Sa tumeur dans l'oreille, la remarque sexiste d'une productrice tv, un épisode difficile face à Zemmour et Naulleau dans "On n'est pas couché", la reconduction des "Enfants de la télé" ou encore son avis sur Louane à l'Eurovision, Laurence Boccolini a refait sa télé ce samedi 5 avril 2025 avec Eric Dussart et Jade !
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00:00Vous vous révélez dans votre livre Showtime, Laurence Boclinic, vous avez une tumeur rare dans l'oreille, la gauche, c'est ça ?
00:04Oui. Depuis des années. C'est des tumeurs qu'on ne touche plus, avant on les opérait, mais les gens...
00:09C'est trop dangereux en fait, on ne peut pas vous opérer.
00:11C'est beaucoup trop dangereux, parce qu'avant ça s'opérait.
00:12Mais ils n'osent plus toucher à cet endroit-là, c'est dans l'oreille, c'est près des nerfs.
00:16Et les gens se réveillaient avec des paralysies faciales.
00:18Et donc, moi la mienne, elle est très très très très très mal placée.
00:21C'est-à-dire qu'elle est dans les nerfs mixtes, qui régissent l'épaule, la voix et la déglutition.
00:27Et elle est près des nerfs faciaux, c'est-à-dire des nerfs faciales, c'est-à-dire qu'après vous avez une paralysie.
00:31Donc ils n'y touchent pas.
00:32La seule solution c'est d'emboliser, c'est-à-dire de couper la nourriture qui arrive dans la tumeur,
00:38en bloquant tous les petits vaisseaux, ça on l'a fait il y a plus d'un an.
00:41Donc elles ne grossissent pas.
00:42Oui, il y a eu six heures d'intervention, c'était très compliqué.
00:45Elle n'est pas cancéreuse cette tumeur ?
00:46Non, elle ne peut pas se métastaser.
00:48Elle n'est pas cancéreuse, elle est très embêtante.
00:50Très invalidante parce qu'elle vous provoque des acouphènes, ce sont des bruits parasites.
00:55Qu'est-ce que vous entendez en fait, vous précisément ?
00:57Alors c'est très simple.
00:58Vous savez, quand quelqu'un va faire une échographie du cœur, ou quand elle est enceinte, la dame est enceinte,
01:03on fait un Doppler, et vous entendez...
01:06Donc ça vous l'avez, puissance 1000 dans l'oreille, H24.
01:10Ça ne vous laisse jamais tranquille ?
01:11Non, jamais.
01:12Là par exemple, en ce moment, vous en avez ?
01:13Oui, bien sûr.
01:14Ni la nuit, ni le jour.
01:16La nuit c'est embêtant, parce que si vous vous réveillez la nuit, vous ne pouvez pas vous rendormir.
01:19Ça se rajoute par-dessus, certains acouphènes, où les gens souffrent aussi,
01:22vous avez les sifflants, c'est-à-dire comme si vous aviez du mille,
01:25alors en radio, mille, à la télé, cette espèce de...
01:28qui fait ça en permanence.
01:29Donc j'ai ça, qui s'est rajouté.
01:31Et vous pouvez avoir des bruits annexes, comme par exemple quand je dis à ma fille,
01:34ça a sonné, et qu'elle me dit non.
01:36Là vous en parlez avec beaucoup de légèreté, mais ça vous pourrit la vie ?
01:38Mais bien sûr ça me pourrit la vie.
01:40Moi je ne pensais pas que j'aurai des années à vivre avec ce truc,
01:42et puis il va falloir que je vive avec lui.
01:43Mais vous vous dites, je suis fatiguée, je n'en peux plus,
01:47parce que je me bats contre tout, je me bats contre lui,
01:49il ne me lâchera jamais.
01:51Voilà, il ne me lâchera jamais.
01:53Donc on espère que dans un an, à l'IRM,
01:56Bobby ne fera plus que la moitié de lui-même,
01:58et que ça réduira sur le bruit,
02:01mais on ne peut plus faire autre chose.
02:02C'est-à-dire que l'embolisation n'a absolument pas marché,
02:06alors qu'elle a réduit le bruit sur certaines personnes.
02:09Moi ça n'a pas pu marcher,
02:10et donc j'ai fait une radiothérapie particulière.
02:14Ce jour où vous déjeunez avec une productrice qui veut vous proposer une émission...
02:18Ça a choqué tout le monde !
02:19Elle ne vous emballe pas à la base ?
02:20Non, attends, le truc genre,
02:22le frou-frou moins le quart de chez Shane, excuse-moi...
02:25Mais ce n'est pas ça le problème,
02:26le problème c'est le scud que cette productrice
02:29va vous envoyer en plein déjeuner.
02:31Elle nous appelle, elle nous fait déjeuner,
02:35avec une camarade de jeu qui a un peu les mêmes...
02:38les mêmes corpulences que moi, que moi je trouve très jolie.
02:41Mais bon, on déjeune, elle nous tartine de compliments,
02:45vous allez être formidables,
02:46moi ce projet je sais qu'il ne se fera pas,
02:47parce qu'on me l'a proposé 150 fois ce genre de truc.
02:49Mais on est poli, on écoute,
02:51elle nous dit à quel point on est génial, etc.
02:53Et juste à la fin,
02:55elle lance ce truc en disant,
02:57il y aura Machine avec vous.
02:58Je ne me rappelle plus du nom de Machine,
02:59et je n'ai rien contre Machine.
03:01Et nous, on se dit,
03:03alors on a passé deux heures,
03:05mais pourquoi elle arrive à la fin Machine ?
03:08Mais décontractée, elle nous dit,
03:11il faut bien que j'en mette une belle avec vous deux.
03:14Et moi, je crois que j'ai dit, ah oui, ok.
03:17Parce que ce jour-là,
03:19j'étais à côté de moi, mais je n'étais pas avec moi.
03:21Parce qu'aujourd'hui, je dirais pardon.
03:23Vous restez interdite comme un peu en état de sidération,
03:25anesthésiée, on pourrait dire.
03:26Ça ne finit bien pas à remonter ça après,
03:28quand vous rentrez chez vous,
03:29vous n'êtes pas en colère ?
03:30Mais si vous êtes en colère,
03:31moi ce métier, j'ai une image très très forte de ce métier.
03:35Ce métier, souvent, quand vous rentrez le soir,
03:37vous avez l'impression d'être griffé de l'intérieur.
03:39Ça ne se voit pas dehors,
03:41mais dedans, c'est comme si vous aviez été ramasser des murs
03:43sur le bord de la route,
03:44que vous aviez ramassé les murs,
03:45parce qu'elles étaient belles,
03:46et vous rentrez, vous avez tout griffé,
03:48ça pique de partout.
03:50Et en fait, voilà pourquoi vous ne dormez pas,
03:51voilà pourquoi vous êtes angoissé,
03:54voilà pour vous accepter des choses
03:55que vous n'auriez pas acceptées.
03:56Pourquoi, parfois, vous acceptez des projets
03:58que vous ne devriez pas accepter,
03:59alors que vous savez que vous allez vous faire du mal ?
04:02Mais vous le faites.
04:03Bon petit soldat.
04:05Grave ?
04:06Ouais.
04:06Je vous cite dans le livre,
04:07« Soyez odieux, capricieux, colériques,
04:10car c'est ceux-là qu'on respecte dans les médias. »
04:12Il y en a tant que ça ?
04:12Ouais, il y en a, bien sûr.
04:13Ceux-là, on ne les embête pas.
04:15Parce que souvent, au-dessus,
04:16on confond l'espèce de folie
04:19des gens qui hurlent sur les plateaux,
04:21sur les assistants,
04:22qui sont complètement hystériques,
04:23qui ont des caprices de divas,
04:25avec une espèce de talent artistique fou.
04:28Mais non, ce n'est pas ça le talent.
04:30Vous essayez vraiment de faire pleurer dans les chaumières.
04:33Et là, je trouve que vous avez franchi les limites.
04:35Moi, j'ai été choqué.
04:37Non, ça va être quoi la prochaine fois ?
04:38Et je vais vous dire quelque chose.
04:39Il n'y a pas de droit à l'enfant.
04:42Les gens n'ont pas un droit à l'enfant.
04:44Un enfant, ce n'est pas un objet de consommation qu'on achète.
04:47Il n'y a pas un droit à l'enfant.
04:49Ça n'existe pas, ça.
04:50Ce droit à l'enfant,
04:52ça m'a achevé,
04:54parce que
04:56le lendemain de la diffusion,
04:58il y a des associations d'adoptants
05:01qui m'ont appelée,
05:02qui m'ont dit
05:03« Vous ne pouvez pas laisser passer ça. »
05:05C'est toucher
05:08la douleur
05:10de ne pas pouvoir avoir d'enfant.
05:12Et je raconte,
05:13parce que ça dure.
05:14C'est une soirée qui n'en finit pas.
05:17Vous arrivez à 18h, vous passez en plateau à 23h.
05:19Je suis en plein traitement.
05:20Je m'assoie comme une nouille.
05:22Et je souris.
05:23Et Laurent dit trois mots gentils sur mon bouquin.
05:25Et poum !
05:26Je me prends ça.
05:27C'est juste que je payais le fait
05:29d'être à TF1,
05:31d'être une animatrice,
05:32de ne pas avoir la carte.
05:33Je suis sortie de là.
05:34Et je me suis dit
05:35« Mais qu'est-ce que j'ai fait à ces deux personnes ? »
05:36Évidemment, vous finissez par craquer devant un tel acharnement.
05:38Il y a quelques larmes qui coulent.
05:40Là, vous entendez
05:41une phrase dans le casque d'un cadreur.
05:43Moi, je n'ai jamais pleuré sur un plateau,
05:44parce que c'est mon métier.
05:45Je sais où sont les axes de caméra.
05:47Et je sens,
05:49à côté de moi,
05:50c'est le cadreur avec la caméra épaule,
05:51qui est là, pour me prendre
05:52très près.
05:53Et il a son casque un peu désordre de travers.
05:56Et j'entends la voix dire
05:57« Rapproche-toi d'elle, elle chiale. »
05:59Et je vois apparaître soudain
06:01une assistante qui me met une boîte de Kleenex.
06:03Comme si tout était parfaitement organisé.
06:06Et je ne me rends pas compte que je chiale.
06:07En fait, je ne me rends pas compte que je pleure.
06:09J'essuie mon visage,
06:10comme quand on est à l'école
06:11et qu'on a un gros chagrin.
06:12Et je me dis
06:13« Mince, t'es en train de pleurer. »
06:15Pourquoi vous n'êtes pas allé voir
06:16les équipes de production après
06:17pour leur dire votre indignation ?
06:18Je n'allais voir personne après.
06:19Je n'allais voir personne après.
06:20Vous auriez dû peut-être aller voir
06:21la production, non ?
06:23Non.
06:24Non.
06:25Non.
06:26J'aurais dû prendre mon micro,
06:27poser et dire
06:28« Vous savez quoi ?
06:29Je me casse.
06:30Il y en a qui l'ont fait.
06:31Pourquoi je ne l'ai pas fait ? »
06:32Est-ce qu'après ça,
06:33vous avez eu des réticences
06:34à accepter d'autres interviews ?
06:35Toutes.
06:36Absolument toutes.
06:37C'est mon premier livre après ce livre.
06:38Je n'ai jamais plus écrit.
06:39Je ne pouvais pas.
06:40Parce qu'après,
06:41il faudra que j'aille dire sur le plateau
06:43de quoi parle mon livre.
06:45Si ça recommence,
06:47je ne pourrais pas le supporter.
06:49Avec le maillon faible,
06:50votre notoriété explose
06:51au début des années 2000.
06:52Le problème, c'est que certains
06:53confondent votre personnage
06:54dans l'émission
06:55avec la vraie Laurence Boccolini.
06:57Ce n'est pas nouveau.
06:58Vous le racontez dans le livre.
06:59Il n'est pas rare
07:00que vous fassiez insulter dans la rue.
07:01J'ai de pires aussi
07:02contre votre maison.
07:03Le pire,
07:04ça, vous ne l'aviez encore
07:05jamais raconté.
07:06Non, je n'ai jamais raconté.
07:07Des trucs qui me sont venus.
07:08C'est qu'un jour,
07:09on a carrément essayé
07:10de vous empoisonner
07:11dans un restaurant.
07:12Ils ont raté.
07:13J'habitais à la campagne
07:14toute seule.
07:15Je sortais très peu.
07:16C'était très compliqué.
07:18Je ne faisais même plus
07:19mes courses.
07:20Comme vous venez de le dire,
07:21ce n'était pas rien.
07:22Je me faisais insulter
07:23tout le temps
07:24en face à 5 cm.
07:25Et là,
07:26j'ai un invité
07:27qui me dit
07:28qu'on allait déjeuner.
07:29Habitant à la campagne,
07:30il n'y avait pas grand chose
07:31à côté.
07:32Il n'y avait qu'un grand
07:33centre commercial
07:34où il y avait
07:35une grande chaîne
07:36de restaurants qui étaient là.
07:37Et moi, je traîne les pieds
07:38en disant
07:39« Oh non, mon Dieu.
07:40Je mets une casquette,
07:41des lunettes. »
07:42Ce qu'il ne faut absolument
07:43pas faire.
07:44Tout le monde vous voit
07:45avec une casquette
07:46et des lunettes.
07:47Je n'ai pas faim.
07:48Je veux juste un café.
07:49Et je sais
07:50que les serveurs
07:51m'ont reconnu.
07:52Je sais.
07:53Ils se disent
07:54« C'est celle du maillon faible.
07:55C'est la méchante. »
07:56Je sais.
07:57Je vois leurs regards.
07:58Mais je me dis
07:59« Bon, c'est les regards habituels. »
08:00Et on me sert un café.
08:01Et quand je commence
08:02à boire le café,
08:03j'ai l'impression
08:04que je bois du feu.
08:05C'est-à-dire,
08:06je ne sais pas
08:07ce qu'il y a dans mon café.
08:08Je me dis
08:09qu'il y a un produit chimique,
08:10qu'il y a du piment,
08:11qu'il y a du poivre.
08:12Je reste comme ça.
08:14Je ne sais pas ce que j'ai dit.
08:15Je lui ai dit « Goûte. »
08:16Et il goûte.
08:17Il reste absolument pétrifié.
08:18Et il me dit
08:19« Surtout,
08:20ne fais pas de scandale. »
08:21Ce qui était la chose
08:22à ne pas faire.
08:23Parce qu'il aurait fallu
08:24faire un scandale.
08:25Il aurait fallu lui dire
08:26« Qu'est-ce que vous avez fait là ? »
08:27Et je vois
08:28le regard des serveurs
08:29un peu satisfait.
08:30Genre
08:31« Ah, elle l'a bien cherché.
08:32Elle a pris son café. »
08:33Pour moi,
08:34c'était terrible.
08:35Je n'ai pas fait de scandale.
08:36Je n'ai rien fait.
08:37Vous n'avez rien dit.
08:38Vous êtes partis comme ça
08:39un peu précipitamment
08:43sans finir quoi que ce soit.
08:44Et plus,
08:45je crois,
08:46je ne sais pas,
08:47six mois après,
08:48j'ai reçu un mail
08:49de cette chaîne de restaurant
08:50qui me disait
08:51« On a appris.
08:52On est bien désolés.
08:53On vous offre un repas pour deux. »
08:54Mais j'aurais pu.
08:55C'est-à-dire,
08:56là, c'était vraiment
08:57c'était dommageable.
08:58Parce que j'aurais pu être allergique.
08:59J'aurais pu m'étouffer.
09:00J'aurais pu avoir une brûlure de l'osophage.
09:01Il y avait un poste de police
09:02dans ce centre commercial.
09:03Il suffisait que je lui dise
09:04« Je veux appeler la police. »
09:05Ils auraient constaté
09:06avec ma tasse à café.
09:08J'imagine que les enfants de la télé,
09:09ça continue la saison prochaine ?
09:10On ne m'a pas prévenu.
09:11On ne m'a pas prévenu
09:12que ça s'arrêtait.
09:13Ou que ce n'était plus moi.
09:14Peut-être.
09:15Mais j'espère que ça continue.
09:16Parce que moi,
09:17je passe un bon moment.
09:18J'ai l'impression
09:19de recevoir les gens
09:20avec bienveillance.
09:21C'est le principal pour moi.
09:22Et de m'amuser.
09:23Et quand ils me disent
09:24qu'ils sont heureux
09:25d'avoir passé une heure avec moi,
09:26avec nous,
09:27sur le plateau,
09:28et qu'ils s'amusent,
09:29c'est génial.
09:30Il y a quelque chose
09:31de très mignon d'ailleurs.
09:32Je vais me permettre
09:33de trahir un petit secret
09:34parce qu'il est très mignon.
09:35Quand vous parliez des invités
09:36à l'instant,
09:37c'est que vous leur faites
09:38un petit mot.
09:39C'est ça que vous déposez
09:40dans l'horloge ?
09:41Oui, je fais ça.
09:42Depuis le début de l'émission,
09:43je me suis dit que
09:44c'est souvent,
09:45quand je vais dans
09:46certaines émissions,
09:47vous êtes reçu,
09:48l'animateur,
09:49c'est assez mécanique finalement.
09:50Donc moi, le dimanche,
09:51parce qu'on enregistre le lundi,
09:52le dimanche,
09:53je fais un petit mot
09:54personnalisé,
09:55à la main,
09:56sur des cartes
09:57très spéciales,
09:58et je me dis
09:59que c'est ça,
10:00ça me demande
10:01beaucoup de courage
10:02parce que je n'arrive plus
10:03à écrire
10:04avec l'arthrose
10:05avec ma main.
10:06Donc en principe,
10:07sur un ordinateur,
10:08ça passe,
10:09mais là,
10:10j'ai un crayon,
10:11je mets des plombes.
10:12Des fois,
10:13je ne peux pas me relire,
10:14je dis non,
10:15il ne va rien comprendre.
10:16Voilà,
10:17je fais ça
10:18parce que je me dis
10:19que c'est bien
10:20d'être accueilli
10:21par un petit mot
10:22qui vous dit
10:23bonjour Michel,
10:24quel bonheur vous avoir,
10:25j'ai bien aimé votre film
10:26ou vous êtes déjà venu,
10:27mais c'est super,
10:28d'avoir un petit souvenir
10:29et en principe,
10:30ils sont heureux.
10:31Vous avez toujours des envies
10:32de fiction,
10:33Laurence Boccolini ?
10:34Non.
10:35Vraiment,
10:36ou vous avez fait
10:37le deuil ?
10:38Non,
10:39c'est bon,
10:40stop,
10:41maintenant,
10:42non,
10:43j'ai fait le deuil,
10:44il faut arrêter un moment.
10:45Oui,
10:46si on venait vous chercher,
10:47vous diriez oui.
10:48Ça dépend.
10:49Non,
10:50non,
10:51non,
10:52je n'ai plus envie.
10:53Enfin,
10:54je ne sais pas,
10:55je n'ai plus envie,
10:56je n'ai plus envie
10:57d'avoir envie.
10:58Je n'ai plus envie
10:59de forcer les gens
11:00à me faire tourner.
11:01Voilà,
11:02c'est tout,
11:03ce n'est plus pour moi.
11:04La dernière fois,
11:05vous nous aviez promis
11:06que vous alliez en parler
11:07à la direction de France Télévision.
11:08J'en ai parlé à la direction,
11:09je ne peux pas faire plus.
11:10Ils font la sourde oreille ?
11:11Je ne sais pas,
11:12il faudrait leur demander.
11:13Mais non,
11:14à chaque fois,
11:15on me dit,
11:16oui,
11:17oui,
11:18mais on pense à toi,
11:19on ne t'oublie pas.
11:20Ce n'est pas grave,
11:21c'est que ça ne doit pas être.
11:22Ça ne doit pas être.
11:23Parce qu'en plus,
11:24vous pourriez aussi
11:25écrire votre rôle,
11:27arriver avec un package.
11:28C'est ce que j'ai fait
11:29quand Mademoiselle Joubert.
11:30Je suis arrivée avec tout.
11:31C'était Mademoiselle Joubert.
11:32C'est une époque passée.
11:33Je ne suis pas banquée bol,
11:34ce n'est pas des envies
11:35qu'ont les réalisateurs,
11:36ce n'est pas des envies
11:37qu'ont les producteurs.
11:38Et ça,
11:39on n'y peut rien.
11:40Il ne faut pas se battre
11:41quand ça ne veut pas.
11:42C'est comme des chanteurs
11:43qui veulent absolument
11:44remonter sur scène.
11:45Personne n'en veut.
11:46Ça veut dire
11:47que le public
11:48ne veut pas de vous.
11:49Depuis quelques semaines,
11:50on parle de plus en plus
11:51d'un retour de Money Drop
11:53à la télévision.
11:54Pour vous,
11:55ça fonctionnerait toujours aussi bien
11:56ce jeu Money Drop ?
11:57C'est un jeu
11:58qui est tellement mythique.
11:59C'est comme pour Vincent.
12:00Ils ont l'animatrice d'origine.
12:01Il faudrait qu'ils en profitent.
12:02Dans ce cas,
12:03il faudrait que ce soit
12:04sur France 2.
12:05Oui,
12:06mais sur France 2,
12:07on ne montre pas l'Elias.
12:08C'est très compliqué.
12:09On est dans le service public.
12:10On ne montre pas l'Elias.
12:11On ne fait pas des chèques.
12:12On ne va pas faire
12:13des montagnes de chèques.
12:14C'est moins joli.
12:15Des tickets à resto.
12:16Du blé.
12:17Du blé.
12:18Du blé.
12:19Du blé.
12:20Du blé.
12:21Du blé qui tombe.
12:22Ce serait Blé Drop.
12:23Vous ne serez pas un peu verte
12:24si ce jeu renaît
12:25avec quelqu'un d'autre
12:26sur une autre chaîne ?
12:27Alors,
12:28je le comprendrai tout à fait
12:29parce que c'est tout à fait
12:30le genre de choses
12:31qui se font.
12:32Mais,
12:33je ne pourrais
12:34rien y faire.
12:35Oui,
12:36ça me fera un peu de peine,
12:37mais c'est comme ça.
12:38Voilà,
12:39c'est comme ça.
12:40Depuis votre adolescence,
12:41vous souffrez de crises
12:42de panique,
12:43d'angoisse.
12:44Vous écrivez,
12:45par exemple,
12:46qu'il vous est déjà arrivé
12:47de devoir ramper
12:48dans la loge
12:49de la télé.
12:50Vous vous planquez
12:51derrière un portail.
12:52C'est terrible.
12:53Les gens qui ont
12:54des crises de panique,
12:55c'est une sensation
12:56de mort imminente.
12:57Alors ça,
12:58vous pouvez vous dire
12:59que vous n'êtes pas
13:00en train de mourir,
13:01votre cerveau vous dit
13:02si.
13:03C'est un truc de fou.
13:04Est-ce qu'on peut dire
13:05que pour ces anxiétés,
13:06je crois que vous avez
13:07des petits bracelets ?
13:08Oui,
13:09parce que c'est une phrase
13:10que j'adore,
13:11c'est ton anxiété te ment.
13:12Et l'anxiété,
13:13c'est un gros mensonge,
13:14en fait.
13:15C'est Lucien,
13:16votre cerveau.
13:17C'est Lucien.
13:18Il me ment tout le temps
13:19et il me dit
13:20que je vais avoir une crise
13:21et que ça va arriver
13:22au milieu de la rue.
13:23Il y a des moments,
13:24enfin moi,
13:25quand j'étais plus jeune,
13:26ça m'est arrivé au milieu
13:27de la rue.
13:28Je me disais,
13:29je ne savais plus
13:30où j'habitais.
13:31Il faut que je m'assoie.
13:32C'est très compliqué
13:33parce que c'est des symptômes
13:34où les gens qui vous entourent
13:35disent qu'il faut appeler
13:36le SAMU.
13:37Mais pas du tout.
13:38Le SAMU,
13:39il n'y a rien du tout.
13:41Maintenant,
13:42c'est moi qui ai appelé
13:47Maman,
13:48Maman,
13:49Maman.
13:50Bon déjà,
13:51si Louane n'est pas disponible
13:52le soir de l'Eurovision,
13:53on pourrait la remplacer
13:54parce que vous connaissez
13:55les paroles par coeur,
13:56Laurence Boccolini.
13:57Est-ce que vous pensez
13:58sincèrement que Louane
13:59peut nous faire gagner
14:00l'Eurovision avec cette chanson ?
14:01Je pense que ça va plaire.
14:02Alors,
14:03Maman,
14:04tout le monde le comprend.
14:05C'est important le texte
14:06parce que les gens
14:07ne parlent pas tous français.
14:08C'est une belle voix.
14:10Mais vous y croyez plus
14:11que les années précédentes ou pas ?
14:14Ce qui me fait peur,
14:15c'est les deux premiers.
14:18J'ai très peur des deux premiers.
14:20J'ai très peur de la Suède
14:21et l'Autriche.
14:22Si ça arrivait cette année avec Louane
14:23que la France gagne l'Eurovision,
14:24ça veut dire que l'année prochaine,
14:26vous et Stéphane Berne,
14:27on commente,
14:28vous pourriez présenter le show
14:29sur scène cette fois.
14:30Non, non, non.
14:32Les présentateurs de l'Eurovision
14:34ne sont pas les commentateurs.
14:35Les présentateurs doivent être
14:36validés par l'univers.
14:37Mais alors,
14:39je n'en sais rien.
14:40Laurence Boccolini,
14:41c'est vous qui commentez
14:42depuis des années.
14:43Vous auriez toute légitimité.
14:44Oui, mais non,
14:45on ne descend pas sur la scène.
14:46Moi, je ne préfère pas.
14:47C'est très…
14:48Vous ne pouvez pas déroger
14:49de votre prompteur.
14:50C'est un truc très cadré.
14:52160 millions de téléspectateurs,
14:53vous flippez.
14:54Si je compte devant 160 millions
14:55avec ma robe,
14:56je ne me remettrai pas.
14:58Si on vous le proposait,
14:59rien ne pourrait vous convaincre.
15:00Non, non, du tout.
15:01Je ne veux vraiment pas.
15:02Alors que Stéphane serait plutôt…
15:03Stéphane, il me dit
15:04mais écoute,
15:05tu mets une belle robe
15:07mais je n'ai pas envie.
15:08J'ai trop peur.
15:09Je suis trop traqueuse
15:10à 160 millions.
15:11Mais surtout,
15:12c'est que c'est très mécanique.
15:13C'est-à-dire que
15:14quand vous regardez l'Eurovision,
15:15les présentateurs,
15:16ils ont des rôles
15:17très définis,
15:18le prompteur.
15:19Nous, on a leur texte.
15:20Donc,
15:21ils n'ont pas le droit
15:22de dire autre chose.
15:23On a leur texte, nous.
15:24C'est trop formaté.
15:25C'est très formaté.
15:26Ils ne peuvent pas dire…
15:27L'UR valide leur tenue,
15:28les robes,
15:29les dents,
15:30les cheveux.
15:31Tout est validé.
15:32Voilà, non.
15:33Je préfère être dans ma cabine,
15:35Luan chante sa maman
15:36et celle qu'elle est devenue
15:37dans cette chanson.
15:38Vous aussi,
15:39vous l'êtes, maman,
15:40Laurence Bocconi,
15:41de la petite Willow
15:42qui aura 12 ans cette année.
15:43Si elle le lisait, ce livre,
15:44elle apprendrait
15:45bon nombre de choses
15:46à votre sujet, Laurence Bocconi.
15:47Du reste,
15:48elle doit en apprendre
15:49si elle vous suit.
15:50Elle est avec nous aujourd'hui,
15:51on peut le dire,
15:52dans ce studio.
15:53Elle trouve ça long.
15:54Elle nous dit c'est long.
15:55On s'en excuse encore, Willow.
15:56Néanmoins, elle apprend des choses
15:57à votre sujet
15:58dont vous n'aviez jamais parlé.
15:59Je lui raconte plein de choses.
16:00Je lui raconte la radio.
16:02Les choses les plus dures
16:03dont vous parlez dans le livre,
16:04elle les ignorait, je pense.
16:05Je pense, oui, oui.
16:06Et puis, elle les lira plus tard.
16:08Mais c'est aussi pour ça
16:10que moi, j'en tire des leçons.
16:12J'essaie de lui dire,
16:13Willow, ne te laisse pas faire.
16:14Tu es unique,
16:16tu es belle,
16:17tu es intelligente.
16:19Ne te laisse jamais quelqu'un
16:21te dire que tu n'es pas tout ça,
16:23que tu n'es pas assez.
16:25Willow parle très fort,
16:26qu'on t'entende dans les micros.
16:27Une seule question pour toi
16:28pendant cette émission.
16:29Est-ce que ça te plaît
16:30que ta maman soit connue ?
16:31Oui.
16:32Ah bon ?
16:33Ça a changé alors.
16:34Parce qu'au début,
16:35ce n'était pas forcément le cas.
16:36Elle n'aimait pas.
16:37Quand elle était petite,
16:38les gens à l'aéroport
16:39venaient me faire des bisous.
16:40Ça l'énervait, elle avait peur.
16:41Maintenant, elle...
16:42Tu m'aimes bien, alors ?
16:43Oui.
16:44Oui, ça va, d'accord.
16:45Elle doit y trouver quelques avantages,
16:46je pense, au quotidien, à l'école.
16:47Elle doit avoir des deals
16:48pas possibles avec ses collines.
16:49Tu sais qui c'est, ma mère.
16:50Tu sais qui c'est, ma mère.
16:51Elle va venir me chercher.
16:52Laissez-moi passer.
16:53Des fois, je lui dis
16:54« Ma mère, en maillant faible,
16:55je viens t'attendre
16:56à la sortie du collège.
16:57Tu vas voir.
16:58Tu vas voir.
16:59C'est lui qui t'embête. »
17:00Vous parlez de votre découverte
17:01des sushis dans les années 80,
17:02en Los Angeles.
17:03Vous aimez bien ça aujourd'hui.
17:04À l'époque, c'était nouveau.
17:05Ça vous dégoûtait, quand même.
17:06Mais je n'avais jamais mangé
17:07de sushis de ma vie.
17:08J'avais 20 ans.
17:09Les sushis, on n'en mangeait pas en France.
17:10Ce n'était pas venu en France.
17:11Et surtout, vous nous racontez
17:12un grand moment
17:13que vous avez vécu aux Etats-Unis
17:14et dans un restaurant thaïlandais
17:16où vous commettez l'erreur ultime.
17:17Vous croquez dans un piment.
17:18Et là, c'est le drame.
17:19Je représentais un peu la France
17:20dans un congrès de radio américaine.
17:21Avec des gens très importants.
17:22Comme j'avais mangé les sushis
17:23toute la semaine,
17:24les gens chez qui j'habitais
17:25m'avaient dit
17:26« On va t'emmener là.
17:27Tu vas voir.
17:28Il y a du truc cuit. »
17:29Je ne pouvais plus.
17:30Les sushis, je ne pouvais plus.
17:31Et je vois de la soupe arriver,
17:32magnifique,
17:33avec des petits trucs verts dessus.
17:34Et je me jette
17:35sur cette soupe coco.
17:36Je ne me souviens plus de tout ça.
17:37Je me suis dit
17:38« Je ne peux plus.
17:39Je vais manger le persil. »
17:40Ce n'était pas du persil.
17:41Je croque dans le persil.
17:42Et là, je pense que ma dernière heure
17:43est arrivée.
17:44Tout de suite,
17:45vous vous enflammez.
17:46Je m'enflamme.
17:47Et je cours.
17:48Tout ce que je trouve à faire.
17:49J'avais des béquilles.
17:50J'avais une blessure au genou.
17:51Avec mes béquilles,
17:52je cours aux toilettes.
17:53Et je me mets à mettre ma tête
17:54sous le lavabo.
17:55Et il y a quelqu'un
17:56qui sort des toilettes
17:57qui voit que je suis en train
17:58de mourir.
17:59Et il y a quelqu'un
18:00qui sort des toilettes
18:01qui voit que je suis en train
18:02de mourir.
18:03Et il y a quelqu'un
18:04qui sort des toilettes
18:10qui me demande si je veux de l'aide.
18:11Je dis oui.
18:12Et ils appellent un serveur
18:13qui m'enlève du lavabo.
18:14Et pour enlever
18:15la brûlure du piment,
18:17il apporte un saladier de sel.
18:20Il me met les lèvres dans le sel.
18:21Et il me dit
18:22« Mettez la langue dans le sel. »
18:23Et ça arrête la brûlure.
18:25Imaginez bien.
18:26Je ressors des toilettes.
18:28Je n'ai plus de brushing.
18:29J'ai le mascara là.
18:31J'ai les yeux comme ça.
18:33J'ai du sel partout.
18:34Et je suis trempée.
18:36Et je retourne à ma place.
18:39Je retourne à ma place
18:41où je représente la France
18:42à un congrès de radio.
18:43Et le mec à côté de moi
18:47J'ai mangé tout le pain
18:48pendant tout.
18:49Et j'ai passé la nuit
18:50à prendre du Pepto-Bismol
18:51qui était très à l'émode à l'époque
18:52parce que j'avais l'estomac en feu.
19:02Une fois n'est pas coutume
19:03on va finir par le début.
19:04Vos débuts à la radio
19:05Laurence Boccolini
19:06avec Eva Cruyffert.
19:07Bonjour Eva.
19:08Bonjour tout le monde.
19:09Bonjour Eva.
19:10Vous avez donc trouvé des infos improbables
19:11sur les débuts de Laurence au micro.
19:13Bonjour Laurence.
19:14Ou plutôt bonjour Chloé.
19:16C'était votre pseudo
19:17dans l'une de vos premières radios
19:18dans votre ville de naissance Versailles.
19:20C'est le patron de la station
19:22qui avait choisi ce prénom c'est ça ?
19:23C'est la radio de Versailles.
19:24C'est la radio des nouvelles de Versailles.
19:26Vous imaginez déjà ?
19:27Et donc moi je voulais absolument faire de la radio.
19:29Et il m'avait dit
19:30mais il y a pas de soucis.
19:31Formidable.
19:32Par contre ton nom non.
19:33C'est pas possible.
19:34C'est moche.
19:35Pas assez sexy.
19:36C'est pas radio.
19:37C'est moche.
19:38C'est nul.
19:39Pas Chloé quoi.
19:40Mais qui n'a pas existé bien longtemps.
19:41Non.
19:42Et il me dit tu vas t'appeler Chloé.
19:43Et ça ça prend quand même.
19:45Ça m'a pris trois secondes.
19:46J'ai dit oui d'accord.
19:47Il n'y a aucun problème.
19:48Et je suis resté trois jours.
19:50Il m'a dit tu as tous les talents.
19:52Le vendredi j'étais nulle.
19:53Donc je suis parti.
19:54On va parler d'une autre radio de vos débuts.
19:56C'est la radio télé Yvelines.
19:58Eva vous avez trouvé
19:59dans le livre de Laurence Boccolini
20:01des détails croustillants
20:03sur cette radio locale
20:04des plus improbables.
20:06Oui.
20:07On était bien loin des studios professionnels
20:09que vous connaisserez plus tard
20:10puisque radio télé Yvelines
20:12était installée au-dessus d'une ferme.
20:14C'est-à-dire à quelques mètres seulement
20:16d'un poulailler.
20:17Un espace de 10 mètres carrés
20:18colonisé par des araignées
20:20qui sortaient du bac à disques.
20:22Vous n'êtes donc pas arachnophobe Laurence.
20:24Si complètement.
20:25C'est pour ça.
20:26Je déteste ça.
20:27Oui c'était le début des radios libres.
20:29On s'installait où on pouvait.
20:31On avait le droit pour mettre un émetteur.
20:32Et là ils avaient le droit de mettre l'émetteur
20:34à un monsieur très sympa
20:35qui nous avait prêté
20:37au-dessus des clapiers.
20:39Donc il y a la cour de la ferme
20:41avec le chien qui aboie avec la chaîne.
20:43Et nous on travaillait au-dessus.
20:44C'était 10 mètres carrés.
20:45Mais ce qui est génial
20:46c'est que vous arrivez quand même
20:47à faire venir des invités de premier plan.
20:48Oui.
20:49Je pense à Alain Bachung.
20:50Mais à Bachung.
20:51Alors c'est dans plus de 40 km de Paris.
20:52Donc le soir on essayait d'avoir des invités.
20:54Et les invités avaient bien compris
20:56que l'AFM c'était l'avenir.
20:57Et on a eu Bachung
20:59qui est venu avec sa femme.
21:00Et on a fait une émission avec Bachung
21:02dans 5 mètres carrés.
21:03Et à un moment Bachung a dit
21:04j'ai faim.
21:05On a été commander des pizzas.
21:06Et on a fait l'émission avec Bachung
21:07en mangeant nos pizzas.
21:08C'est un souvenir.
21:09Et oui c'était les joies
21:10et les improbabilités joyeuses du début.
21:12Après c'était dur.
21:14Eva, vous allez maintenant nous révéler
21:16comment Laurence Boccolini
21:17a réussi à rentrer à RTL
21:19grâce à Michel Drucker.
21:20Vous avez 17 ans.
21:21Michel Drucker est une star
21:23de l'antenne d'RTL
21:24et vous faites preuve d'un culot incroyable.
21:26Vous appelez carrément son bureau.
21:28Et là, surprise,
21:29on vous passe Michel Drucker au téléphone
21:30et il vous donne rendez-vous
21:31à son mythique studio Gabriel.
21:33Vous lui confiez alors vos envies de radio.
21:35Il vous donne le numéro de téléphone
21:36de la personne en charge du recrutement
21:38des stagiaires à RTL.
21:39Vous nous rappelez la très jolie phrase
21:41que Michel Drucker vous a dite ?
21:43Il m'a dit, Laurence,
21:44je vous mets le pied droit dans la radio.
21:47Débrouillez-vous pour mettre le pied gauche.
21:49Je pense que j'ai mis le pied gauche
21:50depuis longtemps quand même.
21:51Il m'a dit ça.
21:52Quand vous l'avez recroisé
21:53quelques années plus tard,
21:54Michel Drucker...
21:55Il me raconte la même histoire.
21:56Il se souvenait de ça.
21:57Parfois il me dit...
21:58Non, il me dit la même histoire.
22:00Il aime bien.
22:01Je suis très fière de ça.
22:02D'abord, ça prouve que c'est un mec
22:03vraiment extraordinaire
22:04parce qu'il n'avait aucune raison de le faire.
22:06Je pense qu'il sentait le pipo.
22:08Je racontais n'importe quoi.
22:10J'avais été le voir au flanc.
22:11Il a vu quelqu'un qui était tellement...
22:13Je l'ai vu sur son plateau télé.
22:14J'aurais très bien pu dire,
22:15je veux être stagiaire à la télé.
22:17Il n'y avait rien à faire.
22:19Je voulais être à la radio.
22:21Donc, il m'a dit,
22:22je vous donne le numéro de Micheline Flock.
22:27Je me rappelle très bien.
22:28Vous l'appelez.
22:29Vous irez peut-être au Standard.
22:31Je vous mets le pied droit.
22:32A vous de mettre le pied gauche.
22:33Vous avez fait le pied droit au Standard.
22:35Pied gauche, après, c'était derrière la porte
22:37du bureau des Grosse Têtes.
22:39C'est vrai que vous étiez assistante.
22:40Vous ne l'avez pas souvent vue
22:41puisque vous étiez plantée derrière la porte.
22:42En fait, il arrivait.
22:43Les assistantes disaient, il arrive.
22:45Et moi, comme j'étais derrière la porte,
22:46quand il ouvrait la porte,
22:47j'étais collée contre le mur
22:50avec les sacs de courrier
22:52parce que je triais les sacs de cartes postales.
22:55Vous êtes celle qu'il n'a jamais vue.
22:58Il m'a vue après quand j'étais sociétaire
23:00des Grosse Têtes, c'est tout.
23:02Deux ans avant d'arriver à RTL,
23:04vous aviez déjà réalisé une interview
23:06sur notre antenne.
23:07Et pas des moindres
23:08puisque vous aviez rencontré une star mondiale.
23:11A 15 ans, vous avez gagné le droit
23:27d'interviewer Elton John
23:28grâce à un concours lancé par un animateur d'RTL,
23:31Jean-Bernard Hébé.
23:32Pour participer,
23:33il fallait envoyer une carte postale
23:34avec une question pour le chanteur.
23:36Mais vous, vous n'étiez pas contentée
23:38toute seule.
23:40Non, je ne sais pas, 57, non ?
23:42Nous, on a 53.
23:44Et en fait, je suis passée dans le grand studio,
23:46dans les coulisses,
23:47et Jean-Bernard Hébé a fait
23:48toute l'émission avec moi à côté
23:50en disant, voilà la personne qui a envoyé
23:5240, 50 cartes postales
23:54et toutes les questions sont bonnes.
23:56Et donc, j'ai fait l'interview.
23:58Ça laissait deviner un petit peu
23:59ce que vous alliez devenir
24:00et quel allait être votre avenir professionnel,
24:01Laurence Boccolini.
24:02En plus, vous avez eu un petit smack d'Elton John,
24:04je crois.
24:05Vous auriez envie de refaire de la radio
24:07ou vous préférez rester sur vous ?
24:08Non, je reste sur mes acquis.
24:09Je reste sur mes bons souvenirs.
24:11On se doit aussi de parler
24:12de vos années américaines,
24:13Laurence Boccolini.
24:14Mes années américaines ?
24:15On croirait que c'était
24:16Lonnie Hallyday.
24:19Attention, attention,
24:20nous n'avons pas rencontré
24:21que des stars du rock,
24:22pour Hollywood Music,
24:23le cinéma et le showbiz en général.
24:25Nous ont fourni
24:26quelques excellents moments.
24:27Chuck Mitchell,
24:28The Porkies,
24:29Bette Midler,
24:30Christopher Reeve,
24:31le Superman.
24:32Et enfin, Michael Douglas,
24:33producteur et acteur,
24:34avec à son actif,
24:35à la poursuite du Diamant Vert,
24:37A Jewel of the Nile.
24:39That's all, folks.
24:40Hollywood, Hollywood Music.
24:43On entend tous Swingham,
24:44c'était le sponsor.
24:45Hollywood, vous y êtes allés
24:47pour réaliser
24:48des interviews radio,
24:49Laurence Boccolini.
24:50Ce voyage à Los Angeles
24:51vous aura permis
24:52de rencontrer
24:53d'immenses stars.
24:54Et pourtant,
24:55vous n'avez pas du tout
24:56été impressionnée.
24:57Mais pourquoi ça, Eva ?
25:00Vous qui nous écoutez,
25:01franchement, soyez attentifs,
25:02ça, ça vaut son pesant de cacahuètes.
25:04Pourquoi alors
25:05elle n'a pas été impressionnée ?
25:07Vous ne les avez
25:08pas reconnus.
25:09Non, pas tout le monde.
25:10Pas tout le monde.
25:11Il y en a, j'ai reconnu.
25:12J'ai reconnu.
25:13Et quand je les reconnaissais,
25:14je ne les comprenais pas.
25:15Donc c'était compliqué.
25:16Elle n'a pas reconnu qui, Eva ?
25:17Alors, Billy Dee Williams,
25:18le lendo calrissimo de Star Wars.
25:20Pas du tout.
25:21C'est pourtant votre saga fétiche, Laurence.
25:22Oui, j'aime bien.
25:23Bah non, je ne l'ai pas reconnu.
25:24Le pire du pire.
25:25Jimmy Page,
25:26le leader du légendaire groupe
25:27de rock Led Zeppelin.
25:28Vous avez passé une heure
25:30avec lui à son concert.
25:32Sans jamais le reconnaître, Laurence.
25:35Parce que vous étiez là
25:36pour l'interviewer pourtant.
25:37Mais le pire, c'est pas ça.
25:38Le pire, c'est que
25:39lorsqu'il vous demande
25:40si vous avez apprécié son concert,
25:42vous lui répondez
25:43c'était nul.
25:45Parce que je n'ai rien vu
25:46à côté des pièces.
25:47Pourri.
25:48Pour le malaise.
25:49Vous savez, on a des fixeurs là-bas.
25:51Des gens qui prennent contact.
25:52J'avais une fixeuse
25:53qui me prenait des rendez-vous.
25:54Qui me dit
25:55est-ce que tu as tout ce qu'il te faut
25:56en anglais ?
25:57Et je lui dis
25:58bah oui, j'ai rien oublié.
25:59J'ai mon sac.
26:00Je me m'en allais maintenant
26:01parce que j'en ai marre.
26:02Il y a de la musique.
26:03Il y a de la musique.
26:04Ça fume.
26:05Elle me dit non, non, non
26:06pour l'interview.
26:07Bah oui, j'aurais bien voulu la faire
26:08l'interview.
26:09Elle me dit
26:10ça fait une heure
26:11que tu es assise à côté de lui.
26:12C'était fou.
26:13Et vous n'avez pas reconnu
26:14Jimmy Page.
26:15C'est un moment
26:16où la personne
26:17qui vous accompagne
26:18vous dit
26:19comment s'est passé l'interview
26:20que vous comprenez
26:21que vous êtes passé
26:22à côté de votre...
26:23Je ne pouvais pas retourner en arrière.
26:24Je ne pouvais pas retourner
26:25en disant
26:26excusez-moi, je ne vous ai pas reconnu.
26:27Il a été adorable.
26:28Il était défoncé de la scène.
26:29Il avait fait trois ans de concert.
26:30Il prenait du temps
26:31pour me parler
26:32de la France.
26:33Il a dû être très touché
26:34par votre sincérité
26:35notamment sur le fait
26:36que les places étaient pourries.
26:37Les places étaient pourries
26:38mais ce n'était pas sa faute.
26:39Et là...
26:40Non, il avait beaucoup changé
26:41physiquement.
26:42Je n'ai pas percuté
26:43que c'était lui.
26:44C'est difficile à expliquer.
26:45Et lui, vous ne l'avez pas reconnu.
26:46Ben non.
26:47Quel scandale.
26:48Non.
26:49À Los Angeles,
26:50vous rencontrez également
26:51celui à qui on doit
26:52notamment
26:53cet immense tube.
26:54Robert Palmer.
26:55Alors lui, pour le coup,
26:56vous l'avez reconnu.
26:57Vous l'avez interviewé
26:58et tout s'est bien passé
26:59jusqu'à ce que vous lui mettiez
27:00un vent de force 7.
27:01J'étais jeune.
27:02Il est tellement...
27:03Vous l'avez écondu.
27:04Je l'ai écondu
27:05parce que j'étais jeune.
27:06Je ne savais pas
27:07ce qu'il fallait dire.
27:08Il était magnifique.
27:09Il était d'une élégance,
27:10d'une courtoisie.
27:11Il m'a dit
27:12assiez-vous.
27:13Il m'a installé
27:14dans un magnifique...
27:15C'est dix minutes après
27:16ne pas avoir reconnu
27:17le mec de Star Wars.
27:18Je n'ai jamais reconnu
27:19Billy Crystal
27:20qui m'a parlé aussi
27:21de la France.
27:22Je n'en connaissais personne.
27:23La fixeuse
27:24voulait me tuer.
27:26Elle était
27:27dans un état...
27:28Elle vous offrait
27:29des occasions en or
27:30à chaque fois.
27:31Elle me disait
27:32ce n'est pas possible.
27:33Qu'est-ce que vous avez fait
27:34avec Robert Palmer ?
27:35Et Robert Palmer
27:36à la fin de l'interview
27:37ça se passe tellement bien.
27:38Il est charmant.
27:39Je suis jeune.
27:40Je suis fraîche.
27:41Et il me dit,
27:42il me prend la main
27:43mais gentiment
27:44ce n'est pas du tout.
27:45Il me dit
27:46est-ce que ça vous plairait
27:47qu'on prenne une tasse de thé
27:48cette semaine
27:49ou vous voulez
27:50quand vous voulez
27:51quand ça vous arrange
27:52sans tout le monde
27:53parce qu'il y avait
27:54plein de monde
27:55qui faisaient des interviews
27:56dans la suite.
27:57Et moi au lieu de dire
27:58oui bien sûr
27:59je lui dis
28:00ah ben non je ne peux pas
28:01j'ai un petit ami à Paris.
28:02Il vous répond quoi ?
28:03Mais non !
28:04Il ne m'a pas demandé
28:05en mariage.
28:06Il voulait juste
28:07prendre une tasse de thé avec moi.
28:08Vous avez dit quoi ?
28:09Il va essayer de me brancher.
28:10Mais non !
28:11Je ne sais pas
28:12ce que je me suis dit.
28:13Je n'ai trouvé que ça à dire.
28:14Et je m'en suis voulue
28:15toute ma vie.
28:16Il vous a regardé
28:17avec des yeux
28:18comme des soucoupes
28:19de tasse de thé.
28:20C'est dommage.
28:21Je disais des trucs
28:22qu'il ne fallait pas.
28:23C'était surtout
28:24que mon anglais
28:25n'était pas parfait.