Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations était l‘invitée de BFM Politique ce dimanche 30 mars 2025.
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00:00Bienvenue à tous dans BFM Politique, notre invité ce matin, Aurore Berger, bonjour, merci d'être avec nous.
00:06Vous êtes la ministre en charge de l'égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations.
00:11À mes côtés pour vous interroger ce matin, Amandine Attalaïa, éditorialiste BFM TV, bonjour Amandine,
00:15et Ludovic Vigonne de La Tribune, dimanche, notre partenaire, bonjour Ludovic.
00:20Alors on va évoquer différents sujets avec vous, la lutte contre les discriminations, comment lutter également contre l'antisémitisme.
00:27Vous allez répondre, pour le gouvernement français, à une lettre qui a été adressée directement par l'ambassade américaine
00:32sur la question, justement, des discriminations aux entreprises françaises.
00:36Mais on va débuter par ce qui va être l'actualité politico-judiciaire de ce début de semaine,
00:41puisque c'est demain que Marine Le Pen connaîtra son sort dans l'affaire des eurodéputés du Front National.
00:49Je vous rappelle que le parquet a requis 50 prisons. Contre elles, 300 000 euros d'amende et 5 ans d'inédigibilité.
00:56Aurore Berger, est-ce que ce serait, à vos yeux, un problème démocratique si Marine Le Pen était inéligible
01:02et ne pouvait pas se présenter à la prochaine élection présidentielle ?
01:05C'est une décision qui sera d'abord une décision judiciaire. Elle aura des conséquences politiques, mais ce n'est pas une décision politique,
01:12c'est une décision de justice. Et quand on est parlementaire ou quand on est membre du gouvernement,
01:16on ne peut pas dire autre chose que de dire que c'est la justice, rien que la justice, toute la justice qui doit prévaloir,
01:22quand bien même, évidemment, ça aura des répercussions qui sont des répercussions politiques.
01:26Ce matin, Marine Le Pen s'est confiée à la tribune dimanche et elle explique, je cite,
01:31« Avec l'exécution provisoire, les juges ont un droit de vie ou de mort sur notre mouvement, mais je ne crois pas qu'ils iront jusque-là ».
01:39Est-ce que l'exécution provisoire, sans quitter tous les recours en justice qui ont été épuisés, ça vous choquerait ?
01:45Mais en fait, je ne peux pas être choquée par…
01:47L'exécution provisoire, c'est le fait qu'elle soit immédiatement inéligible.
01:49J'entends bien, mais moi, je n'ai pas à être choquée comme je n'ai pas à être satisfaite non plus d'une décision de justice.
01:54Moi, demain, je ne serai ni satisfaite ni choquée.
01:56Je prendrai acte une décision de justice qui aura été rendue dans le cas, vraisemblablement, de détournement d'argent public,
02:03c'est-à-dire de l'argent des Français et des Européens, et de savoir si cet argent a été utilisé comme il devait être utilisé
02:09ou si cet argent a été détourné à des fins politiques.
02:12Mais est-ce que c'est, pour préciser, à la justice ou aux électeurs de décider si Marine Le Pen peut être élue, si on élargit le débat ?
02:19Mais d'abord, il y a une loi, et une loi à laquelle Marine Le Pen elle-même ne s'est pas opposée quand elle était parlementaire.
02:25Quand la loi a été changée en 2016 pour garantir, pour permettre qu'il y ait des peines d'inéligibilité,
02:31c'est-à-dire l'impossibilité de se représenter, elle était déjà députée.
02:35Elle ne s'est pas opposée à cette loi.
02:37Elle ne s'est pas opposée à ce principe.
02:40De toute façon, ce n'est pas vraiment la question.
02:42Ce n'est pas automatique, c'est une décision de justice qui décide si elle doit être inéligible ou pas,
02:46et si l'inéligibilité est immédiate ou si elle peut être différée.
02:50Mais ça, c'est le cadre de la loi.
02:52Et les parlementaires font la loi ou la défont.
02:54Et je n'ai pas entendu d'ailleurs le Rassemblement national déposer ces dernières années une proposition de loi pour revenir sur ces principes-là.
03:01Et quand la loi a été changée, le Rassemblement national ne s'y est pas opposé.
03:07Donc pourquoi s'y opposeraient-ils aujourd'hui ?
03:09Parce que ça les concerne.
03:10En fait, on ne peut pas en permanence avoir des appréciations à géométrie variable en se disant
03:13« ça concerne mon propre parti politique, donc la loi est mauvaise, ça concerne un autre parti politique,
03:18donc la loi doit être appliquée avec la plus grande des rigueurs, la loi doit être appliquée point à la ligne.
03:23Moi, je n'ai pas la connaissance du dossier comme celle qu'ont les juges.
03:27C'est à eux de dire si, oui ou non, il y a eu détournement d'argent public
03:31et si ce détournement justifie que ça aille jusqu'à inéligibilité et exécution provisoire.
03:35Et ensuite, il y aura un autre temps qui sera un temps politique pour savoir les conséquences
03:41que ça pourrait évidemment entraîner, le fait qu'elle puisse à nouveau être candidate
03:44ou qu'elle ne puisse pas être candidate.
03:46Est-ce que vous ne craignez pas la réaction de Marine Le Pen
03:49si elle est condamnée à une peine d'inéligibilité qui prendrait effet immédiatement ?
03:52On a vu, par exemple, ces derniers jours, Marine Le Pen parler à nouveau de censure du gouvernement.
03:56Mais c'est sûr que ça aura des conséquences politiques.
03:58Je crois d'ailleurs que le précédent gouvernement, le gouvernement de Michel Bernier,
04:01a sans doute aussi souffert des conséquences politiques de ces décisions judiciaires,
04:06puisqu'il y avait déjà les réquisitions.
04:08Et on a vu l'attitude du Rassemblement national changer,
04:11être plus agressive vis-à-vis de Michel Bernier après les réquisitions.
04:15Mais encore une fois, les réquisitions, elles ne sont ni dues à Michel Bernier,
04:19ni dues à François Bayrou aujourd'hui.
04:21Elles sont dues d'abord aux décisions qu'a prises le Rassemblement national
04:25et la manière avec laquelle ils ont ou pas utilisé ou détourné de l'argent public.
04:30Donc, ce qui se joue demain, Aurore Berger, c'est 2027 et la survie du gouvernement de François Bayrou ?
04:35Ce qui se joue demain, c'est une décision de justice qui doit être rendue
04:38dans un contexte qui est compliqué, je pense, pour les magistrats,
04:42parce qu'ils devraient normalement réussir à s'extraire d'un contexte politique
04:45auquel tout le monde les ramène en permanence.
04:47Et c'est ça la grande difficulté aujourd'hui de la justice,
04:49c'est comment d'ailleurs juger sur les faits, rien que les faits,
04:52et en droit, et jamais en opportunité.
04:56Oui, et est-ce que vous pensez que ça aura des conséquences majeures
05:01sur l'avenir du Rassemblement national ?
05:04Est-ce que Jordan Bardella, pour vous, est un candidat sérieux
05:08si jamais Marine Le Pen ne peut pas être candidate en 2027 ?
05:12Ça, c'est le choix qui sera celui du Rassemblement national.
05:14Ils ont déjà évoqué l'idée d'un ticket.
05:16Est-ce que le ticket serait inversé demain, avec Jordan Bardella à l'Elysée
05:20et Marine Le Pen à Matignon, si jamais elle était empêchée de se présenter ?
05:23Ce n'est pas à moi de le dire.
05:25Moi, ce que je veux, c'est battre le Rassemblement national
05:27dans les urnes, quel que soit le candidat,
05:29quel que soit celui qui sera numéro 1 ou numéro 2,
05:32notre responsabilité, c'est d'arriver à le battre
05:35parce que les valeurs, les principes et les idées
05:37qui sont celles du Rassemblement national
05:39sont complètement opposées à celles que nous nous portons.
05:43C'est ça notre enjeu.
05:44Et quand on voit le sondage Harris Interactive,
05:46qui est aujourd'hui dans le JDD, qui donne le Rassemblement national,
05:50qu'importe les hypothèses dans votre camp,
05:52entre 34 et 37 % au premier tour,
05:55est-ce qu'il n'y aurait pas, on y revient encore,
05:58une difficulté démocratique à ne pas voir la candidate
06:01qui a déjà réuni 13 millions de voix d'électeurs en 2022
06:05ne pas être présente à une élection
06:07où ils sont donnés à plus de 34 % au premier tour ?
06:10Oui, mais on oublie un peu le point de départ.
06:12Encore une fois, le point de départ, ce n'est pas la décision de justice,
06:14c'est ce pourquoi on est devant un tribunal.
06:16Ce pourquoi ils sont devant le tribunal aujourd'hui,
06:18c'est est-ce que, oui ou non, ils ont détourné de l'argent public,
06:21c'est-à-dire notre argent, l'argent des Français et des Européens.
06:24Oui, mais on peut aussi considérer que les électeurs français tranchent en 2027
06:26s'ils estiment Marine Le Pen non digne d'être élue.
06:30Vous imaginez les conséquences de si je répondais oui à votre question ?
06:34Et dans les autres cas ?
06:36Ça veut dire que quand c'est un détournement d'argent public,
06:38finalement on écraserait la décision de justice
06:40et on dirait que c'est aux électeurs de trancher.
06:42Et dans d'autres cas ?
06:43Dans tous les cas, il faudrait que ce soit aux électeurs de trancher,
06:46peu importe les raisons pour lesquelles vous êtes devant le tribunal.
06:49Mais c'est quoi la solution ?
06:50Si c'est un délit, si c'est un crime,
06:51on va jusqu'où en fait quand on raisonne de cette manière ?
06:53On ne peut pas raisonner comme ça quand on est, encore une fois,
06:55en responsabilité, que ce soit parlementaire ou que ce soit au gouvernement.
06:58Au-delà de l'aspect judiciaire.
06:59Si on considère qu'elle n'est pas nouvelle, on la change,
07:00et ça c'est la responsabilité du Parlement.
07:01Quelle est la bonne solution politique pour battre Marine Le Pen,
07:03comme vous le dites ?
07:05Quel est le candidat, la candidate qui est la mieux placée pour battre Marine Le Pen ?
07:07C'est d'abord nous avoir des résultats avant de savoir qui serait notre candidat.
07:10Et déjà espérer en avoir un unique,
07:12parce que c'est sûr que si on multiplie les candidatures
07:14de celles et ceux qui sont aujourd'hui au centre et à droite,
07:18alors oui, on lui donne d'autant plus de possibilités
07:21de pouvoir remporter l'élection présidentielle.
07:23Mais c'est déjà, maintenant, tout de suite, être au travail.
07:25C'est ce qu'on fait quand on est au gouvernement,
07:27on est au travail,
07:28et c'est garantir qu'on ait des résultats,
07:30qu'on ait des résultats sur la vie quotidienne des Français.
07:32Parce que c'est ça qui est attendu quand vous regardez les attentes
07:34qui sont celles des Français.
07:35C'est des attentes sur leur pouvoir d'achat,
07:38sur leur santé, sur l'école,
07:40sur la question de la lutte contre les violences,
07:42sur des valeurs et des principes aussi,
07:44qui doivent être réaffirmés, comme la laïcité par exemple.
07:46Quand vous dites qu'il faut avoir un seul candidat,
07:48question courte, réponse courte,
07:49ça veut dire que vous êtes favorable à une primaire
07:51qui aille de renaissance aux Républicains ?
07:53Je ne suis pas favorable à une primaire,
07:54parce que je pense que la primaire,
07:55c'est la pire des solutions pour désigner un candidat,
07:57parce que les primaires ne désignent jamais des candidats qui gagnent.
07:59Donc vous, pas de primaire.
08:00Et c'est beaucoup de ressentiment,
08:01mais c'est espérer et faire tous nos efforts,
08:04et tous les efforts nécessaires,
08:05pour garantir qu'il y ait un seul candidat,
08:07je crois, de la droite et du centre.
08:08Donc du socle commun aujourd'hui,
08:09c'est-à-dire que ça peut être Bruno Retailleau,
08:11votre candidat en 2027.
08:12Mais ça veut dire que pour l'instant,
08:13je ne sais pas qui sera le ou la candidate,
08:15ce que je sais, c'est qu'à partir du moment
08:17où on travaille ensemble et où on gouverne ensemble,
08:20la logique c'est qu'on puisse ensuite porter
08:22une candidature qui soit commune.
08:24Encore faut-il qu'on se mette d'accord,
08:25avant de se mettre d'accord sur le candidat,
08:26sur le projet qu'on a envie de porter.
08:28Est-ce que vous, question courte,
08:30vous vous préparez aussi,
08:31parce que vous aviez dit que les femmes
08:33devaient aussi avoir de l'ambition,
08:34vous vous préparez pour 2027 ?
08:35Je vois qu'il y a sur la ligne de départ,
08:36en permanence, on n'aligne que des hommes.
08:38Donc oui, il y a peut-être qu'on pourrait
08:40accepter l'idée d'élargir cette ligne de départ,
08:42mais surtout, le sujet aujourd'hui,
08:44c'est de travailler et d'avoir des résultats.
08:45Et donc vous vous préparez quand même ?
08:46Mais moi, je travaille.
08:47J'ai été nommée pour travailler.
08:48J'ai été nommée pour garantir que les violences
08:50faites aux femmes diminuent.
08:51J'ai été nommée pour garantir que la lutte
08:53contre l'antisémitisme soit tout en haut de l'agenda.
08:55Donc moi, je veux continuer à travailler.
08:57Et après, les Français jugeront s'ils considèrent
08:59que les valeurs des uns et des autres,
09:01la clarté des uns et des autres,
09:02font qu'ils peuvent être un bon candidat
09:03ou une bonne candidate.
09:04Oui ou non, vous pourriez être candidate ?
09:06Ce n'est pas comme ça que la question se pose.
09:08Ce n'est pas exclu ?
09:09Ce n'est pas exclu, parce que par principe,
09:10ça ne doit pas être exclu quand vous faites
09:11de la politique, d'avoir de l'ambition.
09:12Il ne faut pas mentir aux Français.
09:14Il ne faut pas faire semblant de ne pas avoir
09:15de l'ambition, sinon on n'est pas ministre.
09:17Et sinon, on n'essaie pas, encore une fois,
09:18d'obtenir surtout des résultats.
09:19Aurore Berger, vous évoquiez, il y a un instant,
09:21justement, la question du ticket
09:22entre Jordane Bardella et Marine Le Pen.
09:24Jordane Bardella était cette semaine en Israël.
09:26Pour la première fois, un responsable de ce parti
09:28a été invité officiellement par le gouvernement israélien.
09:31Il a présenté le Rassemblement national
09:33comme, je cite,
09:34« le rempart, le meilleur bouclier
09:36contre l'antisémitisme ».
09:38Qu'est-ce que vous avez pensé de cela ?
09:40Cette image, elle me fait beaucoup de mal,
09:41parce que cette image, c'est le musée d'Yad Vashem.
09:43Absolument, Jordane Bardella,
09:44le musée d'Yad Vashem.
09:45Yad Vashem, c'est le musée sur la mémoire
09:47de l'Holocauste, sur la mémoire de la Shoah,
09:50sur la mémoire de celles et ceux
09:51qui ont subi le pire génocide
09:53qui ait existé dans l'histoire de l'humanité.
09:57Et ça nous rappelle, et ça nous ramène aussi
10:00à ceux qui ont fondé le Front national,
10:03dont Jordane Bardella est l'héritier
10:05en ligne directe.
10:07Souvenez-vous, je crois que c'était d'ailleurs
10:08sur un de vos plateaux,
10:09les difficultés qu'il avait à reconnaître
10:12ce qu'avait été Jean-Marie Le Pen,
10:14c'est-à-dire un homme qui a été condamné
10:16dans notre pays, c'est pas du fantasme,
10:18condamné dans notre pays
10:19pour des paroles négationnistes, relativistes,
10:22des paroles antisémites.
10:24Et souvenez-vous de la campagne
10:25il y a quelques mois des élections législatives.
10:27Jordane Bardella a passé sa campagne
10:29des législatives à s'excuser
10:31pour les candidats qu'il avait investis,
10:32parce qu'il avait investi des candidats
10:34aux propos antisémites.
10:35Donc ça, c'est pas il y a 40 ans,
10:37il y a 30 ans, il y a 20 ans,
10:38c'est il y a quelques mois.
10:39Quelle autre partie passe sa vie
10:41à s'excuser des candidats investis
10:44et donc la visite de Jordane Bardella
10:46à Yad Vashem était déplacée selon vous ?
10:48Déjà, il a été invité,
10:50au-delà du gouvernement israélien,
10:52il a été invité par un parti politique
10:54et un parti d'extrême droite.
10:55C'est ça aussi qu'il faut quand même rappeler
10:57pour la visite qui a été celle de Jordane Bardella.
11:00Et cette visite, elle doit pas effacer
11:02ce qu'a été, et je crois sincèrement
11:04ce qu'est encore le Rassemblement national.
11:06La difficulté dans laquelle on est aujourd'hui,
11:08c'est qu'on a une explosion
11:10d'effets d'antisémitisme depuis le 7 octobre.
11:12Depuis les attentats islamistes
11:14perpétrés par le Hamas en Israël,
11:16c'est une explosion de l'antisémitisme
11:18dans notre pays, et ce sont des outrances
11:20systématiques et quotidiennes
11:22de la France insoumise.
11:23Et donc face à ces outrances systématiques,
11:25l'ERN, en ne disant rien,
11:27devient un rempart.
11:29Et on oublie, en fait,
11:31que derrière ce silence,
11:33il y avait, il y a encore quelques semaines,
11:35des candidats qui étaient des candidats
11:37aux propos antisémites.
11:39Vous partagez l'analyse du CRIF
11:41qui aujourd'hui dit qu'il y a une forme
11:43d'insincérité du combat du
11:45Rassemblement national contre l'antisémitisme
11:47et qui refuse toujours, par exemple,
11:49d'inviter le Rassemblement national
11:51à l'annuel dîner du CRIF.
11:53Vous comprenez ce choix
11:55qu'ils font ?
11:57Je dis aux Français juifs dans notre pays
11:59que ce qu'ils vivent est absolument
12:01intolérable et insupportable
12:03et devrait soulever la société tout entière.
12:05Parce que l'antisémitisme, c'est pas que l'affaire des Juifs,
12:07l'antisémitisme, c'est l'affaire de la société.
12:09Je leur dis aussi qu'on ne peut pas
12:11jouer notre avenir sur un tapis vert.
12:13On ne peut pas, en fait, se dire
12:15partir du principe qu'ils auraient changé
12:17et payer pour voir. Moi, j'ai pas envie de payer pour voir.
12:19J'ai pas envie de les avoir
12:21demain au pouvoir pour
12:23savoir si vraiment ou pas ils étaient
12:25sincères sur la question de l'antisémitisme.
12:27C'est un sujet qui est trop grave, qui est trop important,
12:29qui est trop structurant, qui est trop existentiel,
12:31en fait, non pas juste pour
12:33les Français juifs mais pour l'ensemble de la société
12:35pour se dire, on va lancer les dés,
12:37on verra ce qui sort au moment de la présidentielle
12:39et on verra si on avait raison
12:41ou pas de leur faire confiance. Parce que
12:43ce parti, par l'histoire
12:45qui est la sienne, par les candidats,
12:47encore une fois, qui ont été investis il y a quelques semaines
12:49à peine, montre qu'il y a
12:51encore évidemment des relents qui sont
12:53des relents antisémites. Donc moi, je pense qu'il ne faut pas prendre
12:55le risque de les avoir au pouvoir
12:57pour vérifier leur sincérité ou pas.
12:59Quand Bruno Rotailleau explique
13:01qu'à ses yeux, l'antisémitisme d'extrême-droite
13:03est désormais résiduel,
13:05vous êtes d'accord avec lui ?
13:07Je pense qu'il est, dans l'expression, il est devenu
13:09résiduel. Est-ce que ça veut dire pour autant qu'il est
13:11effacé ? Résiduel, c'est déjà trop ?
13:13C'est déjà trop, en fait, résiduel.
13:15Parce que c'est zéro antisémitisme,
13:17la règle. Bruno Rotailleau a tort de dire ça ?
13:19Non, il n'a pas tort dans le sens où,
13:21en effet, il essaie de gommer
13:23au maximum ceux
13:25qu'ils ont été. Et je pense sincèrement,
13:27ceux qu'ils sont, pour un certain nombre d'entre eux,
13:29encore, preuve encore, les candidats
13:31qui ont été investis. Candidats investis, c'est pas du Santa,
13:33ça sort pas de ma petite tête. C'est qu'à un moment,
13:35il y a des gens qui ont eu l'étiquette du Rassemblement National
13:37pour se présenter devant les Français
13:39et qui tenaient des propos négationnistes.
13:41Mais alors, entre l'extrême-droite et l'extrême-gauche,
13:43qui est antisémite, à vos yeux ?
13:45Je pense que vous avez un parti
13:47qui est celui de la France insoumise,
13:49qui, aujourd'hui, joue
13:51matin, midi et soir avec
13:53l'antisémitisme. Vous diriez, formellement,
13:55que la France insoumise est antisémite ?
13:57Je pense qu'il donne un permis
13:59aux Français de pouvoir être antisémites.
14:01Parce que, en fait,
14:03Jean-Luc Mélenchon, c'est le Jean-Marie Le Pen d'aujourd'hui,
14:05en fait. Jean-Luc Mélenchon,
14:07c'est les petites phrases, c'est les petites blagues
14:09nauséabondes. Quand vous prenez
14:11des propos comme celui qu'il a tenu, il y a peu de temps,
14:13en disant, on va leur couper
14:15les cheveux en quatre pour en faire des zédredons.
14:17Jean-Luc Mélenchon, c'est un homme cultivé.
14:19C'est pas quelqu'un d'inculte. C'est un homme cultivé
14:21qui connaît très bien l'histoire et les références
14:23historiques. Ça, ça peut pas être autre chose
14:25qu'une référence directe à Auschwitz.
14:27A Auschwitz, où on rasait
14:29les cheveux et les crânes
14:31des enfants, des femmes, des hommes
14:33pour ensuite les commercialiser
14:35et en faire des matelas. Ça, c'est une référence
14:37directe. Quand vous passez toute la campagne
14:39des Européennes... – Mais la consensus dit, pour rétorquera justement,
14:41qu'ils ne sont pas condamnés judiciairement
14:43pour antisémitisme, que leurs propos
14:45ne tombent pas sous le coup de la justice.
14:47– Parce que je pense que, encore une fois,
14:49déjà, ils donnent un permis
14:51très clair de lettres, parce que c'est toutes les
14:53semaines que vous avez ces outrances-là.
14:55Quand vous prenez l'affiche qui a été
14:57faite concernant Cyril Hanouna,
14:59c'est quoi ? Là encore, Jean-Luc Mélenchon dit
15:01« Ah, m'en savais pas. Moi, l'iconographie
15:03des années 30, les affiches des années 30,
15:05je les ai jamais vues. Il suffit d'ouvrir
15:07un livre d'histoire d'un collégien
15:09ou d'un lycéen pour les découvrir. »
15:11Et là encore, il est suffisamment cultivé
15:13pour savoir exactement ce qu'il lit.
15:15– Mais pareil, vous diriez formellement que Jean-Luc Mélenchon,
15:17à vos yeux, est antisémite ? – Mais est-ce que cette affiche est antisémite ?
15:19– Mais lui. – La réponse est oui. Est-ce que cette
15:21référence dont je vous parlais sur Auschwitz
15:23est profondément antisémite ?
15:25La réponse est oui. Et je peux continuer
15:27malheureusement la liste comme ça. – Mais vous dites qu'il est intelligent.
15:29– Il le pense ou pas, j'en sais rien.
15:31Je pense que lui espère
15:33créer une forme d'électoralisme
15:35à travers ça, qui est délétère, qui est délégaire
15:37pour les Français juifs, qui aujourd'hui,
15:39à 92%,
15:41disent que l'EFI est un parti antisémite,
15:43et disent que l'EFI leur met
15:45des cibles dans le dos parce qu'ils ont peur
15:47aujourd'hui de l'antisémitisme qui existe
15:49dans notre pays, et qui est délétère
15:51parce qu'en plus, ils donnent le sentiment
15:53qu'en fait, ça pourrait plaire à une partie
15:55des Français, qu'il y ait une partie des Français
15:57qui seraient séduits par l'antisémitisme dans notre pays.
15:59Et je trouve que ça, c'est dangereux.
16:01Et qu'on ne joue pas, encore une fois,
16:03avec l'antisémitisme. – Juste vous diriez
16:05qu'à vos yeux, le plus dangereux
16:07c'est le RN ou l'EFI ? – Je pense
16:09qu'il y en a un qui se dissimule et qui cherche à dissimuler
16:11son histoire, son passé, mais dès
16:13qu'il est confronté à une échéance électorale,
16:15on voit réactiver en fait
16:17un certain nombre de ses membres,
16:19c'est le Rassemblement National, et je vois
16:21que l'EFI, par la manière
16:23avec laquelle il légitime,
16:25il rend possible l'antisémitisme
16:27dans notre pays, sont un marchepied électoral,
16:29formidable Rassemblement National,
16:31mais au-delà d'être un marchepied,
16:33ils sont une espèce de gomme magique qui permet
16:35d'effacer l'ardoise du RN
16:37et du FN sur la question
16:39de l'antisémitisme. – Et est-ce que dans ce contexte,
16:41vous considérez qu'une loi supplémentaire
16:43pour lutter contre l'antisémitisme est nécessaire ?
16:45– Oui, je le pense, moi c'est pour ça
16:47que j'ai lancé les astuces de lutte contre l'antisémitisme.
16:49– Avec quels objets, quels outils ?
16:51– Ce n'est pas pour me faire plaisir ou faire de la com',
16:53c'est parce que tous les trois jours, vous avez un français juif
16:55dans notre pays qui subit une agression
16:57antisémite physique,
16:59physique. Qui d'autre
17:01pourrait accepter ça ? Les français juifs,
17:03c'est moins de 1% de la population française,
17:05mais ils concentrent sur eux
17:0762% des actes antireligieux,
17:09c'est une surreprésentation
17:11manifeste, manifeste.
17:13Donc ça pose deux questions que moi
17:15j'ai posées à des gens qui sont spécialistes
17:17justement. Il y a à la fois la question
17:19de l'éducation, parce qu'on voit bien qu'on est
17:21en train de perdre une génération aujourd'hui.
17:23Moi je pense qu'il n'y a pas de génération perdue,
17:25il y a des combats à mener.
17:27Et ces combats, il faut les mener aujourd'hui
17:29et maintenant, sinon oui, on aura un fossé
17:31qui va aller malheureusement
17:33croissant. Donc c'est l'éducation, la manière avec laquelle
17:35on enseigne à nos enfants dès le plus jeune âge
17:37sur ce qu'a été la Shoah,
17:39de manière à ce qu'on garde en mémoire
17:41et en tête notre histoire,
17:43mais surtout des principes et des valeurs,
17:45la lutte aussi sur ce qui se passe dans l'enseignement supérieur
17:47et la question de la sanction,
17:49c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
17:51on voit que l'antisémitisme,
17:53il a évolué,
17:55il a changé, il s'est renouvelé,
17:57c'est la question de l'haine des complexés d'Israël,
17:59c'est la question de l'antisionisme,
18:01et peut-être que ça supposera qu'on change la loi.
18:03Justement, on disait cette étude réalisée par l'Institut Harris
18:05pour le Clif et l'Institut du Travail,
18:07qui évoque le fait religieux en entreprise
18:09avec 40% des jeunes par exemple
18:11qui jugent acceptable le fait
18:13de refuser le contact avec certains clients
18:15selon leur religion, 46% selon leur sexe,
18:1742% acceptables de refuser
18:19de s'asseoir là où une personne de l'autre sexe
18:21s'est assise.
18:23Qu'est-ce que ça vous inspire, ces chiffres ?
18:25Est-ce que ça vous inquiète ?
18:27Évidemment, mais ça devrait collectivement nous inquiéter.
18:29Refuser de s'asseoir, c'est-à-dire que Ludovic Wigand
18:31pourrait refuser de s'asseoir sur le siège d'Amandine Attalaya
18:33parce que c'est une femme ou inversement,
18:35on en est là, on trouve ça acceptable et normal,
18:37acceptable de le verbaliser,
18:39acceptable de le faire,
18:41acceptable de le voir,
18:43alors que la question justement de l'égalité
18:45entre les femmes et les hommes,
18:47et au sein même de cette génération,
18:49ce sont plutôt des combats qui sont menés
18:51et qui sont portés.
18:53Mais on accepterait d'oublier ces combats
18:55en matière d'égalité
18:57parce que le fait religieux
18:59justifierait finalement
19:01qu'on puisse accepter de telles dérives.
19:03Donc oui, je pense que le fait religieux
19:05malheureusement est beaucoup trop présent
19:07aujourd'hui dans notre société.
19:09Je le regrette parce que la religion,
19:11c'est d'abord l'intime,
19:13c'est ce qui nous appartient à nous,
19:15intimement, personnellement,
19:17et qui n'a pas à être revendiqué.
19:19Et je crois qu'il y a ce besoin-là
19:21à un moment de fait de liberté religieuse
19:23mais de discrétion aussi religieuse
19:25qui est importante.
19:27Et il y a des sujets spécifiques aussi
19:29sur les questions de l'égalité entre les femmes et les hommes.
19:31Question très précise de Ludovic Wigand.
19:33Est-ce que vous diriez comme Bruno Retailleau
19:35l'a fait mercredi,
19:37que je considère qu'aucun signe religieux ostensible
19:39n'a sa place ?
19:41Aucun signe religieux ostensible.
19:43Parce que je pense que quand vous entrez
19:45sur un terrain de sport,
19:47vous portez le maillot qui est le maillot de votre équipe
19:49et que vous laissez au vestiaire
19:51vos opinions religieuses
19:53mais vos opinions politiques aussi.
19:55Et que le sport doit être un lieu
19:57de liberté et d'émancipation
19:59et qui permet justement de se réaliser
20:01de manière différente, de manière que la culture
20:03est un lieu de liberté et d'émancipation
20:05et qu'en permanence, remettre
20:07le fait religieux, quelle que soit d'ailleurs
20:09la religion, est un problème.
20:11Et après, il y a un sujet spécifique de pourquoi
20:13le sport est visé. Et le sport est visé par
20:15des tentatives, qui sont des tentatives d'antrisme
20:17et d'antrisme islamiste sur lesquels il ne faut rien laisser passer.
20:19Aurore Berger, dans un instant,
20:21vous allez répondre directement à l'ambassade américaine
20:23qui a écrit aux entreprises françaises sur la lutte
20:25contre les discriminations et puis vous nous révélerez
20:27les nouvelles mesures que vous proposez
20:29justement pour protéger les plus jeunes face aux violences
20:31sexuelles et sexistes. A tout de suite.
20:35Musique
20:37BFM TV
20:39BFM Politique, Guillaume Darré
20:41Vous êtes bien sur
20:43BFM Politique, notre invité ce matin,
20:45Aurore Berger, ministre chargée
20:47de l'égalité entre les femmes
20:49et les hommes et de la lutte
20:51contre les discriminations. Alors Aurore Berger,
20:53justement, plusieurs entreprises
20:55françaises, on me l'a appris hier, ont eu la surprise
20:57de recevoir un courrier de
20:59l'ambassade américaine leur demandant purement
21:01et simplement de supprimer
21:03au plus vite leur programme de
21:05diversité si elles souhaitent continuer
21:07à travailler avec l'état fédéral
21:09américain. Alors l'ambassade explique
21:11que cela fait suite à un décret qui a été signé
21:13par le président américain, Donald Trump, le premier
21:15jour où il est revenu à la Maison Blanche
21:17et qui vise à mettre fin
21:19à tous les programmes pour la diversité.
21:21L'ambassade explique que ça s'applique également
21:23et obligatoirement à tous
21:25les prestataires et les fournisseurs de
21:27l'état américain. Qu'est-ce que vous répondez ce matin
21:29à l'ambassade américaine aux Etats-Unis ?
21:31Déjà qu'il y a la loi française
21:33et en droit français
21:35il n'y a pas de discrimination positive
21:37par contre il y a une loi sur
21:39l'égalité entre les femmes et les hommes et l'égalité salariale
21:41il y a des droits sociaux qui sont
21:43associés, il y a un principe qui est
21:45celui d'un principe de non-discrimination
21:47évidemment, que ce soit discrimination liée
21:49à l'origine, que ce soit discrimination
21:51envers les personnes LGBT et ça
21:53c'est la loi française et la loi
21:55française elle va continuer à s'appliquer
21:57et il y a ensuite des entreprises qui allaient plus
21:59loin de manière positive, je pense
22:01à des entreprises qui ont devancé la loi, qui ont créé
22:03des congés paternités avant que ce soit possible
22:05et ça il est hors de question qu'on
22:07empêche nos entreprises de
22:09porter des progrès sociaux, des
22:11droits sociaux supplémentaires et donc
22:13on suit la situation de très près
22:15avec Eric Lombard qui est le ministre de l'économie
22:17pour voir comment accompagner les entreprises
22:19C'est certain que les entreprises françaises
22:21qui veulent continuer à défendre
22:23la diversité ne perdent pas
22:25des contrats, ne soient pas punies par les
22:27américains aujourd'hui. Aujourd'hui, beaucoup d'entreprises
22:29nous disent qu'elles n'envisagent pas de répondre
22:31à ce courrier, qu'elles vont juste en prendre
22:33acte mais qu'elles ne vont pas répondre
22:35parce qu'elles n'ont pas à répondre
22:37en fait à une forme d'ultimatum
22:39qui est posée aujourd'hui par
22:41l'ambassade des Etats-Unis dans notre pays
22:43la loi française elle doit pouvoir s'appliquer et s'appliquer
22:45pleinement et nos entreprises
22:47elles portent à travers le monde et tant mieux, c'est aussi
22:49notre force, c'est pas juste des enjeux
22:51commerciaux, c'est d'abord évidemment quand vous êtes une entreprise
22:53des enjeux commerciaux, mais c'est aussi des valeurs
22:55des principes qu'elles portent. Vous dites aux entreprises françaises
22:57n'en tenez pas compte. On dit aux entreprises françaises, elles sont souveraines
22:59les entreprises françaises, mais d'abord qu'il y a la loi française
23:01cette loi française elle est au dessus
23:03des ultimatums qui seraient
23:05posés évidemment par l'ambassade
23:07des Etats-Unis, d'autre part
23:09heureusement, beaucoup d'entreprises françaises
23:11n'envisagent pas de changer leur
23:13règle du jeu, tout simplement déjà
23:15parce que les consommateurs y sont attachés
23:17quand vous voyez aux Etats-Unis des entreprises qui ont
23:19renoncé à un certain nombre de politiques
23:21qu'elles avaient mises en place, vous voyez qu'il y a une désaffection
23:23des consommateurs, c'est plutôt réjouissant aussi
23:25de le voir, de voir qu'à un moment
23:27par nos actes d'achat, on a aussi
23:29un enjeu qui est un enjeu citoyen
23:31et qu'elles vont continuer
23:33évidemment à promouvoir ces valeurs.
23:35Diversité et inclusion ce n'est pas forcément bien traduit
23:37ce sont des termes anglo-saxons
23:39mais nous ce sont des politiques d'égalité
23:41et de lutte contre
23:43toutes les formes de discrimination et encore une fois
23:45ça c'est la loi et la loi elle le
23:47vérifie et la loi elle sanctionne même
23:49nous sur les politiques d'égalité
23:51salariales, la loi sanctionne
23:53il y a plus d'une centaine d'entreprises qui depuis
23:55qu'on a mis en place l'index ont été sanctionnées
23:57jusqu'à 1% de leur chiffre d'affaires
23:59tout simplement quand elles refusent
24:01d'augmenter des femmes qui reviennent de congé maternité
24:03quand elles mettent en place des grilles salariales qui seraient
24:05différentes et donc ça il n'y a aucune raison
24:07Mais sur la question de faute d'abondance modérique
24:09c'est de l'ingérence étrangère ?
24:11C'est une forme évidemment d'ingérence, c'est-à-dire
24:13c'est essayer d'imposer un diktat à nos entreprises
24:15aux entreprises françaises qui sont évidemment
24:17souveraines sur des politiques
24:19les meilleures supplémentaires qu'elles mettraient
24:21en place puisque je pense que ça impose aussi
24:23qu'on sorte d'une forme de naïveté
24:25européenne. L'Europe c'est pas un continent
24:27à vendre à la découpe
24:29et encore une fois nos principes c'est pas des
24:31principes à vendre à la découpe, il y a des intérêts
24:33commerciaux à préserver parce que
24:35c'est des emplois. Les entreprises américaines
24:37en France c'est 500 000 français qui
24:39travaillent donc c'est des emplois, c'est des intérêts
24:41commerciaux, c'est un enjeu qui est majeur pour nous
24:43économiques mais c'est aussi des principes et des
24:45valeurs qu'on défend évidemment
24:47à travers le monde et qu'on va continuer
24:49évidemment à porter, n'en déplaise,
24:51encore une fois, à l'ambassade américaine.
24:53Et ça impose des mesures de rétorsion ou l'indifférence
24:55suffira ? Déjà pour l'instant
24:57c'est les entreprises
24:59elles-mêmes qui ont été contactées
25:01et qui ont reçu ce courrier, pas toutes d'ailleurs
25:03mais en train d'essayer de recenser en fait
25:05les entreprises qui ont reçu ce
25:07courrier, cette forme d'ultimatum et
25:09pour beaucoup d'entre elles, elles nous disent, assez spontanément
25:11encore une fois, qu'elles n'envisagent pas de répondre
25:13et après la réponse c'est une réponse qui est
25:15pas juste française, qui est une réponse européenne
25:17parce que d'autres filiales
25:19au sein de l'Union Européenne ont commencé aussi
25:21à recevoir des courriers de ce type, donc
25:23c'est pour ça que quand on dit depuis 2017
25:25qu'il faut agir en européen
25:27c'est pas pour se payer de mots, c'est parce
25:29qu'en fait vous n'êtes fort que parce que
25:31commercialement aussi vous êtes fort
25:33et parce que le continent européen est puissant
25:35et qu'il doit être puissant en matière industrielle, en matière
25:37de réarmement au sens propre du terme
25:39on a les plus grands groupes d'ailleurs dans notre
25:41pays sur la question militaire
25:43donc ça, ça doit être de nature aussi
25:45à démontrer ce que nous sommes
25:47la force qui doit être la nôtre
25:49française et européenne et le niveau de réponse
25:51évidemment qu'on doit pouvoir apporter
25:53Aurore Berger, la semaine prochaine sera examinée
25:55au Sénat la proposition de loi
25:57que vous aviez portée quand vous étiez députée
25:59sur la question des violences sexuelles
26:01et sexistes, est-ce que
26:03en tant que ministre désormais
26:05vous allez encore la modifier, proposer des amendements
26:07faire des propositions, en particulier
26:09pour la protection des plus jeunes
26:11Oui parce que les violences sexuelles faites aux
26:13enfants c'est un fléau absolu
26:15on considère que quand on ouvre
26:17une salle de classe c'est jusqu'à 3 enfants
26:19qui sont concernés ou qui seront concernés
26:21par les violences sexuelles, c'est ce qui se
26:23passe dans l'intimité des familles
26:25ça veut dire l'inceste, c'est ce qui se passe
26:27au sport par exemple
26:29un enfant sur 7
26:31serait victime de violences sexuelles
26:33ou d'agressions sexuelles dans le sport
26:35donc on ne peut pas juste rappeler des chiffres
26:37en fait, on a une obligation
26:39là, ce qu'on va faire dans le cadre de cette loi
26:41c'est d'imposer une formation
26:43obligatoire à tous les professionnels
26:45qui sont au contact des enfants
26:47les professionnels de la santé, du médico-social
26:49les enseignants, les animateurs
26:51culturels, sportifs
26:53tous les professionnels, sur la détection
26:55des abus sexuels, parce qu'un enfant
26:57ne verbalise pas forcément, mais un enfant
26:59s'exprime quand même, un enfant
27:01s'exprime sur les souffrances qu'il peut subir
27:03et envoie des signaux aux adultes que nous
27:05parents, amis, proches
27:07professionnels, on doit savoir décrypter
27:09sur les troubles alimentaires, sur les troubles du comportement
27:11sur des colères
27:13que les enfants exprimeraient alors qu'ils ne les
27:15exprimaient pas avant, sur les troubles du sommeil
27:17donc tout ça, on doit être formé
27:19parce que si on n'est pas formé
27:21pour détecter le plus tôt possible
27:23on n'arrivera pas à endiguer ces violences-là
27:25on n'arrivera pas à les repérer
27:27et surtout on n'arrivera pas à empêcher
27:29d'avoir cette espèce de cycle infernal
27:31de réitération de la violence
27:33c'est un amendement qu'on va déposer
27:35que je vais déposer au nom du gouvernement
27:37dès demain et qui sera examiné au Sénat
27:39jeudi en espérant qu'il soit largement adopté
27:41parce qu'encore une fois il faut détecter
27:43pour arrêter ce que subissent
27:45nos enfants mais pour éviter que ça se répète
27:47parce qu'on le sait malheureusement
27:49les enfants victimes d'abus
27:51les enfants victimes de violences peuvent ensuite
27:53à l'âge adulte devenir soit à nouveau des victimes
27:55soit eux-mêmes devenir des auteurs
27:57de ces violences-là. Ça représente combien de personnes
27:59justement informées ? C'est des millions de personnes
28:01ce sont nos enseignants, ce sont les médecins
28:03ce sont les infirmiers, les sages-femmes
28:05le personnel médico-social. Dès la rentrée de septembre ?
28:07C'est évidemment dès la rentrée et puis
28:09le faire de manière générale en formation initiale
28:11et en formation continue
28:13et là pour le coup évidemment tout le monde nous a dit oui
28:15quand on a dit il faut y aller pour garantir que cette formation
28:17puisse exister parce que encore une fois
28:19un enfant ne dit pas
28:21les mots des adultes mais un enfant
28:23dit, exprime, montre
28:25et ça il faut qu'on soit capable de
28:27l'entendre et d'entendre ces enfants-là
28:29pour les sortir des violences qu'ils subissent
28:31et surtout pour éviter encore une fois que ça se répète
28:33de génération en génération
28:35sinon on continuera à venir sur vos plateaux
28:37pour décrire en fait ces situations
28:39et ces réalités mais on n'arrivera pas
28:41à les endiguer. Est-ce que vous allez déposer
28:43un amendement pour rendre
28:45imprescriptible les crimes
28:47sexuels contre les enfants au plan
28:49civil ? Je sais que vous le vouliez en tant que député
28:51c'est plus présent dans le texte. Est-ce que le gouvernement
28:53le souhaite toujours ? Malheureusement ça a été rejeté à l'Assemblée
28:55nationale mais moi je veux qu'on y revienne
28:57et je veux qu'on ait à nouveau ce débat.
28:59Est-ce qu'on réussira à avoir une majorité des sept semaines ?
29:01Je l'espère de toutes mes forces
29:03mais je sais qu'à un moment on y arrivera. On y arrivera
29:05parce que c'est ce qu'on doit aux enfants.
29:07Aujourd'hui c'est quoi la prescription ?
29:09La prescription c'est dire
29:11qu'il y a un délai ou à l'issue duquel
29:13c'est plus possible de poursuivre
29:15celui qui a commis un crime.
29:1730 ans aujourd'hui. 30 ans et qui est le pire des crimes
29:19abuser d'un enfant
29:21abuser de l'innocence d'un enfant
29:23et c'est dès le plus jeune âge. Regardez
29:25le procès le Squarnek, il a
29:27abusé de sa propre petite-fille et les victimes
29:29avaient pour la plus jeune d'entre elles
29:31un an. C'est ça
29:33dont on parle. C'est ça dont on parle.
29:35Et le traumatisme est tel
29:37la culpabilité est telle, le silence
29:39est tel que ces enfants devenus adultes
29:41mettent parfois des dizaines et des dizaines d'années
29:43déjà à espérer essayer de se réparer
29:45si tant est qu'on puisse se réparer
29:47et sortir de ça mais à dire ce qu'ils ont
29:49subi. Et la justice à la fin leur dit
29:51cette phrase qui est je trouve absolument terrible
29:53c'est c'est trop tard.
29:55Il fallait dire avant
29:57il fallait parler avant. Moi je veux qu'il y ait
29:59ni oubli ni pardon. Je veux
30:01que ceux qui ont infligé ça
30:03à nos enfants sachent que jusqu'à
30:05la dernière heure du dernier jour
30:07on pourra aller les chercher. Qu'ils devront répondre
30:09de ce qui est le pire des crimes
30:11c'est-à-dire avoir abusé d'un enfant.
30:13Vous voulez aussi mieux déceler les violences
30:15des mineurs et quand on parle
30:17des mineurs il y a aussi leurs parents.
30:19Il y a 15 mois dans la tribune des Manches
30:21vous aviez accordé une interview, vous étiez alors
30:23à l'avis de la famille pour dire que vous vouliez mettre
30:25en place des travaux d'intérêt généraux
30:27d'intérêt général pardon pour les parents
30:29défaillants. Est-ce que ça a vu le jour ?
30:31Oui ça y est maintenant ça va être dans la loi
30:33c'est une loi qui est en cours de discussion vous le savez
30:35au Sénat qu'on a redéposé
30:37avec le groupe Renaissance
30:39sur justement la garantie
30:41que les parents qui quelque part
30:43ont failli, ont failli dans leur rôle
30:45dans leur autorité parentale. Quand on est parent
30:47c'est une responsabilité
30:49immense et cette responsabilité
30:51c'est garantir l'autorité parentale
30:53sur la manière avec laquelle on va pouvoir
30:55élever nos enfants et donc pour moi il y a deux jambes
30:57sur lesquelles on doit marcher c'est accompagner
30:59les parents, soutenir les parents, soutenir
31:01la parentalité notamment
31:03sur ceux qui sont les plus fragiles je pense aux familles
31:05monoparentales mais c'est aussi
31:07quand il y a des dysfonctionnements manifestes
31:09alors il faut que les parents
31:11eux-mêmes soient sanctionnés parce que quand les parents
31:13eux-mêmes sont défaillants
31:15se comportent mal et bien malheureusement
31:17ils doivent pouvoir aussi en répondre
31:19parce que c'est aussi cette valeur
31:21d'exemplarité qui doit pouvoir exister vis-à-vis
31:23de nos enfants. Aurore Berger vendredi a été rendu
31:25le verdict d'un féminicide
31:27qui avait reconnu
31:29un fort retentissement médiatique
31:31Mounir Bouta qui a tué sa femme
31:33Chahinez Daoud en 2021 en lui tirant
31:35dans les jambes puis en leur brûlant vive
31:37il a été condamné à la perpétuité
31:39pour le meurtre de cette dernière
31:41aujourd'hui Aurore Berger nous sommes le 30 mars
31:43est-ce qu'on sait déjà
31:45sur les trois premiers mois de l'année
31:47combien de femmes ont été tuées
31:49par leur mari, par leur compagnon, par leur
31:51ex-compagnon, par leur ex-mari ?
31:53Nous avons 20 femmes
31:55depuis le début de l'année 2025 qui ont perdu
31:57la vie parce qu'elles ont été assassinées
31:59par leur ancien compagnon ou conjoint
32:0120 femmes et 28 orphelins
32:0328 enfants
32:05qui n'ont plus aujourd'hui leur mère
32:07parce que leur mère a été assassinée
32:09parfois devant eux ou parfois ils ont
32:11découvert la dépouille de leur maman
32:13donc c'est ça la réalité
32:15terrible et sinistre de la question des violences
32:17c'est malheureusement à peu près
32:19équivalent
32:21de toute façon même un ce serait toujours trop
32:23et absolument insupportable
32:25et je crois qu'il y a encore
32:27quelque chose qu'on n'a pas réussi dans la société
32:29c'est qu'on considère encore
32:31que les violences infligées aux femmes ça reste
32:33une affaire privée, c'est une affaire de couple
32:35c'est une affaire privée, c'est pas une affaire de société
32:37c'est une affaire de société
32:39c'est une affaire de société quand
32:41on voit que ça existe dans tous les milieux sociaux
32:43dans toutes les classes d'âge, dans tous les territoires
32:45personne n'est protégé
32:47il n'y a pas un profil type d'auteur
32:49de violences, il n'y a pas un profil type
32:51de victime, donc ça veut dire
32:53que c'est une obligation pour l'État
32:55d'abord, jamais je me défausserai, c'est d'abord
32:57la responsabilité de l'État
32:59et beaucoup de choses heureusement ont progressé
33:01notamment du point de vue judiciaire
33:03des ordonnances de protection, des téléphones grave danger
33:05des bracelets anti-rapprochement
33:07des tribunaux qui sont maintenant avec
33:09des tribunaux spécialisés, des pôles spécialisés
33:11mais il faut
33:13que toute la société se réveille
33:15faire le 17, ce n'est pas de la délation
33:17composer le 17, ça peut être sauver une vie
33:19ça peut être sauver une femme en danger, ça peut être sauver un enfant
33:21en danger, et tant qu'on n'aura pas ce
33:23réflexe-là de l'ensemble de la société
33:25quand on ne le traitera pas aussi médiatiquement
33:27massivement
33:29je crois qu'on manquera quelque chose
33:31et manquer quelque chose, malheureusement
33:33c'est manquer une forme de devoir
33:35collectif de vigilance qui peut
33:37sauver des vies et qui permet d'endiguer
33:39ce fléau. Alors justement la question des violences
33:41sexuelles et sexistes a été encore au cœur de l'actualité
33:43judiciaire ces derniers jours, notamment
33:45avec le procès de Gérard Depardieu, il y a une tribune qui a été
33:47publiée dans le journal Le Monde
33:49où près de 200 avocats dénoncent ce qu'ils
33:51considèrent, je cite, comme le sexisme de l'avocat
33:53de Gérard Depardieu, Jérémy Assous
33:55les avocats qui signent cette tribune
33:57jugent que l'avocat de Gérard Depardieu s'en est
33:59donné à cœur joie, disent-ils, je cite, en matière
34:01de sexisme, de misogynie
34:03allant bien au-delà de ce qu'il est convenu
34:05d'appeler même de manière extrêmement large
34:07les droits de la défense. Est-ce que
34:09vous auriez pu signer cette tribune ?
34:11Je les remercie parce que je trouve que c'est
34:13important et bien que des avocats eux-mêmes
34:15s'en saisissent parce que
34:17ce que nous disent aujourd'hui beaucoup de victimes
34:19c'est que si elles n'osent pas porter plainte, c'est parce qu'elles
34:21ont peur de l'épreuve même que représenterait
34:23le procès, la violence du procès.
34:25Évidemment qu'il faut de manière
34:27intangible garantir les droits de la défense
34:29et la présomption d'innocence.
34:31Mais pour autant, il y a une éthique.
34:33Il y a une éthique dans la pratique
34:35du métier d'avocat
34:37et c'est en cette éthique, je crois, qu'il y a
34:39des règles et des principes
34:41qu'on n'a pas le droit d'enfreindre. On l'a vu aussi
34:43dans le procès
34:45de Dominique Pellicot et des
34:4751 co-accusés où
34:49Gisèle Pellicot a subi elle aussi
34:51un certain nombre, je trouve,
34:53de manquements à cette éthique
34:55et là, je crois,
34:57les avocats eux-mêmes le disent, au-delà des victimes
34:59présumées qui
35:01ont subi une forme d'interrogatoire,
35:03les avocats eux-mêmes le
35:05constatent sur des intimidations
35:07de leurs consoeurs qui
35:09défendaient les victimes présumées
35:11sur des remarques qui ne devraient
35:13pas exister, en fait, dans une salle d'audience.
35:15Et donc, il y a des mots inacceptables
35:17pour vous lorsque, par exemple, l'avocat de Gérard Depardieu
35:19dit des
35:21plaignantes que les femmes sont
35:23menteuses ou hystériques.
35:25C'est inacceptable
35:27pour vous d'entendre cela
35:29devant la justice aujourd'hui ?
35:31Je pense que,
35:33encore une fois, les propos qu'on peut avoir
35:35vis-à-vis de consoeurs
35:37avocates, d'une
35:39forme d'intimidation,
35:41des propos qu'on peut avoir vis-à-vis des victimes
35:43présumées, elles sont victimes présumées
35:45que de la même manière qu'il
35:47n'est pas coupable encore
35:49et qu'il est présumé innocent.
35:51Très bien. Mais il y a, encore une fois,
35:53une éthique et il y a des propos qu'on ne devrait pas
35:55avoir interrogés. Le passé sexuel
35:57d'une victime ne dit rien
35:59sur le fait qu'elle ait été
36:01dans cette affaire victime ou pas, par exemple.
36:03Et ça, c'est l'épreuve que
36:05subissent en permanence les femmes qui ont été
36:07victimes de viol, qui osent porter plainte,
36:09qui osent affronter
36:11ce qu'elles estiment être une épreuve
36:13supplémentaire qui est celle de se retrouver
36:15devant la justice. On va, finalement,
36:17faire une forme d'inquisition sur ce qu'elles sont,
36:19sur ce qu'elles ont été. Non.
36:21Ce qui est en jeu, c'est est-ce que oui ou non
36:23elles disent la vérité, est-ce que oui ou non
36:25elles ont subi ce qu'elles disent avoir subi
36:27et est-ce qu'il y a la possibilité
36:29de le démontrer ?
36:31Le jugement dans l'affaire de Pardieu sera connu
36:33le 13 mai. 18 mois ont été requis
36:35contre lui.
36:37Est-ce que vous trouvez que cette peine...
36:39Avec sursis, pardon. 18 mois avec sursis, emprisonnement avec sursis ont été requis
36:41contre lui. Est-ce que vous trouvez cette peine
36:43proportionnée ? Encore une fois, là,
36:45c'est pas à moi de faire les mêmes réponses que celles que j'ai faites
36:47sur une toute autre affaire. C'est pas à moi
36:49de m'exprimer. Ce que je sais, c'est qu'aujourd'hui,
36:51ces sujets et ces affaires sont
36:53prises bien plus au sérieux que ça ne l'était
36:55il y a 15 ans ou il y a 20 ans aujourd'hui.
36:57Un tiers, à peu près, du travail de nos tribunaux,
36:59c'est sur la question des violences intrafamiliales,
37:01des violences sexistes, des violences sexuelles.
37:03Donc ça veut dire que c'est traité, que c'est considéré,
37:05que c'est traité au plus haut niveau
37:07et ça envoie aussi un message double,
37:09un message aux victimes qui peut-être nous écoutent
37:11et le subiraient aujourd'hui de se dire que oui,
37:13la justice est là pour les protéger
37:15et ça envoie aussi
37:17un message aux agresseurs
37:19qui est de dire qu'on ne laisse rien passer.
37:21Et vous dites qu'il faut traiter tout ça avec sérieux.
37:23Non mais c'est sérieux,
37:25sur un autre thème, d'avoir
37:27un débat aujourd'hui sur la
37:29possibilité de diffuser ou pas
37:31les films de Gérard Depardieu. Ce que réclament
37:33certaines associations, c'est d'arrêter la diffusion
37:35des films de Gérard Depardieu. Est-ce que pour vous
37:37c'est entendable ou est-ce que c'est complètement
37:39excessif comme proposition ?
37:41Je pense que c'est un débat qui n'a rien à voir en fait.
37:43Et moi je ne me suis jamais placée là-dessus,
37:45c'est-à-dire que je ne suis pas là
37:47pour faire ce qu'on appelle la cancel culture,
37:49etc. Ce n'est pas mon registre
37:51et je pense qu'aller sur ce type de terrain-là
37:53malheureusement ne va pas aider
37:55des femmes qui aujourd'hui nous écoutent
37:57et peut-être ont subi ou subiraient
37:59des agressions sexuelles ou des viols. La question
38:01elle n'est pas là. La question
38:03elle se pose dans des cas très précis.
38:05Si dans
38:07un certain nombre de productions ou de films,
38:09il est avéré aujourd'hui que des scènes dont
38:11on estimait qu'elles étaient jouées, n'ont pas
38:13vraiment été jouées. Et que des
38:15vrais viols ont pu être filmés. Là évidemment
38:17la question se pose.
38:19Par contre...
38:21Je pense que c'est excessif parce que je pense surtout que
38:23ça ne sert pas le combat qui est le nôtre
38:25qui est d'abord un combat sur le respect et sur
38:27l'égalité. Et encore une fois
38:29de la même manière que sur un plateau de tournage
38:31de cinéma ou sur un plateau de télévision
38:33ou dans un supermarché,
38:35dans une exploitation agricole, peu importe en fait.
38:37Partout où les femmes sont, elles doivent
38:39avoir accès à l'égalité
38:41et au respect. C'est uniquement
38:43ça qu'on demande et c'est uniquement ça
38:45qui doit de manière systématique être
38:47dans les faits. Vous venez de la droite, vous avez été
38:49à l'UMP puis au Républicain, ça ne vous a pas
38:51échappé cette semaine. Sept ans de prison
38:53ferme ont été requis contre l'ancien président de la
38:55République, Nicolas Sarkozy. Est-ce que
38:57vous trouvez que cette peine est démesurée ?
38:59Si je dérive
39:01sur un sujet, je dériverais
39:03sur les autres. Je pense que c'est pas
39:05mon rôle. Moi j'ai énormément de respect
39:07pour le président Nicolas Sarkozy.
39:10Je continuerai à avoir énormément
39:12de respect pour lui. Mais est-ce que vous ne doutez
39:14de sa probité et de son honnêteté ?
39:16Je n'ai pas à commenter une décision
39:18de justice. Si je fais exception à ce
39:20principe, je fais exception à un principe
39:22qui est essentiel, constitutionnel,
39:24encore une fois, de séparation des pouvoirs.
39:26Est-ce que vous doutez de sa probité ?
39:28Je n'ai pas à répondre d'une quelconque manière.
39:30Je vois très bien ce que vous essayez de me faire dire. J'ai énormément
39:32de respect pour lui, de gratitude pour ce qu'il a fait
39:34en tant que président de la République.
39:36Mais je n'ai pas à commenter une décision de justice.
39:38François Bayrou lancera
39:40mardi une série de débats sur la question
39:42« Qu'est-ce qu'être français ? » comme s'il était engagé.
39:44C'est quoi être français ?
39:46Pour moi, c'est une idée. La France, plus qu'une identité,
39:48c'est une idée. C'est des valeurs, c'est des principes.
39:50C'est la question de la laïcité.
39:52On voit bien qu'aujourd'hui, j'appartiens à une génération
39:54où des principes qui apparaissaient
39:56essentiels, irréversibles, le sont moins.
39:58Ils sont redevenus des combats.
40:00Des combats sur la République, des combats sur la laïcité.
40:02Des combats générationnels aussi
40:04qu'on doit réussir à mener. Parce que si on ne les réussit
40:06pas aujourd'hui, alors malheureusement,
40:08on n'aura plus le même pays et la même idée
40:10de la France dans 10 ans ou dans 15 ans.
40:12C'est aussi le droit du sol plutôt que le droit du sang.
40:14Aurore Berger, regardez ces deux photos qui sont en train
40:16de s'afficher derrière moi.
40:18Est-ce que vous êtes plutôt, pour la mairie de Paris,
40:20Rachida Dati ou Gabrielle Attal ?
40:22Il y a un sondage de l'Institut Ipsos qui montre que la ministre de la Culture
40:24serait la meilleure candidate d'une liste d'union
40:26de ce bloc central qui raide LR à Renaissance
40:28en passant par le Modem et Horizon.
40:30Alors, plutôt Rachida Dati ou Gabrielle Attal ?
40:32Rachida Dati est candidate. Ce n'est pas le cas
40:34de Gabrielle Attal.
40:35Est-ce qu'on vous la soutenait ?
40:36À partir du moment où elle est candidate, où elle est la mieux placée,
40:38oui, je pense qu'il faut
40:40qu'on la soutienne. Et je pense qu'à un moment,
40:42il faut que les uns et les autres acceptent parfois
40:44de soutenir le mieux placé, voire
40:46la mieux placée, et je le dis
40:48à l'ensemble des forces politiques
40:50et du centre et de la droite.
40:52Parce que je vois qu'elle subit plus des attaques de la droite
40:54d'ailleurs, de son ancienne famille politique,
40:56notre ancienne famille politique, qu'elle n'en subit
40:58du bloc central.
40:59Alors justement, votre ancienne famille politique, en un mot,
41:01doit choisir un nouveau président. Sur ce nouveau président,
41:03plutôt Laurent Broquet ou Bruno Retailleau ?
41:05Je me garderais bien de choisir
41:07parce que je ne suis pas sûre que j'aiderais
41:09quelconque candidat. Bon courage.
41:11Il n'y a pas de solidarité gouvernementale, Bruno Retailleau
41:13est au gouvernement. Je pense vraiment que ça va l'aider.
41:15Si c'est moi qui donne mon avis, je ne suis pas certaine.
41:17Moi, ce que je sais, c'est que les campagnes internes sont les pires des campagnes,
41:19donc je leur souhaite un bon courage.