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00:00Europe 1 Soir. 19h21, Pierre de Villeneuve.
00:04Saint-Ouen-sur-Seine en Seine-Saint-Denis, c'est l'histoire d'une école qui est au
00:10coeur d'une cité avec des élèves évidemment qui apprennent à lire, à écrire et autour
00:16qu'est-ce qu'il y a ? Il y a des dealers qui font du trafic de drogue et donc la municipalité
00:21s'est retrouvée dans la situation infernale de se dire qu'il faudrait peut-être déménager
00:27l'école plutôt que de déménager les dealers, écoutait ce parent d'élèves dépité.
00:31Moi ma fille retrouvait un sachet, on parle de sachet avec de la cocaïne donc c'est un
00:37pouce dans la bouche, évite d'arriver après avoir cru que c'était du sucre. C'est aussi
00:40des jets de projectiles contre des fenêtres, c'est un climat qui n'est pas normal pour
00:45une école. Bien sûr que c'est triste mais on sait aussi que le deal est puissant, que
00:51ça ne se résout pas comme ça. Jusqu'à présent on arrivait à faire tenir les choses
00:55tout le monde est attaché à cette école, c'est une petite école, il n'y a que quatre
00:59classes, c'est vraiment un endroit qui est très agréable. Qu'est-ce qu'on attend ?
01:02Est-ce qu'on attend qu'un accident arrive ou est-ce qu'on considère que suffisamment
01:07d'événements sont arrivés pour dire maintenant ça suffit ?
01:10Question, est-ce que c'est un recul du service public Georges Fenech ?
01:13C'est même un recul de l'état de droit, c'est un recul, vous savez on parle des zones
01:18de non-droit, là on a un exemple flagrant, le territoire perdu de la République où
01:24l'autorité recule face au crime, et c'est le crime qui l'emporte. C'est quand même
01:30effrayant de voir qu'on en est arrivé là et ce n'est pas d'ailleurs la première
01:33fois que ce genre de choses se produit dans notre pays. Vous vous souvenez, je crois que
01:36c'était à l'université d'Aix-en-Provence qu'il y avait eu des problèmes. Donc non,
01:41moi je pense que j'attends vraiment de Bruno Retailleau qui a montré effectivement beaucoup
01:47de fermeté là-dessus, cette loi qui vient d'être adoptée, cette volonté manifestée
01:52à tous les niveaux, qu'elle fasse reculer le crime et qu'on ne déplace plus les écoles.
01:57Bon, alors il y a une votation demain, des parents, mais enfin bon, je pense que la décision
02:02est déjà prise. Louis Osalter ?
02:03Bah oui, symboliquement ça envoie un signal désastreux, selon lequel il y a des territoires
02:09où la République, la France n'est plus chez elles, et en fait ça nous fait prendre la
02:14mesure du changement de dimension du narcotrafic. Et je pense que tout le monde, dans l'opinion,
02:18dans la classe politique, tout le monde n'en a pas pris la mesure. On n'est plus sur des
02:21quartiers où c'est les petits dealers, les trois petits dealers du coin qui vendent des
02:26barrettes de shit sous le manteau. Bon, déjà ça c'était pas bien, c'était grave, c'était
02:29illégal, c'est tout ce que vous voulez. Mais on a affaire à des multinationales,
02:33on a affaire à des mafias. Bruno Retailleau a pu parler de mexicanisation, en tout cas
02:38de risque de mexicanisation de la France. Ça veut dire quoi concrètement pour ces quartiers ?
02:42Ça veut dire que des filiales avec des énormes moyens, recrutant des tueurs à gage, qui sont
02:47prêts à tout, sont prêts à se battre à la Kalachnikov pour remporter des points de deal. Donc
02:52c'est pas des bagarres. C'est un sujet très grave. Il faut se donner les moyens de les combattre,
02:58mais le problème c'est que c'est à l'échelle internationale, donc on n'a pas encore au niveau
03:02local les conséquences de ce combat mené à l'échelle internationale.

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