Avec Jean-Pierre Mignard (avocat et essayiste) et Philippe Bilger (ancien juge d'instruction et magistrat honoraire)
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NewsTranscription
00:00Sud Radio, la vérité en face, Patrick Roger.
00:04Le scénario était redouté au Rassemblement National.
00:07Je ne vais pas me laisser éliminer ainsi.
00:09Condamnation avec inéligibilité qui tombe sur Marine Le Pen.
00:13La justice s'est exprimée en droit, n'a pas fait de morale.
00:16Il y a des millions de Français qui croient en moi.
00:18Ne pas avoir de condamnation à son casier judiciaire,
00:21c'est pour moi une règle numéro une.
00:23Ça fait 30 ans que je me bats contre l'injustice,
00:25et je le ferai jusqu'au bout.
00:27Voilà donc des réactions à cette décision de justice concernant Marine Le Pen.
00:37Un énorme séisme politique.
00:39C'est ainsi que beaucoup de commentateurs ont réagi après.
00:43Nous sommes avec vous, au 0826 300 300 dans la vérité en face.
00:48Vous pouvez évidemment nous appeler.
00:50Je rappelle aussi qu'il y a eu un appel hier d'une mobilisation populaire.
00:56Et pacifique.
00:57C'est Jordan Bardella qui l'a confirmé ce matin.
01:01Ça pose un certain nombre de questions.
01:03Nous allons l'évoquer dans notre débat.
01:06Alors ce matin, en débat pour évoquer cette question,
01:09Philippe Bidjerre, ancien juge d'instruction, magistrat honoraire
01:12que l'on retrouve chaque soir dans les vraies voix de Philippe David.
01:17Et Cécile Ménibus, vous voulez apporter une petite précision ?
01:20Oui, juge d'instruction.
01:21Vous me rajeunissez terriblement mon cher Pat.
01:24Oui, mais il y a si longtemps mon cher Pat.
01:27Je dirais plutôt avocat général à la cour d'appel de Paris.
01:33Vous me vieillissez mais c'est plus juste.
01:35Non mais parce que vous avez été juge d'instruction à un moment donné aussi.
01:38C'était si long, il y a si longtemps.
01:40Et l'avocat et essayiste Jean-Pierre Mignard également
01:43qui va nous rejoindre dans une seconde bien sûr
01:45pour revenir et pour aller au fond de la décision qui a été rendue.
01:52Philippe Bidjerre, le tribunal correctionnel a donc condamné Marine Le Pen.
01:57Est-ce que vous-même, vous l'avez évoqué un peu hier soir,
02:01mais vous avez été surpris de la peine qui a été prononcée ?
02:06De la peine non, mais de l'exécution provisoire certainement.
02:10De l'exécution provisoire.
02:11Clairement.
02:12L'exécution provisoire qui d'ailleurs évidemment porte un peu à confusion
02:20l'exécution provisoire parce que c'était une exécution immédiate.
02:24Absolument.
02:25Bien sûr.
02:26Et là vous avez été surpris.
02:28J'ai été surpris et d'ailleurs plus généralement par le raisonnement de la juridiction
02:37aussi bien par rapport à certaines argumentations qu'elle développe
02:44par un sentiment général qu'en réalité il y a des choses qui sont dans le jugement
02:52qui n'auraient pas dû s'y trouver à mon avis.
02:54À votre avis, c'est-à-dire ?
02:56C'est-à-dire par exemple le fait qu'on reproche à Marine Le Pen
03:03et à ceux qui ont été condamnés avec elle d'avoir un esprit anti-européen.
03:09Je trouve que par exemple n'aurait pas dû se trouver dans le jugement non plus
03:15une sorte de mise en cause de la stratégie de défense.
03:19Il me semble et enfin l'élément le plus important c'est lorsque le tribunal écrit noir sur blanc
03:29qu'il est nécessaire de condamner Marine Le Pen avec exécution provisoire
03:35pour qu'un candidat ne puisse pas se présenter condamné à l'élection présidentielle.
03:41Donc tout cela m'apparaît comme des constérations qui ne sont pas à placer dans un jugement.
03:49On va en débattre justement aussi avec vous Jean-Pierre Mignard, avocat et séilliste, je l'ai dit bien sûr.
03:57Vous nous avez rejoint.
03:59Bonjour tout d'abord.
04:01C'était la question que je posais à Philippe Bidjard.
04:03Le tribunal correctionnel a condamné Marine Le Pen et les autres membres qui étaient également poursuivis.
04:11Et la question finalement, puisque tout l'enjeu est là, est-ce qu'il était possible de condamner sans l'exécution ?
04:17Je ne dis pas provisoire parce que c'est l'exécution immédiate mais c'est le terme qui apporte un peu de confusion.
04:25Oui c'était possible, même si l'esprit de la loi c'est l'automaticité.
04:29Le législateur a été radical et d'une extrême sévérité sur ce type d'infraction, le détournement de fonds publics, on y reviendra.
04:38Mais oui c'était possible, mais on demande dans ces conditions au juge de faire un travail sur eux-mêmes
04:44pour que la loi ne s'applique pas dans toutes ses dispositions de manière automatique, puisque c'est une peine complémentaire,
04:51mais qu'on décide que pour des raisons qui tiennent soit la personnalité, soit aux circonstances,
04:57on renoncera à l'exécution provisoire. C'était possible.
05:02Manifestement ça n'a pas été et je crois que ce procès, je le dis sans y avoir été, mais c'est très mal passé.
05:09C'est très mal passé parce qu'on sent de la part des juges une irritation sur le comportement des personnes, une désinvolture.
05:20Une désinvolture de qui ?
05:22Des prévenus.
05:24Et il semble que seule Mme Le Pen, en effet, ait tenu à bout de bras son procès,
05:29mais que tous les autres, finalement, étaient là sans véritablement se défendre
05:33ou proposaient des solutions ou des explications qui n'étaient pas vraisemblables, voire loufoques.
05:40C'est ça qui apparaît dans le jugement et je le dis en présence de Philippe Bilger,
05:44qui connaît tous les deux très bien les audiences, qu'en effet une audience est très importante dans une décision.
05:51Car l'attitude que l'on a devant les juges est très importante.
05:55Soit on a une attitude qui manifeste, je vais prendre un vieux mot, une forme de repentir,
06:01soit une forme de conscience de la gravité de ce qui a été fait,
06:04et puis une attitude, non pas une génuflexion devant les juges, mais attentive.
06:10Ça ne semble pas avoir été le cas et je crois que cette affaire a été mal préparée
06:15et donc je pense que le tribunal a été, comme le parquet d'ailleurs, extrêmement remonté.
06:21Parce que c'est possible, c'était possible.
06:23Alors Philippe Bilger, vous disiez que c'est la justice, les juges qui ont mis à mal la défense.
06:29Oui, d'abord je suis ravi de dialoguer avec Jean-Pierre Mignard qui a été et qui est un immense avocat,
06:39mais je ne suis pas d'accord avec lui sur la perception qu'il a de l'audience, je n'y ai pas assisté non plus.
06:46C'est toujours difficile, bien sûr, mais c'est ce qui a été rapporté.
06:50Absolument, mais il me semble qu'en réalité, au contraire, en lisant tous les comptes rendus sur ce procès Le Pen,
06:59comme si je peux me permettre la comparaison sur le procès de Nicolas Sarkozy,
07:05j'ai toujours eu le sentiment pour le procès de Marine Le Pen que le tribunal avait en quelque sorte son opinion faite
07:15et qu'en réalité, ce qu'il discute, le tribunal, c'est la stratégie de défense qu'a mise en œuvre Marine Le Pen et ses co-prévenus.
07:25Et ça, ça ne me paraît pas relever de la mission d'un tribunal impartial.
07:31Et quand vous parlez, mon cher Jean-Pierre, de l'obligation, l'inégibilité est automatique, je vous rejoins.
07:39L'exécution immédiate ou provisoire ne l'est pas et je trouve que la manière dont le tribunal la justifie, à mon sens, est aberrante.
07:51La justice a évoqué le risque de récidive.
07:55Oui, mais c'est ça. De mon point de vue, ça n'est pas sérieux.
07:59Et d'autre part, l'exécution provisoire est faite aussi, paraît-il, pour faciliter l'exécution de la peine.
08:08Mais on sent derrière l'exécution provisoire, je l'ai dit tout à l'heure,
08:13l'envie de faire que Marine Le Pen ne puisse pas se présenter, même condamnée, à l'élection présidentielle.
08:21Je pourrais développer plus tard le droit contre Le Pen si pas totalement d'accord.
08:28Oui, c'est en partie exact.
08:32Bizarrement, contrairement à ce qu'on a entendu des juges, je pense que ce tribunal est parfaitement apolitique.
08:38Et je trouve d'ailleurs qu'il aurait pu être un peu plus politique.
08:43Mais justement, il n'est pas du tout politique et il a raisonné avec une application littérale de la loi
08:50et manifestement scandalisé de l'attitude qu'avaient les prévenus.
08:56Et Mme Le Pen devant lui, pensant avec certitude, parce qu'il écrit cela avec beaucoup de fermeté,
09:03que rien n'empêcherait ces gens de recommencer parce qu'ils n'avaient pas confiance dans les instances éthiques et démocratiques de notre société.
09:11C'est ça qui est profond.
09:13J'ai le sentiment qu'il y avait un partage culturel important entre le tribunal et les présidents.
09:20Ce n'est pas l'avis de tout le monde quand on dit par exemple que ça aurait échappé une petite phrase en disant que...
09:26Je n'ai plus la petite phrase en tête, mais en disant qu'il fallait tout faire pour empêcher Mme Le Pen d'être le candidat que je n'aimais pas.
09:33Il est possible. En effet, ce qui est certain, c'est qu'une autre attitude devant le tribunal
09:42aurait peut-être amené en effet à avoir un autre comportement.
09:46J'ai eu des dizaines d'années d'audience, et quelquefois avec Philippe Bilger, ce qui n'était pas toujours facile.
09:51Je dois dire que lorsqu'on a une parole franche, sincère devant un tribunal,
09:57les tribunals sont des hommes et des femmes, ils sont sensibles à la sincérité,
10:01ils disent oui, d'une certaine manière, un, ils reconnaissent la gravité des faits, et a priori, on peut penser...
10:06Ils auraient dû plaider un peu coupable.
10:08Mais bien sûr.
10:10Alors que là, ils s'en tiennent toujours à l'innocence en disant que c'est une interprétation.
10:14Mais bien sûr. Alors fallait-il dire dans ces conditions que autre temps, autre meurtre.
10:19Sur ce point, les tribunaux le savent bien, puisque les lois ont quand même réussi à modifier un peu le comportement des responsables politiques.
10:26Et fallait dire effectivement... Deuxièmement, ce qu'a pensé le tribunal, c'était de dire que ces gens-là n'aiment pas l'Europe.
10:31Enfin, ils n'aiment pas l'Europe telle qu'il est, l'Union Européenne telle qu'elle est, le Parlement Européen.
10:35Donc grosso modo, ils n'en ont rien à faire, et ils ne respecteront pas plus demain qu'aujourd'hui les règles, notamment de financement.
10:43Petit point quand même. Le Parlement Européen était présent à l'audience.
10:47Il avait un avocat. C'est-à-dire que c'est très important.
10:50Ce n'est pas seulement Marine Le Pen et les membres du Rassemblement contre la République Française,
10:55mais aussi contre le Parlement Européen qui demande d'ailleurs le remboursement des sommes.
10:59Ça, c'est excessivement important.
11:01Le Parlement Européen, c'est-à-dire les délégations parlementaires de 27 États.
11:07C'est ça l'importance de ce dossier qui, à mon avis, n'a pas été saisi dans sa gravité par Mme Le Pen ni par les prévenus du Rassemblement National.
11:17Je trouve, mon cher Jean-Pierre, tout de même assez discutable le fait qu'un tribunal d'emblée s'immise dans une stratégie de défense
11:27qui, d'ailleurs, n'est pas absurde.
11:29Au fond, est-ce que le tribunal n'aurait pas pu, d'une certaine manière, pour la qualité du débat, examiner la thèse du Rassemblement National ?
11:41J'admets que se contenter d'une erreur administrative, ça n'est pas suffisant.
11:47En revanche, le tribunal aurait pu débattre de cette interprétation
11:53qui veut que l'attaché soit relié aux députés, pas seulement au Parlement Européen.
11:59D'autant plus que, vous le savez, la décision a retenu des contre-affectifs, mais a admis que les emplois ne l'étaient pas.
12:11Donc, la stratégie de défense du Rassemblement National, peut-être était discutable, avait plu au tribunal,
12:20mais heureusement, en général, la justice ne fonctionne pas uniquement comme ça,
12:26parce que sinon, les dénégations seraient catastrophiques.
12:30On va pouvoir, évidemment, continuer.
12:32J'aimerais aussi vous entendre au 0826 300 300, poser vos questions, vos interpellations.
12:37Tout à l'heure, pour certains, vous étiez indigné.
12:39Pour d'autres, vous disiez, finalement, il y a une loi qui a été appliquée,
12:42alors peut-être qu'il y a un usage de la justice, entre guillemets, disproportionné.
12:49J'aimerais vous entendre.
12:50C'est vrai qu'il y a une question, quand même, qui interpelle derrière.
12:53Comment concevoir qu'une décision non définitive puisse faire obstacle à une candidature ?
13:00C'est tout l'objet, finalement, de ce débat, de cette question et de ce procès.
13:04Nous continuons La Vérité en face, sur Sud Radio.
13:06Jean-Pierre Mignard, face à Philippe Bidjerre.
13:08Et vous, 0826 300 300.
13:10Sud Radio.
13:12Ils n'arriveront pas à me salir, parce que j'ai une éthique, j'ai une morale.
13:16La Vérité en face.
13:17Moi, je suis la candidate de la Vérité.
13:19Patrick Rocher.
13:20Est-ce qu'il était possible de condamner sans l'exécution immédiate de la peine pour Marine Le Pen ?
13:24On en a débattu tout à l'heure avec vous, Philippe Bidjerre, Jean-Pierre Mignard.
13:27Vous avez dit oui.
13:28Oui, il était possible.
13:30Les magistrats, manifestement, ont considéré que le délit présentait une telle gravité
13:39et que la personnalité des prévenus était telle que l'on ne pouvait pas avoir confiance dans leur attitude à venir.
13:45Voilà, je crois que c'est profondément cela qui est à l'origine, je dirais, d'un jugement,
13:50où l'aspect moral, beaucoup plus que politique, parce que moi, j'ai été juge,
13:55et pas du tout un électeur de Marine Le Pen, sur ce point personne n'en doute,
13:59j'aurais réfléchi à cela.
14:01Je me serais dit, est-ce que finalement, elle est automatique cette peine, mais on peut considérer.
14:08Je vais parler vraiment honnêtement, comme un avocat.
14:13Deuxièmement, je veux dire, au regard de l'ancienneté des faits,
14:18premièrement, ils sont quand même anciens,
14:20deuxièmement, est-ce qu'il y a eu des faits comparables qui sont reprochés
14:24depuis cette première série de commissions de faits,
14:27et deuxièmement, deuxième chapitre, y a-t-il un enregistrement personnel ?
14:31Sur ces questions, j'aurais pu considérer que les circonstances ne justifiaient pas une exécution provisoire.
14:41Et je pense que d'ailleurs, je vais vous le dire, je le dis sous le contrôle de Philippe,
14:45si devant la Cour d'appel, c'est quand même ce débat qui aura lieu,
14:49car si la Cour d'appel amende la décision des premiers juges,
14:54ce sera, pour ce qui la concerne, en effet, de considérer,
14:58un, qu'il n'y a pas d'enregistrement personnel,
15:00et deux, que les faits sont anciens,
15:02et puis que depuis cette période ancienne déjà,
15:05il n'y a rien eu, en tout cas, rien eu de répréhensible.
15:10Donc, ce que je veux dire aussi, c'est qu'il ne faut pas faire non plus un si grand tintamarre,
15:15les choses ne sont pas réglées.
15:17Alors, c'est pas terminé, oui, bien sûr,
15:19mais enfin, quand même, comme l'a dit Marine Le Pen et son avocat hier,
15:22le chemin est très étroit, il reste un petit chemin très étroit, évidemment.
15:26Et puis, il y aura une exécution provisoire ou pas,
15:29enfin, bon, il y aura une condamnation,
15:31ce qui n'est pas, effectivement, le meilleur talisman pour se présenter devant le suffrage.
15:34Oui, justement.
15:35Alors, sur cette question que je posais, en fait, Philippe,
15:37comment concevoir qu'une décision non définitive puisse faire obstacle à une candidature ?
15:43Mais justement, c'est la question centrale,
15:46et d'une certaine manière, je n'ai pas l'intention d'argumenter,
15:52et ça ferait l'objet d'un débat beaucoup trop long,
15:56sur cette antienne qui explique que ça n'est pas un tribunal
16:00de lutter, en quelque sorte, contre le suffrage populaire.
16:04Ce que je reprocherais au jugement,
16:07et j'ai l'impression qu'il a été rédigé il y a longtemps,
16:11c'est de n'avoir pas intégré des éléments
16:14qu'on a appris, par exemple, tout récemment,
16:17par exemple, sur le Conseil constitutionnel,
16:21je suis frappé de voir à quel point le jugement
16:25n'intègre pas deux notions qui sont fondamentales,
16:29celle de proportionnalité, et celle de sauvegarder la liberté de l'électeur.
16:34Au fond, comme si les magistrats, il y a quelque temps,
16:38s'étaient installés en autarcie, en ne tenant compte
16:42de rien d'autre que d'eux-mêmes.
16:44Ça, ça me gêne un petit peu.
16:46C'est une forme de politisation de la justice, ça, alors.
16:48C'est-à-dire que... Non ?
16:50Jean-Pierre Mignard, vous avez dit non, tout à l'heure.
16:52C'est-à-dire qu'il y a une règle, qui est maintenant installée en droit français,
16:55qui nous vient d'ailleurs du droit germanique, c'est la règle de proportionnalité.
16:58Un juge, il y a la loi, mais il pèse toujours au trébuchet
17:03jusqu'où il faut...
17:05Il regarde toutes les circonstances, quoi.
17:07D'ailleurs, le texte dit, selon les circonstances.
17:09Donc, sur ce point, ce que dit le Conseil constitutionnel,
17:12c'est apprécier les circonstances, pour apprécier si une loi poussée
17:17à son extrême dans son application, n'est pas en contradiction
17:21avec la réalité des faits, ou la personnalité,
17:26et comment amodier une peine,
17:29ça c'est une recommandation, Philippe, c'est rien d'autre.
17:34C'est une recommandation du Conseil constitutionnel aux juges.
17:37Honnêtement, ces juges connaissent bien cette règle de la proportionnalité,
17:40Philippe, ils n'avaient pas besoin de lire la décision du Conseil constitutionnel.
17:44On va parvenir sur l'identité de la personne,
17:46mais ces juges, vous connaissez, vous avez eu des informations
17:51sur ce tribunal et la constitution du tribunal correctionnel,
17:54c'est des juges qui étaient expérimentés pour un type d'affaire ?
17:59Non, non, non, il faut dire un mot.
18:01J'ai entendu un débat hier soir, et les avocats,
18:04quelle qu'ait été l'adhésion ou non à la cause du Rassemblement national,
18:09disaient que c'était une présidente très dynamique, très énergique,
18:13et donc, apparemment, elle était respectée par le barreau.
18:18Alors, encore une fois, j'ai été un peu gêné
18:21par des expressions initiales où elle indiquait d'emblée qu'il y avait un système.
18:27Au fond, j'ai tout vru l'impression de la part de cette présidente,
18:32en lisant les comptes-rendus et en l'écoutant lire,
18:36qu'au fond, il y avait peut-être subtilement une envie
18:41de s'en prendre politiquement par le biais judiciaire au Rassemblement national.
18:48Je précise quand même que le Rassemblement national, et même parfois les prévenus,
18:53se réfugiaient derrière leurs sondages, derrière les résultats,
18:57pour, d'une certaine manière, braver le tribunal,
19:00estimant qu'il n'avait pas la légitimité pour les combattre au regard de l'adhésion populaire
19:05qui était censée les soutenir.
19:07Résultat, ça devenait un débat quasiment idéologique et politique.
19:12Et impossible.
19:15Juste un mot, il me semble, Jean-Pierre, que le tribunal,
19:20pour avoir la plénitude de l'argumentation à sa disposition,
19:25aurait pu intégrer tout de même dans son raisonnement
19:29ce qui pourrait apparaître comme un désastre démocratique.
19:34Les effets sur le fonctionnement du pays.
19:37Avant d'entendre les auditeurs, on va marquer une petite pause,
19:40on les entendra dans un instant parce qu'il y a beaucoup de réactions.
19:42Jean-Pierre Mignard, vous avez évoqué, vous dites que ce n'est pas terminé,
19:45que ce n'est pas fini.
19:46Et c'est vrai parce que Marine Le Pen a fait appel.
19:48Oui, bien sûr.
19:49Mais on dit que la voie est très étroite pour qu'elle puisse encore se présenter
19:54à la présidentielle de 2027.
19:56Alors, dites-nous.
19:57C'est-à-dire qu'il y a d'abord eu un travail policier,
20:01un travail judiciaire assez considérable pour arriver devant le tribunal.
20:06Donc le tribunal n'a pas, avec un claquement de doigts, décidé qui était coupable.
20:10Il y a beaucoup de travail derrière, avec un parquet qui a été très mobilisé
20:15et qui n'a pas fait de cadeau.
20:16Donc, la Cour d'appel héritera de ce dossier.
20:19Héritera de ce dossier, de ce qui s'est dit et fait à l'audience.
20:23Donc, c'est certainement pas à nous de préjuger ce qu'une Cour d'appel pourra décider,
20:28mais je doute, je doute fort que la Cour d'appel revienne sur le fond,
20:33c'est-à-dire sur la culpabilité compte tenu des années de travail
20:36qui ont permis au tribunal de condamner, etc.
20:38Par contre, en effet, c'est sur la question des peines
20:41que la Cour d'appel peut estimer qu'il y a, peut-être qu'on est allé trop loin
20:47et que finalement, même si la peine est automatique,
20:50on peut déroger à son application immédiate pour des raisons
20:54qui tiennent d'ailleurs pas forcément ni au sondage, ni au peuple,
20:58ni toutes ces choses-là qu'on entend, mais tout simplement ancienneté des faits,
21:01comme je l'ai dit, et deuxièmement pas d'enrichissement personnel.
21:04Voilà des critères très juridiques qui permettraient éventuellement
21:07à la Cour d'appel de revenir sur l'application immédiate.
21:10– Oui, sur l'application immédiate, mais encore faut-il,
21:14par rapport au calendrier 2027, parce qu'on dit qu'il faut entre 16 et 18 mois
21:20pour une procédure, pour l'appel ?
21:23– Oui, je parle devant Philippe qui en sait trop,
21:26quand la justice veut aller vite, elle va vite.
21:29– Ah bon, c'est-à-dire que ça peut se faire dans combien ?
21:31– Écoutez, nous sommes en amie, ça peut se faire dans 6 mois.
21:35– Ah oui, c'est intéressant.
21:37Et alors là, est-ce que c'est la justice elle-même,
21:40ou est-ce que c'est par exemple le garde des Sceaux qui peut intervenir par rapport à ça ?
21:44– Non, c'est pas le garde des Sceaux.
21:45– Surtout pas le garde des Sceaux, ce serait catastrophique.
21:48– Non mais avec le risque, Patrick, est-ce qu'on fait une justice
21:55après spécial précipité pour Marine Le Pen,
21:58ou est-ce qu'on la soumet au processus ordinaire ?
22:01C'est aussi une interrogation.
22:03– Un processus ordinaire qui est un processus exagérément long, mon cher Philippe,
22:07et contre lequel nous nous élevons sans cesse en disant que c'est beaucoup trop long.
22:11– Ça a 18 mois, voire 2 ans, alors que là vous dites qu'on va le faire en 6 mois.
22:15– Il n'est pas anormal de considérer que vu les mois,
22:22dans ce cas-là, il faille purger la première décision
22:25de tout ce qu'elle peut dire d'irritant, ou la légitimer,
22:30mais en tout cas, il faut purger cette affaire.
22:33– Allez, nous continuons, 0826-300-300, vos appels dans un instant,
22:37vous voulez réagir, allez-y justement.
22:39Est-ce qu'il y a une politisation de la justice ?
22:41Est-ce qu'il était possible de condamner sans l'exécution immédiate de la peine ?
22:45Vous réagissez, et nous en débattons, bien sûr, jusqu'à 10h dans La Vérité en face.
22:50– 9h10, Sud Radio, La Vérité en face, Patrick Roger.
22:55– Il nous reste quelques minutes jusqu'à 10h, La Vérité en face,
22:58avec Jean-Pierre Mignard, Philippe Ligier, c'est très intéressant,
23:01parce que vous allez au fond, et vous êtes des spécialistes de la justice,
23:04les auditeurs le sont un peu moins, mais on aussi, on leur ravit bien souvent,
23:07et une réaction de bon sens, vous avez connu ça, vous aussi dans les prétoires.
23:13Tiens, à ce propos, Marine Le Pen, il y a quelques années en arrière,
23:18quand on parlait justement des abus de politique, voilà ce qu'elle disait.
23:23– Quand on voit la liste de tous les responsables politiques qui sont condamnés,
23:29et qui sont aujourd'hui à des postes de très haute responsabilité,
23:33mais je veux dire, on rêve, quand allons-nous mettre en place
23:37l'inéligibilité à vie pour tous ceux qui ont été condamnés,
23:40pour des faits commis grâce ou à l'occasion de leur mandat ?
23:45Et moi, ma veste, elle est immaculée, voilà.
23:47– C'était Marine Le Pen qui disait ça, je crois que c'était en 2014,
23:50public Sénat, bien sûr.
23:52L'inéligibilité à vie, disait-elle.
23:56Mais alors bon, c'est vrai que ça concerne, elle parlait de tous les mandats,
24:00ça tournait beaucoup autour de l'enrichissement personnel,
24:03des tournements de fonds, alors que là, ce qu'elle dit,
24:06ce qu'elle a expliqué hier soir sur TF1,
24:08c'était pour le fonctionnement d'un parti politique, cet argent.
24:12– Je vous signale que Jacques Chirac, Alain Juppé, Henri Emmanuel,
24:17et combien d'autres ont été condamnés, y compris d'ailleurs
24:19des peines complémentaires d'inéligibilité, enfin pas Jacques Chirac,
24:22parce qu'il n'est de toute façon plus président.
24:24Mais pour exactement cette raison, ce qui est frappant, si vous voulez,
24:27dans le Rassemblement National et dans les propos de Marine Le Pen,
24:30c'est qu'ils furent certainement la formation politique
24:33la plus intransigeante de toutes, la plus implacable de toutes,
24:37et celle qui n'accordait aucune espèce de clémence
24:40à des personnes ayant commis ce type de faits.
24:43– Allez, 0826-300-300, Xavier et Sabine sont avec nous,
24:47Xavier de Bordeaux, bonjour Xavier.
24:49– Bonjour Patrick, bonjour Philippe Bilger et Jean-Pierre Mignard.
24:54Oui, je voulais juste simplement intervenir pour vous dire,
24:57rappeler simplement à l'antenne que l'exécution provisoire
25:00pour les peines d'inéligibilité, on peut faire un parallèle
25:04avec la détention provisoire, par exemple, vous avez des gens
25:06qui sont innocents, qui sont frappés par la détention provisoire
25:09et qui perdent leur famille, qui perdent leur métier,
25:12donc vous voyez, les exécutions provisoires de peines
25:15qui sont infligées en première instance ont des conséquences réelles
25:17sur tous les justiciables en France et pas uniquement sur les politiciens,
25:20premièrement, et deuxième chose, c'est une question que je vous pose,
25:23et je pense que c'est la question qui semble être posée
25:25au regard des différents points de vue que j'entends ici et là,
25:28c'est finalement, est-ce que la liberté de l'électeur
25:31est supérieure à l'égalité entre justiciables ?
25:36Est-ce que la liberté de l'électeur est supérieure finalement à la justice ?
25:39– À la justice quoi, vous rejoignez ce que disent certains politiques,
25:43seul le peuple devrait pouvoir déchoir une personnalité politique.
25:46Tiens, très bonne question, Jean-Pierre Mignard,
25:49Philippe Bilger rapidement et ensuite Sabine.
25:51– Plus qu'une bonne question, félicitations, parce que c'est vrai ce sujet,
25:54nous sommes dans une démocratie libérale, une démocratie représentative,
25:58le peuple s'exprime, mais par ses représentants,
26:01ce sont les députés, les sénateurs qui sont les représentants du peuple
26:04et c'est eux qui ont voté cette loi, point.
26:07Deuxièmement, les juges sont indépendants et impartiaux,
26:10ils ne sont pas élus comme ils le sont aux Etats-Unis,
26:13on leur demande d'être impartiaux et indépendants,
26:16et à partir de là, soit on accepte ce système, soit on en prend un autre.
26:20Qu'est-ce que ça voudrait dire ?
26:22Que les urnes décident ce que les tribunaux ne décideraient plus.
26:26J'entends des gens très bien inspirés qui professent cela,
26:29mais comment est-ce possible ?
26:31Ça veut dire que le suffrage universel deviendrait un juge collectif, c'est absurde.
26:36Et sur le premier point, notre auditeur a un raisonnement fin,
26:40c'est vrai que la détention provisoire peut apparaître
26:43comme une violation de la présomption d'innocence,
26:46mais elle se justifie par des données techniques
26:49qui permettent à l'instruction de fonctionner plus efficacement.
26:53C'est-à-dire qu'il y a un danger manifeste de l'ordre public ?
26:56C'est ça, et c'est là où s'est reproché d'ailleurs par rapport à Marine Le Pen.
27:01Sabine, 0826 300 300, bonjour Sabine.
27:05Oui, bonjour messieurs.
27:07Allez-y.
27:08Alors moi c'était plusieurs choses.
27:10La première quiz de la dissolution de l'Assemblée l'été prochain,
27:13s'ils avaient l'intention de le faire, Marine Le Pen existe déjà,
27:16il va se retrouver coincé, ils sont complètement coincés,
27:18en fait on les a complètement coincés.
27:20Ensuite, les juges sont aussi des hommes et des femmes comme vous et moi
27:23qui ont quand même des convictions personnelles,
27:25on ne pourra pas l'empêcher, je trouve ça tout à fait bien.
27:28Ensuite, pour tout ce qui est du trouble à l'ordre public,
27:31si on ne voulait pas créer un trouble à l'ordre public,
27:33il ne fallait pas l'empêcher de pouvoir se présenter, je pense, aux élections,
27:36tout à la condamnante, puisque tout est condamnable
27:38et il n'y a pas de raison qu'elle soit au-dessus des lois.
27:40Et je ne vois pas pourquoi le délai serait raccourci pour Madame,
27:42alors que moi je l'ai mis 12 ans pour passer au tribunal.
27:44Donc à un moment donné, il faut être cohérent sur tout ça,
27:47et je pense qu'il y a pas mal de choses à regarder,
27:49mais je pense que maintenant, le RN est coincé, même pour une dissolution,
27:52je pense qu'il va falloir discuter vraiment gravement.
27:55– Alors ça c'est vrai, c'est une autre question politique
27:58qui sera abordée d'ailleurs dans les débats qui vont suivre avec Christine Bouillot tout à l'heure.
28:02– Alors encore une fois, la difficulté, on l'évoquait tout à l'heure,
28:05c'est de savoir si Marine Le Pen pourrait, pour sauver sa mise présidentielle,
28:11bénéficier d'un processus plus rapide ou non.
28:14Deuxième élément, c'est le fait que notre auditrice, Sabine je crois,
28:20en effet indique que le tribunal, dans sa décision,
28:24a considéré que le trouble à l'ordre public
28:28était que Marine Le Pen puisse représenter en étant condamnée.
28:32C'est tout de même assez énorme de mon point de vue comme argumentation.
28:38– D'abord, Jean-Pierre Vignard, pour conclure.
28:40– Moi je pense qu'il n'y a pas de délai pour réunir des cours.
28:43Nous trouvons tous, les avocats notamment, mais les magistrats aussi,
28:47que les délais sont beaucoup trop longs.
28:49Dans ces conditions, il n'y a pas de temps ordinaire,
28:52comme il y en a à l'office.
28:54Non, on peut effectivement, dans les six mois, réunir la cour d'appel,
28:58ne serait-ce que parce qu'il y a quand même un trouble à l'ordre public
29:01qui résulte de la décision.
29:03Et c'est inévitable puisque nous sommes dans une matière très politique.
29:06Dans ce cas-là, que la cour d'appel purge les problèmes,
29:09vienne en soutien du tribunal et dise ce qu'il convenait
29:12de décider comme peine ou pas, me semble en effet une bonne chose.
29:16– Merci Jean-Pierre Mignard, Philippe Bilger dans un instant,
29:18ça continue avec Christine Bouillaud, Gilles Gansman,
29:20d'abord la partie médiatique avec l'invité Laurent Luhya
29:23et ensuite, évidemment, ça va se poursuivre,
29:25ainsi que chez André Bercoff ce midi, dans les Vrais Voix,
29:27on va retrouver Philippe Bilger qui va les réviser d'ici ce soir
29:30entre 17h et 20h.