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00:0018h19 de retour dans Punchline sur CNews et sur Europe 1. On va évoquer le procès libyen qui concerne Nicolas Sarkozy
00:07avec des réquisitions terribles aujourd'hui lors de ce procès. 7 ans de prison, 300.000 euros d'amende
00:13à l'encontre de l'ancien président de la république qui dénonce l'outrance de la peine réclamée. On va d'abord
00:18se rendre au tribunal, rejoindre Célia Barraud et Olivier Gangloff au tribunal judiciaire de Paris.
00:24Expliquez-nous le détail de ces réquisitions Célia, bonsoir.
00:30Bonsoir Laurence, vous l'avez rappelé, Nicolas Sarkozy est sorti du tribunal judiciaire sans faire de commentaire
00:38concernant ces réquisitions estimées très lourdes de la part de ses avocats puisque 7 ans d'emprisonnement,
00:44300.000 euros d'amende et une interdiction des droits civils, civiques et de famille relatifs à l'inéligibilité
00:50pendant cinq ans ont été requis à son encontre. Pour ses avocats, il s'agit de réquisitions
00:55vides qui sonnent creux. Le parquet a demandé des peines très lourdes pour essayer de compenser la faiblesse de sa démonstration ont-ils déclaré
01:03face aux journalistes pour les conseils de Nicolas Sarkozy. Le public, les français, attendent de la justice, je cite
01:10qu'ils ne mentent pas devant un tribunal, notamment de la part des collaborateurs de justice ou encore des membres du parquet.
01:17Place désormais aux plaidoiries de la défense à partir de la semaine prochaine.
01:21Celle des conseils de Nicolas Sarkozy est prévue le 8 avril mais pour le moment, selon ses avocats, Nicolas Sarkozy reste
01:28innocent et reste très combatif. C'est ce qu'il a évidemment dit. Il lui soutient dans un communiqué Nicolas Sarkozy que les principes
01:36fondamentaux du droit pénal ont été bafoués depuis 13 ans. Il estime que la fausseté et la violence des accusations
01:41ainsi que l'outrance de la peine à réclamer ne visent qu'à masquer la faiblesse des charges alléguées.
01:46Je continuerai donc, dit-il, à me battre pied à pied pour la vérité et à croire en la sagesse du tribunal. On écoute tout de suite
01:52son avocat, maître Christophe Ingras.
01:54Pour masquer
01:56ses faiblesses, pour dissimuler ses carences probatoires, le parquet parle fort et demande des peines élevées.
02:03C'est pas ça la justice et on a encore
02:07quelques semaines de plaidoiries avec nos confrères et pour, notamment Nicolas Sarkozy,
02:14démontrer que ces réquisitions, même s'ils sont dites avec un ton sentencieux qui se veut sévère,
02:21elles sont vides, elles sonnent creuses. Ils s'attendaient à autre chose que des peines excessives et sans aucun fondement.
02:26Voilà pour l'un des avocats de Nicolas Sarkozy.
02:29François-Louis Wittgesberg, c'est absolument inédit ce type de réquisition. On parle bien de réquisition, pas de peine.
02:35Il faut bien préciser que la justice a des temps différents.
02:39Les avocats de la défense vont plaider la semaine prochaine et le verdict sera rendu dans plusieurs semaines.
02:43Peut-être que la justice va se rattraper. Écoutez, moi je suis pas du tout Sarkozy, c'est connu.
02:47J'ai eu beaucoup de conflits avec lui.
02:50Il m'a fait virer de la télé autrefois, etc. C'est dans les journaux.
02:53Je suis révolté par ces réquisitions, tout simplement parce que j'ai suivi le procès, parce que c'est intéressant.
02:59J'ai vu le précédent aussi, parce que Bismuth, c'est gratiné quand même. Il se prend une grosse peine, les soi-disant écoutes,
03:04les écoutes sur le soi-disant délit, la soi-disant intention qui n'avait même pas été réalisée, ça n'a jamais été établi en plus.
03:14Bref, tout ça à partir d'écoutes téléphoniques tronquées, des petits bouts, des secondes parlées, etc.
03:20Des personnes de toute confiance qui ont suivi ce procès ont dit que c'est pas possible, c'est un procès de Moscou, tout est trafiqué, etc, c'est pas normal.
03:30Bon, là ça recommence. C'est-à-dire que ces messieurs du parquet national financier, je comprends qu'ils soient quand même sous pression.
03:38Parce que le parquet national financier, il faut dire les choses clairement, c'est une institution politique, ils font de la politique, ils sont partisans.
03:45La preuve en est que cette histoire inouïe, parce que j'ajoute ça en tant que Marseillais, ils ont emmerdé Jean-Claude Godin pendant des mois
03:55sur le temps de travail des employés municipaux de Marseille qui, c'est vrai, étaient en dessous de la durée légale dans la fonction publique.
04:03Et ils n'ont jamais emmerdé Anne Hidalgo à Paris. C'est vrai qu'elle est socialiste, ça doit être la raison, je ne sais pas.
04:10Alors que les employés municipaux à Paris travaillaient moins qu'à Marseille. C'est quand même dingue.
04:15Et c'est ces gens-là qui, pendant ce procès-là, pour l'instant, on n'entend que des faisceaux d'indices.
04:22Mais c'est quoi des faisceaux d'indices ? On va juger les gens maintenant sur des faisceaux d'indices ? C'est vraiment le délit de sale gueule.
04:28Et là, je veux dire, ça nous interpelle tous sur ce qu'est en train de devenir la justice. Et ça part de quoi ?
04:36Ça part d'une information apportée par Mediapart avec un faux document qui n'a pas été identifié, ils ne l'ont même pas.
04:45Et sur des sommes d'argent qui seraient de l'ordre de 20 000 à 30 000 qu'on n'a jamais trouvées, il y a des dons soi-disant, etc.
04:52Enfin, c'est une histoire de pieds nickelés. Et avec ça, ils font tout, cette espèce de machine qui s'est mise en route pour détruire l'ancien président de la République.
05:02Mais c'est révoltant. Et je suis frappé, je vais vous le dire. Moi, ce qui me choque le plus aussi, c'est l'espèce d'avachissement devant cette honte.
05:09La presse qui suit, bien entendu, comme elle avait suivi sur la frappe de Ferbismuth. Et c'est un scandale qu'on laisse faire. Voilà.
05:17Évidemment, c'est un choc politique retentissant. Imaginez un ancien président de la République en prison. Il demande 7 ans, il risquait 10. On demande 7 ans.
05:26Il y a maintenant un point d'interrogation, évidemment, sur la décision finale et sur le mandat de dépôt. C'est-à-dire, vous faites appel, il y a un mandat de dépôt, vous allez dormir en prison le soir même.
05:35Et c'est une possibilité, vu qu'on en est là et qu'on demande de mettre Nicolas Sarkozy 7 ans en prison, comme s'il représentait un danger pour la société.
05:44Il est important de rappeler que le précédent, l'affaire des écoutes, c'est donc une écoute avec son avocat. Ça va se terminer devant la Cour européenne des droits de l'homme.
05:51Et la France sera sûrement condamnée. On écoute un client et un avocat. Et on juge sur une intention. Et là, rebelote, puisqu'on n'a pas un euro, un dollar, une trace de l'argent libyen.
06:04Mais la loi française est ainsi faite que vous pouvez faire condamner un ancien président sur l'intention, une nouvelle fois, d'avoir commis un pacte de corruption.
06:15Et donc, le parquet dit qu'on a la preuve de l'intention. Mais où est l'argent libyen ? On ne sait pas. On ne l'a pas trouvé.
06:20– Donc, on va peut-être renvoyer un... – Oui, on parle d'argent, quand même, qui va circuler, mais des petits hommes, c'est des 30 000, c'est 30 000 euros, oui, oui, oui.
06:26– Ils n'ont pas l'argent de Kadhafi. Ils n'ont pas l'argent en provenance de la Libye, puisque sinon, il n'y aurait même plus de débat.
06:36Ça serait terminé. Et le parquet aurait demandé sans doute 10 ans la peine maximale à l'endroit de l'ancien président.
06:41Donc, évidemment, c'est un choc politique retentissant. Je croyais que le doute devait bénéficier à l'accusé. Le doute ne bénéficie absolument pas à nous.
06:50À Nicolas Sarkozy, on verra le résultat. Enfin, vu comme sont partis les juges, vu la volonté d'acharnement à l'endroit de l'ancien président de la République,
06:58on peut craindre, effectivement, une sanction très, très lourde. Et puis, on parle de Nicolas Sarkozy, il y a Éric Wörth, il y a Claude Guéant, 6 ans, il y a Brice Hortefeux, 3 ans.
07:07Donc, c'est aussi tout le système autour de Nicolas Sarkozy, d'anciens ministres, qui sont, évidemment, impactés par ce réquisitoire.
07:14– Eugénie Bastié, je disais, c'est sans précédent, en fait, évidemment.
07:17– C'est une décision de choc, mais vous l'avez dit, l'un des piliers de la justice, c'est que le doute profite à l'accusé.
07:22Et dans cette affaire, on ne voit que doute. C'est-à-dire qu'effectivement, qu'il y ait eu des rencontres louches,
07:27qu'il y ait eu des personnages extrêmement douteux qui ont rencontré Guéant, Hortefeux, c'est certain.
07:32Après, dans une accusation, normalement, et dans un crime, il y a un mobile, et il y a des preuves.
07:39Il n'y a pas de preuves, et le mobile, il est léger, parce qu'à l'époque 2005, Nicolas Sarkozy venait de prendre l'UMP,
07:43il n'avait aucun problème de financement. Donc, on peut se demander pourquoi avoir pris un tel risque avec un dictateur,
07:49qui le décrit lui-même comme un agité du bocal, complètement peu fiable, pourquoi avoir pris un tel risque ?
07:54Et pourquoi, surtout, avoir attaqué ensuite et fait la guerre en Libye à quelqu'un qui avait le pouvoir
07:59de transmettre des preuves d'un pacte de corruption ? Pour moi, c'est l'argument, effectivement, le plus fort pendant ce procès,
08:07c'est, effectivement, la guerre en Libye. Vous ne faites pas la guerre à quelqu'un qui a le pouvoir de vous faire chuter avec…
08:13Et d'ailleurs, on sait que Kadhafi avait parlé, mais qu'il n'a jamais apporté la moindre preuve.
08:15Il me semble quand même que… Enfin, avec tant d'éléments, de doutes, il devient compliqué de condamner Nicolas Sarkozy.
08:24On verra ce qu'on lui dit. Encore une fois, on parle de réquisition, et le crime est grave.
08:28– Ils sont extrêmement sévères. Eric Nolot, et ensuite, Louis Drignel.
08:31– Non, mais je ne reviens pas sur le tremblement de terre politique de cette année.
08:34Sinon, pour ajouter que les peines complémentaires, c'est quand même privation des droits civils, civiques et familiaux.
08:40– Oui, familiaux. Là, on est quand même un peu dans l'acharnement.
08:44Après, Nicolas Sarkozy, il appuie sur le point faible qui a été souligné,
08:48c'est que si l'accusation, à un moment, avait brandi un document irréfutable,
08:52avec vraiment noir sur blanc les sommes, qui les a eues, etc.,
08:55on aurait dit, écoutez, 7 ans de prison, oui, parce que la preuve est établie.
08:58Mais là, il y a un faisceau d'indices, en effet, on se dit que 7 ans de prison, c'est disproportionné.
09:04C'est l'impression qui ressort de manière très générale.
09:07Après, on sait très bien qu'il y a souvent une grande différence entre les réquisitions et les jugements.
09:11On attend ça.
09:12– Louis Dragonel, votre avis ?
09:13– Ce qui est vrai, c'est que si ce soir, ça concernait quelqu'un d'autre que Nicolas Sarkozy,
09:17une personne, imaginons, qui soit condamnée à la privation de ses droits civiques et familiaux,
09:23quelqu'un pour lequel, enfin, qu'on accuse de corruption,
09:25alors qu'il n'y a pas une trace de virement, il n'y a rien du tout.
09:28Et imaginons que les Français trouvent ça normal.
09:31Mais non, mais enfin, on est dans un autre monde.
09:33Et là, il s'agit de Nicolas Sarkozy.
09:35Et on voit bien, à la suite, effectivement, du procès Bismuth,
09:38qu'il y a un véritable acharnement contre lui.
09:41Moi, ce qui m'a le plus frappé dans ces réquisitions, c'est surtout la journée d'hier,
09:44où les magistrats ont fait un plaidoyer pour défendre le parquet national financier,
09:49dont, effectivement, tout le monde sait, de gauche comme de droite,
09:52que dès qu'il vous a dans le viseur, vous êtes terminé, vous êtes fini.
09:56– Oui, mais attendez, vous êtes dans le viseur que quand vous êtes de droite.
09:59– Plutôt de droite, oui, pour la forme, il y a eu quelques personnes de gauche quand même.
10:03– Oui, mais c'était pour terminer un semblant d'excuse.
10:05– Et donc, c'est la justice, on a vu aussi à travers ce procès,
10:09la justice qui essaye de voler au secours du parquet national financier.
10:12Et je termine simplement d'une chose,
10:14et c'est ce qu'évoquait Gauthier Lebray tout à l'heure.
10:17Il y a eu énormément de garde à vue, de gens qui travaillaient dans l'équipe de campagne.
10:20Il n'y a pas une personne qui est partie s'acheter un château en Espagne.
10:24Il n'y a pas eu deux fois plus de meetings, parce que l'argent à quoi il servait ?
10:27Non, mais soit vous faites plus de meetings, soit vous payez plus les gens.
10:31Il n'y a pas une seule personne qui a été plus payée.
10:33Il y a peut-être eu, à la fin de la campagne,
10:34quelqu'un qui a reçu 200 euros en espèces.
10:36Bon, on en pense ce qu'on veut, mais on n'incrimine pas quelqu'un
10:39et on ne condamne pas quelqu'un.
10:40En tout cas, il n'y a pas de réquisition à 7 ans de prison pour ça.
10:43Donc, cette affaire est un véritable scandale,
10:45et je pense que ça va dissuader encore plus de nombreuses personnes
10:49de faire de la politique à ce niveau-là.
10:51Parce que vous vous dites, le risque, ce n'est pas tellement le déshonneur et tout ça,
10:55c'est de finir en prison.
10:56Non, mais il faut quand même qu'on mesure ce dont on est en train de parler.
10:59On parle quand même d'une période où il y a encore, il y a moins de 3 ans,
11:02Claude Guéant, qui est ancien secrétaire général de l'Élysée,
11:05a été incarcéré pour une histoire de sondage à l'Élysée,
11:08parce qu'il n'y avait pas de mise en concurrence,
11:10alors qu'à l'époque, il n'y avait aucune obligation à l'Élysée
11:13de faire une mise en concurrence des instituts de sondage pour faire des sondages.
11:16Donc, on voit bien que le système...
11:18Non, mais que la justice...
11:20Mais bien sûr, et ce soir, il y a une personne qui est tétanisée,
11:23c'est Emmanuel Macron.
11:25Ah, c'est le prochain sur la liste ?
11:26Mais réellement, il...
11:27Ah bon ?
11:28Mais c'est pour ça.
11:28Mais bien sûr, il ira aussi.
11:29Mais c'est la tétanie.
11:32Mais réellement, parce qu'il regarde ça, à mon avis, médusé,
11:35et il doit se dire, mais dans 2 ans et demi, c'est peut-être moi.
11:38Côté droite, dernier mot.
11:40Et puis, je ne veux pas faire du populisme de bas étage,
11:41mais enfin, la justice serait sévère avec tous les délinquants de ce pays.
11:45Très bien.
11:45Je rappelle juste qu'il y a quelques semaines,
11:47on commentait un rodeo urbain où quelqu'un fonçait
11:50dans un policier sur une moto devant une école à Chilty Game
11:54dans l'est du pays.
11:55150 euros d'amende, pas une nuit en prison.
11:58Donc moi, on me dit que les prisons sont pleines, je l'entends.
12:01Surpopulation carcérale, on ne peut pas mettre quelqu'un
12:03qui manque de tuer un policier devant une école en prison.
12:06Un ancien président de la République qui ne représente pas un danger
12:09pour les Français va dormir potentiellement en prison,
12:14alors que des délinquants, eux, sont pignons sur rue
12:18et sont encore sur les points de deal.
12:19Alors, on se parle.
12:20Barbara Durand, pour le rappel des titres de l'actualité,
12:22on va écouter un autre des avocats de Nicolas Sarkozy,
12:25maître Jean-Michel Darroi.
12:27L'audience a démontré que c'était faux.
12:30Le parquet, me semble-t-il, l'a même reconnu hier.
12:35Aucune trace de financement n'a été trouvée.
12:39Aucune trace de demande de financement n'a été trouvée.
12:43Le parquet a complètement changé son histoire
12:47parce qu'au fur et à mesure du dossier,
12:50il est apparu que les deux fondements de son accusation,
12:55une note Mediapart et un soi-disant tête-à-tête
12:59entre Nicolas Sarkozy et Kadhafi, n'existaient pas.
13:04Le document de Mediapart est un faux mensonger
13:08et l'audience a démontré que jamais Sarkozy
13:11n'a demandé le moindre financement à Kadhafi.
13:14Voilà pour les avocats de Nicolas Sarkozy.
13:15François-Louis Gisbert.
13:16C'est très intéressant parce que Jean-Michel Darroi,
13:18l'un des avocats de Nicolas Sarkozy,
13:21je n'ai jamais oublié, c'est un homme de gauche.
13:24Et on voit dans son visage la révolte totale.
13:27Là, c'est une justice qui a perdu tout sens de la mesure.
13:32C'est l'hubris de ces gens.
13:33Vous savez très bien, il y a un syndicat en France,
13:36qui est un syndicat qui se dit d'ailleurs marxiste,
13:39qui est un syndicat d'extrême-gauche proche de l'LFI,
13:41le syndicat de magistrature.
13:42Il fait un tiers dans les élections,
13:44un tiers des magistrats qui votent pour lui.
13:46Mais au fond, il a réussi quand même,
13:48grâce aux noyautages que connaissent très bien
13:50les organisations d'extrême-gauche,
13:52il a réussi quand même à prendre un peu la main
13:53sur la justice à Paris, en tout cas.
13:56C'est connu, tout le monde le sait,
13:58il ne faut jamais le dire, moi je le dis.
14:00Et c'est ça le souci, c'est-à-dire qu'aujourd'hui,
14:02on se retrouve face à cette réalité-là.
14:03Ce sont ces gens-là qui décident pour les autres,
14:08qui au fond insultent la justice,
14:11qui insultent les vrais magistrats,
14:13parce qu'il y a quand même beaucoup de gens
14:14qui font leur boulot.
14:15Tout ça est vraiment lamentable,
14:17et ça en dit long sur l'état de la France.
14:19Je répète, moi ce qui me choque le plus,
14:22c'est l'absence totale d'indignation
14:23et le fait que c'est pas grave.
14:25Ça fait rigoler aussi en même temps, c'est amusant.
14:27Non, c'est pas drôle.
14:28Une partie de la presse, c'est comme une partie des magistrats,
14:30ils veulent la peau de Nicolas Sarkozy,
14:31donc il y a un alignement entre certains magistrats
14:34et certains journalistes.
14:35Oui, mais c'est un dévoiement total de la justice.
14:38La justice, elle n'est pas faite pour ça.
14:39Bien sûr, mais là, ce qu'on voit ce soir, France,
14:41c'est la consécration de Mediapart.
14:43C'est exactement tout l'angle,
14:46tout l'axe de la stratégie de Mediapart
14:48depuis la campagne présidentielle de 2012
14:51de Nicolas Sarkozy.
14:52Ils ont deux procès par semaine.
14:55Mais là, c'est un triomphe pour eux.
14:56Mediapart et le syndicat de l'administrature, c'est pareil.
15:00Tout ça, ils travaillent très bien ensemble.
15:02Non, mais c'est évidemment un choc,
15:04encore une fois, politique majeur.
15:06Il faut le répéter plusieurs fois pour s'imaginer.
15:09Je pense qu'on a tous eu la même réaction
15:10quand on a vu ces réquisitions.
15:11De toute façon, ça ne pouvait pas être du juste milieu.
15:14Soit le parquet reconnaissait
15:16qu'il n'y avait pas de pacte de corruption,
15:18qu'ils n'ont pas trouvé le moindre euro
15:20en provenance de Libye.
15:22Soit ils disaient qu'il y a corruption.
15:25Et donc là, évidemment, on savait que la peine demandée
15:27allait être très lourde.
15:28Et donc, c'est cette deuxième option qui a été retenue.
15:31Mais il faut le répéter plusieurs fois pour y croire.
15:33S'il y a mandat de dépôt,
15:35et vu l'acharnement judiciaire, il ne faut pas l'exclure,
15:38Nicolas Sarkozy pourrait dormir en prison
15:42dans les prochaines semaines au moment du verdict,
15:45même s'il fait appel.
15:47Et il va faire, évidemment, appel.
15:49Vous vous rendez compte, il y a la possibilité
15:52d'envoyer directement le président de la République,
15:54l'ancien président, en prison,
15:55et visiblement, pas pour 15 jours.
15:58François de Solil-Gisbert, on imagine un ancien président
16:00ainsi, traité de cette façon-là, de la République ?
16:04Oui, s'il a commis des fautes.
16:06S'il avait commis des fautes,
16:07moi, je ne serais pas là en train de hurler,
16:09parce que ça me paraîtrait normal et logique.
16:11Là, je ne sais pas.
16:12On ne sait pas.
16:12Il n'y a aucun élément, comme l'a très bien dit
16:14Jean-Michel Darroix, son avocat, tout à l'heure.
16:17Rien n'a été prouvé pendant...
16:19Moi, je ne lis les comptes rendus
16:20de gens qui sont, d'ailleurs, tout à fait favorables
16:24à tout ce qui se fait, parce qu'on ne peut pas dire
16:25que la presse soit déchaînée contre ce procès.
16:29Et en fait, il n'y a rien.
16:32Il n'y a rien, rien, rien.
16:33C'est ça qui est effrayant.
16:34Il n'y a rien et il est condamné.
16:36Et on savait à l'avance...
16:37En tout cas, il y a des réquisitions.
16:39Il n'est pas condamné encore.
16:40Non, mais là, vous êtes dans un système...
16:41Je suis désolé, mais on est très loin de la République
16:44et de la démocratie.
16:45On est dans un truc qu'on imagine...
16:46Et c'est peut-être le début de quelque chose.
16:48Je ne sais pas.
16:48Mais là, la justice, elle est en vrille.
16:50Il serait temps que quelqu'un essaie de la réparer.
16:53Et je dis aussi, le parquet national financier,
16:55il faudra aussi poser le problème
16:57de ce parquet national financier
16:59et envisager sa suppression par François Hollande.
17:02Mais imaginez soit sa suppression
17:04ou soit la réorganisation,
17:05parce que ça pourrait aussi être réorganisé,
17:07mais avec des magistrats, s'il vous plaît.
17:09Ils n'ont pas besoin d'être tous de gauche.
17:11Eugénie ?
17:12Ce qui est sûr, c'est que ça aura un impact
17:13sur la vie politique française.
17:15Vous vous souvenez de la phrase de François Fillon
17:16qui imagine le général de Gaulle mis en examen,
17:18ce qui lui a coûté cher ?
17:19Je pense qu'aujourd'hui, le général de Gaulle
17:20serait mis en examen.
17:21Et tous les présidents de la Ve République
17:23auraient forcément eu des procès.
17:25Et Mitterrand, n'en parlons pas.
17:27Les barbouderies de De Gaulle, n'en parlons pas.
17:28Les valises qui circulaient,
17:30vous l'avez très bien raconté dans vos livres, d'ailleurs.
17:32Il y en aurait pas un seul
17:35qui n'aurait pas été mis en examen
17:36et pas un seul qui aurait été condamné.
17:37Et on peut se poser la question
17:38quel va être l'impact sur le personnel politique ?
17:40Parce qu'effectivement, ce genre de procès,
17:43la lutte contre la corruption
17:45est essentielle en démocratie.
17:46On est d'accord là-dessus.
17:47Mais là, faire de la politique aujourd'hui,
17:51honnêtement, il faut un réformement
17:53de tout le monde pour faire autre chose.
17:53C'est que des emmerdes.
17:55Je le dis quand même pour préciser notre pensée
17:57parce que je sais qu'on pense la même chose.
17:58Mais s'ils étaient coupables,
18:00il n'y a aucun problème.
18:01S'il y avait des éléments probants,
18:03s'il y avait des pièces,
18:04des pièces à conviction, des preuves,
18:06il n'y a rien.
18:07Non mais c'est de la folie, quoi.
18:08C'est-à-dire qu'on va le condamner
18:11à 7 ans de prison,
18:12il n'y a pas ce qu'ils appellent au PNF,
18:14au Parc national des finances,
18:16des faisceaux d'indices.
18:17Mais c'est quoi les faisceaux d'indices ?
18:18C'est connard.

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