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Regardez Les auditeurs ont la parole avec Eric Brunet et Céline Landreau du 31 mars 2025.

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00:00Rt Almity, édition spéciale. Céline Landreau et Éric Brunel.
00:06Céline Landreau avec une actualité qui nous percute, une actualité incroyable et qui est en train de changer, modifier la vie politique française
00:15puisque Marine Le Pen, nous le savons maintenant, ne sera pas, ne pourra pas être candidate à l'élection présidentielle en 2027.
00:23Oui, Marine Le Pen, condamnée ce matin au terme du procès des assistants des députés européens, condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire.
00:33Elle est aussi condamnée à une peine de prison, Thomas Proutot. En fait, les juges ont quasiment suivi les réquisitions du parquet dans cette affaire.
00:41Oui, le parquet avait requis 5 ans, effectivement, dont 3 ans avec sursis, ça fait donc 2 ans ferme.
00:49La loi, à l'époque, 2 ans ferme pouvaient être aménagées, donc le tribunal prononce un aménagement abinitieux, c'est-à-dire qu'elle exécutera cette peine sous bracelet électronique.
00:58Elle est également condamnée à 100 000 euros d'amende, mais bien évidemment, la partie qui, effectivement, fait la une et qui va, évidemment, être à la tête du débat politique toute la journée dans les jours qui viennent,
01:11c'est cette peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, 5 ans, donc impossible pour Marine Le Pen de se présenter en l'état à la présidentielle 2027.
01:22On peut tout de même préciser qu'il y aura probablement, si elle fait appel, un procès en appel. Il y aurait une très infime possibilité pour que ce ne soit plus le cas,
01:32c'est-à-dire que la cour d'appel juge d'abord que le procès soit programmé assez vite, ce qui n'est pas forcément évident, avant 2026 ou 2027, et que cette cour d'appel condamne, mais ne prononce pas l'exécution provisoire.
01:44Là, on est quand même dans quelque chose de très théorique. De toute façon, à l'heure qu'il est, cette candidature est bloquée.
01:50Autre peine, condamnation importante ce matin, parmi toutes les condamnations, on va vous donner celle-ci. Pourquoi ? Parce que c'est une décision inverse.
02:00Louis Alliot, le maire de Perpignan, est condamné pour emploi d'assistant parlementaire fictif. Il est condamné à trois ans de prison, là encore deux ans de sursis, un an sous bracelet, et trois ans d'individualité.
02:14Mais dans son cas, l'exécution provisoire n'est pas prononcée en raison d'une jurisprudence du Conseil constitutionnel de la semaine dernière, la liberté des électeurs, sinon il aurait été immédiatement privé de son mandat.
02:26Louis Alliot, qui reste donc maire de Perpignan, merci Thomas Proutot. Je me tourne vers Pascal Perrineau qui nous a rejoint. Bonjour.
02:31Bonjour.
02:32Vous êtes politologue, auteur notamment de Logos de la politique, observateur passionné de la Ve République, c'est aux éditions Odile Jacob. Justement, la Ve République n'a jamais connu un événement comme celui qu'elle est en train de vivre aujourd'hui, Pascal Perrineau.
02:44Elle a connu d'autres événements dramatiques, mais elle n'a pas connu ce type d'événement, bien qu'il faille. Cette intervention de l'agenda judiciaire dans l'agenda politique, souvenons-nous, l'affaire Fillon avait quelque chose à voir, d'ailleurs il s'agissait d'emplois fictifs, certes ça n'était pas arrivé à maturité comme ce processus qui vient de faire tomber Marine Le Pen qui a commencé, il faut s'en souvenir, en 2014, ça fait il y a dix ans.
03:12Mais voilà, on voit bien que le renforcement de la législation contre la corruption a peu à peu transformé le juge en intervenant dans le débat politique.
03:26Mais il faut savoir que beaucoup de forces politiques, quand on a voté la loi Sapin 2, c'était en 2016...
03:32En décembre 2016, ça s'est d'ailleurs joué à 20 jours.
03:35Bien sûr.
03:36Sans ça Marine Le Pen n'aurait pas été directement...
03:38Jules-Alain Juppé avait été condamné avant toutes ces lois précédentes et avait vu aussi son avenir politique renforcer, c'est pas une nouveauté en soi.
03:45Voilà, donc ça n'est pas une nouveauté en soi.
03:47Mais vous, vous ne redoutez pas que s'instaure en France une défiance vis-à-vis de ce que nous pourrions rapidement appeler la République des juges ?
03:55Je me souviens d'un ancien magistrat, tiens, qui s'appelle René Léman, qui avait fait un livre très dur sur la façon dont les juges s'étaient... vis-à-vis de Fillon.
04:05Bien sûr, le débat du gouvernement des juges est aussi vieux d'ailleurs que le débat sur la démocratie.
04:11Mais en effet, on le voit bien d'ailleurs, c'est lancé, vous avez fait part de toute une série de réactions, on voit bien que le doigt se tourne vers les juges.
04:21Surtout que certains juges, on se souvient du syndicat de la magistrature, avaient pu prêter le flanc à ce type d'accusation.
04:29C'était le fameux mur des cons, etc.
04:32Donc ils avaient pu prêter en effet le flanc.
04:35Là, que la loi s'applique, le juge, il juge en droit, il ne juge pas en fonction de la conjoncture, du contexte politique, etc.
04:44Ils ont jugé en droit, ils ont requis, ils ont pris à peu près au pied de la lettre les réquisitions du parquet.
04:52Donc on tombe sur une condamnation qui est une condamnation sévère.
04:56D'ailleurs au fond, peu de personnes s'attendaient à ce que cette exécution immédiate de la peine d'inrégibilité soit prononcée.
05:06Eh bien, les juges ont considéré qu'il y avait peut-être, je ne sais pas, un risque de récidive.
05:12Voilà, ils ont trouvé une justification, il faut attendre la fin totale du jugement qui est encore en cours pour le savoir exactement.
05:21Mais cela en effet vient bouleverser, ce n'est pas la première fois, vient bouleverser complètement l'agenda politique.
05:28Reste à savoir ce qu'en fera maintenant le Rassemblement National.
05:32Est-ce qu'en effet ils vont entreprendre une campagne de victimisation ? Ils savent très bien le faire.
05:39Historiquement, le Rassemblement National et jadis le Front National étaient très forts pour retourner le stigmate.
05:47Est-ce qu'ils vont jouer, j'allais dire, sur un mode plus raisonnable ?
05:54Ou est-ce qu'ils vont remettre en cause la démocratie en tant que telle ?
05:58La première réaction, c'est celle-ci, c'est la démocratie française qui est exécutée, ce sont les vœux du président du RN.
06:04Mais il faut savoir si ça trouve un écho ou non dans l'opinion.
06:07Parce que le premier à avoir prononcé le terme de déni de la démocratie, c'est Vladimir Poutine.
06:13C'était le premier à réagir.
06:15Le premier à réagir aussi à la décision de justice de ce matin.
06:17Voilà, tout à fait.
06:18Or, en termes, si vous voulez, de défenseurs de la démocratie, on pourrait gloser longuement sur l'attachement à la démocratie de Vladimir Poutine.
06:28Je pense quand même, je ne peux m'empêcher, monsieur le juge, vous quête avec nous, de penser à la harangue de Baudot.
06:34Ce texte écrit par un des fondateurs, je crois, du syndicat de la magistrature qui disait à ces jeunes juges qui étaient devant lui,
06:42des adhérents de son syndicat, messieurs, soyez partiaux, préférez la victime aux policiers, messieurs, soyez partiaux.
06:50Il disait cela à ses juges, ce texte existe toujours dans cette organisation syndicale.
06:55Il disait aussi que finalement, on peut faire condamner la personne que l'on veut faire condamner avec un texte de loi.
07:01Il suffit de le contourner un petit peu.
07:04Je pense à ce texte en ce moment.
07:06Il y a peut-être beaucoup d'électeurs et d'électrices du Rassemblement National qui pensent que les juges ont un petit peu de liberté dans la façon dont ils interprètent les textes.
07:17On dit toujours, ils ne font pas la loi, ils interprètent les textes qui sont votés par les parlementaires.
07:21Ce n'est pas tout à fait vrai.
07:23Ils ont un peu de liberté de manœuvre quand même.
07:25Deux choses.
07:27La harangue de Baudot, elle a maintenant 40 ou 50 ans, donc je pense qu'on peut passer à autre chose.
07:33Même si moi je me rappelle aussi d'un dessin de Faisan, qui doit bien avoir aussi 30 ou 40 ans,
07:38où on voit le juge qui se fait engueuler par auprès de tout le monde sous l'angle juge laxiste, valet du grand capital, juge rouge, etc.
07:48On est quand même toujours un peu là, parce que quel que soit l'addition que lui rend le juge, il fera toujours un mécontent, voire deux mécontents à la fois.
07:55Sur la possibilité pour le juge de pouvoir interpréter la loi, heureusement.
08:01Heureusement, sinon, remplaçons-nous par des machines et puis disons aux avocats, arrêtez de plaider, ce n'est pas la peine, passons à autre chose.
08:09Et la décision est rendue avant même d'avoir débattu contradictoirement entre nous.
08:14Clairement, le conseil constitutionnel le redit dans sa décision récente à laquelle faisait allusion l'avocat.
08:23A savoir, le juge a un pouvoir d'individualisation de la peine et il doit à chaque fois motiver, motiver sa décision.
08:32Et dans sa motivation, il doit faire un travail intellectuel qui est un travail de proportionnalité.
08:39A savoir, il doit vérifier, au moins intellectuellement, que la peine qu'il prononce n'a pas des conséquences qui soient des conséquences hors de proportion avec la gravité de l'infraction.
08:51Je rappelle ça, proportion avec la gravité de l'infraction, pas avec les conséquences de la décision, ce qui est tout à fait différent.
08:56Merci beaucoup. Je voudrais qu'on s'interroge tout à l'heure sur les conséquences politiques qu'aurait cette décision.
09:02On peut peut-être en parler avec les premiers intéressés. Les électeurs. Agnès nous a appelé. Bonjour, Agnès.
09:06Bonjour. Bonjour. Vous avez la parole. Oui, écoutez, je suis hors de moi. Je suis hors de moi.
09:13Je ne croyais déjà plus en la justice française depuis des années.
09:16Alors, des années. Je n'ai jamais été syndiquée. Je n'ai jamais fait partie d'un parti politique.
09:21Je n'ai jamais été représentée par un homme ou une femme d'un parti politique.
09:25Mais je trouve que ce que l'on a fait, Marine Le Pen, est hors de moi.
09:29Je n'ai jamais voté Rennes, mais je peux vous garantir que si le bardelat se présente pour l'élection présidentielle, je vote pour lui.
09:36Vous, ça a eu l'effet inverse. C'est-à-dire que vous n'étiez pas électrice, Agnès, du Rassemblement national.
09:42Mais maintenant, face à cette décision de justice, vous avez envie de le devenir.
09:45Oui, parce que quand je pense à tous ceux qui sont députés, sénateurs, ministres ou même présidents et qui avaient des casseroles au cul,
09:53on n'a pas vu autant d'histoire. Ils n'ont pas été condamnés aussi fort et aussi vite.
09:58Jean-Daniel Lévy, quand vous entendez Agnès, ce cri de colère, ce cri du cœur, votre première réaction, c'est quoi ?
10:05Ça vous surprend ou ça fait partie des réactions que peuvent susciter cette décision de justice ?
10:11Non, ça ne nous surprend pas tant que ça. Parce que quand vous regardez l'histoire de la relation que peuvent avoir les électeurs du RN à l'égard de leurs dirigeants,
10:18globalement, ils ont été assez hermétiques à toutes les affaires, entre guillemets, qu'on peut être amené à les toucher.
10:23Et puis, on sait que parfois, qu'entre le réquisitoire d'un côté et le prononcé du jugement, les Français ne font pas forcément toujours la différence.
10:31Et lorsqu'il y a eu le réquisitoire, qui est un réquisitoire extrêmement sévère, ça n'a eu aucun impact sur l'image du Rassemblement national.
10:36Ça n'a eu aucun impact sur l'image de Marine Le Pen ou de Jordane Bardella.
10:41Ça n'a eu aucun impact sur la proximité politique des Français à l'égard du RN.
10:45Et ça n'a même eu aucun impact sur les intentions de vote dans le cadre de la prochaine présidentielle, voire même dans le cadre des élections municipales,
10:51là où le RN peut être présent. Donc, l'idée de se dire que...
10:54On va en croire Agnès, ça peut même avoir un impact inverse à celui estimé, puisque...
10:58Attendez, je vous interromps un instant. Agnès, quand même, j'entends votre colère, bon très bien, mais elle a été reconnue coupable quand même, Marine Le Pen.
11:06Elle a été reconnue coupable à qui on n'a pas attendu.
11:09Sarkozy, vous n'allez pas me faire croire qu'on ne le savait pas quand il était président.
11:13Voilà, il y a d'autres trucs. Mitterrand, l'affaire des piastres, on le savait très bien, il a quand même été élu.
11:19Voilà, il y a beaucoup de choses. Moi, je suis au courant de beaucoup de choses. Mon père était dans le maquillage à l'âge de 14 ans.
11:24Je suis au courant de beaucoup de choses. J'ai vécu dans le milieu militaire, je sais ce que c'est.
11:28Il y a eu des choses horribles et on n'a jamais fait ça.
11:31Un homme comme Mitterrand qui a fait l'affaire des piastres, il a été réélu deux fois président.
11:37Voilà, il y a beaucoup de choses. Je suis hors de moi et je peux vous l'en dire, je n'ai jamais voté RN.
11:42Mais là, je peux vous dire aussi une chose, on peut se permettre de critiquer Trump, on peut se permettre de critiquer Poutine,
11:48mais on n'est pas mieux en France actuellement.
11:50Et je peux vous dire autre chose, je connais beaucoup de monde qui sont dans des pays étrangers, je vais être vulgaire, mais on se fiche de notre gueule.
11:56Agnès, réagiriez-vous de la même façon si c'était, je sais pas moi, Michel Barnier ou Jean-Luc Mélenchon ?
12:03Oui, j'ai été déçu que Barnier soit arrêté tout de suite.
12:06C'est parce que c'est Marine Le Pen que vous êtes comme cela ?
12:09Non, j'ai horreur de l'injustice, tout simplement.
12:12Que ce soit à n'importe quel niveau, j'ai horreur de l'injustice.
12:16Merci Agnès de nous avoir appelé au 3210. Dans un instant, ce sera au tour de Serge. Il est là Serge ? Bonjour mon cher Serge.
12:23Bonjour Monsieur Lebrunet, comment allez-vous ?
12:25Fort bien, vous aurez la parole dans un instant.
12:28Merci.
12:28A tout de suite.
12:40Si c'est vraiment le cas, en 2027, j'irai voter dans un des bureaux de vote de mon village.
12:46Par contre, je mettrai le feu à ma carte d'électeur, car je trouve inadmissible que l'on nous empêche d'avoir une opinion politique.
12:55Beaucoup de réactions dures vivent à cette actualité assez incroyable.
13:00Marine Le Pen, nous venons de la prendre il y a quelques minutes.
13:03Cinq ans d'inéligibilité avec effet immédiat, ça signifie quoi ?
13:07Tout simplement que Marine Le Pen ne pourra pas être candidate à l'élection présidentielle de 2027.
13:13Mais ça ne veut pas dire qu'il ne pourra pas y avoir un candidat du Rassemblement National,
13:17pour répondre à Jean-Pierre qui disait qu'on nous empêche d'avoir nos opinions politiques.
13:20On va revenir évidemment sur cette actualité qui domine toutes les autres ce matin, cette décision de justice.
13:26Retrouvez Julien Fautrat au tribunal de Paris.
13:29On rappelle donc la peine prononcée à l'égard de la chef de file du RN.
13:33Julien, quatre ans de prison dont deux fermes à effectuer sous bracelet électronique,
13:38ces cinq ans d'inéligibilité dont parlait Eric avec exécution provisoire.
13:42Comment les juges ont motivé cette peine, Julien, puisqu'ils ont continué à s'expliquer ?
13:49Oui, cette peine d'exécution provisoire par trois points, trois aspects qu'il faut bien comprendre.
13:53Selon la présidente du tribunal, elle explique que Marine Le Pen,
13:58si Marine Le Pen peut se présenter à nouveau dans les cinq ans, ça constituerait un trouble,
14:03un trouble à l'ordre public, trouble à l'ordre public démocratique que constituerait
14:08une personne condamnée de détournement de fonds publics si elle se présentait.
14:12C'est un problème pour la démocratie, a expliqué la présidente du tribunal.
14:16Deuxième aspect, le risque de récidive.
14:18Pour le tribunal, il y a un risque de récidive de ce détournement de fonds publics,
14:22un risque de récidive caractérisé.
14:25Et puis, troisième élément qu'il faut bien comprendre, Céline,
14:29c'est la rupture d'égalité avec les autres candidats.
14:31Et ça, on a essayé de le comprendre un peu plus précisément.
14:34En fait, le RN a collecté plus de financements par ce détournement de fonds publics
14:40et aurait un avantage par rapport aux concurrents sur les lignes de départ à l'élection présidentielle.
14:46Voilà, c'est un petit peu les trois gros points qui ont justifié le fait que pendant cinq ans,
14:51Marine Le Pen ne pourra pas se présenter à une élection et notamment l'élection présidentielle.
14:55– Julien Fautrat, qu'est-ce qui se passe en ce moment, les délibérations ?
15:00– Tout le monde est sorti, voilà, tout le monde est sorti au moment où je vous parle.
15:05Et là, c'est un peu la folie, comme on a rarement vu au palais de justice.
15:10Il y a des journalistes de pays du monde entier qui sont autour de nous,
15:13des caméras partout, des micros partout, de la presse écrite partout.
15:18Et quelques prises de parole, notamment Sophie Neumayer du service Police Justice
15:22qui est avec moi en train de récupérer, de collecter des sonores
15:26qu'on vous fera écouter tout au long de cette journée.
15:29Voilà, là, il y a une forme d'effervescence après le rendu de ces peines.
15:34Il faut dire que c'est une décision qui est historique.
15:38– Merci Julien Fautrat, en direct du tribunal de Paris pour Airtel.
15:42Petite question de droit, Thomas Proto, chef du service Police Justice qui était avec nous.
15:46Donc on sait que Marine Le Pen est condamnée à une peine d'inéligibilité
15:49avec exécution provisoire de 5 ans, qu'a priori elle ne pourra donc pas briguer l'Elysée en 2027.
15:55Il y avait un ticket avec Jordane Bardella, à l'Elysée, à Louis Matignon.
15:59Si les rôles s'inversent, est-ce qu'on peut imaginer une personne condamnée
16:02pour inéligibilité accéder à Matignon ou devenir ministre ?
16:07– Alors, est-ce qu'on peut l'imaginer, j'en sais rien.
16:09Mais en termes de droits, il y a débat, il y a eu des constitutionnistes qui se sont exprimés,
16:15car l'inéligibilité entraîne aussi la privation des droits civiques.
16:18Donc, ça veut dire que vous ne pourrez pas, dans le texte, exercer une fonction publique.
16:23Est-ce qu'être ministre ou Premier ministre est une fonction publique ?
16:27Est-ce que ça l'est ou est-ce que ça ne l'est pas ?
16:30Il y a des avis différents sur la question.
16:32Je suppose que ça serait au Conseil constitutionnel de s'exprimer sur ce point.
16:37En tout cas, ça n'est pas tranché.
16:38– C'est arrivé il y a pile un an au Sénégal, figurez-vous.
16:41C'est une démocratie, le Sénégal, qui a des institutions
16:43qui ressemblent un peu à celles de la France.
16:46Un candidat avait été condamné.
16:48Eh bien, c'est son adjoint qui a été élu président.
16:51Et ce candidat condamné, qui s'appelle Sonko, est devenu son Premier ministre.
16:55– Pascal Perrineau, sur ce point ?
16:57– On avait vu aussi cette aversion des rôles en Russie entre Poutine et Medvedev.
17:04Donc, pourquoi pas, si vous voulez, l'idée que Bardella,
17:09en tant que candidat à l'élection présidentielle,
17:12dise, une fois les points de droit étroitement vérifiés,
17:16eh bien, je prendrai comme Premier ministre Marine Le Pen.
17:20Ça n'est pas rien, un Premier ministre sous la Ve République,
17:23ça s'occupe de toute la politique intérieure.
17:24– Serge est avec nous, il a fait le 3210.
17:27Serge, vous avez la parole, votre réaction ?
17:29– Ma réaction, c'est une très bonne chose.
17:31Contrairement à votre auditrice précédente, moi, je ne suis pas lecteur du RN.
17:35Contrairement à elle.
17:36– Elle non plus jusque-là, c'est ce qu'elle a dit.
17:38– Elle a dit qu'elle allait le devenir, du coup.
17:40– C'est ce qu'elle dit, mais enfin, c'est une électrice du Front National quand même,
17:44malgré tout.
17:45Mais je voulais dire que c'est une très bonne chose quand même,
17:48parce que je trouve que, qu'importe le parti,
17:51je pense qu'il faut une probabilité dans ce monde politique
17:54et que les hommes condamnés, ou les femmes condamnées,
17:56n'ont plus rien à faire en politique.
17:57Je veux dire par là, c'est que moi, je me verrais mal
18:00pour représenter la France par quelqu'un qui a été condamné,
18:03personnellement.
18:04Qu'importe le parti, je mets tout le monde dans le même panier.
18:07– C'est pas aux électeurs de choisir ?
18:09– C'est aux électeurs de choisir, mais malgré tout,
18:11quand même, quelqu'un de condamné, ça fait une tâche.
18:15Vous voyez Marine Le Pen représenter la France en étant condamnée,
18:20et pour répondre à l'éditrice qui était avant moi,
18:23M. Mitterrand n'a jamais été condamné, quand même,
18:27juste pour information.
18:28Mais voilà, moi je pense que c'est une très bonne chose,
18:30la justice fonctionne, il y a une justice chez nous,
18:33il y a une démocratie, nous ne sommes pas en Russie.
18:35– Alors, il y a un petit sujet, Thomas Proutaud,
18:37sur lequel il va falloir qu'on révise tous,
18:39c'est j'imagine François Bayrou,
18:41parce qu'il y a eu une affaire Bayrou, le MoDem
18:44et les assistants parlementaires.
18:45Alors bien évidemment, les affaires ne sont jamais les mêmes,
18:48il ne s'agit pas de comparer le MoDem et le Rassemblement national,
18:52le Parlement européen, ce ne sont pas les mêmes histoires.
18:54Mais j'imagine que du côté du RN,
18:56on ne va pas se priver de dire François Bayrou,
18:59dans une affaire comparable à la nôtre,
19:01il y a quelques mois a été relaxé,
19:03et nous, on se débrouille pour ne pas que Marine Le Pen
19:06soit candidate à la présidentielle.
19:09Ça c'est un refrain qu'on va entendre,
19:11il va falloir qu'on se prépare d'ailleurs
19:12à amener des éléments aux auditeurs.
19:14– Alors, sachant que ce n'est pas définitif puisque le procès…
19:17– Parce qu'il a fait appel.
19:18– Voilà, le procès a fait appel, le parquet a fait appel en l'occurrence,
19:21puisqu'il avait requis 30 mois d'emprisonnement avec sursis,
19:2470 000 euros d'amende et 3 ans d'inégibilité.
19:28– Contre Bayrou ?
19:29– Contre François Bayrou, avec sursis,
19:31il n'y avait pas requis une inégibilité avec exécution provisoire.
19:36Les sommes en jeu sont totalement différentes,
19:39puisque le total pour le RN dépasse les 4 millions d'euros,
19:44le total pour le Modem est autour des 600 000 euros.
19:48Et le tribunal, dans sa décision en première instance,
19:51qui a été frappé d'appel, considère que non,
19:54François Bayrou n'a pas été le grand ordonnateur,
19:57le grand organisateur de ce système
19:59dont lui-même n'a pas bénéficié personnellement.
20:02Donc ça peut être pris comme exemple,
20:03mais il y a quand même une différence d'échelle assez marquante.
20:06– Cela dit, les magistrats ont également rappelé ce matin
20:09qu'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel de Marine Le Pen dans cette affaire.
20:13– Pas d'enrichissement personnel, mais un train de vie qui a été possible
20:16en raison de ces détournements de fonds publics.
20:19Ludovic Fria, président de l'Union syndicale des magistrats,
20:22vous êtes toujours avec nous.
20:23Vous voyez ces refrains qui vont venir, revenir, revenir,
20:25et il va falloir faire preuve de beaucoup de pédagogie d'à part de la justice
20:29pour que cette décision soit audible et comprise par la majorité des Français.
20:35– Ce que je note, et c'est un élément qui m'incite à l'optimisme,
20:39c'est que parmi nos auditeurs qui ont pu nous appeler ce matin,
20:44il n'y a pas un front commun, ni un front populaire
20:47de personnes qui se lèvent contre cette décision.
20:49J'ai noté que c'était à 50-50.
20:52Moi, ce qui m'inquiète, c'est la petite musique qui monte,
20:54déjà depuis un certain temps, que je dénonce,
20:58et qu'on retrouve outre-Atlantique actuellement.
21:00Vous savez, il y a quelques semaines de ça,
21:02le président Trump, par rapport à un juge fédéral
21:06qui avait remis en question une surdonnance,
21:08a dit « c'est un juge corrompu, il faut le virer ».
21:11Ça a fait quoi ?
21:12Ça a fait une réaction du Chief Justice,
21:15président de la Cour suprême américaine,
21:17qui pourtant est un juge républicain, nommé par bouche-fils,
21:21qui a dit « non mais attention, depuis 200 ans,
21:25aux États-Unis, on ne règle pas un procès judiciaire en virant le juge,
21:30on le règle en faisant appel.
21:32Je pense que c'est quand même ce qui nous permet de marcher droit,
21:37l'état de droit nous permet de fonctionner
21:41sans que ce soit la loi du plus fort.
21:42Parce que, qu'est-ce que j'entends dans la colère
21:45qui s'exprime chez nos auditeurs ?
21:48C'est une colère, mais une colère qui est fondée
21:50sur des croyances, des a priori.
21:53Enfin, que les gens viennent au procès,
21:56les procès sont publics, sont ouverts,
21:57viennent au procès, écouter ce qui se débat,
22:00écouter les arguments de chacun,
22:02et qu'après ils aient une opinion,
22:04qu'ils disent ce qu'ils en pensent, je suis tout à fait d'accord.
22:07La justice est là, elle est rendue de façon publique
22:10devant le peuple français.
22:11Merci monsieur le juge.
22:12Dans un instant, on sera avec Grégory et Jean-François,
22:15mais Jean-Alphonse Richard vient d'entrer dans le studio,
22:18il va nous donner aujourd'hui, Jean-Alphonse,
22:20le programme de l'heure du crime à 14h.
22:21Bonjour Jean-Alphonse.
22:22Bonjour à tous.
22:23Alors évidemment, l'heure du crime, c'est justice toujours,
22:26mais pas tout à fait la même justice.
22:28Monsieur le juge ne me démentira pas.
22:30Je vous entraîne en Bourgogne pour un cold case,
22:33c'est l'affaire Nathalie Maire,
22:34elle avait 18 ans en septembre 87.
22:36On va la découvrir battue, étranglée dans une buvette
22:40où cette étudiante travaillait pour l'été,
22:42c'était sur une aire d'autoroute, l'autoroute A6.
22:45C'était le soir, il y avait beaucoup de monde,
22:47elle fermait la buvette, le tueur a laissé des indices.
22:50On va se dire que l'affaire est dans le sac,
22:52j'ai envie de dire qu'on va trouver très vite la vérité.
22:54C'est tout le contraire qui va se produire,
22:56puisqu'aujourd'hui encore,
22:56on ne sait pas ce qui s'est passé avec Nathalie Maire.
22:59C'était en 87, un maniaque, un tueur en série.
23:01Et si c'était tout simplement un familier,
23:03c'est ce que croit la famille.
23:05Nathalie Maire sur la piste du tueur de la buvette,
23:09c'est dans l'heure du crime.
23:10À 14h sur RTL.
23:11Voilà, en attendant vos appels,
23:13Marine Le Pen condamnée entre autres
23:16à 5 ans d'inéligibilité avec effet immédiat.
23:18Elle ne sera donc pas candidate à l'élection présidentielle en 2027.
23:23Vos réactions.
23:24Votre avis compte.
23:25Venez l'exprimer sur RTL au 3210.
23:2850 centimes la minute.
23:30RTL midi, édition spéciale.
23:32Céline Landreau et Eric Brunet.
23:34Je viens d'entendre une auditrice qui dit que c'est inadmissible
23:38et de l'injustice contre Marine Le Pen.
23:41Mais de détourner autant d'argent pendant autant de temps,
23:45n'est-ce pas une injustice ?
23:46Le petit qui va travailler tous les jours
23:48va trouver ça peut-être lui un peu normal
23:52que tout le monde soit condamné à la même enseigne.
23:54Voilà, je vous souhaite une bonne journée.
23:56Ne changez rien, continuez comme ça.
23:59On va s'appliquer.
24:00On va s'appliquer.
24:00Cet auditeur répondait bien évidemment à ce que nous disait Agnès.
24:04On a ouvert 13 heures tout à l'heure.
24:06Vous êtes nombreux à réagir.
24:07On va prendre Jean-François qui est au 3210.
24:11Mon cher Jean-François, vous avez la parole.
24:12Bonjour.
24:13Bonjour.
24:13Bonjour Céline.
24:14Bonjour Eric.
24:15Alors je pense qu'il faut déjà avoir un dialogue apaisé.
24:20Alors dans un premier temps,
24:21je suis terrifié par l'inégibilité de Madame Le Pen.
24:25Je crois qu'il faut distinguer deux choses.
24:27La première, elle a commis une faute avec d'autres membres.
24:31Eh bien, ils doivent être punis.
24:32C'est la justice.
24:33C'est normal.
24:34Tout comme M. Sarkozy a été puni.
24:37Mais quant à son inégibilité,
24:39je trouve ça absolument terrifiant
24:43parce que j'aurais préféré que ce soit dans les urnes
24:46que l'on choisisse de la dégager,
24:48mais non pas la dégager comme ça.
24:50Mais il faut aussi voir le côté positif des choses.
24:53Je me dis que peut-être, via Jordan Bardella,
24:57même s'il est jeune,
24:58on sait qu'il y a eu une vague de jeunisme dans le gouvernement.
25:01On en est revenu.
25:02On y reviendra sans doute
25:03puisqu'il y a toujours le pour et le contre dans le gouvernement.
25:05Mais je dis que ça peut peut-être amener des voix supplémentaires.
25:09Je rejoins Agnès en cela, au Rassemblement national.
25:14Peut-être, ça peut lui apporter des voix et le faire rebondir.
25:18Voilà ce que je voulais apporter aujourd'hui.
25:21Julien ?
25:22Non, Olivier Boston, j'apporte une autre dimension à votre réflexion.
25:27Ce qui est intéressant,
25:28c'est de voir les réactions aussi dans les entourages de ceux
25:32qui leur ont eu aussi vers 2027.
25:35Je pense aux entourages, par exemple, d'Edouard Philippe,
25:38de Gabriel Attal ou d'autres,
25:40qui avaient tendance à considérer jusque-là
25:42que Jordan Bardella serait plus facile à battre que Marine Le Pen.
25:47Ils considèrent qu'il est à la fois jeune,
25:49n'a pas forcément tout le fond.
25:52Que disent les sondages là-dessus ?
25:55Quand on fait des projections, c'est plus difficile...
25:58On va demander aux professionnels.
26:00Est-ce qu'il est plus difficile de battre en 2027
26:03dans les projections Marine Le Pen que Jordan Bardella ?
26:08Déjà, 2027 est quand même assez loin.
26:09Mais quoi qu'il en soit, quand on mesure à l'heure actuelle,
26:12les deux indicateurs que l'on peut avoir,
26:13ce sont des indicateurs de confiance
26:15et des indicateurs d'intentions de vote.
26:17Intentions de vote, on est à peu près au même niveau,
26:19à un ou deux points près, en tout cas au premier tour,
26:22selon que l'on teste l'hypothèse de Jordan Bardella
26:24ou que l'on teste l'hypothèse de Marine Le Pen.
26:26Et même quand vous regardez aujourd'hui
26:28la question de la confiance ou de l'efficacité électorale,
26:31il était tête de liste au cours des dernières élections européennes
26:35et jamais l'ERN n'a réalisé un score aussi important
26:38à une élection nationale, plus de 30% on peut le rappeler,
26:41au cours des dernières élections européennes.
26:42D'accord, donc Jordan Bardella est un candidat sérieux
26:46en relation qui ne va pas étendrer le vote ERN.
26:50Non, je ne vous fais part que du regard
26:52que portent ses concurrents sur lui
26:54et qui considèrent que Jordan Bardella
26:56est un concurrent moins compliqué, peut-être qu'il se trompe,
26:58mais que Marine Le Pen
27:00dans une élection présidentielle.
27:02Jean-François,
27:04pour vous, Jordan Bardella
27:06a autant de chance aujourd'hui
27:08pour l'Elysée que Marine Le Pen ou pas ?
27:10Je souhaite
27:12qu'il ait autant de chance,
27:14il a appris beaucoup, il reste jeune,
27:16il n'y peut rien.
27:18Il n'y peut rien.
27:20Ça s'arrange avec le temps généralement.
27:22Oui, je pense que ça va s'arranger
27:24avec le temps.
27:26Jean-François, je vous pose une question.
27:28Est-ce que vous ne pensez pas
27:30que Marine Le Pen
27:32non-candidate en 2027
27:34et pour cause, risque
27:36d'aiguiser les appétits d'autres
27:38barons du Rassemblement National ?
27:40D'autres barons que celui que Bardella ?
27:42Il peut y avoir...
27:44Je ne sais pas...
27:46Bien évidemment, ils vont se comporter
27:48sans doute, comme toujours, comme des requins,
27:50que ce soit le RN ou pas.
27:52Mais Jordan Bardella, malgré son âge et son jeunisme,
27:54j'insiste, est capable
27:56de leur faire front et nous verrons bien en 2027.
27:58Olivier Bosch, qui pourrait être
28:00ceux qui pourraient jouer des coudes
28:02en disant, Jordan Bardella
28:04est peut-être un peu jeune,
28:06moi je suis également un héritier
28:08de Marine Le Pen et je souhaite
28:10figurer dans le...
28:12En interne, très clairement, et c'est Julien Fautrat
28:14qui serait beaucoup mieux que moi pour suivre le RN
28:16au quotidien, il n'y a absolument
28:18pas photo, aujourd'hui, il n'y a
28:20personne qui existe
28:22et qui est suffisamment
28:24d'amplitude
28:26et de notoriété aujourd'hui
28:28pour concurrencer Jordan Bardella.
28:30Même Louis Elio, qui avait essayé
28:32de lui ravir la place au RN
28:34et de présider le RN,
28:36a dit, pas plus tard
28:38qu'hier, que Jordan Bardella serait
28:40un très bon candidat.
28:42Il n'y a pas de concurrence interne.
28:44En revanche, il faut quand même se méfier parce qu'à l'intérieur
28:46de cette famille politique, ce genre
28:48d'événements, on l'avait vu avec
28:50Jean-Marie Le Pen, peut
28:52créer quand même des dissensions
28:54internes fortes.
28:56C'est un parti qui fonctionne
28:58avec un chef, en l'occurrence
29:00une chef qui était Marine Le Pen,
29:02un parti très centralisé.
29:04Certains ont souvent
29:06l'habitude de le dire et de le répéter,
29:08personne ne pense qu'en Marine Le Pen
29:10et n'a pas parlé
29:12et n'a pas d'opinion sur un sujet.
29:14Et ça, ça va être une difficulté interne pour le RN.
29:16Je ne sais pas comment Marine Le Pen
29:18va retrouver un rôle ou si elle va garder un rôle,
29:20mais il y aura
29:22une absence à combler.
29:24Julien Fautra, pour compléter ce que disait Olivier Bost.
29:26C'est exactement ça.
29:28On l'a vu, dès que Marine Le Pen
29:30s'est mise à l'écart
29:32pour quelque soit la raison,
29:34par exemple, qu'elle a perdu son père
29:36il y a quelques semaines, elle s'est mise à l'écart.
29:38Beaucoup se plaignaient en interne
29:40que personne ne prenait décision.
29:42Certains se sentaient
29:44un peu orphelins. Bref,
29:46tout part de Marine Le Pen
29:48et tout arrive à Marine Le Pen
29:50dans ce parti. Donc il va falloir
29:52redéfinir au RN
29:54un mode de fonctionnement
29:56et Marine Le Pen assez proche, Jordan Bardella
29:58assez proche.
30:00Je ne dis pas qu'il y a deux écuries, ce serait peut-être
30:02un petit peu trop, mais
30:04le parti
30:06sans Marine Le Pen, quand
30:08il y a été confronté,
30:10c'est un parti qui vivote et qui
30:12ne prenait pas de décision.
30:14Qu'est-ce qui se passe au tribunal ? Je rappelle
30:16pour ceux qui prennent RTL en cours que Marine Le Pen
30:18a été reconnue coupable de détournement
30:20de fonds publics ce lundi,
30:22dans le cadre du procès des assistants parlementaires
30:24européens du FN à l'époque,
30:26et qu'elle a été condamnée
30:28à cinq ans d'inéligibilité.
30:30Elle ne sera donc pas candidate à l'élection présidentielle.
30:32Quelle est l'ambiance là ?
30:34Alors, l'ambiance est
30:36studieuse. Pourquoi ? Parce qu'il y a surtout
30:38des journalistes qui, comme moi,
30:40font des directs pour
30:42leurs médias respectifs.
30:44Des journalistes du monde entier ?
30:46Alors, des journalistes du monde entier,
30:48oui, ça c'est effectivement assez surprenant.
30:50J'ai vu un journaliste brésilien, il y a une journaliste
30:52espagnole à côté de moi. Il y a des journalistes
30:54du monde entier qui se sont passionnés
30:56pour cette affaire. On l'a vu
30:58et on le voit quand on se déplace
31:00à l'étranger avec Marine Le Pen. C'était il y a quelques semaines,
31:02par exemple, à Madrid,
31:04ou la semaine dernière avec Jordan Bardella
31:06en Israël. On le voit,
31:08il y a un intérêt, il y a une connaissance
31:10des journalistes étrangers
31:12sur la situation politique française
31:14et l'une de ses personnalités
31:16les plus connues, c'est-à-dire Marine Le Pen. Et donc,
31:18effectivement, il y a un intérêt autour de moi
31:20et ça je peux le voir au moment
31:22où je vous parle. Oui ?
31:24Julien, je reçois un message d'un auditeur qui dit
31:26de toute façon, elle va faire un ticket
31:28avec Jordan Bardella et sera nommé Premier ministre.
31:30C'est Franck qui écrit ça.
31:32Un scénario. Alors, là,
31:34je ne serai pas aussi affirmatif. Je vois
31:36mal. Alors, peut-être que
31:38c'est comme ça que ça va se passer
31:40et que l'inversion
31:42de ce qu'est dans la Vème République
31:44le Président de la République et son
31:46Premier ministre se fera
31:48si le Rassemblement National
31:50est élu dans cette configuration. Je vois mal
31:52Marine Le Pen
31:54devenir la Première Ministre
31:56de Jordan Bardella. Vu
31:58le rapport qu'il y a entre les deux,
32:00vu ce que Jordan Bardella dit d'elle, c'est-à-dire
32:02qu'il lui doit tout, vu la façon
32:04dont Marine Le Pen parle de lui,
32:06c'est-à-dire comme... Alors, elle a toujours
32:08refusé le terme de « Je ne suis pas sa mère ».
32:10Mais il y a un petit côté un peu
32:12maternel quand même. Je vois pas
32:14cette configuration-là du tout.
32:16Merci,
32:18Julien. Thomas Proutaud, on rappelle quand même
32:20qu'en l'État, Marine Le Pen
32:22reste députée.
32:24C'est un point très important qu'on n'a pas
32:26abordé. On a abordé celui de Louis Alliot
32:28qui reste le maire de Perpignan.
32:30Il aurait pu perdre son fauteuil.
32:32Ça n'était pas le cas pour Marine Le Pen
32:34dans tous les cas, car là, le Conseil Constitutionnel
32:36a fait une différence entre les élus
32:38locaux et les élus parlementaires,
32:40députés et sénateurs. Il a tranché, il y a déjà
32:42un peu plus d'un an,
32:44qu'un parlementaire visé par une mesure
32:46d'inéligibilité avec exécution
32:48provisoire gardait son
32:50mandat en cours jusqu'au
32:52bout. Donc, pour Marine Le Pen, elle reste
32:54chef des députés du Rassemblement
32:56National. Ça n'est pas rien.
32:58On parlait de la perspective de 2027.
33:00En l'État, elle ne peut
33:02pas être candidate, après le prononcé
33:04du jugement, mais il y a quand même
33:06un espoir qui subsiste, peut-être, pour elle ?
33:08Pour elle ? Alors, oui, c'est
33:10une équation un petit peu complexe. On parle
33:12du procès en appel.
33:14Si elle fait appel de ce jugement,
33:16on va voir ce qu'il en est assez
33:18rapidement.
33:20Quand il y a un procès en appel, il y a le principe
33:22qu'il faut trouver de la place pour une audience.
33:24Les audiences financières à Paris sont extrêmement chargées.
33:26Donc, si on imagine que le
33:28parquet général de Paris trouve de la place
33:30avant 2027, disons d'ici un an
33:32à peu près pour cette audience,
33:34la cour d'appel pourrait prendre une décision
33:36différente et donc ne pas
33:38revenir sur cette
33:40exécution provisoire de l'inéligibilité.
33:42Et à ce moment-là, ça pourrait
33:44lui rouvrir la voie
33:46vers la présidentielle.
33:48Mais là, évidemment, on est un petit peu dans la fiction,
33:50en tout cas dans des choses qu'on ne pourra pas
33:52savoir maintenant. Et à l'heure qu'il est,
33:54elle ne peut pas être candidate.
33:56Antoine est avec nous. Bonjour mon cher Antoine.
34:00Oui, bonjour à tous.
34:02Et Grégory est là également.
34:04Bonjour Grégory.
34:06Oui, bonjour Eric.
34:08Bonjour Céline. Bonjour à tous.
34:10Vous aurez la parole dans une seconde.
34:21Je trouve inadmissible
34:23ce qui se passe avec Marine Le Pen.
34:25Et même si c'est Bardella qui se présente,
34:27le RN gagnera les présidentielles.
34:29Je soutiens Marine Le Pen à fond.
34:31Je m'étonne que
34:33Mme Le Pen est quand même
34:35avocate, a étudié du droit
34:37et s'en est complètement
34:39fichue quand elle était
34:41élue.
34:43Grégory est avec nous.
34:45Grégory, rebonjour.
34:47Rebonjour à tous.
34:49La réaction après cette
34:51décision de justice que nous avons appris
34:53dans le cours des auditeurs en la parole.
34:55Cinq ans d'inéligibilité
34:57avec effet immédiat. Marine Le Pen ne sera
34:59donc pas candidate, ne peut pas être
35:01candidate en 2027.
35:03Alors écoutez, moi je trouve ça vraiment
35:05inadmissible.
35:07Alors déjà, il y a deux choses.
35:09Parce que Jordan Bardella
35:11n'a pas arrêté de préciser que Marine Le Pen
35:13était innocente.
35:15Alors moi, je pense qu'ils vont
35:17faire un appel, je pense.
35:19Donc, y a-t-il vraiment des preuves formelles ?
35:21On ne sait pas s'il y a des preuves formelles.
35:23Bon, maintenant je ne sais pas. On verra bien.
35:25Mais maintenant, si vraiment
35:27elle a fait quelque chose...
35:29Vous avez compris le principe
35:31de l'exécution provisoire ?
35:33On peut faire appel tant qu'on veut.
35:35Le jugement est
35:37appliqué. Donc elle est inélugible.
35:39Bien sûr que oui. J'ai tout compris là-dessus.
35:41Et je trouve ça vraiment inadmissible.
35:43Et justement, on ne laisse même pas le temps
35:45de préparer un appel. Et ça y est, tout de suite,
35:47elle est condamnée là-dessus. Et je trouve ça horrible.
35:49Honteux. Inadmissible.
35:51Ce qu'il y a, c'est qu'en plus de ça,
35:53maintenant, si vraiment elle a fait
35:55quelque chose, si vraiment elle a détourné,
35:57bien sûr qu'elle mérite d'être punie.
35:59C'est ce que les juges ont considéré.
36:01Oui, bien sûr. Je suis d'accord
36:03avec vous. C'est ce que les juges ont considéré.
36:05Moi, je trouve que si vraiment elle a fait quelque chose de mal,
36:07qu'elle a vraiment détourné,
36:09bien sûr qu'elle mérite d'être punie,
36:11bien sûr qu'elle mérite d'être condamnée,
36:13s'il y a une forte amende ou autre.
36:15Mais même si on est condamné, on a le droit
36:17de se présenter à une élection présidentielle.
36:19Monsieur le juge, bougez pas Grégory,
36:21je vous écoute et ça me fait...
36:23Monsieur le juge, bon, je sais que vous êtes magistrat
36:25et vous n'êtes pas là. Et je ne vous demanderai
36:27pas de commenter une décision de justice.
36:29Ce n'est pas le sujet. Mais dans la philosophie
36:31quand même, l'exécution provisoire,
36:33c'est un drôle de truc. On est condamné,
36:35on fait appel. Mais bon, t'as beau faire appel,
36:37tu vas en taule quand même.
36:39Enfin, pardon de résumer les choses ainsi,
36:41mais...
36:43Non, non, je ne parle pas de Zucca Lopez,
36:45mais cette espèce d'idée qui dit
36:47bon, tu peux faire appel, mais
36:49bon, on voit quand même...
36:51C'est une façon de dire au justiciable,
36:53on se fiche complètement du fait que tu fasses
36:55appel. C'est un outil qui existe.
36:57Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise d'autre ? Le législateur,
36:59dans l'arsenal du code pénal
37:01et du code d'ouvre-sûr pénal, a prévu cet outil-là.
37:03Cet outil-là, notamment
37:05pour les dossiers,
37:07on va dire, les plus emblématiques,
37:09avec l'idée quand même que
37:11en cas de risque
37:13de récidive et de réitération,
37:15on met fin à l'infraction
37:17définitivement, quelle que soit
37:19l'appel. Mais donc, ça veut dire que les magistrats ont considéré
37:21que Marine Le Pen
37:23aurait pu à nouveau
37:25utiliser
37:27le Parlement européen ?
37:29J'étais pas là lors du procès.
37:31Ce que j'ai pu en lire, comme tout à chacun,
37:33c'est qu'effectivement,
37:35les prévenus et leurs avocats
37:37ont tous
37:39contesté vigoureusement
37:41ce qui leur était reproché,
37:43alors que, semble-t-il, et je dis bien encore
37:45semble-t-il, les choses étaient quand même
37:47assez simples et assez claires dans le dossier-là.
37:49Donc, à partir du moment où quelqu'un
37:51quelque part nie l'évidence,
37:53c'est sûr que le juge se dit, puisqu'il ne reconnaît
37:55pas les faits, il y a des fortes chances
37:57que n'ayant pas pris conscience
37:59de ce qu'il avait fait, il recommence.
38:01Pascal Perinopolito, vous êtes également avec nous.
38:03On vient d'avoir la première réaction de
38:05Jean-Luc Mélenchon à cette
38:07condamnation. Jean-Luc Mélenchon qui dit
38:09la décision de destituer un élu
38:11devrait revenir au peuple.
38:13C'est aussi
38:15une forme de contestation
38:17du jugement
38:19prononcé, non ?
38:21Là, on a affaire à des individus qui
38:23nient que l'état de droit fait
38:25partie de la démocratie. C'est même un élément
38:27fondamental de la démocratie.
38:29Certes, l'expression
38:31du suffrage universel, l'expression
38:33électorale, contribue
38:35à l'expression de la démocratie.
38:37Mais comme cela vient d'être dit,
38:39cette loi, elle a été
38:41votée par des parlementaires.
38:43La loi qui est appliquée aujourd'hui.
38:45Elle a été évoquée par des parlementaires
38:47élus par le peuple.
38:49Je crois qu'à l'époque,
38:51les représentants
38:53de la gauche de la gauche avaient voté contre
38:55la loi Sapin 2.
38:57Voilà, il faut bien...
38:59Parce qu'on le voit bien, pas simplement en France,
39:01il y a une dérive aujourd'hui. On considère
39:03en effet que l'état de droit serait extérieur
39:05à la démocratie.
39:07Que la démocratie ne pourrait se
39:09résumer qu'à l'expression
39:11d'une espèce, d'une forme d'expression
39:13spontanée de la volonté populaire
39:15dans des manifs,
39:17dans des élections, etc.
39:19Non ! Si vous voulez,
39:21la démocratie, c'est
39:23aussi des règles de droit qui
39:25s'appliquent à tout le monde.
39:27Et bien sûr, dans
39:29l'exécution de ces règles de droit,
39:31les juges jouent un rôle fondamental.
39:33C'est ce à quoi on a
39:35assisté aujourd'hui. Alors ensuite,
39:37en effet, on peut contester.
39:39L'appel est fait pour ça.
39:41La cassation ensuite.
39:43On peut se dire en effet
39:45que le temps judiciaire et le temps
39:47politique ne sont pas tout à fait les mêmes.
39:49On peut dire en effet que c'est une
39:51décision sévère.
39:53Et je crois que cette décision
39:55qui a été prise aujourd'hui est sévère.
39:57Sévère. Injuste.
39:59Illégale. Certainement pas.
40:01Décision très lourde et exceptionnelle.
40:03Pas très sain dans une démocratie.
40:05Ça, ce sont les mots de
40:07Laurent Wauquiez chez Les Républicains.
40:09Décision de justice. Donc, très commentée
40:11et c'est certainement pas terminé.
40:13On marque une pause. On en discute
40:15avec vous dans un instant ?
40:17A tout de suite.
40:27Donc, mesdames, messieurs,
40:29c'est tombé. Pendant
40:31les auditeurs ont la parole, RTL midi.
40:33Cinq ans d'inéligibilité avec effet
40:35immédiat pour Marine Le Pen qui ne sera
40:37donc pas candidate
40:39à l'élection présidentielle de 2027.
40:41C'est un cataclysme
40:43pour elle. Et c'est surtout une information
40:45qui vient télescoper la vie politique
40:47française. Une information majeure.
40:49Une de ces informations historiques
40:51qui sont constitutives de notre
40:53politique française. La politique
40:55que nous aimons tant mais qui
40:57aujourd'hui prend un tour très particulier. Antoine
40:59a fait le 3210, mon cher Antoine. Bonjour.
41:01Bonjour. Bonjour à vous deux
41:03et bonjour à tous les auditeurs.
41:05Votre commentaire, Antoine.
41:07Mon commentaire est très
41:09simple. Il est...
41:11On prend deux points
41:13essentiels. L'un viendrait de te rappeler
41:15par votre invité
41:17qui est que l'état de
41:19droit est consubstantiel de la
41:21démocratie. L'un ne peut
41:23pas aller sans l'autre et l'une ne peut
41:25pas aller sans l'un.
41:27D'ailleurs on voit bien dans le monde
41:29certains états qui évoluent
41:31vers des régimes plus ou moins
41:33totalitaires et
41:35passent toujours par la case
41:37condamnation des juges ou
41:39positionner
41:41la justice à leurs
41:43ordres. Donc ça c'est le premier point.
41:45Deuxième point
41:47c'est que la justice,
41:49lorsqu'elle prononce une peine,
41:51elle a évidemment deux missions.
41:53Premièrement punir et deuxièmement
41:55dissuader. Et qu'est-ce qui est
41:57plus dissuasif pour un
41:59politique que de l'empêcher
42:01de concourir au
42:03scrutin de la magistrature
42:05suprême ? Ce sera un
42:07exemple pour tous ceux qui
42:09sont tentés d'enfreindre
42:11le droit. Donc il faut respecter
42:13les décisions de justice.
42:15C'est absolument essentiel dans notre démocratie.
42:17Le débat qui va s'installer, j'entends ce que vous dites
42:19c'est la dictature.
42:21Avec le journaliste,
42:23un des premiers citoyens
42:25qu'on attaque c'est le juge.
42:27Vous avez raison Antoine.
42:29Mais si on essaie d'avoir une lecture plus fine,
42:31et je vous pose la question, vous avez l'air d'être un analyste
42:33averti,
42:35c'est celui d'une dérive dans des
42:37pays démocratiques, d'une république
42:39qui peut devenir une république des juges avec
42:41des magistrats qui outrepassent.
42:43On a vu dans les réquisitoires
42:45de Nicolas Sarkozy, beaucoup
42:47de choses qui relèvent de la morale et pas
42:49du droit. On dit des pratiques
42:51abjectes, etc. Les juges
42:53se permettent parfois d'avoir un
42:55jugement moral. Est-ce que vous le sentez
42:57pas s'opérer ce glissement ?
42:59Je ne le crois pas
43:01parce que la France est
43:03un vieux pays qui dispose d'un droit
43:05écrit, parfaitement précis
43:07et qui donne
43:09aux justiciables
43:11et à la défense tous les moyens.
43:13Et on le voit bien dans certaines affaires.
43:15Rappelons quand même que dans cette affaire
43:17si le jugement
43:19intervient si tard, c'est parce que
43:21les justiciables,
43:23en l'occurrence le Rassemblement National
43:25et son Conseil, ont
43:27choisi une stratégie
43:29de gagner du temps,
43:31de faire recours
43:33sur recours. Ce jugement
43:35aurait pu avoir lieu il y a 2-3
43:37ans et Marine Le Pen aurait pu se trouver
43:39candidate malgré sa
43:41condamnation. Donc je ne crois pas qu'on
43:43soit exposé à ce genre de problème
43:45parce que le droit est écrit.
43:47Le droit est écrit en France.
43:49Ça c'est un élément absolument
43:51fondamental. Les juges ne peuvent pas
43:53prononcer une pelle qui n'a pas été
43:55votée par le législateur.
43:57Olivier Poste, moi c'est
43:59vrai que je ne suis pas juriste
44:01mais j'ai vu des tas de journalistes
44:03qui revenaient, j'ai lu des comptes rendus,
44:05des rapports écrits de chez nous à RTL,
44:07qui disaient que quand même le scénario de défense de Marine Le Pen
44:09n'était pas le meilleur qu'il soit.
44:11Je ne sais pas si vous avez quelque chose à dire là-dessus.
44:13Non, on ne va
44:15quand même pas trop s'y risquer parce que
44:17la défense est tout à fait libre d'adopter le scénario
44:19et la stratégie
44:21qu'elle le souhaite. Ce qu'on a pu constater
44:23c'est que c'est une défense très politique
44:25qu'avait choisie Marine Le Pen
44:27dès le départ en disant, quel que soit ce que vous
44:29dites, quelles que soient les preuves que vous apportez,
44:31les e-mails, les rôles
44:33de chacun, les sommes versées, la réalité
44:35des contrats dont certains étaient évidemment
44:37totalement pas du tout exécutés.
44:39Elle disait, mais c'est de la politique, moi je fais de la politique
44:41vous ne pouvez pas me condamner pour ça. Oui d'accord,
44:43on n'a pas pris les bons canaux pour financer
44:45parce qu'on rappelle que ce ne sont pas des emplois fictifs.
44:47C'est-à-dire que les gens travaillaient,
44:49mais ne travaillaient pas pour le salaire
44:51et ne travaillaient pas pour le Parlement européen.
44:53Donc ça, ça a été sa ligne de défense.
44:55Elle l'a tellement répétée en boucle
44:57que la présidente, à plusieurs reprises, a été obligée
44:59de l'interrompre et dire, Madame Le Pen, désolé, vous l'avez déjà
45:01dit, si on fait du droit, on a un procès
45:03à faire avancer, donc des arguments
45:05à aligner, enfin des arguments
45:07d'accusation, et en face
45:09des arguments de défense pour dire
45:11oui ou non, le tribunal appréciera.
45:13Antoine ?
45:15Oui, je l'ai écouté avec
45:17beaucoup d'attention et je pense que c'est
45:19le point qui vient d'être formulé,
45:21a été mieux formulé que je ne l'ai fait moi-même,
45:23c'était exactement mon sujet.
45:25Voilà, c'était Thomas Proutaud
45:27qui s'exprimait. Merci beaucoup
45:29mon cher Antoine.
45:31Vous en prie. Autre rendez-vous qui va
45:33être maintenant scruté, Olivier Boss, c'est évidemment
45:35la première prise de parole de Marine Le Pen.
45:37On rappelle quand même que
45:39la chef de file du Rassemblement National
45:41a quitté le tribunal
45:43de manière assez théâtrale ce matin, avant même
45:45la fin de l'énoncé des peines.
45:47Elle n'a pas pris la parole en arrivant
45:49au siège où l'attendait évidemment plusieurs journalistes,
45:51y compris le micro d'RTL.
45:53Elle prendra la parole ce soir aux 20h de TF1
45:55et c'est là qu'on saura quelle est la ligne
45:57adoptée par le Rassemblement National
45:59pour les jours, semaines, mois à venir.
46:01Complètement. Ces dernières heures, ce qu'on savait
46:03c'est que Marine Le Pen n'avait pas
46:05réellement préparé ses scénarios
46:07et les réactions
46:09qu'elle pourrait avoir à la décision
46:11qui a été rendue. Très clairement, la décision
46:13rendue ce midi
46:15l'a surprise. Maintenant,
46:17elle doit être en train de préparer ce qui sera la réaction
46:19et ce soir, finalement, c'est le
46:21deuxième événement de la journée. On vous le fera
46:23vivre sur RTL en édition spéciale
46:25également. C'est le deuxième événement
46:27de la journée parce qu'on va savoir ce qui va se
46:29passer, très probablement,
46:31au Rassemblement National. On le rappelle, Marine Le Pen
46:33va rester chef des députés. Qu'est-ce qu'elle va faire
46:35comme chef des députés ? Est-ce qu'elle va
46:37vouloir renverser ?
46:39Déjà, la première
46:41question, c'est est-ce qu'elle va chercher à renverser
46:43François Bayrou ? Est-ce qu'il va y avoir une volonté
46:45de créer une crise politique ?
46:47Avec, effectivement, un inconvénient pour elle, c'est que si
46:49ça mène à une dissolution à partir de l'été
46:51ou à la rentrée prochaine, c'est qu'elle ne
46:53peut pas se représenter. Donc, elle perdrait son siège.
46:55Tout ça est un imbroglio
46:57politique qui va être
46:59très compliqué pour
47:01Marine Le Pen, très
47:03clairement. Et il faut qu'elle
47:05dise ce soir
47:07qu'est-ce qu'elle va faire et qu'est-ce qu'elle
47:09veut faire.
47:11Merci Olivier Bost, merci à tous.
47:13Je laisse le mot de la fin. Tiens, c'est Sandrine
47:15qui a fait le 32-10. Elle a quelques secondes, ma chère
47:17Sandrine. Bonjour Sandrine. Bonjour Eric.
47:19Bonjour Céline. Votre réaction
47:21Sandrine ? Moi, je suis en colère.
47:23Moi, j'aime beaucoup Marine Le Pen.
47:25J'aime bien la femme
47:27qu'elle est. J'ai mon
47:29parti, je ne le cache pas. Donc, vous avez
47:31dû vous en douter.
47:33Et moi, je pense que c'est vraiment
47:35parce que c'est Madame Le Pen
47:37qu'on n'a pas
47:39moyen de faire appel à ça.
47:41C'est tout simplement parce qu'il y a le nom
47:43Le Pen. Et il y a aussi le nom
47:45RN. Et donc, je pense
47:47purement politique.
47:49Mais de toute façon,
47:51je terminerai par dire que
47:53nous avons Jordan Bardet envers nous
47:55et nous attendons que Jordan
47:57arrive aux présidentielles.
47:59Merci Sandrine. Le message
48:01est passé. Nous avons écouté. Il est 13h59.
48:03Jean-Alphonse,
48:05de quoi parle-t-on dans l'heure du crime dans une poignée
48:07de secondes ? Un cold case en Bourgogne.
48:09Qui a tué Nathalie Maire ?
48:11A c'est tout de suite.

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