Arthur de Watrigant, journaliste, revient sur la condamnation de Marine Le Pen et la neutralité des magistrats : «On a inventé la justice pour éviter que chacun ne se fasse justice lui-même. Peut-être que certains magistrats ont oublié qu’ils sont eux aussi concernés».
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00:00Si les Français prennent possession le temps d'une journée de la rue,
00:03c'est par dépossession.
00:04Dépossession du pouvoir, dépossession de leur liberté,
00:07dépossession de leurs droits.
00:08Parce qu'on ne peut pas donner des leçons de démocratie toute la journée
00:11et s'asseoir dessus en même temps.
00:13La démocratie, elle fonctionne sur au moins trois fondamentaux.
00:16Premièrement, le débat des croyances.
00:18Deuxièmement, la confiance dans les institutions.
00:20Et troisièmement, une séparation des pouvoirs,
00:22c'est-à-dire un pouvoir et des contre-pouvoirs.
00:24Or, ces trois fondamentaux sont mis à mal.
00:26Le débat des croyances a été remplacé par la technocratie,
00:29le cercle de la raison, c'est-à-dire je sais donc je suis,
00:32si vous n'êtes pas d'accord, fermez-la.
00:33Quant aux deux autres, le cas Marine Le Pen illustre tristement.
00:37Les contre-pouvoirs sont devenus des pouvoirs.
00:40Il faut le rappeler avec la bénédiction du législateur,
00:42parce que ce sont les législateurs qui ont permis à des magistrats
00:46d'appliquer une exécution provisoire, il faut toujours le rappeler.
00:49Or, l'exécution provisoire n'est rien d'autre que la certitude
00:53d'un homme ou d'une femme de ne pas se tromper.
00:55C'est-à-dire, quand vous dites, je donne une exécution provisoire,
00:58c'est, je crois, mon jugement infaillible.
01:00C'est quand même assez effrayant.
01:01Et on a inventé la justice pour éviter que chacun se fasse justice.
01:05Mais peut-être que des magistrats ont oublié que ça les concernait aussi.