Regardez "On refait le monde" avec Anne-Sophie Alsif, enseignante en économie à la Sorbonne, Patrick Martin-Genier, enseignant à Sciences-Po, spécialiste des questions européennes et internationales, Martial You, éditorialiste économie sur RTL, Alexandre Saubot, président de France Industrie, et Yannick Mireur, politologue spécialiste des questions américaines et auteur de "Populisme smart : le retour du peuple dans la politique, comment y répondre" aux éditions VA.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 03 avril 2025.
Regardez On refait le monde avec Yves Calvi du 03 avril 2025.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Yves Calvi, on refait le monde jusqu'à 20h sur RTL.
00:05Des bourses mondiales qui dévisent,
00:08moins 3% à Francfort, moins 3,3% à Paris, moins 5% à New York.
00:12Il n'aura pas fallu 24h pour que le monde économique réagisse au nouveau droit de douane annoncé par Donald Trump hier.
00:1820% de plus sur tous les produits importés de l'Union Européenne, jusqu'à 46% pour les produits du Vietnam.
00:24Une décision brutale et infondée assure cet après-midi le Président de la République, Emmanuel Macron.
00:29L'Europe prépare sa riposte, mais préfère quand même négocier.
00:32Sommes-nous à l'aube d'une crise mondiale durable ?
00:34Quelles conséquences concrètes pour les entreprises françaises ?
00:37Est-ce vraiment la guerre commerciale la plus stupide de l'histoire ?
00:40Comme l'affirme le Wall Street Journal.
00:42Avec nous ce soir pour en débattre, dans ce studio, Alexandre Sauveau qui est Président de France Industrie.
00:46Soyez le bienvenu Alexandre Sauveau.
00:47Bonsoir.
00:48Yannick Mireur qui est politologue, spécialiste de la société américaine.
00:51Votre livre « Populisme Smart, le retour du peuple dans la politique et comment y répondre » est paru aux éditions VA.
00:58Soyez le bienvenu Yannick Mireur.
00:59Bonsoir.
01:00Martial You, économiste et éditorialiste économique.
01:03Pardonnez-moi sur RTL.
01:04Ça vous va ?
01:05Ça me va.
01:06Vous le prenez pas mal.
01:07Ils sont à distance, mais ils seront avec nous.
01:09Anne-Sophie Alsif, enseignante en économie à la Sorbonne.
01:12Membre du jury de l'École Nationale d'Administration.
01:15Spécialiste des problématiques de compétitivité des entreprises et de commerce international.
01:20Bonsoir Anne-Sophie Alsif.
01:21Bonsoir.
01:22Merci d'être avec nous.
01:23Patrick Martin-Jeunier, un habitué enseignant à Sciences Po.
01:26Spécialiste des questions européennes et internationales.
01:28Merci Patrick Martin-Jeunier de nous rejoindre.
01:31Merci Pablo.
01:32Une catastrophe pour le monde de l'économie.
01:34C'est une immense difficulté pour l'Europe.
01:37Je crois que c'est aussi une catastrophe pour les Etats-Unis.
01:40François Bayrou qui réagissait ce matin après l'annonce par Donald Trump de nouveaux droits de douane pour les marchandises entrant aux Etats-Unis.
01:47Catastrophe dit François Bayrou.
01:49Est-ce que c'est le terme qui convient Anne-Sophie Alsif ?
01:52Alors peut-être pas une catastrophe, mais en tout cas c'est sûr que c'est excessivement préoccupant.
01:57Parce que ces droits de douane qui sont quand même très élevés, qui concernent tous les pays et donc tous les biens manufacturiers,
02:03vont avoir un impact sûrement très important sur la croissance mondiale et bien évidemment sur le volume du commerce international.
02:11Vous partagez cette inquiétude Alexandre Sauveau.
02:13Est-ce que ce terme de catastrophe vous paraît fondé ?
02:15En tout cas c'est un pas clair dans la mauvaise direction.
02:18Les droits de douane dans la situation notamment entre l'Europe et les Etats-Unis qui sont traditionnellement alliés,
02:23qui représentent le monde occidental, la technologie, le niveau de vie, c'est plus d'inflation et moins d'activité économique.
02:30Donc il faut absolument qu'on travaille tous ensemble.
02:33On n'a pas le choix de toute façon.
02:35Il va falloir ouvrir une négociation forcément difficile.
02:39Essayer de se mettre dans la position la plus forte possible en France et en Europe
02:42pour que ces mesures soient suspendues, rapportées, annulées.
02:46Enfin je laisse aux négociateurs le choix des mots.
02:49Mais si la fin de l'histoire c'est que tout le monde met des droits de douane, on sera tous perdants.
02:53Aujourd'hui c'est les Américains qui l'ont fait.
02:55Toutes les études le montrent, ça va leur coûter plus cher qu'à nous.
02:57Mais on ne va quand même pas dans la bonne direction.
03:00Donc travaillons ensemble pour que ça s'arrête le plus vite possible.
03:03Yannick Miller, vous qui connaissez bien la méthode Trump, c'est du sérieux ces menaces ?
03:06Il est capable de les faire durer ?
03:08On le voit bien qu'elles sont mises en application.
03:11Après il y a eu depuis les dernières semaines, et on voit bien avec le yoyo
03:14que font les principaux indices boursiers américains, le S&P 500, le Nasdaq, le Dow Jones
03:19et même le Russell 2000, les PME américaines.
03:22Tout ça aussi beaucoup depuis quelques temps.
03:25Mais là depuis qu'ils sont annoncés, ça a chuté de manière très forte.
03:28Pour une raison assez simple.
03:30Et c'est deux observations préliminaires qui me semblent s'imposer.
03:33La première c'est qu'on voit que du côté européen ou français, on tremble.
03:40Mais les américains aussi.
03:42Et c'est là qu'on vient à la deuxième observation.
03:45C'est-à-dire que la rupture, catastrophe je ne sais pas, choque très certainement
03:49parce qu'en réalité, et je vois déjà dans les annonces qui sont faites dans les chaînes de télévision
03:54et dans les titres des journaux, la fin de la mondialisation, ou en tout cas le retour vers autre chose
03:59parce qu'il y a une rupture très nette en ce sens.
04:01Et c'est une contradiction fondamentale de l'attitude de monsieur Trump
04:04dont les mesures vont certainement avoir un impact sur ceux qui ont voté pour lui
04:09en faisant monter les prix.
04:11Alors que la mondialisation a été basée aux Etats-Unis sur une consommation forte
04:14de produits importés pas chers parce qu'ils sont importés made in China
04:17l'Amérique de Walmart si vous voulez, lui considère qu'il faut
04:21alors que c'est son électorat, lui considère qu'il faut produire aux Etats-Unis
04:25sauf que le choc il est sur l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement
04:30la chaîne de valeur qui a été mondialisée avec des bénéficiaires et des perdants bien sûr
04:35la chose est extrêmement compliquée depuis une vingtaine d'années
04:38ou même plus d'ailleurs, plutôt une quarantaine d'années
04:40aux bénéfices globalement de l'Amérique et pas seulement d'un point de vue comptable
04:43donc son approche très comptable sur les excédents et les déficits de biens
04:48il oublie les services, il oublie les transactions financières que les biens
04:52je t'achète deux voitures, je te vends du bourbon
04:55c'est très basique et son mindset comme on dit en américain, son état d'esprit
05:00sa représentation du monde est figée et nous ramène en effet
05:03je crois que ce n'est pas abusif de le dire, beaucoup l'ont écrit 100 ans derrière
05:07Martien Liou, est-ce que vous avez compris pourquoi il a monté de 20% en Europe ?
05:11vous savez il y a des moments quand même avec cet homme particulier
05:14on se demande s'il n'est pas capable d'improviser
05:16ce qui est fou, moi ce qui me paraît dingue, c'est qu'un seul homme sur cette planète
05:21est capable de la mettre à l'arrêt et en situation de collapse
05:26c'est-à-dire que là on a un monde entier en position latérale de sécurité
05:30et ce n'est pas exactement depuis 22h hier soir ce qui est en train de lui arriver
05:34vous savez quand je regarde les indices, non seulement les grands indices qui sont en chute
05:38mais des marques comme LVMH qui finissent la journée à moins 5%
05:42Stellantis à moins 9%
05:45toutes les marques et toutes les entreprises qui dans le monde aujourd'hui
05:49vivent de la mondialisation sont en train de tomber et personne
05:53depuis 22h hier soir j'ai des gens au téléphone
05:56des gens sensés, intelligents qui sont en train d'essayer de refaire les comptes de Donald Trump
06:02pour comprendre comment il est arrivé à ces différents chiffres
06:05on ne comprend pas comment il arrive à dire
06:08l'Europe est en train de taxer les biens américains à hauteur de 39%
06:12donc vous avez des calculs très complexes qui sont en train d'être faits pour s'en rapprocher
06:16ça ne sert à rien de le prendre au sérieux puisque de toute façon il n'y a pas de rationalité dans son travail
06:20et de toute façon il n'y a pas besoin, il fait ce qu'il veut au niveau des droits de douane
06:24ça c'est sa grande force, il peut mettre 200, ce serait la même chose
06:27mais simplement on sent que les gens, le monde normal on va dire
06:30a besoin de comprendre ce qu'un seul homme à Washington est en train de faire
06:33pour essayer au moins de se rassurer sur l'avenir
06:36Alors Patrick Martin-Jeunier, il y a quelques semaines Donald Trump évoquait
06:39l'idée d'une taxation à 200% des alcools européens
06:42aujourd'hui elle est de 20%
06:44ça veut dire qu'on peut espérer y échapper ou en tout cas qu'on va vivre à ce rythme
06:47comme ça je dirais d'angoisse permanente avec des chiffres qui peuvent changer tout le temps
06:52Oui je crois que les chiffres peuvent changer en permanence
06:55et il a dit ce matin de toute façon qu'il était hors de question de changer sa position
07:00mais on sait bien que c'est encore une fois une logique d'homme d'affaires
07:03c'est-à-dire qu'il peut changer à tout moment
07:06certains estiment que ces tarifs de minimum 10% puis de 20% et autres
07:11et bien c'est un début de négociation, une base de négociation
07:15en espérant que certains pays européens vont pouvoir effectivement
07:19abaisser leurs doigts de douane sur les produits américains
07:22en réalité il essaie de diviser les différents états européens
07:25mais vous savez il y a quelque chose de parfaitement irrationnel
07:28vous le disiez tout à l'heure avec ce tableau qu'il a montré hier à la Maison Blanche
07:32où on peine à comprendre la rationalité de ces taux d'imposition
07:37certaines îles qui ne contiennent que des pingouins au large de l'Australie
07:41sont effectivement taxées alors qu'ils ne représentent aucun danger commercial pour les Etats-Unis
07:46on se demande qui a pu faire ça
07:48c'est une belle clientèle les pingouins quand même
07:50oui c'est une belle clientèle certes mais ce n'est pas une grande puissance commerciale en tant que telle
07:55et donc ce qui est quand même tout à fait intéressant c'est cela
08:00il essaie de diviser les pays européens
08:02et c'est en cela qu'il essaie de montrer que nous sommes faibles
08:07et sur ces produits on sait très bien que s'agissant de la filière viticole
08:12des spirituels et des alcools français
08:14nous allons être considérablement affectés par cela
08:17mais quelqu'un disait dans votre studio récemment, tout de suite
08:21qu'un seul homme pouvait augmenter les tarifs
08:24en réalité il se passe quand même un début de rébellion aux Etats-Unis
08:29car le congrès des Etats-Unis est en train de faire voter une résolution
08:33en disant qu'un seul homme n'a pas le pouvoir d'imposer des taxations comme ça aux Etats-Unis
08:38au Canada par exemple
08:40parce que ça remet en cause des traités internationaux
08:42notamment les traités de libre-échange entre le Canada et le Mexique
08:46donc je pense qu'à un moment donné
08:48les ordres exécutifs qu'il a signés sont parfaitement illégaux
08:51et pourraient être remis en cause par le congrès des Etats-Unis
08:54et c'est cela qui est intéressant
08:55alors s'il était le défendeur du droit international on le saurait
08:58donc on ne peut pas vraiment dire que ce soit une surprise
09:01je ne sais pas comment vous percevez ça vous
09:03non non non, il se pose précisément en rupture
09:07en réalité son mantra comme on dit
09:09c'est de dire les Etats-Unis ont été bernés depuis
09:12ont construit un système qui les a exploités, qui les a bernés
09:15il y a dans l'équation de l'influence internationale de M. Trump
09:18d'abord un rejet de certaines indifférences
09:21et une méconnaissance et un rejet aussi frontal
09:24des mécanismes de l'influence et du concept même de l'influence
09:27c'est à dire que par exemple
09:29il faut voir la chose sur l'historicité
09:31et les 80 ans depuis la dernière guerre mondiale
09:33donc par exemple les Etats-Unis ont décidé surprendre les automobiles
09:36ça m'avait toujours surpris moi aux Etats-Unis
09:38de voir tout un tas de voitures japonaises
09:40et quand vous allez au Japon vous n'avez pas une voiture américaine
09:42donc ils s'insurgent contre ce genre de choses
09:44sauf que ça fait partie d'une politique délibérée, construite
09:47par l'intelligentsia et les dirigeants américains pendant des décennies
09:50pour, dans le cadre de la guerre froide
09:52d'une lutte titanesque, idéologique, communiste contre le capitalisme
09:56et donc de soutenir par exemple le Japon, de restaurer l'Allemagne
09:58le plan Marshall
09:59donc ce sont des choses qui le dépassent auxquelles il est indifférent
10:01c'est un personnage, comme vous le disiez M. Calvi
10:03bien singulier dans l'histoire de ce pays
10:05donc tout ce qui est singulier, iconoclaste
10:08est à attendre de sa part
10:10y compris le calcul complètement farfelu
10:13c'est à dire, pour rester public
10:15pour le taux sur la Chine
10:17bon, au Fiji c'est pas très intéressant, mais sur la Chine
10:19alors il calcule 295 milliards de dollars de déficit commercial
10:23c'est la différence entre le plus et le moins
10:25ce qu'ils importent et ce qu'ils exportent avec les chinois
10:27et puis il le redivise par le chiffre
10:30des importations américaines depuis la Chine
10:32439 milliards de dollars
10:34donc ça donne 67%
10:36tout à fait fantaisiste, ça ne paraît pas vrai
10:38on va marquer une première pause dans cette émission
10:40et puis je précise que dans un instant
10:42je vais me tourner vers vous
10:44parce qu'on a beaucoup de questions à vous poser
10:46pardonnez-moi, j'ai oublié votre nom
10:48Monsieur Sobo
10:50Monsieur Sobo, à tout de suite
10:52Yves Calvi
10:54On refait le monde sur RTL
10:56RTL, s'informer ensemble
10:58Il est 19h30
11:00RTL soir
11:02On refait le monde
11:04Avec Yves Calvi
11:06L'essentiel de l'actualité avec Tristan Barraud
11:08Après les écologistes, la France insoumise
11:10un rassemblement contre l'extrême droite
11:12dimanche à Paris, place de la République
11:14alors que dans le même temps le RN
11:16organise une manifestation de soutien à Marine Le Pen
11:18à Paris aussi, l'élu condamné
11:20en début de semaine à 5 ans d'inéligibilité
11:22pour détournement de fonds publics
11:24Son procès en appel se déroulera en 2026
11:26Emmanuel Macron estime
11:28que les américains sortiront
11:30plus faibles et plus pauvres
11:32de cette augmentation des droits de douane
11:34pour les produits importés aux Etats-Unis
11:36Une décision brutale et infondée
11:38Emmanuel Macron réunit cet après-midi
11:40les acteurs économiques français
11:42concernés à l'Elysée
11:44Le président français qui se rendra
11:46près de Gaza la semaine prochaine
11:48lors de sa visite en Égypte
11:50il souhaite marquer sa mobilisation
11:52en faveur d'un cessez-le-feu
11:54il va rencontrer plusieurs ONG françaises
11:56à la frontière
11:58Et puis ce chiffre marquant
12:005h21, c'est le temps
12:02que passent tous les jours les 15-24 ans
12:04devant des contenus vidéos
12:06Selon une étude du régulateur de l'audiovisuel
12:08publiée aujourd'hui
12:10sur les tendances 2025, 5h
12:12dont plus de 2h sur les réseaux sociaux
12:14On vous retrouve à 20h Tristan Barraud
12:16Et juste avant
12:18évidemment connaissez-vous l'affaire du Zodiaque
12:20Yves, c'est le surnom
12:22de ce mystérieux tueur qui a sévi
12:24aux Etats-Unis dans les années 60
12:26et 70, il n'a jamais pu être
12:28identifié ni retrouvé, et bien
12:30figurez-vous qu'un français est persuadé
12:32d'avoir résolu cette grande énigme
12:34C'est un criminel, il a même écrit un livre
12:36contacté par le FBI
12:38et il sera dès 20h avec Faustine Bollard
12:40sur RTL
12:42Merci Tristan
12:44Yves Calvi jusqu'à 20h
12:46On refait le monde sur RTL
12:48Nous sommes avec Alexandre Sobo, président
12:50de France Industrie, Yannick Mireur qui est
12:52politologue et spécialiste de la société américaine
12:54Je rappelais votre livre
12:56Populisme Smart, le retour du peuple
12:58dans la politique et comment y répondre
13:00aux éditions VA, Martial You, économiste
13:02d'RTL. A distance
13:04sont avec nous Anne-Sophie Alcive qui est enseignante
13:06en économie à la Sorbonne et Patrick Martin-Jeunier
13:08enseignant à Sciences Po. Alors Emmanuel
13:10Macron réunissait en urgence cet après-midi
13:12les représentants des filières
13:14impactées, vous y étiez d'ailleurs Alexandre
13:16Sobo, président de France Industrie
13:18Dites-nous tout, quel est le diagnostic
13:20du président de la République s'il en a un ?
13:22Le diagnostic je crois qu'il a été largement
13:24partagé, y compris dans le flash qui vient
13:26d'avoir lieu, c'est que les
13:28américains ont pris une décision qui est
13:30mauvaise pour l'économie mondiale, qui est d'abord
13:32mauvaise pour l'Amérique
13:34compte tenu de l'imbrication des chaînes de valeur
13:36de leur influence, de tout ce qu'ils sont capables de faire
13:38et la question c'est
13:40finalement, si ça dure ça sera aussi
13:42mauvais pour l'Europe qui est le principal partenaire
13:44des Etats-Unis
13:46avec qui on partage beaucoup de choses
13:48donc la question qui s'est posée c'est comment
13:50on arrive à faire en sorte que
13:52plutôt que d'aller dans l'inflation, la surenchère
13:54je mets des droits, tu mets des droits, je remets des droits
13:56pour à la fin pénaliser tout le monde
13:58comment on se met, parce que je pense que
14:00Donald Trump est en position de négociation
14:02comment on se met en position de négociation
14:04avec le plus d'armes
14:06et finalement l'objet de la réunion
14:08il vient de nous coller une baffe
14:10donc c'est une drôle de façon quand même de commencer
14:12une négociation, non ?
14:14vous pouvez me dire c'est du Trumpisme
14:16il se met en position de force
14:18de son point de vue
14:20et la question c'est comment on lui montre
14:22que l'Europe, un, ne va pas se laisser faire
14:24deux, qu'il a à perdre
14:26à continuer sur cette voie
14:28donc l'Europe a plusieurs atouts, le premier
14:30c'est le plus grand marché du monde
14:32c'est 450 millions de consommateurs
14:34avec un niveau de vie, un pouvoir d'achat
14:36qui est incontestable, c'est un partenaire
14:38historique, donc il faut s'organiser au niveau
14:40de l'Europe pour que tout ce qu'il
14:42continuera à faire coûte
14:44à l'Amérique et ne coûte pas à l'Europe
14:46la deuxième chose c'est évidemment se poser la question
14:48est-ce qu'il faut mettre des droits de douane ?
14:50mais on voit bien que si on fait juste de la surenchère
14:52on va ensemble dans le mur, donc il faut
14:54peut-être être prêt à le faire, il faut peut-être le faire
14:56ici ou là, mais il ne faut pas imaginer que ce soit
14:58la seule réponse, et donc il faut regarder tout ce qu'on
15:00peut faire d'autre, autour de la
15:02réglementation, l'investissement
15:04qu'est-ce qu'on faisait aux Etats-Unis
15:06je vais prendre un exemple tout simple
15:08beaucoup de composants
15:10qui rentrent dans les Boeing
15:12qui sont fabriqués aux Etats-Unis viennent d'Europe
15:14donc si tout ça est taxé, le premier
15:16effet de tout ça, c'est de renchérir
15:18le coût des Boeing. Mais il le sait tout ça
15:20mais c'est pour ça que je vous dis, je pense
15:22qu'il est en position de négociation
15:24et qu'il essaye de s'asseoir
15:26à la table avec le plus d'atouts
15:28possible. Et la question c'est, qu'est-ce que nous
15:30on met de notre côté de la table
15:32pour que quand on va s'asseoir, je crois que la commission européenne
15:34le commissaire y va dans les prochains jours
15:36je ne sais pas si c'est demain ou en début de semaine prochaine
15:38comment est-ce qu'on se dote du maximum
15:40d'outils pour être nous aussi
15:42en position de force à la négociation
15:44Anne-Sophie Alsif, alors bon
15:46on a expliqué très clairement ce qu'est
15:48notre situation, pour l'instant on a pris une première baffe
15:50comment peut-on maintenant
15:52débattre et j'allais dire avancer avec lui ?
15:54Alors déjà on n'a pas pris
15:56une première baffe parce que c'était quand même très annoncé
15:58dans toute la campagne électorale
16:00il l'a dit, il a expliqué, tous les pays
16:02qui ont un déficit avec les Etats-Unis
16:04ils le considèrent comme de l'argent
16:06que les Etats-Unis donnent
16:08en fait une dette et donc il va falloir
16:10mettre des droits de douane pour les rembourser
16:12avec l'argent de ces droits de douane, et bien
16:14toutes les entreprises vont pouvoir venir aux Etats-Unis
16:16produire et ne pas payer
16:18d'impôts, donc c'était quelque chose qui était quand même
16:20su, il l'a martelé redit. Vous avez raison
16:22mais si vous voulez 5% ça serait passé
16:2420% c'est quand même un peu
16:26on avait parlé de 25 rappelez-vous
16:28lorsqu'on suit, on avait parlé de 25
16:30donc il y a eu beaucoup beaucoup de variations
16:32une fois qu'on a dit ça je pense que c'est très important
16:34ce qui a été rappelé, il n'est pas du tout dans
16:36une logique économique, il est dans une logique politique
16:38donc je pense qu'il faut arrêter, avoir
16:40une vision purement européen
16:42on va dire, et de se dire comment, à quoi ça
16:44correspond etc. C'est pas ça le sujet
16:46il est vraiment dans une doxa politique donc il n'y a pas de cohérence
16:48économique. Une fois qu'on a dit ça et c'est
16:50vrai qu'on peut se moquer
16:52des taux etc. Bon le problème
16:54c'est que c'est effectif et que ça va avoir un vrai impact
16:56et sur le commerce international et
16:58on va dire sur la croissance, donc c'est
17:00quelque chose qui est réel. Là en effet
17:02où c'est très important c'est qu'on est
17:04la première puissance commerciale au monde
17:06et là où je reviendrai par rapport à ce que vous avez dit
17:08attention de dire qu'on est divisé
17:10la compétence du commerce c'est
17:12une compétence de l'Union Européenne
17:14s'il y a deux compétences qui sont bien celles de l'Union
17:16c'est un le commerce, deux la politique monétaire
17:18le reste en effet on n'a pas fait Union
17:20mais sur ces deux compétences là, il ne peut pas
17:22nous diviser. Demain la France, l'Italie ne peuvent
17:24pas aller le voir et lui dire bah voilà je vais t'igner un accord
17:26seulement avec toi. Donc ça c'est aussi factuel
17:28je pense qu'on ne le dit pas assez
17:30on dit voilà les pays européens vont
17:32se désunir pour essayer de voir avec les
17:34Etats-Unis. Vous allez me dire à Trump 1 on se souvient
17:36d'Angela Merkel qui le lendemain des trois douanes
17:38sur les voitures étaient aux Etats-Unis
17:40tout à fait. Là on voit que même en Allemagne
17:42ça a changé et que là l'Europe
17:44vraiment peut jouer
17:46et joue au niveau de l'Union et que c'est aussi
17:48pour ça qu'il est prêt à négocier parce que
17:50c'est l'Union Européenne, c'est pas juste la France ou l'Allemagne
17:52où il n'y aurait même pas de débat. Donc ça c'est quand même
17:54très important de pas venir
17:56déjà en disant là il nous a donné une baffe et on est déjà
17:58mort. Deuxième élément
18:00on est en excédent, c'est à dire qu'on leur
18:02exporte beaucoup plus de biens manufacturés, c'est pour ça
18:04qu'on a des droits de douane. Donc là quand
18:06on parle d'une puissance qui est en excédent et celle
18:08qui est en déficer, bah qui est en puissance ?
18:10Vous diriez ça à Poutine ou à Trump,
18:12qu'est-ce qu'il vous dirait ? Il vous dirait que c'est celui qui est excédentaire.
18:14Donc c'est nous. Donc c'est très étonnant
18:16aussi de se présenter comme, attention
18:18là aussi on est en difficulté
18:20alors que c'est les Etats-Unis qui sont
18:22déficitaires par rapport à nos biens. Bon.
18:24Donc ça aussi, demain les Etats-Unis
18:26de toute façon du jour au lendemain ne pourront pas se
18:28réindustrialiser sur tout. Les
18:30consommateurs américains vont continuer de consommer
18:32et vont continuer de consommer des produits étrangers
18:34donc là aussi on est en rapport de force parce que
18:36le risque inflationniste il est réel. Et puis
18:38trois éléments c'est en effet ce qu'on importe des Etats-Unis.
18:40C'est quoi ? Des services financiers, des services
18:42numériques. Pour ces deux éléments, donc on va dire
18:44les banques, les plateformes, premier marché
18:46c'est le marché européen
18:48comme ça a été dit. Et c'est des centaines et des centaines
18:50de milliards qui sont en jeu. Et bien là
18:52aussi, bien sûr la commission veut le garder un peu comme
18:54bazooka en dernier recours, nous
18:56avons les moyens, encore une fois,
18:58au niveau de l'Europe, de réagir en disant
19:00très bien vous mettez des taxes mais nous on peut mettre aussi des taxes
19:02sur l'accès au marché unique
19:04sur ces services. Et là en effet c'est encore
19:06des centaines et des centaines de milliards
19:08derrière qui sont en jeu. Donc on a
19:10des moyens de riposter. Par contre
19:12et là il sait que c'est vraiment notre faiblesse
19:14c'est on ne se vit pas comme une puissance
19:16par rapport à la Chine, la Russie et les Etats-Unis.
19:18Et c'est ça notre faiblesse. A chaque fois que
19:20l'on a des claques comme ça, on se dit
19:22comment on va faire, il faut essayer de chercher de négocier
19:24etc. Et ça il le sait, il va
19:26jouer là-dessus. Donc ne tombons pas
19:28dans le panneau, arrêtons avec la
19:30rationalité économique qui n'existe pas
19:32et prenons ces armes et négocions
19:34pour qu'en effet si on dit
19:36on commence à taxer les services numériques
19:38et ça a des impacts importants
19:40sur les personnes qui le soutiennent, là je pense
19:42qu'il va revoir sa copie.
19:43Les 27 sont-ils capables de vraiment
19:45travailler ensemble et de répondre
19:47aux provocations du président américain ?
19:49On va en débattre dans un instant.
19:51RTL, on refait le monde
19:53avec Yves Calvi.
19:55RTL soir,
19:57on refait le monde avec Yves Calvi.
19:59Et je me tourne vers Patrick Martin-Genier.
20:01Si on en reste là, quelles conséquences
20:03très concrètes pour l'économie française
20:05et puis surtout, Patrick Martin-Genier,
20:07comment,
20:09on se posera dix fois la question dans
20:11cette émission, qu'est-ce qu'on peut lui
20:13rétorquer et comment peut-on lui répondre ?
20:15Écoutez,
20:17chaque pays a ses caractéristiques
20:19en termes économiques, par exemple
20:21la France va être considérablement affectée
20:23pour sa filière viticole,
20:25les spiritueux,
20:27le champagne bien évidemment et donc
20:29cela met en danger la filière viticole et le président
20:31de la République en est parfaitement conscient.
20:33Ceci dit, l'Italie exporte
20:35moins que nous sur ses produits
20:37aux Etats-Unis
20:39et enfin l'Allemagne est fortement
20:41impactée par les exportations
20:43pour l'industrie automobile.
20:45Les grandes berlines allemandes, vous savez que
20:47Donald Trump a véritablement une obsession
20:49là-dessus. Donc, qu'est-ce qu'on peut faire ?
20:51Votre intervenante
20:53sur le plateau disait tout à l'heure, nous sommes unis.
20:55Je suis désolé de vous dire que l'Europe
20:57n'est pas nécessairement unie pour faire face
20:59à cette augmentation
21:01des tarifs américains. Pourquoi ? C'est vrai que
21:03si c'est de l'incompétence de la Commission
21:05européenne qui a la responsabilité de la politique
21:07douanière et commerciale,
21:09on voit bien qu'aujourd'hui
21:11certains pays vont être tentés
21:13de défendre leur propre industrie, ce qui ne veut pas
21:15dire qu'on ne pourra pas imposer d'autres taxes
21:17via la Commission européenne,
21:19mais il va y avoir un débat au sein du
21:21Conseil européen du chef d'État et du gouvernement
21:23car manifestement, et je l'ai vu dans le
21:25communiqué de la présidente de la Commission européenne
21:27ce matin, certains ne souhaitent pas
21:29qu'il y ait une escalade tarifaire.
21:31C'est pour ça que le commissaire européen
21:33au commerce va aller à Washington, va tenter de
21:35négocier, mais vous pensez bien
21:37que s'agissant de l'Allemagne, les
21:39exportations automobiles représentent presque
21:41un tiers des exportations
21:43donc allemandes à l'exportation
21:45aux États-Unis, un tiers des exportations
21:47allemandes en matière d'automobiles, donc je
21:49pense qu'il va tout de même y avoir une tentation
21:51de certains pays de négocier
21:53directement à Washington,
21:55au-delà de la Commission européenne
21:57même si effectivement, juridiquement, c'est
21:59de la responsabilité de la Commission.
22:01En revanche, ce qu'il est possible de faire
22:03c'est effectivement d'imposer les droits de douane
22:05sur un certain nombre de produits
22:07dont les bourbons américains,
22:09mais vous avez vu que la conséquence,
22:11c'est que ce sont les spiritueux
22:13les vins français qui vont
22:15en subir les conséquences.
22:16Nous ne sommes pas égaux en tant qu'européens
22:18face aux menaces du président américain
22:20M. Liu.
22:22Oui, parce que de toute façon, on n'est pas au même niveau
22:24en termes d'exportation entre les Allemands
22:26et les Français. On sait bien que les Français ne sont pas
22:28des géants et des champions de l'exportation.
22:30Je suis néanmoins un tout petit peu plus optimiste
22:32par rapport à ça parce que
22:34si on compare avec la situation du premier mandat
22:36de Donald Trump où il y a déjà eu un bras de fer
22:38douanier, c'était à l'époque
22:40à cause du dossier Boeing Airbus,
22:42on était particulièrement divisés
22:44et Trump avait joué la division
22:46c'est-à-dire que, par exemple, sur les tarifs
22:48douaniers, il avait taxé fortement
22:50le champagne et était très indulgent
22:52avec le Proceco, je prends cet exemple-là pour que ça parle
22:54à peu près à tout le monde.
22:56Là, c'est pas le cas, c'est-à-dire que
22:58à la fois, il parle à l'Union
23:00Européenne dans son ensemble,
23:02il ne différencie pas les pays et de
23:04l'autre côté quand même, très différent par rapport
23:06à il y a 5 ans, je trouve qu'on joue
23:08groupé. C'est-à-dire que les Allemands
23:10sont beaucoup plus
23:12fédérés
23:14à l'Europe qu'ils ne l'étaient il y a 5 ans
23:16où ils nous avaient lâché en rase campagne
23:18sur la taxe GAFA par exemple.
23:20Les Italiens de Giorgia Meloni
23:22qui pourraient être assez
23:24tentés par le système Trump n'ont pas
23:26réagi pour dire, nous on va jouer notre propre
23:28partition. Donc, vous voyez, il y a quand même
23:30par rapport à ce qu'on a déjà connu,
23:32je trouve un effet de groupe
23:34et de solidarité entre Européens qui est peut-être
23:36une chance d'ailleurs d'arriver à constituer
23:38une espèce d'Europe solidifiée
23:40monolithique en termes
23:42économiques. Le président Macron appelle quand même
23:44à stopper les investissements aux
23:46Etats-Unis. Est-ce que c'est quelque chose
23:48qui peut être entendu ? Est-ce que c'est quelque chose de sérieux ?
23:50Yannick Mireur ?
23:52Ou c'est une réponse
23:54comme ça,
23:56outragée ? Je pense que je
23:58prendrais plutôt la carte du second scénario,
24:00parce qu'il y a quand même des lignes de force
24:02et puis des choses permanentes, c'est ce qu'on disait
24:04tout à l'heure, c'est-à-dire que
24:06l'éruption Trump
24:08et en termes de calendrier
24:10quand même se distingue beaucoup
24:12du temps nécessaire aux industries
24:14et aux flux du commerce international
24:16aux chaînes d'approvisionnement dont on parlait
24:18tout à l'heure. Il y a une
24:20économiste américaine
24:22Susan Berger qui a très bien résumé les choses
24:24du Made in France, Made in USA, Made in China
24:26elle a appelé ça Made in Monde, qui était le titre d'un de ses livres
24:28il y a déjà longtemps, qui expliquait justement
24:30la segmentation de toute la chaîne de valeur
24:32d'un produit qui est assemblé au Vietnam pour tel parti
24:34réassemblé en Thaïlande pour tel autre
24:36puis importé aux Etats-Unis puis finalisé
24:38et ce qui fait qu'aujourd'hui le Made in France
24:40était un gros sujet dans les années 2000 et 2010
24:42ça représente quoi exactement ? C'est plus 100%
24:44du produit, c'est peut-être
24:4615% et d'ailleurs maintenant
24:48il y a de nouveaux labels, vous savez
24:50conçus en Italie, en Allemagne
24:52il y a une fragmentation, il y a une complexification
24:54et donc le temps de tout ça, que ce soit pour
24:56l'imbriquer ou le désimbriquer comme voudrait le monsieur Trump
24:58on parle de decoupling
25:00de découpler les Etats-Unis de la Chine
25:02et très vite les milieux économiques
25:04ont dit mais tout à fait inconcevable
25:06de penser les choses de cette manière parce qu'en réalité
25:08c'est irréalisable quasiment
25:10ce que vous prétendez
25:12vouloir faire, bref il y a une dichotomie
25:14très forte entre les effets d'annonce
25:16le discours très simpliste
25:18évidemment économique de monsieur Trump
25:20par rapport aux réalités économiques
25:22y compris américaine bien sûr et mondiale
25:24et donc la réaction du président de la République
25:26elle me paraît être plutôt de la deuxième option
25:28avoir quelque chose, une obfuscation
25:30bien légitime d'ailleurs puisqu'il y a des investissements
25:32français, des sources de production
25:34des usines
25:36que ce soit dans le luxe ou comme Airbus
25:38qui a porté bonheur
25:40à Airbus par rapport à son concurrent Boeing
25:42lorsque les taxes
25:44de la première présidente Trump ont été imposées
25:46dans le domaine de l'aéronautique, ça a bénéficié
25:48beaucoup plus à Airbus qu'à Boeing
25:50donc les choses sont infiniment plus complexes
25:52qu'on peut penser et donc la question
25:54c'est la stabilité tout de même
25:56la maintenance d'une présence
25:58industrielle et de production
26:00pas que française, européenne
26:02dans l'avenir. Un petit point si vous
26:04m'autorisez par rapport à ce que vous venez de dire très justement
26:06sur l'Allemagne, évidemment
26:08je pense qu'avec l'élection de monsieur Maersk et les déclarations
26:10foudroyantes qu'il a faites en termes de
26:12stratégie internationale, de réarmement
26:14des questions sur le nucléaire
26:16aussi une volte-face à 180 degrés
26:18de ce qu'a été la doctrine allemande pendant tant de décennies
26:20je pense que c'est prendre la mesure
26:22des défis internationaux et donc
26:24effectivement amène à repenser
26:26ce qui est le bénéfice et ce qui est
26:28le désavantage de l'Allemagne qui ne peut plus jouer entièrement
26:30solo parce que ça sera à son détriment
26:32sur le plus long terme.
26:34Alexandre Sobo, je vous poserai
26:36une question un peu plus profonde dans quelques instants
26:38mais quand même, vous avez croisé le président de la République aujourd'hui
26:40est-ce que vous l'avez senti inquiet
26:42ou plutôt assez
26:44stable sur ce qu'il faut faire ?
26:46Déterminé.
26:48Il n'y a aucun doute de toute façon
26:50on ne peut pas
26:52ne pas se battre.
26:54On est dans une position
26:56de négociation et on évoquait
26:58les conséquences.
27:00Les conséquences pour les Etats-Unis
27:02de ces décisions ne seront pas bonnes.
27:04Vous nous expliquez ça
27:06dans un instant ? Je sais que c'est frustrant
27:08et je vous redonne la parole, je m'y engage.
27:22Je me trompe vers vous Alexandre Sobo
27:24qui est le président de France Industrie. Est-ce que ça va être
27:26dur pour lui aussi ? Je parle du président américain
27:28et de son pays. On évoquait par exemple
27:30les décisions d'investissement, est-ce qu'il faut les suspendre
27:32mais il n'y a pas besoin que le président de la République
27:34donne des instructions ? Vous êtes dans un
27:36environnement où vous ne savez pas comment vous serez
27:38taxés, vous ne savez pas comment fonctionnent vos chaînes de valeur.
27:40On vous parle de restrictions d'immigration
27:42dans un pays qui est au plein emploi. Vous n'êtes pas sûr
27:44que vous trouverez la ressource humaine
27:46pour remplir votre usine. Dans ces moments d'incertitude
27:48il est bien évident
27:50que les gens vont appuyer sur la touche
27:52pause de décisions lourdes d'investissement
27:54pour peu que ce soit lié à ce sujet.
27:56Vous avez toujours des activités de proximité
27:58notamment liées à la construction
28:00les choses voyagent mal, c'est que de la proximité
28:02c'est le business proche
28:04qui va faire les décisions
28:06donc tout ça ne peut pas être bon. Tout ce qui rentre
28:08aux Etats-Unis aujourd'hui
28:10et qui va être taxé, s'il n'y a pas de possibilité
28:12à court terme de substitution, ça va juste
28:14être plus cher. Donc le consommateur
28:16américain va acheter la même chose plus cher.
28:18Donc tous ces éléments
28:20vont peser sur le moral
28:22du consommateur, sur l'activité économique
28:24aux Etats-Unis, pour un bénéfice
28:26qui paraît assez ténu.
28:28Un pays au plein emploi
28:30qui veut réduire l'immigration, qui n'a pas
28:32de capacité de production disponible
28:34et qui dit je veux faire plus chez moi
28:36avec des mesures de très court terme, c'est pas de la stratégie
28:38au moins l'IRA du
28:40président Biden, on a
28:42accompagné des orientations stratégiques
28:44sur le long terme, on créé les conditions
28:46pour que non seulement on ait la volonté mais qu'on puisse l'exécuter.
28:48Là, si les droits de douane
28:50entrent en vigueur complètement
28:52et brutalement, la première victime
28:54de ces droits ce sera
28:56le consommateur américain. Et après,
28:58tous ceux qui fournissent, évidemment,
29:00il y aura des répercussions, des détournements de flux
29:02de l'Asie vers l'Europe, du renforcement
29:04de la concurrence, donc ce sera drôle
29:06pour personne, mais ce sera à l'évidence
29:08plus difficile pour nos amis américains
29:10que pour nous. Et donc
29:12la question dans cette période de négociation
29:14comment on trouve des leviers pour que
29:16ce coût pour l'Amérique soit le plus élevé
29:18possible pour que quand il s'assoit
29:20à la table de négociation, on en vienne à bout
29:22le plus vite possible.
29:24Quelles sont les solutions
29:26aujourd'hui pour les affronter ?
29:28Là, on va entrer dans une période
29:30de bras de fer et de négociation.
29:32Je vois deux éléments qui peuvent
29:34faire un peu caler
29:36Donald Trump ou auquel il sera
29:38sensible, puisque visiblement pour l'instant
29:40la dépression des marchés financiers
29:42qui existe depuis maintenant trois semaines,
29:44un mois quand même, il l'a vu venir et il a quand même
29:46maintenu sa stratégie. Je pense
29:48que le premier élément c'est l'opinion publique,
29:50comme le disait Alexandre Sobo, c'est-à-dire
29:52qu'il a quand même été élu avec la promesse faite
29:54aux Américains en prenant
29:56sa campagne sur le prix des oeufs, en disant
29:58moi je vais vous faire baisser le prix et baisser l'inflation.
30:00Là, tout ce qu'il met en place a plutôt
30:02tendance à faire augmenter les prix, donc l'opinion publique
30:04peut se retourner. Et puis il y a quand même un deuxième
30:06élément, c'est Elon Musk.
30:08Mine de rien, il est quand même dans la machine,
30:10il est dans la Matrix, il est au sein de la maison
30:12blanche et lui, il est en train de perdre beaucoup
30:14d'argent, il est en train
30:16d'avoir des difficultés
30:18aussi bien boursières que
30:20Dimash. Ses actionnaires lui demandent
30:22de quitter son entreprise Tesla, donc
30:24il peut potentiellement être
30:26la voix des entreprises et des entrepreneurs
30:28et avoir peut-être l'oreille de
30:30Donald Trump plus que les autres
30:32chefs d'entreprise aux Etats-Unis, on va dire.
30:34Anne-Sophie Alcif,
30:36l'Europe menace de taxer la tech
30:38aux Etats-Unis.
30:40C'est une vraie menace ?
30:42C'est une vraie menace.
30:44Et ça pourrait se passer comment, concrètement ?
30:46Ce serait de mettre des taxes
30:48pour que, notamment sur les services
30:50numériques, qu'il y ait
30:52une taxe pour avoir accès au marché européen.
30:54Et ça, c'est
30:56quelque chose... Pardon, mais quand je me connecte
30:58à Google, je ne paye rien ?
31:00Oui, tout à fait, mais par exemple, quand vous voulez avoir
31:02Netflix ou vous voulez avoir d'autres
31:04plateformes, pour ne pas les citer,
31:06demain, le législateur européen peut dire
31:08pour avoir accès au marché,
31:10vous devez payer cette taxe, sinon le consommateur
31:12européen n'aura plus accès à votre plateforme.
31:14On a eu par exemple ce genre de choses
31:16en Chine, où vous aviez des plateformes
31:18américaines qui sont toujours...
31:20Vous ne pouvez pas avoir accès.
31:22Donc ça, c'est vraiment un peu le
31:24bazooka pour la Commission européenne, le dernier
31:26recours. Il faut savoir qu'on parle toujours
31:28du déficit sur le manufacturé, mais là, sur
31:30justement les services financiers et sur la tech,
31:32ils sont très excédentaires.
31:34C'est vrai que Donald Trump n'en parle pas, mais
31:36là, ils sont très, très, très excédentaires.
31:38Et donc, là-dessus, on pourrait avoir des recours.
31:40Et d'ailleurs, officieusement,
31:42on se dit, ces droits de douane, c'est aussi l'idée
31:44parce que la Commission, c'était vraiment dans
31:46les tuyaux de voir ça, parce que beaucoup
31:48d'entreprises ne payent en fait aucune taxe
31:50sur ces services. Donc il y a vraiment l'idée
31:52de la Commission européenne de faire payer.
31:54Peut-être aussi de négocier ces droits de douane pour
31:56dire, est-ce que vous pouvez mettre de côté
31:58ce genre de règlement, ou peut-être les législations que vous avez prévues
32:00de mettre sur ces services.
32:02Donc là aussi, peut-être que pour
32:04l'Europe, c'est vraiment une carte à jouer.
32:06Mais encore une fois, avant de jouer cette carte,
32:08je pense qu'il faut déjà répondre
32:10sur le fond, où là, on peut être vraiment
32:12en rapport de force, si encore une fois,
32:14on est unis. Et je le rappelle, même s'il y a des dissensions
32:16politiques, et on voit qu'on en a un. L'Allemagne
32:18certes, exporte un tiers
32:20de ses exports automobiles
32:22aux Etats-Unis, mais c'est qui ses premiers clients ?
32:24Ça reste l'Union européenne.
32:26Et je crois que maintenant, ils en ont conscience et ils le savent.
32:28En dotant les réponses de Yannick Mireur et d'Alexandre
32:30Sobo. Pour compléter sur le numérique,
32:32c'est important de savoir qu'il y a la fiscalité,
32:34mais aussi toutes les armes
32:36d'antitrust européens, si on n'a plus de position
32:38dominante, qui sont un levier considérable.
32:40Et c'est vraiment le choc de
32:42Titanesque, si je puis dire, même si nous n'avons pas cette industrie
32:44chez nous, pour mille raisons.
32:46Mais c'est aussi là, un levier très important
32:48d'action sur les gaffes-femmes
32:50si elles veulent bénéficier, comme c'est le cas
32:52aujourd'hui, avec très peu de taxes
32:54d'ailleurs, de l'immense marché
32:56européen. Donc ça, c'est un levier
32:58très important pour l'Europe.
33:00Dans juste un mot, ne faisons pas
33:02la même erreur que les Américains. Si on
33:04taxe quelque chose, c'est qu'on est capable de fournir
33:06en local le service. Parce que
33:08sinon, c'est le consommateur qui paye la taxe.
33:10Aujourd'hui, j'achète une licence Microsoft,
33:12je n'ai pas de concurrent. Si on taxe
33:14de 20% la licence Microsoft, la seule chose qui
33:16va se passer, c'est que le consommateur européen
33:18va payer sa licence 20% plus cher.
33:20Et donc, il faut trouver
33:22si on veut appliquer les tarifs, les endroits
33:24où nous avons une capacité à très courte
33:26de substitution. Sinon, fais la même erreur
33:28que les Américains, et il ne faut surtout pas.
33:30La guerre des tarifs, nous dites-vous, à la fin
33:32de cette émission. Merci infiniment, les uns et les
33:34autres. Sachez que demain, à 7h40, c'est
33:36le prochain député européen, Daniel Cohn-Bendit,
33:38qui sera l'invité de la matinale d'RTL. Et dans un instant,
33:40c'est Faustine Bollard que vous retrouvez pour son émission
33:42Héros. Bonsoir Faustine, qui est
33:44votre invitée ? Bonsoir à tous, bonsoir
33:46Yves. Immersions ce soir dans l'affaire
33:48du tueur du Zodiac.
33:50Imaginez, notre héros de ce soir était juste
33:52chez lui, devant son ordinateur,
33:54quand pendant le confinement, il a reçu un article
33:56parlant justement du tueur du Zodiac.
33:58Et il va se plonger
34:00dans le décryptage de ces
34:02énigmes laissées par le criminel.
34:04Et vous allez voir que c'est incroyable.
34:06Mais lui, chez lui, notre petit français
34:08va réussir à apporter des
34:10avancées majeures à l'enquête.
34:12C'est absolument passionnant,
34:14voire même incroyable.
34:16A tout de suite sur RTL, on va écouter pas à pas
34:18son histoire et son enquête.
34:20Merci Faustine, RTL. Il est 20h.