.
00:12:12...
00:12:14Mathias, pour toi, c'est quoi, la poésie ?
00:12:17Eh bien, tu inventes un truc,
00:12:21tu l'écris, tu t'inspires,
00:12:24et ensuite, tu la lis devant tout le monde.
00:12:27...
00:12:30Sinon, à part la multimédia,
00:12:31je m'occupe de la billetterie, pour les spectacles,
00:12:34parce que l'ESAT Turbulens,
00:12:36c'est un ESAT artistique qui organise des spectacles.
00:12:40...
00:12:43ESAT,
00:12:44pour Établissement et Service d'aide par le Travail.
00:12:48L'un des termes qu'un parent d'enfant avec autisme apprend à manier.
00:12:52...
00:12:57Au chapiteau Turbulens,
00:12:59certains ont à peu près les mêmes difficultés que d'autres,
00:13:02sauf que la plupart se répètent beaucoup plus que moi.
00:13:06Moi, je me répète moins.
00:13:08...
00:13:10Tous les Turbulens travaillent et participent aux activités.
00:13:13...
00:13:14Chacun fait selon ses capacités et ses envies.
00:13:17Couture,
00:13:19musique,
00:13:20théâtre,
00:13:22informatique,
00:13:23écriture
00:13:25et même cuisine.
00:13:27...
00:13:29Applaudissements
00:13:31...
00:13:35Les jeunes de Turbulens font des choses qui leur ressemblent.
00:13:38Tom pourrait-il s'intégrer et s'y sentir bien ?
00:13:42Bonjour à tous et à toutes.
00:13:44J'espère que vous allez bien.
00:13:46Aujourd'hui, on va faire une vidéo.
00:13:48On va marcher un peu sur des chemins de fer.
00:13:52Ils sont pas SNCF, a priori, c'est ce qu'on me dit.
00:13:56C'est quoi que t'aimes bien quand tu marches sur des chemins de fer ?
00:14:00Je sais pas, j'adore ça, c'est ma passion.
00:14:03Ca détend, c'est beau.
00:14:04Parce que t'as l'impression d'être dans ton monde à toi, en fait.
00:14:08...
00:14:11Tom trouvera-t-il un jour un travail dans le monde ordinaire ?
00:14:14Je pense avoir trouvé la personne qui va pouvoir m'aider.
00:14:18Elle a coécrit une bande dessinée,
00:14:21La différence invisible.
00:14:22C'est son histoire,
00:14:25celle d'une femme autiste diagnostiquée à l'âge adulte
00:14:28et de ses difficultés dans le milieu du travail.
00:14:30...
00:14:41Julie est chercheuse,
00:14:43spécialisée dans l'insertion professionnelle des autistes.
00:14:46Elle s'est fait connaître grâce à sa chaîne de vidéos sur Internet,
00:14:50Le rêve de Tom.
00:14:51Bonjour à tous, c'est Superpépette, l'autiste qui parle et a des choses à vous dire.
00:14:56Il est essentiel de préciser d'entrée de jeu
00:14:59que l'autisme est un spectre, on parle bien de spectre autistique,
00:15:02avec des milliers de nuances,
00:15:03qu'une personne autiste ne ressemblera jamais à une autre.
00:15:07Il y a quasiment une forme d'autisme par personne autiste.
00:15:09...
00:15:12L'objectif, c'était, déjà, pour les personnes autistes,
00:15:16qu'elles puissent se dire,
00:15:17c'est super, enfin, je peux lire les écrits ou regarder la vidéo de quelqu'un comme moi,
00:15:21et ce que cette personne dit, ça me parle, je me sens moins seule, etc.
00:15:25C'est très important, on est une communauté assez éclatée.
00:15:28L'objectif, c'était aussi de parler aux non-autistes
00:15:32pour qu'ils comprennent un peu mieux comment on fonctionne,
00:15:35et donc, plutôt que de nous considérer comme des personnes vraiment bizarres,
00:15:41qu'ils comprennent que chacun a son mode de fonctionnement
00:15:43et qu'ils apprennent aussi à faire avec.
00:15:46Dans cette vidéo, nous allons voir comment a émergé le mouvement social
00:15:49pour les droits des personnes autistes aux Etats-Unis.
00:15:51Alors, c'est parti.
00:15:54Je reçois souvent cette remarque de...
00:15:57Oh là là, mais ça se voit pas, on dirait pas que t'es autiste.
00:16:00Est-ce qu'il y a le don de m'exaspérer ?
00:16:03En fait, ce que ça veut dire quand les gens me disent ça,
00:16:05c'est, oh là là, mais en fait, tu corresponds pas du tout
00:16:08à l'image que je me fais de ce que devrait être une personne autiste.
00:16:11Parce qu'il y a des personnes autistes chez qui ça se voit plus que d'autres,
00:16:15mais moi, si on vit avec moi pendant 24-48 heures,
00:16:18on va très vite le voir, en fait.
00:16:19On va très vite voir que ma vie, elle est quand même assez pauvre,
00:16:23c'est-à-dire que j'alterne entre les moments où je travaille,
00:16:25les moments où je récupère dans le canapé sans pouvoir rien faire
00:16:29et je vais peut-être promener mes chiens au parc,
00:16:30et c'est tout, et ça se limite à ça.
00:16:36Je suis disant, mon intérêt spécifique, c'est quand même l'autisme,
00:16:40mais je m'intéresse pas vraiment à l'autisme d'un point de vue clinique,
00:16:43c'est-à-dire symptômes, traitements, etc.
00:16:45Au contraire, je m'intéresse plutôt à l'autisme d'un point de vue social,
00:16:50donc en m'intéressant aux discriminations, etc.,
00:16:53au fait qu'on fait partie d'une communauté opprimée,
00:16:56de mon point de vue, bon, voilà.
00:17:01Je vais pouvoir compter sur Julie pour trouver des réponses à mes questions.
00:17:05Elle me confirme aussi que la France a beaucoup de retard.
00:17:08On n'a pas de données fiables en France
00:17:10sur le taux d'emploi des personnes autistes.
00:17:12Ce qui, déjà, en soi, veut dire beaucoup.
00:17:15Je rigole, mais c'est vraiment nerveux, parce que je trouve que c'est honteux.
00:17:19Et on considère aussi assez facilement la personne,
00:17:21et particulièrement la personne autiste,
00:17:22comme une somme de déficit,
00:17:24auxquelles il faudrait pallier,
00:17:26plutôt que de considérer que cette personne,
00:17:27elle a des forces sur lesquelles on pourrait capitaliser.
00:17:37Oh là là, là là, c'est cracra, ici.
00:17:41Alors là, je sais pas ce que c'était.
00:17:43Peut-être une salle de spéritisme.
00:17:45En fait, j'en sais rien, j'arrive pas à savoir
00:17:47ce qu'il y avait vraiment dans ces petits endroits.
00:17:51Quelles sont les forces de Tom pour réussir ?
00:17:54Le temps qu'il passe à étudier les sujets qu'il aime.
00:17:56Sa mémoire, son sens du détail.
00:17:59Ça m'a toujours impressionné.
00:18:01En particulier quand on se promène ensemble dans les lieux abandonnés.
00:18:05Oh, t'es moche ! Et vous avez des tétots horribles.
00:18:11Depuis plusieurs mois,
00:18:13je suis un jeune Danois sur les réseaux sociaux.
00:18:16Son univers ressemble à celui de Tom.
00:18:19Il est aussi dans le spectre de l'autisme
00:18:21et en parle ouvertement dans ses publications.
00:18:40C'est toujours un endroit différent.
00:18:43C'est pas ce qu'on va voir si on est un touriste.
00:18:47C'est à côté et c'est aventureux.
00:18:58Il passe aussi beaucoup de temps à photographier les avions.
00:19:03Celui-ci est presque prêt à écrire.
00:19:06Et surtout, il a trouvé un travail en lien avec ses passions.
00:19:10Dans un pays qui aide depuis très longtemps les entreprises
00:19:12à embaucher les personnes avec autisme.
00:19:17Je m'appelle Martin, j'ai 30 ans.
00:19:21Je travaille au CPH Airport en tant que securitaire,
00:19:25avec une spécialité en témoignage de l'emballage de l'emballage avec l'X-ray.
00:19:32J'ai été diagnostiqué avec le syndrome Tourette à l'âge de 11 ans.
00:19:37Et aussi avec le syndrome de l'ADHD et de l'autisme.
00:19:41Je suppose que mes premiers symptômes étaient
00:19:43que j'étais un peu plus sociable que les autres, je dirais.
00:19:47Et aussi, je n'aimais pas les yeux en contact.
00:19:50Juste socialiser, en général, peut être difficile.
00:19:54Et puis j'ai aussi fait beaucoup de sons et de mouvements
00:19:57qui étaient un peu atypiques.
00:20:08C'est bien d'être différent,
00:20:10mais parfois ce n'est pas aussi pratique, dans certaines situations,
00:20:13de fonctionner différemment que tout le monde.
00:20:16Et l'environnement qui est préparé pour la personne qui fonctionne normalement,
00:20:20si tu te fais fonctionner différemment,
00:20:24ça peut prendre un peu d'extrait,
00:20:27un peu d'extrait de la santé avec un peu de choses.
00:20:30Ou de patience.
00:20:37À l'échelle de la France
00:20:40LE TRANSPORT
00:20:42J'ai vu ton coeur, il est presque...
00:20:44Oui, j'ai vu.
00:20:45LE TRANSPORT
00:20:48ET LE DRIVE
00:20:50J'aime vraiment que je puisse apprendre à conduire et tout ça,
00:20:55parce que je ne suis pas vraiment bon au transport public.
00:20:57Parce que si quelque chose ne va pas,
00:21:02si pour une raison ou autre ça ne fonctionne pas sur le schéma,
00:21:06ça va me faire lâcher ma routine.
00:21:08LE TRANSPORT
00:21:13Alors, par là.
00:21:17Donc là, on va où ?
00:21:18On va reprendre le RERC.
00:21:22Parfois, les voitures vont à toute vitesse, ce n'est pas possible.
00:21:28Tu ne t'es jamais fait écraser ?
00:21:32Est-ce que je me suis fait écraser une fois ?
00:21:35Ben non !
00:21:37Quelle question grotasque !
00:21:45Est-ce que tu as l'impression que les gens te regardent bizarrement ?
00:21:48Oui, quand je parle tout seul.
00:21:52Tu dis quoi quand tu parles tout seul ?
00:21:54Tu parles de quoi ?
00:21:57Quand je recite des répliques de la Casa ou des dessins animés,
00:22:04là, les gens m'observent en me disant,
00:22:06ils vont se dire, mais qu'est-ce qu'il raconte, celui-là ?
00:22:10Et qu'est-ce que tu ressens quand tu es dans le RER ?
00:22:13Parfois, j'ai remarqué des fortes vibrations.
00:22:19Parfois, je tremble beaucoup.
00:22:21C'est le stress.
00:22:23Je n'avais pas ce problème quand j'étais enfant.
00:22:25Mais c'est venu bien plus tard, ça, le stress.
00:22:29Dès le début de la journée,
00:22:30prendre les transports en commun pour aller au travail,
00:22:32ça peut être difficile parce que dans les transports en commun,
00:22:36et surtout dans le métro parisien, pour ne pas le citer,
00:22:39il va y avoir des odeurs,
00:22:41il va y avoir beaucoup de bruit,
00:22:43des lumières qui peuvent être un peu agressives.
00:22:45Et donc, pour une personne autiste qui a des particularités sensorielles,
00:22:49rien que ça, une demi-heure de métro,
00:22:51ça peut provoquer une surcharge sensorielle,
00:22:53une fatigue, une anxiété.
00:22:54Par là.
00:22:56Là-haut.
00:22:57Le voilà.
00:22:59Et donc, dès qu'elle va arriver sur son lieu de travail,
00:23:01elle va déjà être complètement épuisée,
00:23:03alors même qu'elle n'a pas démarré sa journée de travail.
00:23:18Je pense que ce travail particulier à l'aéroport de Copenhagen
00:23:22est très adéquat pour moi, parce que c'est...
00:23:26Je veux dire, ils ont fait quelques accommodations
00:23:27pour nous, les personnes autistes qu'ils ont employées là-bas.
00:23:35En général, c'est un endroit calme,
00:23:36et ce n'est pas comme...
00:23:38Comme vous allez ici, et vous allez là-bas, et partout.
00:23:42C'est très...
00:23:43Je suis plutôt dans la même pièce, la plupart du temps,
00:23:46et c'est une tâche très concrète que j'ai.
00:23:50Et je sais ce que j'ai à attendre aussi, la plupart du temps.
00:23:53Et j'aime la routine.
00:23:55C'est très calme,
00:23:56et je suppose que ça correspond très bien à mes traitements autistiques,
00:23:59la plupart du temps.
00:24:21Je travaille en gestion de la santé en tant qu'administrateur,
00:24:25donc nous avons une rencontre à la fois par mois,
00:24:27où nous discutons s'il est bien,
00:24:30s'il a besoin d'aide.
00:24:32Il a peut-être besoin d'un endroit plus calme,
00:24:36ou il a peut-être besoin d'une pause, plus que les autres.
00:24:41Il travaille plus vite que la plupart des gens là-bas,
00:24:44mais il est aussi assez rapide.
00:24:46On l'appelle un spécialiste.
00:24:54C'est un peu comme un jeu,
00:24:57parce que c'est une tâche très sérieuse,
00:24:59et elle a beaucoup de responsabilités.
00:25:03Mais le fait d'être devant un ordinateur
00:25:05et de regarder quelque chose visuellement,
00:25:07et de reconnaître les modèles,
00:25:08ça fonctionne comme dans mes jeux vidéo.
00:25:10Je suis toujours curieux de voir ce que ça donne.
00:25:13Je ne sais pas si c'est une bonne chose ou une mauvaise chose,
00:25:16mais je pense que c'est une bonne chose.
00:25:18C'est une bonne chose,
00:25:19et je pense que c'est une mauvaise chose.
00:25:21Je pense que c'est une bonne chose.
00:25:23Je suis toujours curieux de voir ce qu'il y a dans les sacs que nous écoutons.
00:25:54On me force un peu à travailler,
00:25:56et moi je dis non, c'est pas juste !
00:26:00Et comment ça se passe avec les autres enfants ?
00:26:02Bof, j'aime pas trop, ils me regardent dès qu'on m'interroge.
00:26:06Je supporte pas.
00:26:08Je suis trop timide.
00:26:13Je suis toujours un peu timide
00:26:16par ce genre de choses.
00:26:18Je n'ai pas vraiment rencontré personne à l'extérieur du travail.
00:26:21J'aurais pu les voir en ville ou leur dire bonjour,
00:26:24mais c'est tout pour le moment.
00:26:516 x 3, 18.
00:26:54Mais peut-être préférera-t-il travailler seul,
00:26:57pour limiter les contacts.
00:27:05Au Canada, une femme s'est faite un nom en parlant ouvertement de son autisme.
00:27:14Il y a chez elle des traits de Tom.
00:27:16Ce goût de la création artistique, du dessin,
00:27:19mais aussi ce besoin de solitude, loin de la vie de bureau.
00:27:26Juste de l'autre côté du boulevard, il y a une pancarte
00:27:29et on voit le logo du Motel Princesse.
00:27:31C'est justement moi qui l'ai conçu.
00:27:33C'est un M et un P bleu pour Motel Princesse.
00:27:41Je m'appelle Valérie Jessica Laporte, j'ai 44 ans.
00:27:44Je suis maman de trois enfants de 16, 18 et 20 ans.
00:27:48Je suis designeuse graphique, photographe, auteure
00:27:51et j'ai un diagnostic d'autisme léger à modérer.
00:27:56Tu veux que je regarde là?
00:27:57Oui, celle-là. Je serais juste derrière.
00:28:00Quand je regarde des gens dans les yeux, c'est trop d'informations.
00:28:04C'est trop intense, ça me stresse.
00:28:07J'ai l'impression qu'il y a un accès direct
00:28:10qui m'est extrêmement mal à l'aise.
00:28:13De toute manière, cette information-là,
00:28:15je n'arrive pas à bien la classer, l'interpréter.
00:28:17Alors, je préfère nettement regarder les bouches des gens
00:28:20où est-ce que c'est plus facile de déceler les émotions.
00:28:22Et même là, souvent, je vais me tromper
00:28:24dans mon interprétation de ce que je regarde.
00:28:28Allô?
00:28:31Pourquoi tu gringles?
00:28:32Parce que je suis dans ma bulle.
00:28:34Je suis dans ta bulle?
00:28:36À l'âge de 38 ans, je ne savais pas que j'étais autiste.
00:28:40Et j'ai passé les tests, j'ai appris que je l'étais.
00:28:42Ensuite, quand je l'ai dit à mon entourage,
00:28:44j'ai eu beaucoup de réponses comme
00:28:47«Mais nous, on le savait que tu étais autiste,
00:28:49on a essayé de te le dire plein de fois, mais tu n'écoutais pas. »
00:28:52Ou «Ah, c'est ça que t'as!»
00:28:55Ça explique bien des choses!
00:29:03Qu'est-ce qui a été fait les années passées
00:29:05pour les Olympiques spéciaux?
00:29:06Est-ce qu'il y a des logos qui ont été faits
00:29:07par les différentes villes?
00:29:08Vous ne le savez pas? OK, on va aller voir.
00:29:11Donc, Olympiques spéciaux Québec.
00:29:15Je fais vraiment beaucoup de choses variées,
00:29:18dont l'image corporative, les logos, les feuillettes, tout ça.
00:29:23Je fais des sites web.
00:29:24J'ai beaucoup de réseaux sociaux que je nourris d'images aussi.
00:29:32Si des gens veulent me voir, habituellement,
00:29:34c'est dans mon bureau, dans mes conditions,
00:29:37dans mon milieu à moi.
00:29:39Et comme ça, j'ai le contrôle sur mon environnement,
00:29:42je suis plus calme,
00:29:43il y a moins de chances que je me désorganise.
00:29:45Je suis chez moi, alors tout est à mon goût.
00:29:48En entreprise, je me sentais totalement inutile.
00:29:51J'avais l'impression que je ne pouvais pas travailler
00:29:53autant que je voulais.
00:29:53Moi, j'aime ça, travailler.
00:29:55J'ai besoin de sentir que mes actions sont efficaces.
00:29:59Je suis obsédée par l'optimisation des trucs.
00:30:02J'aime tellement ça!
00:30:08À quoi il sert, ce petit pinceau?
00:30:10À un tapis.
00:30:12J'en fais ce que je veux avec mon porceau.
00:30:15Ah!
00:30:16OK, j'ai toujours mes outils pour me calmer à portée de la main.
00:30:20Je vais vous montrer ça.
00:30:26J'ai des bêtes sensorielles.
00:30:28Ça, c'est vraiment calmant.
00:30:30Ça, c'est vraiment calmant, ça.
00:30:32J'ai cette petite roulette-là que je fais tourner comme ça.
00:30:35Ça me calme aussi quand je dois me concentrer.
00:30:37Ça change la sensation.
00:30:39Voici mes pinces.
00:30:40Celle-là, c'est pour le milieu de la main.
00:30:42Je prends celle-ci pour les doigts.
00:30:44Et celle-là, c'est pour les pieds.
00:30:46Par-dessus les chaussures.
00:30:47C'est souvent quand c'est un peu stressant
00:30:50ou quand il y a des hommes avec plusieurs personnes.
00:30:52Je deviens submergée.
00:30:53Des fois, ils se mettent à parler en même temps.
00:30:55Alors, quand je vois que je commence à paniquer,
00:30:58je fais ça.
00:30:59Et là, la panique abaisse.
00:31:11Toutes les autres petits emplois, avant,
00:31:13effectivement, j'ai enchaîné les petits boulots
00:31:15parce qu'il y arrivait tout le temps quelque chose qui faisait
00:31:18que je ne comprenais pas ce qu'on me demandait.
00:31:21Ou je faisais des grosses erreurs, comme, à un moment donné,
00:31:24il y avait eu un rat ou une souris.
00:31:27Et je ne pouvais pas m'empêcher d'aller le dire au docteur.
00:31:30Je me disais que c'était un rat ou une souris.
00:31:32Et je me disais que c'était un rat ou une souris.
00:31:34Et je me disais que c'était un rat ou une souris.
00:31:36Et je me disais que c'était un rat ou une souris.
00:31:38Et je ne pouvais pas m'empêcher d'aller le dire au patron.
00:31:41Il m'avait fait signe d'homme tard,
00:31:42mais je n'ai jamais vu qu'il voulait que je me taise.
00:31:44Et il était avec l'inspecteur en sa liberté.
00:31:49Je me souviens, le directeur de la boîte m'avait un peu prise
00:31:52entre cas d'yeux pour me dire « Julie, ton boulot, c'est super,
00:31:55tu travailles très bien et tout, mais il faudrait que tu prennes
00:31:58le temps de déjeuner avec tes collègues entre midi et deux.
00:32:01Le matin, quand tu arrives dans l'open space,
00:32:03au lieu de faire un coucou général, il faudrait que tu ailles
00:32:05voir chaque personne pour lui dire bonjour, ce qui me semble
00:32:07absurde, parce qu'on s'est vus la veille, je ne sais pas quoi dire,
00:32:10à quoi ça sert, je trouve que c'est débile.
00:32:12Donc du coup, ma stratégie d'évitement, ça a été de venir
00:32:14à 7h du matin avant tout le monde, il ne faut pas avoir à dire bonjour.
00:32:16Enfin bref, je ne me disais pas, moi je suis bizarre.
00:32:18Je me disais, mais les autres sont bizarres,
00:32:20leurs attentes sont bizarres, je ne comprends pas ce qu'ils veulent.
00:32:23Je trouve que c'est superficiel comme façon de fonctionner.
00:32:26L'autre fois, ma cliente favorite, elle a donné mon nom à quelqu'un d'autre
00:32:30et j'ai demandé, j'ai dit « Est-ce que tu lui as dit que je suis autiste ? »
00:32:33Elle a dit « Avant tout, je lui ai dit que tu étais une très bonne designeur graphique. »
00:32:40Elle a dit « Ce n'est pas important ces affaires-là. »
00:32:42Elle était comme fâchée de ça, la personne a dit « Oui, j'y ai dit finalement. »
00:32:44Donc la plupart des gens le savent, parce que s'ils ne le savent pas,
00:32:47ça amène trop de malentendus.
00:32:56Il y a un autre intérêt, je vais vous le montrer à l'intérieur de ma belle valise bleue.
00:33:01J'ai une fascination et un gros intérêt envers les dés.
00:33:06Je les collectionne, je m'amuse avec.
00:33:10Ce que je fais, c'est que je m'amuse à les aligner, à faire des compositions, à faire des pyramides.
00:33:15J'en ai toutes les couleurs classées dans des petites boîtes comme ça.
00:33:18Elles sont magnifiques et je fais des photos avec les dés.
00:33:22Je fais plein de photos créatives en alignant mes dés ou en les mettant en scène.
00:33:30Ça me calme d'aligner des trucs.
00:33:37Pour se calmer, Tom regarde des vidéos de maisons abandonnées pendant des heures.
00:33:44C'est quoi comme vidéo que tu regardes ?
00:33:46Chasseurs de fantômes, notre maison est hantée, première partie.
00:33:53Pourquoi t'aimes bien regarder ce genre de vidéos ?
00:33:56Parce que je veux voir s'il trouve des fantômes.
00:34:01Il en trouve ?
00:34:02Non, jamais.
00:34:05Un intérêt spécifique, c'est vraiment une passion
00:34:08dans laquelle la personne autiste va investir beaucoup de temps et d'énergie
00:34:12et dans laquelle elle va développer des compétences et connaissances assez pointues.
00:34:15Là, on me rétorque parfois, oui, mais Julie, tout le monde a des passions.
00:34:19Oui, c'est vrai, Jean-Michel, mais c'est pas tout à fait la même chose pour les personnes autistes
00:34:24parce qu'en fait, ce qui nous différencie, c'est vraiment l'intensité avec laquelle on s'y adonne.
00:34:28Une personne autiste, par exemple, qui va être fan, je dis n'importe quoi,
00:34:33de Napoléon Bonaparte, c'est une personne qui va en parler en permanence,
00:34:37qui va lire tous les bouquins sur Napoléon Bonaparte,
00:34:39regarder tout ce qu'elle peut trouver sur Napoléon Bonaparte,
00:34:41qui va en rêver la nuit jusqu'à parfois saouler vraiment son entourage.
00:34:45Donc c'est ça, c'est l'intensité avec laquelle on s'y adonne
00:34:47qui fait la différence entre autistes et non-autistes.
00:34:51Entité ?
00:34:54Est-ce que c'est vous ?
00:34:56Répondez par un oui ou un non.
00:34:59Oui.
00:35:01À ton avis, pourquoi Tom, il aime bien les lieux abandonnés ?
00:35:06Il y a tout un calme et ça bouge plus.
00:35:11Il y a comme un pause.
00:35:13C'est comme si on avait mis le temps à pause dans les lieux abandonnés.
00:35:17Ça, c'est quand même assez fascinant.
00:35:19Non, rentre dans une salle à manger.
00:35:21Wouaf, wouaf, non, c'était là-bas, la deuxième chambre.
00:35:24L'intérêt des intérêts spécifiques, c'est qu'on peut capitaliser dessus.
00:35:27Par exemple, à l'école,
00:35:29si un enfant a des difficultés en mathématiques,
00:35:32que ce n'est pas du tout sa discipline,
00:35:34on peut essayer d'injecter son intérêt spécifique dans la discipline
00:35:38en lui faisant faire un problème, par exemple,
00:35:39sur la quantité de tonnes de feuilles que doit manger un tricératops par jour
00:35:43et lui faire faire des calculs en lien avec ça.
00:35:45Ça peut l'aider un petit peu à retrouver le goût de la discipline
00:35:49et à s'investir dans la discipline.
00:35:53À l'école, les chemins de fer et les maisons hantées
00:35:54ne sont pas encore au programme de CM2.
00:35:57Mais ce qui me rassure,
00:35:59c'est que de son côté, Tom apprend rapidement des choses seul,
00:36:02grâce à ses intérêts.
00:36:10Toto, ça te gêne pas que ton jeu soit en anglais ?
00:36:13Non.
00:36:13Tu comprends tous les mots, quasiment ?
00:36:15Grass block.
00:36:16C'est de quoi, grass block ?
00:36:18Bloc d'herbe.
00:36:19T'aimes bien apprendre l'anglais ?
00:36:20Ouais.
00:36:23J'aime beaucoup.
00:36:25Comment on dit jaune ?
00:36:26Yellow.
00:36:27Comment on dit violet ?
00:36:29Purple.
00:36:30Comment on dit bleu turquoise ?
00:36:32Blue, je sais pas quoi.
00:36:35Eh, mon Dieu, mon doigt !
00:36:36...
00:36:40Si je m'endorme, me réveillerez-vous ?
00:36:44Il fait si froid dehors, me ressentez-vous ?
00:36:48Oui, je vis de jour en jour, de squat en squat, un troubadour.
00:36:51Si je chante, c'est pour qu'on me regarde,
00:36:53ne serait-ce qu'un petit bonjour.
00:36:55Je vous vois passer quand je suis assis...
00:36:57Je m'appelle Mathieu, j'ai 31 ans,
00:36:59je suis traducteur dans la grande distribution.
00:37:02J'ai toujours eu la passion des langues,
00:37:04mais aussi un peu des maths, de la musique également.
00:37:09Et je fais du théâtre à mes heures.
00:37:11Comment traduire les non-vaccinés ?
00:37:13J'ai envie de les emmerder.
00:37:15To piss off ?
00:37:16Faire pissen en allemand ?
00:37:21Le virus entre partout les orifices du corps
00:37:25en communication avec l'extérieur.
00:37:27En tout cas, il est recommandé à tous dès le réveil
00:37:32de passer la majeure partie de la journée assis.
00:37:38Ça fait six ans et demi que je travaille
00:37:40et presque cinq ans et demi que je vis seul dans mon studio.
00:37:44...
00:38:01Mathieu s'est toujours passionné pour les langues.
00:38:04Il a appris en regardant les séries.
00:38:07Il est aujourd'hui traducteur d'allemand.
00:38:09...
00:38:12Tu regardes quoi, Mathieu ?
00:38:14Vous voyez un exemple de tract à relire
00:38:18pour une action promotionnelle dans un ou plusieurs magasins.
00:38:23La maison mère est allemande.
00:38:24Eh bien, forcément, je compare dans les deux langues.
00:38:27Je vérifie que tout est correct.
00:38:29Le traducteur est toujours là.
00:38:33Tu dirais avec un S ?
00:38:35Sans S couleur, je dirais.
00:38:38Contrairement à détecteur de mouvements,
00:38:40parce que c'est des mouvements que l'on détecte sur une durée.
00:38:43Ouais, ouais.
00:38:45Et on s'était mis d'accord sur le pluriel, justement,
00:38:48pour celui-là.
00:38:51Quand il est arrivé, c'est vrai que c'était un peu compliqué au début.
00:38:54Parce que le voir peut-être païquer pour des petites choses,
00:38:58c'est pas toujours évident à comprendre.
00:39:01C'est ça aussi, il y a un travail des deux côtés.
00:39:03On a appris, nous aussi, à connaître sa façon de fonctionner.
00:39:08Et puis, il s'en sort tellement bien que, voilà, c'est génial, quoi.
00:39:12C'est super. C'est enrichissant aussi pour nous, de toute façon.
00:39:19Pourtant, ce n'est pas mon ambition.
00:39:21Non, mais c'est notre masque, quoi, de mettre le masque.
00:39:25Oh, ça me touche trop.
00:39:29Pour ce qui est de définir l'autisme,
00:39:32je dirais que c'est...
00:39:35C'est une autre façon de fonctionner au quotidien.
00:39:38Cela se manifeste
00:39:41par une certaine timidité au premier abord,
00:39:46le sentiment que le monde va trop vite,
00:39:49donc besoin, par moments, d'un certain retrait,
00:39:54ne serait-ce qu'en laissant les autres parler, en les écoutant
00:39:57et en intervenant que lorsque j'ai de quoi dire.
00:40:02Certes, on ne comprend pas spontanément l'implicite,
00:40:07le second degré, les attentes des autres
00:40:10quand ça ne passe pas par les mots.
00:40:13Ça fait aussi que, par conséquent,
00:40:16on va déployer beaucoup plus d'énergie
00:40:20à comprendre, à intégrer les informations,
00:40:24ce qui fait qu'on traite plus les choses en détail
00:40:28que dans leur globalité.
00:40:30Pourquoi tu parles lentement ?
00:40:32Si je parle lentement,
00:40:35c'est parce que j'ai souvent besoin d'un peu plus de temps
00:40:38pour structurer mes réponses à des questions,
00:40:41pour m'assurer d'être compris
00:40:43et de répondre aux questions comme les autres le voudraient,
00:40:48parce que les mots ne me viennent pas forcément spontanément.
00:40:52C'est d'ailleurs ce que l'on m'a demandé d'expliquer
00:40:56à l'entretien d'embauche
00:40:57quand j'ai été contacté par l'entreprise où je suis.
00:41:02Aujourd'hui, tout se base sur le sacro-saint entretien de recrutement,
00:41:06qui ne vise pas à mesurer les compétences de la personne,
00:41:09mais plutôt ses compétences sociales.
00:41:11Et ça, cet entretien, de par sa forme et de par son objectif,
00:41:14il est discriminatoire à l'égard des personnes autistes,
00:41:17parce que les personnes autistes ne maîtrisent pas ces codes sociaux-là.
00:41:20C'est vraiment comme un théâtre, l'entretien de recrutement.
00:41:23Déjà, j'ai mis sept mois à trouver mon emploi.
00:41:27Et ça a été dur par moments,
00:41:29parce que je n'arrivais plus à dire bonjour en rentrant chez moi
00:41:33et je ne voulais plus parler à personne,
00:41:35à force d'être angoissé à l'idée que ça mène du temps
00:41:38et qu'on me pose des questions à tout va.
00:41:40Je sais que j'ai été coaché en temps voulu à l'entretien.
00:41:44Le parcours et les compétences d'abord,
00:41:46le handicap après, règle classique.
00:41:49Après, je ne sais même pas combien de temps j'ai attendu
00:41:53pour parler de mon autisme à mes collègues.
00:41:57Depuis 2016, on a un service public qui s'appelle l'emploi accompagné.
00:42:03On a du recul sur cette méthode d'accompagnement,
00:42:05parce que ça existe aux Etats-Unis depuis les années 70.
00:42:08En France, comme toujours, on est un peu en retard.
00:42:11L'emploi accompagné, c'est quoi ? C'est exactement ça,
00:42:14c'est-à-dire un accompagnement sur mesure de la vie.
00:42:16Une personne autiste va se voir attribuer à un job coach
00:42:20qui va vraiment l'aider à concrétiser son projet professionnel
00:42:23et qui va l'aider à sécuriser son emploi,
00:42:24qui va faire le lien avec l'entreprise, etc.
00:42:30C'est ce qui fonctionne aussi très bien en Danemark.
00:42:32Martine a trouvé son travail grâce à une entreprise sociale.
00:42:35Elle met en relation les employeurs et les personnes autistes
00:42:38en fonction de leur capacité.
00:42:40Martine, comment va-t-il au Lufthaven ?
00:42:44C'est super.
00:42:45As-tu été très touché par la fermeture du Lufthaven à cause de la COVID-19 ?
00:42:50Non, je n'aime pas trop les gens.
00:42:52Ah, d'accord.
00:42:53C'est clair, mais quand il y a plus de gens,
00:42:57c'est bien pour le Lufthaven,
00:42:58mais je me rends bien compte qu'il y a de plus en plus de gens à nouveau.
00:43:04Le travail que j'ai reçu parmi les spécialistes
00:43:07est le premier travail que j'ai mis sur moi.
00:43:09Je ne me pose même pas la question de savoir
00:43:12comment on présente mon autisme à des nouveaux arrivants,
00:43:16parce qu'il faut savoir se faire confiance mutuellement.
00:43:20Si l'on ne me fait pas confiance, je n'ai pas ma place, c'est une chose,
00:43:23mais si je ne fais pas confiance aux autres,
00:43:26je n'ai pas ma place.
00:43:27Je ne peux pas me faire confiance à des nouveaux arrivants.
00:43:30Je ne peux pas me faire confiance à des nouveaux arrivants.
00:43:33Je ne peux pas me faire confiance à des nouveaux arrivants.
00:43:36C'est une chose, mais si je ne fais pas confiance aux autres,
00:43:40si je ne les laisse pas faire comme ils l'entendent
00:43:43selon la politique donnée, je n'ai pas ma place non plus.
00:43:47Ça va dans les deux sens, en fait.
00:43:52Je suis touché par la confiance que chacune m'accorde.
00:43:58Je suis encore plus impressionné par la manière
00:44:00dont chacune semble accepter son handicap.
00:44:06J'aimerais que Tom y parvienne aussi, en grandissant.
00:44:11Tu auras toujours une auxiliaire l'année prochaine ?
00:44:13Oui.
00:44:15Tu aimes bien avoir quelqu'un avec toi dans la classe ?
00:44:16Oui.
00:44:18Pourquoi ?
00:44:20Comme ça, je suis rassuré.
00:44:24Et si elle n'est pas là ?
00:44:25J'ai un peu peur.
00:44:29Surtout parce qu'il y en a une seule qui m'embête dans l'école.
00:44:33Et tu lui dis quoi quand elle t'embête ?
00:44:36Tu te défends.
00:44:38Je le dis.
00:44:40Je le dis à ma maîtresse.
00:44:44L'année prochaine, Tom devrait poursuivre ses études
00:44:47au collège ordinaire en classe Ulysse
00:44:50pour unité localisée d'inclusion scolaire.
00:44:53Accompagné d'une auxiliaire, il pourrait étudier les matières
00:44:56qui lui posent problème dans une classe à effectifs réduits.
00:45:00C'est quoi, ça ?
00:45:02C'est quoi que t'aimes bien faire à l'école et c'est quoi que t'aimes pas faire ?
00:45:06Des fractions, mais il y a des fractions bien.
00:45:09C'est des fractions difficiles
00:45:12que j'aime pas.
00:45:14Et apprendre les poésies, t'aimes bien ?
00:45:16C'est un peu dur, mais j'y arrive.
00:45:19Et tu les récites devant tout le monde ?
00:45:20Non, juste devant ma maîtresse.
00:45:23Tous les autres élèves y sortent et toi, tu récites ta poésie ?
00:45:25Oui, toute seule.
00:45:28Pour tous les enfants, le collège est une étape cruciale,
00:45:30parfois angoissante.
00:45:32Comment Tom pourrait-il le vivre ?
00:45:34Et dans la cour, tu joues avec qui ?
00:45:36Personne.
00:45:37Tu fais quoi dans la cour ?
00:45:40Ben, je regarde le paysage.
00:45:43Je regarde les autres faire des bêtises.
00:45:46Ça te fait rire ?
00:45:48Ah non, c'est assez choquant.
00:45:51T'as pas envie d'aller faire des bêtises avec eux ?
00:45:53Non. Ah non.
00:45:55Et pourquoi t'aimes pas trop jouer avec les autres ?
00:45:59Ah, parce que j'aime mieux être dans mes coins.
00:46:03Ah, toi ! Non !
00:46:06Je dérangeais les autres étudiants.
00:46:09Et j'ai fait beaucoup de bruits.
00:46:11Et j'étais très différent des autres étudiants.
00:46:14Donc, ils m'ont sorti et ont essayé de m'assessorer un peu.
00:46:18Mais ils ne savaient pas assez, à l'époque.
00:46:22Donc, ils m'ont appris à être un professeur spécial
00:46:24pour qu'ils me suivent pendant les cours et tout ça.
00:46:27Donc, ça a été un peu différent pour moi.
00:46:32J'ai arrêté le collège depuis plusieurs années
00:46:36parce que c'était trop compliqué, là-bas.
00:46:39J'ai remarqué que parfois, il y en a la plupart des personnes
00:46:42qui sont pas tolérants et ça, c'est exaspérant.
00:46:45C'est quoi qui était compliqué ?
00:46:47Parce qu'on pouvait pas s'occuper que de moi.
00:46:52Et ça, quand mes parents avaient appris ça,
00:46:55j'étais vraiment très triste de l'apprendre.
00:46:58À chaque jour, je me faisais frapper tout le temps.
00:47:01Je me faisais casser mes lunettes.
00:47:02Quand arrivait la récréation, j'avais mon livre
00:47:05et je me cachais, alors je me faufilais
00:47:08en dessous des poubelles comme ça et je me cachais en petite boule
00:47:11avec mes mains à l'intérieur de mon manteau
00:47:14et je ramenais mon livre comme ça.
00:47:18À l'école, ça a été difficile au départ
00:47:20parce que dans une école publique,
00:47:24j'arrivais pas du tout à m'intégrer.
00:47:25J'étais même parfois violent
00:47:28tellement j'arrivais pas à interagir spontanément avec les autres.
00:47:32J'ai été quelque temps déscolarisé,
00:47:35mais j'ai l'impression que c'est passé très vite
00:47:37parce qu'on a fini par se tourner vers le privé.
00:47:42Chaque année, ils votaient pour les personnes
00:47:45les plus beaux, les plus populaires, les plus sportives.
00:47:48Il y avait une catégorie,
00:47:50le plus bizarre et le plus perdu.
00:47:53Alors, j'ai gagné les deux catégories sur 3000 personnes.
00:47:56Et finalement, j'ai tout lâché.
00:47:58Et je suis allée d'échec en échec pendant quelques années.
00:48:03Et j'ai même passé neuf mois dans la rue sans abri,
00:48:06sans maison, sans appartement.
00:48:08Juste des échecs.
00:48:12Malgré leur intégration,
00:48:14le parcours de chacun n'a pas été simple.
00:48:17Je veux croire que si Tom ne s'en sort pas à l'école,
00:48:19il pourra s'appuyer sur les compétences qu'il a développées tout seul.
00:48:23Tu cherches quoi, Toto ?
00:48:24Clairement, un argonne, une voie ferrée.
00:48:27Comment tu fais pour les voir ?
00:48:29Je sais ce que c'est. Je vois que c'est des rails.
00:48:31Il faut voir si c'est gris. On peut les voir bien, parfois.
00:48:35Pourquoi t'aimes bien regarder comme ça sur les cartes satellites ?
00:48:37Parce que j'aime bien suivre pour voir si elle est longue ou pas longue.
00:48:43Et les manoirs abandonnés, tu les repères aussi ?
00:48:45Oui.
00:48:46Et comment tu vois qu'il est abandonné, le manoir ?
00:48:48Il faut voir le toit cassé.
00:48:50Tom peut passer des heures à se promener sur les cartes satellites.
00:48:54Cette passion est une force.
00:48:58En Israël, elle est utilisée par une association baptisée « Choym Chahok »
00:49:03« Regarder au loin ».
00:49:11L'idée de ce programme,
00:49:12former les personnes autistes à l'analyse des photos aériennes
00:49:15pour qu'elles puissent accéder aux services militaires dans l'unité 9900.
00:49:20C'est une unité secrète d'observation.
00:49:23Elles sont ensuite accompagnées pour trouver un travail dans la vie civile.
00:49:26Je vais rencontrer un jeune homme qui a suivi cette formation.
00:49:30Il a fait de la passion de Tom pour les cartes satellites son métier.
00:49:36Bonjour, je m'appelle Elad Steinmatz, j'ai 26 ans.
00:49:40Je vis à Petach Tikva et je fais des photos aériennes
00:49:43sous la direction de l'Israël.
00:49:45Rencontrer Elad, c'est d'abord faire un détour par son intérêt spécifique.
00:50:15C'est Mick Foley, l'un de mes joueurs préférés.
00:50:19Son enfant est aussi sur le spectre.
00:50:22J'ai vu quelques postes de lui
00:50:25sur le fait qu'il est fier de son fils
00:50:30et qu'il l'aime beaucoup.
00:50:36Quand j'étais plus jeune,
00:50:39je n'ai pas fait de flip.
00:50:42Je faisais de l'amusement.
00:50:46J'avais vraiment du mal à prononcer la lettre R.
00:50:50Dans l'israélite, la lettre R est une étape.
00:50:54J'avais du mal à comprendre comment marcher correctement.
00:50:58Quand tu marchais comme ça, je marchais comme ça.
00:51:02Maintenant, je ne peux même pas le faire, mais je marche comme ça.
00:51:07Quand Tom est heureux,
00:51:09il aime marcher comme un pigeon.
00:51:13Tu sais, un pigeon ?
00:51:14Ah, tu sais, comme ça.
00:51:17Ah, waouh !
00:51:19C'est si mignon !
00:51:21...
00:51:26Grâce à Roim Kharok,
00:51:28Elad travaille depuis 4 ans dans une grande administration israélienne.
00:51:32Quand je le vois devant son écran, je ne peux pas m'empêcher de penser à Tom.
00:51:37C'est aujourd'hui.
00:51:39Euh...
00:51:40D'accord, il y a un an.
00:51:42Comparons.
00:51:44Comme vous pouvez le voir,
00:51:46il y a plus d'activité.
00:51:49Ce que je lui dirais, pour ceux qui ne comprennent pas l'avion,
00:51:52c'est que nous cherchons
00:51:55l'invisible.
00:51:59Ce que l'on voit, c'est un bâtiment,
00:52:05un quartier, tout semble bien, tout semble fixé.
00:52:09Je lui dis, attends,
00:52:12est-ce que ce bâtiment se construit ?
00:52:16Est-ce qu'il le construit de façon légale ?
00:52:21Comme je l'ai dit, il voit tout,
00:52:23même les petits détails.
00:52:26Voici les liens.
00:52:28Je pense que c'est toujours agréable de voir le monde d'en haut.
00:52:31De savoir où tout se trouve,
00:52:36et en fait, comme connaissance,
00:52:38d'abord, ça crée un ordre.
00:52:40Je pense que c'est quelque chose qui est très...
00:52:43C'est quelque chose qui est très particulier pour les gens du spectre,
00:52:45c'est l'amour pour l'ordre.
00:52:55Je pense qu'ils vont construire ici une pièce de maison,
00:52:58construire ici une pièce de bâtiment.
00:53:10Il y a beaucoup de choses bonnes,
00:53:12que j'ai appréciées, comme la planification de l'entraînement,
00:53:14qui m'a aidé dans le cours,
00:53:17parce qu'il n'y a pas qu'à apprendre les techniques de l'armement,
00:53:21il y a aussi des outils qui nous donnent la vie,
00:53:26comme, je me souviens,
00:53:28qu'il y a eu des échanges
00:53:31entre...
00:53:33des échanges qui ont été très sensibles,
00:53:36et qui nous ont permis d'avoir plus d'esprit,
00:53:38d'avoir plus d'esprit pour comprendre l'autisme.
00:53:43Elad n'a pas le droit de me parler de son passage à l'armée dans l'unité secrète.
00:53:47Mais j'ai bien l'impression que cette aventure l'a métamorphosé.
00:54:12Je ne dis pas que c'est bien, mais en fait,
00:54:14c'est ce qui t'aide, à mon avis.
00:54:17Pour moi, c'est très important d'avoir l'idée de qui je suis.
00:54:20Elle m'a changé d'un côté à l'autre.
00:54:23J'ai appris à m'admettre à qui je suis.
00:54:39Avant mon retour en France,
00:54:40Elad me demande de l'accompagner dans sa famille.
00:55:01A voir où Elad en est arrivé aujourd'hui.
00:55:04Je suis impatient de recevoir les conseils de sa maman.
00:55:07Ils me demandent toujours si je suis son père,
00:55:10si je l'ai emmené où.
00:55:11Je leur réponds non, c'est Elad.
00:55:13Et beaucoup, beaucoup, beaucoup d'enfants sont Elad,
00:55:16grâce à lui-même, grâce à ce qu'il est.
00:55:19Il a un fils, qui est 12 ans,
00:55:22et il faut réfléchir.
00:55:24Donc oui, il ne faut pas s'embêter.
00:55:27Il faut toujours faire ce qui est bon pour lui,
00:55:31ne pas faire attention à l'environnement et à ce qu'il dit.
00:55:33Et dans l'école, ce n'est pas toujours le meilleur choix.
00:55:36Il faut voir ce qui lui convient.
00:55:40Et comment il peut faire des choses et aller plus loin.
00:55:59La chose la plus importante que je retiens de tout ce que je viens de vivre,
00:56:02c'est que Tom doit apprendre à accepter qui il est.
00:56:05Son autisme doit devenir sa plus grande force.
00:56:09J'ai entendu un bruit.
00:56:11C'est en haut des escaliers,
00:56:14à l'étage, peut-être à l'étage,
00:56:17à l'église.
00:56:18Regardez.
00:56:20Ding !
00:56:23Qu'il poursuive sa scolarité dans le milieu ordinaire ou non
00:56:25n'a pas vraiment d'importance.
00:56:27L'important, c'est que les gens qu'il croise le comprennent
00:56:29et s'adaptent à son fonctionnement.
00:56:32J'ai l'impression qu'il y a quelqu'un à l'étage.
00:56:34Il faut élargir la focale.
00:56:35Il faut arrêter d'essayer d'agir sur la personne,
00:56:38de voir ce qu'elle pourrait mieux faire, faire différemment, etc.
00:56:41Et plutôt, il faut essayer d'adapter l'environnement,
00:56:45que ce soit l'environnement de travail, l'environnement scolaire, etc.,
00:56:48pour qu'il corresponde aux particularités de la personne
00:56:50et que cet environnement permette à la personne
00:56:52d'exprimer son plein potentiel et de s'épanouir.
00:56:54Je ne doute pas du potentiel de Tom.
00:56:58Si on m'avait dit le jour de son diagnostic que dans dix ans,
00:57:01j'irais chasser les fantômes avec lui dans des vieux manoirs,
00:57:04j'aurais gagné de nombreuses nuits de sommeil.
00:57:05Est-ce que vous me voulez du mal ?
00:57:09Merci, c'est gentil.
00:57:11Ça, c'est une entité bienveillante.
00:57:13Je pense que Tom a beaucoup à apporter à ses camarades
00:57:15ou à ses futurs collègues.
00:57:18Quand, dans une entreprise, on a des gens qui sont trop pareils,
00:57:22ils vont toujours proposer la même type de solution
00:57:24aux mêmes types de problématiques, ils vont toujours avoir la même vision.
00:57:26Alors, en réunissant des gens qui sont vraiment opposés
00:57:29dans leur façon de fonctionner,
00:57:31ça permet souvent d'aller trouver des solutions
00:57:33qui sont beaucoup plus créatives et variées.
00:57:36Et ça, je trouve ça extrêmement positif.
00:57:41Fort de tous les précieux conseils reçus, de toutes ces rencontres,
00:57:45je vois l'avenir de mon fils avec un autre regard.
00:57:49Tom a encore de nombreuses étapes à franchir,
00:57:52mais je sais maintenant qu'il peut être heureux.
00:57:57Est-ce que tu as envie de dire quelque chose à Tom ?
00:57:59J'ai envie de dire quelque chose à Tom.
00:58:02Le premier truc que je veux dire à Tom,
00:58:04c'est qu'il a un père incroyable qui t'aime,
00:58:08qui t'apprécie et que je vois sa fierté
00:58:12chaque fois qu'il te parle, et ce n'est pas de son faute.
00:58:17N'abandonne pas toi-même, continue de rêver,
00:58:20sois toujours heureux,
00:58:23et si tu as des difficultés,
00:58:26si tu as des difficultés maintenant,
00:58:30sache que tu as tant d'amis qui t'aiment
00:58:36et qui t'ont donné plus de 100 %.
00:58:42Un dernier message à te faire passer.
00:58:44Mon garçon, je t'aime,
00:58:47tu m'impressionnes tous les jours,
00:58:50tu m'as ouvert sur le monde,
00:58:52je serai toujours là pour t'encourager dans tes projets
00:58:55et je suis persuadé que tu deviendras un jour
00:58:57un très grand chasseur de fantômes.
00:58:59Je crois qu'il est temps de se quitter, les amis.
00:59:02N'hésitez pas à liker ma vidéo,
00:59:06mettez-moi des bons pouces bleus si elle vous aura plu.
00:59:09Passez de bonnes vacances. Au revoir.
00:59:13Autisme, le petit chasseur de fantômes,
00:59:15très touchant documentaire réalisé par Laurent Kouchner et Mick Emmaüs.
00:59:20Ce dernier n'est autre que le père de Tom,
00:59:22qui souffre de troubles du spectre autistique impérément,
00:59:25mais qui cherche aussi, à travers ce film,
00:59:28vous l'avez compris, à se rassurer
00:59:30et imaginer un avenir épanouissant pour son fils.
00:59:33Car où en est-on concernant l'insertion professionnelle
00:59:36des personnes autistes dans notre pays ?
00:59:38Sommes-nous très en retard ?
00:59:39Comme le sous-entend ce film, nous allons en débattre
00:59:42avec nos trois invités présents sur ce plateau de Débat Doc.
00:59:46En commençant par vous, Étienne Pau, bienvenue.
00:59:49Vous êtes médecin et délégué interministériel
00:59:52à la Stratégie nationale pour les troubles du neurodéveloppement,
00:59:56où vous mettez en oeuvre la stratégie nationale
00:59:58pour les troubles du neurodéveloppement
01:00:01pour la période allant de 2023 à 2027,
01:00:03une stratégie dotée d'un budget de 680 millions d'euros.
01:00:09Nous allons y revenir avec vous dans un instant.
01:00:12Avec Stéphanie Fouquet, qui est parmi nous.
01:00:15Vous êtes fondatrice et présidente d'Aspertim,
01:00:18qui est une entreprise sociale et solidaire
01:00:20facilitant l'inclusion professionnelle
01:00:22des profils dits atypiques.
01:00:25Vous avez deux enfants, l'un d'entre eux est autiste.
01:00:28On y reviendra tout à l'heure avec vous.
01:00:30Guillaume Chocu est également avec nous.
01:00:32Vous êtes graphiste, auto-entrepreneur.
01:00:35Vous allez nous expliquer pourquoi vous avez choisi ce métier,
01:00:38savoir aussi si ça a été difficile de le faire
01:00:41après avoir vu ce film.
01:00:43Tom, nous avons des nouvelles.
01:00:46Ce film a été tourné il y a maintenant deux ans.
01:00:48Tom a maintenant 15 ans.
01:00:50Il a eu une scolarité un peu difficile
01:00:52concernant son collège, la 6e, la 5e.
01:00:57Son père me l'a confié juste avant cette émission.
01:01:01Il est maintenant en IME, en institut médico-éducatif.
01:01:05Il n'est plus question, visiblement, d'être chasseur de fantômes.
01:01:09Sa passion concerne aujourd'hui les films d'horreur
01:01:12et pourquoi pas le cinéma et les films d'horreur.
01:01:15Voilà ce que m'a confié son père juste avant son émission.
01:01:18Peut-être nous regarde-t-il, d'ailleurs,
01:01:20à l'occasion de ce débat doc.
01:01:22Guillaume, je commence avec vous.
01:01:24Vous êtes graphiste, aujourd'hui.
01:01:27Pourquoi avoir choisi ce métier ?
01:01:30En fait, j'aime bien ce métier
01:01:35parce que c'est beaucoup plus créatif que la comptabilité.
01:01:39Vous parlez de la comptabilité
01:01:41parce que vous avez suivi également des études de comptabilité,
01:01:46justement, et ça ne vous a pas vraiment plu.
01:01:49Pourquoi ? Expliquez-nous ce parcours.
01:01:54J'ai commencé à faire des études en comptabilité
01:02:01parce qu'au départ, j'aimais les chiffres.
01:02:05J'étais très doué en calcul mental.
01:02:12Et même pour calculer les dates
01:02:17et savoir quel jour de la semaine c'était...
01:02:22D'ailleurs, quand j'étais petit,
01:02:26je comptais les marches de chaque escalier que je voyais.
01:02:34Je repérais tous les numéros des plaques
01:02:39d'immatriculation des voitures que je voyais dans la rue.
01:02:49Du coup, j'ai commencé ma vie professionnelle dans ce domaine.
01:02:54L'expert comptable qui m'a reçu comme stagiaire
01:02:59m'a dit que j'étais très doué pour repérer
01:03:03des erreurs de saisie
01:03:05avec mon sens du détail et de la précision.
01:03:11Ensuite...
01:03:17Comme...
01:03:21Vous êtes devenu entrepreneur.
01:03:23Ensuite,
01:03:26comme je ne trouvais pas d'emploi dans la comptabilité,
01:03:29je me suis réorienté vers l'infographie et la mise en page.
01:03:36Et c'est là que je suis devenu auto-entrepreneur
01:03:39pour être à la fois artiste plasticien
01:03:42et infographiste metteur en page.
01:03:45Et mon auto-entreprise
01:03:49me permet de mener de front mes deux activités parallèlement.
01:03:59Mes études de comptabilité
01:04:01me servent maintenant
01:04:04à gérer mes factures,
01:04:08mes déclarations URSAF,
01:04:09et également...
01:04:12mes comptes bancaires professionnels et personnels.
01:04:17Stéphanie Fouquet, je l'ai dit lorsque je vous ai présenté
01:04:20l'un de vos enfants, et lui-même autiste.
01:04:23Et vous avez vu cette phrase.
01:04:25Elle a été diagnostiquée un peu tard, à 12 ans, je crois.
01:04:28Vous nous avez dit cela dans le magazine Respect.
01:04:31Lorsqu'on a diagnostiqué mon enfant autiste,
01:04:34on m'a dit qu'il vivrait en hôpital de jour toute sa vie,
01:04:36qu'il fallait que je fasse le deuil de l'enfant parfait.
01:04:40Aujourd'hui, il a 23 ans et il travaille aux Etats-Unis,
01:04:43dans le secteur qui le passionne, le cinéma.
01:04:46Un commentaire, peut-être, sur ce que vous avez vécu
01:04:50avec votre fils.
01:04:51C'était il y a déjà un certain nombre d'années.
01:04:54C'était il y a dix ans, on n'est plus au même stade.
01:04:57Mais c'est vrai qu'au moment du diagnostic,
01:05:00ou même les cliniciens,
01:05:03toute l'équipe clinicienne qui le rencontrait disait
01:05:06qu'il vivra probablement dans un foyer,
01:05:09vous inquiétez pas, madame,
01:05:11et il faudrait le mettre en hôpital de jour.
01:05:13Pour moi, c'était inentendable.
01:05:16Par contre, il avait des centres d'intérêt très forts,
01:05:20et ça, c'est quand même très spécifique à l'autisme,
01:05:22qui étaient les Etats-Unis et le cinéma.
01:05:25Et cinéma d'horreur, d'ailleurs, comme Tom.
01:05:27Il faisait des jaquettes de films,
01:05:29et maintenant, il se trouve qu'il vit de sa passion,
01:05:32et il est parti aux Etats-Unis pour travailler.
01:05:35Est-ce que vous diriez pour autant qu'il aurait connu
01:05:38le même parcours professionnel s'il était resté en France
01:05:42avec ce type de passion, ou est-ce qu'il a fallu
01:05:44qu'il aille aux Etats-Unis pour assouvir cette passion ?
01:05:47C'est une excellente question.
01:05:50Je pense que ça a été plus facile aux Etats-Unis,
01:05:53parce que c'est la compétence qui compte.
01:05:56C'est la compétence, quand on est bon et qu'on le prouve,
01:06:00c'est pas très grave d'avoir des erreurs de langage,
01:06:04de faire quelques erreurs sur les codes sociaux.
01:06:07C'est moins important, donc c'est plus facile.
01:06:10D'ailleurs, quand il charge le travail ici,
01:06:12ça reste plus compliqué, alors que là-bas, il trouve plus facile.
01:06:16Etienne Pau, c'est peut-être une colle que je vais vous poser,
01:06:19mais dispose-t-on enfin de chiffres officiels
01:06:21concernant le taux d'emploi des personnes
01:06:24figurant dans l'espèce autistique aujourd'hui dans notre pays ?
01:06:28C'est un peu une colle, tout simplement,
01:06:30parce qu'on a du mal à avoir ces chiffres,
01:06:33parce que c'est étroitement corrélé à la capacité
01:06:36à poser des diagnostics sur l'ensemble de la population
01:06:39concernée par les troubles du spectre de l'autisme.
01:06:42On a fait beaucoup de rattrapages dans notre pays,
01:06:45c'est-à-dire qu'on diagnostique de plus en plus de personnes
01:06:48et de plus en plus précocement, mais on n'a pas ces chiffres.
01:06:51La population dont on parle,
01:06:53moi, j'ai le chiffre, la fourchette de 600 à 700 000 personnes
01:06:56aujourd'hui concernées par les troubles autistiques,
01:06:59c'est un chiffre que vous validez ?
01:07:01En tout cas, on considère, que ce soit en France ou dans le monde,
01:07:05que 1 % de la population est concernée
01:07:07par le trouble du spectre de l'autisme,
01:07:09donc oui, c'est approximativement ces chiffres pour notre pays.
01:07:13Concernant le taux d'emploi de ces personnes,
01:07:16j'avais cette fourchette de 3 à 11 %.
01:07:18Concernant les personnes autistes
01:07:20qui auraient aujourd'hui un emploi en France,
01:07:22cette fourchette paraît très faible
01:07:24par rapport à la population dont on parle.
01:07:27Vous pouvez nous expliquer pourquoi ?
01:07:29Je vais confirmer que le taux d'emploi reste très faible,
01:07:32trop faible, et c'est pourquoi il faut encore beaucoup d'efforts
01:07:35et qu'il y a de nombreux dispositifs et de solutions
01:07:38qui sont proposés au travers de la stratégie nationale.
01:07:41Ce qui est difficile pour quantifier,
01:07:43c'est que le trouble du spectre de l'autisme,
01:07:46c'est un spectre assez large, avec des personnes autistes
01:07:49qui peuvent avoir une déficience intellectuelle associée.
01:07:52On parle de troubles du développement intellectuel
01:07:55et des personnes sans troubles du développement intellectuel.
01:07:58Toutes ces personnes peuvent avoir des besoins différents dans l'emploi.
01:08:02Un certain nombre d'entre elles ne sont pas diagnostiquées
01:08:06et peuvent passer hors des radars.
01:08:08C'est pour ça que c'est difficile de donner des chiffres,
01:08:11mais c'est trop faible.
01:08:12Notre objectif dans les années qui viennent,
01:08:15c'est d'augmenter toujours plus l'employabilité
01:08:18Parmi les autistes qui souffrent de déficiences intellectuelles
01:08:22et celles qui n'en souffrent pas,
01:08:23parmi cette population de 600 000 à 700 000 personnes,
01:08:26elles se répartissent comment ?
01:08:28C'est aussi une très bonne question.
01:08:30On considère qu'en France, on a quelques données
01:08:33qui évoquent que 30 % des personnes autistes
01:08:35pourraient présenter un trouble du développement intellectuel,
01:08:39mais là aussi, c'est une très bonne question,
01:08:41parce qu'on n'a pas assez de chiffres,
01:08:44y compris sur ces sous-catégories de personnes,
01:08:46et en fait, c'est fondamental.
01:08:48Ce qui est fondamental, ce n'est pas d'avoir un diagnostic,
01:08:51mais de savoir quelle est la proportion de la population
01:08:54qui est concernée pour amener des réponses concrètes.
01:08:57C'est mon travail.
01:08:58Les avantages, les atouts et les peurs
01:09:01des entreprises qui embauchent les personnes
01:09:03dont nous parlons aujourd'hui,
01:09:05commençons peut-être par les avantages,
01:09:09les atouts de ces personnes autistes
01:09:11qui cherchent un travail et qui veulent s'insérer
01:09:14dans ce monde du travail et s'épanouir dans leur travail.
01:09:17Quels sont les atouts qui sont sur la table
01:09:19concernant les personnes dont nous parlons aujourd'hui ?
01:09:22Il faut rappeler qu'il y a une grande diversité
01:09:25dans les profils, vraiment.
01:09:27C'est difficile de répondre à votre question.
01:09:29Il y a autant de personnes autistes que de membres d'autisme.
01:09:33Vraiment, c'est ça, toute la complexité, peut-être,
01:09:37mais qui est intéressante.
01:09:38Il y a plein d'avantages.
01:09:40Et les premiers, c'est, déjà,
01:09:44ils ont envie de travailler.
01:09:46C'est quand même pas rien pour les jeunes qu'on voit.
01:09:49Il y a vraiment une envie de travailler.
01:09:52Il y a souvent de la loyauté.
01:09:54Ils sont très fiables.
01:09:55Il y a le sens du détail, aussi, dans la perception du monde.
01:10:00Sur des métiers où il faut le sens du détail,
01:10:03il faut être un peu pointilleux, ça peut être très intéressant
01:10:06et ça peut recouvrir plein de métiers, ça, c'est important.
01:10:11Il y a aussi le fait qu'ils sont un peu différents,
01:10:14ils sont un peu plus cash.
01:10:16Quand ils veulent dire quelque chose, ils le disent.
01:10:19C'est super, dans une entreprise.
01:10:20Il faut aussi des gens, des fois, qui disent les choses.
01:10:23Et eux, le côté sans filtre
01:10:25va apporter une manière d'avancer, aussi, qui est intéressante.
01:10:30-"Ordonnée",
01:10:31personne ordonnée, personne minutieuse, personne ponctuelle,
01:10:35la sincérité, la loyauté, la persévérance,
01:10:39ce sont les traits de caractéristiques
01:10:41qui ressortent le plus souvent.
01:10:43Vous, vous êtes persévérant, organisé, Guillaume ?
01:10:49Oui, je suis très organisé.
01:10:52Par exemple, quand je prépare mes expositions,
01:10:59je m'assure que tout soit prêt à temps et pour ne rien oublier
01:11:03avant d'aller installer l'exposition quelque part.
01:11:07Concernant les atouts, peut-être aussi les craintes
01:11:10des entreprises qui seraient tentées par l'embauche
01:11:13d'une personne fuyant dans ce spectre des troubles autistiques ?
01:11:17Je vais peut-être vous surprendre par rapport à l'échange,
01:11:21mais ma préoccupation n'est pas tant de trouver, finalement,
01:11:25des valeurs ajoutées pour les personnes autistes
01:11:27qui travailleraient dans le milieu ordinaire.
01:11:30Vous posez la bonne question,
01:11:32l'acceptabilité de la différence dans l'entreprise.
01:11:34Je suis convaincu qu'on accepte parfaitement
01:11:37que certains salariés soient désorganisés.
01:11:39On peut tous en rencontrer, on peut tous soi-même,
01:11:41dans notre exercice professionnel, avoir des qualités, des défauts.
01:11:45C'est vrai que je tiens plutôt à ce que les personnes autistes
01:11:48soient accueillies avec leurs qualités et leurs défauts,
01:11:51comme tous les salariés.
01:11:53Par contre, c'est vrai, il y a, on va dire,
01:11:55des points d'attention particuliers.
01:11:57On le sait, ça a été évoqué, la précision, la transparence
01:12:00et la loyauté des personnes autistes,
01:12:03mais mon souhait, c'est que les employeurs se disent
01:12:05qu'ils vont employer des personnes autistes
01:12:08car elles peuvent répondre aux mêmes tâches
01:12:10que l'ensemble des salariés de ce pays.
01:12:13Le fait qu'elles puissent avoir quelques spécificités
01:12:16dans l'interaction, dans la communication,
01:12:18ce n'est pas un problème.
01:12:20On va réussir à travailler là-dessus
01:12:22et on va réussir à faire corps dans une équipe.
01:12:24C'est ce qu'on montre, notamment avec des personnes autistes
01:12:27pour le coup présentant un trouble du développement intellectuel
01:12:31et qui vont pouvoir bénéficier d'un accompagnement
01:12:34dans des entreprises ordinaires
01:12:36avec l'obtention d'un contrat à durée indéterminée à la clé.
01:12:39C'est la première fois que l'on transpose
01:12:41cette façon de faire dans le droit commun.
01:12:44On l'a déjà expérimenté.
01:12:45On a des entreprises qui nous disent
01:12:47qu'elles sont ravies, que c'est excellent
01:12:50pour la politique sociale de l'entreprise
01:12:52car c'est de l'humanité,
01:12:54c'est le respect de la diversité humaine
01:12:56et c'est, je crois, une valeur qui ne date pas d'hier.
01:12:59Vous accompagnez les entrepreneurs dans ce type de démarche,
01:13:03vous accompagnez les personnes concernées.
01:13:06Qu'en sort-il par rapport à votre retour d'expérience ?
01:13:10Par rapport à ce qui vient d'être dit ?
01:13:12Les personnes ont besoin d'être accompagnées,
01:13:14mais autant les entreprises, même presque plus, parfois.
01:13:18Souvent, on oublie ça,
01:13:20mais c'est comment accompagner tout le collectif
01:13:23pour qu'il y ait vraiment cette culture neuro-inclusive
01:13:26et inclusive en général.
01:13:28Pour que ce ne soit plus un sujet du handicap,
01:13:30mais de la diversité, on est tous un peu différents.
01:13:33Ca commence par accepter les différences des autres.
01:13:36Tout à fait, mais d'embarquer toute l'entreprise
01:13:39pour qu'il y ait aussi presque une méthode pour eux,
01:13:44parce qu'il y a de la peur des entreprises.
01:13:47Il peut y avoir de la peur des managers,
01:13:49qui ont peur de mal faire, aussi,
01:13:51ou alors de trop en faire, enfin, voilà.
01:13:54Donc, il faut pouvoir les accompagner
01:13:56pour que ça se divulgue et que ça cesse.
01:13:58Pour cela, il faut des interlocuteurs
01:14:00auprès des entreprises ?
01:14:02Ce sont les ressources humaines
01:14:04qui sont vos principaux interlocuteurs ?
01:14:06Pas forcément, ça dépend des entreprises,
01:14:08des organisations, mais c'est souvent
01:14:10la direction D&I, c'est-à-dire diversité et inclusion,
01:14:15ou alors la direction RSE.
01:14:17Evidemment, il faut travailler avec la RH aussi,
01:14:20et puis la médecine du travail,
01:14:22donc c'est vraiment un travail de coordination,
01:14:24mais ce n'est pas forcément la RH, en fait,
01:14:28qui sont nos premiers interlocuteurs.
01:14:30Vous voulez rajouter quelque chose ?
01:14:32Oui, je pense qu'à l'échelle des entreprises,
01:14:34c'est exactement ça, notamment sur la politique RSE.
01:14:37Au niveau national, on a la chance de travailler aussi
01:14:40avec des fédérations qui nous permettent
01:14:42de financer de la formation pour les employeurs,
01:14:45parce que, vous avez raison de le rappeler,
01:14:48on a besoin de former les entreprises
01:14:50à ce que sont les troupes du neurodéveloppement,
01:14:52qui, en fait, représentent 10 à 15 % de la population,
01:14:55si vous prenez l'ensemble des troupes,
01:14:57donc c'est quand même considérable.
01:14:59Je tiens à rappeler que dans toutes les entreprises,
01:15:02on trouve des professionnels extrêmement bienveillants
01:15:05qui, dès lors qu'ils sont sensibilisés, formés,
01:15:07ont envie d'y aller.
01:15:08C'est aussi le message que je souhaite partager aujourd'hui,
01:15:11parce que mon objectif, c'est que sur 2025, 2026, 2027 et après,
01:15:15on ait de plus en plus d'entreprises qui se disent
01:15:17que c'est parti, je peux accueillir des personnes autistes.
01:15:20Vous êtes accompagné dans votre travail,
01:15:23vous êtes auto-entrepreneur aujourd'hui,
01:15:25mais vous avez un accompagnement, j'imagine,
01:15:28et vous avez...
01:15:29Est-ce que vous avez besoin de cet accompagnement ?
01:15:31À quoi vous sert-il pour progresser, Guillaume ?
01:15:34En fait, mon accompagnement sert
01:15:38pour...
01:15:43comprendre le contexte,
01:15:46bien intégrer le cahier des charges qu'on me demande,
01:15:51pour être sûr
01:15:54de mener à bien mes missions
01:15:57d'infographiste, metteur en page en freelance.
01:16:04De plus,
01:16:07j'ai une personne qui m'accompagne
01:16:10dans mes préparatifs d'exposition,
01:16:16plus exactement
01:16:19au niveau stratégie,
01:16:22pour mener à bien ma carrière artistique.
01:16:27Vous m'avez confié, en réalité, deux cartes de visite.
01:16:32Il y a le Guillaume graphiste, c'est cette carte de visite,
01:16:35et puis il y a le Guillaume artiste,
01:16:39et ça, c'est l'autre carte de visite dont vous disposez aujourd'hui.
01:16:44J'ai évoqué un budget de 680 millions d'euros
01:16:48pour mettre en oeuvre la stratégie entre 2023 et 2027.
01:16:53C'est votre mission.
01:16:54Sur ces 680 millions d'euros,
01:16:57lorsqu'on regarde, il y a assez peu d'argent mis en oeuvre
01:17:01pour l'insertion professionnelle
01:17:03des personnes autistes en France.
01:17:06C'est pas exactement le cas.
01:17:08Les 680 millions d'euros,
01:17:09c'est des mesures spécifiques de la stratégie nationale
01:17:12pour les troubles du neurodéveloppement.
01:17:14On travaille en interministériel.
01:17:16Vous avez beaucoup de dispositifs.
01:17:18Les plateformes d'emploi accompagnées
01:17:20qui se développent partout dans notre pays,
01:17:23qui permettent d'accompagner dans l'emploi
01:17:25les personnes en situation de handicap,
01:17:27sont des plateformes déjà financées,
01:17:29qui ne figurent pas dans la stratégie nationale,
01:17:32mais qui représentent un budget conséquent.
01:17:34C'est un des points de vigilance.
01:17:36Il faut s'assurer que ces plateformes d'emploi accompagnées,
01:17:39les professionnels qui y travaillent,
01:17:41soient suffisamment sensibilisés, formés
01:17:44à ce que sont les troubles du neurodéveloppement.
01:17:46Le deuxième point sur lequel j'insiste fortement,
01:17:49et je crois que madame, qui est à mes côtés,
01:17:51vous y serez sensible,
01:17:53c'est qu'il y a un sujet de lisibilité.
01:17:55Quand je suis une personne autiste
01:17:57et que j'ai besoin d'accéder à l'emploi,
01:17:59où est-ce que je dois m'adresser ?
01:18:01Parmi toute la carrière de dispositifs existants,
01:18:04comment je m'y retrouve ?
01:18:05C'est notre devoir, notre responsabilité
01:18:08à nous, pouvoir public, que de simplifier tout ça.
01:18:10Ça fait partie des discussions que j'ai
01:18:13avec la ministre du Travail et la ministre déléguée
01:18:15à l'Assemblée nationale de handicap,
01:18:17Charlotte Parmentier-Lecocq.
01:18:19Le père de Tom est allé au Danemark,
01:18:21est allé en Israël, notamment,
01:18:23et au Canada, aussi.
01:18:25Il y a des bons exemples à prendre
01:18:27et des belles leçons à tirer de ce qui est fait à l'étranger
01:18:30en matière d'insertion professionnelle
01:18:32concernant les personnes autistes.
01:18:34Ce père de Tom me disait qu'au Danemark,
01:18:36il avait été vraiment ébouriffé,
01:18:38si on peut utiliser ce terme,
01:18:40par le système et le suivi mis en place
01:18:42pour cette insertion.
01:18:44On en était, selon lui, très loin, en France.
01:18:46C'est aussi le constat que vous faites,
01:18:49si on compare avec certains pays exemplaires ?
01:18:51Alors, il y a des bonnes pratiques partout.
01:18:54Il faut voir si ça s'explique à la France.
01:18:56Je pense que c'est toujours...
01:18:58Je crois qu'il y a des bonnes pratiques aussi en Italie.
01:19:01En Italie, parce qu'en fait,
01:19:02les personnes sont beaucoup plus en milieu ordinaire,
01:19:05dès le démarrage.
01:19:07Et là, il y a un vrai sujet, peut-être, aussi,
01:19:09c'est comment on favorise la participation,
01:19:12dès le plus jeune âge, en fait,
01:19:14dans des choses artistiques, culturelles, etc.,
01:19:16qui font qu'après, ils seront plus prêts, aussi,
01:19:19d'aller dans le milieu ordinaire.
01:19:21Cette culture-là, il faut qu'elle soit insufflée
01:19:24dès le démarrage.
01:19:25Donc, ça, c'est l'Italie, c'est le milieu ordinaire.
01:19:28Dans les pays anglo-saxons,
01:19:29ils sont beaucoup plus sur la compétence
01:19:32et moins sur les profils, les parcours, les diplômes.
01:19:35C'est des profils qui ont des parcours assez atypiques
01:19:38parce qu'ils apprennent aussi tout seuls.
01:19:40Ou alors, c'est des parcours qui sont un peu alternatifs.
01:19:43Et donc, du coup, on passe un peu à la trappe
01:19:46de ces compétences-là.
01:19:47Donc, il faut s'ouvrir, aussi, là,
01:19:49et inventer, aussi, des nouvelles manières de recruter.
01:19:53Je pense à Orange, on avait travaillé avec eux
01:19:56pour, du coup, ouvrir.
01:19:58Ce serait quoi, le recrutement inclusif ?
01:20:01Comment on fait en sorte que ça devienne inclusif ?
01:20:05J'ai un trouble du neurodéveloppement,
01:20:07je peux choisir mon mode de recrutement
01:20:09pour pouvoir introduire.
01:20:11Donc, il y a plein de choses à aller voir, partout,
01:20:14et de se dire, comment on peut s'en servir, nous, en France,
01:20:18et arriver à le développer ?
01:20:19Il y a des métiers pour lesquels
01:20:21les personnes autistes sont plus prédestinées.
01:20:25J'en ai listé quelques-uns.
01:20:27La tech, visiblement, l'informatique,
01:20:29le graphisme, effectivement, tout comme Guillaume.
01:20:31Aussi, le rapport à la nature, des métiers artistiques.
01:20:35Y a-t-il des métiers où il est plus facile que d'autres
01:20:38de s'insérer lorsqu'on est une personne autiste ?
01:20:41Je crois que, malheureusement,
01:20:43c'est sans doute lié aux possibilités
01:20:45dans ces différents domaines.
01:20:47Il y a des environnements professionnels
01:20:49qui sont plus sensibilisés à la question de la différence,
01:20:52du handicap, et qui accueillent plus facilement
01:20:55des personnes autistes.
01:20:56Je voudrais rebondir sur quelque chose de fondamental,
01:20:59c'est que l'insertion professionnelle
01:21:01devrait se construire dès le plus jeune âge.
01:21:04C'est ce que l'on fait en France.
01:21:06C'est une expérimentation dans des pays,
01:21:08mais la France a quand même fait le choix,
01:21:10ces dernières années, de toujours plus inclure
01:21:12les enfants en situation de handicap à l'école ordinaire.
01:21:16C'est là où tout doit démarrer, à l'école ordinaire,
01:21:18accompagner au maximum les enfants,
01:21:20leur donner des solutions d'accompagnement.
01:21:23Après, à l'université, lorsque ces enfants décident d'y aller,
01:21:26leur proposer des solutions d'accompagnement,
01:21:29c'est ce qu'on porte avec un dispositif très innovant
01:21:32qui s'appelle ATP Friendly, qui donne un soutien humain,
01:21:35notamment par de la pérédance.
01:21:36Quand vous êtes étudiant autiste,
01:21:38être accompagné par d'autres étudiants
01:21:40qui comprennent ce que vous traversez,
01:21:43ça aide beaucoup.
01:21:44Ce sont des étapes qui permettent, progressivement,
01:21:46d'aller vers l'emploi.
01:21:48Je suis persuadé que c'est sur ces ruptures de parcours
01:21:51qu'il faut travailler.
01:21:52Entre l'école et l'enseignement supérieur,
01:21:55il ne faut pas y avoir de rupture de parcours.
01:21:57Entre l'enseignement supérieur et le travail,
01:22:00il ne faut pas y avoir de rupture de parcours.
01:22:02Ce sont des âges difficiles
01:22:03pour les enfants sans troubles du neurodéveloppement,
01:22:06entre 16 et 25 ans.
01:22:08Chez ceux qui ont des troubles du neurodéveloppement,
01:22:10il faut être plus vigilant.
01:22:12Entre 16 et 25 ans, c'est une période de fragilité,
01:22:15de vulnérabilité.
01:22:16Il faut redoubler d'efforts pour ne pas y avoir de rupture de parcours.
01:22:20On a bien compris la diversité des profils.
01:22:22Malgré tout, je vais vous reposer la même question.
01:22:25Vous avez identifié des domaines où, très clairement,
01:22:28il y a plus de possibilités que dans d'autres secteurs
01:22:31du travail pour les personnes concernées ?
01:22:33Dans tous les métiers d'expertise.
01:22:35Souvent, ils sont assez doués,
01:22:38parce que ça répond à leurs atouts aussi.
01:22:40Donc, ça correspond bien.
01:22:42On a évoqué tout à l'heure.
01:22:44Donc, les métiers de l'informatique,
01:22:46mais pas que.
01:22:47J'aimerais bien qu'on puisse se dire qu'on peut ouvrir davantage.
01:22:50Et ça peut être de la pâtisserie,
01:22:53il y en a beaucoup qui sont aussi...
01:22:55Parce que c'est précis, et donc, c'est spécifique.
01:22:58Ça peut être la comptabilité, ça peut être du juridique,
01:23:01c'est dans les métiers de la bibliothèque,
01:23:03aussi, il y en a énormément.
01:23:05Je crois qu'il y a un travail
01:23:07d'enlever les stéréotypes qu'on peut avoir
01:23:09en se disant que ce n'est pas possible.
01:23:11Et c'est enlever les empêchements pour rendre possible.
01:23:15Par contre, la notion d'environnement est importante.
01:23:19Dans quel environnement ça devient possible ?
01:23:21Ça devient des environnements qui sont capacitants,
01:23:24donc ça permet de rendre possible les choses.
01:23:26Et là, on s'aperçoit que c'est beaucoup plus large.
01:23:29Ça sera le mot de la fin.
01:23:31Vraiment un grand merci à tous les trois
01:23:33d'avoir participé à cette émission aujourd'hui,
01:23:35après ce très touchant, c'est vrai, documentaire,
01:23:38ce petit chasseur de fantômes.
01:23:41Vos réactions, ça sera sur hashtag débadoc, bien entendu.
01:23:44Vous pourrez réagir à ce que seront ces réactions
01:23:47après cette émission.
01:23:48Merci à Félicité Gabalda, Yasmine Benhaïssa,
01:23:51qui m'ont aidée, comme à l'accoutumée,
01:23:53à préparer cette émission.
01:23:55Je vous donne rendez-vous pour un prochain débadoc,
01:23:58avec son documentaire et son débat. A très bientôt.
01:24:01SOUS-TITRAGE RED BEE MEDIA
01:24:04Générique
01:24:06...