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00:0013h-14h, Europe 1-13h.
00:0313h47 sur Europe 1, Europe 1-13h, dernière partie, vous écoutez Céline Giraud et avec vous Céline pour décrypter l'actualité.
00:10Vincent Roy, journaliste et écrivain, écrivain et philosophe, Nathan Devers.
00:13Et j'avais envie de revenir sur les confidences de François Bayrou au JD News.
00:17C'est ce matin et après ses 100 premiers jours à Matignon, il le rappelle, le capitaine c'est lui, Vincent Roy.
00:24Entretien réalisé par Laurence Ferrari, Antonin André, Jules Torres et Jacques Serais.
00:29Il dévoile ses chantiers et surtout sa méthode.
00:31Oui, alors le capitaine c'est lui, oui le capitaine d'une équipe qui est quand même extrêmement désunie.
00:38On était en train tout à l'heure de parler du port du voile, vous voyez bien qu'il y a des couacs un peu partout.
00:43Il a une forme de cacophonie et en même temps, une liberté qu'il a volontairement laissée à ses ministres.
00:50Oui, alors il leur remonte les bretelles de temps en temps.
00:53Il fait une réunion en disant bon maintenant ça va.
00:56Oui, la méthode Bayrou, c'est une méthode qui consiste à beaucoup écouter, à beaucoup rassembler.
01:07On fait beaucoup de réunions.
01:10Elle atteint ses limites pour vous aujourd'hui, après 100 jours ou pas ?
01:14Écoutez, je vous ai dit je crois qu'il n'y a pas longtemps, monsieur Bayrou, c'est la démonstration pour moi
01:18que le centre est partout et la circonférence nulle part.
01:21Je reprends ma formule, je ne suis quand même pas sous le charme de ce type de personnalité.
01:26Dans le même temps, il faut avouer que c'est un gouvernement sans majorité qui est obligé à des alliances.
01:33Je dois lui reconnaître une certaine habileté, par exemple pour détacher le PS du vaisseau amiral LFI.
01:44Est-ce que monsieur Faure est totalement détaché des LFI ?
01:48Justement, sur le conclave des retraites, dans cette interview, il le dit.
01:51Je continue à y croire et s'il n'y a pas d'accord, on ira au parlement.
01:55Il leur laisse une voix.
01:57C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure, c'est quand même extraordinaire.
02:00Conclave pour les retraites, on annonce le nom du pape avant la fin du conclave.
02:04C'est ce qu'il a dit, puisque à moins de 62 ans, rien n'est possible.
02:07Donc là, il se moque, non honnêtement, il se moque un peu du monde.
02:10Quant à monsieur Faure, le détaché des LFI va quand même être compliqué,
02:13parce que je vous rappelle qu'il y a 15 jours, il poussait des cris d'orfraie.
02:16Il avait bien raison face à une caricature de Cyril Hanouna parfaitement antisémite.
02:20Mais ça ne l'a pas empêché d'aller marcher aux côtés de monsieur Mélenchon,
02:25qui lui était à Marseille, mais monsieur Faure à Paris.
02:27Et de brandir à nouveau aujourd'hui la menace de la censure.
02:29Donc quand il faut aller à la soupe, il vaut mieux aller à la soupe avec LFI
02:35que de rester manger sa petite souplette dans son coin.
02:39Sur la méthode et les chantiers de François Bayrou après 100 jours à Matignon.
02:42Je crois que déjà avant la méthode, quelle est sa mission ?
02:45Sa mission n'est pas, ne peut pas être, de faire de la politique.
02:49Parce qu'au vu de l'état de l'Assemblée, il est mathématiquement impossible
02:54de mener la moindre réforme ambitieuse, de mener la moindre action politique
02:59vraiment importante, puisque non seulement il n'y a pas de majorité,
03:03mais il n'y a pas de construction d'un bloc possible sur un vrai sujet clivant.
03:07Nous sommes bien, parce que ce n'est pas sa qualité première.
03:10De ce point de vue, on est assez tranquille.
03:13Et donc sa mission, c'est d'apaiser le pays.
03:15Il l'avait dit lui-même, Henri IV, réconciliation des Français, apaisement des clivages.
03:21Objectivement, on peut remarquer que dans l'esprit d'une démocratie parlementaire,
03:27il a réussi à essayer autant que faire se peut de construire une sorte de gouvernement,
03:32d'unité, de coexistence exigeante, comme avait dit le président, et que ça fonctionne.
03:36En revanche, et là sur ce point je suis d'accord avec vous,
03:39il y a aujourd'hui des clivages tellement violents dans la société française,
03:43que vous mettez François Bayrou, vous mettez le pape, vous mettez n'importe qui,
03:47ça ne changerait rien à la violence de ces clivages.
03:51Et par exemple, le comportement du Parti Socialiste là-dessus est très intéressant.
03:55D'un côté, ils ont conscience, vous avez vu que même Libération l'a dit,
03:59que Jean-Luc Mélenchon était dans une position qui rappelait celle de Jean-Marie Le Pen.
04:05Jean-Marie Le Pen, Thomas Legrand qui a écrit ça, c'était intéressant.
04:07Et de l'autre, en effet, ils n'en tirent pas les conclusions que Jacques Chirac tirait
04:11quand il devait répondre à la question de savoir s'il allait s'allier au FN de Jean-Marie Le Pen,
04:16où il avait dit non.
04:17C'est le fameux débat, je crois qu'on n'est jamais sorti de cette séquence,
04:20le fameux débat Chirac face à Fabius.
04:22Où Fabius demande à Chirac, allez-vous vous allier avec le FN ?
04:25Chirac dit non.
04:26Mais il dit, vous, quand vous avez une extrême gauche,
04:28alors à l'époque c'était par rapport au communisme, à l'URSS, etc.
04:31Mais quand vous avez une extrême gauche qui a fait les pires des saloperies,
04:34ça ne vous dérange pas.
04:35Et je crois qu'on n'est pas sorti de ce deux poids deux mesures que dénonçait Jacques Chirac.
04:39Il manque un peu à la politique française.
04:41Plus simplement, il y a surtout un manque de colonne vertébrale politique,
04:44une bonne part de tous ces individus qui nous gouvernent.
04:47Tout simplement, c'est le critère pour être politique, ce n'est pas avoir de colonne.
04:50Il faut avoir une lordose.
04:51Et dans cette même interview, Vincent Roy, il avoue que son plus grand chantier,
04:55son plus obsessionnel, c'est le mot qu'il emploie,
04:58j'y pense tous les jours, c'est celui des finances publiques.
05:00On nous a réussi à faire passer un budget avec des rustines,
05:03comme on le fait depuis des années, ça ne sera plus possible.
05:05C'est sans doute le sommet le plus dur à franchir pour lui, dit-il.
05:08Oui, bien sûr.
05:09Bien sûr, puisque à partir du moment où vous êtes extrêmement contraint à cause des finances,
05:15et qu'en plus vous n'avez pas de majorité,
05:18vous ne pouvez pas mener une politique d'assainissement financier de ce pays.
05:24La dette pèse, pèse, repèse et va continuer de peser.
05:27C'est ça qui est dramatique.
05:29Et la dette pèse, le déficit reste extrêmement important,
05:34quelle que soit la volonté des gens de dire qu'on va faire des coupes.
05:36Et le service public est dans un état lamentable.
05:38Absolument.
05:39Je crois que c'est ça que les Français ne supportent pas.
05:41On a une dette énorme, on a un déficit énorme,
05:43on a des impôts qui sont largement supérieurs à la plupart des autres démocraties.
05:47Et quand on est confronté au service public,
05:49quand on est confronté à l'hôpital public,
05:51quand on est confronté à l'éducation nationale,
05:53on voit franchement des choses, des institutions qui sont dans un état lamentable.