Mercredi 26 mars 2025, retrouvez Fabrice Cousté (Journaliste, B SMART), Stéphane Delabres (Directeur général, Communauté Urbaine Arra), Stéphane Gourgout (Vice-président et Co-fondateur, Bionatics), Flavie Bileur (Directrice Transition Écologique et Climatique, Saint-Nazaire Agglo) et Benoît Lacroix (directeur régional adjoint, ADEME Pays de la Loire) dans SMART IMMO, une émission présentée par Fabrice Cousté.
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00:08Bonjour, bienvenue à tous, bienvenue sur Smartimo
00:10Je suis ravi de vous retrouver pour cette nouvelle émission
00:12depuis le Forum des projets urbains à Nantes
00:15Dans un instant, on va voir comment on utilise la technologie
00:18au service de la transformation urbaine
00:20notamment grâce à un jumeau numérique
00:22et puis on verra également comment on décarbone
00:26les projets urbains avec, vous le verrez,
00:28notamment les réseaux de chaleur urbain
00:31Smartimo, c'est parti !
00:37Dans Smartimo depuis le Forum des projets urbains à Nantes
00:40on va s'intéresser à la technologie du jumeau numérique
00:43comment cette technologie peut aider les villes à se transformer
00:46c'est ce qu'on va voir avec nos invités
00:48on est ravi d'accueillir Stéphane Delap
00:50Bonjour Stéphane !
00:51Bonjour
00:52Vous êtes directeur général des services de la communauté urbaine d'Arras
00:55et à vos côtés un autre Stéphane, Stéphane Gourgou
00:57Bonjour
00:58Vous êtes vice-président de Bionatics
01:00qui fournit cette technologie qu'on va voir dans un instant
01:03Pour commencer, Stéphane Delap
01:05pouvez-vous nous présenter votre territoire
01:07sur lequel il y a beaucoup de transformations en ce moment ?
01:10Avec plaisir !
01:11La communauté urbaine d'Arras est située dans le Pas-de-Calais
01:14au nord de Paris, entre Paris et Lille
01:17et ce qui fait ses atouts
01:20c'est sa proximité avec Paris par TGV
01:23qui nous relie en 50 minutes à la capitale
01:26et à 20 minutes de Lille
01:27donc à un moment, les investisseurs ont compris aussi l'intérêt
01:30de poser leur valise, de s'implanter sur notre territoire
01:34Oui, territoire je le disais en transformation bien évidemment
01:37avec l'utilisation dans un contexte de zéro artificiation net
01:42de tous les fonciers disponibles
01:44et c'est là où vous avez modélisé complètement votre ville
01:48ou utilisé cette technologie pour aller voir un petit peu
01:51quelles sont ses réserves de fonciers
01:52Expliquez-nous
01:53En fait, la requalification des friches et des secteurs
01:56qui étaient plutôt en déshérence
01:58c'est un travail qui a été engagé depuis de nombreuses années
02:00et c'est vrai qu'avec le débat sur le ZAN
02:03les choses se sont accélérées
02:05et c'est dans ce cadre-là qu'une concertation avait été lancée
02:07il y a maintenant 4 ou 5 ans
02:09autour de la gare
02:11où nous avions des délaissés ferroviaires
02:13qu'il fallait réaménager
02:14Très bien !
02:15Justement, on parle de cette technologie
02:17le jumeau minimumérique
02:19Stéphane Gouroux, c'est vrai qu'on connaît
02:21certaines technologies
02:23par exemple pour la production industrielle
02:24on va modéliser une voiture avant de la fabriquer
02:26mais à l'échelle d'une ville
02:27expliquez-nous comment c'est possible de faire ça
02:30Alors, on travaille à partir des données numériques patrimoniales
02:34qu'on va trouver sur les territoires
02:36les premiers jeux de données
02:37ce sont les données publiques
02:38les données issues de l'Open Data
02:39et là on a un partenaire en France idéale
02:41qui est l'IGN
02:42qui nous fournit des modèles numériques de terrain
02:44des données topographiques sur les bâtiments
02:46la végétation
02:47et puis de l'image aérienne
02:48qui est mise à jour assez régulièrement
02:50et dans des précisions assez fines
02:52en fait toute cette donnée numérique
02:53va être stockée
02:55et va s'agréger dans des serveurs
02:57et va permettre grâce à la technologie
02:59de modéliser la ville en trois dimensions
03:01et donc dans ce socle de l'état existant
03:04vont venir ensuite s'intégrer les projets
03:06qui sont conduits par la communauté urbaine
03:09dont les données viennent des bureaux d'études
03:12Oui, notamment au MIPIM
03:14qui avait lieu il y a quelques semaines à Cannes
03:16on a vu ces maquettes
03:19pas à l'échelle évidemment
03:21mais vraiment très détaillées
03:23là vous avez une maquette numérique
03:25en quoi ça va aider par rapport à une maquette classique ?
03:28La maquette numérique
03:30on est dans une approche qui est complètement
03:32d'une part dynamique
03:33c'est à dire qu'on interroge la donnée
03:35en temps réel
03:36et ça va nous permettre d'avoir des mouvements d'échelle
03:38qui vont de la vue piétonne
03:40à celle du territoire
03:42le grand principe de la maquette numérique
03:44c'est également sa capacité à pouvoir
03:46dynamiser au cours du temps
03:47la visualisation du projet
03:48on va partir des phases d'esquisse
03:49jusqu'aux phases de réalisation
03:51et on va s'appuyer sur ce socle numérique
03:53pour accompagner la vérification
03:56des hypothèses d'aménagement
03:58au stade de la conception
03:59puis pouvoir communiquer
04:01concerter avec la population
04:02éclairer la décision des élus
04:04en phase de réalisation
04:06Je dois te dire qu'on a fait
04:08une petite démo
04:09avant d'enregistrer ce sujet
04:11c'est vrai que c'est assez bluffant
04:13de voir comme ça la ville
04:15se transforme pratiquement en temps réel
04:17et puis on peut travailler justement
04:19sur des réserves de fonciers
04:20notamment des friches
04:22je crois que c'est SNCF Immobilier
04:23qui vous a rétrocéder une friche récemment
04:25En fait oui, depuis plusieurs années
04:27la communauté urbaine
04:28devenait propriétaire de ces terrains
04:30et comme l'expliquait Stéphane
04:31à un moment vous êtes face
04:33à des investisseurs
04:34qui souhaitent comprendre
04:36le projet urbain
04:38qui va se faire
04:40dans les prochaines années
04:42c'est un atout supplémentaire
04:44parce que de voir
04:46comment ce quartier va s'intégrer
04:48dans la ville existante
04:50c'est aussi important
04:51parce que nous ne pouvons pas non plus
04:52accepter des immeubles
04:54qui viendraient défigurer un quartier historique
04:56nous avons la chance d'être une ville historique
04:58et donc tous ces nouveaux quartiers
05:00doivent également pouvoir
05:02s'intégrer de façon harmonieuse
05:04ça c'est sur le plan des investisseurs
05:06mais également sur le plan des habitants
05:08quand vous avez une maison de ville
05:10qui a par exemple deux étages
05:12dont les propriétaires
05:14vont voir pousser devant chez eux
05:16un immeuble qui peut avoir
05:18parfois trois ou quatre étages
05:20quelque part ça inquiète
05:22et cette maquette numérique
05:24va rassurer parce que
05:26on a l'impression d'immersion
05:28dans un nouveau quartier
05:30lire un plan
05:32voir des esquisses
05:34ça n'est pas forcément
05:36évident pour tous
05:38et cette maquette numérique
05:40est quand même beaucoup plus accessible
05:42pour les personnes un peu éloignées
05:44du monde de l'aménagement urbain
05:46ce jumeau numérique de la ville
05:48il va servir finalement
05:50à la co-construction de nos projets
05:52à faire de la pédagogie
05:54à montrer ce que ça va devenir
05:56à vérifier aussi certaines hypothèses de temps en temps
05:58il y a vraiment une volonté
06:00chez les élus de la communauté
06:02d'être dans la concertation
06:04on ne peut plus aujourd'hui
06:06faire un projet urbain
06:08écouter les riverains
06:10les plus proches mais également
06:12les utilisateurs de ce pôle d'échange multimodal
06:14que nous sommes en train de créer
06:16autour de la gare
06:18cet outil va vraiment être
06:20un moyen d'aide à la décision
06:22par rapport aux gabarits
06:24des immeubles
06:26qui vont être bâtis
06:28à cet endroit et ça nous a déjà servi
06:30parce qu'aujourd'hui vous avez des investisseurs
06:32qui ont déjà signé pour venir s'implanter
06:34sur le secteur et cette maquette numérique
06:36nous a aidé justement à dimensionner
06:38raisonnablement les nouveaux bâtiments
06:40qu'ils allaient construire
06:42Une maquette numérique
06:44qui vous l'avez dit évolue pratiquement en temps réel
06:46ou selon les conditions
06:48vous avez mappé Stéphane Gurgaud de Bionetics
06:50comme ça tout le territoire français
06:52vous pouvez aller dans n'importe quelle ville aujourd'hui
06:54Effectivement
06:56on traite de la donnée
06:58qui est dans des données IGN
07:00qui est notre principal partenaire au départ
07:02on couvre toute la France y compris les territoires
07:04d'Outre-mer. On est présent à 40%
07:06d'ailleurs de notre chiffre d'affaires réalisés
07:08dans les territoires d'Outre-mer parce que ce sont des territoires
07:10très dynamiques. On est présent à Mayotte
07:12également en Guyane
07:14et dans les Antilles
07:16Donc là ça a été mis à jour avec certains bâtiments qui ont peut-être
07:18disparu malheureusement avec les conditions
07:20climatiques récentes
07:22Oui alors on est très mobilisé sur le contexte
07:24du cyclone Chido à Mayotte avec le conseil
07:26départemental, avec les bailleurs sociaux
07:28avec l'EPFAM, l'établissement public foncier
07:30d'aménagement de Mayotte évidemment
07:32avec les Antilles, stratégie
07:34pour la reconstruction de Mayotte
07:36Très bien. Stéphane Delamme, on se focalise
07:38justement sur votre territoire
07:40on sait que comme partout
07:42les directeurs sont
07:44il faudrait attirer du monde, on a aussi
07:46une crise du logement dans ce qu'on disait
07:48dans un contexte de zéro artificiation net
07:50comment on fait aujourd'hui ? Quels sont justement
07:52les friches ou les grands projets sur lesquels vous travaillez
07:54puisqu'on est ici au forum des projets urbains
07:56est-ce que vous pouvez nous en donner un aperçu ?
07:58Alors nous avons parlé du master plan gare
08:00on est plus sur de l'aménagement d'un nouveau
08:02quartier mais tourné vers le bureau, vers le tertiaire
08:04mais forcément
08:06c'est aussi se réapproprier
08:08des secteurs où
08:10auparavant
08:12vous aviez de l'activité plutôt artisanale
08:14ou industrielle et nous avons la chance
08:16d'avoir sur Arras
08:18un canal qui s'appelle la Scarpe
08:20et sur lequel il y avait un port fluvial
08:22et ce port fluvial aujourd'hui
08:24n'existe plus et les activités
08:26économiques qui y étaient
08:28ont disparu et aujourd'hui
08:30nous avons une volonté de construire un nouveau quartier
08:32un éco-quartier
08:34qui pourrait accueillir autour de
08:36500 logements
08:38et qui est à 10 minutes à pied de la
08:40grand place historique d'Arras
08:42donc forcément cela pose aussi
08:44la question des mobilités actives
08:46comment les habitants de ce nouveau quartier
08:48vont pouvoir profiter justement
08:50de rejoindre le centre historique d'Arras
08:52en y allant de façon paisible
08:54à pied, à vélo
08:56et cela s'inscrit également dans toute une politique d'aménagement
08:58des bords de Scarpe
09:00qui est devenu
09:02un poumon vert
09:04de notre agglomération
09:06c'est là où
09:08le week-end, pendant les vacances
09:10vous avez énormément de familles qui viennent y faire du sport
09:12se divertir
09:14et quelque part c'est aussi ça
09:16notre rôle en tant qu'aménageur
09:18c'est de pouvoir redonner vie
09:20à certains secteurs et cette maquette
09:22numérique justement permet
09:24d'allonger le grand public
09:26dans ce quartier
09:28dans 10 ou 15 ans
09:30se projeter peut-être, se dire pourquoi pas
09:32investir aussi
09:34peut-être avec des dispositifs en plus
09:36on parle beaucoup de bails réels solidaires
09:38qui sont aménagés, en tout cas il faut
09:40décoincer un petit peu la machine de l'immobilier
09:42qu'est-ce que vous diriez justement
09:44vous qui avez expérimenté ce jumeau numérique
09:46à vos collègues
09:48qui se posent la question
09:50d'un tel investissement
09:52c'est un instrument qui ne doit pas être réservé
09:54aux grandes agglomérations
09:56aux outils peut-être
09:58genre les SEM
10:00les SPL qui peuvent paraître
10:02peut-être parfois un peu techno
10:04pour le grand public, nous quelque part
10:06c'est un moyen
10:08d'information, de communication, de concertation
10:10nous savons qu'il faut toujours être
10:12beaucoup plus innovant en termes de concertation
10:14parce qu'aujourd'hui
10:16toucher le grand public ce n'est pas évident
10:18donc il faut être un peu imaginatif
10:20et ça aussi permet
10:22d'avoir des résultats
10:24et je pense que Arras
10:26reste un territoire
10:28on va dire
10:30de taille moyenne, nous sommes
10:32110 000 habitants sur l'agglo d'Arras
10:34mais pourtant
10:36nous avons souhaité nous doter de cette maquette
10:38parce que quelque part ça nous paraissait
10:40important
10:42d'être toujours
10:44dans une démarche de co-construction
10:46avec nos habitants
10:48et puis on le voit très bien
10:50sur la maquette numérique
10:52c'est vrai que c'est aussi la communauté d'agglo
10:54tout autour, on voit le maillage
10:56on voit les transports, on voit comment tout
10:58vit en commun
11:00chez Bionetics on a
11:02aggloméré aussi ce genre de données
11:04Dans le jumeau numérique vous avez
11:06pas simplement le sol mais vous avez
11:08l'écosystème urbain
11:10qui peut être représenté
11:12par exemple
11:14ce qui va permettre notamment de
11:16visualiser bien évidemment
11:18des données même dynamiques
11:20qui peuvent venir être visualisées
11:22dans le jumeau numérique
11:24ça peut être également des données qu'on ne voit pas
11:26les infrastructures, être capable de visualiser
11:28à l'échelle d'une opération d'aménagement
11:30où passent les réseaux actuellement
11:32et où vont passer les réseaux futurs
11:34et de pouvoir quelque part faire cette
11:36confrontation, ça c'est un gain
11:38très important pour la
11:40collectivité ou l'aménageur
11:42pouvoir visualiser également
11:44des informations en lien avec
11:46les îlots de chaleur urbains sur un diagnostic
11:48en ville et de pouvoir
11:50en fonction des aménagements qui seront
11:52choisis sur le
11:54traitement des sols, sur la végétation
11:56pouvoir calculer au cours du temps en fonction
11:58de la croissance de la végétation comment cet
12:00aménagement va refroidir la ville
12:02ça c'est des atouts en termes de simulation
12:04que peut apporter le jumeau numérique
12:06vous avez bien évidemment tous les enjeux liés au risque
12:08les risques d'inondation qui peuvent être également
12:10des calculs intéressants
12:12de logements qui vont être en bord de la Scarpe
12:14il y a des simulations
12:16sur des débordements ?
12:18Exactement, sur certains territoires où on est contraints de construire
12:20sur pilotis, on sait qu'on est en os inondable
12:22il faut trouver des solutions
12:24et la maquette numérique aide
12:26énormément les aménageurs
12:28les concepteurs à prendre
12:30ces décisions et à faire les bons choix
12:32Si je peux me permettre simplement, c'est vrai que nous avons focalisé
12:34sur des aménagements urbains
12:36d'importance parce que l'objet était aussi
12:38de pouvoir les présenter
12:40dans le cadre du MIPIM où nous étions présents
12:42nous avions un stand, mais en même temps
12:44comme nous disait Stéphane
12:46nous parlons aussi à l'échelle du territoire
12:48vous avez une ville centre mais vous avez également
12:50un territoire plus rural autour
12:52et la maquette numérique
12:54va également nous servir à développer
12:56des opérations d'habitat
12:58dans des communes rurales
13:00parfois, voir pousser
13:02un immeuble, même si c'est un étage
13:04c'est parfois compliqué
13:06à faire comprendre à la population
13:08et cet outil va également
13:10nous permettre d'être dans cette concertation
13:12au plus près des habitants
13:14donc vraiment avoir à l'esprit
13:16qu'il peut être utile
13:18à tout type et toute taille de collectivité
13:20et je pense que c'est ce qu'il faudra retenir aujourd'hui
13:22Je crois qu'on voit bien qu'aujourd'hui
13:24le principal frein dans les opérations d'aménagement
13:26ce sont souvent les délais, les prises de décision
13:28donc l'intérêt de la maquette numérique, c'est d'accélérer
13:30le plus possible les prises de décision
13:32et dans les prises de décision, il y a les habitants
13:34plus on va pouvoir désamorcer en amont
13:36les problèmes qui se posent
13:38sur typiquement des gabarits urbains
13:40pas forcément bien accueillis
13:42plus on va pouvoir travailler en amont avec cette population
13:44régler les problèmes et accélérer cette procédure
13:46Voilà, on sait la co-construction
13:48la concertation sont les clés aujourd'hui
13:50d'une opération qui fonctionne
13:52et bien si le jumeau numérique peut aider
13:54ça paraît être une bonne solution, en tout cas la technologie
13:56à l'aide des aménageurs
13:58Merci pour vos témoignages
14:00Stéphane Gouraud, je rappelle que vous êtes
14:02vice-président co-fondateur de la société
14:04Bionatics, qui édite ces jumeaux numériques
14:06et Stéphane Delamme, merci
14:08je rappelle que vous êtes directeur général des services
14:10de la communauté urbaine d'Arras
14:12à très bientôt sur Smartimo
14:14Merci pour votre accueil
14:20Dans Smartimo, on se pose cette question
14:22comment décarboner les projets urbains
14:24on en parle avec deux spécialistes
14:26on est ravi d'accueillir Benoît Lacroix, bonjour Benoît
14:28Bonjour
14:30Vous êtes directeur régional adjoint de l'ADEME Pays de la Loire
14:32et à vos côtés Flavie Biller
14:34Bonjour Flavie
14:36Vous êtes directrice de la transition écologique et climatique
14:38Saint-Nazaire Aglo
14:40on est à moins d'une heure
14:42de Nantes et on va voir avec vous
14:44comment se développe
14:46l'agglomération de Saint-Nazaire
14:48et comment on décarbone
14:50on va commencer par vous Benoît, si vous voulez bien
14:52vous pouvez nous présenter ce que fait l'ADEME
14:54sur votre territoire Pays de la Loire
14:56Alors l'ADEME, j'ai juste rappelé
14:58qu'on est l'opérateur de la transition écologique
15:00après toutes les thématiques hormis l'eau
15:02notamment ou à la biodiversité
15:04donc on va traiter notamment
15:06des énergies renouvelables, notamment
15:08la chaleur renouvelable qui va être le sujet d'aujourd'hui
15:10on va traiter de l'économie circulaire, de l'urbanisme
15:12on va traiter un peu d'agriculture, de changement
15:14climatique qui est le sujet d'actualité
15:16on a un budget
15:18annuel de peu près de 150 millions d'euros
15:20en 2024, qui était un budget important
15:22finalement, puisque au niveau national
15:24on est aux alentours
15:26de 3 milliards d'euros
15:28donc on a un poids au niveau régional
15:30dans tout ce que fait l'ADEME au niveau national
15:32L'ADEME
15:34et puis l'ADEME
15:36c'est 3 casquettes différentes
15:38une première casquette, nous, sur les territoires
15:40c'est de massifier les projets, donc on va financer
15:42un certain nombre de projets
15:44d'énergie renouvelable, d'économie circulaire et autres
15:46et puis on va se baser sur une expertise
15:48qu'on va tirer du national
15:50et on va faire un peu d'innovation, que ce soit
15:52l'innovation technique ou l'innovation sociétale
15:54également, qui permet d'accompagner
15:56le changement de comportement
15:58Donc, on rentre un petit peu dans le détail, à Saint-Nazaire
16:00justement, qu'est-ce que vous avez mis en place
16:02notamment en ce quartier de
16:04La Carenne
16:06le réseau de chaleur
16:08Alors, on n'a pas encore mis en place
16:10on est en train d'y travailler
16:12nous, on accompagne La Carenne depuis pas mal d'années
16:14quand même, puisque
16:16La Carenne, c'est un territoire important
16:18à l'estuaire de la Loire
16:20avec beaucoup d'industriels et on sait
16:22qu'il faut faire évoluer les industriels
16:24notamment dans leur décarbonation
16:26et au niveau de la collectivité, on est une collectivité
16:28qui est très motrice aujourd'hui
16:30sur la transition écologique
16:32et qui a franchi un certain nombre
16:34d'étapes, notamment en termes de planification
16:36de sa transition écologique
16:38et par rapport à ça, effectivement
16:40il y a eu notamment
16:42un schéma de développement
16:44des énergies renouvelables qui a été mis en place
16:46il y a un certain nombre d'outils de planification
16:48qui ont été mis en place par la collectivité
16:50et qui lui permettent aujourd'hui de s'engager
16:52dans différents chantiers de transformation
16:54de la ville
16:56pour décarboner
16:58le mixte énergétique de la collectivité
17:00Flavie, un mot justement
17:02sur ces projets en cours avec
17:04l'ADEME, comment vous collaborez ensemble ?
17:06Comment on collabore ? Effectivement
17:08l'ADEME nous accompagne sur de nombreux champs
17:10donc Benoît de la Cité
17:12l'accompagnement sur les politiques de transition
17:14écologique sur l'ensemble de leurs champs
17:16à la fois réduire nos émissions de gaz
17:18à effet de serre et développer
17:20nos systèmes
17:22de production qui nous permettent de muter
17:24vers des systèmes moins émissifs et moins
17:26dépendants des énergies fossiles
17:28et un des projets emblématiques, c'est vrai qu'on est
17:30un territoire urbain
17:32et un des gros leviers que nous avons
17:34c'est de développer des infrastructures de chaleur
17:36renouvelable, c'est
17:38un levier qui a été
17:40on va dire
17:42détecté dès
17:44les premières planifications
17:46ce qu'on appelle plan climat et énergie territorial en 2019
17:48et même encore avant
17:50quand on commençait à travailler sur l'écologie industrielle
17:52et territoriale. Il faut vraiment
17:54se dire qu'à Saint-Nazaire à Glos, si on se préoccupe
17:56des questions de transition écologique
17:58c'est pour plusieurs aspects, certes
18:00décarboner
18:02atteindre les objectifs nationaux
18:04internationaux, d'atténuation
18:06du changement climatique
18:08mais aussi, parce qu'on croit sincèrement que c'est un levier
18:10pour l'économie
18:12pour qu'elle sache aussi rebondir
18:14se transformer vers des activités porteuses
18:16pour l'avenir. Et enfin
18:18on a un indéen de politique sociale
18:20très fort et ce projet de réseau de chaleur
18:22vient chercher
18:24cette composante aussi, une transition écologique
18:26accessible.
18:28Projet écologique, économique
18:30et social, on a bien compris. Je reviens juste
18:32sur la partie économique, c'est vrai que la crise
18:34de l'énergie est passée par là, on le souvient
18:36avec évidemment le choc
18:38et la guerre
18:40russo-ikrénienne. Aujourd'hui
18:42on a l'impression que
18:44le prix de la molécule a un peu baissé
18:46pour autant, on ne revient pas en arrière
18:48et on continue dans cette optique
18:50même si les élus
18:52passent, c'est vraiment une constante
18:54et vous creusez dans cette direction.
18:56Effectivement
18:58on peut le dire, la crise énergétique
19:00a été un élément déclencheur
19:02ça a vraiment permis de prendre conscience
19:04que les énergies fossiles
19:06restaient volatiles
19:08et qu'il fallait chercher à maîtriser
19:10cette facture énergétique
19:12Aujourd'hui c'est vraiment parce que ce projet
19:14de réseau de chaleur permettait de cocher
19:16à la fois les questions de décarbonation
19:18et d'équilibre économique
19:20que les élus s'en sont saisis
19:22ça offre une visibilité
19:24sur la durée et c'est un outil
19:26qui permet de relocaliser
19:28la maîtrise aussi de cette production
19:30d'énergie et ça c'est
19:32ce qui a permis vraiment d'arriver à embarquer
19:34l'ensemble des acteurs
19:36pour arriver à sortir une infrastructure
19:38de cette taille, de ce niveau là.
19:40C'est peut-être moins visible
19:42on va dire que par exemple
19:44des panneaux photovoltaïques ou des éoliennes
19:46qui font débat, en tout cas c'est très efficace
19:48ces réseaux de chaleur urbain, est-ce qu'on peut mesurer
19:50Flavie ou Benoît, les économies
19:52qui sont réalisées quand on arrive comme ça à recorder
19:54une agglomération ?
19:56D'un point de vue économique, comme le disait
19:58Flavie, effectivement aujourd'hui
20:00même si le prix du gaz a tendance à baisser
20:02on voit que c'est très fluctuant
20:04et l'énergie
20:06renouvelable en tout cas
20:08selon d'où elle vient
20:10est maîtrisable largement dans le temps
20:12si on prend par exemple
20:14de la récupération de chaleur sur une station d'épuration
20:16votre station d'épuration est là pour tout le temps
20:18votre réseau de chaleur, alors il ne se voit pas
20:20il est sous le sol
20:22les connexions vont se faire aussi en souterrain
20:24jusqu'aux différents bâtiments donc on ne verra rien
20:26Et on récupère combien en
20:28calories ou en chaleur ou en degrés
20:30pour expliquer simplement ?
20:32Il y a différents types de réseaux de chaleur
20:34généralement maintenant on est sur des réseaux de chaleur
20:36qui vont être entre 60 et 80 degrés
20:38en température entre l'aller et le retour
20:40donc en distribuant la chaleur au fur et à mesure
20:42et donc on va
20:44intégrer sur ce réseau de chaleur
20:46différentes sources d'énergie par différents moyens
20:48on va parler des stations d'épuration par exemple
20:50on va récupérer de l'eau
20:52qui n'est pas à 40 ni à 60
20:54ni à 80 degrés mais on va la récupérer
20:56avec un système de pompe à chaleur
20:58qui va permettre de la
21:00rehausser en température
21:02et de faire une sorte de préchauffage de l'eau
21:04après réchauffer par d'autres usages
21:06pour les industriels
21:08c'est un peu l'inverse parce qu'on a
21:10des industriels qui vont plutôt utiliser de la vapeur
21:12et donc cette vapeur
21:14elle est presque trop chaude finalement par rapport au
21:16réseau de chaleur et donc on va avoir tendance
21:18à faire en sorte
21:20qu'elle soit un peu diluée pour
21:22être compatible avec le réseau de chaleur
21:24et donc c'est toutes ces sources de chaleur
21:26qu'on peut récupérer par ci et par là
21:28qui sont produites de toute façon
21:30donc quand on parle de récupération de chaleur fatale
21:32c'est de la chaleur qui aurait été perdue
21:34donc là on est dans un circuit
21:36qui est hyper vertueux et qui fait
21:38qu'on utilise ce qui était perdu pour chauffer
21:40différents usages qui peuvent être des
21:42industries mais qui peuvent être aussi du
21:44social ou du tertiaire
21:46comme l'évoquait Flavie
21:48Flavie Biller justement sur
21:50les équivalents logements à chauffer
21:52est-ce qu'on a une idée de ce que ça peut représenter ?
21:54Oui, alors en équivalent
21:56logement sur le programme
21:58que nous lançons on est sur 16500
22:00équivalents logements
22:02et c'est vraiment la recherche de
22:04mutualisation et de massification
22:06qui permet à ce projet de sortir
22:08il est
22:10prévu d'alimenter pour 100 GWh
22:12par an
22:14c'est énorme en fait
22:16aujourd'hui pour 2030 l'agglomération
22:18s'est fixée comme objectif d'être
22:20producteur à hauteur de 600 GWh
22:22d'énergie renouvelable tout compris
22:24donc ce projet en lui seul, sachant qu'on
22:26partait pas de zéro déjà
22:28on est déjà pas loin de 200 GWh
22:30aujourd'hui, donc ce projet en lui seul crée
22:32une marche, un bond absolument gigantesque
22:34dans l'atteinte de ces objectifs
22:36donc on va
22:38livrer à la fois des industriels
22:40dans ces 16000 équivalents logements
22:42il y en a un quart en fait en réalité
22:44c'est de l'industrie
22:46un autre quart c'est des logements sociaux
22:48donc là on va chercher vraiment les collectifs
22:50résidentiels
22:52aux quatre coins de la ville
22:54et
22:56le reste
22:58des consommations qu'on va adresser
23:00sont tournées autour
23:02du patrimoine public
23:04il y a des écoles, des gymnases
23:06conservatoires etc
23:08qui sont reliés et enfin
23:10du résidentiel privé également
23:12il faut une certaine densité pour
23:14les raccorder mais c'est aussi
23:16bien sûr une cible, donc on s'adresse à tout un tas
23:18d'acteurs, on vient mutualiser
23:20on vient aussi mutualiser effectivement
23:22les productions d'énergie, donc on va s'appuyer sur
23:24plusieurs sources, des sites
23:26de pompes à chaleur
23:28qui ont été cités pour récupérer des
23:30calories auprès des stations d'épuration
23:32de la chaleur fatale
23:34récupérée auprès d'industriels
23:36et des nouveaux sites de production en partie
23:38qui s'appuient sur la biomasse et enfin un reliquat
23:40à gaz, donc on va jouer sur plusieurs
23:42sources qui rendent aussi l'infrastructure
23:44le but, on interconnecte et ça rend
23:46résilient cette production
23:48Chaque projet
23:50est différent en fait
23:52On en voit plein maintenant
23:54et pour rebondir un petit peu sur ce que vous disiez tout à l'heure
23:56c'est les collectivités qui poussent
23:58aujourd'hui effectivement pour
24:00poursuivre les investissements en matière
24:02de chaleur renouvelable même si le prix
24:04du gaz a diminué parce qu'elles ont des objectifs
24:06de planification avec le plan
24:08climat et réénergie
24:10et donc on est très
24:12en suivi de ces installations
24:14sur la récupération de chaleur, on n'a pas parlé
24:16des usines d'incinération parce qu'il n'y en a pas
24:18à Saint-Nazaire mais on a des projets avec des usines
24:20d'incinération ou autre
24:22Quand on écoute effectivement
24:24on voit que plus de 80% d'énergie renouvelable
24:26bas carbone
24:28une solution également moins chère et puis
24:30durablement moins chère dans le temps
24:32on se dit mais finalement
24:34pourquoi il n'y a pas encore de passage à l'échelle massif
24:36quels sont les principaux freins
24:38qu'on rencontre aujourd'hui ?
24:40Je pense qu'il y a eu
24:42le coût
24:44un peu des installations
24:46qui peut faire peur
24:48un peu de complexité administrative
24:50parce que pour une collectivité
24:52soit il faut faire une délégation
24:54de services publics mais ça veut dire que c'est un engagement
24:56sur le long terme et tous les élus
24:58aujourd'hui ne veulent pas forcément prendre des engagements
25:00à long terme et sur
25:02plusieurs mandats
25:04ça peut être éventuellement de la régie mais
25:06ça il faut avoir du personnel formé donc c'est compliqué
25:08aussi aujourd'hui d'avoir des équipes en interne dans les collectivités
25:10donc c'est pour ça qu'on
25:12retrouve ces réseaux en tout cas dans des collectivités
25:14qui sont suffisamment structurées aujourd'hui
25:16qui ont du personnel pour pouvoir traiter
25:18ce type de projet
25:20et coordination
25:22il y a une certaine visibilité
25:24dans le temps une fois qu'on est raccordé c'est pour
25:26des dizaines d'années alors évidemment
25:28les projets se comptent aussi
25:30en millions, en dizaines de millions d'euros
25:32mais une fois que c'est mis en place
25:34c'est très vertueux parce que les agglomérations
25:36connexes, communes
25:38alentours elles sont intéressées aussi
25:40on peut se reconnecter après une fois qu'il est en place
25:42qu'il y a un premier réseau de chaleur créé
25:44effectivement c'est une infrastructure
25:46qui a une durée de vie
25:4840 ans
25:5050 ans
25:52les tuyaux sont posés en souterrain
25:54on espère que dans 40 ans ils sont encore là
25:56qu'on n'aura pas besoin d'y retoucher
25:58les équipements de production
26:00sont généralement renouvelés au bout de 20 ans
26:02mais malgré tout
26:04c'est une infrastructure qui est là pour durer
26:06et une fois que les investissements initiaux
26:08sont payés, alors certes
26:10c'est une marche à franchir, ça prend du temps
26:12il faut coordonner les acteurs
26:14trouver les leviers financiers
26:16ça s'incube sur plusieurs années
26:18voire presque une décennie
26:20mais une fois que c'est là
26:22les premiers investissements sont amortis
26:24on peut commencer à réfléchir
26:26à étendre
26:28c'est une infrastructure qui aura une vie
26:30comme le réseau électrique
26:32comme le réseau gaz
26:34ça se développe et il y a des vagues
26:36d'extension
26:38c'est le mix énergétique
26:40qui est complètement additionné
26:42qui est refondu
26:44C'est l'objectif
26:46de sortir d'une production fossile
26:48à différentes productions
26:50d'énergie renouvelable
26:52pour alimenter à la fois
26:54les communes mais également les industriels
26:56qui sont en proximité
26:58Voilà, on en sait un petit peu plus
27:00sur ces réseaux de charbon qui se développent
27:02partout dans toutes les métropoles
27:04en Pays de la Loire
27:06un grand merci pour vos éclairages
27:08un grand merci au directeur régional adjoint
27:10ADEME Pays de la Loire
27:12et merci à Flavie Biller
27:14directrice de la transition écologique et climatique
27:16Saint-Nazaire-Aglo
27:18A très bientôt sur Smartimo