Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.
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00:00Bonsoir à tous, c'est Élisabeth Lévy, Geoffroy Lejeune, Joseph Macescaron, Georges Fenech, Yoann Ouzaï.
00:05C'est évidemment un tremblement de terre que les réquisitions du parquet financier aujourd'hui à l'encontre de Niskola Sarkozy.
00:14Songez que 7 ans de prison pour un ancien président de la République, 7 ans de prison ont été requis, 300 000 euros d'amende, 5 ans d'inégibilité.
00:24J'ajoute à cela l'interdiction des droits civiques, civils et de famille.
00:29Ce qui veut dire par exemple qu'il n'aurait plus l'autorité sur ses enfants.
00:34On va évidemment en parler notamment avec vous puisque vous êtes un ancien magistrat.
00:40Avant cela, je dois vous dire la réaction de Nikola Sarkozy.
00:45Le parquet national financier persiste depuis 13 ans à essayer par tous les moyens possibles de prouver ma culpabilité dans l'affaire du prétendu financement libyen.
00:53Aucun des faits mis à jour et soulignés par ma défense durant l'audience devant le tribunal correctionnel ne pouvaient ébranler ce postulat idéologique de base.
01:03Après 3 mois d'audience, écrit le président Sarkozy, il est acquis qu'il n'y a pas eu d'argent liquide utilisé dans ma campagne de 2007.
01:09Avant de vous donner la parole, je vous propose d'écouter Jean-Michel Darroi qui est l'un des avocats de Nikola Sarkozy.
01:17L'audience a démontré que c'était faux. Le parquet me semble-t-il l'a même reconnu hier.
01:25Aucune trace de financement n'a été trouvée. Aucune trace de demande de financement n'a été trouvée.
01:33Le parquet a complètement changé son histoire parce qu'au fur et à mesure du dossier,
01:40il est apparu que les deux fondements de son accusation, une note Mediapart et un soi-disant tête-à-tête entre Nikola Sarkozy et Kadhafi n'existaient pas.
01:53Le document de Mediapart est un faux mensonger et l'audience a démontré que jamais Sarkozy n'a demandé le moindre financement à Kadhafi.
02:04Je vous propose également d'écouter Christophe Ingrin qui est l'un des autres avocats de Nikola Sarkozy.
02:10Pour masquer ses faiblesses, pour dissimuler ses carences probatoires, le parquet parle fort et demande des peines élevées.
02:19Ce n'est pas ça la justice et on a encore quelques semaines de plaidoiries avec nos confrères et pour, notamment Nikola Sarkozy,
02:30démontrer que ses réquisitions, même s'elles sont dites avec un ton sentencieux qui se veut sévère, elles sont vides, elles sonnent creuses.
02:38Il s'attendait à autre chose que des peines excessives et sans aucun fondement.
02:42Mardi et mercredi, les procureurs ont dépeint Nikola Sarkozy en véritable décisionnaire et commanditaire d'un pacte de corruption inconcevable, inouï, indécent.
02:53Ils ont aussi détaillé les contreparties diplomatiques, juridiques et économiques promises, selon eux évidemment, au régime libyen
03:00et ont affirmé que des traces d'argent liquide dans la campagne victorieuse alimentaient le faisceau d'indice du dossier.
03:06Je ne sais pas où sont ces traces d'argent liquide puisque manifestement elles n'existent pas.
03:11Ils ont demandé au tribunal de le reconnaître coupable de corruption, recel de détournement de fonds publics,
03:16financement illégal de campagne et association de malfaiteurs.
03:19Les autres inquisitions sont moindres.
03:20Claude Guéant, 6 ans de prison et 100 000 euros d'amende.
03:23Brice Hortefeux, 3 ans de prison et 150 000 euros d'amende.
03:27Éric Woerth, qui était trésorier de la campagne, 1 an aménagé et 3 750 euros d'amende.
03:33Ziad Takiedine, 6 ans de prison et 3 millions d'euros d'amende.
03:37Et Alexandre Dioury, 5 ans et 4 millions d'amende.
03:42Voilà ce qu'on peut dire sur les faits ce soir, sur une affaire évidemment qu'on n'a pas expertisé de fond en comble
03:49puisque nous n'étions pas présents à chaque audience bien évidemment.
03:53Georges Fenech.
03:54D'abord il faut rappeler le contexte entre la justice et Nicolas Sarkozy.
04:00Les juges ont toujours voulu prendre la revanche sur Nicolas Sarkozy.
04:05Ils n'ont jamais accepté la formule les petits pois.
04:09Ou bien la maladresse, on supprimera les juridictions.
04:12Ou l'outrecuidance, on installera la responsabilité des juges, etc.
04:17Je peux énumérer.
04:18Et souvenez-vous le syndicat de la magistrature qui demandait à l'époque à faire battre officiellement Nicolas Sarkozy aux élections.
04:26Et une fois qu'il avait été battu, ils avaient rendu un communiqué pour dire nous nous réjouissons de cette défaite.
04:30Nous sommes débarrassés d'un ennemi de la justice, etc.
04:33Donc il y a une volonté, oui c'est ça, je vous assure, c'était les communiqués.
04:36J'entends bien, mais ce que vous dites est très grave.
04:38Mais ça je peux vous apporter les communiqués, je les ai chez moi.
04:41J'entends bien.
04:42J'ai même écrit dessus.
04:43J'entends bien.
04:44Ça c'est le contexte, une volonté d'en découdre avec Nicolas Sarkozy.
04:48Alors après, quand on prend des réquisitions aussi énormes contre l'ancien chef de l'État, il faut rapporter des preuves énormes.
04:59Ou alors on s'abstient.
05:01Ça des preuves, pardon, il n'y en a pas.
05:04Il n'y en a aucune.
05:06Il y a leur construction intellectuelle, leur intime conviction, vous vous rendez compte, sur la base d'un certain nombre d'indices.
05:15Et avec ça, vous allez asseoir une condamnation.
05:17Je rappelle que la charge de la preuve incombe à l'accusation.
05:22Et qu'est-ce qu'on demande à Nicolas Sarkozy ?
05:24De faire la preuve de son innocence.
05:26Comment voulez-vous rapporter des preuves négatives ?
05:28Voyez-vous, c'est très compliqué.
05:30Et je termine en disant, mais allons jusqu'au bout de l'absurde.
05:34Si effectivement, il y a eu ce pacte de corruption.
05:38Et qu'ensuite, il est allé avec l'armée française abattre son créancier.
05:42Mais je suggère au PNF, dont j'aimerais bien d'ailleurs la dissolution un jour ou l'autre.
05:48M. Dupond-Boretti vous en parlera.
05:50Il faudrait qu'ils ouvrent une information judiciaire pour assassinat de M. Kadhafi.
05:56Et le traduire devant une cour d'assises.
05:58Et le faire condamner à la réclusion criminelle à perpétuité.
06:01Parce que si il y a ce pacte de corruption.
06:03Vous imaginez bien que prendre la tête de la coalition contre son créancier, ça pose un problème.
06:07Non mais je raisonne par l'absurde.
06:09Mais voyez jusqu'où ça peut aller.
06:11Donc moi je suis scandalisé par cette décision.
06:14Qui va juger ?
06:16Donc le Président, qui va prendre la décision ?
06:18Ce sont des professionnels ?
06:20Ce sont trois magistrats professionnels.
06:22On est devant le tribunal correctionnel, on n'est pas devant la cour d'assises.
06:25Donc nous verrons bien.
06:27Mais déjà à ce stade, on frémit.
06:31Vraiment on frémit de voir que sur rien finalement, M. Darwale a très bien dit.
06:37Il n'y a pas de preuves.
06:39Parce que s'il y avait une preuve, vous croyez qu'il aurait eu besoin de 20 heures de réquisitoire pour convaincre ?
06:4320 heures, ils se sont succédés à trois.
06:45Avec des tableaux de démonstration à l'audience et tout.
06:48Mais ce que vous dites est effrayant.
06:50Mais je suis effrayé.
06:52Et je pense que le PNF, qui a été créé dans la foulée de l'affaire Cahuzac par François Hollande pour se donner bonne conscience.
07:01Et montrer sa volonté de lutter contre la corruption.
07:05Le PNF, regardez ce qui se passe.
07:07Avec l'exécution provisoire qui est demandée contre Paris Le Pen.
07:10Avec leur diligence et leur excès de zèle dans l'histoire de M. Fillon qui a été empêché de se présenter.
07:16Et je pourrais énumérer ainsi.
07:18On a voulu créer une juridiction vraiment d'exception.
07:21Qui pour justifier son existence et sa légitimité est en train de nous montrer une justice vraiment inacceptable.
07:29Mais les Français qui nous écoutent, comment peuvent-ils avoir confiance ?
07:32Je parle vraiment avec mon cœur.
07:34Alors je dois dire aussi par honnêteté que j'étais sarcosiste.
07:36Que j'ai été élu et que j'ai travaillé ses côtés.
07:39Mais croyez-moi, si c'était quelqu'un d'autre, j'aurais dit la même chose.
07:43Véritablement.
07:45Qu'on nous apporte la preuve.
07:47On n'a pas la moindre trace d'un financement qui viendrait de Libye, de Tripoli jusqu'en France.
07:53On a des accusations du clan Kadhafi.
07:56Alors ça oui, voilà la preuve.
07:58Le clan Kadhafi accuse Sarkozy.
08:00Et de Mediapart.
08:01De Mediapart.
08:02Et puis d'un certain Takedine qui s'était retracté.
08:07Tous les comptes de Nicolas Sarkozy ont été épluchés.
08:09Tous. Ceux de sa femme.
08:12Moi je ne suis pas sarcosiste.
08:14Mais je trouve que, comme d'ailleurs Jean-Michel Darroi l'a rappelé très justement,
08:20quand il n'y a rien dans le dossier, que tout repose, c'est ce qu'on appelle le faisceau d'indice.
08:24Je voudrais juste qu'on s'arrête à un moment donné sur la notion de faisceau d'indice.
08:27Est-ce que ça peut regrouper ?
08:28Parce que les personnes qui nous entendent peuvent croire que les faisceaux d'indice,
08:32ce sont des points objectifs et réels.
08:34Mais non.
08:35Les faisceaux d'indice, ce sont des faisceaux d'intuition, il faudrait dire.
08:39Et à partir de ces faisceaux d'intuition, il y a une construction totalement artificielle
08:43qui a été légitimée par la DOXA de Mediapart
08:47et que les juges ont repris tel quel.
08:51Et c'est ça qu'il s'agit d'appliquer.
08:53Donc oui, quand vous dites « je suis effrayé », on est tous effrayés.
08:57Tous effrayés.
08:58Parce que là, il y a évidemment la question de la justice pour tous les citoyens.
09:02C'est-à-dire qu'on se sent, par rapport à ça, on se sent mais extrêmement impuissant.
09:07Bon, et puis il y a cette volonté évidemment d'humiliation
09:10lorsqu'on en est rendu à proposer l'interdiction des droits civiques, civils et de famille.
09:15Pour dire que là, elle s'est recosée.
09:17C'est fou.
09:18Et lui retirer, je ne savais même pas que ça existait pour tout vous dire,
09:21je ne savais même pas qu'on pouvait retirer...
09:24Généralement on le fait pour des histoires de pédophilie.
09:26Oui, ça.
09:27C'est fou.
09:28De retirer le fait qu'il puisse simplement être tuteur de ses enfants.
09:33L'autorité parentale.
09:34L'autorité parentale.
09:35Mais par exemple, on fait ça en cour d'assises ?
09:38C'est très rare.
09:39Même pour les criminels, on...
09:41Les narcons, on leur enlève l'enveloppe.
09:43Donc là, il y a une volonté manifestement d'humiliation.
09:45On a voulu faire un exemple.
09:46Oui, c'est ça.
09:47Enfin, un exemple, ils ont voulu...
09:49C'est quand même le deuxième procès qu'on a en quelques mois, il y a déjà...
09:527 ans.
09:53J'ai commencé en disant, les gens ne perçoivent peut-être pas le tremblement de terre.
09:58On parle d'un ancien président de la République
10:00qui aurait pu d'ailleurs, de nouveau, se présenter dans les circonstances prochaines
10:05avec un pays qui est en difficulté.
10:08Et c'est un homme qu'on imagine condamner 7 ans de prison.
10:13Et un homme de 110 ans.
10:14Hum.
10:15Qui plus est.
10:16Geoffroy Lejeune.
10:17Je pense que les politiques sont responsables de la situation dans laquelle ils se trouvent aujourd'hui.
10:20C'est-à-dire que, en fait, le politique a donné le pouvoir au PNF de faire ce qu'il est en train de faire.
10:25Dans un espèce d'élan de panique, en 2014, après l'affaire Cahuzac,
10:28au moment où ils se disent, on n'a plus de pouvoir, on n'a plus de souveraineté,
10:31on ne sait plus comment parler aux gens, on ne sait plus que faire pour changer la vie.
10:35Donc, on va maintenant montrer qu'on est transparent, qu'on lave plus blanc que blanc.
10:38On va donner nos patrimoines, on va créer la haute autorité pour la transparence de la vie publique.
10:41On va donner des pouvoirs démesurés aux juges.
10:43Il ne faut pas s'étonner qu'ils s'en servent, en réalité.
10:45La vérité, c'est qu'il faudra beaucoup de courage politique pour revenir en arrière.
10:48Mais il en faut du courage politique.
10:50Mais Laurent Wauquiez, qui est un candidat potentiel déjà à la tête des Républicains,
10:58mais sans doute à l'élection présidentielle en 2027, a dit,
11:02je veux redire mon amitié et mon soutien à Nicolas Sarkozy,
11:05lui qui a consacré toute sa vie au service du pays auprès de nombreux sacrifices.
11:09Si vous me permettez, je trouve que c'est assez modéré quand même.
11:12C'est le service minimum.
11:14Comme prise de position.
11:16C'est le service minimum.
11:17Ce n'est pas aussi engagé que...
11:23L'erreur judiciaire, elle existe.
11:25Ce n'est pas aussi engagé que Georges Fenech.
11:28Mais qui voudra faire de la politique demain ?
11:30Qui aura envie ?
11:32Franchement, les journalistes d'un côté...
11:35Et la haute autorité.
11:37Les journalistes d'un côté, la haute autorité qui est un scandale.
11:40Cette haute autorité de la transparence qui est une sorte d'acquisition financière.
11:45C'est incroyable. Qui va vouloir faire ça ?
11:46Ce ne sont que les réquisitions.
11:48Il y a les plaidoiries qui vont passer.
11:50On est en première instance.
11:52On est en première instance.
11:54C'est-à-dire qu'il y aura, si jamais il y avait une condamnation,
11:57la possibilité d'appel à supposer qu'ils n'aillent pas,
12:00comme ils avaient fait pour Patrick Balkany,
12:02décerner un mandat de dépôt à l'audience.
12:04Au point où ils en sont.
12:05Ils peuvent tout faire.
12:07Puisqu'ils agissent vraiment en roue libre en ce moment.
12:10Je suis dur.
12:12Je suis dur parce que c'est mon corps de métier.
12:14Et la justice, quand je la vois fonctionner comme ça,
12:18elle ne m'inspire plus confiance, voyez-vous.
12:21C'est ennuyeux parce que vous connaissez la justice.
12:24Maître Golnadel dit la même chose.
12:26Je veux des preuves.
12:28Si on m'apportait la preuve que sa campagne a effectivement été financée,
12:34je serais premier à le dire.
12:36La difficulté d'un sujet comme celui-là,
12:38ça fait 13 ans que sur ce sujet, la justice enquête.
12:43C'est très compliqué pour ceux qui vont juger,
12:46avec qui ils travaillent au fond,
12:48qui sont du même corps, les magistrats.
12:50Vous vous rendez compte ?
12:52C'est le magistrat qui voudrait dire,
12:54non, relaxe en fait, relaxe.
12:56Ça fait 13 ans que les gens bossent.
12:58Ça fait 13 ans que son corps de métier bosse.
13:00Donc il y a un moment, et on l'avait vu avec François Fillon.
13:03Avec François Fillon, j'ai dit, évidemment, il sera condamné.
13:05Parce qu'il y a un moment, tu es allé trop loin.
13:07Il ne veut pas perdre la face.
13:09Donc tout le monde le comprend bien.
13:11Il assiste à tout ça avec un bracelet électronique à la cheville
13:15pour une histoire de coup de fil avec son avocat.
13:18L'affaire Depardieu, une peine de 18 mois de prison
13:21avec un sursis probatoire de 3 ans,
13:23a été requise à l'encontre de Gérard Depardieu.
13:25Le procureur a également demandé une amende de 20 000 euros,
13:27l'indemnisation des partis civils,
13:29une obligation de soins psychologiques,
13:31une peine d'inégibilité de 2 ans,
13:33et l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.
13:37Je ne saisis pas tellement qu'il ait une peine d'inégibilité de 2 ans.
13:40Il ne s'est présenté à rien du tout.
13:43Vous ne le voyez pas se présenter à l'élection d'une municipalité ou d'une présidentielle.
13:49En revanche, je propose que nous écoutions Sabrina Birlin,
13:53qui est avec nous, Sabrina Birlin-Bouillet.
13:56Je lui demande comment s'est passée cette journée.
13:58Bonjour Sabrina.
13:59Bonsoir Pascal.
14:01C'était une journée intense, Pascal.
14:03Mais quel jour ne l'a pas été depuis le début de ce procès ?
14:06Aujourd'hui, c'était le moment des plaidoiries.
14:08D'abord, les parties civiles.
14:10Les deux avocates des plaignantes ont plaidé dans des styles très différents.
14:13L'une, maître Durieux-Dibolt, est restée concentrée sur le fond du dossier,
14:18en pointant les incohérences de Gérard Depardieu.
14:21Elle est revenue, par exemple, sur sa version des faits qui a changé,
14:23puisque Gérard Depardieu avait nié tout contact avec la plaignante,
14:27puis a finalement reconnu, pendant l'audience, avoir eu un contact physique avec celle-ci.
14:32L'autre avocate, maître Vincent, commence fort.
14:35Elle énumère pendant plusieurs minutes une série d'insultes très grossières et sexistes
14:40et les attribue à l'acteur.
14:42Ça, c'est Gérard Depardieu sur un plateau, dit-elle.
14:45Ce n'est pas Jean Valjean ni Cyrano.
14:47C'est un misogyne parmi les misogynes.
14:49S'ensuit une plaidoirie clairement féministe.
14:52Elle parle aussi du traumatisme de sa cliente qui est devenue angoissée
14:56et souffre d'insomnie, dit-elle.
14:58La matinée s'achève avec le procureur qui requiert, vous l'avez dit,
15:0218 mois de prison avec sursis probatoires.
15:05Il le dit, Gérard Depardieu est injusticiable comme les autres.
15:08Arrive l'après-midi et la plaidoirie très attendue de la défense.
15:13Maître Assous va plaider pendant trois longues heures un marathon
15:18pour plaider la relax de son client.
15:20Il va revenir sur chaque fait, chaque témoin, pour pointer des contradictions.
15:25Il parle de vengeance envers Gérard Depardieu, qui, il le reconnaît,
15:29peut avoir une attitude détestable, abjecte, dit-il, sur les tournages.
15:34Mais pas question de parler d'agression sexuelle.
15:37S'il y a eu contact physique avec la plaignante,
15:39il lui a simplement touché les hanches.
15:42Gérard Depardieu, c'est lui qui a eu les derniers mots pendant l'audience.
15:45Il dit avoir reçu une leçon dans ce tribunal,
15:48une inspiration pour un prochain rôle d'avocat.
15:51Maintenant, rendez-vous le 13 mai prochain pour le jugement
15:55puisqu'il a été mis en délibéré.
15:58Merci beaucoup à Sabrina, vous avez assisté, je crois, à certaines audiences.
16:01Oui, j'ai assisté aujourd'hui.
16:03J'ai dû partir avant la fin de la très longue plaidoirie de Maître Assous.
16:06Trois heures de plaidoirie ?
16:07Trois heures, oui.
16:09Mais, vous le savez, chacun a ses préjugés,
16:13donc je reconnais que je suis sans doute influencée par les miens.
16:15Je n'aime pas ce mouvement MeToo.
16:17J'aimais mieux la justice avant MeToo, donc je le dis.
16:20Mais moi, je dois avouer, je voudrais quand même dire deux mots
16:22sur la plaidoirie de Jérémy Assous.
16:25La première chose, c'est que c'est assez inhabituel d'être aussi,
16:29comment dire, y compris avec les plaignants, d'être aussi dur.
16:33Mais il se défend.
16:35Et moi, ça me soulage, au lieu de voir des gens qui s'excusent d'exister,
16:40de voir un homme qui se défend.
16:41Je trouve ça bien.
16:42Deuxièmement, je trouve qu'il a eu des arguments extrêmement convaincants
16:47sur le rôle qui a été joué par Marine Turchi et par Mediapart
16:53dans l'agrégation des plaintes, dans la recherche des plaintes,
16:57dans l'appel à témoins.
16:58Vous faites référence à une jeune journaliste que les publics ne connaissent pas sans doute,
17:02qui s'appelle effectivement Mme Turchi.
17:04Turchi, je ne sais pas comment on le prononce.
17:05Il disait Turchi, lui.
17:06De Mediapart.
17:07Et effectivement, on le voit bien dans la société aujourd'hui française,
17:11comme Mediapart marche avec une partie de la justice,
17:15parce que ce sont des gens qui ont envie de couper des têtes,
17:18effectivement, ils vont chercher.
17:22Ils ont fait des enquêtes sur nous, ils ont fait des enquêtes sur CNews,
17:25ils ont fait des enquêtes sur moi.
17:27Ils n'ont rien trouvé.
17:28Mais ils ont fait régulièrement des papiers, bien sûr.
17:32Absolument.
17:33Mais c'est plus que des papiers.
17:35Marine Turchi publie des 50 000 signes de témoignages qu'elle a recueillis par mail.
17:40En gros, vous commencez sur une affaire, vous dites tiens, de par Dieu.
17:44Et vous cherchez, vous cherchez, vous envoyez des mails partout,
17:46vous faites des appels à témoins en disant si vous avez eu un problème avec Gérard Depardieu.
17:53Ce qui n'empêche qu'on le dit tous les jours aussi,
17:56quand il y a un témoignage, deux témoignages, c'est pas la même chose qu'il y en a 15, 20, 30 ou 40.
18:00Manifestement, il y a chez Gérard Depardieu un comportement
18:04qui est au minimum inadapté dans le rapport à l'autre.
18:09Mais ça ne vaut pas 18 mois de prison.
18:10J'entends bien.
18:11Ça ne vaut rien.
18:12Il y a aussi parfois des agressions.
18:15C'est vrai, il n'a pas été jugé pour ça encore.
18:18Il n'a pas été condamné parfois pour ça.
18:21Ce n'est pas de viol dont on parle ici, mais il faut le dire tout simplement.
18:28On peut en lire un mot de Fanny Ardant justement ?
18:30Oui, bien sûr.
18:31Hier, Fanny Ardant, alors malheureusement je n'ai pas pu y être,
18:34il faut vraiment avoir du temps pour couvrir ces procès.
18:37Le témoignage de Fanny Ardant, à mon avis, a été impérial.
18:40Elle a dit des choses qui ont dû vous déplaire en tous les cas,
18:43puisqu'elle a d'abord dit que c'est un monstre sacré,
18:47quelqu'un de complètement excessif.
18:49Gérard Depardieu dit des grossièretés toute la journée.
18:53Elle dit qu'elle ne l'a jamais, elle a entendu, vu faire un geste déplacé
18:57et que quand on lui dit non, il s'arrête quand on lui dit de s'arrêter.
19:01Mais elle a quand même fait allusion au génie de cet artiste
19:04et donc au fait que oui, c'était des gens hors normes.
19:07Et ce n'est pas un argument en justice.
19:09Après, elle est venue sur les faits.
19:11Et enfin, sur les faits, j'ai trouvé que Jérémy Assous avait des arguments
19:14juste pour dire une chose.
19:16En réalité, personne ne peut l'avoir vu.
19:19Là encore, c'est pareil, il faut apporter les preuves.
19:23Je vous ai entendu hier dire le problème, comment on fait,
19:28et Bilger vous a dit, il y a des preuves légères,
19:31comment on fait quand il y a deux récits totalement différents ?
19:35C'est-à-dire que toute cette société, évidemment, ce que fait Gérard Depardieu,
19:41parfois dans un comportement, on peut et on doit même ne pas l'excuser,
19:46et en même temps, d'être du côté de Mediapart et de ces jeunes gens
19:51qui écrivent des listes, parce que c'est ça la vérité, comme Marat,
19:56c'est-à-dire que ces gens qui vous envoient à la guillotine,
19:58M. Plenel, Mme Turki, etc., tous ces gens-là qui passent leur temps.
20:02C'est intéressant, je m'intéresse toujours à la psychologie des uns et des autres.
20:07Qu'est-ce qui pousse cette dame à cette haine-là ?
20:13La frustration.
20:15Il n'aime pas les hommes, visiblement.
20:17Qu'est-ce qui pousse ces gens à vouloir se mettre de ce côté-là ?
20:22Je vous assure, c'est une question qui m'intéresse toujours.
20:26Qu'est-ce qui fait de vouloir absolument faire tomber quelqu'un d'un piédestal ?
20:32Oui, je parle de haine, une forme de frustration qui génère.
20:38Ils ne doivent pas vraiment faire avancer la justice.
20:41Ils se prennent pour des gens en mission de purifier la démocratie.
20:46Je n'ai pas envie d'être avec eux.
20:48Moi non plus, je peux vous dire.
20:50Je préfère être au camp de travail avec des gens plus marrants.
20:55Il faut effectivement que dans la société d'aujourd'hui,
20:59condamner tous les excès qui ont pu exister dans les comportements masculins.
21:05Pas tous les excès, vous ne pouvez pas condamner.
21:09Il dit des grossièretés, c'est très grave.
21:11C'est Depardieu, il dit des grossièretés.
21:13Mais grossièreté, c'est autre chose.
21:15Tu te dis toujours, si c'est ma fille qui est sur un tournage,
21:19elle n'a pas à subir ça.
21:22Je ne parle pas de Depardieu précisément.
21:24Mais vous comprenez, c'est un réflexe normal.
21:26Les jeunes filles n'ont pas à subir ce qu'elles subissaient,
21:29les jeunes femmes plus directement,
21:31ce qu'elles subissaient il y a 20, 30 ou 40 ans.
21:33D'accord, elles peuvent aussi dire non.
21:35Il faut arrêter, nous ne sommes pas toutes des victimes.
21:37Non, écoutez, il n'y a pas que des petites victimes.
21:39Non, elles ne peuvent pas dire non.
21:41Justement, pardonnez-moi, c'est bien le souci parfois.
21:44Mais il est 20h27 et on écoutera peut-être d'autres témoignages.
21:47En tout cas, je vous donne la parole.
21:51Nous sommes encore à l'antenne ?
22:01Non.
22:03Nous prenons donc avec l'affaire Depardieu,
22:06une peine de 18 mois de prison avec sursis,
22:08avec un sursis probatoire de 3 ans,
22:10a donc été requise à l'encontre de Gérard Depardieu.
22:12Nous n'avons pas encore écouté les avocats,
22:14et notamment Maître Assous.
22:15Et vous avez raison de le dire, il se défend.
22:18Et j'ai dit hier, et je le redis aujourd'hui,
22:20si tu es accusé, M. Assous, je veux bien le prendre comme avocat.
22:23Parce que tu as le sentiment qu'il te défend.
22:25Et ce que tu demandes à un avocat, c'est quand même de te défendre.
22:28Il est teigneux, il a raison.
22:30C'est la moindre des choses, on s'étonne.
22:32Honnêtement, cette phrase ne serait pas passée si William était là.
22:35Pourquoi ?
22:36Il aurait dit qu'il fallait le prendre lui.
22:38Ah oui, mais vous avez raison.
22:41Mais c'est vrai qu'il est combatif.
22:43Bien sûr, mais ce qui est normal quand même.
22:45Alors que certains, parfois, sont fort mal défendus.
22:49Il y a un débat comme ça entre avocats,
22:51c'est est-ce qu'il faut jouer la carte du droit,
22:53pas du tout être dans le combat et dans la bataille pendant l'audience,
22:56ou est-ce qu'il faut l'être ?
22:57On verra le succès de l'Assous.
22:59Écoutez, sur ces sujets-là, de toute façon,
23:01comme ça ne sert à rien, au moins tu te défends,
23:05et tu ne te séduis pas.
23:06Ce ne sera pas pire si je…
23:07Exactement.
23:08Écoutez M. Assous, qui trouve que c'était du vent,
23:12que ces réquisitions.
23:15J'ai assisté à du vent.
23:17Un grand courant d'air, des grandes généralités,
23:21aucune précision.
23:22Là, on aurait pu, au vu des éléments du dossier,
23:25s'attendre à ce que le ministère public ait le courage
23:28de requérir la relax, ou de s'en rapporter.
23:31Maintenant, il y a une telle pression sociale,
23:35il y a une telle pression médiatique,
23:38et puis de certaines associations,
23:40que là, il y a eu, en effet, une réquisition de condamnation.
23:43Mais sans aucune conviction, sans force,
23:48et sans aucune démonstration.
23:49Jérémy Assous, une nouvelle fois,
23:51il dit que Gérard Depardieu, d'une certaine manière,
23:54a été satisfait.
23:56Il est satisfait d'avoir pu donner ses explications,
24:02et surtout qu'on ait pu tenir compte
24:04de ses explications et de ses éléments.
24:06Par contre, il est épuisé, c'est épuisant.
24:09Tout le monde est assez...
24:11Ça consomme une énergie très importante,
24:15ce type de procès.
24:16On ne se rend pas compte de cela,
24:19on parlera tout à l'heure d'Émile, et c'est parfait,
24:21et c'est pareil, une garde à vue de 48 heures,
24:25pour les avocats, bien sûr, pour celui qui est entendu,
24:29trois ou quatre jours de procès,
24:31tu arrives à 8h du matin, tu ressors à 21h,
24:34les gens sont lessivés.
24:35Bien sûr, les gardes à vue, on vous enlève la ceinture,
24:38on vous enlève les lacets, les chaussures.
24:40Non, mais c'est très humiliant, en plus.
24:42Je suis d'accord avec vous, mais ce n'est sans doute pas
24:44la période la plus difficile quand on t'enlève tes lacets.
24:47Mais en revanche, quand tu dors toute une nuit...
24:50C'est sûr de dur, parce qu'il n'y a pas de clermousse.
24:53On en parlera tout à l'heure,
24:56parce que l'affaire Émile aussi est intéressante,
24:58si j'ose m'exprimer ainsi.
25:00M. Assouss, alors là, il parle, vous qui étiez aux audiences,
25:04il parle d'une plaignante qui avait déjà accusé
25:07manifestement certains hommes, en l'occurrence,
25:11et ces hommes n'ont pas été condamnés.
25:13Mais M. Assouss, je ne sais pas de qui il parle.
25:15Alors le problème, c'est que comme en fait,
25:17les plaignantes, c'est la première fois que je vois ça
25:20dans un procès où les plaignantes sont majeures,
25:22leur nom n'est pas donné.
25:23En tous les cas, le nom de la deuxième.
25:25Donc je ne sais pas exactement,
25:28je crois que je n'ai pas entendu cette partie-là de la plaidoirie,
25:31mais effectivement, il y a très souvent,
25:33quand vous retrouvez d'une affaire à l'autre,
25:35si vous ne savez pas, je vous propose d'écouter,
25:38je pensais que vous connaissiez ou pas cette dame,
25:40donc je vous propose d'écouter M. Assouss.
25:44Quand vous êtes pris à défaut à une ou deux ou trois reprises
25:49et que vous êtes une personne qui est accusée
25:53à une, deux, trois, quatre reprises
25:56d'être agressée sexuellement,
25:58alors que vous ne le prouvez pas,
26:00alors qu'il n'y a rien qui le démontre,
26:02je crois qu'il y a un problème.
26:04Si vous n'en voyez pas contact,
26:06moi je considère qu'une personne qui accuse
26:08deux, trois, quatre hommes de l'avoir agressée sexuellement
26:12sans jamais le démontrer, sans jamais le prouver,
26:14sans jamais obtenir la moindre condamnation,
26:16c'est quelqu'un qui a un problème.
26:18C'est mon opinion, je vous laisse avoir le vôtre.
26:20– De qui parle-t-il des plaignantes qui étaient dans cette affaire ?
26:24– Je pense qu'il parle d'une troisième,
26:25mais comme je n'en suis pas sûre, je ne peux pas vous le dire.
26:27Je pense qu'il parle d'une troisième qui est dans une autre affaire.
26:30Je pense que c'est celle-là dont il parle,
26:32mais dans d'autres affaires, en tous les cas,
26:34il y a des femmes qu'on a retrouvées, effectivement.
26:36Solveig Alliand l'a retrouvée accusant plusieurs hommes
26:39dans plusieurs circonstances.
26:41– Je ne sais pas qui est Solveig…
26:43– Je vous dis qu'il y a des femmes, effectivement,
26:45qui accusent souvent à plusieurs reprises un ou deux hommes.
26:49Je ne suis pas sûre de celle dont il parle, je ne vais pas commettre…
26:53– Non, mais le nom que vous avez prononcé…
26:55– Je ne vais pas commettre une faute, je ne peux pas vous le dire si je ne suis pas sûre.
27:00– Non, mais j'entends bien, mais vous avez prononcé un nom
27:02et je vous propose qu'on n'aille pas plus loin.
27:04– Vous me trompez, je me trompe sans doute.
27:06– Non, non, mais je pense que le public est moins mûr,
27:08je ne sais pas de qui vous parlez.
27:10Karine Durieux, avocate partie civile,
27:14elle a pris la parole et je vous propose de l'écouter.
27:17– Je crois que le réquisitoire a fait la démonstration
27:20de la culpabilité de M. Depardieu.
27:22C'est un réquisitoire qui a été relativement long,
27:25qui a repris en détail les éléments de preuve de chacun des dossiers
27:29et qui était parfaitement étayé.
27:32Quant à la peine, je ne me prononce pas.
27:34Nous sommes partie civile et nous n'avons pas à nous prononcer
27:36sur les réquisitions en ce qui concerne la peine.
27:39– C'est quand même tout le temps la même histoire, pardon.
27:42Moi, j'avais assisté au procès de Nicolas Bedos, pas celui de Gérard Depardieu,
27:46mais j'ai quand même l'impression de voir la même pièce qui se répète,
27:48c'est-à-dire qu'on ne peut rien prouver, mais par contre, il faut nous croire
27:52et en face, quelqu'un qui incarne quelque chose.
27:54Bedos, c'était le talent, l'insolence et le côté tête à claque,
27:58il faut être honnête.
27:59Et Gérard Depardieu, c'est le procès du porc français,
28:01j'ai l'impression que c'est ça.
28:02Il y a eu Balance Ton Porc et maintenant, il faut condamner le porc
28:05parce qu'il boit, il fume, il dit des horreurs, il est goyeur,
28:10il est insupportable pour les gens de ce monde-là.
28:13Moi, je suis assez d'accord avec le fait qu'il attaque Mediapart,
28:16parce que Mediapart, mais pas uniquement d'ailleurs.
28:18Le service public, avec le fameux complément d'enquête sur Gérard Depardieu
28:21qui va finir par ne rien donner.
28:23Ils ont bidonné ces images, c'est n'importe quoi.
28:26On va essayer de créer un personnage de monstre quasiment pédophile,
28:29incapable de se tenir avec des femmes, etc.
28:32Je suis sensible, Pascal, à votre argument sur les jeunes filles,
28:35les jeunes femmes doivent être protégées.
28:36Moi, j'ai trois filles, je n'ai pas envie que ça leur arrive
28:38et j'essaie de les préparer à ça, à mettre une claque
28:41le jour où ça leur arrivera.
28:42Mais je pense que ça là, quand on s'attaque à des gens connus
28:45et qu'on s'attaque à des mythes ou à des gens qui incarnent quelque chose,
28:48c'est autre chose qui se joue, c'est un procès idéologique.
28:51En tout cas, elles font des procès idéologiques.
28:52Il y a une jeune femme qu'on a entendue ici sur CNews,
28:55le premier jour du procès, qui utilisait l'expression parfaite.
28:58Elle a dit, il est sur un piédestal, il faut qu'il tombe de son piédestal.
29:01Mais quel est l'intérêt de ces jeunes femmes, si ce n'est pas vrai ?
29:04Vous savez, déjà, je ne vais pas parler à leur place,
29:08mais l'intérêt des gens qui les défendent,
29:10l'intérêt des gens qui relaient leurs témoignages,
29:12l'intérêt de tout cet emballement médiatique,
29:14c'est surtout médiatique en réalité,
29:16c'est de poignarder dans le dos la figure de l'homme blanc hétérosexuel
29:20insupportable, sûr de lui et talentueux, qui a réussi, c'est tout.
29:25Il y a autre chose, il me semble.
29:27C'est que MeToo, ce mouvement-là, a offert à toutes les femmes,
29:30toutes, moi, n'importe qui, la possibilité,
29:34en étant victime, d'être au centre de tout.
29:38Et il y a des véritables victimes,
29:40et je crois que la justice existait déjà avant,
29:43on n'a pas inventé la justice en 2015, où je me trompe.
29:46Elle condamnait déjà des agresseurs sexuels, genre, non ?
29:49Mais depuis MeToo, toutes les femmes sont des victimes,
29:53et tous les hommes, des coupables potentiels.
29:56Rappelez-vous Pascal, pendant l'affaire Pellico ?
29:59Oui, mais moi, je ne suis pas d'accord.
30:01On ne va pas entamer ce débat-là,
30:03mais je ne suis pas d'accord avec vous.
30:05Tous les hommes ne sont évidemment pas des...
30:08On est d'accord.
30:09Heureusement, vous nous faites juste une...
30:11C'est ce qu'elle dit.
30:12Quand Mediapart s'intéresse au cas de Claire Geronimi,
30:14qui a été violée dans son hall d'immeuble
30:16par un migrant sous le QTF,
30:17c'est pour l'accuser d'être d'extrême droite.
30:19Je ne suis pas d'accord avec vous.
30:20C'est pour ça que cette société est insupportable.
30:22Aujourd'hui, vous avez parfaitement raison.
30:24Il y a les bonnes victimes, les mauvaises victimes.
30:26Et là, on va parler d'Emilie, du petit Emile,
30:31avec ce qui s'est passé aujourd'hui.
30:33C'est juste...
30:34J'imagine quand même que le procureur, ce soir,
30:37il n'imaginait pas,
30:39en mettant en garde à vue pendant 48 heures,
30:434 personnes,
30:44il n'imaginait pas qu'au bout de ces 48 heures,
30:47ces 4 personnes seraient libérées,
30:49sans même être passées devant un juge d'instruction.
30:52Pas lui.
30:53Ce n'est pas le procureur qui a demandé...
30:57Ce n'est pas le procureur qui a mis en garde à vue, non.
30:59C'est le juge d'instruction.
31:00Voilà.
31:01Alors j'imagine, c'est lui qui a pris la parole,
31:03le procureur,
31:04mais il a donné sans doute son aval, non ?
31:07Non.
31:08Il ne donne pas...
31:09Le juge d'instruction ne demande pas l'aval du procureur
31:11pour décider d'une garde à vue.
31:13J'imagine en tout cas qu'il y a eu une volonté...
31:16Quand on met autant de moyens en place,
31:18une garde à vue,
31:19une garde à vue qui est prolongée,
31:21avec des perquisitions pendant le même temps,
31:24c'est qu'on imagine,
31:26et qu'on fait passer l'information,
31:29que c'est pour homicide volontaire.
31:32Et recel.
31:33Et recel.
31:34J'imagine que pour celui qui était à l'origine de cela,
31:38au bout de 48 heures,
31:40c'est pour avoir un résultat.
31:42Maintenant, ce n'est pas fini, l'histoire.
31:44Parce que les déclarations n'ont rien donné.
31:47Mais pendant les auditions et les gardes à vue,
31:50vous avez remarqué qu'ils ont saisi un certain nombre de véhicules,
31:53notamment le van qui transporte les animaux.
31:57Et comme on sait maintenant,
31:59c'est ça l'avancée depuis,
32:01on sait que le corps a été bougé.
32:03On sait qu'il y a eu une intervention humaine.
32:05Donc l'idée, c'est de retrouver,
32:07comme, rappelez-vous, la ferme à hélice,
32:10avec Nordal-Lelandais,
32:11il niait, il niait, il niait.
32:13Vous savez, Jacobo Wicks qui était son avocat.
32:15Et on a retrouvé une goutte de sang de ma hélice
32:17dans son coffre de voiture.
32:19Et là, il a été coincé.
32:21Donc j'imagine que pendant toutes ces auditions,
32:23et ces saisies maintenant,
32:25la police scientifique est en train de travailler
32:27au peigne fin de tous ces véhicules
32:29puisqu'on sait que le corps a été déplacé.
32:31Donc ce n'est pas fini.
32:33C'est ça que je suis en train de vous dire.
32:35Et l'enfant, c'est une des informations
32:37que nous avons eues également,
32:39l'enfant a été retrouvé avec des habits
32:42avec lesquels il n'était sans doute pas mort.
32:45Donc il y a eu une intervention humaine.
32:47Un tiers, probablement.
32:49Oui.
32:50Effectivement.
32:52Je vous propose de voir le sujet de Régine Delfour.
32:54C'est ça l'avancée, la révélation.
32:56Je vous propose de voir le sujet de Régine Delfour.
32:58Mais convenez quand même qu'il me semble
33:02que le juge imaginait peut-être des aveux
33:04et espérait sans doute que cette affaire
33:09aurait avancé, une forme de vérité judiciaire
33:12serait mise en place alors que ce n'est pas le cas.
33:14Bien sûr.
33:15Ce n'est pas un échec à proprement parler.
33:17C'est un acte de procédure qui était nécessaire.
33:19Oui.
33:20Sauf que vous avez dit à la France entière
33:23que vous avez un homme que tout le monde a imaginé
33:26pendant 48 heures.
33:27Vous ne l'avez imaginé peut-être pas lui.
33:29Non.
33:30Vous, Régine, nous tous.
33:31Parce qu'on n'est pas dans le dossier.
33:32Georges, à la France entière,
33:34vous avez dit depuis lundi
33:36que le grand-père avait tué son petit-fils.
33:38Oui.
33:39Je n'ai jamais dit ça.
33:40Pas vous.
33:41Mais qui a dit ça ?
33:42Quand on dit à la France entière,
33:48la justice, c'est de la vie.
33:51Mais le grand-père n'a jamais dit
33:53que le grand-père a tué son petit-fils.
33:54Mais pourquoi est-ce qu'ils ont donné les motifs
33:56de la garde à vue ?
33:57Parce que c'était un motif général.
33:59C'est l'ouverture du dossier.
34:01Georges, j'étais avec Stéphane Burgat
34:05d'Europe 1.
34:06C'est pas mal à me faire comprendre.
34:08Non.
34:09Il y a une ouverture d'information.
34:11S'il vous plaît.
34:12On ne parle pas de la même chose.
34:13Toute la France est persuadée depuis 48 heures
34:16que le grand-père a tué son petit-fils.
34:18C'est ça que je veux dire.
34:19À partir du moment où vous mettez
34:20« homicide volontaire »
34:21et c'est ce que m'a dit Stéphane Burgat
34:23d'Europe 1,
34:24c'est-à-dire que les gens venaient vers lui
34:26et lui disaient « vous avez, c'est le grand-père ».
34:28Donc c'est ça que je veux dire.
34:30Ce que je souligne,
34:31c'est que le secret de l'enquête,
34:33il n'existe pas.
34:34Le secret de l'instruction, il n'existe pas.
34:36Vous avez lu Le Parisien ce matin ?
34:38Oui.
34:39Et vous avez La Famille qui effectivement
34:41voit devant ses grilles des journalistes
34:43en permanence en train de faire des duplexes.
34:46On pourrait quand même imaginer
34:49que même la presse se réglemente un petit peu.
34:54C'est ça le problème.
34:55Pour essayer de clarifier la situation.
34:57Je ne sais pas à quelle date précise,
34:59mais il y a plusieurs mois en tout cas,
35:01le parquet décide de requalifier
35:03en homicide volontaire.
35:05Donc le juge, il a un dossier qualifié
35:07homicide volontaire contre X.
35:09Il décide des gardes à vue.
35:11Mais il ne parle pas de droit,
35:13il parle de la médiatisation.
35:15Je ne parle pas de la même chose, Georges.
35:17Je ne sais pas expliquer aux gens.
35:18Je suis désolée, pourquoi donner les motifs ?
35:20Je n'ai pas compris.
35:21Est-ce qu'ils sont obligés de…
35:22Geoffroy, s'il vous plaît.
35:24Geoffroy Lejeune.
35:25Je vais parler de la même chose que vous, Pascal.
35:27Moi je pense que le problème là
35:28des 48 heures qu'on vient de vivre,
35:30c'est qu'une partie très importante,
35:32très majoritaire des médias,
35:34avait envie que ce soit le grand-père.
35:36C'est ça le parisien dont vous parliez ce matin.
35:38En fait, ils se sont raconté cette histoire
35:41de « il est catholique, traditionnaliste,
35:44donc d'extrême droite, violent,
35:46parce qu'on a reprouvé que quand il était pion,
35:48il avait donné des baffes.
35:50Et forcément, c'est un tortionnaire de ses enfants.
35:53Donc c'est l'assassin du petit Emile.
35:55Peu importe le reste.
35:56Et la vérité, c'est que ce que dit Georges est vrai, malheureusement.
35:58C'est qu'en fait, dans une enquête comme celle-là…
35:59J'espère que ce n'est pas ça.
36:00Mais vous plaisantez.
36:01On a assisté à ça pendant 48 heures,
36:03même après la conférence du procureur.
36:05Je suis allé sur une autre chaîne,
36:06parce que je voulais voir comment c'était traité.
36:08Je vous jure, c'était à vomir.
36:10J'ai eu honte de faire ce métier.
36:12Pendant les deux heures où j'ai écouté mes confrères
36:14raconter cette histoire,
36:15le procureur dit littéralement,
36:17« nous ne pouvons exclure aucune piste,
36:20donc nous ne refermons pas la piste familiale. »
36:22Et ils disent « la piste familiale n'est pas refermée.
36:24C'est peut-être encore le grand-père. »
36:26Parce qu'ils veulent que ce soit lui.
36:27Mais pourquoi est-ce qu'ils veulent ?
36:28Parce qu'ils ont besoin de ce coupable,
36:29de ce méchant idéal.
36:30Vous vous rendez compte ?
36:31Imaginez si c'est lui.
36:33Vous pouvez ouvrir d'un coup le procès
36:35de l'école privée, de l'église catholique,
36:37des traditionnalistes qui vont à la messe en latin
36:39et des gens qui sont pour une éducation stricte.
36:41C'est quand même un beau métier.
36:42– Alors est-ce que je peux vous faire une objection,
36:44mon cher Geoffroy ?
36:45Parce que peut-être il y a eu ça.
36:47Si par exemple ça avait été dans une famille…
36:49Non ?
36:50Si ça avait été dans une famille de juifs Loubavitch,
36:53on aurait posé la question,
36:54est-ce que ça a un lien ?
36:55Est-ce que le fait de le dire…
36:56– Il y aurait eu moins d'empressement à mon avis.
36:58Ce que je vous propose,
36:59c'est de voir le sujet de Régine Delfour.
37:04– La piste accidentelle est-elle écartée ?
37:07Pas totalement, mais c'est bien la piste criminelle
37:09qui semble être privilégiée,
37:11avec l'intervention probable d'un tiers.
37:14– Les conclusions de ces expertises,
37:16réalisées sur une durée de plusieurs mois,
37:18permettent désormais de considérer
37:21que les vêtements et les ossements retrouvés
37:23ont été transportés et déposés
37:26peu de temps avant leur découverte.
37:29Permettent aussi d'affirmer que le corps de l'enfant
37:32ne s'est pas décomposé dans les vêtements
37:34retrouvés dans la forêt.
37:35– Le corps d'Emile est-il resté au même endroit ?
37:38Le corps d'Emile n'aurait pas demeuré au même endroit
37:41pendant le processus de décomposition,
37:44ce qui signifie que le corps aurait été bougé
37:47au moins à deux reprises et qu'il n'a pas été enfoui.
37:50La piste intrafamiliale est-elle abandonnée ?
37:53– Alors aujourd'hui, il y a une phase qui se termine
37:55concernant cette piste, ça ne veut pas dire
37:58qu'elle se termine définitivement.
38:01Il peut survenir au cours des investigations futures
38:04des éléments complémentaires nouveaux
38:06qui sont susceptibles de la prolonger.
38:09– La jardinière saisie porte-t-elle des traces d'ADN
38:12relatives à l'enquête ?
38:14Le procureur de la République a déclaré
38:16qu'aucun élément probant n'avait été retrouvé
38:19sur cette jardinière.
38:21La qualification d'homicide volontaire
38:23reste-t-elle la seule retenue ?
38:25Non, cela n'exclut pas l'homicide involontaire,
38:28mais avec la découverte des traces de traumatisme facial violent,
38:31l'homicide volontaire s'est imposé, selon le procureur.
38:35– Ce que je vous propose, c'est qu'on n'épilogue pas sur le fond,
38:38parce qu'effectivement, l'enquête est en cours
38:41et on ne va pas bâtir des suppositions.
38:44En revanche, on peut mener une réflexion sur l'espace médiatique
38:47et sur comment ces affaires sont traitées.
38:49Et là, le journaliste que je suis est ennuyé
38:52parce que d'un côté, il y a ce devoir d'informer,
38:55cette liberté évidemment de pouvoir faire des enquêtes
38:58et pourquoi pas de faire un travail que parfois la justice peut faire,
39:02mais en parallèle.
39:03Et de l'autre côté, il y a quand même la présomption d'innocence,
39:06le secret de l'enquête qui est dans la loi,
39:09et qui est manifestement piétiné.
39:11– Par qui ?
39:12– Par les médias.
39:14– Ah, c'est pas nouveau.
39:16– C'est pour ça que je vous dis ça.
39:20C'est pour ça que je vous dis ça.
39:22– Jean-Georges, est-ce que notre ami Joseph peut parler ?
39:25– Est-ce qu'il est possible, dans le métier que tu as représenté,
39:31est-ce qu'il est possible qu'il y ait un milieu, un juste milieu
39:36entre être le porte-voix de Mediapart
39:40et l'incapacité totale de donner des informations exactes
39:45et de les contrôler ?
39:46Est-ce que c'est possible ?
39:48Est-ce qu'il faut des trainings ?
39:51Est-ce qu'il faut quelque chose ?
39:52Parce que la parole publique, quand même, que vous portez,
39:55votre responsabilité, elle est énorme.
39:57On voit bien quand Pascal dit qu'évidemment, pour toutes les personnes,
40:02le grand-père était le coupable.
40:04Tout était organisé, orchestré pour qu'il soit…
40:06– Le procureur comprenait bien, il pouvait répondre.
40:08– C'est-à-dire, entre être le porte-voix de Mediapart
40:11ou être incapable d'énoncer quelque chose
40:15de totalement compréhensible par tout le monde et rigoureux,
40:19il y a peut-être une solution.
40:21– Moi, je voudrais vous dire deux choses avant,
40:23parce que je réfléchissais à ça cet après-midi,
40:25puis on regardait avec Marine Lenson, qui est là ce soir,
40:28comment ça se passe à l'étranger.
40:29Par exemple, en Angleterre, les médias ont interdiction
40:31de révéler quoi que ce soit, sauf l'ouverture de l'enquête,
40:34la mise en examen et le renvoi avant le tribunal.
40:37Ça, c'est une possibilité.
40:39C'est curieux que ce soit un journaliste qui dise ça, d'ailleurs.
40:41Mais bon, en Angleterre, c'est différent.
40:43En Angleterre, ça s'appelle « contempt of court ».
40:45Si vous enfreignez cette règle, c'est puni très sévèrement.
40:49– Mais c'est quoi ?
40:51– C'est-à-dire que je le tue.
40:53– Cette manière que vous avez parfois d'enfoncer des portes ouvertes,
40:57qui est une de vos marques de fabrique.
40:59– Je vais enfoncer l'autre porte ouverte,
41:01je vais devant un gars gordeur, vous ne dites rien à la presse.
41:04Et la presse obéit.
41:05– Ça, c'est la première chose que je voulais vous dire.
41:07La deuxième chose, c'est qu'effectivement,
41:08on a des magistrats parfois qui sont politisés,
41:11qui font passer des infos,
41:13et du coup, Mediapart ou d'autres deviennent des boîtes aux lettres.
41:16Donc ça pose quand même un problème.
41:19Et si effectivement, en Angleterre, ça ne se passe sans doute pas comme ça,
41:22est-ce qu'on n'a pas le droit d'en parler ?
41:23– Oui, mais vous le savez.
41:24– Donc voilà, on en est là, et je vous soumets ça dans cette révision.
41:27Parce que je pense quand même à la famille,
41:30qui aujourd'hui, en plus, dans chaque papier,
41:33il est mis qu'il est catholique pratiquant,
41:35comme s'il y avait un rapport entre le fait qu'il soit catholique pratiquant
41:38et le fait qu'Emile ait été tué,
41:40ce qui est quand même assez étrange,
41:42mais le public n'est pas dupe, perçoit cela, perçoit en permanence.
41:46On ne ferait pas ça sans doute pour d'autres religions,
41:49en tout cas, je n'ai jamais vu ça.
41:50J'ai jamais vu une mise en perspective religieuse par rapport à des faits,
41:55sauf lorsque ce sont des attaques terroristes.
41:58– Non, mais sur le rôle de la presse,
42:00la presse n'est pas soumise au secret d'instruction.
42:02Par contre, si effectivement,
42:04ils publient un élément sorti du dossier,
42:06ça veut dire qu'ils ont eu accès illégalement au dossier,
42:08le journaliste peut être mis en examen
42:10pour recel de violation du secret de l'instruction.
42:12Je l'ai déjà vu faire, mais c'est assez rare.
42:14– C'est très rare.
42:15– C'est assez rare.
42:16– Mais ça existe.
42:17– Mais ce matin, j'avais Jacques Expert,
42:19qui est un journaliste connu,
42:20qui racontait, parce qu'il a beaucoup travaillé sur l'affaire Hillary,
42:24il dit qu'en 40 ans, les journalistes n'ont rien appris.
42:26– C'est vrai.
42:27– Mais c'est resté une énigme.
42:29Et l'affaire du petit Emile, on peut craindre.
42:31C'est encore une plus grande énigme d'ailleurs.
42:34– Ce n'est pas le même sujet, si vous me permettez.
42:36Ce n'est pas qu'ils n'ont rien appris sur le fond,
42:38que le petit Emile ou Grégory ne soient pas connus,
42:40ce n'est pas ce que je veux vous dire.
42:42Le sujet, cher Georges, c'est qu'ils n'ont rien appris.
42:46Ils n'ont rien appris sur leur comportement.
42:49– Ah, ils n'ont pas tiré les conséquences.
42:51– C'est ça que je veux dire.
42:52– Oui, ça je suis d'accord.
42:53À l'époque, ils ont pourri cette histoire,
42:54c'est quand même eux qui ont empoisonné le dossier.
42:56– Pardon.
42:57– Allez-y.
42:58– J'ai fini, ça y est.
42:59– Mais je n'ai pas entendu ce que vous avez dit.
43:01L'affaire du petit Grégory, c'est un Waterloo médiatique en réalité,
43:03parce que c'est eux qui empoisonnent toute cette histoire.
43:05Les rivalités, les tensions, le meurtre, l'assassinat de Bernard Laroche,
43:10c'est à cause des médias.
43:11– Donc moi, je soumets cette réflexion à notre profession, c'est tout.
43:15Et ça me paraît…
43:16– Il y a des chartes d'éthique, il y a des chartes, il faut les respecter.
43:21– André Valigny qui nous écoute ce soir.
43:24Que dit-il André Valigny ? J'aime bien le lire.
43:26Probablement insoluble.
43:27Avec Georges, on s'y est essayé lors de la commission Outreau,
43:30mais impossible de réguler la presse sans être accusé d'atteinte à sa liberté.
43:34C'est possible, mais en Angleterre, cher André Valigny,
43:37on peut très bien effectivement faire ce que fait l'Angleterre,
43:40c'est-à-dire que les informations, la mise en examen, le renvoi,
43:43tout ça, les infos qui sont factuelles.
43:46Gauthier Lebray va arriver à l'instant.
43:49Nous allons terminer peut-être cette émission,
43:51il reste encore un petit peu de temps, pour parler d'Emmanuel Macron.
43:55Alors Emmanuel Macron, là encore, on donne 2 milliards.
43:59Je veux bien qu'on donne 2 milliards à l'Ukraine, bien sûr.
44:02On nous explique qu'il n'y a plus d'argent.
44:04En fait, c'est invraisemblable.
44:06Les Français, ils ne sont pas consultés sur ces 2 milliards.
44:08Ils sortent d'où ces 2 milliards ?
44:10– J'allais vous dire, heureusement que les Français ne sont pas consultés.
44:12– Non, mais ils sortent d'où ces 2 milliards ?
44:14– Les 2 milliards, dans la mesure où on est en déficit tous les ans,
44:17ces 2 milliards, ils sont financés par le déficit.
44:19Ça sera un déficit supplémentaire de 2 milliards.
44:22– Donc ils ne sont pas financés.
44:24– Mais pardonnez-moi, je vais vous dire, les gens ne comprennent pas.
44:27Ces discrétionnaires, ça passe par l'Assemblée nationale,
44:30qui décide de donner 2 milliards ?
44:32– Le Président de la République.
44:33– Ça c'est le Président de la République.
44:34– Mais il a le droit de donner 2 milliards ?
44:37– Il a le droit, bien sûr, c'est lui qui décide.
44:39Ça c'est la politique, le ressort exclusif du Président de la République, naturellement.
44:44– De donner 2 milliards à l'Ukraine ?
44:46– Bien sûr.
44:47– C'est-à-dire qu'il n'y a aucun contrôle ?
44:49– Le Parlement, c'est si vous envoyez des troupes quelque part.
44:51– Non mais il n'y a aucun contrôle sur l'argent qui est donné.
44:54Le Président de la République peut donner de l'argent à qui il veut.
44:56– Ben non, dans la mesure où je ne crois pas.
44:58– Non mais je pose une question, j'ai toujours l'impression
45:00de poser les questions les plus simples du monde.
45:02– Il a dit qu'il allait piocher cet après-midi,
45:05dans le budget de François Bayrou qui a été voté par l'Assemblée nationale.
45:09– Il n'y aura pas de vote supplémentaire à l'Assemblée nationale.
45:11– Ma question est simple, c'est un pouvoir discrétionnaire,
45:16il prend 2 milliards, il dit je les donne, je fais un chèque…
45:18– Il n'y aura pas de nouveau vote à l'Assemblée nationale pour valider…
45:21– Et vous, ça ne vous choque pas ?
45:24– Vous savez ce qu'il y a ?
45:25– Qu'il n'y ait aucun contrôle sur une décision comme ça ?
45:27– Honnêtement, en matière de défense, en matière de politique étrangère,
45:30il y a des éléments que seul le Président de la République a à sa disposition,
45:34que tout le monde ne connaît pas.
45:35– Écoutez, d'accord.
45:36– Donc ce genre de décision avec son entourage, avec les conseillers…
45:39– Mais il n'y a écrit pas de taxation sans représentation
45:41dans la Déclaration des droits de l'homme.
45:43Normalement, l'argent public, ce n'est pas juste discrétionnaire, voilà.
45:46– Bon, alors Éric Revelle me dit, ce n'est pas du cash, mais des armes un peu dépassées.
45:51– Oui, c'est des armes.
45:52– Ce n'est pas du cash, c'est des armes.
45:53– Ah non, il va y avoir aussi une partie de cash qui sera donnée à l'Ukraine
45:57pour qu'ils achètent des armes, alors il faudra voir ensuite dans les clauses,
46:01il y a inscrit qu'avec cet argent, ils doivent acheter des armes françaises,
46:05ça c'est quelque chose dont je n'ai pas eu connaissance,
46:08mais espérons que ce soit le cas.
46:10Bon, écoutons le Président Macron qui s'est exprimé.
46:14– Nous sommes très clairement à un point de bascule.
46:17Les négociations ont débuté, j'y reviendrai, elles sont bienvenues,
46:21et je souhaite saluer à la fois le rôle du Président Trump,
46:25avec lequel j'ai été en contact permanent ces dernières semaines,
46:29et le courage du Président Zelensky, avec lequel il est aussi de notoriété publique
46:33que nous sommes en lien étroit et permanent.
46:36Notre objectif est clair, c'est au fond de gagner la paix,
46:40et nous devons pour cela placer l'Ukraine dans la meilleure position possible
46:45pour négocier et nous assurer que la paix qui sera négociée
46:49puisse être solide et durable pour les Ukrainiens et l'ensemble des Européens.
46:57– Pas de commentaire ?
46:58– Non mais je trouve qu'il est constant de ce point de vue-là,
47:00il est constant depuis le début, c'est-à-dire qu'on accusait
47:03le Président de la République de vouloir aller en guerre
47:06alors que Donald Trump voulait à tout prix la paix,
47:08que les Russes voulaient la paix, on disait
47:10Vladimir Poutine veut la paix, c'est Emmanuel Macron qui veut la guerre.
47:13Bon, on se rend compte quand même aujourd'hui
47:15que Vladimir Poutine ne veut pas vraiment la paix,
47:17j'ai plutôt le sentiment que Vladimir Poutine,
47:19contrairement à tout ce qui a pu être dit, il veut continuer la guerre,
47:22et qu'Emmanuel Macron, de ce point de vue-là, depuis le début,
47:25en réalité il est constant et c'est une position que moi je trouve assez louable.
47:29– On va terminer cette émission en contact permanent avec Trump.
47:34Il l'a dit en contact permanent avec Trump ?
47:37– Alors Emmanuel Macron et le Président Trump
47:39se sont à nouveau parlé hier soir au téléphone.
47:41– Il est en contact permanent ?
47:43– C'est ce qu'il a dit.
47:44– Il faut le croire.
47:45On va terminer avec deux prises de parole que je voulais vous faire écouter.
47:50Que dites-vous ?
47:51– Je disais à Yohann, vous n'étiez pas au coup de fil entre Trump et Macron ?
47:53– Yohann Ozai est remarquablement bien informé,
47:57même s'il est moins reçu dans l'Aile Madame que Paul Melun,
48:02que Nathan Devers, que l'Aile Madame de l'Elysée à cibler.
48:06C'est-à-dire qu'ils vont régulièrement là-bas.
48:11Mais Yohann Ozai, comme il a une voix un peu plus insolente…
48:14– Mais je vous raconterai le coup de téléphone
48:17entre Emmanuel Macron et Donald Trump à 21h dans l'émission de Gauthier Lebril.
48:20– Ah très bien, je vous remercie.
48:21– C'est très bien.
48:22Je voulais terminer par deux prises de parole.
48:23Je ne sais pas si on doit en rire ou en pleurer.
48:25Deux prises de parole de deux députés de la France Insoumise.
48:28Écoutez ce qu'a dit monsieur Delogu à la tribune de l'Assemblée Nationale.
48:33– C'est l'élève Delogu.
48:35– Écoutez.
48:37– Vendredi, Manuel Valls, ministre de la République,
48:41prétend que l'antisémitisme vient essentiellement et historiquement du monde musulman.
48:47Ce n'est pourtant pas le cas de mon grand-père Néa Horan
48:51qui a déporté les juifs à Auschwitz.
48:56– Bon, je ne sais pas.
48:58– Ausweiss, Auschwitz.
49:00– Voilà, on va éviter de sourire et on ne va faire aucun commentaire.
49:04– Donc ça sera beaucoup plus simple de faire aucun…
49:06– On va bien faire un commentaire.
49:07– C'est quand même grave.
49:08– C'est quand même prison dans leur tête en permanence.
49:10Ça sort facilement.
49:11– Non mais ce que je veux dire, je vois que sur les réseaux sociaux
49:14on se moque beaucoup etc.
49:15mais on ne découvre pas aujourd'hui que Sébastien Delogu
49:17a des capacités intellectuelles qui sont assez limitées.
49:20Donc moi j'allais dire, ça n'est pas à lui que j'en veux le plus.
49:23– Faisons attention quand même.
49:25Cette phrase, je vous propose…
49:27– J'ai bien pesé mes mots.
49:28– Mais on a tous par définition,
49:30elles sont toujours limitées nos capacités intellectuelles par définition.
49:33– Non mais les siennes sont assez limitées manifestement.
49:36On ne le découvre pas aujourd'hui.
49:38– Une deuxième pièce, remettez une deuxième pièce, merci.
49:42Tout est limité dans la vie, tout est limité.
49:46– Non mais ce qui m'amène à dire…
49:49– Et puis pourquoi pas ?
49:50Il y a peut-être d'autres intelligents,
49:52il y a la remporte mentale, l'intelligence du cœur,
49:54il y en a tellement d'intelligents.
49:56– L'intelligence du cœur, j'ai un doute.
49:58Ce qui me conduit à dire que…
50:00– Troisième fois.
50:02Monsieur le modérateur, je fais des efforts.
50:04Je préviens l'ARCOM.
50:06Je fais quand même des efforts.
50:08Ce n'est pas de ma faute.
50:09– Ce qui me conduit à dire Pascal,
50:11ce n'est pas à lui que j'en veux le plus.
50:13Parce que ceux à qui j'en veux le plus,
50:16c'est ceux qui sont intelligents à la France insoumise.
50:18C'est-à-dire Jean-Luc Mélenchon, Rima Hassan,
50:20qui ont pensé cette stratégie antisémite.
50:23Sébastien Delogue, il répète bêtement ce qu'il entend.
50:26– Cinquième, merci, je vous remercie.
50:28– Ça n'est pas lui que je tiens particulièrement pour responsable.
50:31En revanche, Rima Hassan et Jean-Luc Mélenchon,
50:33qui, eux, ont véritablement des capacités intellectuelles élevées,
50:38je les tiens pour responsables de ce qui se passe dans le pays
50:42vis-à-vis de l'antisémitisme.
50:44– Je le dis pour Marine Lençon qui n'a pas l'habitude d'être avec nous,
50:46on déborde régulièrement tous les soirs, Marine.
50:48Et ce n'est pas trop grave.
50:50– Oui, alors là, j'ai Jordan Bardella qui nous attend depuis Jérusalem.
50:53– Et l'autre passage que je voulais vous montrer,
50:57également de la France insoumise, et on terminera là-dessus,
50:59je vous demande de faire absolument aucun commentaire, s'il vous plaît.
51:03Madame Soudet.
51:06– La vérité, c'est que pour vous débarrasser d'une partie de la population
51:10que vous voyez comme des parasites,
51:12vous êtes prêts à les faire disparaître de la circulation
51:14en les plaçant derrière les barreaux.
51:15Et c'est quoi la prochaine étape ?
51:16Les exterminer comme en 39-46 ?
51:19– La guerre 39-46.
51:22C'est là-dessus que nous allons nous séparer.
51:26Demain soir, ce sera Éliott Deval, et là c'est Gauthier jusqu'à 23h.
51:30– Et demain, je serai là aussi.
51:32– Mais vous êtes là tout le temps, si vous le souhaitez.
51:34– Non.
51:35– Mais…
51:36– À votre place, bien sûr.
51:38Éliott Deval.
51:39– Éliott Deval, demain, oui, l'heure des pros, demain soir.
51:40– Et dans un instant, Jordan Bardella nous accorde une interview
51:42depuis Jérusalem où il est en déplacement.
51:45Je l'interrogerai évidemment sur cette visite historique
51:47pour le Rassemblement National en Israël.
51:49Il sera interrogé également sur Boalem-Sensal et sur Nicolas Sarkozy.
51:53On entendra aussi la réaction du Président du RN
51:55qu'on voit juste derrière vous, Pascal.
51:57– Eh bien, je vous remercie beaucoup, et tout particulièrement, évidemment,
52:00mon ami Yoann Ouzaï.
52:02Virginie Leblanc-Tailleb était à la réalisation,
52:04David Penellier était à la vision.
52:06Merci à Jean-François Clouvelard.
52:07Marine Lanson, je la remercie, Marine, parce que je vous l'ai dit hier,
52:10notre ami Benjamin Naud est à Lisbonne.
52:12Aujourd'hui, là où il est, il ne nous écoute sans doute pas.
52:16– Il y a un match ? Il y a un match de foot ?
52:18– Non, il n'y a pas un match de foot, il est avec sa fiancée.
52:21– Non, non, il n'y a pas chez lui.
52:22– Eh oui, parce que c'est l'amour maintenant.
52:24– C'est dans lui le souhait de tout.
52:26– Et donc, il part pendant 3-4 jours.
52:31Marine Lanson, Robin Piette et Félix Pérola étaient là.
52:35Toutes ces émissions seront retrouvées sur CNews.fr.
52:37À demain !