Le sexisme dans l'industrie musicale, sa condition physique, les rumeurs qu'elle a subit, les arnaques de son ex manager ou encore son plus grand moment de solitude à la télé, Sheila refait sa télé ce samedi 29 mars 2025, avec Eric Dussart et Jade sur RTL !
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00:00Le monde du spectacle est-il moins sexiste qu'à vos débuts, Chéra ?
00:03Mais pas du tout !
00:04Mais pas du tout !
00:05Toujours aussi sexiste ?
00:06Mais non, mais évidemment !
00:07Mais c'est... Je comprends tout le monde, c'est même pas pire !
00:10Non, mais je vais être sincèrement.
00:12C'est un monde d'hommes,
00:14géré par des hommes,
00:16qui, de toute façon, ne supportent pas que les femmes passent 40 ans.
00:19Donc, ça, ça ne change pas.
00:21Quand on a passé 40 ans, on est à la vaisselle.
00:25On repart à la vaisselle.
00:26Et vous savez, c'est terrible, alors...
00:28Je vais pas dire ça ici, parce qu'ici, la preuve,
00:30je suis avec vous, donc ça passe en radio.
00:32Mais ce que je vais vous dire, c'est qu'il y a des tas de radios,
00:35je parle même pas de moi, je parle en général,
00:38toutes les filles, que ce soit Zazie, Sylvie, moi,
00:41Amel Bent, qu'on a parlé dernièrement,
00:44on ne passe pas en radio.
00:45C'est un critère, d'après vous, passer 40 ans, 45 ans ?
00:47Ah, mais bien sûr ! La femme ne vieillit pas,
00:49elle n'a pas le droit de vieillir, elle se retire.
00:52Alors, déjà, c'est vraiment très sexiste, pour commencer.
00:55Et puis surtout, ce que je trouve terrible, c'est qu'en réalité, alors on veut bien,
00:58de temps en temps, passer un de nos vieux tubes.
01:01Mais vous savez, tout autant qu'on est,
01:03quand on fait un album, on ne le fait pas pour le chanter dans notre salle de bain.
01:06On le fait pour que les gens l'entendent et l'écoutent.
01:09Et je trouve que c'est terrible, parce que, si vous prenez, exemple,
01:12que ce soit Julien Clerc, Alain Souchon, Woolsey, tous les hommes,
01:17on vante leur carrière en disant quelle carrière, on passe leur album, etc.
01:21Toutes les femmes qui ont fait la même, que ce soit Sylvie, que ce soit moi,
01:24ah ben non, nous, on n'est pas là.
01:26Mais pourquoi on n'est pas là ? On a fait les mêmes carrières que les mecs.
01:28Je suis désolée.
01:29C'est très français, parce qu'aux Etats-Unis, avec le même statut, vous seriez une légende.
01:33Tina Turner, que ce soit Tina Turner, Gloria Gaynor, Diana Ross,
01:38enfin, toutes ces dames-là, elles ont un tapis rouge,
01:42pour le respect de la carrière.
01:44Non, nous, on nous cache.
01:46Je trouve ça terrible. Et c'est très, très français.
01:48Votre avenir, vous le voyez comment ?
01:50Sûrement par la retraite, à mon avis.
01:51Ah ben non, moi, c'est un mot qui est banni de mon vocabulaire.
01:55Je ne veux pas de retraite. Je n'aimerais pas de retraite.
01:58Donc, ce ne sera pas votre dernier album ?
02:00Alors, je n'en sais rien. Là, je ne sais pas.
02:03Mais il y aura d'autres chansons, sûrement. En album ou pas, je ne sais pas.
02:06Mais il y aura d'autres chansons. Mais oui, mais oui !
02:08Mais oui, mais oui, l'avenir est avec nous !
02:10L'école n'est pas finie !
02:13Votre prochaine tournée s'appellera 8.0, car en août prochain, vous fêterez vos 80 ans.
02:17Non !
02:18Ben si !
02:19Ben non !
02:19Au risque de vous décevoir, si, quand même.
02:20Sur le papier, je sais bien que vous avez deux fois moins dans votre tête.
02:22Ah, merci !
02:23C'est un cap, ça vous énerve, ça vous angoisse ?
02:24Non, ce n'est pas ça.
02:26Ce qui m'agace, pour être honnête,
02:28c'est qu'aujourd'hui, quand on m'appelle, c'est pour me parler des gens qui sont morts.
02:32Vous voyez ?
02:34Et je trouve ça, d'abord, c'est plombant,
02:36parce que c'est vrai que malheureusement, on est quand même,
02:39dans ma génération de moins en moins nombreux,
02:42à être en vie, à chanter, à voilà.
02:44Et donc, moi, à chaque fois qu'il y en a un qui disparaît, c'est moi qu'on appelle.
02:47Lâchez-moi, parlez-moi du vivant.
02:49Non, mais c'est vrai !
02:50Je t'assure que c'est infernal, quoi.
02:53Je t'assure que c'est compliqué.
02:55Et moi, je ne veux plus qu'on me parle de ça.
02:56Je ne veux plus parler de personne, laissez-moi tranquille !
02:59Des aléas de la vie, on peut dire que vous en avez subi plus que la moyenne, Sheila.
03:02Oui.
03:02La rumeur, un premier mariage qui se termine mal,
03:05un second mari parti trop tôt, la disparition, évidemment, de votre fils.
03:08Est-ce que vous pensez que, face à toutes ces épreuves,
03:11Annie aurait tenu le coup sans Sheila ?
03:13Non.
03:14Je vous le dis tout de suite, alors là, il n'y a même pas à réfléchir.
03:17Moi, ce qui me tient, c'est Sheila.
03:20Si je continue aujourd'hui, vraiment, je pense que si je suis en vie
03:23et que je continue et que je m'accroche un peu comme une moule sur son rocher,
03:28c'est parce que ça me fait du bien, en réalité.
03:30C'est très égoïste, mon histoire, ne croyez pas.
03:32Ça vous soigne aussi, de tout ce que vous avez vécu ?
03:34Mais bien sûr !
03:35Le paradoxe dans votre histoire, c'est que quelque part,
03:37Sheila a un peu pourri la vie d'Annie, au début,
03:39et après, elle l'a sauvée.
03:41Ah oui !
03:42Ah oui, oui, mais c'est ça !
03:44Sheila, c'est dur, Sheila, c'est compliqué,
03:46Sheila, elle est emmerdante !
03:47Mais Sheila, qu'est-ce qu'elle me fait du bien ?
03:50Parce qu'Annie, toute seule, c'est Annie, elle est rigolote,
03:53mais Annie, elle est sale.
03:56Il y a beaucoup de gens qui se sont interrogés,
03:57face à toutes ces épreuves que vous avez pu traverser,
03:59à se demander à chaque fois, mais comment fait-elle pour surmonter cela ?
04:02Les gens se disent, c'est une guerrière,
04:04est-ce qu'elle a des émotions ou pas ?
04:05Ça, on l'entend parfois.
04:06Oui, mais bien sûr, est-ce que j'ai des émotions ?
04:09Alors après, c'est mon éducation.
04:11Moi, mes parents m'ont appris, quoi qu'il arrive,
04:13t'as un truc à faire, tu le fais.
04:14J'ai été élevée comme ça.
04:17Donc moi, j'ai perdu mes parents à 16 jours d'intervalle,
04:21un mois après, j'étais sur scène à l'Olympia.
04:24Pour mes 40 ans de carrière, j'ai perdu mon fils,
04:27un mois après, j'étais sur scène.
04:28Même pas un mois, d'ailleurs.
04:30Moi, je respecte les clowns.
04:32Un clown, il est là pour vous faire rire,
04:33même si quand il sort, il pleure.
04:35C'est pas le sujet des gens qui ont payé un ticket.
04:38Moi, je respecte les gens qui vous suivent,
04:40qui vous donnent du temps,
04:42qui vous donnent de l'argent pour venir vous voir.
04:44Mais ça, c'est le show. Mais derrière, il se passe quoi ? On s'effondre ?
04:47Derrière, on s'écroule, c'est notre problème.
04:52C'est pas le problème des gens.
04:54C'est le mien. C'est à moi de me gérer.
04:56Et vous l'avez toujours bien fait ?
04:58Plus ou moins bien fait.
05:00Mais en fait, disons que pour le moment, je vais me mentir pas mal.
05:03J'imagine que pour avoir une forme pareille,
05:04vous faites très attention à votre alimentation, non ?
05:07Bien sûr que je fais attention.
05:08Je suis obligée, de toute façon, j'ai pas le choix.
05:10Mais non, mais j'aime bien manger dissocié, j'aime bien...
05:13À temps en temps, je fais des petits lâchés-prises.
05:16Ce qui est pas très bien, mais ça, c'est à cause de Ludovic.
05:18Votre manager qui vous incite à vous faire quoi ?
05:21Raclette ? Couscous ? Les deux à la fois ?
05:23Non, il fait attention lui aussi. Il fait attention.
05:26Mais on n'est pas contre une petite piscine de champagne de temps en temps.
05:30À boire avec modération. Et là, quand elle a dit piscine, c'est déjà foutu.
05:34Puisqu'on sait qu'il n'y en a pas qu'un peu.
05:36Mais c'est important aussi de se faire plaisir, non ? Pour garder la forme.
05:39Ah oui, c'est obligé. Non, on peut pas. La vie, c'est pas la frustration tout le temps.
05:42Il faut faire attention quand on travaille et tout, puis il y a des moments...
05:45Je sais qu'il y en a déjà de la frustration pour vous avec le sport.
05:47Combien de fois par semaine, le sport ?
05:48Ah mais moi, je fais deux fois, plus quand je suis en gala.
05:51Si j'ai deux dates par semaine, ça fait quatre fois, voilà.
05:54Un jour sans courbatures, pour vous, c'est pas une journée normale ?
05:57Non, non. Moi, j'aime bien avoir mal quelque part.
05:59Quoi qu'il arrive, je m'étire. J'aime bien m'étirer.
06:02Un peu la jambe derrière, le machin...
06:04Moi, j'aime bien avoir mal quelque part.
06:05Parce que ça veut dire que mon corps vit. Mon corps est bien.
06:09Cette forme olympique, vous voyez bien qu'il y a plein de gens qui sont bluffés par ça,
06:12qui disent que c'est là. Non, je crois pas qu'elle a cet âge-là, c'est pas possible.
06:14Regardez la forme qu'elle a. C'est juste l'hygiène de vie ?
06:16Il y a aussi un facteur chance ou pas ?
06:18Ah bah évidemment. Moi, ça vient de mes gènes.
06:21Merci à mes parents, merci à mes grands-parents.
06:23Voilà, j'ai la chance pour le moment de passer à travers le temps sans trop de problèmes.
06:29Pour connaître. Après, je ne me donne pas la chance d'être malade, j'ai pas le temps.
06:33Déjà...
06:34C'est un argument.
06:35J'ai pas le temps d'être malade, j'ai pas le temps de m'arrêter.
06:38J'ai pas le temps. Moi, je me suis fait une hanche, par exemple.
06:41Quand le... Je me suis pété la hanche, bon bah voilà.
06:45Opération, donc nouvelle hanche.
06:47Et là, le premier truc que j'ai dit au chirurgien, qui s'appelle monsieur Frédéric,
06:50qui est ami, qui est merveilleux.
06:52Je lui ai dit, voilà, moi je vous dis tout de suite,
06:55dans huit mois, je suis sur scène, il faut que je fasse le grand écart.
06:58Donc, il m'a regardé, il m'a dit, euh...
07:00Et huit mois après, j'étais sur scène.
07:03Parce qu'après, je vous dis pas que j'en ai pas un peu chié quand même,
07:07mais j'ai souffert, mais je l'ai fait.
07:10Et on peut le faire, pour vouloir.
07:12Et puis les Pakistanais, qui ne se sont pas qualifiés
07:16lors des deux derniers Jeux en hockey sur le gazon,
07:19et qui avaient remporté pourtant les titres en 60, 68 et 84.
07:24Tout ça sur du chela. On est très discos.
07:28Spencer, vous apercevez la drag queen Fish sur la scène.
07:33Halaos.
07:35Halaos.
07:37Chela, ça vous a fait quoi d'entendre votre spacer
07:39à l'heure de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris ?
07:40Non, mais c'est ça, d'autant plus que je ne le savais pas.
07:42Ah, vous avez pas prévenu ?
07:43Ah, pas du tout, non, non.
07:44Donc, je regardais parce que c'était magnifique,
07:46la cérémonie était juste magnifique, et je me suis entendu.
07:49Donc là, j'étais au summum du bonheur, parce que quand c'est imprévu, voilà.
07:53Mais surtout, ce qui est beaucoup plus fort,
07:54c'est que j'ai fait la fermeture des Jeux olympiques,
07:57l'ouverture du Para-Olympique,
07:59et surtout la fermeture du Para-Olympique sur l'Arc de Triomphe.
08:02C'est bien pour les droits d'auteur, tout ça.
08:04Oui, moi, ça ne m'apporte rien, je m'en fous,
08:05mais c'est bien pour le fait de dire, quand même, quoi.
08:09Ça vous a ému, hein ?
08:10Ah, mais oui, mais attends, t'es trop con de la récompense, quoi.
08:13Et alors, ce qui est drôle, c'est qu'après ça, d'un seul coup,
08:15le titre spacer, qui est quand même un titre mondial depuis presque 50 ans maintenant,
08:19il est remonté partout dans les téléchargements et tout,
08:22parce qu'il y a plein de gens qui ne le connaissent pas encore.
08:24Pendant cette période disco, vous serez la première chanteuse française
08:27à vous produire à la télé avec des danseurs noirs.
08:29Ça dérange énormément à l'époque. On vous le fait payer, hein ?
08:32Ah, bien sûr. C'est vrai que, moi, ça m'a fermé des portes de journaux, les télés.
08:37Je suis passé pour la blonde avec ses trois noirs.
08:39Enfin, moi, j'ai entendu tous les colibés possibles et imaginables.
08:42Par exemple, au début, quand on travaillait ensemble,
08:45on avait un avion privé, on voyageait en avion privé,
08:47parce qu'on changeait de ville tous les jours.
08:49On partait en voiture, tous, et on s'arrête pour manger quelque chose.
08:52Avant, il y avait une crêperie à côté du bureau.
08:54On s'arrête, et la personne qui m'accompagnait,
08:56car elle n'apprend pas le cité, dit « Bon, ben, vous nous attendez là, on va manger. »
09:00C'est-à-dire que lui et moi allions manger, et eux restaient dans la voiture.
09:05« Non, mais rien que ça, moi, je ne peux pas, quoi. »
09:07J'ai dit « Bon, ben, bon appétit, moi, je reste là. »
09:09Depuis quelques années, vous enchaînez les concerts chez là.
09:12Est-ce que c'est aussi pour attraper le temps perdu ?
09:13C'est 25 ans sans concert jusqu'en 1985.
09:16Bien sûr. Moi, ce qui est l'avantage, c'est que je me suis plaint beaucoup de ça,
09:19parce que j'en ai beaucoup souffert à l'époque.
09:22Mais l'avantage, c'est que je ne suis pas usée, vous voyez ?
09:24C'est-à-dire qu'à la différence de mes congénères, qui ont travaillé,
09:27qui ont chanté 100 fois dans les mêmes villes, parce qu'ils ont tourné sans arrêt,
09:31moi, je suis toute neuve.
09:3325 ans sans concert, pourquoi ? Ce n'était pas de votre fête, hein ?
09:36Ah non, pas du tout, parce que je travaillais avec quelqu'un qui...
09:38Alors, j'en ai fait au début, j'en ai fait en 63, 64.
09:42J'ai tourné, j'ai fait beaucoup, beaucoup de tournées.
09:43Même trop, hein ? Vous tombez dans les champs de concert.
09:46Voilà, je suis tombée malade.
09:47On a arrêté la carrière, pour ne pas le citer,
09:50à réaliser qu'il gagnait beaucoup plus d'argent à ce que je vendais du disque,
09:54parce qu'à l'époque, on vendait beaucoup, beaucoup de disques.
09:57Et donc, on a plombé les disques, les disques, les disques, les disques.
10:01Et il a réalisé qu'en réalité, le fait d'être sur scène, déjà, c'était ma liberté.
10:05Je gagnais de l'argent autrement.
10:07Et voilà, ce n'était pas son intérêt à lui, parce qu'il ne gérait pas ça.
10:10Et comme il voulait tout gérer, voilà.
10:11Il sentait votre impatience, il vous faisait croire que vous alliez retourner sur scène.
10:15Moi, je suis la personne qui a le plus répété au monde.
10:18C'est-à-dire que moi, j'avais...
10:19Comme je l'emmerdais, sincèrement, en me disant oui,
10:21parce que je croisais Claude François, Françoise...
10:24La LIDAC me demandait, enfin, qu'est-ce que tu fais ? Pourquoi tu n'es pas sur scène ?
10:26Et moi, j'étais là, je m'énervais, et je répétais.
10:30Donc, il prenait des musiciens, on répétait,
10:32on jouait à le studio Blanqui, à l'époque, pour répéter et tout.
10:35Puis après, il y avait toujours un truc qui faisait que ça ne se faisait pas.
10:37Il savait très bien que vous n'alliez pas y retourner, puisque c'était sa décision.
10:39Voilà.
10:40A cause de lui, on dira de vous pendant des années que vous ne faisiez pas de scène
10:43parce que vous étiez incapable de chanter autrement qu'en playback.
10:46Mais bien sûr, moi, j'étais là.
10:47Ça fait partie de ma réputation.
10:49J'étais un homme, je chantais qu'en playback.
10:51C'est pas moi qui chantais, enfin bon.
10:52Moi, j'ai tout... J'ai eu un véhicule.
10:55Vous savez, j'ai eu derrière une remorque
10:57de titres à scandales et de trucs absolument incroyables.
11:00Non, non, j'ai toujours chanté.
11:02Mais il a fallu quand même que je fasse le zénith
11:05pour que les gens réalisent qu'en effet, oui.
11:08C'est con, mais c'est comme ça.
11:09Votre notoriété à cette époque-là, elle est complètement délirante.
11:12C'est hallucinant, je t'assure.
11:13Comment vous faisiez ? Vous portiez une perruque, je crois, c'est ça,
11:15pour essayer de faire ça.
11:15Ah non, ça, c'est autre chose.
11:17Ça, c'est plus tard.
11:18C'est en 75, quand j'ai eu Ludo.
11:20Parce que moi, quand j'ai eu Ludo, je voulais sortir mon gamin.
11:23Je voulais l'emmener au jardin de l'acclimatation et tout.
11:25Donc, je mettais une perruque brune, des lunettes.
11:28Enfin bon, j'étais quelqu'un de complètement différent.
11:31Et on sortait, j'avais mon ancienne attachée de presse à l'époque.
11:35On avait un garçon, toutes les deux, qui avait six mois d'écart.
11:37Et alors, elle, elle avait Ludo.
11:39Moi, j'avais son fils.
11:40Comme ça, les gens, si jamais ils me reconnaissaient,
11:42ils ne mélangeaient pas, ils n'avaient pas de photo de Ludo.
11:44C'est encore vivable, un degré de notoriété.
11:46Il faut bien expliquer qu'à l'époque, il y a peu de chaînes, il y a peu de radio.
11:50Et quand on est une star, on est une méga-star.
11:51Ah mais c'est ça, on ne peut pas sortir.
11:53Quand on dit qu'on ne peut pas sortir, on ne peut pas.
11:55Moi, j'avais des gens qui couchaient sur mon paillasson.
11:57J'avais des gens planqués dans mon parking.
11:59Tu sais, il y a eu une époque où je me suis acheté un chien,
12:01un berger allemand, parce que j'avais peur.
12:03Alors, il n'y avait pas de violence.
12:05Mais tu as peur parce que les gens, ils veulent un souvenir.
12:08Ils t'attrapent un bouton, un machin,
12:09juste parce qu'ils veulent quelque chose de toi.
12:11C'était...
12:12Et ce qui est drôle, moi, je me rappelle d'une émission de télévision
12:15où il y avait Sylvie et moi, par exemple,
12:17et il y a les clans.
12:18Alors, il y a les clans Sylvie, les clans Sheila.
12:20Et à la sortie des télés, ils se foutent sur la tête.
12:22Ça vous a fait flipper, parfois, cette notoriété ?
12:24Ah mais ça fait peur. Moi, j'ai peur de la foule depuis ça.
12:26Sincèrement.
12:27Alors, maintenant, je me souviens, les gens sont gentils avec moi,
12:30mais je ne vais pas dans les grands magasins à cause de ça.
12:33J'ai mes endroits où je vais,
12:35mais vous ne me verrez jamais dans les grands magasins.
12:37Alors, c'est complètement ridicule.
12:38Parce qu'aujourd'hui, les gens sont plutôt gentils et tout.
12:41Alors, aujourd'hui, ce qui me harcèle plutôt,
12:42ce sont les iPhones ou les téléphones.
12:45Les selfies ?
12:45Les selfies.
12:46Vous aimez ça, les selfies ?
12:47Mais je déteste ce sont dans les têtes de poissons.
12:50Sheila et Ringo se marient à Paris,
12:53entourés de plus de 10 000 femmes déchaînées.
12:57T'imagines le bagnage ?
12:59Une ex-vendeuse de bonbons et d'un occasionnel laveur de voitures
13:02fait rêver la France.
13:04Leur producteur, Claude Carrère, continue son rôle d'organisateur.
13:07S'il vous plaît, nous écoutons monsieur le curé.
13:10Mes chers amis, nous sommes obligés, bien sûr,
13:12d'accepter les conséquences de ce que vous n'êtes pas démariés,
13:17comme tout le monde.
13:18Monsieur le curé vous demande de reculer, s'il vous plaît, de 2 mètres.
13:21Il ne manquait pas d'air Claude Carrère, votre producteur,
13:23parce que c'est lui qui avait vendu la mèche aux médias.
13:24Mais évidemment, et il a vendu sur RTL, et il était très RTL quand même, on constate.
13:28Ça devait être le plus beau jour de votre vie, ça devient une journée horrible.
13:30Mais c'est épouvantable, parce que vous vous rendez compte,
13:33c'est-à-dire que dans l'église, c'est le festival de Cannes,
13:35j'ai les photographes qui sont devant, qui poussent,
13:38j'ai les gens derrière qui poussent,
13:40le curé est assis sur mes jambes,
13:41on a perdu les alliances, et c'est l'enfer.
13:44Même si le terme n'existait pas encore à l'époque,
13:46on peut dire que Claude Carrère, votre producteur,
13:48il aimait faire le buzz, comme on dirait aujourd'hui.
13:50Il était très en avance sur le buzz, lui.
13:52La fameuse rumeur, Chela est un homme.
13:54C'est lui aussi qui l'alimente.
13:56Je l'ai su il y a longtemps, et pas longtemps en même temps,
13:59parce que ça m'a poursuivi pendant 40 ans,
14:02que j'ai découvert qu'en réalité, c'est lui qui a eu l'idée.
14:04Et c'est Gérard Dubillier qui l'a dit.
14:06Parce que c'était bon pour son business ?
14:08Tant qu'on parle, c'est bon.
14:10Moi, il m'a toujours dit, parce qu'à l'époque,
14:11je me disais, mais c'est pas possible, il faut faire quelque chose,
14:13moi j'étais en larmes, j'avais 18 ans, imaginez l'histoire,
14:15ma mère, tout le monde, enfin bon.
14:17Et là, il me dit, ne t'inquiète pas,
14:19on a toujours dit que Sarah Bernard avait une jambe de bois.
14:21Tant qu'on parle, c'est bon.
14:22Il n'y a pas d'humain dans l'histoire.
14:24Il n'y a pas de sentiment.
14:25C'est les affaires, ce sont les affaires.
14:27On s'en fout si on écrase un être humain,
14:29ou si on lui fait du mal, ou si on perturbe sa vie,
14:33c'est pas le problème.
14:33Le problème, c'est combien ça rapporte.
14:35Aujourd'hui, c'est Brigitte Macron qui se retrouve confrontée
14:37à cette même rumeur transphobe.
14:39Ça vous met en colère, j'imagine ?
14:40Ah mais moi, ça me met hors de moi.
14:42Mais comment ? Mais comment ?
14:43Mais c'est horrible.
14:44Comment cette femme, pour l'avoir vécue,
14:47et en plus, elle est présidente de la République,
14:49donc elle ne peut même pas répondre.
14:50Première dame, hein ?
14:51Elle est la femme du président.
14:52Enfin, pour moi, elles sont ensemble, tu sais.
14:54Mais ce que je veux dire, c'est qu'elle ne peut pas
14:57répondre vraiment comme elle voudrait.
14:58Vous en avez parlé avec elle ou pas ?
15:00Alors, pas vraiment, parce que je ne la connais pas.
15:02Mais je l'ai croisée une ou deux fois.
15:04Mais c'est quelqu'un de chaleureux.
15:05On sent que c'est quelqu'un de généreux.
15:07Et je pense qu'elle est terrée dans un coin,
15:09parce que c'est insupportable à vivre.
15:11Vous savez par quoi elle passe ?
15:13Ah mais moi, je sais.
15:14Moi, je peux la prendre de main, tout lui raconter.
15:17Parce que c'est un enfer.
15:18Et moi, j'avais 18 ans.
15:19Elle, c'est une femme.
15:20Mais le problème, c'est que je suis sûr
15:22que si elle était toute seule,
15:23je peux vous assurer qu'elle réagirait différemment.
15:25Là, elle a une position qui fait
15:27qu'elle est obligée de faire attention à son mari.
15:29Et je la trouve très courageuse.
15:31Cet appartement 2000 au 28e étage,
15:34est-ce que c'est celui qui était juste au-dessus
15:35de chez Robert Redford ?
15:36Parce que vous l'avez eu pour voisin à New York, hein ?
15:38Mais écoutez, un truc de fou.
15:42Il est bon, je peux vous dire.
15:43Mais il avait des cafards.
15:44Ah oui, non.
15:46Ça, c'est pas drôle, par contre.
15:48Ça s'appelle tuer les faits, non.
15:50C'est vrai que j'ai habité New York pendant deux ans.
15:52J'avais un très bel appartement qui dominait la rivière.
15:54Enfin bon, tout bien.
15:56Et puis, d'un seul coup, je commence à avoir des cafards.
15:58Mais des cafards au-delà de cafards, quoi.
15:59Il y a un moment, donc tu vois,
16:00j'appelle, trouve un système pour enlever les cafards.
16:03Et je ne comprenais pas parce que je n'en avais pas avant.
16:05Et un jour, je rentre du sport.
16:07C'est avec moi.
16:08C'est ma grande époque, hein.
16:09Faux hurle, chapeau, enfin voilà.
16:11Et donc, je monte dans mon ascenseur, très chic.
16:13Et là, au moment où la porte se ferme,
16:15hop, il y a une main qui passe.
16:16Je vois rentrer qui ?
16:18Et là, je regarde, je dis, non mais attendez.
16:21Est-ce lui ou ça, c'est pas lui ?
16:23C'était lui.
16:24Et là, vous lui avez dit, j'en ai marre de vos cafards ?
16:26Non, non.
16:27Alors, tu sais quoi ?
16:28C'est là que, moi, je te jure,
16:30je n'ai pas la langue dans ma poche, hein.
16:32Moi, normalement, je dis, bonjour, ça va bien ?
16:35Eh bien, je n'ai rien dit.
16:35Je me trouvais comme un enfant.
16:38Tétanisé tellement il est beau, tellement qu'est-ce que je fais ?
16:40Qu'est-ce que je dis ?
16:41Après, lui, il ne m'a rien dit non plus.
16:43Mais après, peut-être qu'il est aussi timide que moi.
16:44Enfin, il était peut-être plus timide que moi
16:46ou il s'est dit qu'il est cette folle avec son chapeau.
16:49Je ne sais pas.
16:50Donc, l'histoire s'est arrêtée là.
16:51Il n'est pas venu récupérer ses cafards, je trouve.
16:53Non, non.
16:53Après, quand même, je me suis renseigné.
16:55C'est comme ça que j'ai su qu'il faisait des travaux chez lui,
16:57qu'il m'avait envoyé ses cafards.
16:58Bon, après, le reste m'appartient.
17:00Je vous remercie.
17:08Voilà.
17:10Eh bien, tout ceci n'est pas grave.
17:12Ça va nous donner l'occasion de repartir.
17:15On va peut-être chez la...
17:16Bonjour !
17:18Qui vous expliquera que nous sommes en direct ?
17:21Que ce sont les aléas du direct ?
17:23Qu'on va faire comme si on ne s'était pas vus ?
17:26Et on va recommencer du départ !
17:28J'en profite d'ailleurs, parce que, évidemment, vous pouvez penser...
17:31Ah bah !
17:32Lilux qui revient ici, c'était un sketch.
17:35Et regard de tueuse, je le disais.
17:37Ah non, mais là, je peux déglinguer n'importe qui, là.
17:41Parce que...
17:42Si tu veux, le problème qu'il y a, c'est que...
17:45Tu sais, ça s'est passé au Théâtre de l'Empire.
17:48Et ce qui se passe, c'est que...
17:50Il y a deux trucs. Il y a le son qui est à l'antenne,
17:53et le son qui est dans la salle.
17:54Moi, j'ai plus de son.
17:56Donc je me dis, je reste en mesure, je compte,
17:58parce que, à la chaîne, sur la chaîne, ça continue.
18:01Parce que vous savez que la musique continue.
18:02Mais bien sûr.
18:03Mais vous vous dansez dans le vide.
18:04Vous faites le playback dans le vide.
18:06Puis à un moment, je vois bien qu'il ne se passe rien,
18:08que ça ne revient pas,
18:09parce que j'ai cru que c'était un fil qui était débranché.
18:12Mais vous savez ce que c'est, en réalité ?
18:13Parce qu'en réalité, ce qui se passe,
18:15c'est qu'à l'époque, il y avait des grosses machines,
18:18tu sais, avec les boutons...
18:19Les magnétos à bandes, là ?
18:20Oui, exactement.
18:22Enfin, peut-être pas.
18:23Non, arrête, on n'est pas en 1914.
18:25Sois gentil, sois aimable.
18:27Eric, sois aimable, s'il te plaît.
18:30Des magnétos à silex.
18:32C'est tout ça, c'est...
18:34Comment s'appelle ce futon avec...
18:36Les pires affreux.
18:43Alors donc, pour revenir à notre histoire...
18:45Ce vieux magnéto.
18:46Le magnéto, tu sais, il y a les bandes 38.
18:48Oui.
18:49Mais les magnétos, ils sont avec les trucs tapis,
18:52play, pas play, etc.
18:53Et là, je pense que c'est Mémé qui s'est assis sur le magnéto.
18:56Le producteur ?
18:57Ibak.
18:59C'est pour ça qu'on entend le chou-chou-chou-chou-chou.
19:01C'est la bande qui dirige, parce que le monsieur vient de s'asseoir.
19:03Oui.
19:03Il s'est pas assis sur mon bâton.
19:06Il s'est assis sur la touche marche avant, marche arrière.
19:08Non, mais j'en ai marre.
19:09Non, mais tu rigoles.
19:10Mais là, je peux te dire que t'es seule au monde.
19:12Franchement, t'es seule au monde.
19:14Donc, t'as qu'un choix, c'est de dire...
19:15Je recommence.
19:19Bonjour Eva !
19:20Alors, en parlant d'improbables,
19:21c'est ton propre disco, c'est pour chez l'art ?
19:22C'est pour chez l'art, uniquement pour chez l'art.
19:24Mais c'est magnifique.
19:25Alors, c'est un 20 sur 20.
19:26Ah oui.
19:27Tu es magnifique.
19:28En plus, on est assortis, on est en bleu, toutes les deux.
19:29Oui, c'est ça. Et puis, elle est toute en argenté.
19:31Allez voir sur RTL.fr, on vous mettra naturellement les vidéos.
19:34Non, mais elle est plutôt bien foutue, en plus.
19:36Moi aussi, je suis à paillettes, dites donc.
19:37Moi, je ne suis pas en robe, parce que je n'ai pas plu aujourd'hui.
19:39Mais t'es moins bien foutue.
19:42Je ne dirai rien, mais tu sens la marre.
19:43Tu sens la marre.
19:45Eva, en plus, vous avez un point commun avec chez l'art,
19:47c'est que vous savez, vous aussi, faire le grand écart.
19:49Oui, sauf que moi, je ne me relaisse pas.
19:50Ah oui, mais ce n'est pas Sheila qui veut.
19:52C'est ce que vous utilisez.
19:53C'est parti pour vos infos improbables.
19:55Et la première concerne les produits dérivés, Sheila,
19:58qui ont existé dans les années 60.
20:00Eh oui, au plus fort de la Sheila-mania,
20:02il y avait de nombreux produits qui portaient votre nom.
20:05Les crèmes de beauté Sheila Dermine,
20:06une poupée à votre effigie,
20:08ou encore une ligne de vêtements Sheila.
20:10Et il y avait même une boutique qui portait votre nom dans Paris.
20:13Bon, dites-moi, Sheila,
20:15pourquoi le deuxième arrondissement pour cette affaire florissante ?
20:18Bon, une maison de gros, une maison de confection,
20:19c'est vraiment le sentier, c'est vraiment le deuxième, je crois.
20:23N'avez-vous pas l'impression que les clients viennent
20:25plutôt pour vous voir que pour acheter des robes ?
20:27Non, je ne crois pas, parce que vous savez,
20:29ce qui m'intéresse, c'est d'avoir de jolis modèles,
20:32de faire une jolie collection.
20:34Je ne veux absolument pas que les gens viennent pour me voir,
20:36mais ils viennent pour voir mes robes, c'est différent.
20:39De toute manière, ce n'est pas vous qui vendiez les robes dans la boutique.
20:41Non, absolument, mais là, c'était la boutique de gros,
20:43donc c'était la fabrication.
20:44Tous ces produits dérivés, Sheila,
20:46ça a dû représenter un sacré jackpot financier.
20:48C'est vous qui l'avez empoché ou c'est votre producteur, Claude Carrel ?
20:51Pourquoi vous voulez me faire du mal, toujours ?
20:53Non, mais moi, je n'ai rien empoché,
20:55le truc, mais peu importe.
20:57Pendant trente ans, vous avez vraiment été
20:59la poule aux odeurs de Claude Carrel,
21:01une poule qu'il a bien implumée, si je puis dire,
21:03parce qu'en gros, il a empoché le magot et il vous a laissé les miettes.
21:06C'est ça, oui. Moi, j'ai été salariée,
21:08donc ça n'avait rien à voir, on n'était pas du tout dans le...
21:10Vous découvrez le poteau rose quand ?
21:13Au moment où vous achetez une maison ?
21:14Non, ça a commencé bientôt.
21:16Quand j'ai acheté une maison, je me suis endettée
21:18parce que c'était la seule façon de récupérer des sous.
21:21Donc là, il était bien obligé de payer parce que sinon,
21:23la presse aurait dit que je l'avais ruinée,
21:26donc ça ne faisait pas bien pour l'image.
21:28Donc là, au moins, il a sorti un peu le magot.
21:31Mais après, non, non, c'est après.
21:33Après, moi, j'ai commencé, quand il a signé...
21:35Je vais vous dire un truc, c'est quand il a signé Claude François.
21:38Parce que Claude François, il a touché le jackpot, ce qui est normal.
21:41Et après, je me suis dit, mais attends,
21:42il signe Claude François, j'ai dit quoi maintenant ?
21:44Parce que moi, je ne touchais jamais rien, j'étais salariée.
21:46Vous aviez un salaire, même si vous vendiez des millions d'albums ?
21:49Oui, oui.
21:50C'était toujours la même somme ?
21:50Oui, j'ai été virée, j'ai quand même été licenciée
21:54pour restriction de personnel.
21:56On s'en fout, c'est comme ça, c'est ma vie.
21:58Je ne serai jamais riche, je ne suis pas dans la rue,
22:00c'est déjà quelque chose de très, très bien.
22:03Eva, c'était à vous, l'enquêtrice.
22:05Eva, vous allez maintenant nous faire découvrir
22:07des raretés discographiques de Sheila.
22:10Oui, des versions en langues étrangères de vos tubes.
22:12Par exemple, vous avez chanté « Les rois mages » en espagnol.
22:28J'ai long l'hiver en allemand.
22:36Une petite dernière version étrangère, Eva ?
22:38On part en Italie avec « L'heure de la sortie »,
22:40c'est devenu là-bas « L'hora dell'uscita ».
22:50En Italie, où vous êtes aussi une star, Sheila,
22:52vous avez même eu les honneurs d'une grande émission de télé italienne l'an dernier.
23:11Comment ça ?
23:12J'ai voulu griller avec toi,
23:16mais ce n'est pas possible avec le champagne, avec le vin.
23:19De l'eau, de l'eau.
23:21Je veux brinder comme on fait de l'eau.
23:23Tranquille avec toi.
23:25Ils n'ont pas de budget de champagne à la télé italienne,
23:27c'est pour ça que vous avez trinqué à l'eau pour finir.
23:29À quand la même chose à la télé française ?
23:31Une grande soirée Sheila ?
23:33Je pense que je suis un peu trop dinosaure maintenant.
23:36Vous êtes iconique, moi je dirais plutôt.
23:38Oui, c'est ce que disent les gens.
23:40Moi je ne crois pas beaucoup à ce genre de truc.
23:42Je ne sais pas, moi j'aimerais bien, je veux bien tout.
23:46Mais moi je ne veux pas faire des trucs seul.
23:48Moi j'ai envie d'avoir des invités,
23:50de faire la fête, il faut faire la fête.
23:52Amusons-nous.
23:53Là vous en auriez en plus des possibilités de mise en scène sur vos titres,
23:57d'inviter avec la nouvelle génération peut-être aussi ?
23:59Oui, s'ils viennent, oui.
24:01Tu sais j'ai essayé, ne crois pas que je n'invite personne sur scène.
24:04Alors j'ai eu des gens qui sont venus,
24:05mais j'en ai invité d'autres.
24:07Moi je ne dis jamais jamais.
24:09Pourquoi ils ne viennent pas d'après vous ?
24:11Parce que déjà ils ont du business,
24:13c'est des gens qui travaillent,
24:14ils sont quand même comme moi sur scène.
24:16Première raison.
24:17Deuxième raison, parce que peut-être que ça ne fait pas mancher,
24:20je ne sais pas, je n'en sais rien.
24:21Moi tu sais, ce qui m'amuse,
24:23c'est de regarder comment ça évolue.
24:25Nous on a démarré, on n'avait rien.
24:27On avait une guitare, l'envie de chanter,
24:29et on était sans complexe.
24:31Aujourd'hui ils sont très star system.
24:33Aujourd'hui ils arrivent avec deux avocats,
24:35très attachés de presse.
24:37Tu vois, ils ne sont rien.
24:39Donc ils n'ont pas compris que ce n'est pas dans le sens.
24:41C'est là que ça marche.
24:42Mais c'est cette génération-là.
24:44Cette génération-là, ils sont too much dans tout.
24:46Aujourd'hui d'un seul coup tu te retrouves partout au numéro un,
24:51tu remplis les salles, c'est magnifique.
24:53Mais moi qui connais ce métier,
24:55je peux vous dire que ce n'est pas ça,
24:57ça c'est magnifique.
24:58Mais ils ne sont pas préparés pour la suite.
25:00Et c'est là que ça devient compliqué.
25:02C'est la suite.
25:03Comment tu continues,
25:04et comment tu ne te retrouves pas au bout de trois disques,
25:07avec d'un seul coup les gens qui t'ont oublié.
25:09Parce que malheureusement,
25:10ce n'est plus l'époque des idoles,
25:12et qu'aujourd'hui tout va trop vite.
25:14Et un chanteur peut en remplacer un autre.
25:15Absolument.
25:16Donc faites attention à vous.
25:18C'est ça que je dis.
25:19Eva, votre dernière info improbable
25:21concerne un grand tube de Sheila.
25:231982, vous reprenez un grand tube d'Umberto Tozzi,
25:27également chanté par Laura Branigan,
25:29pour l'adapter en français.
25:30Et c'est un énorme carton pour Gloria Gloria.
25:49Et ce que peu de gens savent,
25:51c'est que ce titre en apparence très festif,
25:53parlait en réalité d'actualités très lourdes
25:55de ce début des années 80.
25:57La guerre des Malouines,
25:58ou encore celle du Liban.
25:59Oui, absolument.
26:00Les jeunes partis au combat,
26:02tout le monde est en train de s'éclater là-dessus,
26:03mais le message est lourd.
26:05Bien sûr, d'ailleurs la pochette c'est une photo d'hier.
26:07Parce que c'était la guerre, on a oublié,
26:09mais c'était la guerre.
26:10C'est pour ça qu'aujourd'hui,
26:11on parle de guerre, calmez-vous.
26:12Parce que vous ne savez pas ce que c'est que la guerre.
26:14C'est ça le truc.
26:15Encore plus improbable que tout ce que l'on vient d'entendre,
26:17voici la question fromage ou dessert.
26:19Merci Eva Kreuver.
26:20Au revoir, à la semaine prochaine.