Un séisme de magnitude d'au moins 7,7 a frappé le centre de la Birmanie ce vendredi 28 mars. Des secousses ont été ressenties jusqu'en Chine et en Thaïlande, où un immeuble en construction de 30 étages s'est effondré. En Birmanie, la junte déclare l'état d'urgence dans six régions et le bilan humain s'alourdit. Richard Werly, journaliste et ancien correspondant en Thaïlande et Birmanie, détaille comment l'aide des pays voisins s'organise malgré le contexte politique complexe en Birmanie.
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00:00Ce qu'il faut bien dire, c'est que la Birmanie est sous sanctions internationales, en raison du régime militaire qui a pris le pouvoir il y a trois ans.
00:06Aung San Suu Kyi, vous vous en souvenez, est emprisonnée, et donc c'est toute une classe médicale.
00:11C'est un pays qui avait une classe médicale, mais beaucoup de ces gens sont partis en exil lorsque les militaires ont pris le pouvoir.
00:17Les hôpitaux ont moins de moyens. Bref, c'est vraiment un pays très appauvri qui peut compter sur le soutien surtout militaire de la Russie et de la Chine.
00:25Alors là, quand même, une nouvelle à prendre en compte, c'est qu'heureusement, la Birmanie est bordée par un pays, la Thaïlande,
00:31qui a été peu touchée par le séisme, même si on a vu les images à Bangkok. Et la Thaïlande a quand même des moyens importants qu'il pourrait acheminer rapidement vers la Birmanie.
00:39Donc ce n'est pas un pays totalement isolé. L'Inde a accepté d'apporter son soutien. La Chine a accepté d'apporter son soutien.
00:45Donc on n'est pas dans le cadre d'un pays qui serait complètement, je dirais, isolé du reste.
00:49C'est un pays qui s'est ouvert quand même ces dernières années.
00:51Un pays qui s'est plutôt refermé, mais qui va devoir s'ouvrir pour l'aide.
00:55Qui s'était ouvert avec Aung San Suu Kyi et qui s'est refermé après.
00:57Absolument. Avec des situations dramatiques, avec des bombardements sur les populations civiles, des bombardements aériens,
01:03des scènes dont on ne parle pas parce qu'ici, on est très occupé par d'autres conflits. Mais celui-là est particulièrement meurtrier.
01:09Donc il faut s'attendre. Il y a deux choses certaines. La première, c'est que le bilan qui est annoncé est un bilan très inférieur à celui qui va venir.
01:17Est-ce qu'on en aura un réaliste ? Est-ce que la junte le donnera maintenant ?
01:20Si les organisations internationales peuvent accéder, oui. Si elles ne peuvent pas accéder, ce sera le problème.
01:24La deuxième chose dont on peut être sûr, c'est qu'il y aura des répliques.
01:27Vous savez, en général, dans cette zone, les séismes sont plutôt en Indonésie, qui est un pays très volcanique.
01:32On a plutôt l'habitude de séismes dans cette zone. Le tsunami de décembre 2004, c'était dans l'océan Indien.
01:37C'était au large d'Ache en Indonésie. Il y a toujours des répliques. Elles n'interviennent pas nécessairement immédiatement.
01:43Ce qui est quand même inquiétant, quand on regarde les images et vos correspondants l'ont dit, c'est que des immeubles à Bangkok apparaissent très fragilisés.
01:50S'il y avait une deuxième secousse d'une relative ampleur, là, il y a peut-être des inquiétudes à avoir pour une ville comme Bangkok.
01:56Mais encore une fois, l'épicentre était à à peu près 1 500 km de Bangkok. Heureusement, c'est assez loin.