Mardi 25 mars 2025, retrouvez Jacques Henry (responsable de la recherche et allocation multi-actifs, SILEX), Xavier Chapard (Stratégiste, LBP-AM), Pierre-Alexis Dumont (Chief Investment Officer, Sycomore Asset Management) et Roni Michaly (Président Directeur Général, Galilée AM) dans SMART BOURSE, une émission présentée par Grégoire Favet.
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00:00Bonjour à tous et bienvenue dans Smart Bourse. Tout ce qu'il faut savoir sur ce qui se passe dans la planète finance, c'est avec nos experts dans quelques instants et comme tous les soirs, en tout cas je suis ravi de vous retrouver, beaucoup de choses à dire encore une fois dans quelques instants.
00:22Dans ce moment on a mis toutes les infos clés avec Pauline Grattel. Ensuite, planète marché, beaucoup de choses sur ce sommaire. La méthode 30, est-ce qu'elle existe vraiment ?
00:33Puisque entre baisser l'inflation, faire baisser le dollar tout en augmentant les droits de douane et en limitant l'immigration, est-ce que ce ne sont pas des objectifs contradictoires ?
00:41Est-ce que c'est une équation impossible ? On verra ça dans quelques instants. Et puis branle-bas de combats en Europe, des milliards comme s'il en pleuvait, des super livrets pour la défense.
00:50A-t-on trouvé un catalyseur pour le réveil de l'Europe ou est-ce que c'est un feu de paille ? Et puis on verra dans le reste du monde le réveil de la Chine après des années de marasmes.
00:58On y croit ou on n'y croit pas. Et puis il faut-il revenir sur l'Inde ou plutôt renforcer l'Inde qui fera 20% de la croissance mondiale sur les cinq prochaines années.
01:07Voilà pour les marchés. Et puis du côté des actions, on a cette tech U.S. qui est pénalisée en ce début d'année avec l'IA qui a tout à coup disparu des écrans radars.
01:18Sur l'obligataire, ça flambe, la fin d'une période de Toba définitive. Et puis un mot sur l'or. Alors est-ce que l'or c'est meilleur que Bitcoin ?
01:25C'est ce qu'on verra avec nos experts dans quelques instants. Et puis dans le dernier quart d'heure de cette émission, marché à thème.
01:30Quelles sont les tendances d'investissement, notamment dans le tourisme et les loisirs ? Ce sera en fin d'émission avec René Micheli, le président de Galilée AM.
01:38Smart Bourse, c'est parti.
01:50Et tout de suite, c'est toutes les infos clés du jour avec vous Pauline. Bonsoir Pauline.
01:54Bonsoir.
01:55Alors qu'est-ce qu'il fallait retenir de ce marché, les marchés au rythme de la guerre commerciale ?
02:00Une semaine de leur mise en place. Le flou est encore total concernant les tarifs de Trump. Mais les investisseurs sont enthousiastes avec la perspective de tarifs douaniers peut-être moins agressifs.
02:11Le président Trump a déclaré hier que les menaces de surtaxes ne seraient pas toutes imposées le 2 avril et que de nombreux pays pourraient avoir des rabais ou un répit.
02:20Le président américain a également déclaré que les pays se fournissant en gaz et pétrole du Venezuela seraient imposés de 25% de tarifs douaniers secondaires.
02:28Dans ce contexte, on note la remontée des prix du pétrole avec un baril de Brent autour de 73 dollars au plus haut depuis un mois.
02:35Et oui, du coup, on a vu des investisseurs plutôt enthousiastes aujourd'hui après que les indices américains ont bondi hier.
02:41On rappelle que le S&P 500 a clôturé au plus haut depuis deux semaines et que le Nasdaq gagnait 2%.
02:46Aujourd'hui, les indices américains ouvrent sur une note plus prudente mais toujours en territoire positif. Côté européen, les marchés actions regagnent du terrain.
02:54Le Stox 600 et l'Eurostox 50 gagnent environ 1% au cours de la séance. En France, le CAC 40 est porté par les valeurs bancaires avec crédit agricole dans les plus fortes hausses du CAC 40.
03:05Suivi de près par BNP Paribas qui gagne environ 2%. L'indice parisien rebondit de plus de 1% au cours de la séance.
03:12Après tout de même, trois séances de repli qui lui ont fait céder 2%.
03:16Alors ça, c'est pour les actions. Que se passe-t-il du côté du marché obligataire ?
03:19Sur le marché obligataire américain, le rendement à 10 ans s'établit aujourd'hui légèrement inférieur à 4,35%.
03:25En Europe, le rendement allemand à 10 ans évolue autour de 2,80%. Le spread franco-allemand est parfaitement stable à environ 70 points de base.
03:33Sur le marché d'échange, le dollar a atteint son plus haut niveau depuis trois semaines avant de redescendre un petit peu face à un panier de grandes devises avec un euro dollar à 1,0810 aujourd'hui.
03:43Et côté Macron en Allemagne, on remarque une amélioration du climat des affaires.
03:48Oui, l'indice IFO qui mesure le moral des investisseurs allemands ressort en hausse pour le mois de mars à 86,7 contre 85,3 le mois précédent.
03:57On note également une amélioration de la composante perspective chez les chefs d'entreprise allemands qui remonte à 87,7.
04:04Du côté des Etats-Unis, on a pris connaissance de la confiance des consommateurs du Conference Board.
04:09Oui, on remarque un recul plus marqué que prévu de la confiance des consommateurs du Conference Board qui s'établit à 92,9 en mars après 100,1 en février, un chiffre révisé à la hausse.
04:21Le gadin du jour en Europe, c'est Kingfisher à Londres.
04:24C'est la chute du jour en Europe à Londres. Le groupe britannique de magasins de bricolage plonge de plus de 14% à la bourse de Londres et marque la plus forte baisse du Stoxx 600.
04:34Kingfisher a publié ses comptes pour son exercice 2024-2025 et fait état d'un bénéfice net divisé par deux.
04:41L'entreprise qui fait un tiers de son chiffre d'affaires en France est plombée par des ventes en repli de 6% en France à 4,5 milliards d'euros pour 2025-2026.
04:51L'entreprise abaisse ses prévisions et c'est aussi ça qui est sanctionné par le marché.
04:55Oui, Kingfisher, c'est en particulier le DIY, donc le bricolage. C'est moins bien en ce moment, surtout avec l'immobilier qui va moins bien.
05:04En Europe également, on constate que les ventes de Tesla sont en chute libre.
05:10Oui, avec seulement 19.000 immatriculations au mois de janvier et février, Tesla a vu ses ventes baisser de 49% sur un an en Europe.
05:18Le titre s'est de près de 1% à l'ouverture de Wall Street après avoir grimpé de 12% hier, son gain quotidien le plus élevé depuis le mois de novembre.
05:27Enfin, pour conclure, l'agenda de demain sera relativement léger, mais on prendra tout de même connaissance de l'inflation britannique pour le mois de février.
05:35Très bien, merci Pauline. Voilà, tous les soirs, c'est les infos avec Pauline et en sourire, bien sûr.
05:41Allez, tout de suite, on passe au marché.
05:49Planète Marché avec nos experts. Ils sont là et on a besoin de ce soir pour tout comprendre de la planète finance.
06:01On est ravi d'accueillir Pierre-Alexis Dumont. Bonjour Pierre-Alexis. Bonjour Fabrice.
06:06Chief Investment Officer, CEO de Secommer Asset Management. Bienvenue à vous. A vos côtés, Xavier Chappard. Bonjour Xavier. Bonjour Fabrice.
06:13Stratégiste de LBPAM. Et enfin, Jacques Henry. Bonjour Jacques. Bonjour Fabrice. Responsable de la recherche et allocation multi-actifs chez Silex.
06:23Messieurs, on démarre tout de suite avec Trump. Alors c'est amusant parce qu'on m'a vu, notre Premier ministre, à nous, François Bayrou, qui a fait ses 100 jours.
06:31Trump, ça fait moins de 100 jours qu'il est là, mais on a vraiment l'impression que ça fait déjà presque un an tellement il est partout.
06:38J'avais envie de vous poser cette question, chers amis, la méthode Trump. Est-ce qu'elle existe réellement ? Est-ce qu'il a un cap, Donald Trump ?
06:46Puisque, en tant qu'économiste, on a l'impression qu'il veut tout faire, mais qu'il y a des injonctions contradictoires.
06:54Pierre-Alexis Dumont, on commence avec vous. Je pense que l'objectif est clair. Il cherche à rééquilibrer entre l'interne et l'externe.
07:02C'est un fait que les États-Unis aient plus de souveraineté sur beaucoup d'éléments clés. Après, l'exécution, les moins.
07:12C'est évident qu'elle est polluée par un peu des effets d'annonce, des effets d'aller-retour.
07:18Et de plus, comme il s'inscrit dans une volonté de changement par rapport à ce qui existait avant, ça augmente encore ces effets d'aller-retour,
07:34notamment sur la partie tarifaire, qui était vue plutôt comme un moyen de négociation et de pression avec ses partenaires.
07:45Il y a beaucoup de doutes et beaucoup d'incertitudes chez les investisseurs sur le fait que, oui ou non, il va imposer son 25% de tarif douanier de façon généralisée,
07:58ce qui clairement, là, aurait un effet récessif, poserait aussi un certain nombre de problèmes sur, notamment, la partie inflation,
08:07qui a été quand même un des points clés de l'élection entre le président Trump et l'ex-président Biden.
08:19Donc là-dessus, on a un objectif. Maintenant, comment l'exécuter et comment l'atteindre ? Je pense que c'est là où toutes les questions se posent.
08:31Est-ce qu'on aura une stratégie un peu coopérative entre les partenaires ou on va rentrer plutôt dans une stratégie de « retaliation », de retour, et ce qui entraînerait plutôt une récession ?
08:51Donc c'est là où je pense qu'il y a des motifs d'interrogation. Et c'est là où, en effet, on est face à un risque extrême. Parce que si on rentre dans une guerre commerciale
09:05avec des tarifs douaniers de l'ordre de 25% généraux, on rentrait sur des niveaux de barrières tarifaires qu'on n'a pas vus depuis les années 1930. Et voilà.
09:17— Et tout le monde n'en a pas tiré, finalement. Xavier Chabart, même question. J'ai l'impression que Donald Trump, c'est « Retenez-moi où je fais un malheur ».
09:23Et on voit que, finalement, il y a des ajustements qu'on va aller faire. Mais finalement, on temporise. On attend un mois. On se donne le temps, finalement, de négocier.
09:31Et l'Europe emboîte le pas, finalement. — Oui. Et sur les objectifs, moi, je trouve que ça ressemble à du populisme, en fait, c'est-à-dire qu'on promet tout à tout le monde.
09:39Et donc c'est un peu ce que vous disiez. C'est que par exemple, si je prends le plus gros exemple, c'est le dollar. — Oui.
09:46— Essayez de dire « Je veux un dollar faible », parce que ça va favoriser l'activité aux États-Unis. Mais en même temps, je veux que le dollar reste une monnaie de réserve.
09:54Donc ça veut dire que je veux que les investisseurs étrangers viennent placer leurs excédents et investir aux États-Unis en dollars. C'est clairement contradictoire.
10:03Donc c'est pas possible. Et c'est pareil sur la géopolitique, par exemple. Le rapprochement avec la Russie, on pourrait le comprendre si c'était pour isoler la Chine.
10:12Mais si le but, c'est d'isoler la Chine, ce qui était en tout cas pour les administrations précédentes le but de l'administration américaine,
10:21dans ces cas-là, il faudrait être avec les alliés. Or, là, on attaque les alliés, l'Europe, le Canada et tout ça. — C'est vrai.
10:26— Donc on voit bien que, comme vous disiez, il y a des choses qui sont contradictoires. Ce qu'on voit, par contre, c'est dans la mise en œuvre.
10:33Clairement, il y a une stratégie d'incertitude, donc d'annoncer beaucoup de choses, d'en retirer et tout ça.
10:39Ça, je pense que c'est voulu parce que ça donne de la flexibilité à ce que peut mettre en place Trump et aussi les pouvoirs de négociation, évidemment,
10:47vu qu'on peut ajuster au fur et à mesure du temps. Par contre, ça a un coût. Et c'est ce qu'on est en train de commencer à voir.
10:53C'est sur la confiance des entreprises et des ménages un impact négatif. On l'a eu avec la confiance des ménages, là, cet après-midi,
11:00qui a encore de nouveau beaucoup baissé, et du coup un impact plutôt négatif sur l'activité. Et toute la question qu'on a,
11:07c'est est-ce que cet impact négatif va être suffisamment fort pour faire une récession ou seulement un ralentissement de la croissance ?
11:13Nous, on est plutôt en deuxième camp dans nos scénarios. Par contre, ça va dépendre de combien de temps dure cette incertitude
11:20et quelles politiques, évidemment, sont mises en place. C'est ce qu'on disait tout à l'heure. Si on met 25 % de droits de douane sur tout le monde
11:26et que tout le monde réagit avec 25 % de droits de douane, là, clairement, on aura un impact plus négatif que ce qui est anticipé pour l'instant.
11:33— Oui. Jacques Henry, justement, tout ça devient extrêmement compliqué à comprendre, tout simplement, pour les investisseurs.
11:41Et qui dit incertitude dit forcément baisse des marchés, en tout cas. C'est ce qu'on a vu. On avait l'impression qu'il y avait un Trump trade
11:47parce qu'il avait proclamé Donald Trump. Moi, je suis l'ami des marchés. C'est l'inverse d'un certain président de chez nous il y a quelques années.
11:53Et pourtant, là, on voit que finalement, là aussi, il se laisse une marge de manœuvre.
11:57— Alors nous, on avait bien aimé l'élection et la campagne sur deux annonces, en fait. C'était d'une part une politique de l'offre.
12:05Donc ça, il y avait déjà eu des précédents. Il y avait eu les régagnes. Il y avait eu son premier mandat. Il y avait deux aspects positifs.
12:10C'était les baisses d'impôts. Donc ça, ça avait été un énorme soutien pour les profits dans son premier mandat.
12:15Et ce qu'il venait de rajouter, c'était la déréglementation. Ce qui est venu un peu polluer tout ça, c'est l'utilisation à outrance des droits de douane
12:22et les volte-faces permanentes. On essaye d'essayer de comprendre, d'essayer de rationaliser un peu ça.
12:29Et on se dit en fait que c'est aussi pour faire plaisir à l'électorat républicain qui a voté pour lui pour qu'il puisse montrer qu'en fait,
12:37finalement, il fait quelque chose pour eux et avec un peu plus de communication que Biden. Puisque finalement, tout ce qui a été fait par le passé
12:46n'a pas été remis en cause. Les droits de douane, Trump les avait mis en place. Biden les a augmentés. Relocaliser, il y avait eu le CHIPS Act,
12:54l'Inflation Reduction Act. Donc tout ça, ça avait déjà été mis en place. Par contre, Trump veut aller un peu plus loin.
12:59Et probablement qu'il veut le faire maintenant parce que c'est plus simple de faire des réformes un peu plus compliquées en début de mandat,
13:06sachant qu'il y aura les élections de mi-mandat qui arriveront. Il vaut mieux avoir fait les choses les plus impopulaires plutôt à l'international maintenant plutôt que plus tard.
13:16— C'est vrai que cette question, elle va être compliquée de toute façon. Je prends votre mot. Quand on veut satisfaire tout le monde, en général, personne n'est content.
13:24Et là, on verra. Mais on voit qu'il y a peut-être des dissensions. Au final, est-ce qu'il n'y aura pas...
13:28— Il y a aussi une différence avec le premier mandat. C'est les conditions dans lesquelles l'économie est. C'est-à-dire que pendant le premier mandat, vous aviez
13:35une inflation sous la cible, des taux à zéro quasiment, enfin très bas. Et donc faire un creusement du déficit public très important, c'était pas très grave.
13:45Là, aujourd'hui... Alors déjà, le déficit, au départ, est beaucoup plus important parce qu'il y a les baisses de taxes qui ont déjà été faites.
13:51Et donc rajouter des baisses de taxes dans un contexte où vous avez une inflation plutôt un peu haute et des taux qui se sont réancrés un peu plus haut – on en reparlera tout à l'heure –,
14:00évidemment, c'est beaucoup plus compliqué. Et donc c'est peut-être aussi pour ça qu'il est obligé de mettre en place des politiques moins positives pour l'économie,
14:09comme les droits de douane, en essayant de récupérer des revenus pour financer les baisses de taxes. Le seul problème, c'est que c'est négatif pour l'économie à court terme.
14:19— Il y a même un effet rebond. C'est-à-dire que les gens surstockent en ce moment. On voit sur des produits le cuivre, mais aussi des denrées qui pourraient être taxées.
14:27Et du coup, ça va même faire... Il va y avoir probablement un choc sur le premier trimestre qui sera peut-être pas très bon.
14:34— Ah oui. Nous, on s'attend en effet à un premier trimestre assez compliqué, un premier trimestre relativement morne en termes de résultats et de dynamique.
14:43Ça, c'est évident. On a eu déjà pas mal d'annonces à la fois sur la partie confiance, sur la partie macro, mais aussi sur la partie micro.
14:54On a des grands indicateurs d'activité tels que FedEx, Accenture et autres qui ont dit que ça ralentit et que l'incertitude pèse sur nos clients.
15:08— Et puis sur les consommateurs. Conscience des consommateurs, on l'a entendu. — Et sur les consommateurs.
15:11— Conscience Board, 92,9. Et on était à 100 en février. Donc... — Oui. Alors après, il faut garder en tête que ça avait beaucoup beaucoup monté
15:19pendant les élections. Donc là, on revient un peu sur des niveaux un peu plus normalisés. Mais il est clair qu'on est un peu à la croisée des chemins là-dessus.
15:29Et que sur les marchés financiers, on va se poser la question en effet du ralentissement qui commence à être intégré et commence à être acté par les investisseurs.
15:41Mais on n'est pas sur un ralentissement important de l'activité et durable. Aujourd'hui, on est plus sur une mise en œuvre de tarifs qui va un peu impacter,
15:50mais avec finalement quelque chose qui va être relativement limité en termes de bien-viser. Et donc de ce fait-là, un ralentissement qui va...
16:01C'est aussi notre anticipation. Rester relativement normalisé et permettre après de repartir avec des choses plus positives comme des réglementations
16:12qui sont assez positives sur les marchés financiers. — Oui. En tout cas, ces premiers jours de trimblusion, une vertu, c'est vraiment de réveiller l'Europe.
16:18Alors là, avec cette nouvelle politique, on parle vraiment d'un bouleversement complètement dans les relations diplomatiques et internationales.
16:25On se souvient de... Voilà. Didi Vannes, son discours est extrêmement fort. Ce qui se passe également avec la Russie. Et eh bien voilà.
16:31L'Europe, elle n'est pas nue. Mais en tout cas, elle doit se débrouiller toute seule. Alors est-ce que, justement, c'est un catalyseur finalement
16:39de créer cette Europe de la défense pour l'Europe ? Est-ce que c'est quelque chose qui est parti pour durer ou est-ce que c'est un feu de paille ?
16:46— Alors il y a un vrai catalyseur. C'est le changement budgétaire allemand. C'est que les Allemands ont décidé de dépenser.
16:51— Ça, c'est nouveau. — Ça, c'est nouveau. Et c'est arrivé beaucoup plus vite que ce qu'on pouvait espérer même.
16:56Mais ça avait été le cas pendant le Covid, quand ils ont accepté de faire le Fonds européen et de l'GEU aussi.
17:01Ça avait surpris tout le monde. Là, c'est encore une nouvelle étape avec vraiment un assouplissement drastique.
17:06En gros, on parle de 2 points de PIB de déficit en plus par an pendant plusieurs années en Allemagne.
17:11— La dernière fois qu'ils avaient cassé le cochon quand même, les Allemands, c'est la réunification.
17:14Bon, un peu le Covid, ils étaient d'accord. Mais à chaque fois, c'est qu'il se passe quelque chose.
17:17— Exactement. Mais là, c'est vraiment... Et c'est et au niveau européen avec les dépenses de défense et aussi au niveau allemand
17:24avec le fonds de 500 milliards pour l'infrastructure. Donc ça va au-delà. Et il y a vraiment là une volonté de redevenir le moteur.
17:33Et donc ça, c'est vraiment un game changer. Enfin quand vous faites 2 points de PIB de déficit en plus pendant plusieurs années,
17:38c'est vraiment très important. Après, il y a la question de défense au niveau européen. Là, il y a plus de questions,
17:46parce que pour l'instant, ce qui est mis sur la table par la Commission, c'est un assouplissement des règles budgétaires.
17:51Donc en gros, on va dire à la France que vous pouvez dépenser plus militairement et on ne vous timpera pas sur les doigts.
17:56Le seul problème, c'est que pour ça, il faut que la France puisse le faire vis-à-vis des marchés.
18:00Enfin il n'y a pas que la Commission européenne qui empêche la hausse des dépenses publiques dans pas mal de pays.
18:05Et donc ça, ça va être un peu plus dur à mettre en œuvre. Et à mon avis, il va falloir attendre qu'on ait des financements au niveau européen.
18:12Ça, ce n'est pas encore le cas.
18:14— D'autant qu'on n'était déjà pas forcément les meilleurs élèves de la classe en Europe. On avait largement laissé filer notre déficit.
18:20Là, est-ce que c'est pas un blanc-seing, finalement, que les Allemands vont nous signer en disant
18:25« Tiens, voilà, nous aussi, on a la bonne excuse. On a le joker de la défense pour pouvoir continuer finalement notre dérive ».
18:31Qu'est-ce que vous en pensez, Jacques Henry ?
18:33— Alors c'est clair que la France est dans une position ambiguë.
18:37D'un point de vue militaire, en zone euro, ça reste une grande puissance.
18:41Et c'est la seule en zone euro à avoir l'arme nucléaire.
18:45Donc de ce point de vue, on peut difficilement faire une Europe de la défense sans la France.
18:49Par contre, la France a des problèmes budgétaires structurels.
18:52Et ce qui se passe en Allemagne n'arrange pas nécessairement nos affaires en termes de coûts de financement de tout ça.
18:58Les réformes un peu dures qui auraient dû être prises, elles n'ont pas été faites.
19:02Donc c'est vrai que globalement, il y a un énorme mieux.
19:05Ça va dans le bon sens, sachant que l'Europe, elle ne se construit qu'au fur et à mesure qu'il y a des crises.
19:10Donc finalement, si on peut reconnaître un avantage à Trump et ce qu'il a pu créer,
19:15c'est qu'en tapant un peu dans la fourmilière de la défense européenne,
19:19il a forcé les Européens à bouger, l'Allemagne à bouger plus vite que prévu,
19:23à être créative aussi pour retrouver une solution budgétaire
19:26alors qu'on pensait que ça allait durer plusieurs semaines ou à plusieurs mois.
19:29Donc ça va plutôt dans le bon sens.
19:31Par contre, ça a déjà été très bien joué par les marchés.
19:34Il faut aussi avoir ça à l'esprit et que c'est un programme pluriannuel.
19:37Donc évidemment, c'est un mieux.
19:39Un feu de paille, probablement pas.
19:41Mais on n'attend pas non plus nécessairement des merveilles puisque ça a déjà été intégré dans les cours.
19:46Messieurs, on a vu que les Français vont être mis à contribution.
19:49Alors pas de manière obligatoire, comme on l'entend peut-être parfois.
19:52Ça sera sous la forme d'un super livret de la défense.
19:56Alors personnellement, je trouve que ce n'est pas énorme.
19:59C'est un livre qui est demandé, 450 millions.
20:01On peut souscrire à partir de 500 euros.
20:03Ça sera bloqué sur 5 ans.
20:05En tout cas, les premiers éléments qu'on a, on n'a pas le rendement exact.
20:08Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c'est une bonne idée ?
20:11L'industrie de la défense avait des problèmes de financement.
20:14Ça, c'est clair.
20:16Parce qu'ils étaient barrés d'un certain nombre de financements
20:19pour un certain nombre de règles, notamment des règles ESG
20:22qui faisaient qu'il y a un certain nombre de ventes.
20:26Ce n'était pas très green finalement.
20:28Ce n'est pas tellement que c'était green.
20:30C'est plus des problématiques que l'armement.
20:34Ce n'est pas tellement de développement durable.
20:37Ce n'est pas tellement de développement durable.
20:39Là-dessus, les règles vont s'assouplir.
20:42C'est évident.
20:44Maintenant, je souscris à ce qui a été dit.
20:47C'est-à-dire qu'on résout le problème de financement,
20:51ce qui pour la chaîne de valeur,
20:53notamment pour les petites et moyennes entreprises du secteur
20:57est quelque chose d'important.
20:59Maintenant, il faut qu'il y ait des commandes.
21:01Les commandes, c'est les États qui vont les faire.
21:03Pour que les États puissent les faire,
21:05il faut que les marchés leur laissent l'occasion de les faire.
21:08En effet, derrière tout ça,
21:10ça veut dire que même si on aura le droit d'un point de vue budgétaire,
21:15il faut que ce soit acceptable d'un point de vue financier.
21:18Derrière ça, c'est un bon signe.
21:23Mais il va falloir quand même
21:25qu'il se soit accompagné d'autres mesures,
21:27notamment pour la France,
21:29de remise à plat d'un certain nombre de déficits structurels
21:34qui doivent être réglés.
21:37– Vous en demandez beaucoup déjà.
21:39– L'Italie a aussi mis en place quelque chose de très intéressant.
21:43C'est un fonds de 200 milliards qui est leveragé.
21:46Le public mettrait une quinzaine de milliards.
21:49Après, ça serait leveragé.
21:51Le but étant de ne pas augmenter...
21:53En fait, il faut augmenter l'investissement
21:55pour développer l'industrie de défense.
21:57Et le but pour les États,
21:59c'est d'essayer d'éviter que ça rentre tout de suite dans la dette publique.
22:02– Donc c'est pas bête de faire appel à l'épargne ?
22:05– Alors, c'est pas bête.
22:07Le seul problème, c'est que ce qu'on disait,
22:10c'est qu'à terme, ceux qui vont acheter les équipements de défense,
22:14c'est les États.
22:15Donc à la fin, ça va être de l'argent public.
22:17De toute façon, il va falloir faire de la place
22:19pour une hausse des dépenses publiques militaires.
22:22Là, on parle de 1,5 point de PIB pour la France
22:24ou pour la plupart des pays européens.
22:28Et ça, il faut...
22:30Ceux qui peuvent creuser le déficit, comme les Allemands,
22:33parce qu'il y avait de la place, il faut le faire comme ça, d'ailleurs.
22:36C'est comme ça que c'est le plus efficace économiquement.
22:38Par contre, il y en a qui ne peuvent pas, comme la France.
22:41Et donc là, ça demande des arbitrages sur les autres dépenses.
22:43– Voilà. Notamment, peut-être faire passer la pilule sur les retraites.
22:46On verra.
22:47– Par exemple.
22:48– Par exemple.
22:49Jacques-Henri, quel est votre sentiment là-dessus ?
22:50– Je pense qu'il y a un autre sujet aussi sur la défense.
22:52C'est, quel équipement ?
22:54Quel équipement va être acheté ?
22:56Puisqu'en fait, l'industrie de défense
22:58était quand même assez dépendante, la défense en général des États-Unis.
23:01– C'est vrai.
23:02– Et donc, ça veut dire que ce n'est pas nécessairement
23:04que les entreprises européennes qui vont en bénéficier.
23:06Il y a aussi certainement des opportunités, malheureusement,
23:09sur le marché américain, puisqu'il faudra un certain temps
23:12pour reconstruire un vrai complexe militaro-industriel en Europe.
23:17Et ça, c'est aussi un plan pluriannuel.
23:19– Oui, c'est vrai que la bourse attendante a joué immédiatement,
23:22finalement, les valeurs de la défense.
23:24Mais si ça se trouve, on est parti pour 10 ans.
23:26C'est probable, pour reconstruire justement,
23:28c'est à tout le moins ce qu'il faudrait.
23:29En tout cas, on le verra.
23:30Dans le reste du monde, cher Zemir, on se penche sur la Chine également,
23:34qui annonce aussi avoir desserré un peu les cordons de la bourse.
23:39Bon, toujours des objectifs de croissance 5%.
23:42Est-ce qu'on y croit ?
23:44– Ça, de toute façon, les objectifs de croissance,
23:46c'est eux qui font les stats.
23:48Ils vont vous les faire, les objectifs de croissance.
23:50– Ils les ajustent.
23:51– Voilà, après…
23:52– Non, mais c'était une zone, vraiment,
23:54personne n'a de nom de gratta depuis des années,
23:56pour certains investisseurs, certains gérants.
23:58– Je pense qu'il y a quelques signaux positifs.
24:00Je pense qu'il y a quelques signaux positifs sur la Chine,
24:04qui sont le fait qu'ils remettent un peu plus en avant
24:07le côté productif et l'entreprise dans leur politique.
24:12Et ça, je pense que c'est quelque chose d'intéressant.
24:15Ils ont encore une fois prouvé avec DeepSeek
24:17qu'ils avaient une vraie excellence,
24:19notamment à faire beaucoup moins cher,
24:22quasiment aussi bien que les grandes entreprises occidentales.
24:29Donc là-dessus, ça rend, je pense, la Chine plus investissable qu'elle n'a été.
24:35Maintenant, les gros problèmes structurels de la Chine,
24:38qui sont le fait de passer d'un système productif
24:40à un système plus équilibré entre production et consommation locale,
24:43ça reste là.
24:47Je pense que c'est une zone que nous, on considère,
24:51mais sur vraiment une partie relativement segmentée
24:55de leur appareil économique,
25:00principalement sur l'innovation et sur leur secteur d'excellence.
25:04– Alors c'est bien que vous parliez d'innovation,
25:05parce que justement, je crois que c'était la une,
25:07nos confrères Les Echos, aujourd'hui, qui mettaient en ligne BYD,
25:10le grand concurrent Tesla.
25:11Ils sont vraiment au coude à coude.
25:12Donc ça illustre aussi l'innovation dans la tech.
25:15Là aussi, l'appétit du géant chinois.
25:17Alors il se nourrit déjà de son propre marché, qui est très important.
25:20– Mais c'est pour ça qu'il y a des opportunités,
25:22et c'est vrai que c'est redevenu investissable aussi,
25:24parce qu'on voit que les États-Unis, ce n'est pas si sûr que ça.
25:27Donc par rapport aux États-Unis, la Chine a l'air moins dégradée
25:31d'un point de vue institutionnel.
25:33Je ne parlais que de ce qu'on pensait il y a quelques années.
25:37Il y a des entreprises, notamment celles qui sont poussées
25:40par le gouvernement en fait, qu'il faut jouer d'un point de vue tactique.
25:45Par contre, il faut voir que c'est tout petit par rapport au marché chinois.
25:48Le marché chinois, c'est des banques.
25:50Les banques, c'est des banques d'État.
25:51Il y a beaucoup de problèmes dans le portefeuille de crédit des banques.
25:56C'est des gros industriels, où là aussi, avec la guerre commerciale,
25:59tout ça, ça va être compliqué.
26:01Donc nous, on est assez prudent sur le marché chinois au global,
26:05mais tout en faisant son marché à l'intérieur, j'allais dire.
26:09On est d'accord.
26:10En tout cas, on sent qu'il y a quand même des frémissements
26:12et que c'est en train de bouger.
26:13Jacques Henry, vous regardez du côté de la Chine.
26:15Nous, on avait joué d'un point de vue tactique lorsqu'ils ont annoncé
26:18le plan de relance monétaire au mois de septembre.
26:20Mais on attendait une jambe fiscale qui n'est pas venue.
26:22Donc on est sortis.
26:24On n'a pas bénéficié à ce moment-là de l'annonce d'ipsy
26:27et du rebond de la technologie chinoise.
26:29Par contre, il y a des pôles d'excellence.
26:31BYD, le secteur des batteries, les voitures électriques.
26:34Très clairement, ils ont investi, sous l'impulsion de l'État,
26:38des sommes colossales, recherche et développement, investissement.
26:41Et aujourd'hui, ils ont de quoi inonder la planète
26:44de très bonnes voitures électriques, très bons marchés.
26:46Alors, d'un point de vue boursier, le marché est un peu différent, certes.
26:51Mais il y a quand même des choses intéressantes à jouer dans le marché.
26:54Et dans les émergences, ce n'est pas nécessairement
26:56la zone qu'on préfère aujourd'hui.
26:57C'est vrai, BYD qui a épaté apparemment les investisseurs
27:02en proposant une super charge en quelques minutes
27:05qui rechargeait 400 km.
27:06C'est pas mal, d'autant que c'est amusant.
27:08Dans le même temps, on a le Tesla bashing en ce moment.
27:11On a vu les ventes qui ont perdu 49% en un an en Europe.
27:15Alors, c'est à peu près ce que le cours a perdu en trois mois.
27:19Et là, on sent que c'est vrai que l'alliance politique et business
27:23pour M. Elon Musk, c'est un peu compliqué.
27:25Tiens, je voulais vous parler aussi de l'Inde.
27:27Alors l'Inde, ça sera, nous dit-on, 20% de la croissance mondiale
27:31sur les cinq prochaines années.
27:32C'est là où il y a le logissement de croissance.
27:34Alors, il faut toujours faire attention aux prévisions de long terme,
27:36comme ça, parce que la Chine devait être trois fois plus gros
27:38que les États-Unis très rapidement.
27:40Donc, on fait attention à ça.
27:42Mais par contre, c'est vrai que c'est un des gros moteurs de croissance.
27:44Et contrairement à la Chine, il y a un taux d'investissement
27:46qui est plus bas.
27:47Donc, en termes de ROE, c'est plus attractif.
27:50Alors, le problème de l'Inde était que ça a été très joué l'année dernière.
27:53Donc, les valorisations avaient explosé.
27:55C'est pour ça qu'on n'était pas sur l'Inde jusqu'à récemment.
27:59Là, après la correction du marché en début d'année,
28:02on revient sur des valorisations qu'on peut regarder.
28:05Donc, revenir sur le train de long terme,
28:07il y a des réformes qui sont plutôt positives.
28:09La Banque centrale commence à baisser ses taux.
28:12Donc là, oui, c'est un marché qu'on regarde et qui est intéressant.
28:17– La correction était intervenue parce qu'il y avait une bulle, à un moment ?
28:20– Alors, parce que le marché avait joué beaucoup là-haut,
28:23c'est les réformes et tout ça.
28:25Et puis aussi parce qu'il y a un gros arbitrage avec la Chine, en fait.
28:28Donc, quand la Chine était totalement ininvestissable,
28:30évidemment, les investisseurs qui voulaient investir dans les émergents
28:33ont été aussi plus sur l'Inde que d'habitude.
28:37Et donc, le fait que la Chine, finalement, rebondisse un petit peu,
28:41ça a pesé aussi sur l'Inde.
28:44– L'Inde, c'est investissable, Alexis Dumont ?
28:46– Oui, ils ont aussi des pôles d'excellence.
28:49Oui, je suis tout à fait d'accord avec toi, avec vous,
28:52que la croissance ne fait pas forcément la rentabilité sur capitaux investis.
28:55Donc, il faut regarder ça, regarder la Chine,
28:58même sur longue période.
29:01Les rendements boursiers n'ont rien d'extraordinaire,
29:05tout simplement parce que la création de valeur se fait
29:09par les rendements sur capitaux investis.
29:12Donc, il y a des choses intéressantes, il y a des réformes.
29:16Après, c'est quand même encore une économie
29:22qui va devoir faire, elle, une autre transition.
29:25Ils ont un certain nombre de problématiques lourdes,
29:29qui sont des problématiques d'industrialisation, d'accès aux ressources.
29:34Ils vont avoir d'énormes problèmes sur l'eau, des choses comme ça,
29:37qui font qu'il faudra, à mon avis, aussi, là aussi,
29:40être assez sélectif sur les entreprises que vous allez regarder.
29:44– Très bien. Bon, voilà pour notre tour du globe.
29:47On pourrait aller ailleurs, évidemment, au Japon, au Brésil, etc.
29:51On va s'en contenter et puis on va passer maintenant à notre allocation.
29:54Qu'est-ce qu'on fait en termes de marché sur les actions,
29:57sur les obligations ou même sur les matières premières ?
30:00On commence avec les actions.
30:01Messieurs, on a vu que la TechUS, ce n'est plus ça.
30:04Alors, on les a portées au nu durant toute l'année dernière.
30:07Et puis là, patatras, c'est vrai que ça s'est effondré.
30:09Il y a eu une sacrée correction, une dizaine de pourcents.
30:12Est-ce que c'est terminé ? Est-ce que ça va continuer ?
30:15Quel est votre sentiment ?
30:16– C'est plus un problème de sentiment.
30:18– J'ai d'accord avec vous.
30:19– En fait, on a eu quand même un sentiment extrêmement négatif
30:22suite à l'incompréhension de la communication de l'administration Trump.
30:28Et on est revenu sur des niveaux extrêmes.
30:30Si on regarde les sondages,
30:31que ce soit un investisseur privé ou institutionnel américain.
30:34Donc là, clairement, c'est plus le sentiment qui a joué de façon négative.
30:39Si on regarde les fondamentaux, l'histoire de croissance,
30:41c'est une histoire qu'on aime encore beaucoup.
30:44Il y a eu beaucoup d'investissements, beaucoup de recherches
30:47et ils ont quand même une longueur d'avance encore
30:49sur tout ce qui est intelligence artificielle.
30:51Donc nous, c'est vraiment ce que nous on aime bien
30:53et qu'on en continue à jouer.
30:54Donc tous ceux qui permettent d'accélérer, en fait,
30:58cet écosystème autour de l'intelligence artificielle.
31:01Donc c'est vrai que c'est cher,
31:03mais c'est aussi là où la croissance se cristallise.
31:05Et c'est ce qu'on aime bien.
31:06– C'est cher, mais c'est moins cher.
31:07Du coup, on en profite du creux de marché pour y retourner ?
31:10– Absolument.
31:11C'est ce qu'on a conseillé dès ce lundi
31:13en disant qu'on était probablement sur un niveau extrême.
31:15Pour l'instant, ça joue un peu en notre faveur.
31:18Mais ça ne veut pas dire que ça sera un rebond linéaire.
31:21On sait bien que le sentiment a été quand même un petit peu écorné.
31:25Et on est conscient de ça aussi.
31:27– C'est vrai que Pierre-Alexis Dugon, vous en profitez du creux ?
31:32– Non, on pense que de toute façon,
31:34c'est un sous-jacent à la hausse des marchés
31:38sur les 3 ou 4 dernières années.
31:40Donc on va rentrer dans la partie, disons,
31:43mise en œuvre de cette technologie
31:45où on va avoir beaucoup de cas d'usage.
31:48Et nous, on est assez positif sur le fait que ces cas d'usage
31:51vont être assez massifs en termes de business
31:55et vont se faire relativement rapidement.
31:57Parce que finalement, ça ne nécessite pas
32:00de passer 5 ans à mettre en œuvre des systèmes compliqués.
32:06Il y a un certain nombre de choses qui peuvent être faites assez rapidement.
32:10Donc nous, on est assez positif.
32:12Et on a plutôt tendance aussi à penser
32:14que ça va reprendre le devant de la scène
32:16à partir du moment où Trump laissera un petit peu de place.
32:19– Sur l'intelligence artificielle notamment.
32:22– Oui, sur l'intelligence artificielle.
32:24Et là, je pense qu'on va avoir ce qu'on appelle, disons,
32:28des effets où cette technologie va se répandre.
32:35– Un halo finalement.
32:37– Oui, un espèce d'halo où on avait quelque chose
32:40qui était relativement concentré sur une quinzaine de valeurs
32:43avec maintenant, à notre avis, quelque chose qui va s'étendre
32:46à un périmètre plus large de valeurs.
32:50Et ça, c'est très positif.
32:52C'est ce qu'on avait vu avec Internet au départ.
32:54C'était très concentré sur une dizaine de valeurs.
32:56Puis finalement, c'est ceux qui ont bien réussi à le mettre en œuvre
33:00ont créé de la valeur.
33:02– Ce n'est pas d'ailleurs les premiers partis.
33:04– Ah ben non.
33:05– Souvent, c'est les autres.
33:07L'escape n'existe plus alors que c'est eux qui ont inventé
33:10le navigateur Internet.
33:11– Eh oui, Libertisseur.
33:13– American Line.
33:15– En tout cas, je vois que les uns et les autres,
33:17vous avez pris vos crayons, vos stylos et rendu papier.
33:20On utilise ça encore.
33:22Ce n'est pas encore toute l'intelligence artificielle
33:25ou Chadjipiti ou Mistral qui font les émissions.
33:27Tant mieux.
33:28On peut se demander aussi si cette Tech US,
33:30elle n'a pas été pénalisée par ce qui se passe sur l'obligataire
33:32avec une flambée du côté de l'obligataire.
33:35Est-ce que ça va continuer là ?
33:37C'est vrai qu'on voit que la Fed aussi est un peu…
33:39C'est un peu compliqué là.
33:41– Alors, côté américain, il n'y a pas eu trop de flambées.
33:44Les taux longs sont restés…
33:46On est aux alentours de 4,30 et ils ont plutôt un peu baissé
33:50depuis le début de l'année.
33:52On trouve qu'ils sont raisonnablement…
33:54On est sur un niveau raisonnable.
33:56On ne s'attend pas à des grosses variations.
33:58La Fed…
34:00Donc la semaine dernière, les marchés ont beaucoup aimé
34:03le discours de Powell qui était plutôt accommodant
34:06en disant que les droits de douane,
34:08ça serait un choc sur les prix, mais très temporaire.
34:11La dernière fois qu'il avait utilisé le mot temporaire,
34:14il s'en était mordu les doigts.
34:15Là, il l'a ressorti.
34:16Donc on va voir s'il s'en mordra les doigts.
34:18Mais en tout cas, lui, il se dit, voilà,
34:20on ne va pas se réagir aux tarifs
34:21si ça fait un peu d'inflation à court terme.
34:23Et puis surtout, il a dit, les anticipations d'inflation,
34:26elles restent bien ancrées.
34:27Or, dans les dernières enquêtes, notamment auprès des ménages,
34:30on voyait des hausses de ces anticipations.
34:32Et ça, c'est quelque chose qui, normalement,
34:34fait peur aux banques centrales.
34:35Donc les marchés ont été rassurés par ce discours,
34:37plutôt, ça va.
34:38Par contre, ce qu'on voit, c'est qu'au sein de la Fed,
34:41la moyenne de tous les membres de la Fed
34:44est assez prudente, en fait.
34:46Donc au mieux, on risque d'avoir deux baisses de taux cette année.
34:50Le marché en price déjà trois.
34:52Donc c'est là où on dit, il n'y a pas grand-chose
34:55à gratter sur les taux américains, vu leur niveau.
34:58– Mais on sent une vigilance.
35:00Ils ont le doigt sur la gâchette pour faire plus, si c'était nécessaire.
35:03– C'est ça.
35:04Ce qui a rassuré, et ce qui est vrai,
35:06c'est qu'on voit que si l'emploi se dégrade très vite,
35:09même s'il y a un peu d'inflation, la Fed baissera les taux plus.
35:12Donc le Fed put est encore bien en place pour les marchés.
35:15Ça, c'est vrai.
35:16Par contre, là où on a eu un choc, c'est sur les taux européens,
35:19c'est les taux allemands qui sont montés.
35:22C'était justifié par le fait que,
35:24si on a deux points de déficit en plus par an,
35:27pendant plusieurs années,
35:28c'est plus d'émissions de dettes publiques,
35:30et donc des taux d'équilibre qui doivent être un peu plus hauts.
35:32Après, on trouve que ça a déjà été pas mal acheté.
35:35Les investissements et les émissions de dettes,
35:37ça va mettre du temps, en fait, à atteindre le marché,
35:39le temps de monter en puissance.
35:41Et donc, on est plutôt baissier sur les taux longs européens.
35:46Sachant que pour la BCE, par contre,
35:48on a déjà pas mal baissé les taux,
35:51mais on a encore un peu de marge pour plus de baisse de taux,
35:56pour ramener les taux vers les 2%.
35:58Donc, on est plutôt positif sur les taux européens.
36:02Donc là, vous voyez une accalmie, plutôt,
36:04et une baisse tendancielle.
36:05Jacques Henry ?
36:06On a joué la même chose.
36:07Donc, on est aligné avec vous.
36:08On considère que le mouvement de hausse des taux européens
36:11a été trop violent,
36:13puisqu'on attend maintenant d'avoir des chiffres durs
36:16pour confirmer ça.
36:17Par contre, le niveau des taux actuels,
36:19notamment aux États-Unis,
36:20il est à peu près fair value.
36:22La croissance, si on regarde les prévisions de la Fed,
36:25la croissance nominale est autour de 4,4.
36:28Les taux sont à 4,3.
36:29Donc, on considère que sur ces niveaux,
36:31on ne peut pas se plaindre d'avoir des coûts de financement
36:34trop élevés.
36:35C'est juste qu'il y a eu beaucoup de bruit
36:37autour de tout ce qui se passe.
36:39Et c'est vrai que d'avoir des mesures
36:41qui potentiellement apportent plus d'inflation,
36:44et c'est ce qu'on a vu dans les prévisions de la Fed,
36:46c'est-à-dire qu'en moyenne,
36:47la croissance nominale n'a pas bougé,
36:48mais la qualité de la croissance, elle, s'est dégradée.
36:51Et puis, il y a un peu plus d'inflation,
36:52un peu moins de croissance.
36:53Cette inflation, ça limite, en fait,
36:55la capacité d'action de la Fed.
36:57Et ça, c'est quelque chose qui n'est pas extra
37:00lorsqu'on veut, au contraire, relancer
37:02une économie industrielle locale
37:06et où, pour quelqu'un,
37:09le président Trump a fait fortune dans l'immobilier,
37:11c'est quelqu'un qui comprend très bien
37:13que des taux bas, ça permet de mettre un peu de levier.
37:15Oui, c'est beaucoup plus simple.
37:16Alors, tiens, justement, je ne sais pas si on en a besoin.
37:19En tout cas, il y a quelque chose
37:20qui continue à défier la gravité,
37:21c'est l'once d'or qui a franchi allègrement
37:24les 3 000 dollars qu'on avait en ligne de mire,
37:26un chiffre un peu emblématique.
37:28Qu'est-ce que ça traduit ?
37:30C'est toujours ce sentiment d'incertitude,
37:31cette peur, finalement,
37:32ou c'est les banques centrales qui en achètent
37:34pour assurer peut-être le fait
37:36qu'il y ait de l'érosion monétaire ?
37:38Je pense qu'on revient sur le statut du dollar.
37:42Donc, on a besoin d'actifs de réserve.
37:46Le dollar, à la fois,
37:49vu les positions de M. Trump,
37:53vu l'attitude assez agressive,
37:56alors pas seulement de M. Trump,
37:58mais des autres administrations
38:00vis-à-vis des détendeurs de dollars,
38:02il y a une volonté
38:07de se protéger le mieux possible du dollar.
38:12Donc, on a besoin d'actifs de réserve.
38:14L'or, par convention, est un actif de réserve.
38:17Le bitcoin pourrait devenir,
38:19si on en faisait aussi par convention,
38:21un actif de réserve.
38:23Il est clair que derrière tout ça
38:26se pose la question
38:28que dans le nouvel ordre mondial,
38:30quid du dollar comme monnaie de réserve ?
38:33Et si ça devient une monnaie d'usage
38:37et moins de réserve,
38:39il faudra qu'il y ait d'autres actifs
38:41qui prennent ce rôle.
38:43C'est votre monnaie, mais pour l'instant,
38:45c'est vrai que l'or vaut un peu plus que Xavier Chabart.
38:47Non, je suis tout à fait d'accord.
38:49L'or est très, très cher,
38:51si on regarde par rapport à tous les fonds d'avant-taux,
38:53les taux réels, le dollar, le niveau du dollar, tout ça.
38:55Mais en même temps, c'est le refuge
38:57face aux risques géopolitiques.
38:59Et il n'y en a pas d'autres, en fait, aujourd'hui.
39:01C'est-à-dire que si vous n'avez pas le dollar
39:03en monnaie de réserve,
39:05il faudrait une zone économique
39:07qui respecte la propriété
39:09pour aller investir là-bas,
39:11parce que les déficits commerciaux
39:13très importants pour accueillir
39:15tous ces capitaux et tout ça,
39:17il n'y en a pas, en fait, à part les États-Unis.
39:19Et les États-Unis, c'est plutôt mis en cause pour l'instant.
39:21Donc, l'or est très cher,
39:23mais il devrait rester très cher.
39:25Oui, après, très cher, ça dépend si on regarde
39:27par rapport à l'inflation, par exemple.
39:29Même en prix réel,
39:31l'or est repassé au-dessus de ses plus hauts historiques.
39:33Donc, même si on corrige
39:35du fait qu'on ait eu
39:37pas mal d'inflation ces derniers temps,
39:39l'or est très cher quand même, même avec ça.
39:41Jacques Henry, vous regardez également les crypto-actifs,
39:43le bitcoin, l'Ethereum, c'est le plus...
39:45Alors, on commence déjà par regarder l'or.
39:47Moi, je suis basé en Suisse,
39:49donc il y en a toujours eu dans nos allocations.
39:51La pierre angulaire.
39:53C'est un peu la pierre angulaire,
39:55mais c'est vrai que la politique de Trump,
39:57de ce point de vue, a beaucoup aidé l'or.
39:59C'est-à-dire que Trump essaye
40:01de se désengager militairement,
40:03notamment en Europe.
40:05On ne sait pas encore très clair
40:07ce qu'il va y avoir en Asie.
40:09Ce qui permettait aussi d'avoir le dollar
40:11comme devise de réserve, c'est que finalement,
40:13il y avait une certaine stabilité qui était garantie
40:15au niveau global, au niveau géopolitique.
40:17Et ça, c'est en train de sauter.
40:19Donc ça, clairement,
40:21c'est le facteur prépondérant.
40:23Mais si on regarde même sur un peu plus longue période,
40:25globalement,
40:27les allocations étaient faites
40:29avec des actions
40:31et puis de la duration,
40:33avec des obligations long terme.
40:35Si on a remplacé les obligations
40:37par de l'or, finalement,
40:39ça s'est plutôt bien passé.
40:41Ça a permis d'éviter le choc Covid.
40:43C'est quelque chose qui a
40:45tout son sens, surtout dans un moment
40:47où les émergents veulent sortir du dollar
40:49puisqu'il y a une certaine pression
40:51qui est ressentie
40:53par ces pays-là.
40:55La devise ultime dans ces conditions,
40:57c'est l'or.
40:59Est-ce qu'on peut remplacer de l'or par du bitcoin ?
41:01On reste encore un peu dubitatif.
41:03Il a fallu quelques millénaires
41:05pour que l'or s'impose
41:07comme un actif qui n'est pas juste
41:09une relique barbare, qui sert un peu à rien
41:11en théorie, mais qui, dans les faits,
41:13permet quand même de protéger les portefeuilles.
41:15Le bitcoin manque un peu d'historique
41:17pour qu'on ait une vision
41:19totalement
41:21confiante que ça
41:23peut être une alternative. Ça a quelques caractéristiques,
41:25mais pas toutes les caractéristiques d'une devise
41:27et pas toutes les caractéristiques du dollar.
41:29Et surtout, peut-être trop de volatilité pour l'instant
41:31pour certains investisseurs.
41:33Trop de volatilité et surtout une corrélation.
41:35C'est ce qu'on a vu ces dernières semaines.
41:37Quand vous avez une correction des marchés actions,
41:39vous avez une correction aussi du bitcoin.
41:41Ça veut dire qu'en termes
41:43de refuge, ça ne marche pas très bien.
41:45Non, pour l'instant,
41:47ce n'est pas du tout corrélé.
41:49Il vous reste quelques minutes.
41:51Vous entendez sur chacun vos différentes allocations.
41:53Qu'est-ce que vous recommandez ?
41:55Qu'est-ce que vous avez actuellement en portefeuille ?
41:57On fait plus d'actions ? On fait plus d'obligations ?
41:59Voilà.
42:01On est tous d'accord.
42:03Nous, on a plutôt conseillé
42:05de renforcer un peu
42:07les taux européens
42:09après la hausse des taux qui nous semblent
42:11intéressants
42:13sur ces niveaux-là.
42:15Sur la partie actions,
42:17on était un peu
42:19comme tout le monde,
42:21très americanocentrés
42:23en fin d'année 2024.
42:25On a plutôt tendance à rééquilibrer
42:27les portefeuilles
42:29pour plein de raisons.
42:31On voit que la diversification marche mieux
42:33maintenant qu'elle n'a marché.
42:35Il y a des vrais effets
42:37de diversification, même à l'intérieur des actions,
42:39entre les actions européennes, les actions chinoises,
42:41les actions asiatiques
42:43et les actions américaines.
42:45Pour un investisseur, c'est intéressant.
42:47Deuxièmement, il y a un petit peu
42:49de changement de narratif.
42:51On ne l'achète pas encore complètement
42:53parce qu'on est en effet
42:55prudents sur la capacité de l'Europe
42:57à exécuter. On l'a vu.
42:59Ça a été
43:01souvent un frein
43:03en Europe.
43:05Mais il y a quand même
43:07des avancées qui font
43:09qu'on pourra retrouver de l'intérêt
43:11et retrouver de la potentialité
43:13sur les actions européennes et attirer
43:15un peu plus de capitaux que par le passé.
43:17On a des bonnes intentions pour le moment.
43:19Maintenant, il faut mettre ça en musique.
43:21Ce n'est pas évident toujours avec ce panel
43:23très différent.
43:25Nous, on reste un peu sous-pondérés
43:27sur les actions, ce qu'on était ces dernières semaines.
43:29On est en train de réduire cette sous-pondération
43:31au fur et à mesure
43:33qu'on s'approche du 2 avril.
43:35On va voir ce qui se passe.
43:37C'est un gros problème, en fait,
43:39le 2 avril.
43:41Pour annoncer les tarifs
43:43et tout ça. Le problème, c'est que ce n'est pas prévisible
43:45ce que va faire Trump.
43:47Personne n'est capable, à part lui peut-être
43:49et encore, je ne suis pas sûr de savoir ce qu'il va faire
43:51le 2 avril.
43:53Là, on est très diversifié
43:55avec une préférence, évidemment, pour les taux européens
43:57où il y a moins de volatilité.
43:59On reste assez surpondérés
44:01sur le crédit européen.
44:03Même si les spread de crédit sont assez bas,
44:05il y a assez peu de risques
44:07et on est sur une trajectoire
44:09avec moins de volatilité.
44:11On préfère cette partie-là.
44:13On reste très prudents sur le crédit américain
44:15parce que là,
44:17les chocs, notamment de
44:19droits de douane par secteur, pourraient avoir
44:21des impacts assez importants.
44:23Les primes de risque ne sont pas beaucoup reconstituées.
44:29Prudence sur le crédit américain.
44:31En attendu 2 avril.
44:33C'est marqué en rouge dans le calendrier
44:35chez LBP AM.
44:37Jacques Henry, la location en ce moment,
44:39qu'est-ce que vous recommandez ?
44:41Sur les taux, on a une vision assez similaire.
44:43Il y a un point dont on n'a pas parlé, c'est l'Inde.
44:45C'est une grande conviction.
44:47Il y a un financement terme domestique
44:49qui a besoin d'être financé.
44:51Mais pour l'instant, ils ne font pas d'erreur.
44:53Ils n'ont pas besoin de sur-stimuler leur économie.
44:55Au contraire, il y a des besoins qui sont colossaux.
44:57Sur le pétrole, nous, on est négatif.
44:59On pense qu'il y a un excès d'offres
45:01qui est en train de se construire.
45:03C'est une conviction
45:05qu'on a mise en place depuis un petit moment
45:07et qu'on tient.
45:09Et sur le dollar,
45:11avec l'incertitude liée à Trump,
45:13on était positif.
45:15Avec, potentiellement,
45:17la possibilité de repasser négatif
45:19si ça déraille un petit peu.
45:21Voilà.
45:23Merci à vous trois experts
45:25pour avoir fait avec nous
45:27ce tour de la planète finance,
45:29donné certaines idées, peut-être,
45:31ou conforté ou pas.
45:33Pierre-Alexis Dumont,
45:35je rappelle que vous êtes CEO,
45:37le chief investment officer.
45:39Directeur de l'investissement.
45:41Voilà.
45:43Je rappelle que vous êtes responsable
45:45de la recherche et allocation
45:47multi-actifs chez Silex.
45:49Merci à vous trois.
45:51Dans un instant, on continue.
45:53On va s'intéresser
45:55à ce qui se passe du secteur
45:57tourisme et loisirs.
46:09Tout de suite,
46:11on se retrouve au marché
46:13tourisme et loisirs
46:15avec un expert parmi les 25 thématiques
46:17qu'il couvre.
46:19C'est Ronny Michali.
46:21Je disais qu'il y a 25 thématiques
46:23dans votre modèle de recherche.
46:25Racontez-nous.
46:27Il y a 25 thématiques
46:29que l'on regarde chez nous.
46:31Parmi ces thématiques,
46:33on va les regrouper
46:35dans 5 méga-tendances.
46:37Ces 5 méga-tendances
46:39sont des thématiques d'investissement
46:41et des opportunités sur le marché.
46:43Si je prends un exemple
46:45très rapide,
46:47la méga-tendance du vieillissement
46:49de la population va engendrer
46:51la thématique silver economy,
46:53l'économie au cours du vieillissement
46:55de la population.
46:57C'est pour vous illustrer.
46:59Tourisme et loisirs
47:01pourraient être dans cette méga-tendance
47:03d'une vie qui se rallonge.
47:05Les seniors ont de plus en plus
47:07d'argent.
47:09On est loin des vacances.
47:11C'est une thématique forte
47:13et on voit avec des très belles sociétés.
47:15Pouvez-vous nous donner
47:17les fondamentaux de cette thématique ?
47:19C'est une thématique
47:21qui est portée par plusieurs méga-tendances.
47:23Plus une thématique est portée
47:25par des méga-tendances,
47:27plus les opportunités d'investissement
47:29sont importantes.
47:31Les méga-tendances sont
47:33l'émergence des classes moyennes,
47:35notamment la classe moyenne asiatique
47:37avec son niveau de vie
47:39qui augmente,
47:41mais aussi la baisse du coût des transports
47:43en Asie qui a fait que
47:45le tourisme s'est démocratisé ces dernières années.
47:47C'est la première.
47:49La deuxième, c'est la numérisation de l'économie.
47:51Il y a une explosion
47:53de l'offre des voyages
47:55et loisirs avec des plateformes
47:57toujours plus nombreuses en ligne
47:59qui permettent d'accéder
48:01à cette offre de voyages et de loisirs.
48:03Cette numérisation de l'économie
48:05permet aussi à cette thématique
48:07de se développer.
48:09La troisième méga-tendance, c'est l'essor
48:11de l'économie collaborative
48:13qui fait que le partage
48:15d'informations rend le voyage
48:17et les loisirs plus appréhendables
48:19par ceux qui veulent y aller
48:21en fonction de ceux
48:23qui y sont déjà allés
48:25et des commentaires qu'ils vont leur donner.
48:27Effectivement,
48:29toute cette économie collaborative
48:31rend le voyage
48:33et le loisir
48:35rapprochent les voyageurs
48:37de leurs futurs voyages.
48:39On va voyager différemment aujourd'hui.
48:41On va comparer les avis.
48:43C'est étonnant, on voyait que tout le monde
48:45avait son guide,
48:47mais aujourd'hui, on n'a plus son smartphone
48:49quand on voyage ou même avant le voyage.
48:51Absolument.
48:53Il y a une démocratisation
48:55du tourisme depuis les années 1950.
48:57Ce ne sont plus forcément
48:59les élites qui voyagent.
49:01Il faut se replacer dans le passé.
49:03C'était vraiment réservé aux élites.
49:05On parle même maintenant de tourisme de masse.
49:07Ces fameux voyageurs
49:09avec leur smartphone,
49:11vous allez les voir
49:13dans la cité de Dubrovnik
49:15en Croatie,
49:17qui a d'ailleurs été fermée
49:19à plus de 4000 touristes par jour
49:21pour préserver la citadelle.
49:23On va les retrouver
49:25dans de nombreux endroits du monde,
49:27mais très localisés.
49:29Selon l'Organisation mondiale du tourisme,
49:3195% des touristes
49:33visitent finalement
49:355%
49:37des espaces émergés
49:39touristiques dans le monde.
49:41On est loin de la règle des 95%.
49:43C'est vrai que par exemple,
49:45la Grèce, c'est Saint-Orin,
49:47les restrictions, Machu Picchu,
49:49on le voit au Mexique également,
49:51on le voit même dans les Calanques, à Marseille.
49:53Il y a de plus en plus de monde
49:55qui est très concentré au même endroit.
49:57Absolument, tout à fait.
49:59Ça en fait quand même
50:01une thématique internationale,
50:03puisque pour peu nous,
50:05on estime qu'il y a du potentiel
50:07sur une thématique, il faut qu'elle soit structurelle,
50:09internationale et transversale.
50:11Structurelle, j'ai expliqué pourquoi les facteurs
50:13structurels portent cette thématique.
50:15Internationale, évidemment,
50:17on n'a encore pas retrouvé
50:19les arrivées
50:21au niveau touristique de 2019.
50:23Dans 120
50:25des principales destinations dans le monde,
50:27il n'y a que 67 qui ont retrouvé leur niveau
50:29de 2019, donc pré-pandémie,
50:31mais on y arrive quand même.
50:33Il y a eu aussi beaucoup de destruction
50:35d'emplois dans cette
50:37thématique.
50:39On est à 295 millions de personnes
50:41dans le monde qui travaillent pour cette
50:43thématique tourisme et loisirs, alors qu'avant,
50:45c'était plutôt 330 millions.
50:47L'offre, en fait, s'est restreinte
50:49du fait de ces destructions d'emplois, mais
50:51c'est pour ça que je viens vous voir aujourd'hui, Fabrice,
50:53il y a encore du potentiel.
50:55Il y a encore du potentiel parce qu'on attend en 2030
50:571,8 milliard de touristes,
50:59donc ça fait un habitant sur 5 sur Terre,
51:01alors que ça
51:03fait un peu plus de 500 millions
51:05par rapport à aujourd'hui,
51:07donc 1,8 milliard par an
51:09de touristes.
51:11Quant aux loisirs, puisque c'est
51:13la thématique bicéphale, tourisme
51:15et loisirs, on a
51:17l'Organisation internationale du travail
51:19qui nous dit quand même qu'en 60 ans,
51:21la durée du temps de travail
51:23a baissé d'à peu près 25%
51:25dans les pays développés
51:27et donc on a plus de temps pour pratiquer
51:29nos loisirs. Et puis on a un voyage
51:31différent, c'est vrai qu'on veut s'occuper aussi
51:33une fois qu'on est dans son lieu de villégiature.
51:35J'ai une question un petit peu chauvine, est-ce que la France,
51:37par exemple, a retrouvé ses niveaux de 2019,
51:39Paris en particulier ? Alors oui,
51:41on a eu les Jeux olympiques, donc évidemment
51:43on ne peut pas forcément comparer,
51:45mais en tout cas, oui, très belle saison touristique
51:47quand même cette année.
51:49Après, ce qui nous intéresse
51:51aussi dans cette thématique, c'est qu'elle est
51:53transversale, c'est-à-dire multisectorielle.
51:55Ce n'est pas un secteur,
51:57tourisme et loisirs, c'est bel et bien
51:59une thématique parce qu'elle est
52:01multisectoriale. Et dans cette
52:03thématique, il y a le secteur des transports,
52:05l'hébergement, la restauration,
52:07les plateformes en ligne
52:09et les métiers de l'accueil et de l'animation
52:11touristique. C'est un secteur énorme. Alors je crois que vous êtes
52:13venu avec quelques chiffres pour illustrer,
52:15on va voir votre étude chiffrée, justement
52:17des performances boursières, la valorisation
52:19du risque également.
52:21Absolument.
52:23Qu'est-ce qu'on peut voir ?
52:25On a un top 3 et un flop 3.
52:27Expliquez-nous. Tout à fait.
52:29Alors sur un an,
52:31un an glissant, on a
52:33eu des bonnes performances.
52:35L'année dernière, alors 2024
52:37calendaire, l'année dernière,
52:39la thématique fait plus 21% versus
52:41le MSCI World qui n'en fait que 17%.
52:43Et les sociétés
52:45qui ont participé à cet essor,
52:47c'est principalement
52:49des compagnies aériennes
52:51qui ont bien marché.
52:53La performance un an
52:55par exemple de Qantas,
52:57la compagnie australienne, 67%.
52:59United Airlines
53:0160%. Et là vous avez en deuxième
53:03colonne la contribution
53:05à la performance de notre indicateur
53:07qui a donc performé
53:09comme je le disais de 21%.
53:11IAG qui est le premier,
53:13International Airlines Group, 88%.
53:15Voilà, tout à fait, exactement.
53:17Pour être totalement juste
53:19et honnête, on a mis aussi
53:21les moins bons performeurs, le flop 3.
53:23Donc TripAdvisor, ça s'est mal passé
53:25l'année dernière, mais de manière générale
53:27quand même, on a une...
53:29TripAdvisor, moins 47%, ça a moins marché.
53:31WebTravel Group, moins 44%.
53:33Et Wizz Air qui est une compagnie aussi aérienne
53:35et ça ne m'étonne pas parce qu'ils sont très mauvais,
53:37je les ai pris une fois, très bien, ils sont en baisse de 31%.
53:39Absolument. On espère qu'ils vont se rattraper
53:41peut-être cette année. Bah tout à fait.
53:43En tout cas de manière générale, c'était une
53:45bonne année pour cette thématique.
53:47A noter aussi les excellents
53:49résultats annuels de Booking.
53:51Booking, c'est presque plus 40% l'année
53:53dernière. Et donc j'ai ramené
53:55un autre graphique qui est assez intéressant.
53:57C'est l'évolution
53:59du PER, la fameuse
54:01cherté de la thématique. Et on voit
54:03qu'évidemment en juin
54:052020,
54:07décembre 2020, post-Covid,
54:09finalement les multiples s'étaient
54:11envolés. Et puis
54:13ça a lentement décliné
54:15en dessous du MSCI World qui est
54:17ici sur le graphique en noir.
54:19Et maintenant on est à un niveau de
54:21valorisation très intéressant de
54:2312,4 fois les bénéfices.
54:25Et donc on a peut-être un point d'entrée
54:27sur cette thématique parce qu'on arrive
54:29vraiment sur des niveaux de valorisation
54:31qui sont intéressants.
54:33Une montée à plus de 40, incroyable, juste après le Covid.
54:35On avait tous envie
54:37de sortir et de profiter.
54:39Exactement. Et donc
54:41au niveau du style, c'est une thématique un peu
54:43plus value que croissance mais il y a quand même
54:45un bon équilibre. Attention toutefois
54:47à ceux qui font de l'ESG,
54:49qui ont des critères ESG qui sont
54:51assez importants.
54:53A noter qu'il y a
54:55principalement des compagnies aériennes, des groupes
54:57hôteliers qui ont plutôt une moyenne
54:59de note ESG en dessous
55:01de la moyenne générale.
55:03Les points forts, les points faibles de la thématique.
55:05Évidemment, c'est une pandémie
55:07mondiale, on a compris que ça allait être compliqué
55:09mais ce qui est intéressant c'est d'avoir qu'il y a un rebond
55:11après. Sans
55:13caricaturer, quels sont les points forts et les points faibles
55:15de cette thématique ? A quoi il faut faire attention
55:17surtout ? Alors les points forts,
55:19notamment
55:21on l'a vu depuis des années
55:23maintenant, la baisse de la
55:25consommation énergétique,
55:27notamment des avions, qui n'a
55:29cessé de baisser depuis des années. Donc du coup,
55:31ça c'est plutôt un catalyseur pour
55:33les compagnies aériennes qui sont
55:35on l'a vu, bien représentées
55:37dans cet indicateur thématique.
55:39Le développement de la
55:41technologie aussi, qui aide
55:43à améliorer l'expérience client, donc les fameux
55:45chatbots qui marchent maintenant avec l'IA
55:47qui sont
55:49capables effectivement d'augmenter,
55:51de faire émerger une expérience client
55:53qui est plus sympathique.
55:55Et également, la
55:57réforme du temps de travail en Chine
55:59avec la fameuse
56:01trois semaines d'or, la fameuse réforme
56:03des trois semaines d'or, qui fait que maintenant
56:05en Chine, ils ont
56:07réellement des congés
56:09et qui font que
56:11évidemment, lorsqu'un
56:13aussi grand pays envoie
56:15partout dans le monde des visiteurs,
56:17des voyageurs, ça fait
56:19un gros catalyseur pour cette thématique.
56:21Même si c'est 5 à 10% de la population
56:23qui peut voyager, qui a les moyens,
56:25vu qu'ils sont 1 milliard et quelques, tout de suite
56:27ça fait beaucoup de monde. Tout de suite, oui.
56:29Effectivement. Alors évidemment, il y a les points
56:31faibles sur lesquels
56:33il faut qu'on s'attarde, parce qu'il faut
56:35toujours se remettre en question. Il y a
56:37l'apparition, bien sûr, des quotas de voyageurs,
56:39on en a parlé juste avant.
56:41Il y a la fermeture temporaire de certains
56:43sites, on pense à Maya Bay, par exemple,
56:45en Thaïlande, qui avait fermé,
56:47ou l'interdiction des navires de croisière, par exemple,
56:49dans plusieurs villes, notamment à Venise
56:51en 2011. Depuis,
56:53ça n'a jamais été rétabli.
56:55Voilà. Le touriste de masse qui
56:57vient finalement être victime
56:59de son propre succès.
57:01Et il y a aussi les risques
57:03géopolitiques, les conflits, qui peuvent
57:05bien sûr faire
57:07baisser les entreprises de cette thématique.
57:09Et c'est une thématique qui est aussi
57:11sensible, bien sûr, à l'inflation, même si
57:13en ce moment elle recule, mais surtout au cours du pétrole.
57:15Donc attention lorsque vous investissez
57:17sur cette thématique, c'est quand même des facteurs
57:19à regarder, et notamment
57:21la volatilité du cours du pétrole.
57:23Justement, il nous reste une minute pour parler des fonds
57:25sur lesquels on peut investir, si on s'intéresse à cette thématique.
57:27Qu'est-ce qu'on fait ?
57:29Absolument. Alors, il y en a trois
57:31qui m'ont intéressé. Il y a le tracker
57:33Travel, de chez ANETF,
57:35qui a
57:37les 60 valeurs vraiment
57:39emblématiques de la thématique,
57:41qui a été créée en juin 2021.
57:43On retrouve des valeurs
57:45comme Airbnb, Marriott International,
57:47Ryanair. Donc c'est vraiment,
57:49voilà, plutôt orienté
57:51au tourisme, comme son nom l'indique,
57:53Travel You Seat ETF, c'est plutôt orienté
57:55tourisme que loisir. Maintenant,
57:57si vous voulez plutôt
57:59le pan loisir de cette thématique
58:01tourisme et loisir,
58:03vous avez Fidelity,
58:05qui a le fonds Fidelity
58:07Select Leisure Portfolio.
58:09Comme je l'ai dit, plutôt tourné loisir,
58:11sur la consommation discrétionnaire principalement,
58:13et qui, lui, n'a pas
58:15de compagnie aérienne, si vous voulez éviter les compagnies
58:17aériennes. Et enfin,
58:19vous avez Arvest, vous avez le Arvest Travel
58:21and Leisure ETF, très tourné
58:23vers les valeurs US, celui-ci.
58:25C'est les 30 valeurs dominantes
58:27de la thématique. Eh bien voilà,
58:29on a fait le plein, en tout cas,
58:31ETF ou fonds actifs.
58:33Merci, Rony Michalici. Je rappelle que vous êtes le président
58:35de Galilée AM. Si vous n'avez pas eu le temps de tout
58:37noter, on peut retrouver cette émission
58:39en replay. Et si l'émission vous a plu, n'hésitez
58:41pas à nous mettre 5 étoiles, tiens, sur les plateformes
58:43de podcast. Merci en tout cas
58:45à vous tous. Demain, vous retrouverez Grégoire Favé
58:47pour un nouveau numéro de Smart Bourse.
58:49Bonne soirée à tous.