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00:00Mais d'abord le journal de 8h sur Europe 1, Fanny Marceau, bonjour Fanny.
00:04Bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:06Ce pourrait être une déflagration dans la vie politique française.
00:09Ce matin, le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement dans l'affaire des assistants parlementaires du Front National.
00:15Marine Le Pen encourt 5 ans de prison, dont 2 fermes, 300 000 euros d'amende et une peine de 5 ans d'inéligibilité
00:24qui pourrait être assortie d'une exécution provisoire, ce qui, même en cas d'appel, la priverait d'une candidature à la prochaine présidentielle.
00:31Bonjour Alexandre Chauveau.
00:32Bonjour Fanny, bonjour à tous.
00:33Journaliste au service politique d'Europe 1, cette décision judiciaire pourrait déclencher un véritable séisme politique
00:40et pourtant l'ERN s'affiche serein, une attitude qui confie nos dénis Alexandre.
00:44Oui presque, le scénario d'une exécution provisoire est en tout cas tabou,
00:48personne n'ose réellement y croire et rien n'a d'ailleurs été vraiment anticipé si tel était le cas,
00:53ni élément de langage, ni plan B.
00:55Ses proches oscillent jusqu'ici entre la foi en son innocence et la conviction que les juges n'oseront pas rendre une telle décision.
01:02Même Jordan Bardella, perçu comme son héritier politique légitime en cas d'empêchement,
01:06rejette ce scénario par loyauté ou par excès de modestie.
01:10Marine Le Pen et ses proches sont donc suspendus à la décision des juges,
01:13dont ils espèrent, à défaut de clémence, la prise en compte des conséquences démocratiques que leur décision pourrait provoquer.
01:19Et comment les autres partis politiques, Alexandre, réagissent-ils à la possibilité d'une telle décision ?
01:25Tout le monde a déjà coché la case dans son agenda,
01:27et plusieurs élus de premier plan ont déjà émis leurs réserves sur l'exécution provisoire.
01:31Edouard Philippe, Gérald Darmanin et même Manuel Bompard
01:34affirment ainsi préférer battre Marine Le Pen dans les urnes,
01:37plutôt que la justice l'empêche de se présenter.
01:40À l'Elysée et à Matignon, on redoute une tempête politique,
01:43susceptible de causer des troubles et d'accroître la défiance de l'opinion dans la justice.
01:47Politiquement, enfin, l'exécutif craint la riposte de Marine Le Pen,
01:51qui, même si elle s'en défend, pourrait être tentée de provoquer une crise politique.
01:55Merci Alexandre Chauveau du service politique d'Europe 1.
01:58Plusieurs voix s'élèvent pour dénoncer un acharnement de la justice sur les personnalités politiques de droite.
02:04Mais avant de prendre sa décision, le tribunal va se baser sur plusieurs éléments.
02:08C'est ce qu'expliquait ce matin sur Europe 1 le constitutionnaliste et politologue Benjamin Morel.
02:12L'énigibilité de provisoire, ça n'a pas pour but de vous punir.
02:15C'est en fait une mesure qui est une mesure ayant pour objectif de préserver l'ordre public.
02:19En d'autres termes, on présuppose que si on vous condamne à une peine à titre provisoire,
02:24et bien que vous seriez amené à réitérer, perpétuer votre infraction
02:29d'ici à ce que vous soyez jugé définitivement.
02:33Et donc, dans ce cadre-là, ce que va devoir apprécier aujourd'hui le juge,
02:36c'est est-ce que Marine Le Pen serait amenée à réitérer l'infraction, à la perpétuer,
02:41et mettre ça en balance avec, d'un autre côté, le droit des électeurs,
02:45et son propre droit demain à être candidate.
02:48Le juge est libre, et même si a priori les signaux envoyés par d'autres cours
02:54vont dans le sens d'une non-prononciation d'énigibilité provisoire,
02:57ça ne veut pas dire qu'il suivra cette décision-là.
03:00Benjamin Morel, invité d'Europe 1 Matin à 7h10, interview à retrouver sur europe1.fr et l'appli Europe 1.
03:05Vous écoutez Europe 1 Matin, il est 8h04.
03:08Les Lyonnais s'en souviennent, 24 mai 2019,
03:10une bombe explose devant une boulangerie rue Victor Hugo,
03:14bilan une dizaine de blessés, dont une fillette de 10 ans à l'époque.
03:17Et c'est aujourd'hui que s'ouvre, devant la cour d'assises spéciale de Paris,
03:20le procès de l'accusé Mohamed Medjoub, 24 ans au moment des faits.
03:24Cet Algérien en situation irrégulière s'est décrit devant les enquêteurs
03:27comme un soldat de l'Islam, ayant prêté allégeance à l'État islamique, Noémie Loloiselle.
03:32Arrivée en France en août 2017,
03:34Mohamed Medjoub explique avoir commis cet attentat pour terroriser la population,
03:38influencer le cours des élections européennes et semer le chaos en France.
03:42En prison, il affiche clairement sa radicalisation.
03:44Il raconte avoir aimé discuter du courant avec sa lab d'Islam,
03:47membre des commandos du 13 novembre,
03:49qu'il a fréquenté dans le quartier d'isolement à Florie-Mirogis.
03:52Auprès de ses co-détenus, il se vante aussi qu'il aurait pu faire
03:55une centaine de morts s'il l'avait voulu.
03:57Yves Hartmann, avocat de deux victimes,
03:59redoute qu'il ne fasse de ce procès une tribune.
04:01L'accusé est au premier plan avec sa personnalité, avec les faits qui sont rebrusqués.
04:04Ce qu'on redoute dans ce type de procès, c'est que les victimes n'aient pas leur place
04:07parce qu'il est essentiel que les victimes soient entendues
04:10et que les magistrats voient véritablement la souffrance de ces victimes.
04:14Lors de son dernier interrogatoire, Mohamed Medjoub explique vouloir se venger de la France
04:18et déclare « si je prends un Français, je vais le décapiter ».
04:21En détention, il affirmait « si je sors aujourd'hui, demain je fais un attentat ».
04:25Noémie Loloiselle, correspondante d'Europe 1 Lyon.
04:27Bruno Retailleau, lui, se rend à Londres aujourd'hui.
04:30Le ministre de l'Intérieur va participer avec les représentants d'une quarantaine d'autres pays
04:34à un sommet de deux jours sur l'immigration.
04:36Alors que depuis le début de l'année, près de 6000 personnes ont traversé la Manche
04:39sur des embarcations de fortune.
04:41Et l'actualité internationale, c'est aussi la fin de la lune de miel
04:44entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
04:46Oui, hier, dans une interview à NBC,
04:48le président américain s'est dit furieux contre son homologue russe
04:51qu'il accuse de faire traîner les négociations de paix en Ukraine.
04:54Donald Trump a également menacé de bombarder l'Iran
04:57si aucun accord sur le nucléaire n'est trouvé.
04:59Réaction ce matin du guide suprême iranien
05:01qui promet une riposte ferme en cas d'attaque de son pays.
05:04Et Donald Trump qui promet aussi pour mercredi
05:06une offensive douanière générale, notamment pour les voitures.
05:10Oui, il va les voitures fabriquer hors des Etats-Unis.
05:1225% de taxes en plus,
05:14ce qui va entraîner une hausse des prix des voitures européennes,
05:17notamment sur le sol américain.
05:18Et donc, une baisse des ventes pour les constructeurs européens
05:21qui font déjà face à la concurrence chinoise
05:23et aux lourds investissements dans l'électrique.
05:25Ce pourrait être le coup de grâce, Aurélien Fleureau ?
05:28Moins 30%, ce n'est pas la ristourne à attendre
05:30chez un concessionnaire américain.
05:32C'est l'estimation de la baisse du nombre de voitures
05:34importées d'Europe aux Etats-Unis,
05:36soit près de 200 000 véhicules
05:38qui ne sortiraient plus des lignes de production
05:40des Volkswagen, Mercedes, BMW,
05:42mais aussi des Jeeps fabriquées en Italie.
05:44La France ne sera pas épargnée pour autant.
05:46La fièvre qui représente les équipementiers
05:48et les sous-traitants rappelle qu'ils fournissent
05:50largement les constructeurs allemands.
05:52Des conséquences massives,
05:54explique Julien Amichy, associé au cabinet Cornet.
05:56Si on modélise l'impact
05:58de ces 25%,
06:00on est là aujourd'hui dans le scénario
06:02le plus haut.
06:04A peu près 14 milliards de manque
06:06à gagner pour les constructeurs,
06:08un peu plus de 7 milliards pour les équipementiers.
06:10Et si on traduit en impact
06:12social, c'est un enjeu
06:14de 25 à 30 000 emplois
06:16qui pourraient être remis en question
06:18assez rapidement.
06:20Enfin, l'association des constructeurs européens d'automobiles
06:22souligne que les Etats-Unis sont le premier
06:24client de l'Europe en termes de valeurs
06:26avec 25% des exportations
06:28de voitures. Aurélien Fleureau, du service
06:30économie d'Europe 1. Et puis ce soir, minuit,
06:32fin de la trêve hivernale. Cela signifie
06:34reprise des expulsions des locataires
06:36mauvais payeurs à partir de demain.
06:38L'an dernier, 24 000 procès verbaux avaient été
06:40dressés, soit 87% de plus que l'année
06:42précédente. Hazard de calendrier
06:44ou pas, c'est aujourd'hui qu'arrive à l'Assemblée
06:46nationale une proposition de loi
06:48pour mettre fin au logement social à vie.
06:50Texte polémique porté par l'ancien
06:52ministre du logement, Guillaume Gasparion.
06:54Et puis en sport, le tennis est une des fêtes
06:56de Novak Djokovic hier soir en finale du
06:58Masters 1000 de Miami. C'est une surprise.
07:00Face au Tchèque, Jakub Mensik,
07:0219 ans, jeune champion qui a tenu à
07:04rendre hommage à son idole.
07:06Novak,
07:08tout le monde sait que t'es le meilleur.
07:12Si je suis ici aujourd'hui, c'est parce que
07:14j'ai commencé le tennis grâce à toi
07:16quand j'étais petit.
07:18Merci mille fois.
07:20Merci pour ce que t'as fait pour ce sport et pour tout le monde.
07:24Tu es une personne incroyable.
07:28Il est sport, Jakub Mensik. Il a privé pourtant
07:30hier Novak Djokovic de son centième titre.
07:32Un nom qui parle aux amateurs
07:34de peinture. Artemisia,
07:36l'une des rares femmes peintres du XVIIe siècle
07:38à avoir connu la gloire internationale de son
07:40vivant. Une exposition lui rend hommage en ce
07:42moment au musée Jacques Marendrais à Paris.
07:44Expo en partenariat avec Europe 1,
07:46Artemisia, héroïne de l'art,
07:48Sébastien Bordenave. Je vais cesser
07:50de vous importuner avec mes bavardages
07:52féminins. Mes oeuvres parleront
07:54pour moi. Voilà ce qu'écrivait Artemisia
07:56en 1649 à Don
07:58Antonio Ruffo de Sicile,
08:00l'un de ses mécènes. Artemisia
08:02est la fille de son père, Orazio,
08:04disciple de Caravage, maître
08:06d'un clair-obscur vigoureux.
08:08Et à 17 ans, elle signe une oeuvre pleine
08:10de promesses. L'année suivante,
08:12un ami de son père venu lui enseigner
08:14une perspective, la viole.
08:16L'affaire fera grand bruit. On ira même
08:18jusqu'à torturer Artemisia
08:20pour vérifier qu'elle ne mentait pas.
08:22Dès lors, l'artiste puisera
08:24dans ses rancœurs pour nourrir ses oeuvres,
08:26peindra avec volupté la nudité
08:28des femmes ou avec violence
08:30des meurtres pour mieux les exorciser.
08:32Veuve indépendante, jouissant
08:34d'une renommée internationale grâce
08:36à un réseau de commanditaires qui la
08:38considèrent à l'égal des hommes,
08:40l'exposition Artemisia, héroïne
08:42de l'art, rend toute sa place à cet
08:44artiste trop longtemps mis de côté.
08:46Ce n'est que justice.