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00:00Lundi, demain, Marie Le Pen pourrait-elle être déclarée inéligible après le procès des assistants du RN au Parlement européen ?
00:07Alexandre, deux affaires qui se télescopent et qui, selon vous, posent la question de l'impartialité de la justice.
00:13Oui, Lénaï, commençons par l'affaire Sarkozy.
00:16Plus encore que la lourdeur de la peine requise, c'est la fragilité de l'accusation qui interpelle.
00:21Le parquet a lui-même reconnu l'absence de preuves irréfutables
00:24et l'impossibilité pour la justice de reconstituer des flux financiers illicites.
00:29Mais d'après les procureurs, ce n'est pas grave, car un faisceau d'indices mis bout à bout
00:34déciderait un scénario cohérent de financement occulte et de pacte de corruption.
00:39Un scénario cohérent, c'est ce qu'on attend d'un bon film ou d'une série policière sur Netflix, pas de la justice.
00:45Dans un procès équitable, le doute doit profiter à l'accusé.
00:49Un simple faisceau d'indices ne devrait pas être suffisant pour faire condamner un ancien président de la République,
00:55ni même d'ailleurs pour le traîner devant un tribunal.
00:57Rappelons par ailleurs que Nicolas Sarkozy a été condamné dans une autre affaire,
01:01non pour des faits qu'il a commis, mais pour des faits qu'il aurait eu l'intention de commettre.
01:06Qui plus est, sur la base d'écoutes téléphoniques illégales.
01:09En vérité, les naïgs, un faisceau d'indices mis bout à bout,
01:13dessinent un scénario cohérent d'acharnement judiciaire contre Nicolas Sarkozy.
01:17Et on en vient donc à présent, Alexandre, à l'affaire Le Pen.
01:20Marine Le Pen reconnaît l'emploi irrégulier d'assistants parlementaires.
01:24Mais ce qui pose question, dans son cas, c'est la sévérité de la peine demandée.
01:28Rappelons qu'il n'y a pas eu d'enrichissement personnel,
01:31et que ce genre de pratique a longtemps été toléré pour ses concurrents politiques.
01:35Le parquet a requis contre elle cinq ans de prison,
01:37dont deux fermes et cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.
01:42Si les juges suivent les réquisitions, cela signifie la mort politique de Marine Le Pen.
01:47En 2017, en mettant en examen François Fillon en pleine campagne présidentielle,
01:51les juges avaient empêché le candidat de la droite d'accéder au second tour.
01:55Cette fois, Marine Le Pen ne pourrait même pas être candidate.
01:58Inévitablement, des millions d'électeurs se sentiront dépossédés par la justice,
02:03et se demanderont si Marine Le Pen a été jugée pour ses actes ou pour ses idées.
02:07Alors Alexandre, quel est le point commun finalement entre ces deux affaires ?
02:10Il faut attendre que les verdicts soient prononcés.
02:14Mais dans les deux cas, on a le sentiment que les juges s'érigent en justicier,
02:18au nom de leurs convictions idéologiques,
02:20au risque d'entraver le libre jeu de la démocratie et de la souveraineté populaire.
02:24S'il faut se méfier de l'arbitraire du pouvoir politique,
02:27l'arbitraire du pouvoir judiciaire est tout aussi problématique.
02:31Méfiez-vous des juges, ils ont tué la monarchie, ils tueront la République,
02:35prophétisez à un ancien garde des Sceaux nommé François Mitterrand.
02:38Et c'était l'édito d'Alexandre Devecchio du Figaro. Bon dimanche Alexandre !
02:42Merci Lénaï !

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