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00:00Est-on face à un coup de force, comme on l'a entendu aujourd'hui ?
00:03Une manifestation place-vobants qui se trouve à 300 mètres de l'Assemblée nationale,
00:07peut-elle être assimilée à un coup de force ?
00:09C'est en tout cas ce que disent certains opposants au Rassemblement national,
00:12puisque dimanche il y aura un rassemblement en soutien à Marine Le Pen,
00:16lors duquel elle prendra la parole.
00:17On va d'abord écouter Jordan Bardella, qui démontre cette information,
00:20puis ensuite on écoutera Xavier Bertrand.
00:21D'abord M. Bardella.
00:23Non, ce n'est pas un coup de force, c'est au contraire une défense très claire
00:27et très profonde de l'État de droit et de la démocratie française.
00:29C'est une mobilisation, en réalité, non pas contre, mais pour la démocratie française.
00:34Il faut bien que les Français aient conscience de ce qui est en train de se passer aujourd'hui dans le pays.
00:38Et donc ça nous semblait nécessaire, en tout cas pour Marine, pour moi, pour ses soutiens.
00:43Éric Ciotti, je crois, sera présent également à nos côtés.
00:47Que nous puissions nous exprimer directement aux Français
00:51par l'intermédiaire de ces discours qui seront prononcés dimanche
00:54avec l'ensemble de nos cadres, de nos parlementaires et de nos militants.
00:58Voilà. En revanche, on va écouter Xavier Bertrand, président de la région des Hauts-de-France,
01:02qui, lui, n'en est pas du tout d'accord avec Jean-Denis Bardella.
01:05Il estime que c'est un coup de force et qu'il fait même le lien avec l'assaut du Capitole
01:09par les partisans de Trump en 2020. Écoutons Xavier Bertrand.
01:13Le Rassemblement national a appelé à une manifestation.
01:17Mais c'est quoi l'étape d'après ?
01:19Il va falloir aller manifester.
01:20Ils vont appeler à manifester devant un tribunal, devant un tribunal.
01:23Ce n'est pas ce qui a été dit hier.
01:24Mais c'est quoi la dérive suivante ?
01:25Vous savez ce que ça me rappelle ?
01:27Je n'ai pas envie qu'on joue un mauvais remède du Capitole.
01:29Parce qu'à force, justement, de s'en prendre au magistrat.
01:36Vous vous rendez compte que la présidente du tribunal correctionnel,
01:39elle est aujourd'hui sous protection.
01:41150 magistrats en France, on en parlait.
01:43J'ai entendu tout à l'heure sur votre antenne.
01:45Mais elle-même, pour cette décision qui a été prise, elle est sous protection.
01:49Et à cause de quoi ?
01:50De ce climat qui a été aujourd'hui instauré.
01:53Est-ce qu'il y a un climat pré-insurrectionnel dans notre pays avec cette manifestation ?
01:58Je commence par vous, Eugénie Bastier.
02:01Xavier Bertrand avait déjà lâché François Fillon
02:03quand celui-ci avait fait sa manifestation en Trocadéro.
02:06Vous vous souvenez ? Un peu dans les mêmes circonstances.
02:07Oui, c'était un peu une manifestation.
02:08Ils étaient nombreux à avoir lâché François Fillon à ce moment-là.
02:11On se souvient, en tout cas, qu'il y a ce précédent
02:12de la manifestation en Trocadéro de François Fillon
02:15comme protestation, justement, contre le coup d'État judiciaire
02:18pendant l'imprésidentiel, l'empêcher d'être candidat, etc.
02:21Moi, je ne crois pas du tout qu'il y ait une menace démocratique.
02:24Je crois qu'effectivement, il faut distinguer entre les appels
02:27et les menaces directes envers les juges qui sont inadmissibles.
02:29Mais on a le droit...
02:30Condamnés par tout le monde, y compris par l'ORN.
02:32Y compris par l'ORN, il faut le rappeler.
02:33Ce qui est très différent, d'ailleurs, de l'attitude trumpiste,
02:35rappelons-le, aux États-Unis, où Trump ne condamnait jamais les violences.
02:39Et au Capitole, il a même encouragé les violences.
02:42Il a gracié quand même les violents.
02:46Mais donc, c'est quand même des attitudes différentes.
02:47Et je crois qu'on a le droit d'être choqués par cette décision.
02:52On a le droit de la critiquer.
02:54Et d'ailleurs, ce que fait une grande partie de la classe politique,
02:56au-delà même du Rassemblement national.
02:59Et cette volonté de...
03:01On a l'impression que la seule attitude tolérable,
03:03ce serait de, finalement, pour Marine Le Pen,
03:06de se taire, de baisser la tête et d'accepter complètement son effacement politique.
03:09Où était M. Xavier Vertrand, il y a seulement quelques semaines,
03:13quand la gauche espérait une grande manifestation
03:16qui avait initialement été sur une affiche antisémite.
03:21Est-ce qu'il a demandé l'interdiction de cette manifestation
03:24dans Paris et dans toute la France ?
03:25Est-ce qu'il appelait au retour du bruit des votes ?
03:27Est-ce qu'il était inquiet ?
03:28Je ne le crois pas.
03:29Et puis, dans l'esphère de la Transformation nationale,
03:31Xavier Vertrand est quand même au sommet.
03:33C'est lui qui accusait Jordane Bardella de vouloir lui casser la mâchoire.
03:36Donc, vous savez, quand même, il faut savoir raison garder.
03:39Et M. Vertrand, malheureusement, dans ses interviews, ne le fait jamais.
03:41Alors, Xavier Vertrand a loupé deux postes
03:44à cause de Marine Le Pen qui a dit qu'elle le censurerait
03:47s'il était à Matignon et qu'elle le censurerait s'il était garde des Sceaux.
03:50Donc, Xavier Vertrand, il est très vexé.
03:53Il a vu ses deux beaux portefeuilles lui échapper
03:56et rester bloqué dans son conseil régional des Hauts-de-France.
04:00Donc, évidemment, il est un peu...
04:00Ce qui n'est pas rien.
04:01Ce qui n'est pas rien.
04:02Et ce qui est très noble.
04:03Mais lui, il voulait autre chose.
04:05Écoutez, moi-même, ayant vécu dans le Nord,
04:07non pas de la France, mais de l'Europe,
04:09il n'y a aucun problème, il n'y a aucun sujet.
04:11Mais il est un peu comme le ciel du Nord,
04:13il est un peu gris, Xavier Vertrand.
04:15Donc, évidemment, il y a un contentieux personnel,
04:18en plus, entre Marine Le Pen et lui.
04:20Après, moi, je vais rejoindre Jules Torres.
04:22C'est-à-dire qu'on n'est tellement pas habitué
04:24à ce que la droite descende dans la rue,
04:26la droite nationale en l'occurrence,
04:28que ça surprend un rassemblement statique Place Vauban
04:31pour écouter Marine Le Pen, Éric Ciotti et Jordan Bardella.
04:34Et je vous fiche mon billet que s'il y a le moindre débordement,
04:38ça sera de la faute des antifas qui vont venir s'inviter au rassemblement
04:41pour essayer, pour les citer, de casser du facho.
04:44C'est, eux, la principale menace, ou du flic.
04:47Et puis...
04:48Mon ami aura beaucoup de policiers.
04:49C'est fort probable, c'est fort probable.
04:51Mais comme le disait Jules, quand la gauche descend dans la rue,
04:54c'est-à-dire à peu près tous les jours,
04:55j'entends pas Xavier Vertrand s'émouvoir
04:58d'un potentiel risque de prise de l'Assemblée nationale.
05:02Évidemment, vous avez vu Marine Le Pen,
05:03elle a déjà poussé, pour elle,
05:05qui était dans la stratégie de normalisation,
05:07le curseur au maximum,
05:08en disant que c'était une décision politique,
05:11Jordan Bardella, qu'il y avait une tyrannie des juges.
05:14Ils sont, à mon avis, déjà allés au maximum de ce qu'ils veulent faire.
05:17Pas de ce qu'ils peuvent faire,
05:18mais de ce qu'ils veulent faire comme discours antisystème,
05:21alors que Marine Le Pen, évidemment, toutes ces dernières années,
05:24c'était une stratégie de normalisation.
05:26Donc la droite a le droit de manifester,
05:28tout comme la gauche, qu'il fait de manière beaucoup plus...
05:30Ils ont déjà condamné des débordements,
05:33alors même que la manifestation n'est même pas eu lieu.
05:35Donc c'est quand même la preuve qu'ils veulent pas réaliser un coup de force,
05:37mais une démonstration de force.
05:39Et le mot pacifique est sur chacun de leurs tracts.
05:41Je vois pas le même mot sur les tracts de la France insoumise.
05:43Sur ce, c'est échanger gros de contre...
05:45Effectivement, c'est incroyable.
05:47Quand Jean-Luc Mélenchon appelle à l'insurrection,
05:49fait des manifs pour appeler à l'insurrection,
05:51on n'entend personne.
05:53C'est dommage pour Xavier Bertrand,
05:55qui est quand même censé être de droite,
05:58de taper toujours sur des gens
05:59qui devraient être quand même un peu plus proches de lui
06:02que le Parti communiste ou l'extrême gauche.
06:06Mais c'est tellement excessif que c'est un peu grotesque,
06:10si vous voulez.
06:10Donc, non, il n'y aura sans doute pas de violence.
06:14Et je trouve que c'est même ça, dans une démocratie,
06:16qu'on puisse critiquer les décisions de justice.
06:18En fait, si on regarde bien,
06:20c'est dans les dictatures réelles
06:22qu'on ne critique pas les décisions de justice.
06:24Je pense qu'on n'a jamais vu de manifestation
06:26quand Vladimir Poutine a envoyé ses opposants en prison
06:29ou quand M. Tedmoune envoie Boalem Sansal
06:32en prison extrêmement violemment.
06:36Donc, c'est plutôt une bonne chose.
06:38Effectivement, il doit y avoir séparation des pouvoirs,
06:41mais on a encore le droit d'interroger les institutions.
06:43Justement, il y a une très grande défiance de la population
06:46aujourd'hui d'une partie du peuple français
06:48envers beaucoup d'institutions,
06:50envers l'institution politique, l'institution de la justice.
06:53Et je pense qu'il faut aller au bout de ce débat
06:55parce qu'il y a peut-être certaines de ces institutions
06:57qui ne sont pas parfaites et qu'on pourrait réformer.
07:01Par exemple, qu'il n'y ait plus de jury populaire
07:03quasiment nulle part, y compris dans les cours d'assises,
07:05où finalement, il y en a, mais pour faire joli,
07:07ce sont les juges qui prennent la décision finale.
07:10C'est une vraie question démocratique.
07:12Il y a des pays où on dit c'est choquant,
07:14on voit la photo de la juge.
07:16Alors, si c'est pour lui mettre une cible dans le dos,
07:18évidemment que c'est choquant,
07:19mais il y a plein de pays où les juges
07:21sont des personnalités publiques,
07:22ils se font élire, ils ont à rendre des comptes
07:25sur l'exercice de leur métier.
07:29Moi, je pense que d'ailleurs, il devrait y avoir
07:31une juridiction pour les juges,
07:33comme il y a une police des polices.
07:34Eugénie Bastia, un dernier mot,
07:35après on avance sur le calendrier judiciaire.
07:37Non, sur la logique antisystème
07:40avec laquelle essaie de renouer Marine Le Pen,
07:42à voir si ça fonctionne,
07:43à voir s'il y a du monde dans la rue,
07:44à voir si elle est capable de remobiliser les foules,
07:47comme la gauche le fait d'ailleurs assez facilement.
07:48On voit, ça, ça va être un véritable enjeu.
07:50Et à voir si elle peut tenir sur le long terme,
07:52parce que la grande force du Rassemblement national,
07:54c'est l'unité derrière Marine Le Pen.
07:55Marine Le Pen est une figure incontestée.
07:57Il n'y a jamais une seule critique en interne de Marine Le Pen.
08:00C'est la seule figure politique
08:02qui n'a pas de contestation interne.
08:04Est-ce que ça va durer pendant 18 mois,
08:05sachant qu'elle a cet appel, qu'elle est fragile ?
08:07Est-ce que cette unité va durer,
08:09ce qui fait l'exceptionnalité du Rassemblement national,
08:11va durer dans le temps ?
08:12C'est ça qui m'intéresse.
08:13En même temps, cet appel qui est prévu pour l'été 2026
08:15rend sa voix audible et sa campagne possible.
08:19Elle est la candidate naturelle de ce camp.
08:21Et elle est présumée innocente jusqu'à son passé en appel.
08:23Jusqu'en 2026.
08:24Évidemment, le suspens,
08:26c'est exécution provisoire ou pas en appel,
08:29puisque je ne vois pas comment elle aurait une relax.
08:32C'est quand même, évidemment, le moins probable.
08:34Donc, le suspens, il est sur l'exécution provisoire.
08:37Mais pour aller dans le sens de ce que disait Eugénie,
08:41je vous le dis à l'instant,
08:42la droite n'a pas la culture de la rue, contrairement à la gauche.
08:44D'ailleurs, je note que le RN a choisi la place Vauban.
08:47Il n'a pas choisi, par exemple, la place de la Concorde.
08:49La place Vauban, pour ceux qui nous écoutent...
08:51C'est derrière les Invalides.
08:52C'est extrêmement calme.
08:53C'est une petite place.
08:54C'est très calme, voilà.
08:55C'est une petite place juste derrière les Invalides.
08:58Ni la place du Trocadéro, ni la place du Trocadéro.
08:59Alors, ça porte malchance.
09:00Vous savez, de faire un meeting au Trocadéro,
09:02chaque candidat de droite qui a fait un meeting au Trocadéro,
09:04il a été défait ensuite dans les urnes.
09:06Donc, je pense qu'elle a bien fait de ne pas choisir le Trocadéro.
09:08Il y a un fort symbole de défaite.
09:10Ça sent la défaite au Trocadéro quand on est de droite.
09:12Donc, il faut mieux éviter le Trocadéro.
09:14Éviter le de droite.
09:16Ça, c'est une autre question.
09:17En tout cas, elle représente le camp national.
09:19Il y a un vrai enjeu.
09:20Est-ce qu'il y aura du monde dans la rue dimanche ?
09:22Il y a quand même deux facteurs qui tendent plutôt à dire que oui.
09:2510 000 nouvelles adhésions en 24 heures au RN.
09:27Jusqu'à 11 le RN.
09:28Et 300 000 signatures sur la pétition de soutien à Marine Le Pen.

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