Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations est l‘invitée de BFM Politique ce dimanche 30 mars 2025. Elle annonce qu'elle déposera un amendement en ce sens ce lundi pour qu'il soit examiné ce jeudi au Sénat.
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00:00Aurore Berger, la semaine prochaine sera examinée au Sénat la proposition de loi que vous aviez portée quand vous étiez députée sur la question des violences sexuelles et sexistes.
00:09Est-ce que, en tant que ministre désormais, vous allez encore la modifier, proposer des amendements, faire des propositions, en particulier pour la protection des plus jeunes ?
00:18Oui, parce que les violences sexuelles faites aux enfants, c'est un fléau absolu. On considère que quand on ouvre une salle de classe, c'est jusqu'à trois enfants qui sont concernés
00:27ou qui seront concernés par les violences sexuelles. C'est ce qui se passe dans l'intimité des familles, c'est-à-dire l'inceste. C'est ce qui se passe au sport, par exemple.
00:35Un enfant sur sept serait victime de violences sexuelles ou d'agressions sexuelles dans le sport. Donc on ne peut pas juste rappeler des chiffres, en fait.
00:44Qu'est-ce que vous proposez, alors ?
00:45On a une obligation. Donc moi, là, ce qu'on va faire dans le cadre de cette loi, c'est d'imposer une formation obligatoire à tous les professionnels qui sont au contact des enfants,
00:54les professionnels de la santé, du médico-social, les enseignants, les animateurs culturels, sportifs, tous les professionnels, sur la détection des abus sexuels.
01:03Parce qu'un enfant ne verbalise pas forcément, mais un enfant s'exprime quand même. Un enfant s'exprime sur les souffrances qu'il peut subir et envoie des signaux, en fait,
01:11aux adultes que nous, parents, amis, proches, professionnels, on doit savoir décrypter. Sur les troubles alimentaires, sur les troubles du comportement,
01:19sur des colères que les enfants exprimeraient alors qu'ils ne les exprimaient pas avant, sur les troubles du sommeil. Donc tout ça, on doit être formé.
01:26Parce que si on n'est pas formé pour détecter le plus tôt possible, on n'arrivera pas à endiguer ces violences-là. On n'arrivera pas à les repérer.
01:33Et surtout, on n'arrivera pas à empêcher d'avoir cette espèce de cycle infernal de réitération de la violence.
01:39C'est-à-dire qu'un enfant victime, c'est un amendement qu'on va déposer, que je vais déposer au nom du gouvernement dès demain et qui sera examiné au Sénat jeudi
01:46en espérant qu'il soit largement adopté. Parce qu'encore une fois, il faut détecter pour arrêter ce que subissent nos enfants, mais pour éviter que ça se répète.
01:54Parce qu'on le sait, malheureusement, des enfants victimes d'abus, des enfants victimes de violences peuvent ensuite, à l'âge adulte,
02:00devenir soit à nouveau des victimes, soit eux-mêmes devenir des auteurs de ces violences-là.
02:05– Ça représente combien de personnes, justement, à former ?
02:07– C'est des millions de personnes. Ce sont nos enseignants, ce sont les médecins, ce sont les infirmiers, les sages-femmes, le personnel médico-social.
02:13– Dès la rentrée de septembre ?
02:14– C'est évidemment dès la rentrée et puis le faire de manière générale en formation initiale et en formation continue.
02:19Et là, pour le coup, évidemment, tout le monde nous a dit oui, quand on a dit qu'il faut y aller pour garantir que cette formation puisse exister.
02:25Parce que, encore une fois, un enfant ne dit pas les mots des adultes, mais un enfant dit, exprime, montre.
02:32Et ça, il faut qu'on soit capable de l'entendre et d'entendre ces enfants-là pour les sortir des violences qu'ils subissent
02:38et surtout pour éviter, encore une fois, que ça se répète.