• la semaine dernière
Avec Arnaud Benedetti et Stéphane Ravier

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##BERCOFF_DANS_TOUS_SES_ETATS-2025-03-20##

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News
Transcription
00:30Nous sommes en guerre, on le sait, on le répète tous les jours,
00:42toutes sortes de guerres, à bas bruit, à haut bruit, un peu partout.
00:46Et aujourd'hui, évidemment, journée de la francophonie.
00:50Et oui, journée de la francophonie aujourd'hui, absolument.
00:54On va célébrer le printemps et la francophonie, mais pas pour tout le monde.
00:57Boilem Sansal, lui, il est toujours, toujours et plus que jamais en prison.
01:02On va en parler avec notre ami Arnaud Benedetti.
01:05Et puis, on va parler aussi de ce qui se passe avec le trafic de drogue.
01:10Cette grosse entreprise ne connaît pas la crise.
01:143 milliards de chiffres d'affaires, ça abondit le trafic de 67% en 10 ans.
01:20On va en parler avec le sénateur Stéphane Ravier,
01:23notamment l'une des capitales, il faut le dire tristement, de la drogue en France.
01:27Marseille, mais il n'y a pas que Marseille.
01:29C'est un peu partout dans le pays.
01:32Oh, et puis les perles, les huées, les bravos, vous allez voir Dominique Voynet,
01:36Jean-Luc Mélenchon, très, très intéressant.
01:38Et en seconde partie, le 13h à 14h, la culture dans tous ses détails.
01:42Avec Céline Alonso, nous allons recevoir l'écrivain, l'historienne Alexandra Léniel-Lavastie,
01:49qui va nous parler d'un très grand résistant, mort à 29 ans,
01:52qui a écrit ce poème immortel, la prière du para, André Zirnald.
01:57Vraiment un épisode très peu connu, mais passionnant de la résistance française dans les années 40.
02:04A tout de suite.
02:06Sud Radio, parlons vrai.
02:12Ici Sud Radio.
02:16Les Français parlent au français.
02:20Je n'aime pas la blanquette de veau.
02:22Je n'aime pas la blanquette de veau.
02:29343 millions de personnes parlent français dans le monde.
02:34C'est la cinquième langue la plus parlée au monde, le français.
02:37Oui, journée de la francophonie.
02:39Écoutez, c'est bien, on fait des journées tout le long de l'année.
02:42305, 365 journées.
02:45Mais cette fois-ci, ça prend une couleur particulière à cause d'un écrivain franco-algérien.
02:50Un écrivain, un grand écrivain de la langue française, un très grand, qui s'appelle Boalem Sansal.
02:59Sud Radio Bercov, dans tous ses états, le fait du jour.
03:03L'époque du pénitentiaire, bientôt vont se fermer.
03:14Est-ce que je finirai ma vie comme d'autres gens ?
03:20Est-ce que c'est cela qui attend Boalem Sansal ?
03:2480 ans, atteint d'un cancer, son avocat n'a jamais pu le voir.
03:31On essaie d'avoir des contacts avec l'ONU, tout ça traîne.
03:36On exprime son indignation, on frappe du pied, on parle, on salive.
03:43Mais rien.
03:44Et ce matin, ce matin, Boalem Sansal a comparu devant le tribunal correctionnel de Darel Baïda, à Alger.
03:51C'est ce qu'ont rapporté plusieurs médias locaux, et ça a été repris par le quotidien Le Figaro.
03:57Hallucine un procès expéditif qui aurait duré moins d'une demi-heure.
04:01Le procureur aurait requis 10 ans de prison ferme et une amende d'un million de dinars,
04:08selon le quotidien arabophone Chourouk.
04:10Un million de dinars, ça fait à peu près 7 000 euros.
04:1410 ans de prison ferme, c'est-à-dire que c'est la mort annoncée pour Boalem Sansal, si la sentence est d'exécuter.
04:22Alors on n'a pas encore, le verdict sera rendu la semaine prochaine, jeudi 27 mars.
04:28Voilà, je rappelle que l'écrivain franco-algérien est accusé d'atteinte à l'unité nationale,
04:32d'outrage à corps constitué, l'armée, d'atteinte à l'économie nationale,
04:37d'interdiction de vidéos et de publications menaçant la sécurité et la stabilité nationale.
04:42Je rappelle qu'il a été arrêté à l'aéroport d'Alger le 16 novembre,
04:46où il allait visiter sa famille, le 16 novembre.
04:49Nous sommes le 20 mars.
04:52Voilà, il est poursuivi, donc, en vertu de l'article 427 du Code pénal,
04:58qui sanctionne comme acte terroriste ou subversif tout acte visant la sûreté de l'État,
05:03l'intégrité du territoire, la stabilité et le fonctionnement normal des institutions.
05:07Chacun sait qu'à 80 ans, Boilem Sansel est pratiquement qualifié de terroriste.
05:13Voilà, on le sent, il va remettre effectivement et il essaie de déstabiliser l'État algérien.
05:21Est-ce que nous avons Arnaud Benedetti ? Arnaud Benedetti, bonjour.
05:26Bonjour à vous.
05:27Bonjour Arnaud.
05:29Vous avez publié une petite tribune dans le Figaro avec le maire de Cannes, David Lysnard,
05:35où vous appelez effectivement le gouvernement à prendre un acte fort pour afficher son soutien à l'écrivain.
05:40Arnaud Benedetti, on n'a pas encore le verdict, ce sera la semaine prochaine,
05:45mais si ces informations sont confirmées et tout se passe comme ils ont l'air d'être confirmées,
05:50ça veut dire vraiment que s'il est condamné, je dis bien si, par malheur il est condamné à 10 ans de prison,
05:56ça veut dire qu'il meurt en prison.
05:58Écoutez, en tout cas, il y a eu manifestement une accélération que personne n'attendait de la justice algérienne ces dernières 24 heures.
06:07Nous avons eu cette information vers 9h30 et nous avons quand même tout fait pour nous la faire confirmer.
06:14Il semblerait en effet qu'elle soit maintenant confirmée.
06:17La vraie question c'est savoir comment interpréter cette accélération.
06:21Alors il y a une interprétation évidemment pessimiste, c'est la vôtre,
06:26et je crois qu'il faut toujours l'avoir en tête parce que le pouvoir algérien est un pouvoir dictatorial
06:32qui en général est connu pour ne pas ménager ses opposants.
06:37Et en l'occurrence, 10 ans, évidemment, c'est compte tenu de l'âge et de la maladie de Boislem-Sansalle,
06:44si cette peine était appliquée, et si elle est appliquée dans son intégralité, ça parante à une condamnation à mort, clairement.
06:51Ensuite, il y a une autre interprétation.
06:53Alors il faut toujours garder espoir, et nous en tant que société de soutien, il faut qu'on garde espoir,
06:57parce que sinon, on se démobilise.
06:59Donc la mobilisation doit s'intensifier parce que, in fine, en l'occurrence,
07:03comment interpréter politiquement cette accélération ?
07:06Est-ce qu'il s'agit pour les Algériens de sortir d'une situation qui est quand même très embarrassante pour eux,
07:12au regard de la communauté internationale, au regard du fait de tenir un écrivain de 80 ans malade comme vous l'avez rappelé ?
07:18Est-ce qu'il s'agit finalement d'un début de sortie de crise, avec la possibilité ensuite,
07:23parce que, ne nous faisons pas d'illusions, Boislem sera condamnée par le pouvoir algérien,
07:28après, son sort est entre les mains, d'une certaine manière, manifestement, du président algérien, du président de l'époque,
07:36qui pourra exercer son droit de grâce.
07:38Ça c'est, disons, l'interprétation qui serait l'interprétation plus optimiste.
07:41Nous, aujourd'hui, à l'heure où l'on parle, on aussi, si vous voulez, entre ces deux questions,
07:46ce qui est sûr, c'est qu'il a comparu qu'il s'est défendu seul, je crois qu'il faut le dire,
07:54Boislem Saint-Saëns donne une leçon de courage à nous, et aussi à une grande partie de la classe dirigeante française,
08:01c'est-à-dire qu'il se bat seul, il se bat debout, il n'est pas à genoux,
08:06il a bien évidemment dénié tous les chefs d'inculpation que lui oppose, de manière totalement fantasmatique, le régime algérien,
08:13et maintenant, je dois dire que nous restons extrêmement prudents, extrêmement inquiets, extrêmement préoccupés, extrêmement mobilisés aussi.
08:23Alors, Arnaud Benedetti, justement, effectivement, et comme vous dites, il n'avait pas d'avocat, il est seul,
08:29il a refusé, effectivement, l'avocat qu'on lui présentait, puisque, on le rappelle, vous l'avez rappelé la dernière fois,
08:35on avait parlé de ça, c'est que François Zibré, son avocat, n'a jamais pu le rencontrer, n'a jamais pu d'ailleurs, avoir un visa pour l'Algérie,
08:45donc, on en est là.
08:47Est-ce que, évidemment qu'il faut être, vous avez raison, optimiste et se battre, bien sûr,
08:53mais est-ce que le fait que, par exemple, récemment, il y a encore deux jours,
08:57vous savez que le ministère de l'Intérieur français Bruno Retailleau et le gouvernement avaient demandé
09:02que l'Algérie accueille en exclusion 65 ressortissants algériens dont la France ne veut plus sur son territoire
09:10et que le gouvernement algérien a refusé en disant, non, non, reprenez les voies normales, diplomatiques, consulaires, etc.,
09:16il n'est pas question.
09:18Alors, est-ce qu'on peut voir, est-ce que, peut-être encore, en tout cas, évidemment qu'il faut garder espoir,
09:24mais est-ce que vous attendez un sursaut un peu plus fort de la part du gouvernement français, actuellement ?
09:30Vous savez, nous, depuis le début, c'est-à-dire depuis maintenant plus d'un mois,
09:34on était d'ailleurs venus avec Noël Lenoir sur votre plateau, il y a un mois,
09:39on demande un changement de stratégie, c'est-à-dire qu'on considère que la stratégie qui a été conduite au début
09:45et qui pouvait s'expliquer, c'est-à-dire de prudence, de réserve, de négociation diplomatique,
09:51dans les coulisses, était une stratégie qui pouvait, peut-être, à un moment donné,
09:55permettre une libération immédiate et rapide de Guadeloupe Central.
09:58Ce n'était pas le cas. Au contraire, on a vu les autorités algériennes ne cesser de se réduire
10:02en proportion que les Français se faisaient, d'une certaine manière, prudents et réservés.
10:06Vous l'avez justement rappelé. Quand vous pensez que Maître Zimré, qui d'ailleurs vient de produire un communiqué,
10:11à l'instant, condamnant, évidemment, ce procès, Maître Zimré n'a jamais eu son visa,
10:20la protection consulaire à laquelle a un des droits, je rappelle, du fait de la nationalité française,
10:24qui est la sienne aussi, a toujours été refusée, on ne peut pas considérer que les autorités algériennes
10:30étaient particulièrement bienveillantes quant à leur stratégie de prudence et de réserve.
10:35On a demandé un changement de régime, c'est-à-dire, en effet, d'utiliser tous les leviers de pression
10:41qu'on peut avoir sur le pouvoir algérien, les visas, les accords de 68, les accords de 2007,
10:47les comptes et les biens des dignitaires algériens. Il fallait mettre tout ça sur la table
10:53et voir comment ces leviers pouvaient permettre, à un moment donné, d'affectuer le rapport de force
10:56afin d'arriver à une régulation rapide de notre ami Bollen.
10:59Est-ce que, Arnaud Bénédicti, est-ce que le fait, vous savez, ça a été évoqué,
11:03c'est un levier, évidemment, de soft power, comme on dit, le fait de le nommer ambassadeur de la francophonie,
11:10est-ce que ça peut jouer ? Est-ce que ça lui donne une immunité quelconque,
11:14si le gouvernement français a décidé de le nommer ambassadeur de la francophonie ?
11:18On est, encore une fois, je le rappelle, l'agent de la francophonie, comme par hasard,
11:22ironie amère aujourd'hui. Est-ce que ça pourrait jouer ou pas, à votre avis ?
11:28Tout ce qui, symboliquement, montre que l'État français considère que cette affaire
11:33est une affaire essentielle pour lui, et il le montre, en effet,
11:37s'il nomme demain Bollem-Sanchal ambassadeur de la francophonie,
11:41il montre qu'il attache la plus grande importance au sort de Bollem-Sanchal et à sa libération.
11:46Tout ce qui va dans ce sens, de toute façon, est un élément supplémentaire
11:51dans le rapport que nous pouvons poser à l'Algérie, qui, aujourd'hui, retient arbitrairement notre compatriote.
11:57Il est clair aussi, et il faut être précis, que les autorités algériennes,
12:00à partir du moment où elles ne reconnaissent même pas la nationalité française de Bollem-Sanchal,
12:05puisque, comme je vous le rappelais, ils n'ont pas donné suite à notre demande de protection consulaire,
12:10ne vont certainement pas, en l'occurrence, donner suite immédiatement à une immunité diplomatique
12:16que lui conférait un statut d'ambassadeur.
12:18Oui, c'est ça. Donc, ils vont évidemment refuser cela.
12:21Alors, on sait que, selon le Figaro, juste quelques informations,
12:26selon les informations recueillies par le Figaro,
12:28Bollem-Sanchal est apparu ce matin en forme, avec les chevaux coupés,
12:32il n'avait pas son cat aux gants, il n'a répondu en personne aux questions du juge,
12:36je n'ai rien voulu faire contre mon pays, j'ai exposé mon opinion, a-t-il affirmé ?
12:40Un avocat commis d'office avait été dénié, mais c'est seul que Bollem-Sanchal voulait assurer sa défense.
12:45Le bâtonnier d'Alger, Mohamed Bagdadi, avait révélé, fin février,
12:50que l'écrivain avait renvoyé tous ses avocats,
12:52alors dit Mohamed Bagdadi, y compris François Zimré.
12:56Non, c'est faux.
12:57Non, c'est faux, ça.
12:58Maître Zimré n'a jamais reçu la moindre notification de sa déconstitution.
13:04Vous savez que pour qu'un avocat soit déconstitué, il faut que le client lui stipule de manière écrite,
13:10ce n'est pas le cas.
13:11Donc c'était faux, oui.
13:12Fake news.
13:13Par contre, la réalité, c'est que les avocats algériens ont été déconstitués par Bollem-Sanchal,
13:18mais qui a refusé de déconstituer son avocat français,
13:21compte tenu des pressions absolument inacceptables dont il était l'objet.
13:25Alors Arnaud Benedetti, effectivement, tout le monde souhaite,
13:29évidemment la soulession, je dirais optimiste,
13:32qu'effectivement, après avoir été condamné, qu'il soit expulsé vers la France, comme on dit,
13:39puisque pour le moment, en fait, quand nous envoyons des gens en Algérie,
13:43l'Algérie nous les renvoie.
13:44Il serait peut-être pas mal que sur les deux influenceurs et les 65 expulsions demandées par la France,
13:52que l'Algérie refuse obstinément,
13:54peut-être que ce serait pas mal qu'il nous renvoie l'un des plus encrivains français d'aujourd'hui.
13:59Il est clair que c'est ce que l'on souhaite, j'allais dire, ardemment.
14:03C'est-à-dire que les autorités algériennes comprennent qu'en détenant Bollem-Sanchal,
14:08elles détiennent non seulement un homme, bien évidemment,
14:11et il faut que c'est d'avoir à lui, à sa santé, à sa famille.
14:14C'est essentiel.
14:15Il y a une dimension, en plus, qui plus est totalement humanitaire dans cette affaire,
14:19de séquestration, parce qu'il s'agit d'une séquestration,
14:22donc, en l'occurrence, il faut, je crois, employer les bons mots sur la situation.
14:26Mais il faut que les autorités algériennes comprennent que s'il arrive quelque chose à Bollem-Sanchal,
14:31elles seront bien évidemment comptables, et elles le sont déjà de son sort,
14:34et qu'aux yeux de la communauté internationale,
14:37il est évident que ça serait quelque chose qui serait d'une gravité tout à fait exceptionnelle.
14:43Écoutez, espérons-le, mais voilà, il faut être extrêmement vigilant.
14:48Et encore une fois, je crois qu'il ne faut pas oublier
14:50que ce soit les presses qui nous gouvernent, ou l'opinion internationale,
14:53que la vie est aussi faite de rapports de force.
14:55Et que, si ces rapports de force ne sont pas montrés,
14:58eh bien, malheureusement, tous les désespoirs sont permis.
15:01Merci Arnaud Benedetti, et nous allons continuer à suivre tout cela, bien sûr.
15:08Ici Sud Radio.
15:12Les Français parlent au français.
15:15Les carottes sont cuites.
15:18Les carottes sont cuites.
15:20Sud Radio Bercov, dans tous ses états.
15:22Je ne sais pas si les carottes sont cuites, mais alors,
15:25vous avez vu, on est dans quel état nous irons ?
15:28Plus de 3 000 milliards de dettes, l'inflation, le chômage, les problèmes intérieurs, etc.
15:36Mais, mais, mais, réjouissons-nous, réjouissons-nous, Français françaises.
15:41Il y a quelque chose qui marche très bien, et cette grosse entreprise ne connaît pas la crise,
15:45c'est le narcotrafic.
15:47Eh oui ! De 3 à 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an.
15:533 milliards, effectivement.
15:56240 000 employés.
15:5828 000 villes et villages touchés.
16:0379% des communes avec le narcotrafic.
16:07Et je ne parle pas du reste.
16:09Et notamment, ce qui se passe sous l'une des capitales du narcotrafic,
16:14ce n'est pas la seule, bien sûr.
16:16Marseille, on va en parler tout de suite.
16:18Sud Radio, André Bercoff.
16:22Bercoff dans tous ses états, ça balance pas mal sur Sud Radio.
16:26Marseille, tais-toi Marseille, tu cries trop fort.
16:31Je n'entends pas claquer.
16:35Merveilleuse chanson, Marseille, tais-toi Marseille.
16:40Non, non, non, Marseille ne doit pas se taire.
16:42Comme la France ne doit pas se taire devant ce qui se passe.
16:45Rappelons quelques chiffres avant de donner la parole au sénateur Stéphane Ravier.
16:50Les services de police, très récemment, ont saisi 53,5 tonnes de cocaïne en 2024.
16:59Saisi, ça veut dire qu'il y a tout le reste.
17:01Là, c'est la partie émergée de l'iceberg, de l'iceberg très blanc.
17:06Une augmentation de 130% comparée à 2023.
17:10Des chiffres encore, dit Bruno de Tailloux.
17:12367 assassinats est interdit d'assassinat lié au trafic de stupéfiants.
17:22Et pas seulement, on ne parle pas du trafic de hachiches.
17:26On ne parle pas des comprimés d'ecstasy et de MDMA.
17:29On ne parle pas des amphitamines, des méthamphitamines, etc.
17:32Oui, les chiffres pour le cannabis sont en baisse.
17:35Mais quand même, sont en baisse, ça veut dire quoi ?
17:37101 tonnes saisies, 1 tonne d'héroïne saisie aussi en 2024.
17:42Vous voyez, ça marche vraiment très bien.
17:44Alors, pour contrer tout cela, depuis lundi 17 mars,
17:48les députés se penchent sur un texte de toute première importance, effectivement.
17:52L'examen de la proposition de loi pour sortir la France du piège du narcotrafic.
17:57Alors, ça va durer une semaine.
17:59Ça a commencé lundi, ça va aller jusqu'à lundi prochain.
18:02C'est donc assez important.
18:05Commission d'enquête bipartisane, donc députés.
18:09Et mercredi, c'est-à-dire hier,
18:12a été adopté l'une des mesures les plus décriées du texte
18:15visant à lutter contre le narcotrafic
18:18qui prévoit la création d'un nouveau régime carcéral d'isolement
18:21pour les plus gros trafiquants.
18:23Alors, est-ce que ça va marcher ou pas ?
18:25C'est très discuté en ce moment.
18:27En tout cas, ça a été approuvé par l'Assemblée nationale.
18:30Et puis, Marseille.
18:32Marseille, effectivement.
18:34D'abord, nous allons en parler.
18:36Et bonjour Stéphane Ravier.
18:38Bonjour M. Bercov.
18:39Bonjour.
18:40Vous êtes sénateur des Bouches-du-Rhône
18:42et vous êtes président de Marseille, d'abord.
18:46M. Ravier, alors, dites-moi,
18:48quand vous voyez ces chiffres déjà nationaux,
18:50quand vous voyez que, voilà,
18:52le gouvernement a décidé de prendre le taureau,
18:55je ne sais pas si on peut parler de taureau par les cornes,
18:58et puis de dire, voilà, on ne va pas consacrer une semaine
19:01pour sortir la France de ce fléau.
19:03En tout cas, pour essayer.
19:05Et puis déjà, une mesure a été, en tout cas,
19:07adoptée par la majorité de l'Assemblée.
19:09Votre réaction ?
19:11Ben écoutez,
19:13le gouvernement prend le taureau par les cornes,
19:15il était temps, mais
19:17mieux vaut tard que jamais.
19:18Mais enfin, il le prend quand même par le bout des doigts.
19:21La réalité, c'est qu'aujourd'hui,
19:23nous sommes dans une situation
19:26extrêmement grave.
19:28Moi, ça fait longtemps que je ne parle même plus de
19:30narcotrafiquants, mais de narcoterroristes.
19:32Un terme qui a été repris par Mme Pécresse
19:36il y a peu.
19:38Il y a déjà 20 ans,
19:40ce n'est pas la semaine dernière,
19:42il y a déjà 20 ans, je faisais savoir qu'à Marseille,
19:44si les cités n'avaient pas bougé
19:46lorsque les banlieues
19:48se sont enflammées à la suite
19:50du décès accidentel
19:52de jeunes qui étaient
19:54poursuivis par la police, vous vous en souvenez ?
19:56Oui, à Marseille, ça n'avait pas bougé.
19:58Alors, les autorités politiques locales
20:00sont orgueillées
20:02de la politique locale
20:06qui avait fait en sorte que Marseille était restée
20:08unie, était restée
20:10dans la concorde.
20:12Et moi, je faisais savoir, au contraire,
20:14que si ça n'avait pas bougé, c'était parce que
20:16les trafiquants de subtenés,
20:18tenés, presque
20:20dans le sens physique du terme,
20:22tenaient déjà les cités.
20:24Il y avait déjà
20:26des réseaux de drogue tels que
20:28ils étaient capables
20:30de maintenir une sorte
20:32de paix sociale
20:34qui cachait
20:36un trafic déjà très important.
20:3820 ans plus tard, ça y est,
20:40on découvre l'humidité de l'eau.
20:42Vous voulez dire, Stéphane Ravier, qu'à l'époque, déjà,
20:44ces manifestations
20:46et autres émeutes
20:48auraient pu nuire au commerce ?
20:50C'est ça ?
20:52Elles auraient pu nuire au commerce
20:54du trafic, bien sûr, et les
20:56autorités locales
20:58s'en sont accommodées très vite.
21:00Soit par déni,
21:02soit par,
21:04j'allais dire, approche
21:06de la drogue
21:08d'un côté festif.
21:10Ce message qui veut que
21:12un petit joint par-ci, un petit rail de coq
21:14par-là, c'est pas très important,
21:16c'est plutôt festif, c'est pas grave.
21:18Sans vouloir jamais aborder
21:20ce qui est pour moi quand même une priorité,
21:22le problème de la santé publique.
21:24On n'entend jamais parler.
21:26Et puis, ça a arrangé tout le monde.
21:28Ça a arrangé les politiques
21:30que dans ces cités,
21:32on ne réclame pas d'emplois,
21:34il n'y a pas de mouvements sociaux,
21:36et puis ça fait tourner le commerce.
21:38Ces jeunes qui vendent,
21:40ils consomment sur place.
21:42La famille paye le loyer,
21:44ils partent en vacances
21:46pour beaucoup d'entre eux au bled,
21:48et puis ils vont dans le centre-ville
21:50faire tourner l'activité économique
21:52légale.
21:54Donc tout le monde s'est accommodé de ça,
21:56et ça a totalement dégénéré.
21:58Et sans parler du blanchiment, bien sûr,
22:00en achetant des boutiques, des restaurants
22:02et autres épiceries.
22:04Écoutez,
22:06aujourd'hui à Marseille, c'est la Chambre de Commerce
22:08et d'Industrie qui tire la sonnette
22:10d'alarme, ce n'est plus seulement
22:12Stéphane Ravier,
22:14et qui s'émeut, c'est peu de le dire,
22:16de voir le centre-ville,
22:18alors là, on ne parle plus des cités perdues
22:20pour la République et pour la France du Quartier Nord,
22:22c'est le centre-ville de Marseille,
22:24c'est-à-dire la Canbière, ça, ça parle
22:26à tout le monde, le Vieux-Port,
22:28qui sont investis
22:30par des commerces
22:32de piètre qualité,
22:34vous savez, les épiceries,
22:36les barbershops, les ongleries,
22:38dont les propriétaires changent tous les 3 mois.
22:40Il y a donc
22:42une certaine tiermondisation
22:44du centre-ville de Marseille,
22:46ça fait longtemps que c'est le cas dans les Quartiers Nord,
22:48mais aussi dans les Quartiers Est,
22:50la situation du stup fait
22:52qu'elle désormais,
22:54elle déséquilibre totalement
22:56l'activité économique légale,
22:58et elle
23:00détériore
23:02le quotidien
23:04et l'image même de la ville de Marseille.
23:06Oui, alors justement,
23:08puisqu'on parle de Marseille
23:10et continuons, ce qui est
23:12incroyable, c'est que vous parlez vous-même
23:14d'il y a 20 ans, je me rappelle
23:16moi, ça ne me rajeunit pas,
23:18mais déjà à 30 ou 40 ans, déjà ça existait,
23:20et aujourd'hui c'est devenu
23:22encore une fois une entreprise, on a vu
23:24un chiffre d'avert de plusieurs milliards
23:26d'euros, etc.
23:28Et cette espèce de
23:30blanchiment, d'acheter la
23:32paix sociale à ce niveau-là,
23:34est-ce que pour vous, en fait, on va vraiment
23:36non pas dans le mur, mais peut-être
23:38beaucoup plus que le mur, une muraille de Chine,
23:40en laissant faire,
23:42en continuant, en faisant
23:44des, je dirais un peu
23:46d'en blanchiment les barreaux, en faisant de la cosmétique,
23:48ou bien, qu'est-ce qu'on
23:50pourrait faire en fait ? C'est Van Ravier,
23:52vous vivez là, vous vivez
23:54cette réalité au quotidien, vous et
23:56des milliers et des milliers de citoyens,
23:58qu'est-ce qu'on pourrait faire vraiment ? Parce qu'on
24:00entend beaucoup parler, l'action
24:02là, on la voit moins.
24:04Évidemment
24:06que la situation a tellement dégénéré
24:08que ce ne sera pas facile, mais ce n'est pas parce que c'est compliqué
24:10qu'il ne faut pas le faire.
24:12La situation de l'insécurité
24:14au quotidien que ce trafic
24:16génère, elle est
24:18insupportable pour les Marseillais.
24:20Ce sont des honnêtes gens qui sont
24:22incarcérés chez eux, dans les cités
24:24qui ne peuvent pas sortir ou y entrer
24:26aux heures qu'ils voudraient, puisqu'ils sont contrôlés,
24:28fouillés par les
24:30narcotrafiquants. Donc la situation
24:32est extrêmement grave, mais...
24:34Stéphane Ravier, juste un mot,
24:36est-ce que
24:38ça va jusqu'au barrage ?
24:40Il y a vraiment, parce qu'on voit les images,
24:42etc., où vous dites, oui, vous ne pouvez pas rentrer,
24:44il y a quelqu'un, voilà, qui met
24:46une espèce, voilà, et il y a les frontières, quoi.
24:48Ceux qui veulent ouvrir les frontières,
24:50en revanche, elles sont fermées à l'intérieur.
24:52Écoutez, à force
24:54de supprimer les frontières extérieures,
24:56il y a désormais des frontières intérieures.
24:58Des frontières intérieures pour se
25:00protéger de l'insécurité et des frontières
25:02intérieures aussi érigées par les trafiquants.
25:04J'ai moi-même été plusieurs fois
25:06contrôlé, arrêté, contrôlé, fouillé,
25:08et la fois dernière, c'était avec
25:10Marion Maréchal, qui était à
25:12Marseille, et qui avait tenu
25:14à voir de près comment cela se
25:16passait. Elle n'a pas été, entre guillemets,
25:18déçue, et nous avons été
25:20arrêtés au checkpoint de la cité
25:22dans une cité du 13e
25:24arrondissement de Marseille, les Oliviers A,
25:26pour ne pas la citer, où la cité
25:28est totalement, entre les mains,
25:30sous contrôle des narcotrafiquants.
25:32Alors, comment y répondre ? Alors, c'est toute
25:34une chaîne. Moi, je suis tout à fait
25:36favorable à ce qu'il y ait, évidemment, dans la prévention,
25:38notamment dans le domaine
25:40médical, les conséquences dans la consommation
25:42de drogues, y compris du
25:44chips, qui a des conséquences
25:46directes sur le cerveau. On n'en entend jamais
25:48parler. Est-ce qu'il faut
25:50sanctionner les consommateurs ?
25:52Il faut sanctionner
25:54tout le monde. Toute la chaîne
25:56doit être sanctionnée, la chaîne du
25:58trafic. S'il n'y a
26:00pas de vendeurs, il n'y a pas
26:02de consommateurs. Mais s'il n'y a pas de consommateurs,
26:04il n'y aura pas de vendeurs non plus.
26:06Les sanctions envers
26:08les consommateurs sont trop faibles. C'est
26:10150 euros d'amende
26:12et les
26:14bouges du rôle caracolent en tête
26:16au niveau national. Nous sommes
26:18sur la plus haute marge du podium,
26:20mais seulement un tiers
26:22des amendes sont payées.
26:24Donc, il faut multiplier par trois, au moins,
26:26l'amende, et puis qu'il y ait
26:28des prélèvements sur salaire, qu'il y ait
26:30des ponctions sur
26:32les prestations sociales
26:34s'il le faut, et de
26:36l'emprisonnement. Moi, j'ai déposé
26:38un projet de loi, une proposition
26:40de loi en septembre 2023,
26:42année record pour
26:44les règlements de compte.
26:46Il y avait eu 49 morts à Marseille.
26:48Eh bien, j'ai déposé
26:50une proposition de loi qui
26:52englobait, bien sûr, des
26:54sanctions très lourdes pour les consommateurs,
26:56qui aujourd'hui, je dirais, achètent,
26:58consomment quasiment en toute impunité.
27:00Donc, du consommateur jusqu'au
27:02chouf, en passant par le
27:04vendeur, la nourrice et
27:06la tête de réseau,
27:08il faut que tout soit
27:10craqué et qu'il soit sévèrement
27:12condamné, et on ne s'attaquera... Et permettez-moi
27:14d'ajouter, quand même, un élément dont le ministre
27:16de l'Intérieur, M. Retailleau, n'a absolument
27:18pas parlé lorsqu'il est venu à Marseille
27:20faire sa première conférence de presse à ce sujet.
27:22C'est l'immigration.
27:24C'est l'immigration.
27:26Les policiers de Marseille
27:28vous diront que 50%
27:30des petites mains, de ceux
27:32qui font le chouf et de ceux qui vendent,
27:3450%, non seulement
27:36sont des étrangers, mais ce sont des
27:38clandestins. Ce sont des clandestins.
27:40Donc, il faut aussi, bien sûr,
27:42s'attaquer aux gros bonnets, mais si vous
27:44coupez aussi à la base, eh bien,
27:46cela vous permettra d'être soulagé. Et il faut
27:48expulser, bien sûr, et il faut
27:50expulser après leur
27:52passage en prison, il faut expulser
27:54tous ces étrangers clandestins,
27:56qui ont participé au trafic.
27:57Alors, Stéphane Ravier, il faut, il faut,
27:59et je comprends, il faut, mais justement,
28:01qui va le faire ? Pourquoi je vous dis
28:03qu'il va le faire ? C'est parce qu'effectivement,
28:05la situation, on la voit.
28:07Moi, il y a deux questions que je voulais poser. Est-ce que vous
28:09iriez jusqu'à sanctionner les familles
28:11de ceux qui sont convaincus de trafic ?
28:13Et, autre question,
28:15est-ce que vous êtes,
28:17ou alors, il faut trouver, parce qu'on
28:19voit beaucoup les images du Salvador,
28:21des solutions à Naïb Boukele,
28:23le président de Salvador, dont on voit
28:25ce qu'il a fait sur les dizaines de milliers
28:27de narco-trafiquants. Moi, je suis allé au Salvador
28:29il y a cinq ans, puis à sept heures du soir,
28:31vous étiez enfermé dans votre hôtel,
28:33parce qu'il était hors question de sortir.
28:35Est-ce que, en fait,
28:37est-ce qu'il faut aller vers des solutions très
28:39dures, même si elles paraissent même très
28:41dures, ou est-ce qu'on peut
28:43se contenter de demi-mesures ? Je pose
28:45la question.
28:46Écoutez, M. Bercov, il faut savoir ce que l'on
28:48veut, à partir
28:50de savoir à qui l'on a affaire. Ce sont des
28:52narco-terroristes. Il y a 24 heures,
28:54dans la cité Erbel, dans le 11e arrondissement
28:56de Marseille, dans les quartiers Est,
28:58un équipement flambant neuf
29:00est passé au stade
29:02de neuf flambants. Un équipement
29:04de 500 000 euros qui devait
29:06être inauguré a été incendié
29:08par,
29:10assurément, les narco-trafiquants
29:12du quartier.
29:14Un équipement ? Quel équipement ?
29:16Enfin, juste pour ça.
29:18Un équipement d'accueil,
29:20un équipement social.
29:22Pour une cité qui va
29:24bénéficier pour sa rénovation
29:26de 180 millions d'euros.
29:28Vous voyez bien que l'argent pour ces cités ne manque
29:30pas, bien au contraire.
29:32Nous avons affaire à des narco-terroristes,
29:34il faut les traiter comme tel. Et moi, l'exemple
29:36du Salvador, s'il faut y venir,
29:38eh bien,
29:40il ne faut plus
29:42prendre de
29:44beugans, parce que, vous l'avez dit vous-même,
29:46vous vous êtes rendus là-bas, et c'est comme
29:48de nombreux marseillais ici,
29:50ce sont les honnêtes gens qui sont enfermés,
29:52ce sont les honnêtes gens qui voient leur liberté
29:54individuelle être bafouée,
29:56voire être retirée. Donc,
29:58il faut prendre tous les moyens,
30:00et vous l'avez dit, et je l'ai déjà proposé,
30:02il faut retirer les prestations sociales
30:04aux familles dont on est
30:06convaincu de la participation aux trafics
30:08de drogue, retirer le logement social
30:10dont elles bénéficient
30:12souvent, les éloigner du territoire
30:14lorsqu'elles sont françaises, et les expulser
30:16lorsqu'elles sont étrangères. C'est ce que font
30:18tous les pays du monde,
30:20sauf le nôtre, qui
30:22préfère subir, qui préfère
30:24voir sa population
30:26honnête, être incarcérée chez elle,
30:28voire être victime, comme l'avait
30:30cette jeune marseillaise
30:32qui a été tuée alors qu'elle était chez elle,
30:34par une rafale de Kalachnikov
30:36d'un trafiquant qui voulait intimider.
30:38Voilà où on en est à Marseille.
30:40Et voilà où on en est, effectivement, un peu partout,
30:42on a vu que
30:44aucune des petites villes, des villages
30:46aujourd'hui étaient touchées.
30:48C'est un vrai fléau, mais
30:50voilà, Stéphane Rabier, c'est vrai que
30:52assez de mots,
30:54peut-être quelques actes
30:56ne seraient pas les malvenus.
30:58On verra ce que va donner
31:00effectivement cette
31:02réunion, enfin cette
31:04semaine à l'Assemblée Nationale, qui votera,
31:06verra, ne l'oublions jamais. Merci Stéphane Rabier.
31:08Merci M. Bercov.
31:12Ici Sud Radio.
31:16Les Français parlent au français.
31:18Je n'aime pas
31:20la blanquette de veau.
31:22Je n'aime pas la blanquette de veau.
31:24Sud Radio Bercov,
31:26dans tous ses états.
31:28Une nouvelle qui réjouit mon cœur
31:30d'enfant. Oui, oui, vous ne le savez pas, mais
31:32la députée écologiste, très
31:34antinucléaire, Dominique Voignet,
31:36vient d'être nommée au Haut Comité
31:38pour la transparence et l'information
31:40sur la sécurité nucléaire.
31:42Je répète, elle vient
31:44d'être nommée au Haut Comité
31:46pour la transparence et l'information
31:48sur la sécurité nucléaire.
31:50Une instance d'information, de concertation
31:52et de débat sur les risques liés aux
31:54activités nucléaires. Voilà.
31:56Ça a été dit mercredi,
31:58donc c'est au journal
32:00officiel. Alors pourquoi
32:02ça pose un léger
32:04problème ? Eh bien vous allez tout de suite
32:06le comprendre et l'écouter.
32:08Sud Radio Bercov,
32:10dans tous ses états.
32:12La femme bricoleur, sous-exterminateur
32:14des bombes atomiques.
32:16Sans avoir jamais rien appris,
32:18c'était un vrai génie. Question travaux pratiques.
32:20Il s'enfermait...
32:22Ah, la java des bombes atomiques, je vous la recommande.
32:24Une merveilleuse chanson de Boris
32:26Vian. Eh bien, oui,
32:28voilà. Alors, il y a,
32:30vous savez, la grande bagarre hier,
32:32nous recevions effectivement
32:34le sénateur Henri Lewis et Fabien
32:36et l'expert à Fabien Bouglet
32:38sur le nucléaire et comment,
32:40pendant très longtemps, on a freiné le
32:42nucléaire qui nous assurait
32:44des prises d'électricité défiant
32:46toute concurrence,
32:48pour arriver aujourd'hui à des prix
32:50qui explosent, à des boulangers qui
32:52ferment boutique, à des petits commerçants
32:54qui ferment boutique. Eh bien,
32:56il y a eu quand même quelque chose de très
32:58intéressant avec Dominique Voynet.
33:00Elle le raconte elle-même, voilà.
33:02C'est quand elle était ministre de l'environnement
33:04du gouvernement Jospin.
33:06C'est en 2000.
33:08Écoutez bien, écoutez vraiment
33:10bien, c'est très intéressant.
33:12Elle raconte effectivement ce qui s'est
33:14passé à Bruxelles avec le nucléaire
33:16et qui explique
33:18tout ce qui se passe aujourd'hui.
33:20Écoutez.
33:21J'avais reçu mandat
33:23de tout faire pour que le nucléaire ne soit pas exclu
33:25de cette liste.
33:29Et j'étais donc partie
33:31à Bruxelles en traînant un peu les pieds.
33:33Et je
33:35rencontre mon homologue
33:37anglais qui me dit avoir le même
33:39mandat. Le tour
33:41de table commence et on était les deux
33:43seuls Etats à ne pas pouvoir se rallier
33:45à une position fermement antinucléaire.
33:47Suspension de séance.
33:49J'ai rediscuté
33:51avec mon homologue
33:53anglais et nous avons convenu
33:55lui et moi d'appeler nos gouvernements
33:57à Londres et à Paris.
33:59Alors j'appelle Paris et j'explique
34:01à Matignon
34:03que je suis désolée
34:05mais que le Britannique est en train de lâcher
34:07et que je vais me retrouver isolée.
34:09C'est ce que déteste
34:11la France. Être isolée en Europe
34:13c'est quelque chose qui est impossible.
34:15Pendant ce temps le Britannique appelle Londres et dit
34:17la Française est en train de lâcher, je vais me retrouver isolée.
34:19Et on est revenu
34:21hilar l'un et l'autre
34:23avec finalement
34:25un grand soulagement parce que
34:27nous avions reçu la consigne de tout faire pour ne pas
34:29être isolée.
34:31Nous avons pu annoncer
34:33que finalement nous pouvions nous rallier à la position commune.
34:35Je suis rentrée à Paris
34:37très contente de voir que le nucléaire ne pouvait pas faire partie
34:39des technologies
34:41retenues au titre du mécanisme de développement propre.
34:43En même temps je n'ai pas pu m'en vanter
34:45en rentrant. Il fallait que j'ai l'air désolée
34:47de ce qui s'était passé. Ce qui m'a
34:49interdit aussi de
34:51revendiquer ça auprès de mes camarades
34:53ou auprès des associations.
34:55Je crois que personne des lupes
34:57et le Premier ministre ne m'a pas fait de compliments particuliers
34:59sur ce coup-là, c'est sûr.
35:01Et voilà, quel réjouissement !
35:03Quelle joie !
35:05Il fallait donc, c'est-à-dire que la France
35:07voulait que le nucléaire
35:09fasse partie des technologies
35:11retenues par Bruxelles au titre
35:13des mécanismes de développement propre.
35:15Horreur et putréfaction
35:17pour les écologistes. Comment le nucléaire
35:19se pelait ce galeux
35:21d'où vient tout le mal, il n'est pas question.
35:23Et donc carrément,
35:25la ministre de l'Environnement
35:27d'à l'époque Dominique Voynet n'a pas
35:29suivi les consignes
35:31de Lionel Jospin,
35:33Premier ministre,
35:35et a concocté un magouille
35:37avec son collègue anglais,
35:39qui était comme elle anti-nucléaire.
35:41Et comme ça, ils ont pu
35:43empêcher effectivement
35:45que le nucléaire ne soit
35:47choisi par les mécanismes du développement
35:49propre. C'est très intéressant.
35:51Vous voyez, c'est une véritable
35:53leçon de choses,
35:55leçon de cohérence,
35:57et enfin, récompense de la
35:59cohérence et récompense de ça,
36:01on est nommé effectivement
36:03au...
36:05On est nommé, voilà, ministre
36:07effectivement de la grande...
36:09des technologies
36:11et de...
36:13des technologies du...
36:15Pardon, excusez-moi, des technologies
36:17effectivement
36:19au comité, pardon, pour la
36:21transparence et l'information sur la sécurité
36:23nucléaire, voilà comment on arrive au
36:25comité. C'est très intéressant,
36:27vive la cohérence, vive
36:29le gouvernement, et voilà ce qui fait que Superphénix
36:31a été abandonné, voilà ce qui fait
36:33qu'on s'est retrouvé pendant 20 ans, on a pris
36:3520 ans de retard, mais
36:37tout va bien, puisque on garde
36:39et on retrouve des postes.
36:41Sud Radio Bercov, dans tous
36:43ses états, les perles
36:45du jour.
36:47...
36:54Eh ben voilà,
36:56d'où on parle, écoutez, je viens d'écouter
36:58un formidable,
37:00eh bien, c'est quelqu'un qui
37:02attaque le voile, qui attaque le voile, qui dit
37:04c'est pas possible le voile, c'est pas possible la
37:06burqa, un véritable militant,
37:08mais ne serait-il pas
37:10un peu islamophobe ?
37:12Franchement, on pourrait se poser la question, est-ce qu'il n'est pas
37:14victime, est-ce qu'il n'est pas
37:16espèce de type d'extrême droite ?
37:18Écoutez, je crois que vous vous trompez
37:20dans la manière d'aborder le sujet, les amis.
37:22C'est ni la question de savoir
37:24si on stigmatise, ça, ça me fait rigoler,
37:26parce que les gens qui se stigmatisent eux-mêmes, bon,
37:28écoutez, la question qui est posée est la suivante,
37:30est-ce que c'est un traitement dégradant,
37:32oui ou non ? Si c'est un
37:34traitement dégradant, alors c'est interdit,
37:36ici c'est la République.
37:38On ne peut pas se balader nu dans la rue,
37:40on ne peut pas tenir au reste quelqu'un.
37:42C'est ça qui compte, c'est comment on se positionne
37:44par rapport à un traitement. Donc moi, je considère
37:46que c'est un traitement dégradant, primo.
37:48Secondo, je considère que c'est une provocation
37:50d'un certain nombre de milieux intégristes
37:52contre la République.
37:54Et par conséquent, la République a gagné, elle va gagner
37:56encore une fois, ça sera interdit.
37:58Et on le fera non seulement pour empêcher
38:00une absurdité qui consiste
38:02à accepter l'idée qu'une femme considère
38:04qu'elle est un enjeu, un gibier,
38:06qu'un homme ne peut la regarder qu'avec un
38:08oeil de prédateur, première chose.
38:10Et deuxièmement, parce que
38:12c'est obscène cette histoire de burqas.
38:14Ça part de l'idée que les hommes ne sont que des prédateurs.
38:16Et deuxième idée, c'est qu'on donnera
38:18un signal au monde entier
38:20et aux femmes du monde entier qui se battent
38:22contre cette histoire-là. Par conséquent,
38:24on interdira. Et Peumechaud,
38:26qui propose l'interdiction.
38:28Quel signal vous donnez à des femmes qui portent la burqa volontairement ?
38:30Je leur donne le signal suivant.
38:32En République française,
38:34les hommes et les femmes sont égaux.
38:36J'ai le droit de te regarder dans les yeux.
38:38J'ai le droit de te regarder,
38:40tu as le droit de me regarder. Mais ce qui compte,
38:42c'est ce qu'on va faire de ce pays.
38:44Voilà.
38:46Ce qui compte, la burqa,
38:48abat la burqa, abat les gens
38:50qui considèrent que les hommes sont des prédateurs,
38:52abat tout cela. Qui ?
38:54Ce dangereux homme d'extrême-droite ?
38:56C'est Jean-Luc Mélenchon.
38:58En 2010,
39:00on n'est pas couché, l'émission de Laurent Ruquier.
39:02En 2010.
39:04Et aujourd'hui, c'est très simple.
39:06Tout le monde comprend aujourd'hui
39:08que le débat
39:10sur le voile,
39:12c'est fait pour recommencer la discussion
39:14et les vagues d'islamophobie
39:16qui servent de pensée à tous ces gens.
39:18Et bien, souvent,
39:20homme politique varie bien folle
39:22et qui s'y fit.
39:24André Bercoff, aujourd'hui dans La Culture
39:26dans tous ses états, nous allons rendre hommage
39:28à l'une des plus fascinantes figures
39:30de la résistance extérieure,
39:32à savoir André Zirnel,
39:34qui était compagnon de la Libération,
39:36et mort pour la France à 29 ans.
39:38Avec Joseph Kessel,
39:40il est le seul à nous avoir
39:42légué un hymne universel
39:44à la résistance.
39:46Un poème qui a été rebaptisé
39:48après-guerre, la prière du parachutiste.
39:50Aujourd'hui,
39:52plus de 80 ans après sa mort,
39:54sa première biographie sort enfin.
39:56Elle est magistrale
39:58et Alexandra Léniel-Lavastine,
40:00qui en est l'auteur,
40:02philosophe et historienne, sera notre invitée.
40:04En direct sur Sud Radio,
40:06après le journal de 13h.

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