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00:00D'abord, direction à l'Assemblée Nationale, Elodie Huchard, vous êtes sur place, avec Jocyne Sercarat.
00:05Qu'est-ce qui se passe ? Ayons, vote sur cette motion de censure.
00:10Oui, exactement, Laurence, c'est le suspense.
00:12Si tenter qu'il y ait vraiment un suspense ne devrait plus être long,
00:15puisque Yael Brounpivet, présidente de l'Assemblée, a annoncé que normalement,
00:18les résultats seraient proclamés aux alentours des 18h05.
00:22Pas de suspense, cette motion, pas plus que celle qui va lui succéder, ne sera adoptée.
00:26En revanche, vous y dites référence, il y a quelques minutes, Laurence,
00:29on a assisté quand même à un bon règlement de compte entre la France Insoumise et les socialistes.
00:33C'était presque le seul spectacle qui valait le coup aujourd'hui à l'Assemblée,
00:36la France Insoumise qui tente de responsabiliser le Parti Socialiste
00:40en expliquant que s'ils ne votent pas la censure, donc qu'ils soutiennent le gouvernement.
00:44Et c'est Emmanuel Grégoire qui leur a répondu assez franchement
00:47en expliquant que selon lui, le bruit et la fureur n'arrangeraient pas leurs affaires.
00:50Il a aussi dénoncé les outrances de la France Insoumise.
00:53Vous voyez un petit peu l'ambiance qui règne au sein du Nouveau Front Populaire.
00:57Ici, c'est une journée assez calme.
00:58En réalité, au Palais Bourbon, les députés sont assez peu présents dans l'hémicycle.
01:02Vu le peu d'enjeux, ils ont préféré aller travailler en commission.
01:06Deux motions de censure.
01:07Aujourd'hui, il y aura ensuite une motion de censure
01:09sur le projet de loi de financement de la Sécurité Sociale.
01:11Et dans la foulée, François Bayrou pourrait dégainer un nouveau 49-3
01:15sur la deuxième partie du taxe budgétaire, la Sécurité Sociale.
01:18Si beaucoup aient le dit Huchard et Justine Serquera,
01:21Dallas, disais-je, effectivement, le règlement de compte
01:24que tient le Brexit entre la France Insoumise et le PS.
01:26Oui, c'est la seule actualité du jour,
01:27puisqu'il n'y a aucun suspens sur les motions de censure qui menacent le Premier ministre.
01:33Il a été habile, il faut le dire, le RN et le Parti Socialiste.
01:37Il sait faire de la politique.
01:38Il sait faire de la politique, oui, mais il a été plus...
01:40Enfin, c'est deux visions différentes.
01:42Je ne vais pas dire qu'il a été plus habile que Michel Barnier.
01:44Michel Barnier, au bout d'un moment, il a dit non, je ne céderai pas
01:46sur la revalorisation à hauteur de 100 % de l'inflation,
01:50sachant pertinemment que s'il était censuré, elle allait s'appliquer.
01:53Donc, c'était vraiment pour dire c'est bon, Marine Le Pen,
01:55je lui ai suffisamment cédé, je ne céderai pas.
01:57François Béroux, c'est autre chose.
01:59Et il ne s'attendait pas à ce que Marine Le Pen le censure.
02:01Ah si, à la fin, il avait compris.
02:02Michel Barnier ?
02:03À la fin, quand il fait son discours, il a compris que c'est terminé,
02:06quand il décide de ne pas revaloriser les retraites.
02:08Il ne s'y attendait pas, peut-être, oui, plusieurs jours avant.
02:12Ensuite, sur François Béroux, c'est autre chose.
02:14Il faut tout faire pour rester le plus long temps possible à Matignon.
02:18Donc, il faut donner quelques concessions au Parti Socialiste,
02:21quelques concessions au RN,
02:23ménager tout le monde pour être sûr de rester.
02:26Et là où il a été plutôt habile...
02:27Là, vous me parlez de François Béroux.
02:29Oui.
02:29Moi, je vous parlais du PS et des Insoumis.
02:31Oui, d'accord, mais bon, énième règlement de compte.
02:33Mon truc, c'est Dallas.
02:34Énième règlement de compte.
02:35À chaque fois, la seule question qui est intéressante,
02:38c'est de savoir quand est-ce que ça sera le divorce, le dernier divorce.
02:41Parce qu'à chaque fois, il y a des remariages.
02:43Et à chaque nouvelle élection, il se remarie.
02:46Donc, la seule question,
02:47on prend l'exemple depuis le début de la semaine,
02:49c'est Richard Burton et Elisabeth Taylor.
02:51Ça divorce et ça se remarie.
02:53La question est de savoir est-ce qu'il y aura à nouveau un remariage
02:56à la prochaine dissolution, prochaine municipale.
02:58Contrairement à Richard Burton et Elisabeth Taylor,
02:59ça n'est pas par passion amoureuse.
03:00C'est uniquement parce que le PS et la FI n'arrivent pas à se mettre d'accord
03:03sur le mode de garde des enfants.
03:04On voit bien que toute l'affection qui pouvait exister
03:07entre les socialistes et les Insoumis a disparu.
03:10Non, mais les électeurs...
03:11Non, mais c'est juste parce qu'ils pensent de part et d'autre
03:14que l'autre risque de récupérer la garde des enfants
03:17et qu'ils risquent d'en être exclu.
03:20Voilà, c'est la seule clé d'explication de leur attitude.
03:22Henri Guaino, quand vous voyez ce spectacle,
03:24est-ce que vous êtes affligé ou est-ce que vous dites
03:25bon, c'est la France, c'est la cinquième ?
03:27C'est comme ça que ça fonctionne.
03:28Non, pas de nous.
03:29Parlez de Bérou ou de...
03:31Allez, ce que vous voulez.
03:32Bérou ou la France insoumise, choisissez.
03:34On va commencer par François Bérou.
03:38C'est vrai qu'il a fait beaucoup de concessions.
03:39C'est vrai que le budget n'est pas un bon budget,
03:41mais le précédent n'était pas non plus.
03:43Mais il n'y avait pas le choix.
03:45Il n'y avait pas le choix.
03:46On dit qu'il fait tout pour durer.
03:47Heureusement qu'il fait tout pour durer
03:48parce que le problème de la durée du gouvernement
03:52est devenu le problème central de nos institutions.
03:55Si le gouvernement tombe tous les deux mois
03:57ou tous les trois mois,
03:59ça n'en va pas aller très, très loin.
04:00Je veux dire, c'est un fait.
04:03L'Assemblée est ce qu'elle est pour un tas de raisons,
04:07à cause des stratégies des partis,
04:08mais aussi à cause des fractures de la société.
04:12Et il faut faire avec.
04:13Voilà, donc il a fait ce qu'il a pu
04:16et finalement, il l'a bien fait.
04:19On ne peut que lui tirer le chapeau.
04:22Quant au reste, je ne vais pas revenir sur le débat
04:23que vous avez eu avant que j'arrive.
04:25Mais un jour, il va falloir avoir un vrai débat
04:29sur les finances publiques.
04:30Pas de cette façon, c'est-à-dire pas dans le concours
04:33l'épine générale des...
04:34Là, on va passer la tranchée.
04:37Ce n'est pas le Conseil des ministres ici, pas encore.
04:39Ce n'est pas encore le Conseil des ministres.
04:41Moi, j'ai écouté ce qu'a dit François Bayrou tout à l'heure.
04:43Il dit ce que vous dites, c'est un budget imparfait,
04:45mais on n'a pas le choix. On l'écoute.
04:48Nous avons un budget imparfait.
04:50Et donc, ce budget est une étape d'urgence.
04:53Nous ne pouvions pas, en aucune manière, faire autrement.
04:57C'est pourquoi nous avons fait un choix.
05:00Nous avons fait un choix d'agenda
05:07en choisissant de repartir du texte qui avait été présenté
05:11par le gouvernement de Michel Barnier
05:13et examiné par le Sénat.
05:17C'était plus difficile, naturellement,
05:20mais ça répondait à une exigence,
05:24c'est que nous ayons un budget au début du mois de février,
05:28alors qu'autrement, il aurait fallu attendre avril.
05:32Voilà, pour François Bayrou, c'est exactement ça.
05:35C'est ce qu'il dit, Geoffroy Lejeune.
05:37On va dans un instant sans doute écouter Yael Broun-Pivet.
05:39Mais il n'y avait pas d'autre solution.
05:40Il fallait le faire adopter, ce budget.
05:43Je ne me sens pas convaincue.
05:44Je suis contaminé par l'optimisme de Henri Guaino,
05:47comme d'habitude.
05:49En fait, à la fois, c'est vrai et c'est tragique.
05:53C'est-à-dire que si l'objectif, c'est pour sauver nos institutions,
05:56pour éviter qu'on se pose toutes les questions qui vont être charriées
05:58par une instabilité qui nous guette de manière assez lancinante
06:03depuis quelque temps.
06:04Si le boulot, le travail, la mission d'un homme politique
06:08aujourd'hui, c'est de faire ce que François Bayrou a fait,
06:11alors c'est la fin de la politique.
06:12Voilà, moi, je n'ai pas autre chose à dire.
06:14Mais c'est la fin de la politique.
06:15En tout cas, c'est la fin de ce qu'on a connu depuis les années 60.
06:17Depuis que le général de Gaulle est revenu et qu'il a porté sur les fonds
06:19baptismaux une nouvelle constitution et une autre vision de la politique.
06:22On a vécu...
06:23Vous avez évoqué le général de Henri Guaino, là, attention.
06:25Mais oui, mais c'est contagieux, il est contagieux.
06:28Il nous cherche.
06:29Non, mais pardon.
06:31Mais en fait, François Bayrou, avec toutes les qualités qu'on lui connaît,
06:35est vraiment, et d'ailleurs, on s'en est peut-être même moqué
06:37pendant toute sa longue carrière politique, un homme de la quatrième.
06:40C'est-à-dire, il incarne ces parties charnières qui ont fait en sorte
06:43que les gouvernements pouvaient être renversés,
06:45mais se reconstituer en quelques jours, etc.
06:48Aujourd'hui, on a la chair de la quatrième République dans le corps de la cinquième.
06:53Ça ne peut pas durer.
06:53Moi, je veux bien que ce soit un exploit.
06:58Mais je considère que c'est un peu une défaite aussi.
07:00Que dirait le général Henri Guaino ?
07:02Ça, je ne parlerai pas à la place du général de Gaulle.
07:04Moi, je n'ai jamais fait tourner les tables,
07:07ni parler les morts.
07:10Mais il serait heureux ou pas ?
07:13Mais il n'y avait pas le...
07:14Encore une fois, vous n'avez pas le choix.
07:17La situation de l'économie et de la société n'est pas ce qu'elle était dans les années 60.
07:21Le personnel politique non plus, du plus haut niveau de l'État...
07:25Henri, juste qu'on écoute Yael Braune-Pivet qui annonce le résultat du vote.
07:27Si on passe la parole ensuite.
07:28La majorité absolue des membres composant l'Assemblée de 289
07:32pour l'adoption 128.
07:34La majorité requise n'étant pas atteinte, la motion de censure n'est pas adoptée.
07:38En conséquence, les conclusions de la commission mixte paritaire
07:42sur le projet de loi de finances pour 2025 sont considérées comme adoptées.
07:50Alors, l'ordre du jour appelle à la discussion de la mention de censure
07:53déposée en application d'article 49, alinéa 3 de la Constitution...
07:56Voilà, donc, motion rejetée.
07:59Oui, j'imagine que la deuxième, elle l'annonce à l'instant, va être rejetée aussi.
08:02Il n'y a aucun suspens, il n'y avait pas d'enjeu aujourd'hui.
08:04François Bayrou a réussi à décrocher le Parti socialiste du Nouveau Front Populaire.
08:09La question, c'est jusqu'à quand ?
08:11Jusqu'à quand le PS ne censurera pas François Bayrou
08:14et le Rassemblement national ne censure pas non plus ?
08:17Je pense que la non-censure du RN s'explique assez simplement.
08:20C'est-à-dire que d'ailleurs, on a vu, Jean-Philippe Tanguy, à titre personnel,
08:23il voulait censurer.
08:24C'est le monsieur budget du Rassemblement national,
08:26estimant que ce budget n'était pas meilleur que celui de Michel Barnier.
08:30Mais Marine Le Pen voulait censurer Michel Barnier parce qu'elle ne l'appréciait pas,
08:35parce qu'elle n'a pas apprécié la manière dont il l'a traité,
08:38de ne pas le rencontrer, de ne pas le voir assez vite.
08:41Et que quand elle le voyait, elle avait l'impression qu'il ne parlait que de lui.
08:44Donc au bout d'un moment, elle est sortie de là, elle a dit
08:46« Bon, je vais le censurer puisqu'il ne comprend pas. »
08:47Alors qu'elle n'avait pas envie de censurer François Bayrou,
08:50qui lui promet en plus la proportionnelle dont elle rêve,
08:53en pensant que ça aura un impact sur une potentielle majorité absolue
08:57pour le Rassemblement national.
08:58C'est là où il peut y avoir débat.
09:00Et le PS aussi tient à cette dose de proportionnelle
09:03pour se décrocher pour de bon de la France insoumise.
09:05On écoute un tout petit extrait de ce que dit en ce moment
09:07un député de la France insoumise, Adrien Clouet.
09:09« La sécurité sociale, ce bien commun qui reste aux gens
09:13quand le monde leur enlève absolument tout.
09:15Et en l'occurrence, le monde, c'est vous.
09:17La sécurité sociale, c'est ce qui permet, quand on est âgé,
09:21de prendre encore dans ses bras ses petits-enfants
09:23parce qu'on a eu l'épaule soignée quand il était temps.
09:26La sécurité sociale, c'est ce qui permet de rester chez soi
09:29quand on a des vertiges, plutôt que d'aller risquer sa vie
09:32sur un chantier lorsqu'on est mis en situation de péril.
09:35Liquider la sécurité sociale, c'est donc livrer tout le monde
09:40aux aléas et aux malchances de l'existence. »
09:45Or, la malchance est particulièrement concentrée
09:50sur certaines et sur certains.
09:52Notamment celles et ceux qui n'héritent pas d'action,
09:54L'Oréal, Bouygout Total,
09:56qui ne sont pas enfants de députés macronistes.
09:57Voilà pour ces débats qui se poursuivent à l'Assemblée nationale.
10:01Alors moi, ce qui me frappe quand même, c'est que,
10:02et je le dis pour nos auditeurs, l'hémicycle est quasiment vide.
10:05On vient d'adopter le budget de l'État...
10:08Est-ce qu'il n'y a pas d'enjeu ?
10:09Non, mais il n'y a pas d'enjeu, mais quand même,
10:11les Français regardent, ils écoutent, ils se disent
10:13« Où sont-ils, nos députés ? Qu'est-ce qu'ils font ? »
10:15Élodie disait tout à l'heure qu'ils sont en commission.
10:17Et c'est important, ce qui se passe en ce moment.
10:20Alors, qui peut répondre à...
10:21Vous avez raison sur la symbolique.
10:22Je comprends effectivement ce que les Français peuvent s'en dire.
10:24Après, le travail en commission, c'est quand même là où se fait,
10:26dans la mesure où il n'y a pas d'enjeu sur cette motion de censure-là,
10:30le travail en commission, c'est là où on construit véritablement les lois.
10:34Donc, il n'est pas absurde que les députés soient en commission.
10:37Ça fait partie du travail parlementaire.
10:39Moi, je préférais un Parlement qui exerce ses missions de contrôle de l'action de l'exécutif,
10:43qui exerce ses missions sérieusement de contrôle de l'exécution des projets de loi de finances,
10:47par exemple, plutôt qu'un Parlement où ils viennent tous dans l'hémicycle,
10:50des jours où il n'y a pas d'enjeu particulier.
10:52Même si je comprends bien sûr l'image que ça produit,
10:55mais on peut expliquer pourquoi.
10:57Il n'y a pas d'amendement, par exemple, c'est une séance où les députés font le public.
11:06Bon, ils sont peut-être beaucoup mieux à travailler, effectivement, en commission.
11:11Là, ils n'avaient rien à faire de particulier.
11:14Donc, oui, ça donne une image peut-être incompréhensible pour nos concitoyens,
11:21mais le Parlement ne fonctionne pas, pour l'essentiel, dans l'hémicycle.
11:26C'est quoi, la tragique comédie dans l'hémicycle, alors ? C'est le théâtre ?
11:30Il y a une part de théâtre qui est nécessaire, qui existe depuis le début de la République,
11:34qui existe dans toutes les démocraties parlementaires.
11:38Voilà, mais ça n'est pas une raison pour réduire le travail parlementaire
11:45uniquement à la présence dans l'hémicycle.
11:47Je ne suis pas d'accord, parce que moi, je suis comme beaucoup de Français,
11:50voilà, on peut connaître grand-chose,
11:54mais on se dit qu'aujourd'hui, la situation est extrêmement grave.
11:57On n'arrête pas de nous dire que c'est très grave aujourd'hui.
11:59On sent qu'il y a un budget, mais par défaut.
12:02D'ailleurs, c'est un budget plutôt socialiste
12:06pour un pays qui a besoin plutôt d'une politique de droite.
12:09Et donc, il y a aussi toute cette manière de dramatiser la situation.
12:14Vous avez vu que M. Bayrou nous a tout de suite parlé de l'Ukraine,
12:17on se demandait ce que ça venait de faire, et puis de ce qui se passe en Ukraine.
12:21Et puis, je ne sais plus de quoi d'autre il nous a parlé,
12:24de Trump, le Danemark, attention, etc.
12:29Mais on se demandait ce que ça venait de faire là-dedans.
12:32Moi, je regrette, mais je trouve que c'est extrêmement important
12:34qu'il montre aux citoyens que nous sommes qu'ils sont là,
12:38que c'est un moment effectivement grave et on s'attend à ce qu'il soit présent.
12:42Le budget de l'État a été adopté.
12:43Il n'est pas tellement plus socialiste que celui de Michel Barnier.
12:46Mais la question que vous demandiez, est-ce que dirait le général ?
12:49C'est vrai que le général a changé la quatrième en cinquième pour plus de gouvernabilité.
12:53Mais les forces aujourd'hui en présence,
12:54elles ne sont plus du tout les mêmes que celles qu'on avait connues par le passé.
12:57Aujourd'hui, il y a des extrêmes, il y a un multipartisme qui n'existait pas avant,
13:01enfin, qui n'existait pas sous cette forme.
13:03Il y avait vraiment des pôles d'attraction qui faisaient en fait une espèce de bicamérisme.
13:07Aujourd'hui, il n'y a plus de gouvernabilité avec les forces en présence en France.
13:11Et donc, ça donne cette situation-là qu'il faut...
13:16Les communistes et les gaullistes étaient exclus, quasi par principe, des gouvernements.
13:20Non, mais ce ne sont pas les institutions de la cinquième qui ont produit à elles seules la stabilité.
13:24Le parlementarisme rationalisé, ça a eu un impact.
13:26Mais c'est cette réalité politique là profond.
13:28Mais là, à partir du moment où on considère qu'il y a 40 % des électeurs français
13:32qui n'ont pas vocation à être représentés dans des gouvernements,
13:35de toute façon, quelles que soient les institutions, ça ne peut pas fonctionner.
13:38On est parti sur l'idée de l'État.
13:39Demain, il y a une nouvelle élection.
13:41Je ne suis pas sûre qu'on a le même résultat qu'au mois de...
13:43Ça dépend, ça dépend d'une seule chose.
13:44Est-ce qu'on continue la stratégie des désistements ?
13:52Et aujourd'hui, il n'est absolument pas sûr que les macronistes appellent à se désister
13:56en cas de présence de la France insoumise et du RN.
13:59Donc, s'il n'y a pas de désistement, le résultat est bien différent.
14:02Et bien, bien différent.
14:04C'est-à-dire que la majorité absolue pour le RN est beaucoup plus atteignable sans désistement.
14:09Non, mais quand on regarde le détail de la carte électorale,
14:11c'était vraisemblablement, on peut imaginer que le RN aurait plus de députés qu'il n'en a aujourd'hui,
14:16qui passerait probablement la barre des 200.
14:17Il n'aurait vraisemblablement pas de majorité relative et encore moins absolue.
14:22Tout est dans la carte électorale, il faut savoir regarder la carte électorale.
14:29Je me souviens qu'on avait les mêmes débats au mois de juin.
14:30On m'expliquait que là, le RN allait gagner à coup sûr et que je disais non,
14:34parce que les rapports de force ne sont pas ceux-là.
14:37Vraisemblablement, le RN progresserait, LFI perdrait un peu.
14:40Le Bloc central perdrait un peu et LR gagnerait un peu.
14:45Henri Guaino, je sais que vous n'aimez pas ça, mais on fait de la politique fiction, que vous y croyez.
14:49Oui, mais on ne se trompe pas toujours.
14:51D'abord parce que je pense que s'il y a des élections législatives,
14:55on verra la gauche sans doute se réunifier.
14:58Vous savez, moi je me souviens de la dissolution de 1997.
15:04De Villepin.
15:05Oui, c'était extraordinaire.
15:07Ceux qui ont dissous pensaient que la gauche n'aurait pas le temps de se regrouper.
15:12Elle s'est regroupée en quelques jours.
15:15Je pense que c'est ces élections qui se déroulent dans des délais très, très courts.
15:23Parfois, c'est la nécessité.
15:24Le président Pompidou meurt, il faut...
15:27Ou en 68, quand le général...
15:30Mais c'était volontaire.
15:32Il y avait une crise terrible, il fallait une réponse.
15:36Mais ce ne sont jamais de bonnes élections.
15:38Ce sont des élections où on n'a pas le temps de débattre
15:42dans un climat qui, en général, est particulièrement survolté,
15:46particulièrement enfiévré.
15:47Et donc ça donne ou des résultats dramatiques,
15:50comme celui qu'on a aujourd'hui sous les yeux,
15:54ou bien ça donne une légitimité faible à celui qui est élu
15:58ou qui arrive à avoir la majorité.
16:00Et finalement, c'est très difficile de gouverner dans ces conditions,
16:05dans un pays en crise, dans une société en crise.
16:08Moi, je pense que ça ne résoudra rien.
16:10Peut-être que ça va devenir inévitable,
16:12mais l'idée, c'est très bien de donner la parole au peuple.
16:15Moi, j'entendais ça sur tous les plateaux à la dernière dissolution.
16:17Moi, je disais, mais c'est irresponsable dans le contexte actuel.
16:22Bon, on l'a fait, ça a fait une élection en trois semaines.
16:26Beaucoup n'ont pas compris le sens de cette dissolution.
16:28Non, mais c'est vrai.
16:29On dit que c'était hasardeux, aller, au minimum, cette dissolution.
16:32Il y en a quelques-uns qui ont dit ça,
16:33mais la plupart, c'était que ça finissait pas.
16:35Oui, mais quand même, c'est bien de donner la parole au peuple.
16:37Oui, c'est très bien de donner la parole au peuple,
16:38à condition qu'il ait vraiment la parole, qu'il ait le temps d'avoir un débat.
16:41Ils ont cru, puisqu'ils ont été massivement votés.
16:44Mais c'est la tambouille du deuxième tour.
16:46Il y a eu un coup ici, il y a eu un coup...
16:48Attendez, s'il vous plaît, pas tous en même temps.
16:50Voter ne signifie pas qu'il y a eu un vrai débat.
16:53Vous avez raison, vous avez raison,
16:55mais les Français ont joué le jeu.
16:57C'était quand même assez remarquable.
16:59Jean-Sébastien Fergiou ?
17:00C'est-à-dire que moi, je suis franchement à ce que dit Henri Guaino,
17:02et c'est pour ça qu'un départ anticipé d'Emmanuel Macron
17:04serait vraisemblablement une catastrophe institutionnelle,
17:06parce que nous aurions une campagne présidentielle...