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Éric Ciotti, président de l'Union des droites pour la République et député des Alpes-Maritimes, était l'invité du Face à Face sur BFMTV et RMC ce mercredi 2 avril pour évoquer la condamnation de Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN. Il évoque également la tentative de réchauffement des relations entre Paris et Alger.

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Transcription
00:00et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Éric Ciotti, merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions.
00:05Vous êtes député des Alpes-Maritimes, vous êtes président du parti que vous avez créé, l'Union des droites pour la République.
00:12On est peut-être en démocratie finalement ?
00:15Il y a des interrogations.
00:16Elles se posent, je les ai posées à l'Assemblée nationale.
00:19Disons qu'il y a 24 heures vous disiez on n'est plus en démocratie.
00:22La France est-elle encore une démocratie ?
00:24Il y avait un point d'interrogation donc ça laisse encore de l'espoir.
00:27Est-ce que vous enlevez l'interrogation ?
00:29Je ne l'enlève pas parce qu'il y a des inquiétudes.
00:31Ces inquiétudes, elles ne datent pas du jugement à l'encontre de Marine Le Pen et on va sans doute en parler.
00:38Pour moi, et je l'ai dit hier à l'Assemblée nationale, j'ai été extrêmement choqué.
00:43Je l'ai souvent souligné ici même devant vous par le traitement par exemple qui a été réservé à François Fillon.
00:51Une enquête ouverte le vendredi soir, une mise en examen le lundi matin
00:56alors qu'il était le candidat donné largement favori, quasiment élu.
01:02C'était un traitement qui a beaucoup choqué et qui rétroactivement choque encore.
01:08D'autant qu'il y a eu des révélations ensuite sur les pressions qui ont été exercées par le parquet général.
01:15Ça fait deux élections présidentielles majeures.
01:20Celles de 2017, celles de 2027, si la procédure se poursuit avec ces dérives, qui pourraient être perturbées.
01:29On a vu la fermeture de chaînes de télévision.
01:32C'est je crois la faute d'un système qui veut se maintenir en place.
01:39C'est la faute de personnes qui s'arrogent des droits qui ne relèvent pas de la souveraineté du peuple.
01:47La démocratie, c'est le peuple qui décide.
01:50Ce n'est pas une élite, quelle que soit sa compétence ou son talent.
01:54Ce n'est pas une caste, ce n'est pas une corporation, c'est le peuple.
01:58Pour moi, c'est la démocratie, c'est l'élection.
02:01Pouvez-vous encore tenir ce discours ce matin alors que la justice a annoncé hier le parquet,
02:08qu'il y aurait effectivement une rouverture, c'est-à-dire un procès en appel
02:16qui se tiendrait avec célérité, c'est-à-dire de manière très rapide
02:19et qui permettrait que le jugement soit énoncé avant l'été 2026.
02:24Ça veut bien dire que les juges ne veulent pas empêcher sciemment Marine Le Pen de se présenter.
02:31Vous préjugez de leur décision.
02:35Ils n'ont pas le souhait d'empêcher à priori.
02:38Moi, quand je lis l'attendue du jugement, on peut porter des considérations sur la forme.
02:45Sur le fond du dossier, les avocats de Marine Le Pen l'ont fait.
02:50Je ne suis pas avocat, je suis élu, je suis parlementaire.
02:54Quand je vois que les motivations quant à l'application de l'exécution provisoire,
03:00qui est une infamie, qui prive un justiciable de la possibilité d'une voie de recours effective,
03:07parce qu'en matière électorale, si vous ne pouvez plus vous présenter à une élection,
03:12et notamment à l'élection essentielle, l'élection présidentielle,
03:16on vous prive d'un droit fondamental, celui de faire appel, celui qui est une deuxième décision.
03:22Et là, dans la motivation de l'exécution provisoire, c'est ça qui me choque profondément.
03:28On dit quoi ?
03:29On dit que la candidature de Mme Le Pen à l'élection présidentielle
03:34constituerait un trouble à l'ordre public.
03:37Donc tout est dit. La motivation n'est pas juridique, elle est politique.
03:43C'est cela qui traduit une dérive au fond et qui motive d'ailleurs ce que nous allons faire à l'Assemblée nationale pour corriger cette dérive.
03:51Vous voulez déposer une proposition de loi qui supprime l'exécution provisoire pour l'inéligibilité.
03:58Éric Ciotti, lorsque vous dites ça prive et ça empêche de faire appel, ça n'empêche pas de faire appel.
04:03Simplement l'appel n'est pas suspensif de cette mesure-là, mais dans la mesure, pardon j'y reviens,
04:08dans la mesure où la Cour d'appel de Paris annonce que le procès en appel de Marine Le Pen et du RN se tiendra rapidement,
04:15que le jugement sera rendu avant l'été 2026, ça veut dire précisément qu'ils tiennent compte du calendrier, qu'ils ont su s'adapter.
04:22Ils pourraient à nouveau appliquer l'exécution provisoire.
04:26Ce qui priverait Marine Le Pen potentiellement de se présenter si c'était la même décision.
04:40Vous savez, il y a une forme, ce que je regrette aussi, moi je ne fais pas de procès d'intention au juge,
04:46nous devons restaurer le lien de confiance entre les Français et la justice.
04:52Vous ne faites pas de procès d'intention au juge, mais vous avez tout de même eu cette phrase, vous avez parlé d'un gouvernement des juges.
04:58C'est un risque, c'est une menace.
05:00Le gouvernement des juges, dans la constitution voulue par le général de Gaulle, il y a des pouvoirs.
05:07Il y a un pouvoir exécutif, il y a un pouvoir législatif, qui tirent leur légitimité du peuple, du vote.
05:15Et si le général de Gaulle, qui a ciselé de façon très précise notre constitution et qui s'est trompé sur pas grand chose,
05:22n'a pas voulu conférer un pouvoir au juge, il savait ce qu'il faisait.
05:27Il a donné un caractère d'autorité judiciaire.
05:30Le juge ne peut pas se substituer à l'électeur.
05:34Le juge ne doit pas faire de la politique.
05:38Vous savez, en 2014, il y a quelque chose qui me choque aussi, c'est la politisation d'une partie de la magistrature, d'une part,
05:47et d'autre part un réflexe corporatiste où, quelque part, on ne peut pas regarder, on ne peut pas critiquer, on ne peut pas dénoncer certaines dérives.
05:59En 2014, j'avais posé une proposition de loi organique, constitutionnelle, pour interdire la syndicalisation dans la magistrature.
06:11Parce que quand il y a des phrases comme celles du syndicat de la magistrature, le 11 juin dernier,
06:17qui appellent à faire barrage à ce qu'ils appellent l'extrême droite, c'est une prise de position politique honteuse.
06:25Quand Éric Dupond-Moretti, vous ne pouvez pas penser que c'est un ami politique, est nommé,
06:33et que l'union syndicale de la magistrature dit « c'est une déclaration de guerre, nous ne laisserons pas faire »,
06:40ça veut dire qu'un syndicat choisit qui doit être son ministre.
06:45Qu'un syndicat veut choisir qui est président de la République.
06:50C'est une dérive profonde qu'il faut aujourd'hui...
06:54Mais alors, Éric Ciotti, comment expliquez-vous que ces mêmes juges qui, d'après vous, sont dans une motivation politique,
07:02aient accepté, et c'est rare, d'accélérer ainsi le calendrier pour que le jugement soit rendu à temps,
07:09pour que Marine Le Pen puisse ou non être candidate ?
07:12Un délai de plus d'un an pour faire appel...
07:14Enfin, vous savez que c'est bien moindre aux habitudes.
07:17Vous pensez que c'est un privilège ?
07:19Là, en l'occurrence, c'est un privilège.
07:21Parce que, regardez François Bayrou, il n'a toujours pas la date de son procès en appel.
07:25On nous dit au conditionnel à l'été 26.
07:28Donc, ça peut nous amener jusqu'au 21 septembre 26.
07:33L'été, ça veut dire quoi ? C'est aujourd'hui plus de 15 mois.
07:40Est-ce que c'est un privilège absolu ?
07:44Personnellement, je ne le crois pas.
07:47On respecte une forme de procédure.
07:49C'est un engagement qui ne vous paraît pas être une bonne réponse ?
07:53Ça va dans le bon sens.
07:55Marine Le Pen, elle ne l'hésite pas, elle dit que c'est une très bonne nouvelle.
07:57Ça va dans le bon sens, mais je préférerais que cette affaire scandaleuse d'exécution provisoire
08:04en matière d'inéligibilité soit supprimée.
08:08Ce sera tout le sens du débat que nous allons porter à l'Assemblée nationale
08:12dans notre journée d'initiative parlementaire, ce qu'on appelle les niches, le 27 juin prochain.
08:18Le 27 juin prochain, vous allez proposer une proposition de loi
08:25qui vise à supprimer l'application immédiate de l'inéligibilité.
08:31L'inéligibilité, elle restera et elle doit rester dans la loi
08:36Si une formation de jugement, que ce soit en première instance ou en appel, le décide,
08:43confirmée éventuellement par la Cour de cassation, c'est un principe fondamental.
08:50Il a été appliqué, on dit que ça relève de la loi Sapin II,
08:54mais ça relevait bien avant des textes qui existaient.
08:57C'était parfaitement possible avant, ça n'était pas forcément automatique.
08:59Alain Juppé, par exemple, en 2004, a été condamné à de l'inéligibilité.
09:02Il en avait tiré les conséquences, il était parti au Canada.
09:06Donc ça existe et c'est normal que ça existe pour sanctionner...
09:10Vous ne supprimez pas l'inéligibilité, vous supprimez l'exécution immédiate,
09:14ce qu'on appelle l'exécution provisoire.
09:15Aujourd'hui, l'exécution immédiate, c'est une peine de mort politique
09:18parce que si on ne peut pas se présenter à une élection
09:21et qu'après, par exemple, la Cour d'appel ou la Cour de cassation vous innocentent,
09:26eh bien le dommage sera irréversible, irréparable.
09:30Quand on ne s'est pas présenté à une élection, on ne peut pas y revenir.
09:33Si Marine Le Pen était empêchée de se présenter à l'élection
09:37et qu'elle obtenait justice après l'élection présidentielle,
09:41le dommage qu'elle aurait subi elle, mais ce qui est peut-être encore plus grave,
09:46c'est le dommage qui aurait été commis à la démocratie française, serait irréparable.
09:51C'est pour cela qu'en droit, pour respecter l'état de droit
09:55et le fait qu'il y ait un procès équitable, eh bien il faut aller dans ce sens.
09:59Et j'appelle tous les groupes parce que je crois que ça doit dépasser les clivages politiques.
10:04C'est une question de bon sens aujourd'hui.
10:07– Vous appelez tous les groupes à voter pour cette proposition de loi
10:10qui pourrait dans ce cas être adoptée.
10:12Avez-vous commencé à échanger avec d'autres groupes que le vôtre depuis hier
10:16et est-ce que vous avez une idée de la possibilité ou non que ça soit adopté ?
10:19– Non, on n'a pas encore échangé mais je vais le faire
10:22et j'espère que ce texte sera un vecteur pour abolir ces clivages
10:30et ne pas faire un débat politicien.
10:32– Pourrait-il s'appliquer à Marine Le Pen ?
10:35C'est-à-dire soit être rétroactif sur le jugement qui vient d'être prononcé,
10:38soit s'appliquer au jugement en appel ?
10:40– Oui, je le souhaite et en tout cas il s'appliquerait au jugement en appel
10:44puisqu'il y a un principe, vous le savez, en matière de loi pénale,
10:49c'est la loi la plus douce qui systématiquement s'applique
10:53lorsqu'il y a un conflit de textes législatifs en matière de calendrier.
10:57– François Bayrou vous a répondu hier, il s'est montré plutôt ouvert à l'idée,
11:01l'exécution provisoire fait que des décisions lourdes et graves
11:06ne sont pas susceptibles de recours.
11:09François Bayrou, plutôt soutien de votre proposition de loi ?
11:13– Il a exprimé son trouble, voyez bien…
11:18– Son trouble face au jugement, il l'a fait savoir par son entourage.
11:21– Personnel et il a raison et c'est légitime, il faut sortir de certaines postures.
11:26On ne peut pas rester dans cette situation, on ne peut pas avoir un jugement
11:33avec des motivations politiques pour priver une candidate
11:38qui est en tête dans tous les sondages, qui est donnée favorite,
11:42dont la formation politique avec laquelle la mienne était alliée.
11:47– Vous étiez, vous êtes toujours ?
11:49– Toujours et plus que jamais, nous avons obtenu 11 millions de voix
11:54et on viendrait priver cette candidate de la possibilité de se présenter.
12:00Ensuite, et je ne veux pas m'immiscer dans le jugement,
12:03mais quand même, de quoi s'agit-il sur le fond ?
12:06– D'un détournement de fonds de 4,5 millions d'euros peut-être ?
12:09– Est-ce que madame Apolline de Malherbe, est-ce qu'il y a un euro
12:12mis en cause pour de l'enrichissement personnel ?
12:15– Non, il n'y a pas d'enrichissement personnel, il y a du détournement de fonds.
12:18– Il n'y a pas d'enrichissement personnel.
12:20– Donc ce n'est pas grave ?
12:21– Est-ce que les personnes qui sont mises en cause ont travaillé ?
12:24Est-ce qu'il y a été dit dans le jugement qu'une des personnes n'ont pas travaillé ?
12:27– Pas forcément travaillé aux tâches pour lesquelles ils étaient payés.
12:31– De quoi s'agit-il, pour que vos auditeurs comprennent ?
12:33– On est bien d'accord, il s'agit de tâches pour lesquelles ils n'étaient pas payés.
12:36– Les députés européens sont élus sur des listes présentées par des partis politiques.
12:40C'est une élection politique, ils recrutent des collaborateurs.
12:44Et le Parlement européen vient leur dire,
12:47ces collaborateurs ne peuvent pas faire de politique.
12:50Alors que c'est dans la séparation…
12:52– Vous contestez donc le fait tout de même ?
12:55– Je conteste le flé sur le fond.
12:57Sur le fond, il s'agit de la séparation des pouvoirs.
13:00Un parlementaire, il doit, il est élu par le peuple,
13:04il doit gérer son mandat comme il le souhaite,
13:09tant, naturellement, qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel,
13:14tant qu'il n'y a pas de dérive…
13:16– Eric Ciotti, ce que vous êtes en train de dire ce matin,
13:18c'est exactement ce qui a justifié aux yeux des juges
13:22d'exécuter de manière immédiate l'inéligibilité,
13:27parce qu'il y avait déni de la faute.
13:304 ans de prison, au-delà de l'exécution provisoire…
13:33– Mais cette fois, Eric Ciotti, elle a été votée par les députés ?
13:38Elle a été votée par les politiques ?
13:40Ce n'est pas les juges qui l'ont inventée ?
13:42– C'est les juges qui décident l'application de la loi.
13:45– Ah bah oui, mais c'est les politiques qui la font, la loi ?
13:48– Non, la loi, elle permet de sanctionner un détournement de fonds publics,
13:53et notamment la loi Sapin II, qui ne s'est pas appliquée là, d'ailleurs,
13:57et elle a été votée après l'affaire Cahuzac.
14:00C'était un détournement personnel.
14:04– Il y avait un enrichissement personnel, évidemment.
14:06– C'était un enrichissement personnel, une fraude fiscale personnelle.
14:09– Eric Ciotti…
14:10– Là, on est dans une interprétation.
14:12Est-ce que l'assistant parlementaire de tel ou tel député,
14:16le matin travaille pour le Parlement européen,
14:19et l'après-midi ne pourrait pas travailler dans la circonscription,
14:22à contribuer à ce que le député européen soit élu ?
14:26– Eric Ciotti, quand le garde du corps de Jean-Marie Le Pen
14:29se retrouve avec une fiche de paye d'assistant parlementaire,
14:32ça vous paraît réglo ?
14:34– Il peut y avoir des interprétations,
14:39il peut participer au travail du parlementaire,
14:42parce qu'il faut se faire élire aussi.
14:45– Depuis 8h32, je vous ai entendu Eric Ciotti dire,
14:49je ne sais même pas combien de fois, le mot « choqué ».
14:51Extrêmement choqué, très choqué, super choqué,
14:54mais alors ça par contre, ça vous choque quoi ?
14:56– On n'est pas des technocrates nommés,
14:58on n'est pas des fonctionnaires de Bruxelles,
15:01on est élus par le peuple, et pour se faire élire,
15:04il est normal de participer à la vie politique,
15:07ce n'est pas honteux.
15:08– Je ne suis pas sûre que vous rendiez service à Marine Le Pen
15:11en maintenant cette défense-là.
15:14– Ça s'appelle la démocratie,
15:17qu'il y ait des partis politiques
15:19et qu'ils participent à l'expression du suffrage.
15:21– Eric Ciotti, enquête ouverte pour menaces
15:23à l'encontre des magistrats,
15:24est-ce que vous condamnez les menaces
15:26qui ont été exprimées et proférées ?
15:27– Bien sûr, je les condamne totalement,
15:29et j'apporte bien sûr mon soutien à ces magistrats,
15:33et j'espère que les auteurs de ces infamies
15:36seront sanctionnés, et le plus lourdement possible.
15:40Et eux, ils méritent des sanctions,
15:42comme les trafiquants de drogue,
15:44qui ont très rarement la lourdeur des peines
15:47qui ont été prononcées.
15:49Il faudrait qu'on retrouve un peu le sens
15:51de l'équilibre et du bon sens.
15:53Ce qui inquiète les citoyens français,
15:55c'est la violence dans la rue,
15:57c'est la gangrène du trafic de drogue.
15:59Et là, il y a un sentiment de façon globale
16:03d'impunité qui se propage.
16:05Donc, retrouvons le sens de la hiérarchie
16:08des valeurs et des peines.
16:10– Eric Ciotti, reprise du dialogue
16:12entre la France et l'Algérie,
16:14le président de la République qui dit avoir eu
16:16un long échange avec le président Théboune.
16:19Jean-Noël Barreau, le ministre des Affaires étrangères,
16:21se rendra à Alger le 6 avril.
16:23Gérald Darmanin, également pour reprendre
16:26le dialogue sur la question aussi
16:28de l'application des peines de justice.
16:30Est-ce que c'est une bonne nouvelle ?
16:32– Manifestement, dans ces déplacements,
16:34il y a un absent, vous l'avez noté, c'est M. Rotaillot.
16:37Ça veut dire que nous sommes dans la continuité
16:41de l'humiliation dont parlait M. Rotaillot.
16:44Si ce n'est que désormais, c'est lui
16:46qui subit cette humiliation.
16:48La France s'est couchée.
16:50La France s'est couchée devant le diktat algérien.
16:54M. Boalam Sansal est toujours pris en otage
16:58par l'État algérien.
17:00Nous délivrons toujours des visas aux Algériens
17:04et les Algériens ne reprennent toujours pas les OQTF.
17:08Je ne comprends pas cette faiblesse coupable
17:11à l'endroit de l'Algérie.
17:13C'est humiliant pour notre pays.
17:15– Et si ce dialogue permettait précisément
17:18de pouvoir libérer M. Boalam Sansal,
17:20est-ce que vous l'applaudirez ?
17:22– Je souhaite, bien sûr, et ardemment,
17:26et nous nous battons pour, on a posé beaucoup de questions
17:29à l'Assemblée nationale pour cela,
17:31la libération de M. Boalam Sansal.
17:33C'est un otage aujourd'hui.
17:35C'est un otage.
17:37Mais ceux qui prennent des otages sont des États dictatoriaux,
17:42sont des États voyous.
17:44Et céder à ce chantage, je le redis,
17:48est une forme d'humiliation pour notre pays
17:51et encore plus pour le ministre de l'Intérieur
17:54qui avait donné des coups de menton
17:56et qui aujourd'hui se tait, ne dit plus rien,
18:00il a perdu les arbitrages, il a perdu la bataille.
18:03Qu'est-ce que ça dit ?
18:05Ça dit qu'aujourd'hui, ce gouvernement
18:07est dirigé toujours par M. Macron,
18:10que c'est un gouvernement macroniste
18:12et que mes amis de LR,
18:15qui se sont fourvoyés dans cette alliance
18:18avec les macronistes, se sont trompés
18:21et qu'ils auraient mieux fait de me suivre
18:23dans une vraie alliance à droite
18:25parce que si nous étions au pouvoir dans cette alliance,
18:27jamais nous n'aurions accepté cette humiliation algérienne.
18:31– Éric Ciotti, François Bayrou,
18:33qui dit qu'il ne faut pas stigmatiser
18:35nos 9 millions de compatriotes musulmans
18:38et qui donc estime qu'il n'y a pas forcément d'urgence
18:41à reprendre à l'Assemblée nationale
18:43la loi adoptée au Sénat sur l'interdiction des signes religieux
18:46et notamment du voile dans les compétitions sportives.
18:49Est-ce que vous l'entendez ?
18:50– C'est une forme de lâcheté à nouveau.
18:53Chacun a droit à croire et à prier pour le Dieu qu'il souhaite.
18:59Et je dis mon respect pour toutes les religions
19:02et y compris pour la religion musulmane.
19:04Je ne fais pas partie de ceux qui disent
19:07que la religion musulmane est contraire au principe de la République.
19:11Je ne dirai jamais cela et je respecte toutes les religions.
19:15Mais il y a aujourd'hui, on le voit bien,
19:18des avancées qui sont celles de l'islam politique,
19:22qui sont celles de la conquête des âmes et des territoires
19:25que nous ne pouvons pas accepter.
19:28Ces accommodements raisonnables dont parlait Édouard Philippe
19:32qui sont en fait de vraies lâchetés,
19:34qui sont le parcours que Michel Houellebecq décrivait dans son mission.
19:38Eh bien, il commence par là.
19:40Donc, pas de voile dans le sport.
19:43Jamais, nous devons respecter ces principes de laïcité.
19:48Et il faut le faire et ne pas légiférer.
19:51Oui, c'est faire preuve de lâcheté.
19:53– Merci Éric Ciotti d'avoir répondu à mes questions ce matin.
19:55Éric Ciotti est donc député des Alpes-Maritimes
19:57et à la tête de l'Union des Droites pour la République.
20:00Il est 8h52 sur RMC et BFM TV.

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