Avec Slobodan Despot, écrivain, éditeur et fondateur du site Antipresse ; Yohan Pawer, influenceur et fondateur du Collectif Eros ; Maître Gérald Pandelon, avocat et auteur de "Inquisition française, des juges contre la justice ?" publié aux éditions David Reinharc.
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NewsTranscription
00:00:00SUD RADIO, Bercov dans tous ses états.
00:00:04Nous sommes en guerre.
00:00:06En guerre sanitaire, certes. Nous ne luttons ni contre une armée, ni contre une autre nation.
00:00:14Mais l'ennemi est là. Invisible, insaisissable, qui progresse.
00:00:18Et cela requiert notre mobilisation générale. Nous sommes en guerre.
00:00:23Nous sommes en guerre, oui, c'est le slogan de l'émission de Bercov dans tous ses états.
00:00:28Et c'était il y a exactement presque jour pour jour, c'était le 16 mars 2020,
00:00:34où le général Macron lançait son appel, effectivement, c'était pas le 18 juin, c'était le 16 mars.
00:00:42Nous sommes en guerre, nous nous battons, nous sommes là.
00:00:46Et qu'est-ce qui s'est passé depuis ? Beaucoup, beaucoup, beaucoup de choses.
00:00:51Demain, demain, dans l'émission, nous allons faire un résumé,
00:00:55nous allons faire un best-of de ce qui s'est passé.
00:00:59Et vous voyez, d'ailleurs j'ai retenu la leçon de notre illustre Premier ministre,
00:01:03l'ancien Premier ministre, je ne regrette qu'il ne soit pas, Jean Castex.
00:01:07Vous voyez, je suis assis, je suis assis, d'ailleurs on est tous assis.
00:01:10Maud est assise, Julia est debout parce qu'il est obligé un peu de réaliser l'émission,
00:01:16Manu est assis, et pourquoi ? Parce que nous nous protégeons du virus.
00:01:21Vous savez très bien ce que disait Jean Castex, si vous êtes debout, le virus, il va vous tuer,
00:01:26le virus passe à 1m50 de hauteur si vous êtes assis, et bien vous êtes protégés.
00:01:31Donc voilà. Maintenant pour être un peu plus sérieux, nous allons parler de ce qui se passe dans les Pays-Bas.
00:01:38On va parler de ce qui se passe en Serbie, en Roumanie,
00:01:42dans ces pays où effectivement quelque chose se passe très très très très important.
00:01:46Il y a un mouvement populaire énorme. Pourquoi ? Quels enjeux ?
00:01:50Par rapport à la Russie, par rapport à l'Ukraine, par rapport à l'OTAN, par rapport aux Etats-Unis.
00:01:55Qu'est-ce qui se passe exactement ? On entend tout et le contraire de tout.
00:01:59On va en parler avec quelqu'un qui connaît très très bien la situation, qui est Slobodan Despot.
00:02:04On va prendre le temps d'en parler et d'expliquer.
00:02:07Ensuite, on va parler effectivement de ce qui se passe dans les universités.
00:02:10Nos chères universités. Et oui, d'un côté il y a le wokisme,
00:02:14d'un autre côté il y a un certain islamisme politique.
00:02:17Les uns veulent des salles de prière, les autres veulent des émissions de drag queens.
00:02:22Je ne les revois pas du tout dos à dos.
00:02:23Il se passe quelque chose. Je croyais que l'université s'était faite pour apprendre, pour instruire.
00:02:29Apparemment, je ne sais plus si c'est vraiment le cas.
00:02:32Vous me direz ce que vous en pensez.
00:02:34Et puis, on va parler évidemment d'Elon Musk qui a envoyé tout ce qu'il fallait de SpaceX
00:02:43pour récupérer les astronautes américains qui étaient depuis 6 mois dans l'espace.
00:02:47Et comment ça s'est passé ? Et comment l'AFP rapporte la chose ?
00:02:52C'est quand même pas mal. On va prendre tout le temps de cela.
00:02:55Et puis, nous allons parler de quelque chose qui est tout à fait terrible en seconde partie des missions.
00:03:02C'est ce qui se passe effectivement dans l'inquisition française.
00:03:06Inquisition française, oui, oui. Des juges. Evidemment, il ne faut pas généraliser.
00:03:10Des juges contre le droit, non pas les juges contre le droit.
00:03:13Mais une véritable inquisition française. Est-ce qu'on assiste à un coup d'état de droit ?
00:03:18On en parle juste après ceci.
00:03:32Ton français, parle ton français. Je n'aime pas la blanquette de veau. Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:03:45Que se passe-t-il à Roumanie ? Des élections extrêmement bizarrement annulées.
00:03:52Un second tour bizarrement organisé. Et puis, qu'est-ce qui se passe en Serbie ?
00:03:58En Serbie, il y a eu parmi les manifestations les plus importantes depuis samedi de l'histoire de ce pays.
00:04:06On va en parler tout de suite avec Slobodan Despot. Écoutez.
00:04:15Belgrade a connu une journée de colère historique samedi 15 mars.
00:04:19Des centaines de milliers de serbes ont déferlé dans la rue de leur capitale pour demander justice.
00:04:24Au cinquième mois de ce qui est le plus puissant, le plus long mouvement de protestation anti-corruption jamais vu dans ce pays des Balkans,
00:04:31comptant 6,6 millions d'habitants. Slobodan Despot, bonjour.
00:04:36Bonjour André.
00:04:38Alors Slobodan, vous êtes écrivain, vous êtes éditeur, on vous a déjà reçu et toujours avec plaisir.
00:04:42Vous êtes éditeur de Xenia et vous êtes fondateur du site Antipresse, que je vous conseille d'ailleurs aux éditeurs et résidents de Sud Radio de consulter
00:04:50parce qu'il y a beaucoup beaucoup de choses. Alors expliquez-nous un peu ce qui se passe.
00:04:54Commençons justement par la Serbie et par Belgrade.
00:04:58On voit, on a vu les images de foules immenses.
00:05:02Chaque pays est différent. Serbie n'est évidemment pas la Roumanie, ni l'Allemagne ni autre.
00:05:07Qu'est-ce qui se passe exactement là-bas ?
00:05:10Bon, ce qui se passe c'est qu'effectivement il y a une effusion de colère populaire contre le gouvernement du président Alexandre Vucic
00:05:19Colère qui s'accumule depuis des années et qui d'une certaine manière a accompagné ce gouvernement depuis pratiquement les débuts.
00:05:30Simplement cette colère a pris des formes diverses au fil du temps.
00:05:34Et pourquoi cette colère Slobodan ?
00:05:38Alors d'abord c'est très difficile de donner une motivation unique à toutes les tendances et à tous les groupements
00:05:47qui se sont rassemblés ce samedi à Belgrade pour protester.
00:05:50Parce que vous aviez à la fois les étudiants progressistes plus ou moins de gauche,
00:05:54vous aviez les autonomistes de Vojvodina et vous aviez d'un autre côté les serbes patriotes nationalistes orthodoxes
00:06:01qui théoriquement n'ont pas beaucoup de points communs mais qui ont en commun cette détestation du gouvernement actuel.
00:06:08Donc ça c'est une chose.
00:06:12Maintenant si vous voulez, c'est très difficile, je dois vous dire une chose André,
00:06:17c'est qu'il est très difficile de commenter les événements de Serbie de manière impartiale et de manière dépassionnée.
00:06:24Parce que vous entendez des gens qui sont absolument pour les étudiants,
00:06:29qui ont déclenché ce mouvement, il y a des gens qui défendent le régime.
00:06:32En Occident non, en Occident on est maintenant à peu près consensuellement contre le régime en place.
00:06:38Il y a de bonnes raisons d'ailleurs de le condamner en interne.
00:06:42Mais la situation est extrêmement complexe.
00:06:46Pourquoi ? Parce que d'abord vous avez un mouvement d'étudiants qui a été déclenché.
00:06:52C'est lui qui a déclenché le mouvement, ce mouvement étudiant.
00:06:55Ce mouvement actuel ce sont des étudiants qui se sont soulevés après un incident qui est survenu l'année dernière,
00:07:01un accident tragique où il y a eu 15 morts suite à la chute de l'avant-toit de la gare de Novi Sad, la deuxième ville du pays.
00:07:08Vous me direz, et c'est ça qui est un peu curieux, c'est que des accidents comme ça, cela arrive.
00:07:16En Italie, il y a quelques années, il y a huit ans, il y a eu cet effondrement du viaduc de Gênes,
00:07:21il y a eu 43 morts, il y a eu des négligences constatées, mais l'enquête se poursuit encore et aucun ministre n'a quitté son poste.
00:07:28Là en Serbie, il y a eu tout de suite des démissions et arrestations à la suite de cet accident, mais ça n'a pas suffi.
00:07:35Donc ça a fait boule de neige.
00:07:37Le gouvernement a voulu ignorer la colère populaire.
00:07:42Nous, à l'Antipresse, comme je suis originaire de là-bas et parce que nous avons beaucoup d'informations qui viennent de tous côtés,
00:07:48ça fait longtemps que nous chroniquons les problèmes de ce pays qui est en croix à une sorte de révolution colorée de basse intensité permanente.
00:07:57D'accord. Cette révolution colorée dont vous parlez, est-ce que cette révolution colorée, Slobodan,
00:08:04est semblable à d'autres révolutions colorées qu'on a connues il y a quelques années dans d'autres pays proches, où ça n'a rien à voir ?
00:08:12Les deux, mon général.
00:08:17D'abord, le pays qui a fourni le prototype des révolutions colorées, c'est la Serbie elle-même,
00:08:23puisqu'en l'an 2000, c'est cette révolution colorée qui a renversé le président Milosevic et qui l'a envoyée ensuite à l'AE, n'est-ce pas ?
00:08:30Les gens de l'organisation Hauteport qui ont mené cette révolution ont été tellement compétents là-dedans
00:08:38qu'ils sont allés former d'autres révolutionnaires dans d'autres pays, comme vous le savez.
00:08:41Donc la Serbie a déjà connu ça, mais cette fois-ci c'est différent, parce qu'à l'époque, on avait un front qui était plus uni,
00:08:49c'est-à-dire, par exemple, on est pour l'intégration européenne.
00:08:55Les gens d'aujourd'hui ne sont pas pour l'intégration européenne.
00:08:57Vous ne voyez pas un drapeau européen flotter à Belgrade.
00:09:01Contrairement à ce qu'a dit Nathalie Loiseau, il parlait de Belgrade en disant que les drapeaux européens sont pro-européens,
00:09:07et ce n'est pas le cas, c'est bien ça.
00:09:09Alors j'ai vu des posts ou des tweets de Mme Loiseau, ainsi que d'autres eurocrates, qui essaient de se raccrocher à tous les trains qui passent, n'est-ce pas ?
00:09:19Ah oui, alors la Roumanie c'est pro-Europe, la Serbie c'est pro-Europe, l'Hongrie c'est pro-Europe.
00:09:24Ce n'est pas du tout le cas, ce n'est pas du tout le cas.
00:09:26Maintenant, ce gouvernement qui est attaqué pour sa corruption, pour le fait qu'on a un parti-État ou un État-Parti,
00:09:35c'est-à-dire que grosso modo en Serbie, si vous voulez avoir un travail normal, il faut faire allégeance au parti, il faut entrer au parti, un petit peu comme à l'époque du communisme.
00:09:43Vous avez un chef d'État qui s'occupe plus d'affaires internationales, ce qu'on peut comprendre dans le contexte actuel, que des affaires intérieures,
00:09:51et qui laisse la gestion des affaires intérieures à des gens qui sont discrédités ou impopulaires.
00:09:56Donc il y a beaucoup de bonnes raisons.
00:09:58Il y a eu l'affaire colossale de cette mine de lithium que le gouvernement avait voulu installer en coopération avec une compagnie australienne, Rio Tinto,
00:10:10qui a de sinistres réputations, entre parenthèses, au détriment de l'environnement et au détriment même des intérêts du pays,
00:10:16puisque c'était un contrat plus ou moins colonial.
00:10:18On l'a donc attaqué, alors que ce gouvernement, ce régime, ne faisait que remplir les obligations d'un gouvernement précédent.
00:10:27Donc il est déjà sous le feu pour tout ce qu'il fait.
00:10:31D'accord, donc rassemblement des oppositions.
00:10:36Mais vous dites ce que vous dites, Slobodan Despot, en fait, ce qui se passe là en Serbie, c'est plutôt interne,
00:10:42enfin c'est à cause des problèmes internes du pays, ou d'une absence de gestion honnête, ou en tout cas saine du pays.
00:10:52C'est plutôt ça que le contexte, je dirais, européen, la guerre, les négociations et tout ce qui se passe en ce moment entre, encore une fois, Ukraine, Russie et autres.
00:11:02C'est plutôt intérieur.
00:11:04Regardez, vous avez des gens qui apparaissent dans les manifestations en promenant des drapeaux russes ou des drapeaux orthodoxes,
00:11:12en disant ce gouvernement nous a trahis, il trahit la cause orthodoxe, etc.
00:11:17Et ils demandent le renversement d'un chef d'état, Vucic, qui est invité au cérémonie du 9 mai en Russie,
00:11:26qui a les meilleures relations avec la Russie, qui est le dernier pays d'Europe à n'avoir pas imposé de sanctions à la Russie,
00:11:33et qui malgré toute cette intergiversation n'a pas reconnu l'indépendance du Kosovo.
00:11:37Donc il y a quelque chose de très très irrationnel dans tout ça, très irrationnel des deux côtés d'ailleurs,
00:11:43dans l'indifférence ou l'insouciance du gouvernement et dans cette espèce de colère, de concentration,
00:11:49de toutes les colères ou frustrations du pays sur un bouc émissaire qui est la personne du Président.
00:11:55Je reste impartial ici, c'est très difficile de maintenir cette position.
00:12:00Non, non, je comprends, mais c'est d'autant plus intéressant qu'il faut justement vous essayer de rester lucide et un peu engagé.
00:12:07Et puis il faut rappeler quand même, parce que c'est vrai que quand on parle de Serbie, il faut se rappeler.
00:12:11Et on en a parlé ensemble, c'est le bandana des spots, de ce qui s'est passé en 1999 quand l'OTAN a attaqué,
00:12:17et tout ce qui s'est passé ensuite, Kosovo et compagnie.
00:12:21Alors je voudrais revenir, par rapport à la Roumanie, par rapport à ce qui se passe aujourd'hui,
00:12:26par rapport à, alors pour élargir le problème, quel est votre ressenti ou votre analyse, si vous voulez,
00:12:32par rapport à ce qui se passe en Roumanie ?
00:12:34Je rappelle simplement que Kaline Josicsu a été évidemment écartée à vie.
00:12:41Enfin, en tout cas, elle ne peut pas se représenter.
00:12:44En revanche, Simeone, qui l'a remplacée un peu dans le même, disons, dans la même mouvance,
00:12:49on l'a appris hier soir, va pouvoir se présenter.
00:12:52Mais en fait, c'est quoi ? C'est une volonté de mise en ordre de Ursula von der Leyen ?
00:12:58Oui, si vous votez dans le sens de l'Union Européenne et de l'OTAN, ça va aller.
00:13:02Si vous votez pas dans le sens de l'Union Européenne ou de l'OTAN, il va y avoir des petits problèmes.
00:13:07Est-ce que c'est ça ? Ou pas ?
00:13:09Alors, je pense que, comme pour la Serbie, c'est un problème intérieur,
00:13:17mais qui a des ramifications et qui a des causes qui sont géopolitiques,
00:13:22qui sont en tout cas régionales.
00:13:24La première chose, c'est qu'il faut bien constater une chose qui est un fait absolument scandaleux,
00:13:30c'est qu'on a confisqué les élections roumaines.
00:13:33Cet homme, Georges Escoux, aurait dû être élu.
00:13:36Et pour qu'il ne soit pas élu, on a arrêté, interrompu entre les deux tours, le processus électoral.
00:13:41Puis ensuite, on a trouvé toutes sortes de prétextes pour l'empêcher de se représenter.
00:13:46Et même, on a voulu filtrer les candidats remplaçants en exigeant une conformité idéologique.
00:13:52On ne peut pas être anti-UE et anti-OTAN si on veut se présenter à la présidente d'Orsay.
00:13:56Intéressante manifestation de la démocratie.
00:13:59C'est ça, la démocratie façon Madame von der Leyen, c'est exactement ça.
00:14:04C'est-à-dire, nous sommes pour la démocratie avec ceux qui pensent comme nous et qui font ce que nous voulons.
00:14:08La Roumanie étant une pièce essentielle d'un dispositif militaire,
00:14:13l'OTAN, vous savez qu'il y a une grande base de l'OTAN qui est en train d'être construite.
00:14:19Qui sera la plus grande en Europe centrale, paraît-il.
00:14:25Ce qui veut dire qu'elle va peut-être même prendre la vedette à la base de bon style que les Américains ont construite au Kosovo.
00:14:31Qui n'est qu'une base américaine, je le précise.
00:14:34Donc là, on a un pays que l'OTAN et l'Union Européenne ne veulent pas lâcher, ne peuvent pas lâcher.
00:14:39Et donc, on trouve tous les prétextes.
00:14:41Cela dit, dans un contexte régional, si vous vous placez un peu en Europe de l'Est,
00:14:46vous voyez que les choses là-bas, à cause de ces pressions et à cause de cette injustice flagrante, sont en train de changer très très vite.
00:14:53Il y a entre la Serbie, la Roumanie, la Hongrie, la Slovaquie, la République serbe, la Repubblica Sebska de Bosnie,
00:15:01aujourd'hui, une concorde, une coopération et une entente que ces nations n'ont jamais eues entre elles.
00:15:09En particulier, la Hongrie et la Serbie qui ont toujours été à couteau tiré,
00:15:16notamment à cause de la Première Guerre mondiale, de la dislocation de l'Empire austro-hongrois, etc.
00:15:22à laquelle la Serbie a contribué.
00:15:25La Hongrie de Orban et la Serbie de Vucic ont établi des relations d'amitié comme il n'y en a jamais eues.
00:15:31C'est-à-dire que, notamment, la Hongrie a renoncé à soutenir le séparatisme hongrois dans le nord de la Serbie, par exemple.
00:15:39Donc, l'Union Européenne craint absolument l'émergence d'un bloc, d'une alliance de pays, d'un front de l'Est,
00:15:49qui serait un front de souverainistes, n'est-ce pas ?
00:15:53Et elle fait tout le nécessaire.
00:15:55D'ailleurs, si on regarde un tout petit peu comment ça se passe, vous avez des manifestations.
00:15:58Maintenant, on a eu des manifestations soi-disant pro-européennes en Roumanie.
00:16:03Mais quand on voit le nombre de personnes que quatre partis politiques et quatre quarante-cinq ONG ont réussi à rassembler, c'est très très peu.
00:16:11On détourne, comme vous venez de le dire, on détourne le sens des manifestations populaires, de la colère locale,
00:16:18pour dire que c'est un appel d'Europe.
00:16:20Ce n'est pas du tout le cas, au contraire.
00:16:22Au contraire, parce qu'on accuse notamment le gouvernement de Serbie d'être trop complaisant vis-à-vis de l'Europe.
00:16:27Donc, il y a effectivement, aujourd'hui, une espèce de grand fossé géopolitique qui est en train de se faire à l'intérieur même de l'Europe.
00:16:35Et évidemment, l'eurocratie, la non-manipulatoire européenne craint que ça fasse boule de neige, que ça inspire d'autres.
00:16:41Très intéressant, en tout cas, de ce que vous dites.
00:16:44On en parle très très peu, ici, de la formation de ce front, effectivement, qui, comme vous dites, historiquement, n'a jamais existé.
00:16:51Et que quelque chose, on voit très très bien, d'ailleurs, que les plaques technologiques en Europe de l'Est, comme ailleurs, sont en train de bouger à toute allure.
00:16:58Et ça va être intéressant à suivre, tout à fait.
00:17:01Juste un mot, à votre avis, pour revenir juste à la Serbie.
00:17:05Ces manifestations vont continuer jusqu'à ce que Vucic démissionne, sans faire de prédication, sans faire de futurologie.
00:17:14À votre avis, ça va déboucher sur quelque chose, ou pas ?
00:17:20À mon avis, pour comprendre l'enjeu, il faut voir ceci.
00:17:26Les gens qui manifestent croient...
00:17:28D'ailleurs, il y a une liste de revendications des étudiants, qui sont la transparence sur l'accident de la gare de Novi Sad.
00:17:35On se demande pourquoi un mouvement étudiant veut une transparence sur un problème de génie civil.
00:17:41Enfin, bon, bref.
00:17:42Ils demandent des choses qui sont concrètes.
00:17:46Et puis, il y a, tout d'un coup, un autre stade de la manifestation, des revendications, qui sont le président dehors.
00:17:54Alors, le gouvernement est prêt, évidemment.
00:17:57Et d'ailleurs, il a rempli, en tout cas partiellement, les exigences qui sont concrètes.
00:18:01Comme il a d'ailleurs reculé sur l'affaire de la mine de lithium.
00:18:06Mais évidemment qu'aucun gouvernement, aucun démocratique ou non, mais en particulier un régime démocratique,
00:18:13ne va pas quitter le pouvoir, parce qu'une partie de la population, dont on ne peut pas chiffrer, le demande.
00:18:19Donc, il faut relativiser tout cela.
00:18:22Il va dire faisons des élections, mais ils ne veulent pas d'élections.
00:18:24Ils veulent qu'il parte tout seul.
00:18:26C'est un couteau, à mon avis, c'est un couteau qui n'a pas de lame à serrer.
00:18:31Il n'y a pas de...
00:18:32D'abord, de 300 000 personnes samedi à Belgrade, il n'y a pas eu d'incident majeur.
00:18:37Il n'y a pas eu de violence.
00:18:40On n'a aussi pas envoyé les policiers de façon totale.
00:18:43En revanche, j'ai juste un mot.
00:18:44Est-ce que vous avez des informations sur cette arme infrasonic qui aurait été employée à Belgrade ?
00:18:50Vous savez, on voit dans les images, c'est le système LRAD,
00:18:54on voit des espèces de sons très lancinants et une foule qui se...
00:18:59Alors, je ne sais pas.
00:19:00On a vu les images, mais on ne sait pas très bien ce que ça veut dire.
00:19:03Mais il paraît que c'est une des premières fois où ces armes sont utilisées.
00:19:07Vous avez des informations là-dessus, Slobodan ?
00:19:10Alors, je vous reprends dans votre propre phrase, cher André.
00:19:13Vous dites on voit le son, mais on ne l'entend pas.
00:19:15Non, on ne l'entend pas.
00:19:16Si, on l'entend.
00:19:17On l'entend à un moment donné.
00:19:18Donc, on l'entend, oui.
00:19:19On l'entend quand même, oui.
00:19:20Alors, c'est très contesté.
00:19:21C'est très contesté parce que d'abord, ce n'est qu'une partie de la foule.
00:19:24Ensuite, on a montré des images avec des gens qui sont du service d'ordre
00:19:28qui achètent leur gilet de signalisation qui se jettent dans la foule,
00:19:32probablement pour provoquer une panique.
00:19:34Ensuite, évidemment, on n'a pas vu l'objet.
00:19:37Non, c'est vrai.
00:19:38C'est quand même un camion.
00:19:40Et puis, on a dit il y en a un sur un toit.
00:19:42C'était un fusil anti-drone.
00:19:43D'accord.
00:19:44C'est un gros fusil qui sert à fouler les drones.
00:19:46Est-ce que ça peut être une fake news organisée comme il y en a ?
00:19:49Je ne sais pas.
00:19:50Pour l'instant, il n'y a pas de preuves.
00:19:52Je ne sais pas.
00:19:53D'accord.
00:19:54C'est un peu anecdotique.
00:19:55Oui, écoutez, on suivra tout cela.
00:19:57Merci en tout cas de vos éclaircissements.
00:19:59C'était intéressant de se voir justement parce que les gens font soit des amalgames
00:20:05style on est tous pro-européen, pro-Union européenne,
00:20:08parce qu'on est pro-européen, mais il faut savoir de quelle façon.
00:20:12Donc, on va suivre tout ça.
00:20:14Je vais juste vous dire encore une chose.
00:20:16Moi, en 2019, j'ai participé.
00:20:18Enfin, j'ai participé.
00:20:19J'ai été pris dans une manifestation des gilets jaunes à Paris.
00:20:22Oui.
00:20:23Je peux vous dire une chose.
00:20:24C'est que si la Serbie avait à quelconque moment traité ses manifestants comme la France
00:20:28a traité ses manifestants, ce gouvernement ne serait plus en place.
00:20:32Ça, c'est sûr.
00:20:33Il y a donc différence de traitement.
00:20:34Merci, Slobodin Despote.
00:20:36Sud Radio.
00:20:37Parlons vrai.
00:20:38Parlons vrai.
00:20:39Sud Radio.
00:20:40Parlons vrai.
00:20:41Sud Radio.
00:20:42Parlons vrai.
00:20:43Sud Radio.
00:20:44Les Français parlent au français.
00:20:48Les carottes sont cuites.
00:20:51Les carottes sont cuites.
00:20:53Sud Radio Bercov dans tous ses états.
00:20:56Alors, que se passe-t-il dans les universités, dans certaines universités de notre cher
00:21:02et vieux pays, dans cette douce France apaisée comme chacun sait, où il y a quand même
00:21:07de temps en temps et surtout en ce moment, quelques mouvements divers qui organisent des
00:21:14choses qui ne devraient peut-être pas être quotidiennes dans ce temple du savoir et de
00:21:19la transmission.
00:21:20On en parle tout de suite.
00:21:21Sud Radio André Bercov.
00:21:24Bercov dans tous ses états.
00:21:27Ça balance pas mal sur Sud Radio.
00:21:29Très drôle.
00:21:30Philippe Klee, évidemment, c'est une chanson qui date de plus de 50 ans.
00:21:34Il disait les universités, il parlait des universités d'avant Jussieu, d'avant Nanterre
00:21:38et d'avant 68.
00:21:39Mais nos universités d'aujourd'hui, 50 ans après, et bien, c'est pas Jussieu, c'est
00:21:45pas Nanterre.
00:21:46Le terrain a tout à fait changé.
00:21:48Et comment ?
00:21:49Alors, il y a un poème.
00:21:50Bonjour.
00:21:51Bonjour.
00:21:52Vous êtes influenceur et vous êtes fondateur du collectif Eros.
00:21:55Et vous êtes allé récemment, on va en parler notamment, pardon, ce qui se passe notamment
00:22:01à Nanterre, la célèbre université de Nanterre dont parlait Philippe Klee.
00:22:05Et vous êtes allé, il y avait je crois un drag show à Nanterre, organisé de façon
00:22:10tout à fait officielle d'ailleurs.
00:22:11C'est ça.
00:22:12Alors, qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
00:22:13Racontez-nous.
00:22:14Alors, avec le collectif Eros, nous avons infiltré il y a quelques jours un show de
00:22:17drag queen.
00:22:18Je vous entends me dire qu'il n'y a aucun rapport avec les enfants parce que moi de
00:22:23base, je fais des infiltrations en lien avec les enfants.
00:22:26Là, ce sont pour la plupart des jeunes adultes.
00:22:28Et en fait, figurez-vous Monsieur Berkhoff que ce show de drag queen est financé par
00:22:34la CVEC.
00:22:35Qu'est-ce que la CVEC ?
00:22:37La CVEC, c'est la contribution des étudiants et de campus que chaque étudiant doit cotiser
00:22:43pour la CVEC, pour tout ce qui est sanitaire, social, culturel en gros.
00:22:48La CVEC sert à accompagner, à améliorer le quotidien des étudiants en leur proposant
00:22:52tout ça.
00:22:53Et qu'est-ce que ça a à voir avec un show ?
00:22:57Pour nous, on a fait des recherches.
00:22:59Ça ne rentre pas dans le critère de la CVEC parce que c'est ni sanitaire ni sociale.
00:23:03Parce que l'OMS, je tiens à rappeler qu'elle ne considère pas l'homosexualité et la transidentité
00:23:08comme une maladie mentale.
00:23:10Ça n'a rien de sportif, parce que le critère sportif est clairement inexistant.
00:23:14Et le critère culturel est plus que discutable parce qu'on sait très bien que c'est du
00:23:19militantisme derrière.
00:23:20C'est caché.
00:23:21Ce n'est pas un spectacle anodin.
00:23:22D'accord.
00:23:23Donc subventionné.
00:23:24Très bien.
00:23:25Et là, on a des étudiants qui vivent dans la précarité, surtout à Nanterre, qui galèrent
00:23:29à se loger, à se nourrir.
00:23:31Et ils voient leur cotisation financée.
00:23:33Un show au délire de bourgeois de Montmartre, où beaucoup de personnes de confession musulmane
00:23:40peuplent l'université.
00:23:42Et je ne pense pas qu'ils soient d'accord de financer ça en vue de leur religion, par exemple.
00:23:46Oui, mais on pourrait vous répondre que c'est un divertissement.
00:23:49Il ne faut pas s'y accorder plus d'intention que ça.
00:23:51C'est un divertissement comme un autre.
00:23:54Non, ce n'est pas du pur divertissement.
00:23:56C'est purement un spectacle idéologique.
00:23:58D'ailleurs, une des personnes de l'organisation nous a clairement dit qu'on va en bouffer,
00:24:02je cite, on va en bouffer de la revendication.
00:24:04Donc voilà, pour moi, quand on met par exemple un sexothérapeute, parce que là, dans la
00:24:09vidéo d'infiltration, il y avait un stand de sexothérapeute, où la sexothérapeute
00:24:13disait qu'il faut lutter contre l'homme blanc, par exemple.
00:24:16Il faut lutter.
00:24:17C'est vraiment ce qui est dit dans la vidéo.
00:24:19Elle est sexothérapeute, mais quand on lui parle de vagin, elle est horrifiée à la vue
00:24:23d'un vagin.
00:24:24Elle est quand même sexothérapeute.
00:24:25Sexothérapeute financée par la CVEC.
00:24:28C'est quand même extrêmement dramatique de voir qu'il y a de la propagande LGBT dans
00:24:33les écoles pour quatre pèlerins aux cheveux bleus dans une salle.
00:24:36Excusez-moi, mais c'est un truc que je n'ai pas précisé, c'est que les étudiants doivent
00:24:41payer 103 euros annuels.
00:24:42103 euros, ce n'est pas rien pour des étudiants.
00:24:44Je ne suis pas étudiant.
00:24:45103 euros annuels, je ne suis pas étudiant.
00:24:46103 euros, ce n'est pas rien, mine de rien.
00:24:48Et quand on voit aujourd'hui le coût de la vie, beaucoup d'étudiants galèrent.
00:24:52Et au-delà de cette manifestation particulière, vous dites qu'il y a beaucoup d'universités
00:24:57qui organisent un peu ce même genre de stages ou de shows, etc.
00:25:01Alors, moi je sais qu'à Nanterre, oui.
00:25:03Je sais que dans quelques facs, après dans toutes les facs, je ne peux pas me prononcer.
00:25:06Mais en tout cas, oui, c'est très courant que la CVEC serve à financer des shows de
00:25:11drag queens, des ateliers, coiffure, maquillage, pour apprendre à se maquiller comme une drag
00:25:16queen.
00:25:17Moi, je trouve ça, ce n'est pas les priorités en tout cas.
00:25:19La fac, c'est pour apprendre.
00:25:21On est bien d'accord.
00:25:22Non, mais c'est ça qui est hallucinant en fait.
00:25:23Je veux dire, en dehors de tout, l'université, elle n'est pas faite pour ça.
00:25:27Que quelqu'un veuille organiser un show de drag queens quelque part, pourquoi pas ?
00:25:30Enfin, chacun est libre.
00:25:32Mais là, ce n'est pas dans ce cadre-là.
00:25:34Comme d'ailleurs, effectivement, on parlait de ça, il y a une table ronde à l'Assemblée
00:25:39nationale, où les étudiants musulmans de France ont demandé l'installation de...
00:25:43Enfin, il y a des représentants des étudiants musulmans de France ont demandé l'installation
00:25:47d'une salle de prière dans les universités.
00:25:50Donc, voilà, c'est un syndicat, les EMF comme on dit.
00:25:56Et il y a eu ceci.
00:25:59Alors, pendant la réunion, une des participantes disait cela.
00:26:05Écoutez.
00:26:06Je pense que vous n'avez sûrement pas entendu parler des personnes qui vont prier, qui vont
00:26:10essayer de prier peut-être dans la fac, qui vont être filmées à leur insu.
00:26:14Ça va faire un peu le buzz.
00:26:16Alors non, en fait, les universités n'interdisent pas, puisque techniquement, on ne peut pas
00:26:22l'interdire.
00:26:23Si je commence à faire du yoga en plein milieu de la cour, vous ne pouvez pas me l'interdire.
00:26:27Mais en même temps, il n'y a pas d'espace pour leur faciliter cela.
00:26:32Et ça a un impact, puisqu'en fait, il y a plein d'universités internationales qui
00:26:37ont des salles de essais.
00:26:38Il n'y a pas besoin d'avoir une salle de prière, ce n'est pas la demande.
00:26:41Alors, ce n'est pas la demande, dit-il.
00:26:43Mais enfin, il y a quelque chose que je ne comprends pas.
00:26:45Pourquoi ? Je croyais qu'on vivait dans la laïcité.
00:26:48Enfin, je crois que c'était un principe depuis 1905 acquis.
00:26:51Mais que ce soit des juifs, chrétiens ou musulmans, pourquoi des salles de prière
00:26:55à l'université ?
00:26:56Et notamment, il y a eu des salles de prière à l'université scientifique de Toulouse.
00:27:00La preuve, c'est que la direction de l'établissement, ça date du 7 mars 2025.
00:27:04Donc, il y a quelques jours, à l'attention de la faculté, des étudiants de la faculté
00:27:11sciences et ingénierie.
00:27:12Je ne vais pas vouloir le communiquer, mais en deux mots, chers étudiants, chères étudiantes,
00:27:19il est essentiel, dans un établissement public, de respecter les principes fondamentaux qui
00:27:24enrichissent le fonctionnement, notamment celui de la laïcité.
00:27:27Ce principe que l'un d'entre elles est religieuse, liberté de conscience, etc.
00:27:31Bien.
00:27:32Récemment, des pratiques religieuses visibles ont été signalées dans un débattement du
00:27:36campus sciences.
00:27:37Nous rappelons que, conformément à l'article tel, tel, tel, tel, c'est contraire à la
00:27:41neutralité requise et peut troubler le bon développement des activités universitaires.
00:27:45À ce titre, l'université pourrait engager toute poursuite disciplinaire nécessaire.
00:27:49Alors, on en est maintenant, effectivement, à des salles de prière ou à des lieux de
00:27:56prière organisés dans l'université.
00:27:58Il y a un proviseur qui voulait faire respecter la laïcité, il s'est fait menacer de mort
00:28:02et il a dû démissionner.
00:28:03On en a parlé de cela.
00:28:05Qu'est-ce que ça veut dire, Yohann Poirier ?
00:28:08C'est surtout qu'en fait, le Sénat a voté en 2021, je tiens à le rappeler, l'interdiction
00:28:13de prier dans les universités.
00:28:15Ah oui ?
00:28:16Il faut le rappeler parce qu'en 2021, ça a été voté.
00:28:19Et là, on voit très bien qu'en fait, plus personne n'en a rien à foutre de cette loi,
00:28:23clairement.
00:28:24Maintenant, on voit qu'aujourd'hui, on peut prier un peu n'importe où.
00:28:27C'est comme je tiens à rappeler qu'à Rouen, enfin non, à Reims, pardon, il y avait une
00:28:31jeune femme qui a prié au fond d'une classe.
00:28:33Enfin, tout va bien.
00:28:34Et moi, je trouve ça hyper scandaleux.
00:28:36Pour moi, l'école, c'est fait pour apprendre.
00:28:38Il y a des lieux de culte qui servent à aller prier.
00:28:40Bien sûr.
00:28:41Pour moi, je ne vois pas qu'est-ce que ça vient faire dans les écoles.
00:28:43Il n'y a qu'à voir les polémiques sur les abayas, par exemple.
00:28:45Les abayas, pour moi, c'est une tenue religieuse.
00:28:47Et on voit bien que ce sont souvent les mêmes personnes qui posent problème, en tout cas,
00:28:53dans les écoles.
00:28:54On voit bien l'antrisme islamique qui gangrène nos écoles et c'est un réel problème aujourd'hui.
00:28:59Mais pourquoi les proviseurs, pourquoi les autorités ne s'investissent pas,
00:29:03quelle que soit la religion ?
00:29:05L'université n'est pas faite pour prier.
00:29:07L'université est faite pour apprendre et s'instruire.
00:29:10Par soumission, ils ont peur.
00:29:11Quand on voit qu'il y a des professeurs qui se font agresser pour un voile
00:29:15ou des proviseurs qui se font réprimander par des parents
00:29:18parce qu'on leur a demandé de retirer un voile.
00:29:20Donc, voilà, ils n'osent pas.
00:29:22Donc, par peur, ils se laissent faire.
00:29:24Et moi, ce que j'ai envie de dire à ces instituteurs ou ces proviseurs,
00:29:27c'est de ne pas céder, de ne pas se soumettre.
00:29:29En plus, il y a une loi qui a été votée.
00:29:31Comme je l'ai dit, en 2021, le Sénat a voté une loi pour interdire...
00:29:35Avec l'Assemblée nationale aussi ?
00:29:37Je sais que c'est le Sénat.
00:29:39Il faut les deux pour que la loi soit appliquée.
00:29:41J'ai regardé ça juste avant de venir ici.
00:29:43J'ai vu qu'il y a plusieurs articles qui disent qu'en 2021, le Sénat a voté
00:29:47l'interdiction des prières dans les universités.
00:29:50Pour moi, c'est extrêmement dramatique.
00:29:52Il ne faut pas se laisser soumettre face à des personnes
00:29:55qui souhaitent imposer la religion dans l'université.
00:29:58Pour moi, ça n'a rien à faire.
00:29:59On est là pour apprendre. Point.
00:30:01Et Johan Poer, ce que vous dites, effectivement,
00:30:03par rapport que ce soit à des spectacles de drague queen ou autre,
00:30:07que ce soit par rapport à des prières ou autre,
00:30:10effectivement, qu'est-ce que ça a à voir à l'université ?
00:30:14On revient toujours au même point.
00:30:16Et je crois que ce que vous dites, c'est malheureusement que l'on constate
00:30:18en tirant tous les fils de toutes les pelotes,
00:30:21c'est l'absence de courage, l'absence de résistance,
00:30:24je ne sais pas si c'est la soumission ou la passivité,
00:30:28mais il y a quelque chose quand même qui ne va pas du tout.
00:30:31Et on se dit qu'il faut faire des appels
00:30:34et puis il faut ne pas se laisser faire.
00:30:36Je crois que c'est ça.
00:30:37Ah oui, mais clairement, moi, j'ai un abonné
00:30:39qui est à la fac de Nanterre, qui m'a envoyé un message,
00:30:41qui m'a dit, moi, Johan, je vote à droite,
00:30:43je suis le seul et je ne peux rien faire, rien dire.
00:30:46Et le problème, c'est qu'à Nanterre, par exemple,
00:30:48on a constaté que 49% c'était que des élèves musulmans.
00:30:53L'autre pourcentage, c'était que des personnes aux cheveux bleus ou auk,
00:30:56et puis il y avait 1% où c'était des personnes comme moi, par exemple.
00:31:00Et forcément, je me mets à la place de ces personnes-là
00:31:02et je me sentirais super mal d'étudier dans cette fac-là
00:31:06et de me sentir obligé de cautionner
00:31:09et d'admettre que je suis en minorité
00:31:12et que je dois laisser place à l'islam ou aukisme
00:31:16et que moi, je suis de droite et je n'ai pas ma place dans cette fac.
00:31:20C'est dramatique, il y a beaucoup d'étudiants qui vivent ça
00:31:23et en tout cas, moi, je leur apporte tout mon soutien
00:31:26parce que je n'imagine même pas le calvaire quotidien que ça doit être.
00:31:29Tout à fait, je précise effectivement
00:31:32qu'il faut dire que le port du voile intégral
00:31:34est, lui, interdit depuis la loi de 2010.
00:31:36Effectivement, pour le respect de l'ordre public.
00:31:40Et aussi, il est interdit de prier dans la salle des interduissements
00:31:44sauf dans le cas d'une salle œcuménique et pour tout le monde.
00:31:48Effectivement, la plupart des cas sont réglés par le dialogue
00:31:52dit à un spécialiste
00:31:54et qui n'a vu que peu de cas litigieux.
00:31:57En revanche, je crois que les cas litigieux sont en train de croître et de se multiplier
00:32:01ce qui paraît quand même mériter ce que vous avez fait.
00:32:05Moi, je vais vous dire un truc qui me revient.
00:32:07C'est que quand j'étais sur une autre radio,
00:32:10j'avais parlé justement du ramadan.
00:32:12Parce que l'année dernière, il y avait, c'était asteint,
00:32:15des étudiants qui ne pouvaient pas rentrer dans l'école
00:32:18parce qu'ils avaient des blocus par rapport au ramadan.
00:32:21Parce qu'il y avait des personnes qui ont osé manger à la cantine.
00:32:24Donc, il y avait des parents d'élèves qui étaient scandalisés en disant
00:32:27que ce n'est pas normal que pendant le ramadan, il y ait des élèves qui mangent dans la cantine.
00:32:30Vous vous rendez compte du truc ?
00:32:32On se dit, en fait, pour une minorité de personnes,
00:32:34enfin, je ne sais plus si aujourd'hui on peut appeler une minorité
00:32:36parce que j'ai l'impression qu'il n'y a que ça.
00:32:38De toute façon, on respecte pour tout le monde, encore une fois,
00:32:40juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes et autres,
00:32:42on respecte tout, on ne respecte pas.
00:32:45Abolissez la laïcité à ce moment-là, voilà.
00:32:47Il faut savoir ce qu'on veut.
00:32:49Merci Owen Power.
00:32:50De rien.
00:32:51Sud Radio, votre attention est notre plus belle récompense.
00:32:55Je voulais vous dire que j'apprécie vraiment Sud Radio sans quoi vous flatter
00:32:58parce que vous êtes les seuls quasiment qui êtes capables d'inviter des personnalités
00:33:02qui ont des points de vue différents.
00:33:04Sud Radio, parlons vrai.
00:33:07Ici Sud Radio.
00:33:11Les Français parlent au français.
00:33:15Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:33:17Je n'aime pas la blanquette de veau.
00:33:24Eh bien, écoutez bien ce qui s'est passé avec l'autopenne.
00:33:28Mais vous vous dites, qu'est-ce que c'est que ça, l'autopenne ?
00:33:30Eh bien, vous allez savoir et vous allez vous en souvenir.
00:33:38C'est le plus grand des voleurs et c'est un gentleman, je ne sais pas de qui on parle.
00:33:42Mais évidemment de Joe Robinette Biden, l'ancien président des Etats-Unis.
00:33:48Mais pourquoi vous vous traitez de voleur ?
00:33:50Non, non, mais à cause de l'autopenne.
00:33:52Alors, c'est quoi l'autopenne ?
00:33:54Eh bien, l'autopenne, c'est un stylo automatique.
00:33:56C'est-à-dire que vous n'avez plus besoin de signer vous-même de votre main.
00:34:00On a l'autopenne.
00:34:01Et donc, je ne dirais pas n'importe qui peut signer à votre place et votre signature.
00:34:05En général, ça se fait évidemment par accord.
00:34:07Et là aussi, simplement, qui signe ?
00:34:10Eh bien, le président des Etats-Unis.
00:34:12Toutes les décisions et les plus importantes.
00:34:15Vous imaginez, la présidence des Etats-Unis doit être signée par le président.
00:34:20Simplement, on s'est aperçu que depuis quelques temps, je ne dirais pas quelques années,
00:34:25mais au moins des mois et des mois, Joe Biden ne signait pas.
00:34:31Il y avait la signature automatique.
00:34:33Qui tenait la signature automatique ?
00:34:35Zatis de question, on n'a pas.
00:34:36En revanche, vous savez que quelques jours avant de quitter la présidence des Etats-Unis,
00:34:41Joe Biden a fait les grâces présidentielles.
00:34:44On appelle ça de pardon aux Etats-Unis.
00:34:46Pardon.
00:34:47Et alors, il a signé en masse son fils d'abord, Hunter Biden.
00:34:51Vous savez, on a suffisamment parlé du laptop, de l'ordinateur de Hunter Biden,
00:34:57tout ce qui contenait du corruption.
00:34:59Et il a pardonné au docteur Anthony Fauci, grâces présidentielles.
00:35:04Anthony Fauci, c'est M. Santé, pendant le Covid et bien avant.
00:35:08Et on sait très bien le rôle qu'a joué M. Anthony Fauci, le général Mark Millen,
00:35:13les membres du comité du 6 janvier.
00:35:15Et il les a, attention, grâciés depuis 2014.
00:35:21C'est-à-dire qu'ils sont en état de protection présidentielle depuis 2014.
00:35:262014, c'était le Maïdan en Ukraine.
00:35:29C'était la corruption, évidemment, avec les Biolabs dans la même Ukraine, etc.
00:35:36Il a pardonné tous ceux qui nageaient autour dans le marigot.
00:35:40Et bien, il est rancunier.
00:35:43Donald Trump, le président Trump actuel, a dit non, tout ça, c'est nul et non avenu,
00:35:50c'est illégal, puisqu'il n'a pas signé de sa main,
00:35:52mais il a fait signer grâce au stylo automatique.
00:35:58Voilà, ils ont vérifié les exemples de signature de Biden.
00:36:02Donc, il faut contrôler qui contrôlait l'autopenne.
00:36:06Et en attendant, Trump va faire en sorte que toutes les grâces présidentielles soient levées
00:36:11concernant l'urder Biden, concernant Fauci et concernant tout cela.
00:36:17Donc, de tas de scandales en perspective.
00:36:20Et oui, il ne faut pas utiliser l'autopenne, il faut faire attention à ça.
00:36:25Sud Radio Berkhoff dans tous ses états.
00:36:27La merveilleuse chanson de Pierre Bachelet, certes.
00:36:30Alors, effectivement, les sans-papiers manifestent,
00:36:33un certain nombre de sans-papiers manifestent à Paris, notamment,
00:36:37près du théâtre de la Gaie-Tellerich.
00:36:39Alors, très bien, ils manifestent.
00:36:41Là, il y a les policiers autour.
00:36:43J'y suis allé, moi, samedi.
00:36:45Donc, ils sont 100, 200 manifestent pour soit avoir des papiers,
00:36:51soit avoir, effectivement, de l'aide.
00:36:54Et il n'empêche que ce qu'il se passe, quand même,
00:36:57des petites choses comme ça, qu'on ne passe pas.
00:36:59Il y a une restauratrice, un restaurant à 50 mètres, même pas à 20 mètres,
00:37:03du théâtre de la Gaie-Tellerich, qui est évidemment fermé depuis des mois,
00:37:06maintenant, depuis des mois, et qui est complètement, si vous voulez,
00:37:09occupé par des centaines de migrants.
00:37:12Et on laisse faire.
00:37:13Tout est totalement hors contrôle.
00:37:15Et depuis décembre, depuis décembre,
00:37:18ça fait quatre mois, la propriétaire du bistrot ne peut rien dire,
00:37:21ne peut rien faire.
00:37:22Et voilà ce qu'elle a dit au micro de CNews, avant-hier.
00:37:26Ça fait trois mois qu'on a une carte de chiffre d'affaires de plus de 60%.
00:37:30On ne travaille plus.
00:37:32Moi, je suis franco-algérienne.
00:37:34Mon mari, il est malien.
00:37:35Donc, dans tout ce que je dis, il n'y a pas de racisme.
00:37:37On parle juste de bon sens.
00:37:38Moi, plusieurs matins, je suis arrivée.
00:37:39Ils étaient sur ma terrasse, le matin, en train de rouler du shit,
00:37:44de zoner.
00:37:45Je leur demande de partir.
00:37:46Mais c'est moi qui les déroge, parce que j'en demande de partir de mon commerce.
00:37:48Donc, moi, quand je me prends la tête avec mes collectifs,
00:37:50en leur expliquant que je n'ai pas à subir ça,
00:37:53le collectif leur dit,
00:37:54oui, la patronne d'à côté, c'est une raciste, c'est une facho.
00:37:57Donc, moi, ils arrivent à menacer le mort.
00:37:59Ils veulent me rouler.
00:38:00Ils veulent me tuer.
00:38:01Ils veulent me violer.
00:38:02Parce que je ne les laisse pas faire leur trafic.
00:38:05On a écrit au préfet qu'ils ne me répondent pas.
00:38:07On a écrit à la mairie qu'ils ne me répondent pas.
00:38:09Quand la police est venue, quand ils m'ont menacée de mort,
00:38:11ils ont ordre de ne pas les contrôler pour ne pas les provoquer.
00:38:14Donc, comme ils disent dans leurs slogans,
00:38:16ils sont chez eux, ils ne partiront pas.
00:38:17Et c'est moi qui suis en train de tout perdre.
00:38:21Voilà.
00:38:22Il y a quand même quelque chose qui pose question,
00:38:24c'est le moins que l'on puisse dire.
00:38:25La préfecture ne répond pas.
00:38:26La mairie ne répond pas.
00:38:27Elle est en plein Paris, à Strasbourg-Saint-Denis, cette dame.
00:38:32Elle veut faire son métier.
00:38:35Évidemment, son chiffre d'affaires est presque au niveau de zéro.
00:38:39On lui dit, évidemment, si elle dit, écoutez, dégagez un peu ma terrasse,
00:38:43vous êtes raciste, vous êtes fachos.
00:38:45C'est le miroir.
00:38:46C'est le miroir d'une certaine France en ce moment.
00:38:49Et bon, je veux bien qu'on trouve des solutions, évidemment,
00:38:52aux migrants, aux sans-papiers, etc.
00:38:55Mais au dépend de qui ?
00:38:56Au dépend de cette femme et de son personnel,
00:38:59qui doit crever, simplement, parce que...
00:39:01Et qui doit crever, évidemment, en se faisant traiter de raciste, de fachos.
00:39:04Évidemment, parce qu'elle demande à pouvoir travailler.
00:39:07Il y a quand même un problème, là, de monde renversé.
00:39:10Vous savez, c'est terrible.
00:39:12Quand on vit dans un monde renversé, et c'est vraiment notre cas,
00:39:15le vrai ne devient qu'un petit fragment du faux.
00:39:18Et bien, je crois quand même qu'il est temps d'apporter quelques correctifs
00:39:22à cette situation complètement folle.
00:39:26Sud Radio.
00:39:27Parlons vrai.
00:39:28Parlons vrai.
00:39:29Sud Radio.
00:39:30Parlons vrai.
00:39:31Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
00:39:34Le face-à-face.
00:39:36« Selon que vous serez puissant et misérable »,
00:39:39disait un certain spécialiste du droit qui s'appelait Jean de La Fontaine.
00:39:43Ça ne date pas d'hier.
00:39:45Mais effectivement, un très bon livre,
00:39:49je le dis, je le recommande,
00:39:52qui s'appelle tout simplement « Inquisition française. »
00:39:55« Des juges contre la justice ».
00:39:58Voyez, c'est point d'interrogation.
00:40:00Et Gérald Pandelon, bonjour.
00:40:02Bonjour.
00:40:03Vous dites bien « des juges contre la justice »
00:40:05parce qu'il ne s'agit pas de généraliser,
00:40:07de mettre tous les juges, comme tous les avocats,
00:40:09d'ailleurs dans le même sac.
00:40:10C'est bien ça.
00:40:11Et vous êtes, je rappelle, avocat au bord de Paris
00:40:14et à la Cour pénale internationale de la haie.
00:40:16Vous êtes docteur en toits privés.
00:40:18Vous êtes philosophe.
00:40:19Et voilà, cette évolution de la justice,
00:40:21ce qui est très intéressant dans votre livre,
00:40:23c'est vraiment un livre que je recommande
00:40:25et que je vous encourage à lire
00:40:27parce qu'au fond ça dit très très clairement
00:40:30est-ce qu'on vit aujourd'hui,
00:40:32d'abord dans la séparation des pouvoirs,
00:40:34vrai problème,
00:40:36et puis est-ce qu'on vit dans un état de droit
00:40:38ou dans un état de tordue ?
00:40:40On peut en tout cas se poser la question.
00:40:43Et puis vous parlez de tous les problèmes
00:40:46et puis surtout, qui juge les juges ?
00:40:49Quel est le degré de responsabilité ?
00:40:51Alors je voudrais peut-être qu'on commence par ça.
00:40:54C'est qu'au fond, avec leurs défauts,
00:40:56leurs qualités, leurs manques
00:40:58et leur inefficacité ou efficacité,
00:41:01les sénateurs, les députés
00:41:03et le Président de la République, bien sûr,
00:41:05sont élus.
00:41:06Sont élus au suffrage universel
00:41:08ou au suffrage non universel pour le sénateur,
00:41:11mais enfin bon, c'est un représentatif.
00:41:14Les juges, non.
00:41:15Les juges sont soit nommés par le parquet,
00:41:21soit effectivement nommés par leur père.
00:41:24Alors, est-ce qu'on est en fait, Gérald Pendelon,
00:41:28et quand on lit votre livre, vraiment c'est passionnant,
00:41:31est-ce qu'on est dans un coup d'état de droit ?
00:41:33Est-ce qu'on est déjà, on peut dire, dans un coup d'état de droit ?
00:41:36Merci pour votre invitation.
00:41:40Sans vouloir dramatiser une situation
00:41:44qui m'apparaît déjà assez grave,
00:41:47je crois qu'on assiste tout simplement
00:41:50à la mort du peuple.
00:41:53À la mort du peuple.
00:41:54Du peuple français.
00:41:55Ce que les juristes ou constitutionnalistes
00:41:58nomment le pouvoir constituant originaire.
00:42:02Juste une petite décision du Conseil constitutionnel,
00:42:06elle date déjà 6 novembre 1962.
00:42:11La loi référendaire visant à faire en sorte
00:42:14que le président de la République soit élu
00:42:17au souverage universel direct.
00:42:19Eh bien, que dit cette décision ?
00:42:22Que désormais la démocratie s'exerce,
00:42:25non pas en fonction de la volonté du peuple,
00:42:29pouvoir constituant originaire,
00:42:31mais uniquement au regard de la constitution.
00:42:35Ce qui signifie qu'on assiste
00:42:39à ce que le philosophe Jurgen Habermas
00:42:42nommait le patriotisme constitutionnel.
00:42:45Tout est sacrifié à la norme.
00:42:49À la norme constitutionnelle.
00:42:52Interprété, bien souvent,
00:42:57qu'on l'accepte ou non,
00:42:58d'une façon très idéologique,
00:43:00par le Conseil constitutionnel.
00:43:03Puisque, d'une certaine manière et de plus en plus,
00:43:06on peut soutenir la thèse selon laquelle
00:43:09le Conseil constitutionnel tient la plume du législateur.
00:43:13Puisqu'il peut faire ce qu'on appelle
00:43:15des réserves d'interprétations directives.
00:43:18En gros, pour le dire très simplement,
00:43:20ça, ça ne me plaît pas.
00:43:22C'est écarté.
00:43:24Ça, ça me plaît.
00:43:25Je le laisse passer.
00:43:26Mais n'oublions pas quand même que
00:43:28ce sont des textes qui ont déjà été votés,
00:43:30en termes identiques bien souvent,
00:43:32par le Sénat et l'Assemblée nationale.
00:43:34Donc, ma question, que je soulève dans ce livre,
00:43:38est, entre autres,
00:43:40quelle est la part aujourd'hui prépondérante
00:43:43qu'on puisse attribuer au peuple français ?
00:43:47Alors, oui, parce que ce que vous dit,
00:43:49si je vous comprends bien,
00:43:51et ce que vous dit dans votre livre,
00:43:53c'est qu'il y a 9 personnes,
00:43:55les 9 du Conseil constitutionnel,
00:43:58qui peuvent effectivement rendre absolument,
00:44:02je dirais, peuvent annuler pratiquement
00:44:05ce qu'ont décidé les représentants,
00:44:07en principe, du peuple,
00:44:08que sont les députés et les sénateurs.
00:44:10Absolument.
00:44:11C'est ça.
00:44:12Mais attendez, est-ce qu'ils ont force de loi ?
00:44:13C'est-à-dire que si le Conseil constitutionnel,
00:44:15disons que telle, telle décision,
00:44:17on parle de l'immigration notamment et autres,
00:44:20est-ce que les députés ou sénateurs
00:44:23peuvent faire appel ?
00:44:24Non.
00:44:25Ah oui, c'est décidé, c'est décidé.
00:44:27Non.
00:44:28Puisque d'ailleurs, c'est bien souvent,
00:44:30sauf, peut-être qu'on en dira un mot
00:44:32sur la question prioritaire de constitutionnalité,
00:44:35qui est une voie d'exception,
00:44:37le contrôle du Conseil constitutionnel
00:44:41est un contrôle, en principe, a priori,
00:44:43c'est-à-dire avant que la loi ne soit édictée.
00:44:46Édictée, oui.
00:44:47Ce qui signifie que c'est à ce moment-là
00:44:50que les personnalités politiques que vous avez citées
00:44:53peuvent saisir le Conseil,
00:44:55ou 60 députés ou 60 sénateurs
00:44:57peuvent saisir le Conseil constitutionnel,
00:44:59dans l'hypothèse où ils estimeraient
00:45:02qu'un texte voté par le Parlement
00:45:06ne correspondrait pas à leur idéologie du moment.
00:45:10Et pour moi, c'est très grave.
00:45:12Pour moi, c'est très grave.
00:45:13Si on avait fait du Conseil constitutionnel
00:45:15uniquement un organe consultatif,
00:45:18comme le Conseil d'État,
00:45:20qui, en principe, est un organe consultatif.
00:45:22Le gouvernement consulte le Conseil d'État pour avis.
00:45:26Si on avait circonscrit le Conseil constitutionnel,
00:45:29uniquement un organe consultatif,
00:45:31c'eût été légitime.
00:45:33Mais là, voyez-vous, il y a de plus en plus
00:45:35un décalage, un découplage
00:45:37entre la légalité et la légitimité.
00:45:39Sans rentrer dans des grands débats de philosophie politique.
00:45:42Oui, mais on pourrait vous dire
00:45:44que si on prenait les États-Unis, par exemple,
00:45:46qui est quand même du point de vue
00:45:47de la séparation des pouvoirs des contre-pouvoirs,
00:45:49assez, peut-être, à mon avis,
00:45:52en tout cas, en avance sur nous quelque part.
00:45:54La Cour suprême, elle n'est pas élue.
00:45:57La fameuse Cour cubaine qui décide de tout,
00:45:59enfin, en tout cas, du point de vue digestif.
00:46:01Qui est nommée par les présidents,
00:46:03en plus par les présidents de la République, en général.
00:46:05Et qui est, effectivement, à vie,
00:46:07qui est des juges à vie.
00:46:08Eh bien, est-ce que ce n'est pas un peu la même chose ?
00:46:10Ce ne sont pas eux aussi qui peuvent empêcher
00:46:12telle ou telle ou telle loi de passer ?
00:46:14Sauf que, à ma connaissance,
00:46:16le Conseil constitutionnel va même au-delà
00:46:18des Cours suprêmes.
00:46:20Puisque le Conseil constitutionnel, encore une fois,
00:46:22on ne va pas trop rentrer dans le détail technique,
00:46:24mais il y a des conformités, voyez-vous,
00:46:26sous réserve.
00:46:28Il y a des réserves d'interprétations
00:46:30neutralisantes,
00:46:32ou directives.
00:46:34En d'autres termes, des mots techniques
00:46:36pour dire que c'est le Conseil.
00:46:38Le juge, quoi. Neuf sages.
00:46:40Neuf sages du palais.
00:46:42Sans doute.
00:46:44Dont tous ne sont pas spécialistes, d'ailleurs.
00:46:46Plus souvent. Alors que les Cours suprêmes des Etats-Unis
00:46:48sont tous composés de juristes
00:46:50qui n'ont fait que ça de leur vie.
00:46:52Jamais de politique.
00:46:54C'est remarquable,
00:46:56ayant une carrière exceptionnelle.
00:46:58Alors, pour revenir à ça, Gérald Pombelon,
00:47:00vous dites un peu ceci,
00:47:02et vous en parlez un peu,
00:47:04c'est un peu un des fils rouges de votre livre.
00:47:06Vous dites qu'en fait, la judiciarisation
00:47:08prend le pas
00:47:10sur la politique.
00:47:12C'est-à-dire que, pratiquement,
00:47:14la politique n'est plus au premier plan.
00:47:16Alors que nous n'entendons parler que des dépôts de politique,
00:47:18du matin au soir, dans les médias
00:47:20ou ailleurs, dans les discussions, etc.
00:47:22Au fond, on devrait faire des débats
00:47:24avec politiques et juges
00:47:26pour voir un peu la balance.
00:47:28Alors expliquez-nous un peu, pour les auditeurs,
00:47:30comment se constate,
00:47:32comment s'incarne
00:47:34la judiciarisation du système ?
00:47:36Croissante, selon vous.
00:47:38La juridictionalisation
00:47:40croissante de la vie sociale
00:47:42tend, de plus en plus,
00:47:44à techniciser
00:47:46des sujets
00:47:48qui auraient dû rester
00:47:50des sens politiques.
00:47:52Exemple ?
00:47:54Le droit à la fraternité,
00:47:56par exemple.
00:47:58Lorsque, dans une affaire
00:48:00qui date déjà
00:48:02de 2018,
00:48:04un migrant,
00:48:06sans doute un malheureux,
00:48:08mais il n'avait pas de papier,
00:48:12a demandé asile
00:48:14à une personne.
00:48:16Cette personne l'a
00:48:18recueilli.
00:48:20Une action a été portée
00:48:22devant le Conseil d'Etat
00:48:24qui a donné
00:48:26raison à l'hébergeur.
00:48:28C'est-à-dire qu'à un moment
00:48:30donné, on peut légitimement
00:48:32se poser la question de savoir
00:48:34quel est désormais
00:48:36le rôle
00:48:38du Parlement.
00:48:40Vous voulez dire que le migrant était dans l'illégalité
00:48:42et ce n'est pas celui
00:48:44qui décide, c'est le Conseil d'Etat
00:48:46en l'occurrence.
00:48:48Mais regardez toutes les difficultés que nous avons,
00:48:50même pour expulser des OQTF.
00:48:546% d'expulsion
00:48:56sur 100% d'OQTF.
00:48:58Outre le fait que bien souvent,
00:49:00on ne peut pas généraliser,
00:49:02bien souvent ce sont des OQTF
00:49:04qui sont déjà passés à l'acte.
00:49:06Qui ont 2, 3, 4, 5 condamnations.
00:49:08Certains sont des criminels,
00:49:10sont des grands spécialistes de l'attaque au couteau.
00:49:12Pas tous,
00:49:14mais beaucoup.
00:49:16Et ils sont inexpulsables.
00:49:18Pourquoi ? Parce que, voyez-vous,
00:49:20les consulats
00:49:22des pays respectifs en France
00:49:24ont du mal
00:49:26à remettre les fameux
00:49:28laissés-passer consulaires.
00:49:32D'ailleurs, Bruno Taillot,
00:49:34qui est à mes yeux un grand
00:49:36ministre de l'Intérieur,
00:49:38j'ai cru comprendre qu'il y avait
00:49:40une petite dispute au coeur
00:49:42de l'exécutif.
00:49:44C'est le moins qu'on puisse dire.
00:49:46On a parlé de sa démission, enfin des bruits.
00:49:48Mais pour revenir à ça justement,
00:49:50cette espèce
00:49:52d'emprise
00:49:54de juges ou des juges,
00:49:56enfin en tout cas,
00:49:58et vous parlez justement de cette espèce
00:50:00de, comment dirais-je,
00:50:02je reviens aux politiques.
00:50:04Donc, vous vous dites,
00:50:06parce que vous avez commencé comme ça,
00:50:08on assiste à la mort du peuple français,
00:50:10on assiste déjà alors encore plus à la mort du politique,
00:50:12en tout cas des représentants politiques.
00:50:14Oui, parce que l'autorité...
00:50:16Lorsqu'on lit un tout petit peu
00:50:18la Constitution,
00:50:20et qu'on se réfère à la justice,
00:50:22il s'agit d'une autorité judiciaire.
00:50:24Ce n'est pas
00:50:26un pouvoir judiciaire.
00:50:28Or, l'autorité judiciaire
00:50:30revêt,
00:50:32et sur un plan juridique,
00:50:34et même si on convoque certains concepts
00:50:36de philosophie du droit,
00:50:38une importance inférieure
00:50:40au pouvoir. Or, aujourd'hui,
00:50:42contrairement
00:50:44à ce que disaient
00:50:46La Fontaine, et plus tard,
00:50:48Tocqueville, qui évoquait
00:50:50dans l'ancien régime la révolution,
00:50:52de la démocratie en Amérique, il écrit en 1835,
00:50:54il disait, nous assistons malheureusement
00:50:56à une tyrannie de la majorité.
00:50:58Aujourd'hui,
00:51:00c'est diamétralement le contraire.
00:51:02C'est le despotisme
00:51:04de minorités idéologiques.
00:51:06Tout le monde aura
00:51:08à l'esprit le fameux syndicat
00:51:10de la magistrature, né dans les années 60,
00:51:12etc.,
00:51:14en 68, curieusement,
00:51:16qui,
00:51:18qu'on accepte ou non, représente
00:51:20une minorité de magistrats.
00:51:2230%, ce n'est pas une grande majorité,
00:51:24mais j'ai le sentiment, sans doute à tort,
00:51:26en tout cas, c'est ce que je ressens,
00:51:28et ce que j'ai pu constater
00:51:30dans mon activité professionnelle,
00:51:32qu'on a donné à une minorité de magistrats
00:51:34beaucoup
00:51:36trop de pouvoir, pour ne pas dire l'essentiel
00:51:38du pouvoir.
00:51:40Qui a donné ? Allons au cœur
00:51:42du problème, vous avez parlé du syndicat de la magistrature,
00:51:44qui a une
00:51:46déposition politique,
00:51:48ou idéologique, en tout cas, très claire,
00:51:50et on en a parlé souvent ici,
00:51:52justement,
00:51:54à l'antenne,
00:51:56mais qui leur a donné ce truc de pouvoir ?
00:51:58Vous parlez de la séparation des pouvoirs,
00:52:00on parle des trois pouvoirs,
00:52:02qui doivent se retourner dans sa tombe un million de fois,
00:52:04mais, donc, vous dites
00:52:06quand même, vous, c'est intéressant,
00:52:08le pouvoir judiciaire n'est pas un pouvoir,
00:52:10c'est une autorité.
00:52:12Sauf qu'aujourd'hui, ça s'est inversé.
00:52:14Le pouvoir
00:52:16est devenu un pouvoir.
00:52:18L'ère du temps
00:52:20sociologique, l'ère du temps,
00:52:22vous savez qu'on parle beaucoup
00:52:24de wokisme, on parle beaucoup de
00:52:26minorités, on parle
00:52:28beaucoup de
00:52:30personnes qui,
00:52:32même si elles n'ont
00:52:34pas un pouvoir très développé,
00:52:36ont tous les pouvoirs, regardez
00:52:38le traitement assez différencié,
00:52:40qui est réservé en matière
00:52:42pénale, à des personnes
00:52:44qui devraient être
00:52:46systématiquement poursuivies pour
00:52:48apologie du terrorisme, et,
00:52:50à ma connaissance, font
00:52:52quasiment l'objet d'aucune poursuite,
00:52:54et si un
00:52:56individu qui a
00:52:58toute l'état, parce qu'il
00:53:00est d'une droite
00:53:02un peu dure, dit
00:53:04un mot totalement
00:53:06insignifiant, il fait l'objet immédiatement
00:53:08de poursuites pénales devant la 17ème
00:53:10chambre correctionnelle.
00:53:12Regardez le sort qui est fait
00:53:14aujourd'hui aux policiers.
00:53:16Moi, je défends la police.
00:53:18J'estime qu'elle fait un travail remarquable
00:53:20dans un contexte très difficile.
00:53:22Il peut y avoir des bavures aussi qu'il faut sanctionner.
00:53:24Il peut y avoir des bavures,
00:53:26mais globalement, M. Bercov, j'ai jamais rencontré
00:53:28pour ma part, une personne qui se réveille
00:53:30le matin, qui est fonctionnaire de police,
00:53:32qui dit, je vais me faire Nahel, je vais me faire
00:53:34Dupont, je vais me faire Mohamed, etc.
00:53:36Personnellement, sans doute
00:53:38suis-je naïf, mais personnellement,
00:53:40j'en ai jamais rencontré. Lorsque
00:53:42ces fonctionnaires de police font l'objet
00:53:44d'une
00:53:46petite poursuite pénale,
00:53:48j'observe qu'ils se font
00:53:50massacrer.
00:53:52Un, ils se font massacrer sur un plan
00:53:54judiciaire et deux, ils ne sont pas
00:53:56souvent soutenus
00:53:58par la hiérarchie. Mais lorsque
00:54:00j'accompagne des
00:54:02personnes devant les juridictions pénales
00:54:04qui sont des oies blanches, puisqu'elles ont
00:54:0623 condamnations au casier judiciaire
00:54:08et elles n'ont que 22 ans, toutes choses égales
00:54:10par ailleurs, elles s'en sortent
00:54:12plutôt mieux.
00:54:14Ce sont les deux points de mesure dont on
00:54:16parlait. On va en parler juste après cette petite
00:54:18pause. Alors, vous savez,
00:54:20le numéro 0826
00:54:22300. Si vous avez envie d'intervenir
00:54:24et de poser des questions à Maître
00:54:26Pendelon, n'hésitez pas.
00:54:280826 300.
00:54:30C'est intéressant de savoir
00:54:32cette justice à deux ou trois
00:54:34vitesses et ses
00:54:36indignations à géométrie très
00:54:38variables. A tout de suite.
00:54:40Sud Radio.
00:54:42Parlons vrai.
00:54:44Sud Radio.
00:54:46Sud Radio Bercov dans tous
00:54:48ses états, midi 14h.
00:54:50André Bercov.
00:54:52Eh bien, on parle d'inquisition française.
00:54:54Vous dites quand même, c'est exagéré, inquisition
00:54:56française, on n'est pas quand même autant de l'inquisition.
00:54:58On peut se poser quand même des
00:55:00questions des juges contre la justice.
00:55:02C'est un livre de l'avocat
00:55:04Gérald Pendelon qui vient de paraître
00:55:06aux éditions David Reynard
00:55:08dont je rappelle, vous pouvez appeler
00:55:100826 300 300.
00:55:12Alors, Gérald Pendelon, justement,
00:55:14on parlait un peu des deux points de mesure
00:55:16et vous disiez, voilà,
00:55:18j'accompagne quelques multirécidivistes
00:55:20qui s'en sortent quand même beaucoup mieux que d'autres
00:55:22qui ont proféré
00:55:24un certain nombre
00:55:26peut-être qui ont été irresponsables
00:55:28ou peut-être imprudents,
00:55:30mais moi je suis très frappé,
00:55:32par exemple, on en a beaucoup parlé,
00:55:34du sort réservé à Gérard Depardieu
00:55:36et vous le dites vous-même, il y a sûrement
00:55:38des choses à reprocher à Gérard Depardieu
00:55:40et non des moindres, mais enfin, le léchage
00:55:42pour ne pas que les exemples
00:55:44de Loïc Leflocq-Prigent
00:55:46et puis beaucoup d'autres
00:55:48par rapport à Fagan, des gens
00:55:50qui ont tabassé,
00:55:52violé et autres,
00:55:54et bien les peines ne sont pas du tout les mêmes.
00:55:56Expliquez-nous.
00:55:58Il y a un deux poids, deux mesures
00:56:00qui devient
00:56:02effrayant dans ce pays.
00:56:04Alors,
00:56:06pour Depardieu, je n'ai pas la chance
00:56:08d'être son conseil,
00:56:10il est très bien défendu,
00:56:12qui est considéré par la droite
00:56:14comme un monstre sacré
00:56:16du cinéma, et bien évidemment
00:56:18par la gauche comme un sacré monstre.
00:56:20N'est-ce pas ?
00:56:22Mais pour un homme
00:56:24comme Depardieu, qui
00:56:26peut-être avait-il été
00:56:28ou est-il un tout petit peu
00:56:30indélicat, peut-être a-t-il
00:56:32le verbe haut, mais
00:56:34il s'est fait lyncher, à mon sens,
00:56:36déjà médiatiquement,
00:56:38avant d'encourir les moindres
00:56:40poursuites pénales.
00:56:42Il n'est jusqu'ici pas encore condamné.
00:56:44Pas encore condamné, mais
00:56:46vous voyez, on est dans...
00:56:48La prison sourde d'innocence, il n'y en a pas.
00:56:50Elle n'existe surtout pas pour les avocats.
00:56:52On va revenir aux articles,
00:56:54elle n'existe pas du tout.
00:56:56Voilà un homme qui s'est fait
00:56:58déjà assassiner
00:57:00sur un plan médiatique,
00:57:02avant même le sort
00:57:04qui lui sera réservé devant un juge.
00:57:06Imaginons une fraction de seconde
00:57:08qu'il bénéficie d'un non-lieu.
00:57:10C'est-à-dire qu'on estime
00:57:12qu'il n'y a pas de charges contre lui,
00:57:14ou que les charges sont insuffisamment
00:57:16caractérisées, etc.
00:57:18Voilà un homme qui en aura pris plein
00:57:20à la figure,
00:57:22qui aura été traîné
00:57:24dans la boue, alors même que
00:57:26sur un plan matériel, on s'apercevra
00:57:28chemin faisant, parce que vous savez,
00:57:30une information judiciaire,
00:57:32ça prend du temps.
00:57:34Le temps médiatique est immédiat, le temps judiciaire
00:57:36est long.
00:57:38Si on dit du mal de vous sur un plan
00:57:40médiatique, ça ne s'efface
00:57:42jamais. En revanche,
00:57:44si on dit du bien de vous, ça s'efface
00:57:46dans le traitement. C'est ce qu'on
00:57:48appelle la justice, n'est-ce pas ?
00:57:50Voilà, c'est ce qu'on appelle la justice.
00:57:52Et alors justement,
00:57:54par rapport à ça, puis il y a beaucoup
00:57:56d'exemples que vous donnez d'ailleurs dans
00:57:58votre livre, Gérald
00:58:00Pendelon, mais effectivement
00:58:02ce qui est assez frappant, c'est qu'on le voit
00:58:04d'où vient,
00:58:06franchement, on aimerait comprendre,
00:58:08je ne sais pas si c'est uniquement le syndicat de la
00:58:10magistrature ou des membres du syndicat,
00:58:12d'où vient, et là on l'entend,
00:58:14on en parle ici à la radio, que des gens
00:58:16qui ont fait
00:58:18des multirécidives,
00:58:20et qui ont vraiment fait
00:58:22beaucoup de choses, 22 fois, 23 fois,
00:58:24et qui s'en sortent, et qui sont
00:58:26dehors parce qu'il y a eu vice de procédure,
00:58:28ou parce qu'il y a eu ceci ou cela,
00:58:30et qui
00:58:32recommencent,
00:58:34et font,
00:58:36on se dit, c'est quoi, c'est le juge
00:58:38de la liberté, de la détention,
00:58:40c'est quoi qui fait que,
00:58:42telle personne, on dira, oui mais lui ce n'est pas la peine,
00:58:44on verra plus tard, et on lui donnera
00:58:46les petits travaux d'intérêt général, etc.
00:58:48Qu'est-ce qui fait
00:58:50cette, je ne dirais pas impunité,
00:58:52mais cette espèce d'indulgence
00:58:54qui rappelle je ne sais quelles indulgences
00:58:56du XIIe siècle ?
00:58:58Alors, elles font, ces personnes-là,
00:59:00bien évidemment, l'objet
00:59:02de poursuites pénales, mais mon propos, c'est de dire
00:59:04que toute chose égale par ailleurs,
00:59:06elles s'en sortent infiniment mieux qu'une personne
00:59:08qui aurait un profil très lisse,
00:59:10mais qui attesterait,
00:59:12que sais-je, d'un statut
00:59:14chef d'entreprise, haut fonctionnaire,
00:59:16avocat, que sais-je, etc. Pourquoi ?
00:59:18À mon sens,
00:59:20parce que,
00:59:22bien souvent,
00:59:24l'individu
00:59:26multirécidiviste,
00:59:28pas toujours,
00:59:30très souvent,
00:59:32appartient à une minorité.
00:59:34Une minorité, qu'elle soit
00:59:36voilà,
00:59:38on ne va parler que de l'islam,
00:59:40et ethnique,
00:59:42ou autre.
00:59:44Il ne faut pas généraliser, absolument.
00:59:46Or, dans l'esprit
00:59:48d'un certain nombre de magistrats
00:59:50politisés, des militants
00:59:52magistrats politisés,
00:59:54cette
00:59:56minorité symbolise
00:59:58le dominé.
01:00:00Alors que,
01:00:02un policier
01:00:04qui fait parfaitement son travail,
01:00:06mais qui pourra faire une erreur,
01:00:08est un dominant.
01:00:10C'est celui
01:00:12qui décide de l'ordre,
01:00:14de la sécurité, etc.
01:00:16Oui, celui qui décide d'emprisonner, d'embarquer.
01:00:18Donc, il y a, je dirais,
01:00:20une prime,
01:00:22non écrite,
01:00:24une prime symbolique,
01:00:26psychologique,
01:00:28à l'opprimé.
01:00:30Encore une fois,
01:00:32ça fait une vingtaine d'années que j'exerce
01:00:34ce métier.
01:00:36Croyez-moi, des gens, j'en ai défendu beaucoup.
01:00:38Il fallait que je sois très en forme
01:00:40pour réussir à obtenir
01:00:42une peine
01:00:44relativement moyenne
01:00:46pour un chef d'entreprise dans lesquels
01:00:48un casier judiciaire ne portait trace d'aucune condamnation.
01:00:50Et si je n'étais pas du tout en forme,
01:00:52mais que je défendais un certain nombre de personnes
01:00:54qui avaient 20, 25 condamnations,
01:00:56j'avais toujours des superbes
01:00:58résultats.
01:01:00On a inversé, on est dans ce que
01:01:02on pourrait considérer comme une
01:01:04communication inversée.
01:01:06On a renversé le monde.
01:01:08Ce qui est juste est faux, ce qui est faux est juste.
01:01:10On pourrait développer sans parler ni.
01:01:12Puis l'inversion accusatoire aussi.
01:01:14L'inversion accusatoire.
01:01:16Mais alors, le problème,
01:01:18c'est très difficile d'ailleurs,
01:01:20et vous en parlez, c'est très difficile d'avoir,
01:01:22parce qu'il n'y a pas d'état idéal, on le sait.
01:01:24Disons qu'il faudrait qu'on ait un état moins pire que
01:01:26d'autres. Enfin, on n'est pas dans une dictature
01:01:28absolue, mais je voudrais juste revenir
01:01:30sur les policiers. Vous avez raison, mais
01:01:32comment faire aussi, par exemple, vous vous rappelez,
01:01:34au moment du gilet jaune,
01:01:36certains policiers, encore une fois, ne généralisent
01:01:38jamais, moi je suis plutôt pour,
01:01:40effectivement, la police,
01:01:42je ne suis pas le seul, mais il y a eu,
01:01:44vous savez, des éborgnements,
01:01:46il y a eu des mains, bon. Et surtout,
01:01:48je vais vous dire, moi, c'est pas, c'est
01:01:50la chose qui m'a le plus frappé,
01:01:52et évidemment, ils doivent obéir,
01:01:54enfin, ils sont, obéir
01:01:56à leur hiérarchie, et à leurs
01:01:58instructions, ça c'est la police,
01:02:00comme l'armée d'un autre côté.
01:02:02Mais rappelez-vous le Covid, où l'on
01:02:04poursuivait des
01:02:06petites mémés
01:02:08qui étaient sur la plage, toutes seules,
01:02:10ou qui étaient en montagne, on est arrivés
01:02:12à ça. Comment faire, c'est vrai,
01:02:14alors, vous allez me dire, vous n'avez pas
01:02:16pratiqué la soumission, et pas question, mais
01:02:18comment faire pour rééquilibrer
01:02:20un peu tout cela, Gérald ?
01:02:22Je pense que la justice devrait être juste,
01:02:24et les policiers se concentrer sur
01:02:26leurs fonctions régaliennes. Ils sont là
01:02:28pour maintenir
01:02:30l'ordre.
01:02:32Si, outre le fait que, lorsque
01:02:34ils peuvent poursuivre une mémé
01:02:36qui n'aurait pas fait ceci,
01:02:38cela... Oui, rappelez-vous du Covid,
01:02:40bien sûr, bien sûr,
01:02:42j'ai la faiblesse de considérer que
01:02:44ils en ont reçu l'instruction,
01:02:46ils en ont reçu
01:02:48l'instruction, mais
01:02:50la même,
01:02:52je dirais,
01:02:54injustice est celle
01:02:56qui concerne
01:02:58celles et ceux qui,
01:03:00à tort ou à raison, sont considérés
01:03:02comme faisant partie de l'extrême droite
01:03:04en France. Là, j'aimerais dire
01:03:06quelques mots. Oui, alors, c'est quoi l'extrême droite ?
01:03:08Parce qu'effectivement, aujourd'hui,
01:03:10matin ou soir, dès que vous n'êtes pas d'accord
01:03:12avec telle ou telle doxa,
01:03:14ou telle ou telle parole, vous êtes d'extrême droite.
01:03:16C'est devenu un leitmotiv,
01:03:18pour des personnes qui ont cessé de réfléchir,
01:03:20l'extrême droite, c'est quoi ?
01:03:22On va vous parler du fascisme.
01:03:24Le fascisme, c'est le discours de Mussolini,
01:03:26la Scala de Milan, en 1924,
01:03:28rien dans l'État, rien
01:03:30contre l'État, rien en dehors de l'État.
01:03:32Oui, rien en dehors de l'État.
01:03:34Rien en dehors de l'État, rien contre l'État.
01:03:36C'est ça, le fascisme. En quoi,
01:03:38si on prend, par exemple,
01:03:40la philosophie politique du RN
01:03:42ou de Reconquête, au hasard,
01:03:44qui sont sur le spectre,
01:03:46un peu plus à droite,
01:03:48en quoi ça correspond ?
01:03:50En rien. Deuxième élément,
01:03:52si on prend le nazisme
01:03:54qui a érigé
01:03:56une race comme étant,
01:03:58à quel moment le RN peut-il
01:04:00être accusé de nazi,
01:04:02alors qu'ils sont les premiers,
01:04:04depuis le 7 octobre,
01:04:06à défendre les
01:04:08juifs opprimés dans les territoires
01:04:10occupés. Je veux dire,
01:04:12les plus grands politologues français
01:04:14ont démontré que
01:04:16Mme Le Pen pouvait être éventuellement
01:04:18populiste,
01:04:20peut-être bonapartiste,
01:04:22conservatrice,
01:04:24pas surtout, d'ailleurs,
01:04:26nationaliste,
01:04:28mais tous les plus grands
01:04:30politologues ont démontré qu'elle ne pouvait
01:04:32en aucun cas appartenir
01:04:34au spectre de l'extrême droite.
01:04:36Des Mathieu Boccoté, des
01:04:38Alain Finkielkraut, que sais-je,
01:04:40des Luc Ferry, tous ont
01:04:42parfaitement l'expliqué.
01:04:44Mais ça reste.
01:04:46Non seulement ça reste,
01:04:48mais c'est devenu
01:04:50l'arme absolue d'un certain nombre
01:04:52de gens qui, n'ayant pas envie de discuter,
01:04:54je crois que c'est ça, au-delà,
01:04:56vous êtes extrême droite,
01:04:58donc vous allez
01:05:00la fermer. On l'a vu sur des chaînes,
01:05:02on l'a vu sur des paroles,
01:05:04etc.
01:05:06Et là, est-ce que les juges,
01:05:08parce que ça va souvent dans la 17ème
01:05:10chambre correctionnelle ou ailleurs,
01:05:12spécialisés en affaires
01:05:14de presse, mais je ne veux pas m'apesantir
01:05:16sur la presse, est-ce que là, il n'y a pas
01:05:18quelque chose qui, en droit,
01:05:20pose problème ?
01:05:22Ça soulève une difficulté en termes
01:05:24de ce qu'Aristote
01:05:26nommait la justice commutative.
01:05:28Ça veut dire que...
01:05:30Ça veut dire quoi la justice commutative ?
01:05:32La justice commutative chez Aristote, c'est
01:05:34pour exactement
01:05:36des mêmes faits, c'est le principe d'égalité,
01:05:38pour exactement des mêmes faits,
01:05:40que vous soyez puissant ou misérable,
01:05:42le sort judiciaire
01:05:44ne doit pas être différencié.
01:05:46Mais c'est ça un tout petit peu
01:05:48ce à quoi...
01:05:50Il a été corrigé par La Fontaine,
01:05:52hélas, mais à juste titre.
01:05:54Aujourd'hui, à mon sens, il faut inverser
01:05:56la phrase
01:05:58de La Fontaine.
01:06:00Si vous préférez,
01:06:02je considère que
01:06:04un certain nombre de personnes considérées
01:06:06à tort ou à raison comme
01:06:08dominées
01:06:10doivent être
01:06:12infiniment plus accessibles,
01:06:14sur le fond, au pardon,
01:06:16à l'indulgence, à l'empathie.
01:06:18Justement, on va en parler juste après
01:06:20cette petite pause.
01:06:22Que faut-il faire ?
01:06:24Cette espèce de balance
01:06:26qui symbolise la justice,
01:06:28comment on peut la rééquilibrer ?
01:06:30Avec vous, Gérald Pandelon.
01:06:32L'Inquisition française, comment
01:06:34au moins l'équilibrer ou la réguler
01:06:36ou la diminuer ?
01:06:48Un livre à lire, Gérald Pandelon,
01:06:50Inquisition française,
01:06:52des juges contre la justice,
01:06:54aux éditions David Reynard.
01:06:56Et nous avons Fabienne qui nous appelle
01:06:58de Thionville. Bonjour Fabienne.
01:07:00Bonjour messieurs.
01:07:02Un grand merci pour la qualité de vos émissions
01:07:04qui sont passionnantes.
01:07:06Et très encourageantes.
01:07:08Parce que je suis une dame
01:07:10d'un certain âge et je suis
01:07:12très inquiète de la dégradation
01:07:14de la société française
01:07:16depuis plusieurs dizaines
01:07:18d'années. Et notamment
01:07:20par rapport au sujet qui vous occupe
01:07:22aujourd'hui, j'ai l'impression
01:07:24d'une élimination systématique,
01:07:26quasiment systématique des décisions
01:07:28politiques
01:07:30par la justice.
01:07:32Et à quel moment estimez-vous
01:07:34et pour quelles raisons il y a-t-il eu
01:07:36une inversion de hiérarchie entre
01:07:38la justice et les décisions politiques ?
01:07:40Et est-ce que c'est dû
01:07:42en partie aux institutions européennes ?
01:07:44Alors justement, à quel moment
01:07:46Fabienne, oui merci pour votre
01:07:48question, à quel moment il y a eu à votre avis
01:07:50renversement d'équilibre entre politique
01:07:52et justice ? Et elle demande si l'influence
01:07:54de l'Europe a joué, enfin de l'Union Européenne a joué ?
01:07:56Ça a joué bien
01:07:58évidemment puisque depuis
01:08:00je dirais 35 ans
01:08:02depuis 35 ans
01:08:04il n'aura échappé à personne
01:08:06que on est
01:08:08on a des
01:08:10normes, directives,
01:08:12règlements communautaires qui
01:08:14l'emportent sur nos lois
01:08:16nationales, à telle enseigne que
01:08:18lorsque vous arrivez
01:08:20à faire condamner une personne
01:08:22et que tous les
01:08:24voies de recours jusqu'à la Cour de Cassation
01:08:26sont expirées
01:08:28et bien voilà que la France
01:08:30est retoquée devant la Cour Européenne
01:08:32des Droits de l'Homme
01:08:34Cette
01:08:36supranationalité pose
01:08:38un problème d'ailleurs de
01:08:40constitutionnalité puisque
01:08:42on nous a toujours expliqué que la Constitution
01:08:44était la charte solennelle de l'État
01:08:46qu'il n'y avait rien au-dessus de la Constitution
01:08:48Je me pose
01:08:50la question
01:08:52Oui alors justement
01:08:54là c'est effectivement
01:08:56aujourd'hui on le voit très bien sur
01:08:5880% des lois françaises
01:09:00sont dictées par l'Union Européenne
01:09:02Oui, ce qu'on appelle le droit communautaire dérivé
01:09:04Absolument, donc effectivement
01:09:06il y a une influence parfaite
01:09:08nous avons Michel qui nous appelle de Pontigny
01:09:10Bonjour Michel
01:09:12Oui, vous m'entendez ?
01:09:14Oui, très bien
01:09:16Bonjour André, votre invité
01:09:18Maitre Pardelon
01:09:20Maitre Pardelon, oui, dites-moi
01:09:22Merci de prendre ma courte
01:09:24question
01:09:26Le général de Gaulle et
01:09:28Michel Debré avaient-ils pris
01:09:30la mesure des
01:09:32je le mets entre guillemets
01:09:34des dérives autoritaires
01:09:36que cette Constitution de 1958
01:09:38pourrait
01:09:40et je mets du conditionnel en gendrille
01:09:4258 et 62
01:09:44Bien sûr
01:09:46C'est une excellente question
01:09:50et si je
01:09:52l'articule à mon texte
01:09:54sur les dérives du pouvoir
01:09:56judiciaire
01:09:58j'ai en souvenir
01:10:00un entretien
01:10:02que le général de Gaulle avait eu
01:10:04avec Jean Foyer qui était à l'époque
01:10:06garde des Sceaux, ministre de la Justice
01:10:08il avait indiqué
01:10:10à sa manière, vous savez
01:10:12il n'y a
01:10:14que deux pouvoirs
01:10:16il y a le mien, le pouvoir législatif
01:10:18vous n'êtes
01:10:20qu'une simple
01:10:22autorité judiciaire
01:10:24donc de Gaulle avait
01:10:26une conception, je dirais
01:10:28on s'en rentre dans les détails, il y avait
01:10:30vraiment une monocéphalisation de l'exécutif
01:10:32avec la prépondérance
01:10:34présidentielle qui faisait
01:10:36que
01:10:38par un système de vase communicant
01:10:40d'une certaine manière, le pouvoir
01:10:42judiciaire
01:10:44n'était qu'une autorité
01:10:46judiciaire
01:10:48les choses ont bien changé
01:10:50les choses ont bien changé puisque aujourd'hui
01:10:52c'est le contraire
01:10:54c'est l'autorité qui a plus de pouvoir
01:10:56que le pouvoir
01:10:58d'autant plus que de Gaulle lui
01:11:00a donné
01:11:02un sacré exemple, de Gaulle n'aurait
01:11:04jamais, s'il y avait cohabitation
01:11:06et que pendant les élections législatives
01:11:08qui ne dépendait pas de lui
01:11:10il aurait donné un pouvoir à l'opposition, il serait parti
01:11:12il l'a dit, lui
01:11:14c'est Giscard qui a accepté la cohabitation
01:11:16mais jamais de Gaulle
01:11:18il n'a pas eu Giscard, et puis deuxièmement
01:11:20il faut rappeler que de Gaulle, quand il y a eu le référendum
01:11:22de 69, il a dit, voilà, si vous
01:11:24ne votez pas ma proposition
01:11:26de référendum, je m'en vais
01:11:28le seul qui est parti, c'est le seul
01:11:30auteur de cette constitution
01:11:32qui lui, justement, ne sait pas
01:11:34le pouvoir du peuple
01:11:36si on le désavouait
01:11:38il partait, parce qu'il y avait également
01:11:40une forte prégnance
01:11:42une grande autorité
01:11:44attachée à l'État
01:11:46à l'État
01:11:48or, vous savez, c'est un peu la tarte à la crème
01:11:50puisqu'on en parle depuis plus de
01:11:5230 ans, déjà j'étais à Sciences Po
01:11:54on nous parlait de la crise de l'État
01:11:56les crises de l'État-nation
01:11:58une crise de l'État
01:12:00bon, aujourd'hui
01:12:02c'est précisément parce que
01:12:04l'État n'est plus
01:12:06capable de réguler
01:12:08politiquement les conflits
01:12:10que ce sont des magistrats
01:12:12une minorité, je ne sais pas si 12
01:12:14qui se sont arrogés le pouvoir
01:12:16d'opérer une forme de
01:12:18régulation politique des conflits
01:12:20il y a eu un transfert, à mon sens
01:12:22du pouvoir
01:12:24de l'autorité exécutive
01:12:26à l'autorité judiciaire
01:12:28et alors quel rôle joue
01:12:30on a parlé du conseil constitutionnel
01:12:32quel rôle joue le conseil d'État
01:12:34on voit très bien que
01:12:36quand il y a eu des problèmes de
01:12:38récemment la chaîne C8 a été
01:12:40retirée de la TNT
01:12:42face aux recommandations de l'ACOM
01:12:44il y a eu recours au conseil d'État qui a
01:12:46validé, quel rôle aujourd'hui
01:12:48au-delà des problèmes médiatiques
01:12:50quel rôle joue le conseil d'État
01:12:52la difficulté c'est que le conseil d'État
01:12:54c'est l'article 39 de la constitution
01:12:56le conseil d'État en principe
01:12:58n'a qu'un rôle consultatif
01:13:00c'est un peu hybride parce que
01:13:02c'est également une juridiction administrative
01:13:04la plus élevée
01:13:06de notre édifice normatif
01:13:08la difficulté c'est que
01:13:10comme le gouvernement peut consulter
01:13:12le conseil d'État pour avis
01:13:14mais en réalité
01:13:169 fois sur 10, pour ne pas dire
01:13:18systématiquement, comme
01:13:20on a affaire aux magistrats les plus
01:13:22je dirais élevés
01:13:24dans la hiérarchie judiciaire
01:13:26et bien en réalité
01:13:28l'avis que donne le conseil d'État
01:13:30c'est le texte quasiment final
01:13:32qui sera proposé
01:13:34donc par définition c'est un texte
01:13:36très technique
01:13:38mais il y a quelque chose de très
01:13:40je dirais à la fois
01:13:42on aurait envie d'en ricaner s'il n'était pas obligé
01:13:44d'en pleurer, c'est qu'au fond
01:13:46on revient à ça, vous dites
01:13:48je croyais que les parlementaires
01:13:50c'était les législateurs
01:13:52naïvement on appelle ça
01:13:54le pouvoir législatif
01:13:56donc vous dites, il n'y a pratiquement
01:13:58plus de pouvoir législatif
01:14:00il y en a bien sûr, il ne faut pas exagérer, mais quand même
01:14:02on n'est pas sorti de l'ancien régime
01:14:04c'est à dire que
01:14:06sous l'ancien régime, les parlements
01:14:08qui n'étaient pas des parlements, qui étaient des juridictions
01:14:10les juges
01:14:12donc pouvaient
01:14:14s'opposer au roi
01:14:16donc d'ailleurs
01:14:18un certain nombre de magistrats qui se plaignent
01:14:20par idéologie politique personnelle
01:14:22de l'ancien régime
01:14:24devraient louer l'ancien régime
01:14:26ils n'ont jamais eu autant de pouvoir
01:14:28sous l'ancien régime qu'ils en ont eu
01:14:30sous la révolution française
01:14:32qui désormais n'était que la bouche
01:14:34de la loi, selon le terme de Montesquieu
01:14:36à telle enceinte qu'on est passé
01:14:38d'un esprit des lois, aujourd'hui
01:14:40à des lois sans esprit, n'est-ce pas ?
01:14:42ce que je veux dire
01:14:44par là, c'est que
01:14:46le juge
01:14:48s'est accaparé
01:14:50un pouvoir
01:14:52laissé vacant par l'autorité politique
01:14:54alors justement
01:14:56il s'est emparé de ce pouvoir
01:14:58et encore une fois
01:15:00je reviens à cette question
01:15:02comment il se fait que
01:15:04les parlementaires laissent faire
01:15:06que les parlementaires
01:15:08laissent faire, est-ce qu'au fond
01:15:10parce que les juges, alors c'est une autre question
01:15:12que vous soulevez dans votre livre
01:15:14mais c'est pas la question que je voulais en premier
01:15:16quand même, est-ce que les juges sont
01:15:18dépendants, alors vous avez mis un syndicat
01:15:20de la magistrature, disons
01:15:22pour une certaine opposition dite de gauche
01:15:24mais est-ce que les juges
01:15:26puisqu'ils sont nommés par le
01:15:28parquet
01:15:30ils dépendent du ministère de la justice
01:15:32donc du premier ministre, donc du président
01:15:34de la république, etc.
01:15:36est-ce qu'il y a le fait que les juges
01:15:38pour leur carrière, en tout cas un certain nombre de juges
01:15:40dont la carrière dépend du ministère
01:15:42donc du gouvernement, ne sont pas
01:15:44assujettis, disons les mots, au pouvoir politique
01:15:46quel qu'il soit, de droite, de gauche ou ailleurs
01:15:48sans se
01:15:50concerter, je pense que
01:15:52ils sont plus à l'écoute
01:15:54de celui qui les nomme
01:15:56et qui les paie
01:15:58que
01:16:00que je dirais
01:16:02vraiment préoccupés par
01:16:04n'est-ce pas la recherche
01:16:06de la justice
01:16:08je rajoute un point
01:16:10c'est que
01:16:12il ne peut pas y avoir
01:16:14de justice si au préalable
01:16:16on ne fait pas cet effort
01:16:18considérable de rechercher la vérité
01:16:20c'est-à-dire que la justice
01:16:22ah la vérité c'est dur
01:16:24oui mais
01:16:26il ne peut pas y avoir de justice si au préalable
01:16:28il n'y a pas une vérité
01:16:30fut-elle la vérité des faits ?
01:16:32parce que la vérité
01:16:34il vaut mieux la vérité des faits que la vérité
01:16:36relative à chacun, c'est à chacun sa vérité
01:16:38disait Pirandello
01:16:40oui absolument, mais
01:16:42le problème c'est que par idéologie
01:16:44par idéologie
01:16:46certains magistrats
01:16:48vont opter pour une grille de lecture
01:16:50d'un dossier
01:16:52qui constitue
01:16:54non pas la vérité objective
01:16:56mais leur vérité subjective
01:16:58parce que faire preuve d'objectivité
01:17:00au fond ce n'est pas humain
01:17:02il faut essayer quand même
01:17:04ça ne relève pas à mon sens
01:17:06chacun d'entre nous a ses failles
01:17:08ses faiblesses
01:17:10et l'autre côté
01:17:12c'est par carriérisme
01:17:14il vaut mieux
01:17:16être à l'origine
01:17:18de la mise en examen
01:17:20d'un président de la république
01:17:22que de mettre en cause l'épicier de son quartier
01:17:24sauf que c'est
01:17:26plus difficile et plus risqué
01:17:28c'est plus risqué
01:17:30mais comme les magistrats ont un pouvoir
01:17:32qui est quasiment
01:17:34je dirais indépassable
01:17:36puisque
01:17:38ils sont inamovibles
01:17:40il faut expliquer comment ils sont inamovibles
01:17:42on ne peut pas toucher à un magistrat
01:17:44il faudrait qu'il puisse commettre
01:17:46dans le cadre de l'exercice
01:17:48de ses fonctions
01:17:50une très grave faute
01:17:52premier point
01:17:54que cette faute soit portée devant
01:17:56le conseil supérieur de la magistrature
01:17:58et qu'est-ce qu'il fera
01:18:00le conseil supérieur de la magistrature
01:18:02il soutiendra
01:18:04le magistrat
01:18:06qui a commis une faute
01:18:0899,9 fois
01:18:10par exemple regardez l'affaire Burgot
01:18:12l'affaire Outreau
01:18:14qui a concerné un juge
01:18:16qui s'appelait monsieur Burgot
01:18:18j'ai eu l'occasion
01:18:20non pas de le défendre
01:18:22mais de le comprendre
01:18:24parce que certes on s'est acharné
01:18:26sur ce jeune magistrat
01:18:28le juge Burgot
01:18:30mais vous savez ceux qui ont les tempes un peu grisonnantes
01:18:32devant la chambre de l'instruction
01:18:34et qui sont un peu plus âgés que 26 ans
01:18:36ils ont minimum 40, 45, 50 ans
01:18:38ont tous confirmé
01:18:40les ordonnances
01:18:42donc les décisions
01:18:44de Buju Burgot
01:18:46pourquoi ?
01:18:48parce qu'il n'y avait pas de présomption d'innocence
01:18:50et puis il fallait
01:18:52pas de présomption d'innocence en pratique
01:18:54et il fallait que
01:18:56l'affaire
01:18:58soit enflammée
01:19:00il fallait que tout le monde évoque cette affaire
01:19:02elle a terminé comment ?
01:19:04par désacquittement
01:19:06pas seulement
01:19:08il y a eu des condamnations
01:19:10c'était un peu une montagne qui a touché d'une souris
01:19:12en tout cas
01:19:14le problème il est posé
01:19:16mais justement on va voir
01:19:18que faire, c'est le que faire qui est intéressant
01:19:20aujourd'hui on va parler avec vous
01:19:22après cette petite pause
01:19:24Sud Radio, votre avis fait la différence
01:19:26vous êtes auditrice de Sud Radio
01:19:28depuis longtemps ou pas ?
01:19:30depuis plusieurs années
01:19:32depuis que je me suis rendu compte qu'on ne nous disait pas tout
01:19:34Sud Radio
01:19:36parlons vrai
01:19:38Sud Radio Bercoff
01:19:40dans tous ses états, midi 14h
01:19:42André Bercoff
01:19:44à la fin de votre livre
01:19:46Gérard Pendelon, encore une fois que je recommande vraiment
01:19:48lisez-le, Inquisition Française des Justes
01:19:50contre la Justice, vous dites un peu
01:19:52vous décrivez
01:19:54vous rédigez une vingtaine de propositions
01:19:56pour effectivement changer ça
01:19:58parce que le peuple est mort
01:20:00je ne sais pas s'il est en agonie
01:20:02ou s'il est en soins palliatifs
01:20:04et la politique aussi
01:20:06on peut se poser la question
01:20:08au fond que faire pour équilibrer
01:20:10ce problème des juges
01:20:12sans dire le gouvernement des juges
01:20:14on en parle, le coup d'état judiciaire
01:20:16on en parle aussi, on en a parlé
01:20:18que faire à votre avis de plus
01:20:20urgent
01:20:22et le plus adéquat
01:20:24avant de répondre à votre question
01:20:26je voudrais revenir très rapidement
01:20:28sur une affaire qui avait
01:20:30effrayé la chronique pénale
01:20:32il y a quelques années, l'affaire dite
01:20:34de la BAC Nord
01:20:36le film célèbre et remarquable
01:20:38de Cédric Jimenez
01:20:40je crois que c'était en 2016
01:20:42il faut savoir que
01:20:44l'essentiel
01:20:46de ces fonctionnaires de police
01:20:48qui étaient considérés comme l'élite
01:20:50de la police
01:20:52de Paris à Marseille
01:20:54et tout le monde loué leur talent
01:20:56leur courage, leur efficacité
01:20:58ont, pour la plupart
01:21:00d'entre eux, été incarcérés
01:21:02dans cette affaire
01:21:04et ensuite
01:21:06certains, avant même d'être jugés
01:21:08ont été réintégrés
01:21:10dans leur service alors qu'ils avaient
01:21:12été incarcérés
01:21:14et la plupart d'entre eux furent relaxés
01:21:16pourquoi je prends cet exemple ?
01:21:18parce que, en France
01:21:20si
01:21:22vous vous attestez d'une forme de
01:21:24situation sociale, de statut
01:21:26quoi que ce soit, et surtout si vous êtes
01:21:28policier, avocat
01:21:30chef d'entreprise
01:21:32et au surplus, si
01:21:34en tant que chef d'entreprise
01:21:36vous avez un capital économique
01:21:38qui est très élevé, c'est
01:21:40très dur devant un magistrat
01:21:42c'est très dur, alors que faire ?
01:21:44devant certains magistrats
01:21:46devant certains magistrats
01:21:48oui, une minorité à qui on a donné
01:21:50l'essentiel du pouvoir
01:21:52déjà, il faudrait que
01:21:54pour des personnes
01:21:56qui sont exposées, policier
01:21:58avocat, ou autre
01:22:00toute personne d'ailleurs
01:22:02qui est exposée
01:22:04qui occupe des fonctions
01:22:06tout petit peu réglementées
01:22:08déjà il faudrait, avant même
01:22:10d'engager des poursuites pénales
01:22:12il faudrait que, prenons l'exemple
01:22:14d'un policier
01:22:16qu'il y ait un entretien préalable
01:22:18entre le parquet
01:22:20la hiérarchie policière
01:22:22et le policier
01:22:24que le policier puisse s'expliquer
01:22:26avant même qu'on le place
01:22:28en garde à vue, qu'il perde tout
01:22:30qu'il soit suspendu, etc
01:22:32la même chose pour les avocats
01:22:34il faudrait un entretien
01:22:36entre le bâtonnier, le substitut du parquet
01:22:38et l'avocat qui aurait
01:22:40commis une faute
01:22:42pour savoir
01:22:44en fonction, bon, ça n'existe pas
01:22:46vous êtes immédiatement
01:22:48traité
01:22:50comme si
01:22:52vous étiez un délinquant
01:22:54il n'y a plus de présomption d'innocence
01:22:56il y a présomption de culpabilité
01:22:58moi je soutiens la thèse selon laquelle
01:23:00pour certains policiers
01:23:02et pour la plupart des avocats
01:23:04il n'y a pas de présomption d'innocence
01:23:06sans langage que moi
01:23:08pourquoi ? Parce que
01:23:10comme un leitmotiv, les magistrats
01:23:12vous disent, vous connaissez
01:23:14le droit, vous ne pouvez
01:23:16pas errer, vous ne pouvez pas
01:23:18en d'autres termes, l'avocat
01:23:20il n'a pas le droit d'avoir des faiblesses
01:23:22il est omnipotent, omniscient
01:23:24puisqu'il n'a pas le droit
01:23:26c'est un chat que j'ai pété avant l'heure
01:23:28n'est-ce pas l'avocat ?
01:23:30non, ce n'est pas comme ça que ça se passe. Deuxièmement
01:23:32il faudrait que lors de la formation
01:23:34à l'école nationale à la magistrature
01:23:36il faudrait
01:23:38que l'on ne considère pas l'avocat
01:23:40comme un ennemi
01:23:42mais tout simplement comme un adversaire
01:23:44au procès
01:23:46or, les jeunes magistrats
01:23:48notamment les magistrats
01:23:50du parquet
01:23:52sont d'une certaine manière
01:23:54pas tous, mais beaucoup
01:23:56animés d'une volonté vengeresse
01:23:58éradicatrice, voire purificatrice
01:24:00ce n'est pas une lutte des classes
01:24:02c'est une lutte des corporations
01:24:04en fait, ce qu'il faudrait
01:24:06c'est peut-être que magistrats et avocats soient réunis
01:24:08dans la même école, je vais dire peut-être un scandale
01:24:10qu'on se connaisse mieux
01:24:12voilà, qu'on se connaisse mieux
01:24:14En tout cas, merci Gérald Pantelon
01:24:16vous êtes polémique
01:24:18vous suscitez la polémique
01:24:20mais c'est une bonne chose
01:24:22Encore une fois, Inquisition Française des Justes
01:24:24contre la Justice, aux éditions
01:24:26d'Amine Renard. Merci pour votre invitation