Alors que les proches d'Émile ont été libérés après leur garde à vue, son grand-père dit avoir la conviction que le petit garçon a été victime d'un accident de la route. Des sources concordantes révèlent que celui-ci aurait déjà été violent auprès de ses enfants par le passé. Rien ne permet pour autant de faire le lien entre le profil du grand-père et la mort d'Émile pour le moment. L'avocat de la grand-mère d'Émile, Me Julien Pinelli, était l'invité de News Box ce samedi 29 mars.
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00:00Nous sommes en direct avec Julien Pinelli. Bonsoir Maître, vous êtes l'avocat d'Anne Védovigny, la grand-mère maternelle d'Émile, la femme de Philippe Védovigny,
00:08tous deux placés en garde à vue cette semaine. Aucune mise en examen n'a été décidée à ce stade, je le rappelle une fois encore.
00:16D'abord Maître, sur les éléments évoqués par Mathias Tesson à l'instant, ma première question est la suivante.
00:21Est-ce que votre cliente, la femme de Philippe Védovigny, a été interrogée lors de cette garde à vue cette semaine sur la question de la violence
00:28dont a pu faire preuve par le passé vis-à-vis de membres de sa famille, le grand-père d'Émile ?
00:35Vous l'avez rappelé à l'instant, à l'issue de sa garde à vue de 48 heures, ma cliente a été remise en liberté sans qu'aucune charge ne soit reconnue à son encontre.
00:43Cela a été le même cas pour son mari. Vous vous doutez bien que je n'exprimerai pas à l'antenne sur des éléments d'enquête, évoqués ou non d'ailleurs,
00:53au cours de la garde à vue de ma cliente, pour évoquer les questions des enquêteurs, ni évidemment les réponses qu'aurait pu livrer ma cliente sur ce point.
01:00Il y a un secret qui entoure l'ensemble de ces éléments. A ma connaissance, le ministère public n'a pas cru utile de l'évoquer lors de sa conférence de presse
01:09et je ne rentrerai dans aucun détail des questions posées par les enquêteurs et couvertes nécessairement par ce secret.
01:17Néanmoins, il est tout à fait logique que dans le cadre des investigations qui sont conduites, on s'intéresse à l'intimité des uns et des autres membres de cette famille,
01:25que l'on se plonge sur les rapports qu'ils ont pu avoir entre eux, avec l'extérieur, qu'on les a écoutés, nous le savons, cela a été évoqué également.
01:33Je note néanmoins que, quels que soient les éléments recueillis au cours de ces investigations, à l'issue des gardes à vue, aucune charge n'a pu être reconnue à leur endroit.
01:45Néanmoins, encore une fois, sur ces épisodes de violence de Philippe Bédouini, le mari de votre cliente, sur des membres de sa famille par le passé,
01:53est-ce que vous diriez, sans nous révéler évidemment le contenu de la garde à vue, mais est-ce que vous nous diriez qu'il s'agit d'un des sujets principaux de cette garde à vue de cette semaine ?
02:05Vous savez, encore une fois, je vous l'ai dit à l'instant, il est très délicat et même impossible, à vrai dire, sur un plan strictement juridique,
02:12de venir, après avoir participé à cette garde à vue en tant qu'avocat, révéler encore une fois des éléments qui ne l'ont pas été.
02:20Il prend acte des informations dont vous avez pu disposer. Il est tout à fait légitime, d'ailleurs, que les médias, que la presse puissent être destinataires de certaines interventions.
02:28En revanche, il est tout à fait différent qu'une partie à cette information puisse les divulguer publiquement.
02:35Cela porterait nécessairement atteinte à de graves principes, d'ailleurs, qui régissent la procédure pénale et qui porteraient d'ailleurs atteinte, au-delà de ça, je crois,
02:43à la bonne marge de cette information, à la bonne marge des investigations auxquelles nous sommes, nous, particulièrement attachés.
02:50Du point de vue de ma cliente, nous l'avons dit et répété, nous avons beaucoup à attendre de ces investigations.
02:55Raison de plus pour ne pas venir les entraver ou porter atteinte à leur sincérité en faisant certaines révélations qui, elles, doivent être nécessairement couvertes par le secret.
03:07– Je note, par ailleurs également, mais cela n'aurait échappé à personne que je suis… Pardon, oui ?
03:13– Allez-y, je vous laisse poursuivre.
03:15– Non, j'indiquais simplement que je ne suis pas le conseil de M. Philippe Védovigny qui, lui-même, est parfaitement assisté dans le cadre de cette procédure
03:22et je serais encore plus mal venu, n'étant pas son avocat, de faire ici référence à des éléments le concernant directement.
03:28Je pense que chacun peut le comprendre.
03:30Mais est-ce que vous, votre cliente, la femme de M. Védovigny, comprenez que ces éléments interviennent dans le dossier au cœur de l'enquête ?
03:41– Nous comprenons parfaitement que tous les éléments qui viennent intéresser tant l'un que l'autre, que leurs enfants d'ailleurs,
03:47que l'ensemble de ce groupe familial, intéressent l'enquête et font l'objet d'investigations.
03:52Nous l'avons parfaitement compris, il y a le temps de la garde à vue au cours duquel des éléments sont recueillis,
03:57des auditions sont mises en œuvre, et au-delà de cette mesure, ces éléments vont être passés au crible des éléments techniques
04:05recueillis par les enquêteurs, des expertises scientifiques, des témoignages,
04:10enfin bref, le lot commun de toute enquête est à plus forte raison lorsqu'elle porte sur des faits aussi graves, oui.
04:15– Existe-t-il un climat de peur au sein de la famille ?
04:19– Il y a avant tout un climat de souffrance, cette famille vit évidemment accablée par la douleur qui est la sienne
04:29depuis la disparition du petit-fils de ma cliente, c'est principalement ce qui marque cette famille,
04:35certainement pas un climat de peur, au contraire un climat véritablement, je crois, de cohésion,
04:40un climat de regroupement, un climat évidemment, un sentiment aussi, parfois évidemment,
04:47d'être un petit peu isolé du reste du monde, du reste de la vie, parce qu'on est tenu encore une fois par cette souffrance
04:56et qu'elle vous tient un petit peu hors du monde, oui, ça c'est un sentiment sans doute partagé par l'ensemble de ses membres,
05:01un climat de peur, non, je ne pense pas qu'il soit révélé par aucun des éléments des investigations,
05:06c'est une famille au contraire extrêmement soudée à cette heure, oui.
05:10– Parlez d'un climat de cohésion intrafamiliale, pas de tensions, pas de dissensions comme ça a pu être dit ?
05:16– Je ne pense pas qu'il existe des groupes familiaux qui ne connaissent pas de tensions ou de dissensions déjà,
05:23lorsqu'on les observe de près, vous savez, c'est souvent une remarque que l'on se fait lorsque l'on traite de ce type de matière,
05:29c'est que dès qu'un projecteur est placé sur une famille, on a toujours le sentiment qu'elle est dans une forme d'anormalité,
05:35qu'elle a quelque chose de très particulier, ici cela ne fait pas exception et d'autant plus qu'il est vrai que la famille de ma cliente a admis
05:44un mode de vie qui était un petit peu peut-être différent de celui que l'on rencontre le plus souvent,
05:49avec cette volonté de se tenir un petit peu à l'écart de certains comportements, de certaines attitudes,
05:54d'une certaine matérialité, d'un matérialisme même et davantage se consacrer sur les choses de la réflexion, de la foi et de l'esprit,
06:01cela attire nécessairement l'attention. Quant aux dissensions qui auraient pu naître suite à ce drame, encore une fois,
06:08j'imagine mal qu'un groupe familial, aussi solide soit-il, puisse ne pas connaître certaines fragilités lorsqu'il est frappé de la sorte
06:15et sans doute que cette cellule familiale n'a pas fait exception à la règle maintenant encore une fois.
06:19Je pense que cette intimité aussi leur appartient, là il n'est pas question de secret de l'enquête ou de l'instruction,
06:24il s'agit simplement de l'intimité d'une famille en deuil qu'il faut également respecter.
06:29Comment va votre cliente, la grand-mère maternelle d'Emile, à l'issue de cette semaine,
06:34durant laquelle elle notamment a passé deux jours, de longs jours en garde à vue ?
06:41Poser la question, c'est en quelque sorte y répondre. On imagine bien que, après avoir été placé 48 heures en garde à vue,
06:4848 heures qui n'étaient pas qu'une privation de liberté dans son cas, qui étaient également le rappel constant au cours de chacune de ses auditions
06:56qui ont été longues et nombreuses, d'éléments d'enquête qui portaient sur les derniers instants de son petit-fils.
07:02Imaginons un seul instant, tentons d'imaginer et ne le souhaitons surtout à personne, la position qui peut être celle d'une grand-mère
07:09retenue par des enquêteurs parfaitement respectueux, nous l'avons rappelé également, il faut le dire,
07:14qui ont parfaitement pris en considération qui était ma cliente et qui l'ont traité comme il se devait,
07:18à savoir une grand-mère en deuillet, mais qui l'ont néanmoins entendue parce que cela était nécessaire
07:22et elle-même l'a parfaitement compris et admis. Nous imaginons évidemment quelle épreuve cela représente,
07:29une épreuve de plus, dira-t-on, mais une épreuve tout de même, ma cliente se remet de cette épreuve,
07:35le groupe familial se remet de cette épreuve.
07:39Le procureur qui a donné des éléments capitaux avant-hier sur l'enquête, le procureur d'Aix-en-Provence,
07:47le crâne d'Émile, découvert il y a un an, a été déplacé, Émile a subi un traumatisme facial violent.
07:53Comment votre cliente a-t-elle réagi en entendant cela, peut-être pendant la garde à vue ?
08:02Ma cliente ne vit et ne respire que dans l'espoir de connaître un jour la vérité sur ce drame
08:08et sur les circonstances dans lesquelles son petit-fils a perdu la vie.
08:11Elle est donc particulièrement attentive à chaque élément susceptible de lui être révélé par l'enquête,
08:19par les investigations, pour imaginer une posture contraire qui finalement conduirait à ne rien vouloir savoir,
08:24à ne rien vouloir entendre de fait aussi dramatique, surtout lorsqu'ils sont compilés de façon aussi crue
08:29que cela peut être le cas dans une expertise.
08:32Néanmoins, c'est avec la plus grande attention qu'elle s'est tenue à viser ces éléments
08:38et je dirais que s'il y a un aspect positif à retenir de cette épreuve que fut cette garde à vue,
08:42c'est le fait que ma cliente, à cette occasion, a pris connaissance justement d'éléments d'enquête.
08:47Ce qui l'a rassurée sur un point dont elle ne doutait pas, c'est l'investissement des enquêteurs et magistrats
08:53qui suivent cette procédure.
08:55Et durant ces 48 heures, encore une fois, lui ont été exposés le fruit de ce travail,
08:59de l'investissement de cette cellule de la section de recherche de la gendarmerie de Marseille
09:03qui travaille exclusivement sur cette situation et qui au final, elle l'a très bien compris, travaille pour elle.
09:08Elle travaille pour elle parce que ses réponses sont avant tout à cette famille qu'on les livrera
09:13lorsque nous l'espérons, elles seront enfin réunies.
09:16C'est donc avec attention et respect, je dirais, qu'elle a observé ce qu'avait été le travail des enquêteurs.
09:23Je ne doute pas qu'en son fort intérieur, évidemment, c'était un vacarme insoutenable
09:29que d'observer ces éléments, que de les constater, que d'entendre ces descriptions.
09:34Elles sont évidemment dures à entendre pour tout un chacun, même tout à fait indépendant par rapport à cette famille
09:39et qui ne la connaîtrait pas, on imagine un seul instant.
09:42Pourrait-on d'ailleurs l'imaginer ? La résonance que cela peut avoir dans l'esprit de cette grand-mère, bien sûr.
09:49Hier soir, dans cette même émission, Maître, je recevais votre consoeur, l'avocate du grand-père maternel d'Émile.
09:57Je lui demandais si elle privilégiait à ce stade une thèse.
10:01La piste intrafamiliale n'est pas fermée, c'est ce que disait avant-hier le procureur d'Aix-en-Provence.
10:05Est-ce que vous-même privilégiez actuellement une hypothèse ?
10:13Ma cliente sur ce point aussi est passée par des enthousiasmes, le mot n'est pas approprié,
10:21mais en tout cas par des encouragements, lui laissant entendre que telle piste allait être privilégiée
10:26plutôt qu'une autre et qu'une réponse allait enfin lui être donnée.
10:29Ce sont des espoirs qui ont été assez rapidement déçus parce que d'autres éléments sont venus les contredire.
10:36J'allais dire qu'elle a surtout appris à ne plus avoir de certitude.
10:39Aujourd'hui, tout ce qu'elle attend, encore une fois, c'est une réponse peut-être plus définitive,
10:43des éléments de réponse, nous en avons déjà certains, le parc d'Aix-en-Provence en a fait état,
10:48ce sont déjà des avancées, elles sont considérables et il faut les retenir.
10:51Néanmoins, ma cliente n'a plus ce luxe, en quelque sorte, dirais-je,
10:55de pouvoir se satisfaire de certaines certitudes qui pourraient la conforter d'ailleurs,
10:59qui pourraient la réconforter en tout état de cause.
11:01Mais aujourd'hui, non, elle ne s'y prête plus.
11:03Je pense qu'elle a trop peur d'être à nouveau découragée par un espoir qui serait déçu.
11:08Non, au contraire, elle sait très bien que les seules réponses qu'elle peut espérer,
11:13ce sont les enquêteurs qui lui livreront.
11:15Elle les attend avec toute l'impatience que l'on peut imaginer, mais de théorie définie.
11:20À cette heure, non, ça, je ne peux vous l'indiquer aucune.
11:23Aucune théorie n'est précisément retenue par ma cliente et a fortiori par sa défense.
11:28Est-ce que vous diriez, Maître, qu'à ce stade, la science représente aujourd'hui,
11:33pour vous, pour votre cliente, le principal désespoir ?
11:38Oui, naturellement, il y a ce caractère extrêmement tangible,
11:41celui que l'on peut espérer de ces expertises scientifiques.
11:43Celles qui ont été révélées, d'ailleurs, montrent le degré aujourd'hui de précision
11:47qui permet d'apporter certaines réponses.
11:50Mais peut-être est-ce là, d'ailleurs, que vous voulez en venir par votre question.
11:53Ce n'est pas une famille, nécessairement, qui ne croit qu'aux vertus de la science,
11:57qui porte sa foi sur d'autres réflexions qui sont moins terriennes, moins tangibles.
12:02Je crois que c'est un effet peut-être conjugué, justement,
12:04de ces deux réponses qui pourraient, un jour, leur apporter l'apaisement
12:08qu'ils sont en droit d'espérer.
12:10On a évoqué, et à juste titre, le fait que cette piste familiale,
12:14et le vocable a été repris, je dirais, à longueur d'antenne,
12:17et c'est bien normal, n'est pas refermée.
12:19Nous le comprenons parfaitement.
12:21Nous le comprenons parfaitement.
12:23Ces investigations en cours de garde à vue ont été portées sur l'une des pistes,
12:27ici, que les enquêteurs avaient retenues, à savoir cette piste familiale.
12:30Comment imaginer un seul instant, en l'état de la configuration des lieux,
12:34en vertu de la temporalité des événements qui ont fait que ma cliente et sa famille
12:39étaient les plus proches, j'allais dire, de l'instant du drame,
12:43évidemment qu'il y a une piste familiale à chercher.
12:45Et on ne comprendrait pas un seul instant,
12:47on ne comprendrait pas un seul moment que les enquêteurs négligent cette piste.
12:50C'est tout à fait logique.
12:52Nous ne pourrions pas dire, d'ailleurs, à ces mêmes enquêteurs,
12:54eh bien, poursuivez toutes les investigations nécessaires,
12:57mais attention, dès lors qu'elles concernent la famille,
13:00là, vous êtes malvenus à le faire.
13:02Qui pourrait le comprendre ?
13:04Lorsque la confiance est donnée aux enquêteurs, elle est pleine et entière.
13:07Leur confiance n'est pas perdue dès lors qu'ils font des investigations sur la famille.
13:12Non, parce que ma famille, ma cliente, espère, justement,
13:15que cette piste familiale puisse être, à terme,
13:18confrontée, justement, aux éléments d'investigation
13:21qui permettront, enfin, de l'écarter.
13:23Voilà la posture, encore une fois, qui est celle de ma cliente.
13:26Les auditions ont été effectuées.
13:28Il faut maintenant éprouver, encore une fois,
13:30ces éléments au regard des investigations techniques et scientifiques
13:33dont vous avez donné, ici, connaissance pour partie.
13:36C'est ce que nous attendons, bien naturellement.
13:38D'autres pistes, évidemment, sont également, dans le même temps,
13:41envisagées par les enquêteurs.
13:43Nous évoquons, aujourd'hui, principalement cet aspect familial,
13:46parce qu'il fut l'objet des gardes à vue,
13:48mais d'autres pistes sont, évidemment, en cours d'examen,
13:50par les mêmes hommes et les mêmes femmes,
13:52avec le même dévouement.
13:54Il y a l'impression, d'ailleurs, ce sera ma dernière question, Maître,
13:57chez votre cliente, d'un climat de soupçon injuste,
14:00vécu comme tel par votre cliente,
14:02dans le cadre de cette enquête,
14:04au regard de la semaine qui est en train de se terminer.
14:10Encore une fois, je le rappelais,
14:12mais je pense que chacun peut le comprendre.
14:15Lorsque vous êtes frappé par le sort,
14:18d'une façon aussi dure, aussi injuste,
14:21que la perte de votre petit-fils,
14:24l'idée qu'à cette injustice s'ajoute le soupçon
14:29porté sur vous de ce que vous pourriez être lié,
14:32de près ou de loin, à un tel drame,
14:34bien évidemment que cela heurte,
14:36bien évidemment que cela fragilise, que cela attriste.
14:40Néanmoins, je l'ai dit également,
14:42l'épreuve qui a été traversée par ma cliente et sa famille,
14:45celle de la perte du petit Émile,
14:47rend toute autre forme de sentiment parfaitement dérisoire
14:51face à d'autres épreuves.
14:52Merci, Maître.
14:53Merci d'avoir été en direct avec nous
14:55et d'avoir accepté cette interview dans le Nuancebox.